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vendredi, 09 juin 2017

Django

   La critique a fait la fine bouche devant ce portrait du musicien tsigane pendant la Seconde guerre mondiale. Je me suis décidé à aller voir ce film pour plusieurs raisons : la présence d'acteurs que j'apprécie au générique, l'envie d'entendre la musique "manouche" et l'intuition qu'Etienne Comar (le réalisateur) n'avait pas fait un travail de sagouin.

   Je reconnais qu'il y a quelques maladresses, peut-être dues au montage. Le film durant déjà presque deux heures, on a visiblement pratiqué quelques coupes, pas toujours judicieusement choisies. Ainsi, durant la scène qui voit l'un des musiciens du groupe parisien de Django refuser de le suivre en Suisse, les deux hommes sont d'abord assis face-à-face, avant que le musicien ne se lève. L'instant d'après, il est dans les bras de Django, que l'on n'a pas vu se lever. Cela fait une drôle d'impression. Un peu plus loin, c'est la découverte puis l'inhumation du cadavre d'un petit personnage qui est traitée de manière cavalière, au point que cela nuit à la compréhension de ce moment de l'histoire.

   Ces réserves émises, le film est de bonne facture, avec quelques effets de mise en scène, notamment dans l'excellente séquence du dîner-spectacle, dans la riche demeure des bords du lac Léman. Je pense, entre autres, à l'arrivée des musiciens, que l'on voit déboucher en haut d'un escalier puis entrer dans une pièce où les attend une sorte de maître d'hôtel, dont on ne voit que le visage, par reflet, dans un miroir. C'est dire toute la distance symbolique qui le sépare des Tsiganes pourtant si proches de lui à cet instant. Peu avant le concert, c'est le jeu des pieds qui transmet certains sentiments.

   C'est de plus bien joué. Reda Kateb est très bon en Django, dont il a tenté d'imiter la gestuelle musicale, de manière convaincante. Face à lui, Cécile de France se débrouille bien, malgré le mauvais traitement que subit son personnage. C'est une mondaine, qui évolue entre résistance et collaboration "horizontale". Son personnage aurait mérité d'être un peu plus fouillé. C'est une autre femme qui rayonne sur le film : la mère du héros, incarnée par Bimbam Merstein, un mélange de babouchka et de mère juive polyglotte, possessive et caractérielle... adorable !

   Notons que le film ne fait pas du musicien un saint. Celui-ci pense essentiellement à son art, à l'alcool et au poker. Il est présenté comme égocentrique et, au départ, peu soucieux du contexte politique dans lequel il évolue. Incidemment, l'intrigue montre que l'occupation allemande a servi sa carrière : dans le Paris de l'époque, les jazzmen américains sont interdits, tout comme les musiciens juifs...

   Ce film réunit donc les qualités de plusieurs genres : le film de guerre (avec des nazis redoutables... et des collabos minables), le film musical (excellent), le film d'amour (moyen) et le film à suspense, cette histoire étant relativement méconnue. C'est aussi l'occasion de rappeler que deux génocides ont été perpétrés pendant la guerre : celui des juifs et celui des Tsiganes.

samedi, 13 mai 2017

L'Opéra

   Ce documentaire est signé Jean-Stéphane Bron, auquel on doit L'Expérience Blocher et surtout Cleveland contre Wall Street. Il est consacré à l'Opéra de Paris, une institution française s'étendant sur deux sites (Garnier et Bastille) et développant deux activités principales : la représentation lyrique et le ballet. C'est cet ensemble qui fait l'objet du film, toutefois davantage porté sur la partie opéra, durant la saison 2015-2016.

   Le début est un hommage à Paris, vue du dernier étage. Au premier plan est érigé un drapeau français. Au loin, on distingue l'église Notre-Dame, la Tour Eiffel et les immeubles du quartier de la Défense. C'est le repaire du directeur de l'établissement, Stéphane Lissner, qu'on saisit en pleine réunion. Le montage est habile : les propos tenus sont entrecoupés de fulgurances musicales, qui soulignent ce qui est dit ou viennent parfois en contrepoint. Dès le début, on sent qu'on a affaire à quelqu'un qui connaît son sujet.

   C'est d'ailleurs une constante dans le film. Bron manifeste un incontestable savoir-faire dans le choix de ses cadres. Le travail des différentes catégories de personnel est correctement mis en scène, avec une grande variété de plans. Je trouve par exemple que les coulisses sont très bien filmées, en interne ou pour montrer ce qui se passe sur la scène.

   Bien entendu, on entend du chant et de la musique. Du côté vocal, je garantis que, même en répétition, les artistes sont impressionnants. (La qualité du son est très bonne.) Notons que l'on voit et entend surtout des hommes, l'un d'entre eux, Mikhail Timoshenko, un Russe de 21 ans issu d'une bourgade du sud de l'Oural, bénéficiant de la couverture la plus étendue. Avec sa gueule d'ange, sa voix d'or et sa simplicité, gageons que c'est une future star de l'art lyrique. Comparée aux figures masculines, très positives, la seule grande chanteuse qui nous est présentée est limite antipathique. Elle se la joue diva. Certes, elle est belle et, quand on l'entend, on comprend tout de suite qu'elle a du talent. Mais on perçoit assez rapidement son narcissisme (à travers sa dépendance au téléphone portable) et son comportement un peu méprisant avec le "petit personnel".

   Celui-ci est mis en valeur par le réalisateur. On découvre les coiffeuses, les maquilleuses, les costumières (tardivement toutefois). On suit davantage les assistantes, au service des vedettes, discrètes, efficaces... et un peu mélomanes. Bien que le film dure 1h50, on n'a pas le temps de voir en détail toutes les corporations au travail, mais on a quand même un aperçu assez complet de la machinerie d'un opéra... en fait de plusieurs (contrairement à un autre documentaire, Traviata et nous, centré sur la préparation d'une seule oeuvre). Les extraits de représentation qui nous sont proposés permettent de se faire une idée de l'éclectisme de la programmation, qui, cette année-là, proposait aussi bien une relecture contemporaine de Moïse et Aaron qu'une nouvelle adaptation, haute en couleurs, des Maîtres Chanteurs de Nuremberg.

   Un détail cocasse semble avoir marqué J-S Bron : l'utilisation d'un vrai taureau comme figurant, sur scène, suscitant beaucoup d'inquiétude parmi la troupe. Signalons que ce "rôle" particulier a fait l'objet d'un casting, l'un des prétendants portant un nom de bon augure : "Fiasco" ! Pour la petite histoire, sachez que lauréat a pour identité "Easy Rider". Il a été davantage bichonné qu'un caniche chez le toiletteur ! Et quelle magnifique paire de couilles !

   Le hasard a voulu que la saison 2015-2016 soit particulièrement mouvementée. On perçoit les échos des massacres de Paris de novembre 2015 et des mouvements sociaux de 2016. Des tensions agitent le personnel, qu'on sent divisé mais représenté par des syndicats puissants. En simplifiant à l'extrême, il semblerait que les chanteurs-vedettes et les membres de l'orchestre (dirigé par le charismatique Philippe Jordan) soient des adeptes de l'art pour l'art, pour qui jouer/chanter est plus important que tout, alors que du côté du choeur et du ballet, on soit plus sensible à ce qu'il se passe de l'autre côté des murs.

   Cela m'amène à l'un de mes regrets : la faible présence à l'écran des ballerines et danseuses-étoiles. On les voit un petit peu au début puis, par fragrances, par la suite. A chaque fois, je suis touché par la grâce qui émane de leurs mouvements. Le réalisateur prend aussi soin de nous montrer le revers de la médaille : les pieds déformés d'une danseuse et l'épuisement d'une autre, juste après une scène. Il est aussi possible que les conflits qui ont agité la composante ballet de l'opéra aient perturbé la réalisation du documentaire. Sans être du sérail, on comprend que les relations entre l'enfant chéri des médias Benjamin Millepied (Monsieur Portman au civil) et la troupe de danseurs ont été houleuses.

   Mais tout cela nous fait rester dans un monde assez élitiste, un entre-soi encouragé par le prix élevé des places (aucun opéra à moins de 160 euros, à l'époque !). On voit la direction réfléchir au nécessaire élargissement du public, alors que, dans le même temps, l'Etat impose des compressions de personnel. Cela nous mène à une expérience intéressante, une classe "école et opéra", composée d'élèves du primaire appartenant tous aux "minorités visibles". (Au passage, il faudrait faire comprendre aux élites bien-pensantes que les descendants d'immigrés ne constituent pas le seul public exclu de la culture classique...) On est attendri en suivant ces bouilles enfantines presque gênées de manipuler des instruments d'une valeur faramineuse. Par contre, je déconseille l'audition de la production finale (un concert devant les familles) : ça fait mal aux oreilles ! (Pour une belle interprétation du deuxième mouvement de la septième symphonie de Beethoven, voir ici.)

 

14:18 Publié dans Cinéma, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 11 avril 2017

Chantons sous la pluie

   Est-ce lié au récent succès de La La Land ? Toujours est-il que la célèbre comédie musicale est de retour dans les salles obscures. Pour les amateurs, c'est l'occasion de (re)découvrir ce qui est considéré par beaucoup comme un modèle du genre... de surcroît, sur grand écran.

   Je n'avais que des souvenirs lointains de ce film. Je crois que je l'ai vu pour la première fois à la télévision, soit dans le "Cinéma de minuit" (à l'époque sur FR3), soit dans le "Ciné-club" (diffusé sur ce qui s'appelait alors Antenne 2). J'ai dû le revoir étant étudiant, à l'occasion d'une semaine consacrée aux comédies musicales. Mais cela fait plus de vingt ans...

