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dimanche, 30 août 2015

"Paris Match" du 27 août

   Je ne suis pas un lecteur régulier de cet hebdomadaire, mais je reconnais qu'à certaines occasions, j'aime me plonger dans ses photoreportages, en général de qualité quand ils traitent de l'actualité. Le numéro sorti jeudi est principalement consacré à l'attentat déjoué du Thalys :

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   Sans surprise (comme je l'ai remarqué la semaine dernière), on retrouve les trois jeunes héros, légion d'honneur et drapeaux au polo... et l'oreillette discrète, comme on peut le voir sur la photographie prise avec le président de la République :

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   Le journal revient sur l'enfance et l'adolescence du trio, issu de familles qualifiées de conservatrices (c'est-à-dire très croyantes, pro-gun et patriotes). Ils sont devenus très tôt amis, lorsqu'ils se trouvaient dans une école privée religieuse de Californie, la Freedom Christian School.  L'étudiant Anthony Sadler (dont le père est pasteur) s'est même fait tatouer "Je vis pour Dieu, pas pour moi-même" sur le haut du torse.

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   Notons qu'à l'époque, le futur colosse Spencer Stone est un petit "boulot" qui, à l'adolescence, va se mettre à écouter surtout du rap et du R'N'B. (Le site de l'hebdomadaire propose un diaporama très intéressant.)

   C'est fou d'ailleurs comme leur profil n'est finalement pas si éloigné que cela de celui du terroriste, Ayoub el-Khazzani, dont l'imprégnation religieuse ne semble pas avoir structuré la personnalité. Elle l'a plutôt porté à des actes extrêmes. Au Maroc, la famille ne comprend pas son geste. On nous le présente comme un bon petit gars, pas particulièrement chanceux dans la vie et qui est sans doute tombé sous la coupe de types pas recommandables. Mouais... Retenons qu'il a quitté l'école très tôt (à onze ans !) et qu'il s'est adonné au trafic de stupéfiants. Notons aussi la facilité avec laquelle lui et d'autres membres de sa famille ont pu s'installer en Europe...

   Paris Match met l'accent sur la personnalité d'un autre héros du jour, l'universitaire Mark Mooligan, qui avait réussi à s'emparer de la kalachnikov du terroriste, avant d'être sérieusement blessé. Les événements nous sont racontés de son point de vue et de celui de son épouse, avec, en illustration (outre les photos), une infographie des wagons concernés. A cette occasion, j'ai appris que deux autres personnes ont joué un rôle bénéfique dans le Thalys, deux employés de la SNCF. On pourra regretter que le "huitième homme", le jeune Français qui souhaite rester anonyme, soit désigné par son prénom et l'initiale de son nom de famille...

   Une double-page est aussi consacrée au cas Jean-Hugues Anglade, qui a suscité pas mal de moqueries pour sa blessure anecdotique. L'hebdomadaire est particulièrement bien renseigné sur son cas parce que la compagne de l'acteur travaille... pour Paris Match, auquel elle livre ses impressions !

   Ce numéro contient d'autres reportages qui méritent le détour. Il y a l'inévitable sujet sur les migrants coincés dans les Balkans, qui s'intéresse plus particulièrement aux Syriens. Un peu plus loin, un passionnant papier est consacré à une gigantesque mine d'or d'altitude, située au Pérou, dans la ville de La Rinconada.

   Je conseille aussi le mini-dossier consacré au Panthéon, qui évoque aussi bien sa construction, les principales "entrées" que les travaux en cours pour restaurer le bâtiment. Plus étonnant, au détour d'une page, on nous propose un article sur Ronda Rousey, une ancienne judoka qui s'est reconvertie dans les arts martiaux mixtes (démonstration ici)... article illustré par une photographie qui ne laisse rien ignorer de l'étendue de l'épilation pratiquée par la demoiselle...

   A ce sujet "sportif" succèdent des papiers plus intellos, l'un étant consacré à un dispositif permettant de capter le dioxyde de carbone, inventé par un physicien allemand. On peut terminer par la lecture d'un hommage à Khaled al-Assaad, l'ancien gardien des antiquités de Palmyre. Il est bien évidemment question des destructions opérées par les barbares de Daech, ainsi que du commerce illicite de ce genre de marchandises.

   Finalement, entre deux articles sur les "pipoles", on peut trouver son bonheur dans ce numéro assez bien conçu.

samedi, 29 août 2015

Le dais de Charles VII

   Il en a été question le 12 août dernier, dans l'une des chroniques de la série "La Visite au Louvre", diffusée cet été le matin sur France Culture. Je ne l'ai découverte que tardivement. Le principe était de mettre l'accent sur un objet méconnu ou récemment restauré appartenant aux collections de ce fabuleux musée.

   Intitulée "Dais pour un trône de Charles VII", l'émission du 12 août évoque bien évidemment l'épopée de Jeanne d'Arc et le sacre de celui qu'on n'appelait auparavant que le dauphin.

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   Le commentaire d'Adrien Goetz aborde la forme de la couronne royale et la présence du symbole solaire, emblème du souverain bien avant Louis XIV. Il évoque aussi le relatif oubli dans lequel cette tapisserie a été tenue, à tel point d'ailleurs que les représentations du XIXe siècle sont inexactes à son sujet.

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   La plus célèbre est sans doute le tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres, visible lui aussi au Louvre. Vous remarquerez que le dais, visible derrière Jeanne d'Arc, est recouvert uniquement de fleurs de lys.

   Une autre représentation connue est celle qui figure sur l'une des fresques de la basilique de Domremy-la-Pucelle :

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      Du dais on ne distingue que la couleur rouge. Il ne semble pas que l'auteur (Lionel Royer) soit allé jusqu'à en peindre les détails. Notons que les fleurs de lys sont bien présentes, mais sur les tapis de sol (comme chez Ingres, d'ailleurs).

   Cette absence de symbole solaire peut tout aussi bien être due à l'ignorance qu'à la réticence d'attribuer un emblème aussi positif à un roi qui, au XIXe siècle, était réputé faible voire ingrat, ayant abandonné à son sort la jeune femme à qui il devait tout.

vendredi, 28 août 2015

Une pièce allemande

   Décidément, cet été aura été riche en découvertes numismatiques. Aujourd'hui, c'est une pièce (toujours de deux euros) d'outre-Rhin qui a atterri dans mon porte-monnaie :

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   Elle n'est pas en très bon état. Cela n'est guère étonnant, puisqu'elle a été mise en circulation en 2008 (alors qu'il y a une dizaine de jours, j'en ai trouvé une de 2015 et avant-hier une de 2014). Je n'ose imaginer le nombre de "palpations" qu'elle a dû subir...

   Sur l'avers figure l'église Saint-Michel de Hambourg. On notera l'expression utilisée pour désigner l'Allemagne : "Bundesrepublik Deutschland", c'est-à-dire RFA (République fédérale d'Allemagne). En effet, contrairement à une idée reçue, la réunification allemande (en 1990) n'a pas eu pour conséquence la disparition des deux Etats allemands nés de la Guerre Froide. Seule la RDA (République démocratique allemande, communiste) a été supprimée.. et intégrée à la RFA, sous la forme de Länder supplémentaires.

   La tranche de la pièce mérite aussi d'être observée. On peut y lire la devise suivante : "EINIGKEIT UND RECHT UND FREIHEIT" Elle est extraite du troisième couplet du Chant des Allemands, dont les paroles sont désormais celles de l'hymne national.

mercredi, 26 août 2015

Une pièce qui a fait du chemin

   L'été est propice aux échanges de pièces de monnaie. Cette fois-ci, c'est à une caisse automatique que je dois ma découverte. Parmi la monnaie qu'elle m'a rendue se trouvaient deux pièces de deux euros, auxquelles je n'ai tout d'abord pas prêté attention, contrairement à mon habitude. C'est en allant ensuite acheter le journal que je jetai un oeil sur le contenu de mon porte-monnaie. L'une des deux pièces a attiré mon regard :

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   Il s'agit d'une pièce lettone, mise en circulation en 2014, année de l'entrée officielle du pays dans la zone euro. Elle a donc mis un peu plus de temps à me parvenir que la pièce estonienne que j'avais récupérée en septembre 2011, moins d'un an après sa création.

   Sur l'avers de la monnaie de 2014 est représentée une allégorie de la Lettonie, une femme couronnée (allusion à la souveraineté, c'est une sorte de Marianne balte) et tenant une gerbe de blé. Notons que sur la tranche a été gravée la  formule suivante : "DVIEUS SVETI LATVIJU" (Que Dieu bénisse la Lettonie.) D'habitude, cette partie de la pièce comporte des éléments plus classiques, comme "2" et "e" sur celle que j'ai trouvée il y a deux semaines.

 

lundi, 24 août 2015

Des épinglettes sur des polos

   Certains esprits chagrins ont regretté que l'étudiant et les deux militaires états-uniens qui viennent d'être décorés de la légion d'honneur par François Hollande se soient présentés à la cérémonie en polos. Certes, dans l'absolu, un peu plus de formalisme aurait été préférable, mais il ne faut pas oublier que les jeunes hommes étaient en vacances en Europe et qu'ils ne devaient sans doute pas avoir de costume dans leur valise.

   De plus, la cérémonie étant organisée très peu de temps après leur acte de bravoure, un peu au débotté, ils n'ont peut-être pas eu l'occasion de s'occuper de leur tenue. On notera toutefois que l'homme d'affaires britannique (qui leur a donné un coup de main dans le train) est lui venu en costume-cravate (comme on peut le constater sur la dernière image de ce billet).

   Bien que précipitée, cette cérémonie reste dans le cadre de ce qui est prévu par le règlement de la légion d'honneur. Si les étrangers ne peuvent pas être membres de l'ordre, ils peuvent être décorés, s'ils ont rendu des services à la France ou s'ils soutiennent les causes qu'elle défend.

