dimanche, 15 juin 2008
Phénomènes
C'est le nouveau Shyamalan. On y retrouve le procédé caractéristique de ce cinéaste : la confrontation d'individus a priori ordinaires à un élément qui semble paranormal. Le début fonctionne bien. Les suicides des ouvriers du bâtiment, en particulier, sont impressionnants. C'est (à mon avis) un écho au 11 septembre 2001 : des dizaines de personnes ont préféré sauter des deux tours plutôt que de mourir brûlées vives ou écrasées. Il paraît que les images de l'impact des corps au sol existent, mais que les autorités les ont censurées. En tout cas, cela démarre fort.
Le problème est que cela s'essouffle vite. Shyamalan sombre dans une sorte de mysticisme écologiste. Le scénario est moins bien charpenté que ce à quoi je m'attendais. Ajoutez à cela une interprétation très moyenne (pour ne pas dire mauvaise par instants... purée, où est passée la direction d'acteurs ?) et vous aurez un tableau de ce que cela donne. Je garde en mémoire des moments forts, quelques autres comiques (ah voir Mark Wahlberg parler à une plante verte... dont il s'aperçoit finalement qu'elle est en plastique, voilà qui ne manque pas de sel !), mais l'ensemble est trop inégal, décevant au final.
19:37 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
samedi, 14 juin 2008
Les orphelins de Huang Shi
La critique n'a en général pas été tendre avec cette production australo-américano-chinoise. Peut-être le réalisateur n'a-t-il pas la cote ? Peut-être le style hollywoodien (assumé) de nombre de séquences a-t-il rebuté ? A la base, il s'agit d'une aventure humaine, sur fond d'invasion de la Chine par l'armée japonaise. Là-dessus se greffe un jeu amoureux pas si simple que cela.
L'interprétation est en général bonne : Chow Yun-Fat et Michelle Yeah sont excellents, tout comme Radha Mitchell (qu'on a vue chez Woody Allen il y a quelques années) ; la déception vient de Jonathan Rhys-Meyers (lui aussi remarqué chez Woody... rappelez-vous, Match point), certes joli garçon (ouais... bof), mais pas très crédible dans le rôle de ce journaliste (qui a réellement existé) entreprenant, qui va découvrir une forme d'idéalisme (il est déjà un peu boy scout à la base).
Comme c'est un photographe, le réalisateur effectue de temps à autre des arrêts sur image (en noir et blanc), très réussis ma foi (encore merci au matériel et aux techniciens). C'est correctement filmé, superbes paysages à l'appui. On n'a pas cherché à trop édulcorer : les massacres commis par l'armée japonaises sont rendus avec un réalisme certain, même si les pires horreurs ne sont pas montrées. Le souci du détail a conduit les scénaristes à présenter les divisions des Chinois (entre nationalistes et communistes). Ceci dit, le personnage de Chow Yun-Fat, un "rouge", a très peu de caractéristiques le rattachant explicitement au communisme. Il est surtout montré comme un résistant.
J'ai ri grâce aux orphelins, en particulier lors de la séquence de l'épouillage, où le ridicule du nouvel arrivant est utilisé pour "faire passer la poudre"... Les gamins font les cons, assez plaisamment ma foi. Plus loin dans le film, une petite bataille de boules de neige produit le même effet. D'un autre côté, le basculement de la majorité des enfants, de l'oisiveté au travail productif dans l'intérêt de tous, est mis en scène avec subtilité.
Evidemment, deux des personnages finissent par coucher ensemble (mais ça met du temps). A plusieurs reprises, j'ai été émouvé, je le reconnais. Globalement, ça marche, quoi.
Une remarque pratique pour terminer. J'ai vu le film en version originale sous-titrée à Paris, au cinéma Le Bretagne , situé dans le quartier Montparnasse. Je ne vous le recommande pas. On a laissé entrer des retardataires jusqu'à plus d'un quart d'heure après le début du film (pas le début de la séance, hein !). Vous me direz, vu que cela dure 2 heures, la gêne n'est pas si grande. Ben ça fait chier quand même ! (Surtout quand la place est à près de 10 euros !)
16:58 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
vendredi, 13 juin 2008
Le film que je n'ai pas pu voir
De passage à Paris pour le boulot, je me suis réjoui d'avance des soirées cinéphiliques que je pourrais m'offrir. Mercredi dernier donc, j'avais prévu de voir Ezra, un film nigérian sur les enfants-soldats. J'avais choisi ce jour-là parce que les places sont moins chères (ben oui, je suis un peu aveyronnais sur les bords) et parce qu'une séance était prévue à 22h.
Vient le mercredi. En fin d'après-midi, je sors du boulot, tranquillement, je rentre à l'hôtel, je fais une petite toilette (oui, tout de même, je ne suis pas un gros porc) puis je vais me sustenter. Sur les coups de 21h15, je commence ma promenade digestive en direction de la place Saint-Michel, où se trouve le cinéma qui programme Ezra. Les moins jeunes savent qu'il s'agit du cinéma qui a été victime d'un incendie criminel lors de la sortie du film La dernière tentation du Christ, en 1988. Pour se rafraîchir la mémoire, ou en savoir plus :
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&a...
J'arrive vers 21h40. Sur la place, à côté, une bande de djeunses de lieue-ban fait un petit show sur de la musique moderne. Un petit attroupement se forme. Les voitures de police qui passent ont d'autres chats à fouetter que la diffusion illégale de chansons non libres de droits. Le problème est que je suis tout seul devant la caisse ! Les spectateurs de la séance précédente sortent. La caissière me fait remarquer que, si je suis l'unique client pour celle de 22h, elle ne lancera pas le film. Du coup, durant les dix minutes qui suivent, j'observe avec une attention toute particulière les passants qui regardent les affiches. Vient le moment fatidique : je suis toujours seul ! La caissière ferme... et je me retrouve grosjean comme devant !
19:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, detout et de rien