   Que m'en restait-il ? Evidemment, la chanson interprétée par Gene Kelly, sous une pluie artificielle. Quand j'étais gamin, j'adorais sauter dans les flaques. Le jour où j'ai vu qu'un comédien avait intégré cette pratique à sa chorégraphie, j'ai kiffé grave ! J'avais aussi en mémoire l'horrible voix nasillarde de la "méchante" de l'histoire. (Rendons-lui justice : l'actrice s'appelait Jean Hagen et sa carrière a été écourtée par un cancer.) Et puis je me rappelais la prestation de Cyd Charisse en danseuse fatale, muette mais terriblement efficace.

   Fort heureusement, j'ai retrouvé tout cela en revoyant le film. Mais c'est la première partie qui m'a le plus surpris. Il s'y trouve une satire assez virulente des moeurs d'Hollywood. C'est particulièrement visible lorsque le héros, Don Lockwood (Gene Kelly, impeccable), résume sa vie devant les journalistes. Il y a un contraste évident (et comique) entre ce qu'il dit et ce que les images montrent aux spectateurs (sous la forme de retours en arrière).

   J'ai aussi pu apprécier combien les numéros de danse étaient bien orchestrés... et mis en scène. Pour une oeuvre grand public, classée dans un genre mineur, c'est très inventif et parfois presque virtuose. Pour moi, la séquence la plus emballante est celle au cours de laquelle le héros va ouvrir son coeur à la petite Cendrillon qui tente de percer à Hollywood (et avec laquelle, évidemment, les premiers contacts n'ont pas été très amicaux). Dans un hangar, petit à petit, Don déploie une partie de la machinerie dont se servent les artisans de Hollywood... tout ce "cinéma" pour avouer sa flamme ! Classieux (et très bien joué, bien que la chanson soit mièvre, un défaut qui me semble hélas inhérent à la comédie musicale).

   Cela nous mène au principal personnage féminin, Kathy Selden, interprétée avec brio par une certaine Debbie Reynolds. Ce nom vous dit quelque chose ? Peut-être parce qu'on a beaucoup parlé d'elle en décembre dernier, à l'occasion de son décès. Il se trouve qu'elle est morte un jour après sa propre fille... oui, Carrie Fisher, l'héroïne de Star Wars, qu'on avait pu revoir dans Le Réveil de la Force.

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   Au niveau de la distribution, il faut aussi souligner la performance d'un second rôle masculin, Donald O'Connor, qui incarne un musicien facétieux, meilleur ami du héros... et lui aussi excellent danseur. Il est franchement drôle et a droit à son "moment de bravoure" dans la première partie de l'histoire.

   65 ans après sa sortie, Chantons sous la pluie procure un plaisir intact. C'est un film plein d'entrain, marqué toutefois par son époque : les femmes y sont de jolis objets, parfois capricieux. (Seule l'héroïne a une personnalité un peu développée.) Et Dieu qu'elles sont belles !

dimanche, 29 janvier 2017

Dalida

   Presque cinq après Cloclo, le cinéma français replonge dans le biopic d'une vedette populaire morte prématurément. Coïncidence ou pas, les deux chanteurs ont passé leur enfance en Egypte, dans la communauté européenne. Ils ont aussi l'Italie en commun, plus précisément la Calabre, dont est originaire la famille de Iolanda Gigliotti, tout comme celle de la mère de Claude François. On note que les deux enfances ont été bercées par la musique, notamment celle jouée au violon.

   Là s'arrêtent les ressemblances. La vie de Dalida est un écheveau de moments d'intense bonheur et de drames, qui l'ont conduite à deux tentatives de suicide, la seconde réussie. Autre différence : la chanteuse n'a pas eu d'enfant, elle qui aurait tant voulu être mère, quitte à laisser un peu tomber sa carrière.

   Contrairement à Cloclo, Dalida nous fait découvrir le passé par touches, à l'aide de retours en arrière. Cela donne au film un côté puzzle qui n'est pas déplaisant, ni déstabilisant : on sait toujours où et quand l'action se déroule. De plus, à l'écran, les tons varient en fonction du lieu et de l'époque. C'est le moment de signaler la grande qualité de la photographie et les efforts pour mettre en scène de manière un peu originale le parcours d'une personne qui a tant occupé les écrans.

   J'ai en tête deux moments particulièrement bien filmés : la demande en mariage de Lucien Morisse, acceptée mais qui vient trop tard (ce qui nous est montré à l'aide de la dissociation des glaces du miroir de la loge) et l'entrée puis la sortie de la scène du palais des sports de Paris. La réalisatrice Lisa Azuelos a su porter à l'écran le monde des paillettes et sa face cachée.

   Pour cela, elle a pu aussi s'appuyer sur la distribution. Tout le monde le dit mais je vais le répéter quand même : dans le rôle-titre, Sveva Alviti est une révélation. Certes, à la base, il y a bien une ressemblance physique entre l'actrice et la chanteuse qu'elle est chargée d'incarner. Mais elle a su acquérir les attitudes et une partie du phrasé de la vedette. Signalons que le film est polyglotte, principalement tourné en français et en italien, avec des touches d'anglais et d'arabe. Quel plaisir que d'entendre la langue de nos amis transalpins !

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   Sveva Alviti est épaulée par une batterie d'acteurs chevronnés, de Jean-Paul Rouve à Riccardo Scamarcio (excellent en Orlando), en passant par Patrick Timsit et Nicolas Duvauchelle. J'ai cité des comédiens de sexe masculin, parce que la vie de Dalida a été marquée par ses rencontres, aussi bien artistiques que sentimentales, les deux s'entremêlant souvent. Ce biopic est donc aussi le portrait d'une femme (qui tente d'être) libre, qui a aimé l'amour et la chanson d'amour, avant de découvrir, sur le tard, qu'elle pouvait aussi interpréter des titres plus "exigeants".

   Du coup, même si on n'est pas un inconditionnel de la chanteuse (dont les titres illustrent les principaux moments de l'histoire), on peut s'attacher à ce portrait de femme, très bien interprété.

samedi, 30 juillet 2016

Florence Foster Jenkins

   Presque trois ans après l'excellent Philomena, Stephen Frears s'est attaché à la vie d'une autre dame âgée torturée, la supposée cantatrice qui a déjà inspiré Marguerite l'an dernier. On a soigné la distribution, puisque le rôle-titre est interprété par Meryl Streep, son compagnon étant joué par Hugh Grant. La première en fait à mon avis un peu trop, le second parvenant à lui voler la vedette. Cela fait longtemps que je n'avais pas vu Grant aussi bon.

   Le ton du film oscille entre le comique et le pathétique, à l'image de l'opinion que les personnages ont de la vieille héritière. Beaucoup la trouvent ridicule, d'autres la trouvent touchante. Le réalisateur ne tranche pas quant à son degré de lucidité. Celle qui disait aimer la musique (et qui a enseigné le piano) était-elle consciente de chanter aussi mal ? On notera qu'il n'y a pas de critique féroce du fait que l'argent achète (presque) tout. Tout cela est présenté sur un ton badin, même quand le compagnon bigame joue au gangster ou au gigolo. Le personnage présenté le plus négativement est le seul critique musical qui ne se laisse pas acheter... et qui écrit ce qu'il pense.

   Deux autres prestations sont à signaler : celle de Simon Hellberg, en pianiste débutant, doué mais complaisant, et celle de Nina Arianda, en pulpeuse pétasse au grand coeur.

   Que dire d'autre ? Que la reconstitution est soignée, que les acteurs font bien leur boulot... mais que la voix de la chanteuse est vraiment exécrable ! Je ne suis pas un mélomane averti, mais j'ai quand même été choqué par le massacre de "l'air de la reine de la nuit" (extrait de La Flûte enchantée, de Mozart)... C'est quand même nettement plus joli chanté par Natalie Dessay. Le pire est que Meryl Streep s'est correctement inspirée du modèle, que l'on entend à la toute fin.

   C'est aussi une bonne comédie, avec, au coeur de l'intrigue, Hugh Grant... et une séquence de fiesta d'anthologie, dans le modeste appartement du mari, avec une bande de parasites et d'atypiques. Mais cela ne va pas plus loin.

lundi, 21 décembre 2015

Paco de Lucia

   Ce documentaire est consacré à une légende du flamenco, le guitariste Francisco Sanchez Gomez (décédé en 2014), dont le nom de scène rend hommage à sa mère, qui fut toute sa vie désignée comme "la Portugaise". On découvre donc la carrière d'un artiste et aussi un pan de l'histoire espagnole. Accessoirement, le film est abondamment nourri d'extraits musicaux, ce qui le rend encore plus intéressant.

   Paco est originaire d'Andalousie, plus précisément d'Algésiras. Aujourd'hui, cela sonne positivement aux oreilles européennes, mais, dans les années 1940, 1950 et 1960, la région avait mauvaise réputation et les habitants s'estimaient victimes de discrimination.

   Cela n'empêche pas le jeune Paco de se faire remarquer dès les années 1960. Sa carrière a connu son apogée dans les années 1960-1970, entre le franquisme finissant et les débuts de la nouvelle démocratie ibérique. On retrouve cette ambiguïté dans la vie du musicien, qui se présente comme ayant été longtemps "de gauche" (donc opposé au franquisme). Il a pourtant épousé en premières noces une fille du général Varela, qui fut ministre de Franco. Vous me direz que l'amour ne se commande pas... mais le documentaire omet de donner ces précisions. Il faut dire qu'il a été réalisé par Curro Sanchez, qui n'est autre que le fils que Paco a eu avec Casilda Varela. Le musicien a quand même l'honnêteté de reconnaître qu'à partir du moment où il s'est mis à gagner de grosses sommes (qu'il a utilisées à son unique profit), il ne s'est plus considéré comme étant de gauche.