   Mais c'est un autre détail qui a attiré mon attention. Il convient de regarder attentivement les photographies qui ont été publiées, par exemple dans Centre Presse :

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   Sur le côté droit de leur poitrine, les trois jeunes hommes ont épinglé un curieux objet... en fait deux curieux objets, que l'on distingue mieux sur d'autres photographies, comme celle publié dans Le Dauphiné libéré :

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   Il s'agit de deux épinglettes, l'une représentant le drapeau des Etats-Unis, l'autre celui de la France. C'est une délicate attention, qui vaut bien tous les costumes !

   Poursuivons par un point linguistique. Comme les trois jeunes hommes ne parlent pas français, on a recouru à la technologie au moment de la cérémonie :

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   Comme on peut le voir sur cette photographie publiée par le site belge Sudinfo, l'étudiant Anthony Sadler porte un dispositif à l'oreille droite, grâce auquel il entend sans doute une traduction des propos du président de la République. Cela explique qu'en ce lieu, les vues des trois héros aient été souvent prises côté gauche, afin de masquer la présence des oreillettes.

   Pour que le bonheur soit complet, il manquait une personne : le jeune Français de 28 ans, qui a épaulé les quatre autres hommes, mais qui a tenu à rester anonyme... à tel point d'ailleurs que sur le coussin prévu pour la cérémonie ne se trouvaient que quatre décorations (avec les noms des récipiendaires). Soit le jeune homme a quelque chose à se reprocher, soit (hypothèse plus vraisemblable), il veut éviter d'être l'objet d'un acte de vengeance de le part des islamo-fascistes terrés dans notre pays.

samedi, 22 août 2015

Antigang

   C'est un polar grand public "à la française" (même si l'on sent l'influence de certains films d'action américains), avec des mecs burnés, des femmes bien roulées, des grosses bagnoles qui roulent vite et des armes qui font beaucoup de bruit et d'étincelles.

   La première séquence nous présente la fine équipe que nous allons suivre pendant 1h30. C'est une bande de flics un peu borderline, mais très efficace. Ils réussissent d'ailleurs leur interpellation, que l'on suit en temps réel.

   On s'attache d'autant plus aux personnages qu'ils sont incarnés par une brochette de seconds rôles talentueux. On peut citer le "chien fou" Alban Lenoir (qui vient de s'illustrer dans Un Français), Sébastien Lalanne, Oumar Diaw, mais aussi Caterina Murino, Sabrina Ouazani, Thierry Neuvic et Féodor Atkine. Paradoxalement, c'est la tête d'affiche Jean Reno qui "assure" le moins. Il est visiblement un peu vieux pour le rôle et ne fait pas preuve d'un extraordinaire dynamisme, un peu à l'image de l'impression qu'il m'a laissée lors de son passage au journal de 20 heures de TF1. Comme la troupe d'acteurs qui l'entoure est bonne, cela fonctionne, d'autant plus que les dialogues sont bien écrits. Les petites pointes d'humour, introduites à intervalle régulier, sont les bienvenues.

   L'autre qualité du film est sa réalisation. On attendait de voir ce qu'allaient donner les scènes d'action... et cela vaut le détour. De manière peut-être plus surprenante, Benjamin Rocher réussit aussi très bien certaines scènes de transition. Il recourt volontiers aux gros planx, certains d'entre eux étant particulièrement soignés.

   Dans la première partie de l'histoire, c'est le réalisme qui l'emporte. Policiers comme délinquants ne tuent pas à tout va, d'abord parce qu'ils ne font pas mouche à chaque tir... comme dans la vraie vie. Résultat : les interpellations se traduisent par des bagarres, des coups, des dégâts matériels, rarement des morts. Cela n'en est pas moins spectaculaire.

   Cela bascule à partir de la mort de l'un des personnages, un peu théâtrale. Cela tourne ensuite au règlement de comptes, toujours aussi spectaculaire, mais avec quelques des facilités scénaristiques, culminant dans une invraisemblable fusillade. Si l'on supporte ces faiblesses, on passe quand même un bon moment.

22:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 20 août 2015

Plein les poumons !

   Les automobilistes et les habitants du Grand Rodez qui passent à proximité l'ont sans doute remarqué : le centre commercial "La Porte de Rodez" fait actuellement peau neuve... ou plutôt peinture neuve. Je me suis trouvé dans les parages en toute fin de matinée et en début d'après-midi.

   A priori, il n'y a là rien d'extraordinaire, en tout cas rien qui justifie la rédaction d'un billet. Sauf que... mon regard a été attiré par ce que faisaient les employés. Côté ouest, deux d'entre eux peignaient en blanc, avec rouleaux et pinceaux, à côté du "drive". Côté nord (à proximité de l'une des entrées principales), un autre employé s'occupait de finitions (rouges), lui aussi au rouleau. Par contre, côté est, c'est au pulvérisateur que la peinture était appliquée, en hauteur :

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   Même si l'image n'est pas de grande qualité, je peux vous assurer que la personne n'est pas en train de passer un coup de Kärcher. Regardez bien le sommet de la paroi : il est déjà couvert d'une peinture plus sombre et pimpante que le reste.

   L'utilisation de ce dispositif n'est pas illégale. De plus, au sol, un périmètre de sécurité (de quelques mètres) avait été établi. Mais je peux vous garantir qu'au-delà de dix mètres, on sentait encore l'odeur de la peinture.

   C'est dire ce qu'il devait en être sur la nacelle ! Et pourtant, l'employé (j'ai du mal à croire qu'il s'agisse du patron) ne porte aucune protection : ni masque ni gants, encore moins une combinaison spéciale. (On est loin de ce que préconise le site du ministère du travail...) Son visage comme ses avant-bras ont dû "déguster", tout comme ses voies respiratoires et digestives.

   P.S.

   Il me semble avoir aperçu de jeunes pompiers à proximité du lieu des travaux. Sont-ils allés voir ce qui s'y passait ? Ont-ils fait quelques remarques au peintre ? Mystère.

La Femme au tableau

   Inspiré d'une histoire vraie, ce film de Simon Curtis (auquel on doit My Week with Marilyn) raconte le combat d'une Américaine âgée (juive, d'origine autrichienne) pour tenter de récupérer une toile de Gustav Klimt, un célèbre portrait de sa propre tante, que les nazis ont jadis volé à sa famille. Le début rend hommage au travail de l'artiste, que l'on montre en train de construire son oeuvre :

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   A nous Frenchies, l'intrigue rappelle celle de L'Antiquaire, d'autant plus que les deux films alternent images contemporaines et images du passé. Nos amis anglo-saxons ont dû plutôt faire le lien avec Monuments Men.

   Le premier atout de ce film est la qualité de l'interprétation. Helen Mirren (l'inoubliable Elizabeth II de The Queen) est impeccable. Ryan Reynolds (que l'on peut encore voir dans Renaissances) est une fois de plus au niveau, en jeune avocat balourd qui va progressivement prendre de la bouteille. Il ne faut pas oublier non plus les seconds rôles, avec Daniel Brühl, Katie Holmes, Charles Dance, Antje Traue.

   J'ai même trouvé les acteurs germanophones meilleurs que les anglophones. C'est peut-être l'effet du doublage partiel. Dans la version française, on a laissé tels quels les dialogues en allemand. Cela donne plus de poids aux scènes des années 1920-1930, de surcroît très bien filmées.

   Cela reste néanmoins très américain, parce que c'est une histoire de procès. Les tribunaux sont présentés comme un moyen de faire régner la justice... à condition d'être très opiniâtre... et un brin chanceux. De plus, comme l'histoire qui nous est contée n'est pas très connue, cela prend des airs de polar, avec en toile de fond une Autriche qui, à la fin des années 1990, refoulait encore partiellement son passé nazi.

   La relation quasi maternelle qui se noue entre les deux héros est un autre intérêt du film. Ce compagnonnage forcé ne va pas de soi, entre une vieille femme au départ surtout attachée à sa tranquillité et un jeune homme qui souhaite faire sa place dans un prestigieux cabinet juridique. Tous deux vont évoluer, parfois de manière inattendue. Cela m'a un peu rappelé le duo formé par Judi Dench et Steve Cogan, dans l'excellent Philomena.

   Bref, j'ai aimé et je recommande chaudement !

mercredi, 19 août 2015

Mission : impossible 5 - Rogue Nation

   Trois ans et demi après Protocole fantôme, l'agent Ethan Hunt est de retour... pour assister à la suppression de Mission Impossible ! Dans le rôle, Tom Cruise ne vieillit pas ; il semble même rajeunir. Et vive les retouches numériques ! Le tout est orchestré par Christopher McQuarrie, à qui l'on doit notamment le scénario de Edge of tomorrow.

   On est saisi dès le début par une superbe séquence dont on a eu un avant-goût dans la bande-annonce. Au centre de l'action se trouve un gros aéroporteur. On finit par découvrir qu'il s'agit d'un A400M, ce qui explique qu'au coeur du générique de fin, des remerciements soient adressés à Airbus Defence and Space.

   D'autres scènes d'action très réussies rythment la suite, notamment des poursuites, en voiture et à moto. A cela s'ajoutent les effets spéciaux, judicieusement utilisés pour mettre en scène certains gadgets de haute technologie (je pense notamment à un portable ultrafin pliable, maquillé en programme d'opéra, dans l'une des plus belles séquences du film). Le tableau serait incomplet sans quelques bastons bien chorégraphiées. Il y a parfois de la grâce dans ces bagarres, là où tant de films se contentent d'étaler la testostérone.

   Si grâce il y a, c'est aussi en raison du jeu d'une excellente actrice, Rebecca Ferguson, qui incarne la "diabolique" Ilsa Faust, aussi sensuelle que redoutable :

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   L'actrice a tellement de présence à l'écran qu'elle finit par voler la vedette à Tom Cruise, dont le personnage tout d'un bloc est moins intéressant à suivre que celui de l'(ancienne ?) espionne britannique, dont on ne sait jamais quel est le fond de la pensée.

   Je profite de l'occasion pour calmer les ardeurs de ceux qui imaginent qu'une idylle va naître entre les deux héros. Alors qu'il existe une évidente attirance entre eux et qu'à plusieurs reprises, leurs corps se frôlent voire se touchent (y compris dans des positions équivoques), leur relation reste platonique, sans que le moindre bisou ne soit échangé. Et pourtant, Dieu sait qu'à certaines occasions, la posture ou la tenue de la charmante jeune femme a de quoi faire affluer le sang de l'agent Hunt ailleurs que dans son cerveau ou dans ses muscles...