   Mais revenons à sa carrière artistique. Le gamin se révèle très jeune être un virtuose de la guitare, alors qu'il n'a pas (encore) appris le solfège. Dans un premier temps, il suit les traces des glorieux aînés du flamenco. L'un des tournants est sa rencontre avec une "voix d'or", le chanteur gitan Camaron. Il a mis sa guitare au service du jeune homme. Par la suite, il a alterné les périodes solo et le travail en groupe, dans un célèbre trio de guitaristes. Sur le tard, on le voit à la tête d'une véritable troupe. Art strictement musical au départ, le flamenco est devenu un spectacle total. Paco de Lucia l'a ouvert aux non-initiés, y mêlant les influences diverses, notamment venues du jazz, à la grande fureur des "puristes".

   Mais, au-delà de la petite histoire et des querelles de musiciens, il reste un type doué et méthodique, que l'on nous montre à l'oeuvre, à trente, à quarante et à plus de soixante ans. Fascinantes sont les scènes où il prend soin de ses mains, que l'on voit ensuite voltiger autour des cordes. Voilà qui aurait de quoi inspirer un peu de modestie à nombre de guitaristes pop-rock qui, parce qu'ils ahanent sur leur instrument devant des ados énamourés, se prennent pour de grands musiciens.

   A Toulouse, où j'ai vu ce film, la salle de l'Utopia était pleine à craquer. Le public était âgé voire très âgé, mêlant Français, Espagnols et Franco-Espagnols.

samedi, 14 novembre 2015

Une "Marseillaise" new-yorkaise

   Je l'ai entendue (pas en entier) sur France Inter, à la fin de l'émission de ce soir, dans laquelle les auditeurs étaient amenés à réagir. Je suis ensuite parti à la recherche de la version intégrale. Je suis d'abord tombé sur un autre extrait, sur le site de BFMTV. Puis, j'ai eu l'idée d'aller sur le site du Metropolitan Opera de New York, où j'ai vu ceci :

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   De là, on peut accéder à l'interprétation des chanteurs et de l'orchestre... jusqu'aux applaudissements finaux. A ce moment-là, tendez bien l'oreille : on entend plusieurs "Vive la France !"

   Thank you, New York !

dimanche, 21 juin 2015

Goshu le violoncelliste

   Cette animation japonaise d'Isao Takahata (dont on a récemment pu voir Le Conte de la princesse Kaguya) date du début des années 1980. Elle a révélé un réalisateur de grand talent. Elle est aussi connue pour marier le dessin et la musique, celle de Ludwig van Beethoven, dont la Symphonie pastorale traverse l'histoire.

   Goshu est un jeune musicien maladroit, "gauche", mais désireux de s'améliorer. Il appartient à un petit orchestre, qui ambitionne de remporter une compétition régionale. Pour cela, il faudrait que tout le monde joue à son meilleur niveau. Goshu, qui vit à l'écart de la ville et mange les produits de son jardin, va être aidé par des animaux, en lesquels il voit d'abord une gêne. Leurs relations vont être plus ou moins conflictuelles.

   Le premier visiteur est un chat facétieux, qui vit un peu aux crochets de Goshu, tout en en étant indépendant :

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   Je n'ai pas du tout aimé le traitement que Goshu fait subir au sac-à-puces (j'aime pô qu'on s'en prenne aux chats !), mais je reconnais que c'est le prétexte à une belle séquence, qui allie musique contemporaine et torture ! Lui répond l'une des dernières scènes du film, dans un contexte très différent.

   Le deuxième visiteur est un coucou, virevoltant et exigeant :

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   Il va faire répéter ses gammes au jeune violoncelliste, avant de le quitter, de manière incongrue.

   Le troisième "invité" est un jeune blaireau (une espèce qu'il vaut mieux éviter de côtoyer dans une salle de cinéma... et dans la vie, en général), adepte lui aussi de la musique classique. Les spectateurs attentifs reconnaîtront le petit personnage qui a salué l'assistance juste avant le début du film.

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   Pour terminer, c'est un duo qui rend visite au héros : une maman souris et son fils, en mauvaise santé. Comment le jeune violoncelliste pourrait-il guérir le souriceau ? Je vous laisse le découvrir.

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   Quand il se rend dans la salle de répétition, Goshu retrouve les autres membres de l'orchestre. Il est le plus jeune ou l'un des plus jeunes de la bande... qui comprend des adultes de tous âges et même quelques personnes dont l'acuité auditive doit être singulièrement détériorée ! En fait aussi partie une demoiselle qui semble "en pincer" pour le héros. Mais il n'a pas trop le temps de songer à la bagatelle, vu que le chef d'orchestre ne laisse rien passer à ses musiciens. C'est un personnage haut en couleurs, à l'image de ce que l'on trouve dans d'autres mangas.

   L'animation a un peu vieilli. Les décors ont visiblement été réalisés à la gouache. C'est tout de même parfois superbe. On y a superposé des éléments animés qui témoignent d'un indéniable savoir-faire. L'ensemble dure à peine plus d'une heure et l'on passe un bon moment.

dimanche, 28 septembre 2014

Get on up

   Ce nouveau biopic est consacré à James Brown. Plus qu'une biographie intégrale (un défi très difficile à relever, même en 2h20), on nous propose un portrait psychologique d'une vedette d'origine modeste. Le montage nous fait faire des allers-retours entre plusieurs époques : la fin des années 1930, les années 1950, la fin des années 1960, celle des années 1980. La dernière partie de la vie du chanteur n'est que brièvement évoquée.

   Que dire de l'ensemble ? Eh bien que la musique est bonne, même si je pense que, dans un océan de variétoche à destination (d'abord) du public noir américain, surnagent quelques morceaux très entraînants. Je ne connaissais pas l'acteur Chadwick Boseman (qui incarne James Brown). Je trouve que c'est un bon choix. Même s'il est plus grand que son modèle, le visage et la coiffure ont été travaillés de manière à le rendre très ressemblant. Il a de plus appris à danser comme James Brown... épatant !

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   Les allers-retours se justifient pour comprendre la mentalité de la vedette. C'est un ancien enfant des rues, qui a été abandonné par sa mère (dont on comprend qu'elle a fini par se prostituer) et par son père (un alcoolique égocentrique et violent). Signalons la performance de Viola Davis, que l'on avait déjà remarquée dans La Couleur des sentiments... réalisé par... Tate Taylor, qui est aussi aux manettes sur Get on up !

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   Dans le rôle de la tante, on retrouve une autre actrice du même film : Octavia Spencer, excellente en mère maquerelle à la fois autoritaire et généreuse.

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   Du coup, James va passer sa jeunesse au milieu des loubards et des prostituées. Il commence à virer délinquant quand une rencontre va changer sa vie. Ses débuts sont montrés comme ambivalents : le groupe qu'il rejoint a un répertoire inspiré du gospel et chante plutôt pour les Noirs... et quelques Blancs BCBG qui ont envie de s'encanailler gentiment. (Excellente séquence, avec ces jeunes adultes aux visages rayonnants stéréotypés, dans des tenues kitschissimes !)

   Les scènes de chant et de danse sont bien filmées. On perçoit à la fois le jeu de jambes de J. Brown et son implication au niveau de la voix. Les gros plans légèrement obliques s'avèrent judicieux.

   Ceux qui connaissent un peu le personnage attendent sans doute les auteurs au tournant. Que dit le film de ses relations avec les femmes, avec l'argent ? Et la politique dans tout ça ? Faudrait tout de même pas oublier qu'il éclate en pleine contestation de la ségrégation et connaît la gloire pendant la guerre du Vietnam. Le film veut montrer que, s'il était sensible à "la cause", il était d'abord un artiste de divertissement. Quant à ses relations avec la gent féminine, elles me semblent correspondre à la norme dans ce milieu : il peut s'attacher, mais n'est que brièvement monogame (tout en attendant une totale fidélité de sa partenaire). Si son imprégnation religieuse a laissé des traces, ce n'est pas au niveau des relations sexuelles, mais dans sa manière de considérer les femmes.

   On le découvre aussi très exigeant avec ses collaborateurs, limite tyrannique et de mauvaise foi. (Sur la forme comme sur le fond, j'ai souvent pensé à un autre biopic, Cloclo.) Comme il n'a pas eu le destin de nombre de vedettes de son époque (mortes en pleine gloire), il connaît le déclin et une certaine déchéance physique, même s'il a essayé de tenir son rang jusqu'au bout.

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   Toutefois, en dépit de ses qualités graphiques et sonores, le film m'a paru trop long. Il aurait fallu couper dans les digressions et raccourcir certaines scènes de dialogues (en particulier dans la séquence qui tourne autour de l'utilisation des toilettes). On peut regretter que Spike Lee (pressenti pour la réalisation) n'ait pas pu aller au bout du projet. Il aurait sans doute proposé quelque chose de plus "pêchu".

   P.S.

   L'histoire est émaillée de clins d'oeil. On voit ainsi James Brown croiser le jeune Mick Jagger, au temps où les Rolling Stones tentent de percer aux Etats-Unis. Des années plus tard, la star mondiale britannique produit le biopic ! On peut aussi penser que le choix de Dan Aykroyd pour incarner le premier manager de Brown n'est pas le fruit du hasard. Il y a plus de trente ans de cela, le jeune acteur avait côtoyé la star du funk dans The Blues Brothers.

jeudi, 13 mars 2014

Le Piano magique

   Il y a quelques années, pour le bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin, des courts-métrages ont été produits un peu partout en Europe (notamment en Pologne). Deux d'entre eux sont réunis ici à un troisième, consacré à Ludwig van Bite_au_vent Beethoven.

   C'est par ce dernier que débute le film. Intitulé "Les Démons de Ludwig", il s'inspire de la mini-série Recto-Verso, créée par l'auteur, Gabriel Jacquel.

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   Il met en scène un pianiste fameux, ombrageux, aussi à l'aise dans les mélodies douces que dans les envolées lyriques. Il subit l'influence d'un bon et d'un mauvais génies, dont le petit film montre la lutte, avec les conséquences sur la personnalité et le jeu de Ludwig. Par la thématique comme par la virtuosité de l'animation (qui marie parfaitement image et musique), ce n'est pas sans rappeler un autre chef-d'oeuvre, The Cat Concerto, une aventure de... Tom & Jerry !

   Après ce départ en fanfare, j'ai été un peu déçu par le deuxième court-métrage, intitulé "Pl.ink". La musique de Chopin sert d'habillage sonore à un monde auquel elle apporte aussi de la couleur :

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   L'intrigue est tout aussi surréaliste que dans le précédent film, mais dans un style différent, que j'ai moins apprécié.

   Ce n'est qu'ensuite qu'est programmé le troisième et dernier court-métrage (le plus long), qui a donné son nom à l'ensemble. Il est réalisé par Martin Clapp, qui a auparavant travaillé à l'animation de Pierre et le loup. Le style (image par image) rappelle celui des films lettons. C'est de plus visuellement très joli à regarder.

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   L'héroïne est une petite fille (mignonne et têtue), fascinée par les inventions de son père, et qui se désole de son départ, loin, pour des raisons professionnelles. Elle finit par découvrir un piano magique, qui va la transporter partout où son père est susceptible de se trouver. La voilà partie, accompagnée d'un garçon gentil mais maladroit. Chaque séquence est accompagnée (musicalement) par une oeuvre de Chopin, dont le titre est habilement inséré à l'écran : sur la carrosserie d'un autobus, la paroi externe d'un piano, un pont parisien, le mur d'un immeuble...

   Au total, en trois quarts d'heure, les enfants découvrent trois petites histoires bien troussées, visuellement très inventives... et ils sont mis au contact de quelques oeuvres du répertoire classique.

lundi, 30 décembre 2013

Twenty Feet from Stardom

   "A six mètres de la célébrité", c'est-à-dire tout près, mais plutôt dans l'ombre, évoluent depuis des dizaines d'années des femmes (et parfois des hommes), dont les voix n'ont pas grand chose à envier à celle des vedettes. Ces personnes sont les choristes. Ce documentaire leur est consacré.

   Blanches et lisses à l'origine, ces assistantes sont devenues majoritairement noires... et plus pétulantes. Leur point commun est d'avoir découvert le chant au temple. De manière générale, la musique populaire noire-américaine doit beaucoup à la manière dont le culte protestant est rendu outre-Atlantique.

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   La trame du film est linéaire. On part de la création des groupes de choristes noires à leurs tentatives de carrière solo, en passant par le fonctionnement de l'industrie du disque et les interactions avec les mouvements politiques des années 1960-1970.

   Parmi les vétéranes, il y a celle qui a servi la soupe à Ray Charles (qui avait ses "raelettes"). Dans le film, on nous propose l'intégralité d'une célèbre chanson (What'd I say), avec les choristes au premier plan (sur le côté toutefois), dans un jeu érotique (au niveau des gémissements) avec le pianiste, qui se trouve au centre. (Au passage, ceux qui ne connaissaient le musicien que très âgé et rabougri pourront le découvrir jeune et en pleine santé, très proche de l'interprétation de Jamie Foxx dans Ray.)

   L'une des plus talentueuses était Darlene Wright, qui dut changer son nom en "Love". Elle raconte comment elle n'a parfois même pas été créditée pour les voix qu'elle avait assurées sur des disques du groupe The Crystals. Le producteur Phil Spector ne semble pas avoir éprouvé un grand respect pour ces petites mains du spectacle chanté, sans lesquelles bien des artistes n'auraient pas eu autant de succès.

   D'autres, comme Claudia Lennear, Lisa Fischer et Merry Clayton, ont travaillé pour les Rolling Stones, David Bowie, Joe Cocker, Sting... En général, elles ont commencé jeunes (autour de 18 ans)... et elles étaient très jolies ! Le contraste est saisissant, puisque l'on voit ce qu'elles sont devenues, 30, 40 ou 50 ans plus tard...

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   Elles n'ont de plus pas été gâtées par la vie. Si elles se contentaient de rester choristes, au bout d'un moment, on leur faisait comprendre qu'il fallait laisser la place à de plus jeunes. Et presque toutes celles qui se sont lancées dans une carrière solo ont échoué. Le film n'ose pas trop s'attarder sur le sujet mais, s'il est incontestable que ces femmes possèdent des voix en or, cela ne suffit pas pour faire carrière. Sans auteur ni compositeur, le rossignol chante à vide. Et il y a ce petit "supplément d'âme", qui fait qu'une chanteuse techniquement moins bonne fait passer beaucoup plus de choses.

   Toutefois, bien que le film ne dure qu'une heure et demie, j'ai trouvé cela assez long. C'est le défaut des documentaires, en général. Et pourtant, ici, on a pris soin d'alterner images d'archives, entretiens récents (plus ou moins intéressants) et séquences chantées. Cela reste un film plaisant à voir... et à entendre.

mercredi, 02 octobre 2013

"La Morinade" a réussi son transfert

   L'émission humoristique de la radio "jeune" Le Mouv' a subi quelques vicissitudes. L'an dernier, la quotidienne avait vu son positionnement horaire changer à plusieurs reprises. Puis, fin juin, ce fut l'annonce, terrible, de la suppression de l'émission, dont la dernière diffusée a été enregistrée en public.

   On se demandait ce qui pouvait justifier cette éviction, alors que ce programme était de loin le plus téléchargé du Mouv'. Jalousies ? Mépris pour l'humour potache et décalé dont l'émission regorge ? Toujours est-il qu'il y a un peu moins d'un mois, la bonne nouvelle est tombée : La Morinade était de retour, toujours sur le Mouv', mais en diffusion hebdomadaire, le dimanche (de 18h à 20h), à partir d'un enregistrement public réalisé dans la semaine.

   J'ai laissé passer quelques numéros, pour voir. La technique s'est améliorée. Il a fallu concilier le côté intime de la plupart des chroniques avec l'ambiance d'une salle vivante. Il a fallu aussi que les humoristes s'adaptent à leurs nouvelles conditions d'exercice. Le résultat s'est sans cesse amélioré.

   L'émission diffusée dimanche 29 septembre est un excellent cru. Elle a commencé par le portrait vachard (et plein d'autodérision) de l'invitée (Sophie Marie Larrouy) réalisé par une Anne Ma en pleine forme. Lui a succédé une reprise de la chanson satirique des Inconnus (C'est toi que je t'aime) par le groupe Les Gars Dans L'Coin. Les musicos ont assuré et, côté texte, ils ont eu la bonne idée d'adapter certaines références, Jacques Chirac devenant Jean-François Copé, Patrick Sabatier devenant Laurent Ruquier, le Sacrée Soirée de Jean-Pierre Foucault étant remplacé par The Voice et "3615 Ulla" par Youporn !

   A ce grand moment en a succédé un autre, plus... spirituel. Le Père Albert est intervenu, pour rendre compte de la "formation champignon" qu'il a créée, pour les jeunes en recherche qui fréquentent sa caravane...

   Puis, ce fut le tour de Frédéric Martin de nos proposer un nouvel épisode du Débile Mentaliste... ou comment faire de la télévision haut de gamme à la radio !

   Le retour d'Albert Algoud nous a valu la suite des aventures du cowboy gay Robert Michou (avec Anne Ma en faire-valoir), qui ne manque jamais de rappeler la présence de son fidèle destrier, Golden Shower...

   Face à ces accès de débauche, on avait bien besoin de romantisme. C'est Daniel Morin lui-même, ou plutôt son double chtimi Jacky, qui s'est chargé de relever le niveau... avec tendresse.

   Un peu avant la fin de la première heure, on nous a proposé deux fausses pubs (une de Fred Martin, l'autre de Thomas Croisière) particulièrement réussies. Le journal arriva peu après. Ce fut l'occasion d'entendre deux personnages hauts en couleur, Jaquette et le maréchal Ganache, chacun à l'honneur dans son style inimitable. Le second est repassé à l'antenne, pour le décrochage radio-anal de Radio Caca.

   C'était décidément un peu la soirée Albert Algoud, que l'on revit à l'occasion de l'arrivée du chanteur maison de La Morinade, j'ai nommé l'incommensurable Jean-Pierre Aznavour. Une performance inoubliable ! Et, comme la grande musique était à l'honneur, Les Gars Dans L'Coin sont revenus, pour une reprise pêchue de Que je t'aime.

   Au-delà de la gaudriole, l'émission se veut de service public. Chaque semaine, l'équipe tente d'aider l'incurable célibataire forcée Anne Ma à trouver chaussure à son pied. La séquence "Tournez Nadège" a permis à certains spectateurs de se mesurer aux exigences de la dame... Dame que l'on a vite retrouvée dans sa chronique télé. Celle-ci a été consacrée à un programme qui m'a l'air particulièrement vulgaire et racoleur, Les Grandes Histoires, sur NRJ 12 (parfois judicieusement surnommée "NRJ Bouse"). Je ne sais pas ce qui est le pire dans cette émission, ou la bêtise des personnes qui se laissent filmer (et manipuler), ou le cynisme de ceux qui font du blé sur la misère intellectuelle d'une partie de la population française.