   Bilan ? Plus de deux heures d'évasion, suivant une intrigue correctement écrite et émaillée d'humour. Je recommande tout particulièrement la séquence qui se déroule dans le salon d'une magnifique demeure, en présence du Premier ministre britannique.

   Cerise sur le gâteau : la musique est entraînante et les seconds rôles "assurent". Cela ne va pas révolutionner l'art cinématographique, mais on passe un sacré bon moment.

20:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 18 août 2015

Une nouvelle pièce commémorative

   Cette fois-ci, ce n'est pas un brocanteur du dimanche, mais une employée d'un restaurant ruthénois, qui m'a permis de faire une trouvaille... et il s'agit encore d'une pièce de deux euros !

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Avers 2.JPG

   Le "RF" présent sur l'avers indique qu'elle a été imprimée en France (à Pessac, comme la babiole monégasque qui m'est tombée dans le porte-monnaie il y a une dizaine de jours). La colombe est bien évidemment une allégorie de la paix, celle apportée sur le continent par la construction européenne.

   Voilà pourquoi, alors que seuls 19 pays sont dans la zone euro, ce sont les codes ISO des 28 membres de l'UE qui ont été gravés en éventail au-dessus du volatile.

AT = Autriche

BE = Belgique

BG = Bulgarie

CY = Chypre

CZ = République tchèque

DE = RFA

DK = Danemark

EE = Estonie

EL = Grèce

ES = Espagne

FI = Finlande

FR = France

HR = Croatie

HU = Hongrie

IE = République d'Irlande

IT = Italie

LT = Lituanie

LU = Luxembourg

LV = Lettonie

MT = Malte

NL = Pays-Bas

PL = Pologne

PT = Portugal

RO = Roumanie

SE = Suède

SI = Slovénie

SK = Slovaquie

UK = Royaume-Uni

   Parmi les petits symboles gravés figurent le logo d'Eurostar et une corne d'abondance (allusion à la Monnaie de Paris). Saurez-vous les retrouver ?

lundi, 17 août 2015

L'origine du drapeau

   Je me suis récemment offert une petite cure de ma série de droite préférée, NCIS (en version originale sous-titrée). Par le plus grand des hasards, je suis tombé sur un épisode double de la saison 8 (que je n'avais jamais vu), qui a d'ailleurs été rediffusé dans la nuit du 14 au 15 août dernier sur M6. A la fin de celui-ci, j'ai eu la réponse à la question que je me posais depuis un petit moment, à savoir d'où venait le drapeau israélien présent depuis le début de la saison 9 sur le bureau de l'agent Ziva David (déplacé, dans la saison 11, dans le laboratoire d'Abby).

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   Au départ, ce n'est pas une initiative de Ziva. Dans cet épisode, intitulé Ennemis intimes, on voit un homme déposer le drapeau dans la boîte à crayons de l'agent du NCIS. Je donne un indice à ceux qui n'auraient pas deviné : cet homme connaît bien la jeune femme.

dimanche, 16 août 2015

La bière du centenaire

   J'ai récemment découvert cette bière, vendue en bouteilles de 33 centilitres, principalement dans le nord-est de la France métropolitaine.

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   Elle a été lancée l'an dernier, lors du salon de l'agriculture. C'était de circonstance, puisque l'année 2014 a marqué le début des cérémonies organisées en l'honneur du centenaire de la Première guerre mondiale.

   Sur l'étiquette principale, on distingue deux images en rapport avec le sujet. En haut à droite figure la reproduction d'une photographie prise dans une tranchée :

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   En bas à gauche se trouve un dessin représentant une allégorie de l'attachement à la France :

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   Placées devant le drapeau tricolore, la grande Alsacienne et la petite Lorraine (Mosellane sans doute) semblent attendre le retour à la mère-patrie. On ne sera pas étonné d'apprendre que les producteurs de cette bière sont Les Brasseurs de Lorraine, une entreprise située à Pont-à-Mousson, à proximité de Nancy, le chef-lieu de la... Meurthe-et-Moselle.

   Précisons que c'est une bière blonde (non filtrée comme le dit sa fiche signalétique) avec un faible taux d'alcool. Son goût ? Pas trop amer, agréable quand elle est bue fraîche. Je l'ai fait goûter à une personne qui ne boit jamais de bière... et elle a aimé. (Mais c'est moi qui ai fini la bouteille, hein !)

samedi, 15 août 2015

Les 4 Fantastiques

   Dix ans après une première adaptation assez moyenne, Marvel tente de relancer cette franchise de super-héros, qu'elle aimerait sans doute voir devenir aussi rentable que celle des X-Men.

   La particularité de ce qui est annoncé comme un film d'action bourré d'effets spéciaux est de consacrer trois quarts d'heure à la mise en place de l'intrigue de fond. On découvre donc Reed Richards et Ben Grimm gamins puis adolescents. La psychologie des personnages, bien que peu approfondie, occupe une place importante dans la genèse de l'équipe. Certains apprécieront ce long détour, qui permet d'entrapercevoir l'univers familial de deux "petits Blancs". D'autres s'agaceront de devoir attendre beaucoup avant que "ça pète à l'écran".

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   La suite, bien que très prévisible pour qui connaît la bande dessinée, est chouette à voir, avec d'excellents effets spéciaux. On a essayé de rendre plus "moderne" la représentation de la Torche et de la Femme invisible... et ça marche. La réussite est aussi au rendez-vous avec La Chose, à la fois monstrueux et humain. Mon préféré reste Mr Fantastic (l'homme-caoutchouc) : le rendu à l'écran est extra !

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   Toute bonne histoire doit proposer un méchant qui tienne la route. Ici, il s'agit de Fatalis, dont on lie la naissance à celle des super-héros. Son "costume" est particulièrement réussi. Cependant, l'histoire de sa lutte avec les 4 Fantastiques m'a paru un peu bâclée. La conclusion survient trop vite, ce qui m'a laissé un goût d'inachevé.

18:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 11 août 2015

Le Petit Prince

   L'ancien enfant que je suis a vaincu ses réticences et tenté ce plongeon "réminissant" dans sa prime jeunesse. Il convient de préciser dès à présent qu'il ne s'agit pas d'une stricte adaptation de l'oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry.

   Le coeur du film est constitué de l'histoire de la jeune fille (au départ) studieuse, élevée par une mère divorcée très stricte, qui a programmé la vie quotidienne de sa progéniture à la demi-heure près. C'est le côté géométrique de l'intrigue, illustré par l'analogie visuelle entre le contenu d'un microprocesseur et la géographie de la ville où résident les personnages principaux. Ce souci du contrôle absolu est à la fois comique (source de gags) et inquiétant, ne laissant aucune place à la fantaisie.

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   Ces images de synthèse, lisses et bien léchées, entrent en collision avec un autre univers (tourné en stop motion), fait de papier plié et de formes plus pointues : il s'agit de l'univers du petit prince, dont l'histoire est en cours de rédaction par un mystérieux voisin, un vieillard excentrique qui désespère les familles BCBG du quartier.

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   Il va devenir le grand-père que la gamine n'a sans doute jamais eu et lui ouvrir les portes d'un monde qu'elle ne connaissait pas. Tous deux vont s'apprivoiser, à l'image de certains protagonistes du roman de Saint-Exupéry. C'est vraiment joli à regarder... et très émouvant, à certains moments.

   Mais la vraie trouvaille scénaristique est de prolonger l'histoire du roman. Pour une raison que je me garderai de révéler, l'un des personnages va tenter de retrouver le petit prince. L'intrigue, qui balançait auparavant entre réalisme et merveilleux, prend alors le chemin du fantastique, parfois sombre. Les péripéties s'enchaînent, sans que le fond disparaisse. Il est question du sens de la vie et de ce qui est important pour être heureux.

   Cela donne un "beau" film d'animation, peut-être trop schématique dans l'opposition entre le monde cartésien et le monde imaginaire. Mais, pour des enfants, c'est largement suffisant.

   P.S.

   Cette séance m'a donné envie de me replonger dans le livre. L'histoire m'a paru plus complexe que dans mon souvenir de collégien. (Le film n'adapte d'ailleurs qu'une partie des épisodes.) Je ne me rappelais pas non plus qu'il était aussi abondamment illustré. Notons que ces images ont inspiré le style des scènes tournées en stop motion.

   P.S. II

   Comme je ne possédais pas le livre, je me suis mis en quête d'une librairie sur le lieu de mes vacances. Il s'agit d'une ville moyenne, qui mise beaucoup sur le tourisme mémoriel. Bien que peuplée d'environ 20 000 habitants, elle a perdu, cette année, sa dernière librairie... enfin presque, puisque, un peu à l'écart du centre, il existe un "espace culturel" couplé à une grande surface, où j'ai d'ailleurs pu me procurer l'oeuvre de Saint-Exupéry.

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   P.S. III

   Du roman, beaucoup de gens n'ont souvent retenu qu'une citation : "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Dans le livre, ces propos sont tenus par le renard. Ces derniers temps, il me semble l'entendre (soit intégralement, soit tronquée) plus souvent qu'auparavant. Vendredi dernier, par exemple, Elle est sortie de la bouche de Ziva David, dans l'épisode 6 de la saison 10 de NCIS, actuellement rediffusée par M6.

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   Dans cet épisode, malicieusement intitulé "L'essentiel est invisible...", Tony DiNozzo fait développer un vieux rouleau de pellicule, sur lequel se trouvent des photographies prises pendant son enfance. Sur l'une d'entre elles, on peut voir la mère du futur "agent très spécial", le jour où elle l'a emmené pour la dernière fois au cinéma :

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   Vous avez sans doute deviné quel était le film au programme. DiNozzo n'en est pas moins surpris d'entendre sa collègue citer le renard. Le cinéphile est encore plus surpris quand Ziva lui réplique que ce n'est pas à un film qu'elle fait référence, mais à un livre.

21:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 09 août 2015

Des euros princiers

   Ce matin, je me trouvais dans une brocante lorsque je fis involontairement une belle découverte. Je venais de négocier avec un vendeur l'achat d'une revue ancienne (et fort intéressante). Je lui avais tendu un billet de dix euros, sur lequel il me rendit six euros de monnaie, sous la forme de trois pièces de deux.

   Depuis des années, j'ai coutume de jeter machinalement un oeil aux pièces qui atterrissent dans ma main. Cela m'a permis de découvrir une pièce estonienne (à Rodez, en 2011) et, plus récemment, une pièce maltaise (en 2012). Curieusement, parmi celles qui sont issues des "petits" pays utilisant la monnaie unique, ce sont plutôt les pièces de 1 ou 2 euros qui voyagent loin.

   La règle a été respectée aujourd'hui, puisque, parmi les trois pièces récupérées auprès du brocanteur du dimanche se trouvait celle-ci :

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   Là, je sens que certains d'entre vous sont quelque peu interloqués. "Mais, bougre de crétin, tu devrais savoir que toutes les pièces de deux euros possèdent le même côté européen (le côté pile) ! Montre-nous donc plutôt le côté face !"

   Exécution !

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   Sur cet avers, le portrait d'Albert II de Monaco est entouré des douze étoiles du drapeau de l'Union européenne, bien que la principauté qu'il dirige n'en fasse pas partie. Ceci dit, Monaco et la France sont liées par une union douanière. De plus, d'après le site du gouvernement français, la principauté est associée à l'espace Schengen et, en 2001, elle signé une convention monétaire avec l'Union européenne, convention qui a été renouvelée en 2011.

   Enfin, aux curieux qui s'interrogeraient sur la nature des inscriptions encadrant l'année 2012, je précise que ce sont des poinçons, l'un du graveur général, l'autre du centre de frappe de Pessac (qui dépend de la Monnaie de Paris).

 

samedi, 08 août 2015

Renaissances

   Ce film de science-fiction met en scène un vieil homme riche, dont le cancer arrive en phase terminale. La possibilité de revenir à la vie dans un corps plus jeune lui est proposée... contre une somme rondelette et un secret absolu. Cet homme est incarné par Ben Kingsley :

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   C'est là que les scénaristes ont eu du nez. Ils auraient pu lui imposer de renaître dans ce corps-ci :

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   ... ou bien dans ce corps-là :

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   Cela aurait rendu le choix de Damian encore plus cornélien. Finalement, on lui propose cette enveloppe charnelle :

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   Figurez-vous que ce vieillard mourant, qui avait encore plein de projets dans la tête, accepte de prendre le risque inouï d'être "transféré" dans le corps d'un beau jeune homme ! A Ben Kingsley va donc succéder le sémillant Ryan Reynolds, vu récemment dans The Voices (de Marjane Satrapi) et l'étonnant Captives... et qui a passé pas mal de temps sur le banc de musculation.

   L'idée de base m'a emballé et elle est bien développée dans la suite de l'intrigue (pourtant assez prévisible). Là-dessus ont été greffés des moments d'émotion et des scènes d'action. Ce sont les secondes qui méritent le détour. Je conseille tout particulièrement les poursuites en voiture. On notera aussi que les personnages masculins sont amateurs de gros calibres... et du lance-flamme. C'est donc à déconseiller au très jeune public : si, sur un plan général, le film est visible par tous, les quelques instants d'ultra-violence peuvent choquer.

   Aux côtés des mecs burnés ou calculateurs, quelques personnages féminins tentent d'exister. Deux d'entre eux sont dans des situations contrastées :

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   A ma gauche voici Claire, la fille du héros, passée du côté rebelle (en partie) par rejet du monde capitaliste auquel appartient son père arrogant et manipulateur. Michelle Dockery (vue notamment dans Non Stop) réussit à rendre crédible une figure qui risquait d'être caricaturale.

   A ma droite voilà Natalie Martinez, hélas un peu trop cantonnée au rôle d'épouse-mère éplorée, même si l'on a doté son personnage d'un indéniable tempérament. Ses traits ne sont pas inconnus des amateurs de séries policières, puisqu'elle a été, pendant une saison, une inspectrice aussi pulpeuse qu'intrépide dans Les Experts Manhattan.

   Hélas, les scènes intimistes ou familiales sont assez banales et souvent émaillées de clichés. Il reste l'intrigue et son fondement pseudo-scientifique pour maintenir l'attention... ce qui fonctionne pendant l'heure cinquante que dure l'histoire.

   PS

   Je conseille aux spectateurs aveyronnais (aux autres aussi, pourquoi pas) d'être très attentifs aux détails de l'une des dernières scènes. L'un des personnages se réveille un soir, dans la chambre d'un hôtel bas-de-gamme. Un ordinateur portable est posé sur une table, avec un message en attente. Lorsque le personnage se lève pour aller regarder le message, on voit mieux la table, sur laquelle est aussi posée une coupelle. Sur celle-ci se trouvent un fruit et un couteau pliable reconnaissable parmi mille autres !

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jeudi, 06 août 2015

Le détail qui tue

   Cela fait partie des inconvénients petits plaisirs inattendus des repas de famille : se taper le programme télévisé préféré de ses hôtes. Ce soir, avant le journal de 20 heures, l'écran fut occupé exclusivement par la première chaîne et un jeu hautement culturel, "Wishlist", présenté par Christophe Dechavanne.

   Le principe est le suivant : chaque soir, un couple tente de gagner les cadeaux de ses rêves. Pour cela, l'un des deux (pas forcément toujours le même) doit poser des questions à l'autre sur des thèmes précis. Au second de répondre. On pourrait penser qu'il s'agit là d'une énième version du quiz (plus ou moins) culturel... à ceci près qu'ici la rapidité et la clarté de la lecture des questions entre en jeu. (Ce n'est pas l'animateur qui lit.) C'est l'occasion de vérifier que, dans les couples de candidats, c'est souvent l'homme qui se montre le plus laborieux dans l'accomplissement de cette tâche.

   L'émission de ce jeudi 6 août en a été la confirmation, mais là n'est pas la raison de ce billet. C'est le public qui a attiré mon attention. En général, pour que le regard des téléspectateurs soit concentré sur les candidats et l'animateur, l'assistance est plongée dans l'obscurité (noire ou bleutée). Cela permet aussi de masquer la présence des candidats des précédentes émissions (et des suivantes), plusieurs étant enregistrées à la suite.

   Mais, parfois, un visage sort du lot et se retrouve en pleine lumière :

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   A priori, on serait tenté de dire que c'est dû au hasard ou au positionnement de la personne (au premier rang, juste derrière la candidate). Le problème est qu'elle est la seule à apparaître ainsi en pleine lumière et que cela s'est reproduit durant l'émission :

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   Au vu du regard de la dame, on pourrait penser qu'elle se cherche dans l'un des écrans de contrôle de la salle. Mais, un peu plus tard, on a la confirmation que son expression est un peu bizarre, même lorsqu'elle n'est pas forcée :

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   De surcroît, je sais que, lors des enregistrements de ce type, les spectateurs ne choisissent pas l'endroit où ils s'assoient. Ce sont les employés de la production qui ont placé cette femme là où elle est. La question est : a-t-on essayé de la cacher le plus possible (en évitant de la placer face aux caméras, visible assise) ou s'est-on amusé au contraire à la rendre très visible dans un coin, pour les spectateurs attentifs ?

mercredi, 05 août 2015

Journaux de guerre n°50

   Cela va bientôt faire un an qu'en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France est publiée, chaque semaine, une sélection de journaux parus pendant la Première guerre mondiale. Le florilège de jeudi dernier est regroupé sous le titre "Le retour des provinces perdues".

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   On commence avec L'Homme Libre du 18 novembre 1918. Sans surprise, le quotidien fondé par Georges Clemenceau (à l'époque président du Conseil) fait l'éloge de l'action gouvernementale. Il va jusqu'à signaler la démarche du conseil municipal de Toulon, qui rend hommage au chef du gouvernement qui, accessoirement, est sénateur du Var... La deuxième couche est apportée par les membres du Cabinet et leurs collaborateurs qui, à l'occasion de l'anniversaire de la constitution du gouvernement, adressent de nouvelles félicitations au Tigre. Le reste du journal se contente de signaler les manifestations d'intense patriotisme des habitants des provinces libérées de l'oppression allemande. Dans un coin de la page 2, une publicité pour Banania apporte une touche humoristique aux informations sérieuses.

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   Poursuivons avec Le Figaro daté lui aussi du 18 novembre 1918. Là aussi il est question de la réintégration de l'Alsace-Lorraine et de l'enthousiasme des populations. Le quotidien publie (comme L'Homme Libre d'ailleurs) l'intégralité du discours prononcé à cette occasion par le président de la République Raymond Poincaré, qui était lorrain. Signalons qu'à Mulhouse (dans le Haut-Rhin), un curé est décédé d'une crise cardiaque, tant il était heureux du retour à la France.

   A Paris, les manifestations d'allégresse ont été massivement suivies. Les soldats américains présents sur place y ont participé, chantant l'hymne américain... et la Marseillaise. Il est d'ailleurs question des Etats-Unis à plusieurs reprises. Un article évoque la diplomatie parallèle que certains dirigeants allemands ont tenté de mettre en place avec le président Wilson.

   On part ensuite en province avec Le Petit Marseillais du 21 novembre 1918. L'un des premiers articles déplore le maintien d'une censure prégnante en France, alors que les journaux américains et britanniques ont la liberté de publier davantage d'informations. Page suivante, on apprend que le général Pétain vient de recevoir la dignité de maréchal de France. Les deux dernières pages sont farcies de publicité... mais on peut aussi y trouver une brochette d'annonces "personnelles". Sachez qu'à l'époque, on perd visiblement beaucoup d'objets dans les cinémas. Un sommet est atteint dans l'annonce déplorant la perte d'un chien policier, envoyée par... un capitaine.