   Thomas Croisière est arrivé à point pour redonner le moral à tout le monde. Il a concentré ses jeux de mots dans une reprise très personnelle de Femme, femme, femme de Serge Lama.

   L'assemblage de ces talents disparates me rappelle les grandes émissions d'humour qui se sont succédé sur France Inter depuis le début des années 1980. Pourvu que ça dure !

mercredi, 08 mai 2013

Purée d'homonymie !

   Hier soir, après le boulot, j'ai eu une belle surprise en écoutant La Morinade. L'une des rubriques est celle de la "très très bonne musique" proposée par Daniel Morin lui-même. (Elle est parfois introduite par un jingle évoquant un lieu emblématique de l'Aveyron.) L'animateur nous y propose des extraits qu'il juge particulièrement puissants... Voici donc ce que j'ai entendu dans l'émission de mardi 7 mai :


   Le morceau de musique en question existe bel et bien. Il s'agit du rap arabe, d'un individu qui s'appelle Henri Golan (sans le "t", attention, hein !). C'est évidemment un pseudonyme, celui du Belge Willy Dehaibe, qui a mis un terme à sa carrière d'humoriste en 2010.

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jeudi, 22 novembre 2012

Stars 80

   J'ai longtemps hésité avant d'aller voir ce film. Je m'étais dit que cela devait être une nouvelle comédie lourdingue à la française, jouant outrageusement sur le voyeurisme ("Regarde comme ils ont vieilli !" ou "Elle a raté son lifting, celle-là !"). Ou bien, cela risquait de se limiter à une suite de reprises de vieux tubes...

   ... Eh bien j'avais tort !

   C'est d'abord un vrai film, qui commence par une séquence très réussie, en prison, avec un générique plutôt malin. On se demande vraiment ce que viennent faire ces deux gueules cassées là-dedans. Ces deux quinquas blancs, mal rasés, grands cernes sous les yeux, sont accueillis par un gardien Black (joli retournement de cliché). On finit par s'apercevoir qu'ils sont là pour une tout autre raison... et on finit par comprendre qu'ils n'auraient même jamais dû venir !

   Le duo Anconina-Timsit fonctionne très bien. Le premier en fait peut-être un peu trop. Il est à l'image des chanteurs qu'il tente de faire remonter sur scène : c'est une sorte de has been, un ancien jeune, qui a connu son heure de gloire, mais dont le talent a brûlé comme une chandelle.

   La séquence chez le producteur, qui les éconduit ironiquement, est aussi un petit bijou. Vient donc le moment de constituer l'équipe qui va tourner dans toute la France. Il faut retrouver les anciennes vedettes. Certaines ont totalement disparu de la circulation. D'autres vivotent, sans plus. Quelques-unes ont gardé un peu de leur aura passée... mais rien qu'un peu. Ces chanteurs font souvent preuve d'auto-dérision. J'ai adoré la séquence "mafieuse", dans le club de Jean-Luc Lahaye (en excellente forme physique, pour le plus grand bonheur de ces dames).

   Le tournant du film est le repas qui suit le premier concert, raté. Loin du strass et des paillettes, la chanson populaire française revit autour d'une table où des amitiés se nouent. C'est touchant et on prend plaisir à réentendre certains refrains.

   La suite est une sorte de success story. Dans le groupe de départ, on trouve Jean-Pierre Mader, qui assure, avec simplicité, le groupe Images et les Début de Soirée, que le duo de producteurs est allé chercher au fin fond d'un sordide kébab. Mais voilà que les deux producteurs se fâchent, alors que le triomphe est à portée de mains.

   Pendant ce temps-là, les artistes redécouvrent la grande vie. Le public afflue. Les salles sont plus grandes, les hôtels plus luxueux... et les cachets plus élevés. Une nuit, la libido de ces quinquas et sexagénaires se réveille. Et voilà le chanteur de Cookie Dingler qui nous la joue Kim Basinger (dans 9 semaines et demi)... un moment d'anthologie. Dans le même temps, Peter et Sloane, que la vie avait séparés, se rabibochent. Jean-Luc Lahaye, qui a fini par rejoindre le groupe, s'adonne à de drôles de jeux avec ses groupies... Mais la question qui taraude les insomniaques pas occupés à copuler est la suivante : qui peut faire jouir aussi bruyamment la pulpeuse Sabrina (toujours aussi bien gaulée, mamma miaaa !) ?

   L'apothéose se produit au Stade de France, avec le retour de Jeanne Mas, aussi fragile qu'auparavant... et d'un Gilbert Montagné débarqué des Etats-Unis, où Anconina et Timsit l'avaient retrouvé des mois auparavant, pianiste expressif dans un temple protestant, dans une séquence digne des Blues Brothers !

   Bref, c'est drôle, entraînant et fort agréable à suivre, en dépit d'effets un peu trop appuyés.

23:56 Publié dans Cinéma, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

jeudi, 01 novembre 2012

Traviata et nous

   C'est un documentaire, étrange, qui narre la genèse d'un opéra, La Traviata (de Verdi), tel qu'il a été représenté à Aix-en-Provence, en 2011.

   Je précise tout de suite que je ne suis pas un fan d'art lyrique. Je n'ai même jamais assisté à une représentation. Je n'en ai jamais vu qu'à la télévision... et j'imagine combien les effets étaient atténués.

   Les non-initiés seront d'abord surpris de voir répéter les artistes "en civil", en blue jeans, baskets voire nus-pieds. Une fois que les codes de base sont maîtrisés, que la mise en scène est fixée, on les retrouve en costumes (avec plusieurs versions).

   Le metteur en scène est justement l'un des "personnages" du film. Jean-François Sivadier (que l'on voit avec deux paires de lunettes différentes... aurait-il cassé les premières ?) fait rire par sa maîtrise approximative de l'anglais ; il étonne par ses choix mais, quand on les voit appliqués, on se rend compte de leur pertinence. Et, comme l'on a eu l'obligeance de sous-titrer (y compris les parties chantées), le non-initié comprend tout ! L'opéra n'est plus uniquement cette performance de voix exceptionnelles. C'est aussi du théâtre.

   On découvre donc les voix, au travail. Comme cela se passe lors des répétitions, les artistes ne se donnent pas à fond... Ils sont pourtant impressionnants. Le film se concentre bien entendu sur Natalie Dessay, la célèbre soprano (qui possède un site internet). Cela ne se justifie pas uniquement en raison de son talent (dont un aperçu est visible ici). Elle a une forte personnalité, de l'humour, ce qui transparaît dans le film. (Pour la découvrir, je recommande l'émission Eclectik, dont elle fut invitée le 21 octobre dernier.) Le contraste est même saisissant entre la chanteuse, plutôt expansive, et le metteur en scène, plutôt dans la retenue. Mais le courant passe.

   Concernant les autres chanteurs, j'ai remarqué qu'en plus d'avoir une belle voix, ceux qui incarnent les personnages principaux sont d'un physique agréable. Un spectateur attentif remarquera que les choeurs sont composés de personnes au physique plus disgracieux ou de jeunes chanteurs. En tout cas, il ressort des scènes où ils interviennent qu'ils ont du talent. On peut faire la même remarque à propos des musiciens, capables de s'adapter rapidement aux exigences du chef d'orchestre, Louis Langrée. Ce Français, dont l'anglais est plus sûr que celui du metteur en scène, a vraiment le physique de l'emploi ! ;)

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   J'ai aussi aimé le passage qui met en valeur la pianiste (qui chante très bien). De manière générale, le film ne laisse pas à l'écart les "petites mains" du spectacle. La première scène leur est même consacrée.

   Concernant le jeu, j'ai trouvé que c'est avec celui qui incarne Giorgio Germont (le père) que Natalie Dessay "fonctionne" le mieux (pour le peu qu'on en voit). Il semble qu'il ait fallu davantage travailler la relation amoureuse entre Violetta et Alfredo.

   Résultat ? Le documentaire donne envie de voir l'opéra.

   Mission accomplie ?

vendredi, 30 mars 2012

Cloclo

   C'est l'histoire d'un garçon choyé par sa mère. Il essaya de compenser par des talonnettes une taille qu'il jugeait trop petite. Il aimait tout ce qui brillait et tenta d'utiliser à son profit les médias qui ne furent pas tous dociles. Il tomba amoureux, plusieurs fois, fut rejeté mais aussi parfois ignoble avec les dames. Né dans un milieu aisé, il connut une forme de dégradation sociale et voulut prendre sa revanche. Il eut du mal à se faire accepter du milieu dans lequel il fit carrière...

   Si je m'arrêtais là, d'aucuns pourraient penser que je sors d'un nouveau film consacré à notre exubérant président de la République. Il est pourtant question de Claude François.

   Je ne suis ni fan ni nostalgique de l'épopée du "roi de la pop" française, mais ma jeunesse a été bercée en partie par ses chansons (maman était une Big Fan)... ainsi que par celles de Gilbert Bécaud (côté papa), que l'on croise dans ce film.

   On peut d'ailleurs mettre au crédit de ce long-métrage la qualité de la reconstitution du contexte musical de l'époque. On entend certes souvent les interprètes originaux, mais les acteurs que l'on croise de temps à autre réussissent à ressusciter qui Johnny Hallyday, qui Frank Sinatra, qui Otis Redding.

   Les deux meilleurs sont sans conteste Jérémie Renier et Joséphine Japy, qui incarnent Cloclo et France Gall, sans doute le plus fort des couples mis à l'écran. La seconde est une actrice à suivre. On connaît mieux le premier, que l'on a déjà pu voir exceller dans La Promesse, Le Pacte des loups ou encore Violence des échanges en milieu tempéré. La presse s'est ébahie devant la ressemblance physique, finalement pas si parfaite, en dépit du travail sur la coupe de cheveux, les sourcils et la bouche. L'acteur est néanmoins parvenu à rendre vraisemblable sa composition d'un personnage faible et énergique, tour à tour généreux et odieux. On ne peut que se réjouir que ses fils aient soutenu un film qui ne verse pas dans l'hagiographie.

   La partie la plus étonnante est sans conteste la jeunesse égyptienne. Le garçon est coincé entre un père (Marc Barbé, déjà présent dans L'Ennemi intime, impeccable) employé de la compagnie du canal de Suez -du temps où elle était "tenue" par les Européens- et une Mamma aimante (fabuleuse Monica Scattini). Il baigne un peu dans la culture arabe. Le départ, en 1956, est vécu comme un déchirement (à l'image de celui des pieds noirs d'Algérie)... et uniquement montré du point de vue européen. (Cette jeunesse égyptienne fut évoquée, par Claude François et Dalida, dans une émission de télévision de 1969.)

   La séquence suivante, qui montre les débuts du jeune homme entreprenant, mais pas couronné de succès, est aussi touchante. Elle nous introduit dans le monde du spectacle, de Monaco à Paris. On est attendri par le garçon propre sur lui, presque obséquieux, qui pense à offrir des chocolats à chaque fois qu'il rencontre le directeur de la maison de disques !

   C'est à ce moment-là que l'on comprend pourquoi il a fallu 2h20 pour mener ce biopic à  terme : les scènes de la première partie permettent de comprendre le profil psychologique de celui qui va devenir une vedette du showbiz et un homme à femmes, autant de choses qu'il n'est pas au début.

   On découvre sa méticulosité compulsive, son irritabilité, sa jalousie maladive, son besoin de reconnaissance. On redécouvre ses "tubes"... et d'autres chansons, comme Le Nabout Twist, une curiosité ! On suit l'homme d'affaires, qui lance un journal pour jeunes, une agence de mannequins et surtout sa propre maison de disques.

   Le film est peuplé de femmes, jeunes en général, toutes folles de Cloclo à un moment ou à un autre. Les Français du début du XXIe siècle seront sidérés de voir que cette immense vedette se déplaçait souvent sans garde du corps, laissant ses fans accéder au pas de sa porte, à sa voiture et à l'entrée de ses bureaux ! C'était vraiment une autre époque...

   Les curieux observeront les débuts d'un autre phénomène du monde du spectacle français, Paul Lederman (qui, plus tard, prit sous son aile Coluche puis Les Inconnus), interpété par un Benoit Magimel surprenant ! (Notons que Florent Emilio Siri a encore puisé dans le vivier d'acteurs de L'Ennemi intime.)

   La réalisation est inégale. J'ai trouvé réussies les scènes de spectacle et certains moments liés à une foule (celle des fans, celle des spectatrices ou encore celle des invités d'une sauterie). Les moments intimes ne sont pas toujours à ce niveau. Certains face-à-face sont un peu décevants.

   Par contre, la bande musicale est judicieusement distillée. Il y a bien sûr les incontournables, comme Cette année-là, Belinda, ou encore Le Lundi au soleil. J'ai bien aimé l'usage parfois à contretemps de la bande son : ce que l'on voit à l'écran ne correspond pas forcément à ce que l'on entend. Il y a matière à réflexion. Plus intéressante encore est la genèse de certains titres : Belles belles belles (qui marque le début du succès), Comme d'habitude (chanson culte, sorte d'acmé dans la relation qu'entretient Claude François avec la variété anglo-saxonne) et Magnolias for ever (écrite par Etienne Roda-Gil). Cette dernière est l'occasion de nous montrer le chanteur faire assaut d'humour, déclarant enregistrer pour la première fois un titre dont il ne comprend pas toutes les paroles ! Peu auparavant, on l'a vu raconter son entrevue avec le célèbre parolier. Toute son habileté transparaît dans cette scène, où Jérémie Rénier finit par donner de son personnage une interprétation qui n'est pas sans le rapprocher de Bernard Tapie.

   Cependant, ne comptez pas sur ce film pour obtenir des révélations sur la mort du héros. On s'en tient à la scène de douche, pas super réussie soit dit en passant. Pas de godemiché en vue !

   On conclut sur une note plus gaie : LA chanson que tout le monde s'attendait à entendre plus tôt dans l'histoire.

mercredi, 02 novembre 2011

Une chanson de circonstance

   Aujourd'hui 2 novembre nous rendons hommage aux morts... chacun à notre manière. (Il y a même de fortes chances que cet hommage ait été rendu hier 1er novembre, jour de tous les saints, qui a l'avantage d'être férié.)

   L'auteure-compositrice-interprète GiedRé, qui a sorti un épatant CdVd l'été dernier, a marqué le coup à sa manière... très particulière.

   Sur Youtube (et sur son profil Facebook) a été récemment mis en ligne un nouveau titre : Le ver de terre.

   Bonne écoute...

lundi, 25 juillet 2011

"Mon premier CdVd" de GiedRé

   C'est la révélation de la saison 2010-2011, que de petits veinards ont eu l'occasion d'entendre aux dernières Francofolies de La Rochelle. Elle sort son deuxième album, qui contient du son, du texte, un livret et des vidéos.

   Attention, c'est un album-concept. Vu que le titre-phare est L'amour à l'envers, la clé de son utilisation est la lecture des étiquettes... Six titres (seulement !) sont proposés.

   On commence donc avec L'amour à l'envers, qui n'est pas ma chanson préférée, mais dont la mélodie, très entêtante, reste longtemps en mémoire. Dans le clip, on voit GiedRé dotée d'un popotin impressionnant !

   Le deuxième titre, Ode à la contraception, est interprété sur un mode nostalgique. Je préfère le ton faussement ingénu. Notons que, dans le clip, la chanteuse porte une écharpe assortie à sa robe... et qu'elle attire les étalons !

   On passe au troisième titre, Les questions, en version non censurée (notamment en ce qui concerne les suppositoires et les prépuces...). J'adore... mais le clip nous réserve une sacrée surprise ! (J'ajoute que GiedRé y danse comme une déesse...)

   Le quatrième titre est Les petits enfants, avec, en guest star, un type patibulaire (mais presque) que les personnes familières de l'univers de GiedRé reconnaîtront. Dans le clip, regardez attentivement les ballons...

   Autre titre "flamboyant" : Jolie chanson. Je me demandais comment elle allait illustrer toutes les déviances dont il question dans la chanson... Je n'ai pas été déçu.

   On termine par un titre inédit : On fait tous caca. C'est sympa, dans le ton de l'album, mais pas assez "pêchu" à mon avis. A la vision du clip, je me demande s'il ne s'agit pas d'une parodie des comédies musicales populaires, voire des chansons chorales interprétées pour de grandes et belles côzes.

   On continue avec le livret, qui a l'aspect d'un petit magazine féminin :

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   Il contient une entrevue complètement givrée de GiedRé : je kiffe à donf' !  On y trouve aussi des petites annonces comme on aimerait en lire plus souvent. Les mots-croisés s'inspirent principalement des textes des chansons. Voici quelques exemples :

- "on les fait à la plancha, à la façon des calamars frits" : PR.P.C..

- "crèche belge" : C.V.

- "sous la mousse des bois ou dans ta culotte en lycra"... CHAMP......

- "toi" : M.C.E

   N'étant pas encore assez familier de l'univers "giedréen", je n'ai pas trouvé toutes les réponses.

   Je signale quand même quelques erreurs dans le repérage quadrillé (dans les définitions). Voilà ce que c'est que d'avoir sous-traité la fabrication du CdVd en Chine !

   On peut le commander en passant par le site de GiedRé.

  

17:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, humour

jeudi, 14 juillet 2011

GiedRé aux Francofolies de La Rochelle

   L'artiste, révélée par l'émission de Laurent Baffie, est passée mercredi 13 juillet... et je fais partie des malheureux qui ne l'ont pas vue. Heureusement, on peut grapiller quelques pépites sur la Toile.

   On n'ira pas regarder le site de France Inter. Pourtant, une émission quotidienne, L'été comme je suis, suit le festival musical, invite les artistes au programme peu avant leur prestation... mais pas GiedRé ! Dans l'émission du 13 juillet, on  n'a pu entendre qu'un rappeur, Kingju, de Stupeflip, que notre chanteuse atypique connaît bien. (Dans cet entretien, en gros, il dit la même chose que dans la vidéo avec la jeune femme.)

   C'est sur le site du "Chantier des Francos" qu'on peut trouver un petit sujet consacré à GiedRé. Elle y répond assez sérieusement aux questions (voilà qu'elle devient pro maintenant !). La séquence se termine par un extrait de Jolie Chanson, que j'aime beaucoup...

   En regardant la vidéo, un détail que je n'avais pas remarqué auparavant m'a sauté aux yeux : les sourcils de GiedRé. Ils sont épilés (en pointillés noirs sur l'image) :

musique

   C'est peut-être par goût, mais je pense aussi que cela fait partie de la construction de son personnage de fausse bêtasse (avec la coiffure en pétard, la robe démodée et les expressions du visage... si, si : observez-la bien quand elle chante).

   Sur le blog des Francofolies, en compagnie d'autres artistes méconnus, elle a répondu, avec sa fantaisie habituelle, à quelques questions. Par contre, je ne partage pas ses recommandations musicales...

   Pour les amateurs de drogue dure, j'ai retrouvé quelques saynètes créées pour présenter son spectacle au Sentier des Halles, à Paris, il y a quelques mois de cela. Nous avons donc droit à plusieurs épisodes :

GiedRé @ la laverie (Elle lave ses tampons !)

GiedRé dans le métro (Qui a dit qu'elle n'aime pas les enfants ?)