   On termine avec Le Petit Journal du 26 novembre 1918. Le gros titre est consacré à l'entrée officielle de l'armée française dans Strasbourg, sous la conduite de deux hauts gradés : le tout nouveau maréchal Pétain et le général Curières de Castelnau, originaire de Saint-Affrique (dans l'Aveyron). Un dessin illustre l'information du jour.

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      La suite contient une foule de nouvelles. il est notamment question du complot allemand de 1914, de la nécessité d'augmenter les rendements agricoles et de la révolution spartakiste en Allemagne. Je recommande aussi les "conseils pratiques", où il est question des jeunes Français (et surtout des jeunes Françaises) tenté-e-s par l'expatriation.

   En bonus, ce numéro offre la reproduction d'une affiche rendant hommage aux petites Alsaciennes :

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vendredi, 31 juillet 2015

Je suis mort mais j'ai des amis

   C'est ce que pourrait affirmer l'un des personnages, qui va mourir dans des circonstances... inhabituelles. Ses potes, membres d'un groupe de vieux rockeurs sur le retour, décident de maintenir la tournée prévue aux Etats-Unis. Un ami très spécial va se joindre à eux.

   Ce film n'est pas tout à fait ce qui a été annoncé. Je m'attendais à une comédie un peu lourde et sans complexes, où l'intrigue serait très secondaire. En réalité, les réels moments de comédie sont peu nombreux, l'histoire étant surtout empreinte d'émotion.

   Le début ne m'a pas emballé. J'ai trouvé les personnages principaux soit caricaturaux, soit pathétiques. C'est après la découverte d'un pan de la vie privée de l'un d'entre eux que cela devient intéressant. Cela culmine au Canada, où la fine équipe débarque dans des conditions rocambolesques, se perd puis se retrouve.

   C'est dans cette seconde partie que les personnages gagnent en densité. Certaines failles sont mises à jour. Les acteurs se révèlent bons, notamment Bouli Lanners et Lyes Salem. L'histoire devient attachante. Sans être la comédie de l'été, c'est un film original, qui mérite le détour.

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mercredi, 29 juillet 2015

Difret

   C'est le titre d'un film éthiopien, que l'on peut traduire par "courage" ou "oser". Il s'inspire d'une histoire vraie, qui est survenue dans les années 1990. Une adolescente a été enlevée puis violée par un homme qui voulait l'épouser. Mais la jeune fille s'est révoltée et a tué son agresseur, à la fureur des hommes du village.

   La première partie du film met en place le cadre. On découvre l'Ethiopie rurale, pauvre, analphabète... et patriarcale. L'intérêt est de montrer la bonne conscience qui habite les agresseurs et ceux qui les soutiennent. Le poids des traditions est énorme et la place des femmes clairement secondaire.

   Le changement vient de la ville, où travaille une juriste aussi ravissante que pugnace (interprétée par Meron Getnet). On peut aussi souligner la performance de la jeune actrice qui incarne la victime, Tizita Hagere.

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   L'avocate va rencontrer beaucoup d'obstacles sur sa route. Le premier est la précarité de la justice dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde (il fait partie des P.M.A.) : on écrit à la main sur des morceaux de papier ; on ne dispose pas de photocopieur et l'on roule (quand on peut) dans une improbable voiture, sur des chemins terreux.

   L'autre grand obstacle est constitué par les mentalités, principalement celles de la plupart des hommes (même si certains sont montrés comme ouverts : le vieux juge et le jeune journaliste notamment). Une scène extraordinaire montre une réunion sous l'arbre à palabres. Le maître de cérémonie ouvre la séance, après qu'il a constaté que toutes les personnes concernées sont là. Or, sur les lieux, ne sont présents que des hommes...

   Dans le même temps, en ville, la jeune Hirut découvre un monde qu'elle n'avait même pas imaginé. Il est merveilleux et effrayant à la fois. De son côté, Meaza s'appuie sur son association, les médias et un juge à la retraite, qui connaît pas mal de monde. Cela ne sera pas de trop, au vu de la mauvaise volonté voire des manigances de certains acteurs de cette histoire.

   Cela débouche sur une oeuvre étrange, bigarrée, nuancée, incontestablement africaine dans sa conception, mais qui a subi l'influence hollywoodienne. (Signalons que le film est coproduit par Angelina Jolie.)

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lundi, 27 juillet 2015

Les enfants gâtés de l'Estivada

   Ces derniers jours, les médias locaux (notamment Centre Presse) se sont fait l'écho de la mauvaise humeur de Patric Roux, le directeur (démissionnaire) du festival musical occitaniste organisé chaque année à Rodez. Est-ce le résultat d'un petit coup de pompe (classique après une période d'efforts intenses), de la lassitude qui vient (après des années de dévouement) ou bien la manifestation d'autre chose ?

   A lire les articles, on perçoit un certain ressentiment à l'égard de la mairie de Rodez. Est-ce une question d'argent ? Apparemment non. Cette année, la subvention votée par le conseil municipal (lors de la séance du 27 avril dernier) est de 200 000 euros (!), la même que celle qui a été attribuée l'an dernier (lors de la séance du 10 juillet 2014).

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   Il n'y a donc pas de baisse, alors que nombre de manifestations et d'associations ont vu leurs financements publics s'étioler. (Rappelons qu'en 2013, c'est le Conseil général de l'Aveyron qui avait "sucré" 75 % de la somme qu'il versait auparavant au festival, ce qui avait créé une petite polémique.)

   A cela il faut ajouter la mise à disposition gratuite de salles : la MJC, l'Amphithéâtre, la (superbe) salle des fêtes... plus un local à proximité de la place de la Cité... et l'annexe du Multiplexe (dont on n'a heureusement pas exigé cette fois-ci qu'il cesse toute activité cinématographique). Notons que cette annexe donne sur l'esplanade des Rutènes, un endroit particulièrement convoité et dont l'usage n'est pas accordé à tout le monde. D'ailleurs, si, de 2011 à 2013, le festival a été "exilé" à Bourran (Mon Dieu !), il a retrouvé le centre-ville dès la fin des travaux d'aménagement du Foirail.

   Au total, on peut estimer que la commune de Rodez supporte environ 50 % du coût réel de l'Estivada, en lui accordant de surcroît une très bonne visibilité. Les récriminations qui sont formulées semblent donc injustifiées.

   Il y a peut-être une raison plus politique derrière. On reproche au maire de Rodez de ne pas faire preuve d'un enthousiasme délirant en faveur de l'occitanisme, alors que, lors de l'inauguration, le président du Conseil régional de Midi-Pyrénées (sur le départ) Martin Malvy s'est montré plus chaleureux. C'est aussi lié à l'ambiguïté du statut de l'Estivada, dont certains veulent profiter pour promouvoir l'occitanisme, tandis que beaucoup n'y voient qu'une agréable animation estivale, teintée d'une couleur locale ou régionale.

   On peut aussi revenir sur le succès de la manifestation. Les organisateurs évoquent 25 000 visiteurs, chiffre invérifiable puisque les concerts sont gratuits. Comment savoir si les personnes qui sont comptées à tel moment ne l'ont pas déjà été à un autre ? Même si l'on se fie à l'estimation donnée, 25 000 participants ne signifient pas 25 000 visiteurs. Certaines personnes sont venues plusieurs jours ou ont assisté à plusieurs concerts. On peut donc légitimement penser que la fréquentation a été plus proche de 20 000 personnes.

   C'est beaucoup, mais pas tant que cela. C'est incontestablement un joli succès pour une équipe de bénévoles et un petit festival local. Le chiffre est moins impressionnant quand on garde en mémoire que les spectateurs n'ont pas payé. Quelle aurait été l'affluence si, à chaque concert, on avait demandé ne serait-ce que 5 ou dix euros de participation ? Ceci dit, le passage (au moins partiel) au payant serait peut-être un moyen d'augmenter les ressources de l'organisation... et de pouvoir faire venir une ou deux têtes d'affiche.

   On pourrait aussi comparer l'Estivada à d'autres festivals musicaux de saison. Bien que payants (pas forcément totalement), les Vieilles Charrues attirent plus de 200 000 personnes, les Eurockéennes de Belfort environ 100 000 et les Francofolies de La Rochelle entre 80 000 et 120 000. Mais là, on ne joue pas dans la même catégorie. On pourrait prendre l'exemple de Garorock, à Marmande (dans le Lot-et-Garonne). C'est un festival payant, qui a accueilli cette année 80 000 visiteurs.

   C'est un débat que devront avoir les organisateurs de l'Estivada. Pour grandir (si grandir ils veulent), ce festival n'a peut-être pas tant besoin d'une ville très peuplée (genre Toulouse ou Montpellier) que d'une réflexion sur le payant/gratuit et sur le lieu des concerts, pour lesquels une zone unique, "encadrable", serait peut-être plus adaptée.

   Cela m'amène à un autre point évoqué par Christian Teyssèdre lors de l'inauguration : les nuisances sonores, un sujet qui préoccupe particulièrement les riverains... et pas qu'eux ! J'habite au Faubourg (donc assez loin des sites des concerts) et je peux garantir qu'à certains moments, en laissant les fenêtres ouvertes, j'avais l'impression que l'un des occupants de l'immeuble avait mis sa chaîne hi-fi à fond la caisse... Les habitants des rues adjacentes au Foirail pourraient en dire bien plus que moi.

   Ce n'est peut-être pas "politiquement correct", mais il n'est pas inutile de rappeler qu'il est des gens qui travaillent au mois de juillet et qui donc ont besoin d'une nuit de sommeil acceptable pour pouvoir exercer leur activité professionnelle. Quitte à passer pour un vieux con, je pourrais ajouter que, travail ou pas, de nombreuses personnes apprécient la quiétude d'une soirée ensoleillée, derrière une fenêtre, sur un balcon ou dans un jardin public, loin du tumulte de la vie quotidienne. On ne respecte pas ces personnes-là.

   Il ne faut donc pas s'étonner que le chef-lieu aveyronnais se vide à cette période de l'année (ce que les commerçants ont d'ailleurs fort bien remarqué). Le retour de l'Estivada sur le Foirail (en 2014) a incité nombre de ménages ruthénois à renouer avec une pratique en vigueur avant 2011 : programmer leur départ en vacances la troisième semaine de juillet. Patric Roux s'en était aperçu, lui qui, en 2011, regrettait la faible participation des Ruthénois à l'Estivada. C'est un secret de Polichinelle sur lequel les médias évitent de s'étendre : une très faible part des 25 000 habitants de Rodez assiste à au moins l'un des concerts. Le public est certes majoritairement constitué d'Aveyronnais (mais pas massivement de Ruthénois), auxquels il faut ajouter des touristes du grand Sud-Ouest et d'au-delà.

dimanche, 26 juillet 2015

Les Bêtises

   C'est le titre du premier film d'Alice et Rose Philippon, une comédie poétique qui louche sur le cinéma muet de l'Entre-deux-guerres. Au centre de l'intrigue se trouve François (Jérémie Elkaïm, correct dans le rôle), un trentenaire très maladroit, ce que la première partie est chargée de nous faire comprendre : cela commence par une sacoche oubliée, avant de continuer par un lacet, une barre d'autobus, pour finir par un joli lancer. C'est du bon comique de situation.

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   L'histoire est toutefois teintée de tristesse : le héros a été abandonné à la naissance (pour une raison qu'on ne découvre que très tard dans le film), ce qui est métaphoriquement très bien rendu par la première séquence. De surcroît, sa mère, qui a refait sa vie, ne veut plus entendre parler de lui. Malin comme un singe, François parvient à la retrouver et s'incruste dans une soirée d'anniversaire qu'il va contribuer à faire déraper.

   Il va y croiser une adorable jeune femme : Sonia, l'autre serveuse engagée pour l'occasion, violoniste à ses heures perdues, mais surtout incurable hoqueteuse... sauf, curieusement, quand François se trouve à ses côtés. Dans ce rôle, Sara Giraudeau est lumineuse et totalement crédible avec son TOC.

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   A la fête, l'enchaînement des maladresses est inégal. Tantôt c'est raté, tantôt on est mort de rire. C'est un peu à l'image du film, sur la corde raide. Mais, globalement, les acteurs "assurent".

   L'un des rebondissements est le retour du héros dans la soirée. Si certains spectateurs pensaient qu'elle ne pouvait pas plus dégénérer, ils ont dû être surpris par la suite. Une nuée de resquilleurs envahit la villa, changeant complètement l'ambiance de la réunion de famille un peu "prout-prout". Cela culmine dans l'interprétation, par le héros, de la chanson éponyme (de Sabine Paturel). Cela démarre de manière timorée... et cela se termine en fanfare !

   Un autre ressort comique est constitué par les relations entre François et ses demi-frères (qui ignorent son existence). On peut signaler l'excellente composition de Jonathan Lambert, dans un rôle à contre-emploi... et le dernier quart d'heure nous réserve un joli coup de théâtre !

   L'ambiance joyeuse alterne habilement avec les moments d'émotion, qui mettent souvent en scène la mère, incarnée par Anne Alvaro. Il y a aussi cet amour naissant entre les deux serveurs, tous deux charmants et maladroits dans leur genre. Leur relation est l'objet du dernier gag du film, que je me garderai bien de raconter. Sachez seulement que le héros ne guérit pas que le hoquet des demoiselles en détresse !

   Sans être aussi poilante que Microbe et Gasoil, cette comédie rafraîchissante est l'une des bonnes surprises de cet été.

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samedi, 25 juillet 2015

Les Nuits blanches du facteur

   Andrei Kontchalovski a posé sa caméra dans la Russie rurale, dans le nord-ouest du pays, dans l'oblast (la région) d'Arkhangelsk, qui est à peu près aussi vaste que la France métropolitaine, mais peuplé d'à peine plus d'un million d'habitants.

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   L'action se déroule à l'intérieur des terres, loin de la capitale régionale (même si l'un des personnages finit par partir y travailler). Le héros, un facteur qui a pas mal roulé sa bosse, travaille dans un village perdu sur les rives d'un lac, dans le parc national de Kenozero. A plusieurs reprises, il se rend dans un bourg proche, où vit sa soeur. Seule véritable rupture dans un quotidien répétitif, un mini-périple le conduit dans la ville fermée de Mirny, pour y rencontrer un général.

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   Pour la petite histoire, c'est à proximité de cette ville qu'est situé le cosmodrome de Plessetsk, moins connu que celui de Baïkonour, mais qui a joué un rôle important dans le développement de la puissance spatiale soviétique. Il est aujourd'hui associé aux activités d'Arianespace (notamment au projet OneWeb). Il est aussi toujours lié à l'industrie aérospatiale russe : c'est de Plessetsk qu'a été lancée l'an dernier la fusée de nouvelle génération Angara.

   Dans le film, on voit le facteur pénétrer sur le cosmodrome, en compagnie du jeune fils d'une voisine (sur laquelle il a des vues). Un peu plus tard, il faut être attentif à l'arrière-plan d'une scène qui se passe au bord du lac. On y voit une fusée en pleine ascension.

   A une exception près, les acteurs sont des non-professionnels. Ils jouent souvent leur propre rôle, si bien que le film a des airs de documentaire-fiction. Si l'on ajoute à cela la grande attention portée à la nature, les gros plans sur certains animaux (une araignée d'eau, une fourmi...), on ne peut que penser à Farrebique, de Georges Rouquier. Toutefois, l'oeuvre de Kontchalovski n'a pas la rigueur du chef-d'oeuvre aveyronnais.

   Le film n'en est pas moins fort intéressant à suivre. On y découvre des personnages hauts en couleur, qui vivent souvent de peu. Leur bien principal est leur maison, assez rudimentaire, accompagnée de quelques terres. Pour l'alimentation, on complète par la pêche, plus ou moins légale (ce qui provoque des tensions avec les agents chargés de faire respecter la réglementation)... et l'on se rend, quand on peut, à la supérette du bourg, dont la patronne accepte parfois de faire crédit. Les principales distractions sont les discussions entre voisins (c'est-à-dire les personnes qui habitent à plusieurs centaines de mètres)... enfin ceux avec lesquels on n'est pas fâché. Faute de mieux, il reste la télévision, avec des émissions qui, si elles recueillent de l'audience, ne semblent pas d'une haute tenue intellectuelle...

   L'action est rythmée par la vie du héros, son lever, ses rituels du matin, puis son travail et ses rencontres. Plus qu'un facteur, il est le lien social qui contribue à faire vivre le village. (En plus, il joue de l'accordéon.) Mais il se sent seul et se dit qu'il commence à perdre le boule : la nuit, il voit par intermittences un chat gris dans sa maison, sur le sol, sur un meuble... voire sur son ventre ! Pourtant, il a arrêté la vodka, un fléau dont on perçoit les ravages jusqu'au fin fond de la Russie. La situation se complique quand, un matin, il découvre qu'on a volé le moteur de son bateau, celui avec lequel il fait la liaison entre les différentes rives du lac.

   Même si ce n'est pas toujours très bien joué, c'est un film à voir, une belle "tranche de vie" de la Russie d'en-bas, rurale, qui n'est pas sans rappeler certaines campagnes françaises. Et les images sont superbes, notamment celles tournées sur le lac.

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vendredi, 24 juillet 2015

Ant-Man

   Cet homme-fourmi est un super-héros de la galaxie Marvel. En fait, dans les comic-books, il y a eu trois Ant-Men. Le long-métrage sorti récemment nous en présente deux : le créateur du personnage (et du costume), interprété par Michael Douglas, et son jeune successeur, qui a les traits de Paul Rudd.

   A travers ces deux acteurs, j'ai eu l'impression de faire un bond de vingt-trente ans en arrière. C'est d'abord l'arrivée de Michael Douglas à l'écran (dans la séquence introductive, sensée se dérouler dans les années 1980), qui a provoqué un choc. Le papy du cinéma semble plus jeune encore que dans Basic Instinct. C'est quand même beau, le numérique ! Que l'on se rassure : à partir des séquences suivantes, on retrouve le "vrai" Michael Douglas, dont le vieillissement naturel est à peine masqué par les rafistolages successifs qu'il a subis.

   L'impression de déjà-vu s'est confirmée quand le jeune héros est apparu. Le visage comme les mimiques de Paul Rudd m'ont irrémédiablement rappelé le Ben Affleck de jadis. Cela ne peut pas ne pas être intentionnel. Comme, de surcroît, l'acteur ne fait pas montre d'un talent étourdissant, cela a un peu gâché mon plaisir.

   Et pourtant... au sein de la distribution, il y a avait de la qualité. Le meilleur personnage masculin est sans conteste celui du "méchant" Darren Cross, auquel Corey Stoll donne vie, avec nuance. A signaler aussi, dans l'un des seconds rôles, Michael Pena, qui est, depuis une dizaine d'années, une sorte d'Hispanique de service, sympa et (parfois) maladroit. Ses interventions, souvent comiques, contribuent à égayer le film.

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   Côté féminin, Evangeline Lilly (Tauriel dans Le Hobbit) est délicieuse en scientifique et femme d'action. En ce qui la concerne, le scénario ne nous ménage guère de surprise : elle est évidemment en conflit avec son père (avec lequel elle va évidemment se réconcilier) et, après une période de tensions, elle va non moins évidemment succomber au charme du héros. Par contre, ne partez pas quand le générique de fin s'enclenche. Celui-ci s'interrompt un moment pour nous indiquer une évolution possible de son personnage.

   Finalement, ce sont peut-être les insectes les véritables héros de cette histoire. Les fourmis dressées par les humains vont se révéler de précieuses alliées... et leurs évolutions sont souvent spectaculaires... voire des sources de gags. Cela donne du tonus à l'histoire, un peu trop linéaire.

   Il aurait de plus fallu mieux travailler le rythme. On a pensé à intercaler les scènes d'action et d'autres, plus "familiales". Mais ces dernières sont le point faible du film, alors qu'on ne s'ennuie pas une seconde le reste du temps. J'ai particulièrement aimé la baston dans la chambre de la gamine et l'effraction sur un site des Avengers (un groupe que le nouveau super-héros va sans doute rejoindre, à moins qu'on ne le rapproche des "nouveaux" 4 Fantastiques).

   Cela donne un honnête divertissement, qui ne se prend pas trop au sérieux, mais qui comporte des longueurs.

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jeudi, 23 juillet 2015

Les mille et une nuits portugaises

   C'est une entreprise un peu folle, un triptyque (de plus de six heures au total) du Portugais Miguel Gomes, remarqué il y a deux ans et demi avec Tabou. Mi-fiction mi-documentaire, cette oeuvre prend pour prétexte les célèbres contes pour traiter du Portugal d'aujourd'hui.

   Le premier film, L'Inquiet, alterne humour et constat de désespoir. On y voit le réalisateur fuir le tournage, poursuivi par un preneur de son, un caméraman et le reste de l'équipe technique. (Aux cinéphiles avertis, cela rappellera une scène de C'est arrivé près de chez vous.) La suite est moins drôle, avec la crise des chantiers navals. Notons que l'intrigue suit parfois des chemins détournés, comme lorsqu'il est question des ravages des guêpes.

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   La venue des envoyés de la Troïka (FMI, BCE et Commission européenne) remet un peu d'ambiance... de manière inattendue : il est question d'érection. Je n'en dirai pas plus... Mais la séquence la plus marquante est sans conteste celle du chant du coq, dans laquelle on aurait tort de voir un simple conflit de voisinage. De là, on passe (façon marabout de ficelle) à une histoire d'amour, sur fond d'incendie et de travail des pompiers.

   La dernière partie est consacrée à ceux qui sont appelés "les merveilleux". Cela commence par trois portraits, ceux d'individus broyés par la crise. Il y a ce cadre licencié, qui s'était dévoué corps et âme à son entreprise, et dont on découvre la chute progressive. Il y a aussi ce couple "à l'ancienne", modeste dans tous les sens du terme. Il y a enfin ce jeune homme, qui a tendance à "péter les plombs". Le fil conducteur est un syndicaliste, tombé malade. Pour contrebalancer cette vision un peu sombre, la scène finale montre un bain collectif roboratif.

   Si j'ai eu quelques difficultés à rentrer dans le premier film, le deuxième volet, intitulé Le Désolé, m'a tout de suite captivé. Trois histoires nous sont contées. On commence avec celle de Simao "sans tripes", un vieux roublard, à moitié délinquant, qui a pris le maquis. Bien que son comportement ne soit pas irréprochable, il bénéficie du soutien d'une partie de la population, qui voit en lui un rebelle, un homme qui ne se plie pas aux diktats des autorités qui ont trahi le peuple. Dans cette histoire (comme dans la suivante, d'ailleurs), le rapport aux femmes est ambigu. A plusieurs reprises, dans le triptyque, on remarque que M. Gomes a mis en scène une société assez patriarcale, sans que cela soit montré de manière négative. (Fort heureusement, le troisième volet va corriger cette impression.)

   La deuxième partie est assez théâtrale. Il y question d'une juge, confrontée a priori à un cas assez simple de conflit entre un propriétaire et ses locataires. De fil en aiguille, on découvre que cette affaire a de multiples implications, chaque "accusé" arguant qu'il/elle avait des raisons valables de mal agir.

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   Ainsi, les locataires (une mère et son fils) ont vendu les meubles du logement (appartenant au propriétaire) pour payer une indemnité due à la belle-fille, qui en avait assez d'être maltraitée par son mari. Le propriétaire lui-même était à la recherche d'argent depuis qu'il s'était fait tuer ses vaches par son voisin. Il a poussé une muette à commanditer un vol de bétail, qui ne s'est pas très bien passé, un des bovidés s'étant échappé. L'animal, bloquant la route, a empêché les secours d'arriver à temps pour sauver la vie d'un enfant, frappé à mort par l'un des frères. Tout cela à cause d'un repas qui n'avait pas été préparé. Dans le même temps, on constate que les femmes, portugaises comme chinoises (celles-ci ayant un lien avec les vaches !), sont souvent traitées comme des objets.

   La dernière partie de ce film tourne autour d'un chien, appelé Dixie, qui va changer de maître à plusieurs reprises. L'histoire se déroule dans un quartier pauvre, dans des immeubles d'habitat bon marché. Il est d'abord question d'une dame âgée, dont le premier chien est mort et qui ne veut plus s'occuper du nouveau. Un couple en détresse sociale va hériter de Dixie, qui va ensuite passer entre les mains d'un duo de jeunes qui tire le diable par la queue. Le chien va poursuivre son existence entre une grand-mère concierge et ses petits-enfants. L'idée est que l'animal apporte un peu de bonheur à des personnes que la vie a abîmées. Mais cela ne suffit pas toujours.

   Ce deuxième volet est moins drôle que le précédent, mais il est plus fort, mieux maîtrisé au niveau du scénario et du montage.

   Le troisième volet, intitulé L'Enchanté, renoue un peu avec l'esprit parfois enjoué du premier, tout en étant moins déprimé. Dans les histoires pointe plus souvent une lueur d'espoir. La première met en scène une Schéhérazade (très jolie) en femme libre. On lui fait rencontrer un magnifique éphèbe, jeune, beau et musclé... mais terriblement bête. Cela donne du piquant à cette intrigue (tournée du côté de Marseille), qui ne m'a pas franchement emballé.

   Lui succède le plat de résistance, autour d'éleveurs de pinsons, dont les chants sont l'objet d'une véritable passion. On découvre le mode de capture des animaux sauvages et la manière de les élever pour en faire des champions des vocalises. L'histoire culmine lors d'un concours, organisé en périphérie d'une grande ville, à proximité d'un aéroport, dans une grande cage aménagée à cette intention.

   On pourrait croire que l'ambiance allait retomber avec la dernière séquence. Pas du tout. "Forêt chaude" est la traduction du nom de l'héroïne, une étudiante chinoise qui va dans un premier temps se perdre dans la ville portugaise, avant de rencontrer son destin. Elle est un peu à l'image de la tonalité que M. Gomes a voulu donner à son entreprise : un fond assez noir (parfois même très noir), mais d'où émergent des raisons d'espérer.

   Tout n'est pas bon dans cet ensemble disparate. Il aurait sans doute fallu procéder à davantage de coupes. Mais c'est un passionnant portrait poétique du Portugal du début du XXIe siècle, dans lequel d'autres pays peuvent se retrouver.

mercredi, 22 juillet 2015

Ex Machina

   Ce film britannique de science-fiction est sorti un peu confidentiellement, en juin dernier. Le réalisateur Alex Garland n'est certes pas très connu (c'est un scénariste, à la base), mais la distribution, tout comme l'histoire, avait de quoi allécher.

   Domhnall Gleeson (vu récemment dans Invincible) incarne un jeune programmeur, employé dans une très grosse boîte informatique, BlueBook, qui a inventé un moteur de recherche internet et tout une série de services liés. (Cela ressemble bigrement à Google.) Un jour, il gagne à la loterie de l'entreprise : il va pouvoir passer une semaine en compagnie du président-fondateur, Nathan, un génie qui vit désormais reclus dans un bunker, à l'écart du monde.

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   Celui-ci est interprété par Oscar Isaac, méconnaissable par rapport à sa prestation dans Inside Llewyn Davis. Pourvu d'une barbe fournie, il a le crâne rasé et passe le plus clair de son temps à alterner picole et exercices physiques. C'est une sorte de gourou sympa, en apparence. Une mystérieuse assistante muette accomplit diverses tâches pour lui. L'action se déroule chronologiquement, le long des sept jours passés par Caleb au sein du complexe.

   Le jeune héros est associé au nouveau projet révolutionnaire de Nathan : la création d'un être pourvu d'une intelligence artificielle indétectable. Bref, un androïde que l'on prendrait pour une vraie femme. (On pense évidemment à Blade Runner.) Celle-ci est incarnée par Alicia Vikander, remarquée naguère dans Anna Karenine et surtout Royal Affair. Comme elle est mignonne et désireuse d'en savoir plus sur le nouvel arrivant, une relation ambiguë se noue entre elle et Caleb.

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   Est-ce ce que souhaite Nathan ? La situation n'est-elle pas en train de lui échapper ? L'intelligence artificielle d'Ava (prononcez "Eva"... bien entendu) va-t-elle jusqu'à pratiquer la dissimulation, la manipulation et le mensonge ? Est-elle capable d'attachement ? Et pourquoi Caleb a-t-il vraiment gagné à la loterie ? L'intrigue est riche en mystères, qui vont petit à petit se dévoiler.

   Cela se passe dans des décors très soignés (les pièces du bunker à demi-enterré). On a réussi à suggérer à la fois la modernité et l'étrangeté. Quant aux effets spéciaux, ils sont bien dosés et épatants, notamment au niveau du corps de l'androïde. Et n'oubliez pas de tendre l'oreille : un travail intelligent a été effectué sur le son.

   Si l'occasion se présente, jetez-vous sur cette pépite pleine d'étrangeté, qui, par certains aspects, n'est pas sans rappeler l'univers de David Cronenberg.

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mardi, 21 juillet 2015

La Isla minima

   Cette "petite île" est située quelque part dans les méandres du Guadalquivir et de ses affluents, dans le sud de l'Espagne. Ce n'est que dans la dernière partie du film que l'on apprend le rôle qu'elle a joué dans l'intrigue. D'ici là, on aura eu droit à un polar noir, très noir, sur fond de démocratisation de l'Espagne, au début des années 1980.

   Cet aspect, bien que non central dans l'histoire, joue un rôle important, parce qu'il oppose les deux enquêteurs de la police criminelle. Pedro est un jeune ambitieux, sans doute "de gauche"... un peu trop fouineur, peut-être. On l'a muté loin de sa famille sans doute pour calmer ses ardeurs. Son acolyte Juan est un flic à l'ancienne, aux méthodes pas toujours orthodoxes. C'est un ancien franquiste qu'on a mis au rancart.

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   Si l'association de deux policiers aux tempéraments très différents est un classique de ce genre d'histoire, le scénario a l'habileté de brouiller un peu les pistes. Il fait de Pedro un mec pointilleux, à cheval sur le règlement et menant une vie assez conformiste (marié, avec un enfant en bas âge... et fréquentant peu les bars). Juan est un bon vivant, amateur d'alcool et de femmes "ouvertes". Mais il est seul, au fond. Les qualités respectives des deux hommes vont leur être utiles pour démêler les fils d'une affaire complexe.

   Elle est complexe parce que l'enquête vient déranger les habitudes prises par certains habitants de la région. Pour arrondir leurs fins de mois, des paysans et des pêcheurs traficotent (plutôt du tabac). D'autres se sont lancés dans un commerce plus lucratif, celui de la drogue. Se greffe là-dessus un réseau de prostitution, né de la misère et du désespoir. La disparition de deux jeunes femmes vient tout perturber. La situation devient encore plus troublée quand les policiers découvrent qu'ils ont peut-être affaire à un tueur en série.

   L'histoire est servie par des interprètes excellents (parfois connus du public français amateur de films ibériques), dans les premiers comme dans les seconds rôles. Et surtout... les images sont magnifiques. Certains plans sont à couper le souffle, qu'ils soient aériens ou tournés au niveau du sol, entre les chenaux qui forment un véritable labyrinthe.

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   Ce film est l'une des bonnes surprises de l'été, marqué, une fois n'est pas coutume, par une brochette de sorties de qualité au mois de juillet.

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lundi, 20 juillet 2015

Opium

   C'est le titre d'une bande dessinée de Laure Garancher, dont j'avais déjà apprécié Mon Fiancé chinois. Ici, l'histoire a pour cadre les années 1840-1860 et les Guerres de l'opium, quand l'Occident (avec à sa tête le Royaume-Uni) a fait courber l'échine à un empire multiséculaire.

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   Comme dans sa précédente oeuvre, les femmes sont les moteurs de l'intrigue. Ici, ce sont deux soeurs jumelles, Mei Ju et Mei Yun, qui vont connaître des destins contrastés.

   On découvre Mei Ju dans la première partie de l'histoire. C'est une demoiselle pleine de talents (parfois cachés). Elle vit à Canton, où elle travaille au service de la famille d'un riche commerçant, gros importateur d'opium.

   Le deuxième chapitre revient sur l'enfance et l'adolescence des deux soeurs, inséparables à l'époque. Sous l'influence de leur père, grand patriote chinois, elles vont être amenées à faire des choix différents.

   Dans le troisième chapitre, on suit à nouveau la belle Mei Ju, devenue espionne. Elle rencontre un jeune peintre britannique. Tous deux vont échanger sur l'art pictural... et dans bien d'autres domaines...

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   C'est un aspect de l'histoire qui revient à intervalle quasi régulier : l'intérêt pour la peinture, qu'elle soit occidentale ou orientale. La mère des héroïnes leur a appris à manier le pinceau. Elle-même est l'auteure de représentions de paysages... et Mei Ju aurait aimé elle aussi consacrer sa vie à cet art. Les péripéties de l'histoire chinoise l'ont poussée à changer ses projets.

   Le quatrième chapitre montre les retrouvailles des deux soeurs. On en apprend plus sur la vie de Mei Yun... et l'on découvre le secret que cache Mei Ju.

   Le cinquième chapitre est plus politique. Il démarre en 1858 et mène à la seconde guerre de l'opium et au saccage du Palais d'été par les Occidentaux. La grande histoire rejoint la petite, puisque Mei Ju est obligée de faire un choix terrible. De son côté, sa soeur va connaître un bouleversement dans sa vie sentimentale. Dans cette partie, je trouve que le côté romanesque se marie bien avec les considérations historiques. Au point de vue graphique, on sent que la dessinatrice a été marquée par certaines caricatures du XIXe siècle :

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(En bas se trouve un dessin paru dans Le Petit Journal en 1898. On remarque que, chez Laure Garancher, l'Allemand est remplacé par un Américain.)

   Je me garderai bien de raconter la suite. Sachez que le feuilleton familial se poursuit. La vie personnelle de Mei Ju subit encore les contrecoups de la vie politique chinoise, dans laquelle elle s'investit de plus en plus. On aimerait bien qu'il y ait une suite !

Une Seconde Mère

   Cette mère est Val, femme de ménage et un peu bonne à tout faire d'un couple aisé, depuis plus de dix ans. Ce couple a un fils, Fabinho, dont elle a été la nounou et dont elle est restée la confidente. Plus que la seconde mère, elle est sa mère de coeur, au contraire de la génitrice du jeune homme, qui semble le mépriser.

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   Ce film brésilien d'Anna Muylaert met en scène ce qu'il faut bien appeler les inégalités de classes... qui se doublent d'une autre inégalité : les riches sont visiblement d'ascendance européenne, alors que les pauvres sont d'ascendance africaine ou amérindienne.

   L'intrigue confronte deux tempéraments, celui de la mère et celui de la fille. Val est contente d'avoir un travail, de s'occuper d'un enfant, même si elle loge dans un cagibi. Elle a intériorisé sa soumission. De surcroît, ses maîtres employeurs ne sont pas odieux et la traitent avec un relatif respect. C'est la perversité du système. Toutefois, à quelques occasions, on voit que de vieilles habitudes ne sont pas loin de ressurgir.

   C'est ce que ne peut pas supporter Jessica, qui a vécu son enfance loin de sa mère. Elle en veut à celle-ci de l'avoir "abandonnée" pour un travail qui est de plus asservissant. On peut penser que sa famille est originaire d'une région pauvre (sans doute le Nordeste), alors que l'action se déroule dans la banlieue de Sao Paulo.

   Là où l'histoire devient piquante, c'est quand on réalise que la jeune femme, qui vient s'installer dans la mégapole pour poursuivre ses études, est vraiment douée, cultivée, intelligente... plus en tout cas que le fils à papa qui cherche, comme elle, à intégrer une prestigieuse école d'architecture. Comme en plus elle est mignonne, elle attire les regards de la gent masculine, jeune comme moins jeune...

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   Pourtant, les pères ne sont pas très présents à l'écran. Celui de Jessica est séparé de sa mère depuis des années (et il a rejeté sa fille, pour une raison que l'on finit par découvrir). Celui de Fabinho passe une grande partie de ses journées au lit ou bien dans son atelier de peinture. A la maison, c'est l'épouse qui "porte la culotte"... mais l'argent vient d'abord du mari. On réalise que, même quand les hommes sont au second plan, ils jouent un rôle important, parce que la société brésilienne est encore patriarcale. Au cours de l'histoire, on apprend l'existence d'un autre père qui, directement ou indirectement, a pesé sur la vie de plusieurs personnages.

   Plus qu'une comédie, c'est un portrait social du Brésil en mouvement, avec ses mauvaises vieilles habitudes et le vent du changement, porté principalement par les femmes. Même Val finit par être contaminée...

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samedi, 18 juillet 2015

Microbe et Gasoil

   Le titre du nouveau film de Michel Gondry (auteur, l'an dernier, de l'étonnant Conversation animée avec Chomsky) est composé des surnoms de ses deux personnages principaux, deux adolescents de 14-15 ans un peu hors normes.

   A ma gauche, voici Daniel dit Microbe. C'est un garçon très imaginatif, habile dans le dessin, mais qui s'ennuie terriblement au collège. Il s'y plaît d'autant moins qu'il est l'objet de moqueries de la part de certains djeunses qui se la pètent. Par dessus le marché, il est complexé par son physique androgyne... et commence à en avoir marre qu'on le prenne pour une fille !

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   (Dans ce rôle, j'ai trouvé qu'Ange Dargent avait des airs de Sylvie Testud jeune.) Son environnement familial ne contribue pas trop à épanouir "Microbe". Il est en conflit avec son frère aîné, qui a viré punk. Il ne supporte pas les attentions dont sa mère l'entoure. Elle est incarnée par Audrey Tautou, excellente en maman compréhensive, new age... et dépressive.

   A ma droite, voici Théo alias Gasoil. C'est la grande révélation de ce film. Théophile Baquet (un nom à retenir) interprète avec beaucoup de culot ce gamin d'origine plus populaire que son nouveau pote Microbe. Ses parents gèrent une boutique d'antiquités. Gasoil doit son surnom notamment à ses mains perpétuellement sales, à cause des travaux de bricolage auxquels s'adonne cet as de la mécanique.

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   Il est aussi doté d'un bagout à toute épreuve. Il lui arrive souvent de parler comme un adulte (voire mieux que les adultes), mais avec son accent d'adolescent. Le pari était risqué... mais ça marche du tonnerre. J'ai souvent ri en entendant les analyses pertinentes, parfois un peu péremptoires, assénées par ce bout d'homme mal dégrossi. Le pire est que le garçon est tout à fait crédible, alors qu'il passe les trois quarts du film en mocassins et culotte de survêtement ! (Ce n'est pas donné à tout le monde...)

   La première partie de l'histoire nous montre la rencontre de ces deux francs-tireurs, également rejetés par la masse conformiste. Comme ils ne se sentent pas très à l'aise non plus dans leurs milieux familiaux respectifs, ils décident de prendre la tangente.

   La seconde partie de l'histoire est un road-movie fait de bric et de broc. On y voit des gendarmes réaliser un selfie devant un véhicule camouflé en cabane de jardin. On y découvre l'existence d'un gang de voyous coréens, en plein coeur de la France. On y apprend comment échapper à la vengeance d'une équipe de rugbymen... et comment gagner/perdre un concours de dessin !

   C'est incontestablement l'un des films les plus drôles de ces derniers mois. De plus, il aborde l'adolescence sans vulgarité ni démagogie. S'il se moque (gentiment) de ses personnages, il aide toutefois à mieux les comprendre.

   Je suis sorti de là avec une pêche d'enfer !

   PS

   A l'origine de la fugue des deux garçons, il y a le désir de Gasoil de revoir le camp de vacances où il s'est jadis tellement plu... sur l'Aubrac ! Même si on peut le soupçonner de regretter surtout les nichons des monitrices, son attirance pour cette région du Massif Central le rend encore plus sympathique.

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