GiedRé fait la manche (la suite du précédent... je n'en dis pas plus !)

GiedRé au Bois (sur un thème cher à l'artiste...)

Enfin GiedRé attend

   Comme moi, vous aurez peut-être remarqué que ces mini-sketchs, comme bon nombre de vidéos consacrées à la chanteuse, ont été mis en ligne par la même personne, nadidier. Tout récemment, c'est la présentation du CD-DVD qui a été ajoutée.

15:55 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique, youtube, humour

lundi, 04 juillet 2011

GiedRé chez Laurent Baffie

   L'ancien complice de Thierry Ardisson a animé pendant plusieurs saisons, sur Europe 1, une émission dominicale qui s'est finalement appelée C'est quoi ce bordel ? Il a eu le mérite de révéler (au grand public) la chanteuse franco-lituanienne GiedRé (prononcer "guiédré"), dont j'ai récemment parlé.

   Au départ, je pense qu'elle n'était venue que pour une émission. Elle revenue au moins sept fois, signe que l'on avait repéré sa singularité... et son besoin de promotion : ce n'est pas avec le style des chansons qu'elle interprète qu'elle risque de passer à la télévision (enfin, tant qu'elle ne sera pas devenue célèbre).

   Grâce à la Toile, on peut (ré)écouter ces émissions, à commencer par la première, diffusée le 30 mai 2010. On peut y entendre GiedRé interpréter Trop de questions (vers la quatorzième minute), L'amour par derrière (vers la dix-huitième minute), Tu baves quand tu dors (vers la trente-quatrième minute) et enfin ma préférée Tu pues du cul (vers la quarante-cinquième minute).

   Elle est revenue le 13 juin 2010, pour interpréter un titre évoquant la mollesse érectile de son copain (vers la seizième minute)...

   Elle a été de nouveau invitée le 27 juin 2010. On peut l'entendre vers la trente-cinquième minute se lâcher dans une chanson où il est question d'une langue bien chargée (que les mauvais esprits auront prise, au début, pour un pénis)... L'émission dans son entier mérite le détour, avec des blagues potaches réalisées avec des vuvuzelas !

   On sent qu'on lui a demandé quelque chose de moins "épicé" pour le 4 juillet 2010 : elle a d'abord chanté un texte plutôt autobiographique, Je m'appelle GiedRé, où il est beaucoup question de la SACEM (vers la huitième minute). Vers la trente-cinquième minute, elle nous a proposé un titre assez élaboré, La vie peut être cruelle, à ne pas écouter quand on est dépressif !

   On l'a retrouvée à la rentrée, dans l'émission du 12 septembre 2010 (vers la trentième minute), avec La petite camionnette, fable cruelle sur une prostituée.

   C'est un thème qui l'a décidément beaucoup inspirée, puisque, le 19 septembre 2010, Une belle qui dormait au bois (diffusée vers la trente-et-unième minute), bien que différente par le style, évoque le cas d'un travesti (du Bois de Boulogne, pense-t-on) qui vend ses "charmes".

   Le 26 septembre 2010, elle a chanté Les beaux côtés de la vie (vers la trente-et-unième minute), un titre qui joue évidemment sur l'antiphrase, où elle justifie en quelque sorte son goût pour ce que les autres appellent le macabre, le scabreux. (Au XIXe siècle, la critique bien-pensante faisait les mêmes reproches à l'écrivain Emile Zola.)

   Enfin, le 3 octobre 2010, on l'a entendue pour la dernière fois (à ma connaissance) avec Je ne suis pas méchante (vers la trente-cinquième minute), une chanson qui fonctionne un peu sur le même principe que la précédente.

   Depuis, sa carrière a commencé à décoller.

18:35 Publié dans Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : musique, médias, humour

jeudi, 30 juin 2011

Une artiste qui décoiffe : GiedRé

   J'ai entendu parler d'elle pour la première fois quand elle est venue en Aveyron assurer la première partie des Têtes Raides. L'hebdomadaire Le Ruthénois lui avait alors consacré un article qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille :

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   Je devais avoir trop de boulot à ce moment-là et puis la flemme... Le bouche-à-oreille a fini par arriver jusqu'à moi. J'ai donc commencé à chercher un peu sur la Toile. J'ai trouvé des chansons aux paroles crues, féministes et drôles, comme Pisser debout ou encore Ode à la contraception (humour extra-noir -et politiquement incorrect- garanti).

   Elle s'est aussi fait connaître à la radio, sur Europe 1. Pour vous donner une idée de ce que cela pouvait donner, allez écouter ce petit florilège. Je recommande aussi tout particulièrement la chansonnette intitulée Tu pues du cul (que l'on pourrait appeler Chanson pour blaireau)...

   C'est correct sur le plan musical, bien chanté... et cela touche juste. Elle a vraiment un grand talent d'écriture. J'ai souvent éclaté de rire en écoutant certains titres. On peut en découvrir d'autres sur le site de GiedRé, qui est un peu à l'image du personnage, sur sa page Myspace... et encore ici (avec de l'habillage scénaristique...).

   C'est qu'en plus de bien écrire, composer et chanter, elle est mignonne ! Du coup, on ne sait plus trop comment comprendre sa chanson Les moches. Quelque chose me dit que, dans la vie, elle est un peu décalée aussi. Pour s'en convaincre, il suffit de visionner l'entretien très "desprogien" qu'elle a accordé à une sorte de gentil journaleux du web.  

   Son premier album est introuvable à l'heure actuelle, mais on nous annonce le deuxième pour cet été... en espérant que l'on pensera à rééditer le précédent.

20:38 Publié dans Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique, femme, poésie, médias

vendredi, 03 décembre 2010

"Tripote-moi la bite avec les doigts"

   Non, non, rassurez-vous, je ne suis pas en train de lancer un appel désespéré ! Je viens  juste de regarder quelques extraits du coffret Groland dont j'ai causé il y a peu. Du coup, je rigole comme un con devant mon écran. Je découvre parfois des séquences inédites, mais, le plus souvent, je revois avec plaisir des moments truculents.

   Parmi ceux-ci, il y a une parodie d'Elton John, qui se termine en chanson paillarde.

   En creusant un peu, je suis tombé sur la version complète de la chanson, interprétée (en live, avec ses tripes) par Mano Solo

   Pour une interpétation plus classique, on peur se tourner vers Dodone.

dimanche, 12 septembre 2010

De Pierre Perret à Nicolas Sarkozy

   D'habitude, je n'aime pas les attaques sur le physique des gens. Je me suis même déjà pris le chou  avec des collègues au sujet de Sarkozy quand les attaques ciblaient uniquement sa taille.

   Mais là, franchement, la parodie que je vous propose d'écouter est vraiment bien fichue. Comme vous vous en doutez sûrement après avoir vu le titre, c'est la chanson Le Zizi qui a été détournée. L'interprète est censée être Carla Bruni... Y a eu un gros boulot sur les rimes, moi j'vous l'dis !

dimanche, 30 mai 2010

Le concours eurovision de la chanson (2010)

   Cela faisait des années que je n'avais pas regardé ni même suivi ce concours réputé ringard, truqué et apôtre de la médiocrité. J'ai fait exception ce soir. A cette occasion, j'ai découvert que l'on pouvait suivre en direct la compétition, sur internet. (Une caméra permettait même d'avoir une vision des coulisses.) Gros avantage de la chose : on échappait aux commentaires de Stéphane Bern et Cyril Hanouna.

   Je me suis donc aperçu que tous les pays ne participent pas à la finale : il y a des demis auparavant... et tous les pays n'y sont pas représentés, puisque, par exemple, l'Italie a cessé de participer... un fort bel exemple à suivre, et je vais dire pourquoi.

   D'abord ce concours a perdu son charme ethnographique, puisque 80 % des candidats chantent en anglais, sur des rythmes stéréotypés. (Quelques exceptions sont à relever : on a pu entendre du grec, du serbe, de l'hébreu, du portugais et du français, mais les chansons n'étaient pas de très bonne qualité.) C'est assez consternant de voir ces Britney Spears, Abba, Worlds Apart, Ace of Base, Peter et Sloane de deuxième catégorie. Qui plus est, la musique est préenregistrée, seuls les chanteurs étant en direct. Du coup, les musiciens miment... mal en général ! Et que dire des danseurs, accompagnateurs désormais quasi obligés et caricaturaux (des mecs bodybuildés à l'air très con et des pétasses plus ou moins refaites). Je ne parlerai pas des jeux de scène idiots, comme des ailes qui se déploient dans le dos de chanteuses ou des interprètes qui émergent de cubes en plastique... Ah, j'ai failli oublier : à cause d'un imbécile qui s'est glissé sur la scène, on a dû se taper deux fois la chanson espagnole, qui est vraiment à chier.

   Quant aux coups de projecteurs donnés sur les différents pays, ils sont réduits à leur plus simple expression : on voit des petits groupes se comporter comme des cons finis, brandissant maladroitement des drapeaux dont ils ne connaissent sans doute pas la signification. A la fin, on leur a demandé à tous de se trémousser en cadence sur du r'n'b (ce qui m'a permis d'apprendre que le groupe Madcon est norvégien). La vision de ces foules malléables ne me laisse rien augurer de bon pour les démocraties européennes, décidément bien soumises aux médias de masse.

   Vient ensuite la longue litanie des votes nationaux. Auparavant, on a laissé le temps aux pigeons de dépenser un peu d'argent par téléphone, sans forcément savoir que le choix du jury "compétent" pèse autant que tous les appels.

   Et quand chaque pays annonce ses résultats, on découvre qu'ils suivent davantage la géopolitique ou les affinités civilisationnelles qu'autre chose. Donc, les Européens du centre et de l'Est votent les uns pour les autres (notamment dans les Balkans), tout comme les Scandinaves, les pays de l'ex-U.R.S.S. et d'Europe du Sud (avec les copinages Espagne-Portugal et Grèce-Chypre, de grands classiques). Ne négligeons pas non plus le poids des communautés émigrées (les Turcs d'Allemagne et de France par exemple). On n'oublie pas d'accorder quelques voix à chaque fois aux gros financeurs du concours, on s'arrange pour qu'aucun pays ne reparte avec 0 point et le tour est joué !

   C'est sans doute le meilleur moment de la soirée. J'aime observer les tics de comportement de chaque personne annonçant les votes de son pays. Le choix de l'homme ou de la femme est souvent lui-même porteur de sens. Ainsi, la France, déjà représentée par un chanteur de couleur, a fait annoncer ses votes par une ravissante métis. Qui osera dire après cela que nous vivons dans un pays gangréné par le racisme ? La Norvège avait donné l'exemple, avec une présentation paritaire (un homme, une femme... on est en Scandinavie !) et multiculturelle, puisqu'aux côtés d'un horrible blondinet officiait une ravissante Noire. De son côté, la Turquie avait l'image d'une jolie décolorée, le pays étant représenté par un groupe de djeunses qui proposait de la pop occidentale (pas plus mauvaise que ce que l'on entend sur les radios FM)... si après tous ces efforts on ne comprend pas que la Turquie veut à tout prix entrer dans l'Union européenne, c'est à désespérer !

   Résultat ? L'Allemagne gagne, avec une chanson qui, si elle sera vite oubliée, est pour moi l'une des moins pires... et l'interprète est très mignonne, ce qui n'a pas dû la désavantager. (On peut la voir entièrement nue dans l'extrait d'un nanard qui circule sur le net.) Derrière on trouve une brochette de grosses merdes : les chansons roumaine (de la sous-pop italienne), belge (de la bogossitude creuse, en anglais, pour ne fâcher ni les francophones ni les fachos néerlandophones), danoise (un énième duo... on a entendu ça mille fois, en mieux), arménienne (interprétée par un véritable petit canon... mais je m'égare). La France termine douzième avec un titre vraiment très très moyen (du zouk au rabais)... Au moins, on n'aura pas à financer l'organisation de ce truc ! Toutes les daubes n'ont pas été bien classées : dans les derniers de la finale on trouve les interprètes biélorusses, moldaves et britannique... ce qui n'est pas immérité !

   Je suis quand même allé faire un tour sur le site de France 3, histoire de jeter un oeil aux éliminés des demi-finales. Ben c'est mauvais. J'ai par ailleurs remarqué qu'ils sont proportionnellement plus nombreux à chanter dans leur langue nationale. Les oreilles européennes seraient-elles formatées à l'anglais ?

mardi, 11 mai 2010

Bienvenue à Paris

   Je viens de découvrir ça en zappant sur NRJ. Il s'agit d'une parodie du "tube" d'Alicia Keys et Jay Z, "Empire state of mind", par l'équipe de MIKL. (Ouais, je sais, son émission, c'est pas du haut niveau, il passe des auditeurs qui racontent parfois vraiment n'importe quoi, à côté, les mecs de Skyrock c'est limite France Culture...)

   A la base, le "tube" ricain est un hymne à New York, chanté par un joli brin de femme (qui a de la voix) et un gros blaireau en bonnet avec lunettes de soleil (mais il paraît qu'il fait dans l'humanitaire). Attention, le clip est vraiment naze, malgré les images léchées de la métropole by night.

   La parodie française s'intitule donc "Bienvenue à Paris". C'est du quinzième degré, tout le monde en prend pour son grade. Cela m'a rappelé les meilleures heures du Festival Roblès.  J'ai aussi trouvé une version illustrée de la chanson, l'internaute ayant tenté de superposer les paroles à des images... Amusez-vous à compter les fautes de français !

01:05 Publié dans Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, chanson, paris, humour

jeudi, 10 septembre 2009

Enregistrer la radio sur internet

   Bon, je débarque sans doute et je vais peut-être passer pour un dinosaure, en retard d'une révolution, mais, jusqu'à il y a pas longtemps, je me contentais d'enregistrer en analogique, à partir de ma mini-chaîne (elle commence à avoir des rhumatismes, la mémé), sur des cassettes.

   J'ai fini par découvrir un moyen simple, utilisable par des non spécialistes, d'enregistrer les radios diffusées sur la Toile. Le logiciel s'appelle Screamer Radio... et il est gratuit ! Les manipulations de début sont décrites sur le site de Science et Vie Micro (SVM pour les intimes). Honnêtement, c'est assez facile. Il faut juste faire attention au moment d'enregistrer tous ces machins (savoir où qu'c'est qu'on a fourré tout l'truc notamment), donner un nom repérable au fichier principal, créer un raccourci etc.

   Après... ben après, on teste ! On cherche à savoir quelles sont les radios référencées (y en a du "mon dentier" !). On tente de les écouter... et on découvre, quand même, que toutes ne sont pas accessibles. (J'ai été limite interloqué par une radio algérienne où il m'a semblé qu'une femme donnait des conseils de vie quotidienne aux auditeurs qui l'appelaient.) On enregistre ses préférées, de manière à ne plus avoir à se fair iech les autres fois.

   On passe ensuite à la phase enregistrement. Au début, j'ai eu un peu de mal à distinguer la phase "écoute" de la phase "enregistrement". J'ai très vite fini par comprendre quand cette touche indiquait que l'enregistrement était en marche !

   Gros avantage du système : dans le fichier choisi au préalable, les plages enregistrées sont classées par radio (dans de petits dossiers). Cool !

   J'ai failli oublier : c'est au format MP3.

   Comme il y en a qui ne sont jamais contents, SVM a pensé à ceux qui veulent enregistrer chanson par chanson, sans se fouler pour autant. (Faut quand même fournir quelques efforts, dans ce cas bien précis.)

   Bonne écoute !...

16:55 Publié dans Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, internet, culture

samedi, 14 mars 2009

Lorie, chanteuse à texte

   Amis de la poésie engagée contemporaine, amateurs de musique subtile, inventive, ce billet est pour vous ! On ne dira jamais assez combien les sites de mise en ligne de vidéos contribuent à l'élévation du niveau intellectuel de nos contemporains.

   En voici un bel exemple à l'adresse suivante :

http://www.youtube.com/watch?v=Iz8W_L3Sk2Y&feature=re...

   Bon d'accord : ce n'est pas très fin et c'est plutôt mal chanté, mais j'ai bien rigolé ! (Et il y a eu un réel effort de faire coïncider les nouvelles paroles avec le mouvement des lèvres.)

   Une autre, mignonne, aux vocalises mieux maîtrisées : http://www.youtube.com/watch?v=r1SStHRG9e8&feature=re...

   Plus courte, plus crade (j'adoooore) : http://www.youtube.com/watch?v=1gvZRH5nFeA&feature=re...

 

15:38 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : de tout et de rien

jeudi, 01 mai 2008

Petit dérapage antisémite au "Monde"

   Abonné à la version papier du "quotidien de référence", je n'en épluche qu'une partie chaque jour. C'est plus tard que j'achève la lecture de chaque numéro. Ce n'est donc qu'hier que j'ai terminé celui du vendredi 25 avril. J'y ai trouvé un article consacré au centenaire de la naissance d'Herbert von Karajan, considéré (à juste titre, à mon humble avis) comme l'un des plus grands chefs d'orchestre de tous les temps.

    Karajan a adhéré au parti nazi après l'arrivée de celui-ci au pouvoir. (Et même plus tôt qu'on ne l'a longtemps cru : dès avril 1933, comme l'a révélé un article du Monde du 25 février 2008.) Cela lui a été longtemps reproché... à raison. Les spécialistes tendent à penser qu'il a procédé ainsi davantage par opportunisme (et même carriérisme) que par adhésion idéologique. S'il apparaît ne pas avoir été un fanatique antisémite, il est par contre incontestable qu'il était, à cette époque (les années 1930-1940), un jeune con talentueux et arriviste, qui a profité de l'exclusion des juifs pour lancer sa carrière. Sous la plume de Renaud Machart (du Monde), cela donne : "Le jeune Salzbourgeois apprendra le métier méthodiquement, à l'ancienne, dans de petites structures provinciales, prendra sa carte au parti nazi pour ne pas se fermer les portes qu'il souhaitait franchir [...]". Admirez la litote ! Ce journaliste a du mal à admettre qu'on puisse être un grand chef d'orchestre et un sale type. Du coup, il atténue le carriérisme et l'insensibilité du personnage.

   Mais le pire est à venir. Croyant bien faire (toujours pour défendre Karajan), R. Machart ajoute une parenthèse à la phrase précédente :

"(mais sa seconde femme, épousée en 1942, avait du sang juif)". Il faut d'abord préciser au journaliste qu'Anita Gütermann, épousée en 1942, ne fut pas la seconde mais la deuxième épouse du chef d'orchestre, puisque, après leur divorce en 1958, il s'est de nouveau marié, avec un mannequin français, Eliette Mouret, une jeunette de 19 ans.

    Mais le problème n'est pas là. Ce journaliste utilise le vocabulaire des antisémites pour exprimer la judéité de la deuxième épouse de Karajan. Qu'est-ce qu'un "sang juif" ? Est-il moins rouge qu'un "sang non-juif" ? Est-il d'une autre couleur ? On nage en plein délire ! De surcroît, quand on apprend que ladite épouse n'avait qu'un seul de ses quatre grands-parents juif, on se demande ce que ce journaliste a dans la tête.

14:13 Publié dans Histoire, Musique, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique