dimanche, 19 octobre 2014

Toujours le petit drapeau

   Les concepteurs de la série NCIS semblent avoir décidé d'en faire un élément permanent du décor du laboratoire d'Abby. Dans l'épisode 16 de la saison 11 (diffusé vendredi 17 octobre), on peut encore voir (même si c'est plus discret que dans l'épisode 12), au détour d'une scène se déroulant dans l'antre de la chercheuse, le drapeau israélien, posé sur l'un de ses bureaux :

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   Il n'est plus du tout question de l'agent Ziva David dans les enquêtes du NCIS, mais les scénaristes ont peut-être longtemps caressé l'espoir d'un retour de l'actrice Cote de Pablo.

 

Les Fantastiques Livres volants de M. Morris Lessmore

   Sous ce titre nous sont proposés cinq courts-métrages d'animation, le dernier donnant son nom à l'ensemble. Il raconte l'histoire d'une sorte de "gardien des livres", qui  va vivre dans une gigantesque bibliothèque, isolée en pleine campagne, entouré de livres volant comme des papillons :

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   C'est d'une grande maîtrise formelle, avec des couleurs chatoyantes. On sent aussi un peu de nostalgie pour un monde qui, nouvelles technologies aidant, est menacé de disparaître.

   Mais c'est une autre histoire qui m'a le plus emballé, celle contée par le premier court-métrage, M. Hublot, qui a obtenu l'oscar dans sa catégorie en 2014. Signalons que c'est une oeuvre française.

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   Le héros est un vieux célibataire (peut-être veuf), d'une maniaquerie maladive... et bourré de TOC. Il vit dans un monde hyper-mécanisé, bruyant et plutôt pollué. Il se rassure en se barricadant chez lui, entouré de ses livres, de sa télévision, de ses photographies... et de ses obsessions. Mais, un jour, par la fenêtre, il aperçoit un animal abandonné...

   Le deuxième film (dans l'ordre de projection) est Le Petit Blond et le mouton, dont le titre est directement inspiré du long-métrage Le Grand Blond avec une chaussure noire... et cela tombe bien, puisque le scénariste n'est autre que l'acteur Pierre Richard. Le héros est un garçon rêveur, un peu solitaire, qui s'ennuie à l'école. Je n'ai pas été particulièrement enthousiasmé. C'est plutôt destiné aux petits.

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   Le suivant, Dripped, nous fait suivre la vie d'un cambrioleur très spécial, puisqu'il ne s'intéresse qu'aux peintures, qu'il dévore littéralement :

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   Le graphisme s'inspire de différents styles picturaux, de Picasso à Jackson Pollock (auquel est dédiée l'histoire), en passant par les classiques des siècles précédents. Hommage à la peinture, le film tente de nous faire saisir l'émerveillement que peut éprouver un amateur d'art, le tout sur un fond jazzy.

   On termine par Luminaris, une création italienne, sans doute filmée image par image. On y découvre la vie terne d'employés des deux sexes. Le héros va tenter de "changer sa vie". Un vent de romantisme souffle sur cette histoire un peu passéiste.

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samedi, 18 octobre 2014

Journaux de guerre n° 7 et 8

   Le numéro 7 de cette passionnante collection traite du premier hiver dans les tranchées. Les "poilus" découvrent la guerre de position, dans des conditions climatiques difficiles :

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   On commence doucement avec L'Intransigeant du 1er janvier 1915. On n'y lira pas grand chose d'intéressant, le quotidien reproduisant pour l'essentiel le discours officiel sur la guerre.

   Beaucoup plus enrichissante est la lecture du Petit Parisien du 6 janvier 1915. En première page, un article évoque une Alsace-Lorraine redevenue française. On remarque aussi un papier consacré aux revendications territoriales roumaines, au premier rang desquelles la Transylvanie. Neutre à l'époque, le pays a fini par rejoindre l'Entente en août 1916. Dès 1915, dans la presse française, on peut percevoir l'écho de l'activité diplomatique menée en direction de la Roumanie.

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   Page 2, le quotidien le plus lu de l'époque revient sur les "atrocités allemandes" et ajoute plusieurs considérations sur le traitement des prisonniers de guerre français. Un peu plus loin, il est question du sportif Jean Bouin, décédé lors de la bataille de la Marne, et qui a été (provisoirement) enterré au château de Bouconville, dans la Meuse. Encore plus sinistre est l'article qui se réjouit de la condamnation d'une avorteuse :

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   Le feu d'artifice continue page 3, où le journal évoque les champs pétrolifères austro-hongrois, la neutralité états-unienne, l'activité des Allemands autour de Metz... et les obsèques de Bruno Garibaldi, petit-fils du célèbre combattant italo-français. C'est le seul des six frères (tous engagés dans la Légion étrangère, l'Italie étant encore officiellement neutre) à porter un prénom français. L'action des combattants "garibaldiens" de 1914 est fréquemment citée dans la presse hexagonale. Le décès de Bruno a même fait l'objet d'une illustration héroïque :

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   Le florilège de journaux contient un représentant de la presse régionale, Le Progrès de l'Allier, du 21 janvier 1915. On peut y glaner quelques informations, au travers de petits articles en apparence anodins. On comprend que l'interdiction de la vente de l'absinthe est proche. (La situation a changé... en 2011.) Plus grave est la situation des juifs palestiniens, qui, depuis l'entrée en guerre de l'Empire ottoman (aux côtés de l'Allemagne), voient leur situation se dégrader :

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   Page 3, on lira avec stupéfaction l'histoire du médecin-major Dercle, qui aurait été blessé... quatre-vingt-dix-sept fois !

   On termine par une curiosité, un journal des tranchées (composé par des soldats du Quercy), L'Echo des gourbis du 15 mars 1915. Je recommande tout particulièrement la lecture, page 4, des lettres au Front (et non pas du Front), preuve que certains poilus avaient conservé leur sens de l'humour...

   Passons à présent au numéro 8 de ces Journaux de guerre. Il est consacré à la "guerre d'usure", notamment aux illusions entretenues en France à propos d'un possible rapidement effondrement de l'Allemagne :

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   Il contient une affiche de propagande française (de grand format) en faveur de la "journée du poilu" :

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   L'Humanité du 5 janvier 1915 commence par un éditorial de Marcel Cachin, l'un des rares à prendre le contrepied de l'opinion dominante : l'Allemagne n'est pas (encore) à genoux. La guerre est loin d'être finie. La suite du journal s'intéresse au sort de différents groupes de population. Celui des prisonniers en Allemagne semble correct, contrairement à ce qui est véhiculé dans d'autres journaux. Un peu plus loin, le quotidien a le courage de publier la lettre d'une internée civile (née de père allemand), qui "en a bavé".

   Les Aveyronnais seront particulièrement attentifs à la page 2, où il est question de Paul Ramadier, déjà membre de la SFIO mais pas encore député.

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   L'article fait allusion à un début de mutinerie qui s'était produit à Rodez, en 1913, très bien raconté par Jean-Michel Cosson dans le numéro de Centre Presse paru lundi 17 février dernier :

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   A noter aussi, page 2, une rubrique qui hélas ne cesse de s'enrichir depuis le début du XXe siècle, dans les villes : les accidents de la circulation. Ici, ce sont des enfants qui ont été écrasés par divers véhicules.

   Le Phare de la Loire, de la Bretagne et de la Vendée  (du 20 janvier 1915) m'est apparu beaucoup moins riche. On peut signaler, en première page, un article assez approfondi sur le cinéma en Allemagne. Page 3, il est question des exploits d'un aviateur français, Eugène Gilbert.

   L'Ouest-Eclair (du 27 février 1915) est encore moins intéressant. J'y ai quand même trouvé une publicité en faveur de ce qui n'était pas encore un monstre de l'agroalimentaire :

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   L'une des pépites de ce numéro de Journaux de guerre est sans contexte l'exemplaire du Bonnet rouge, qui se présente comme "le seul grand journal républicain du soir". A la Une, on peut lire le texte d'une chanson (Le Boche et le Turco), à la fois hommage aux troupes coloniales et miroir du paternalisme européen (un peu comme Pan pan l'Arbi, dont il a été question l'été dernier sur France Info) :

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   Plus loin, le quotidien de gauche évoque un meeting socialiste (en soutien à Karl Liebknecht) interdit à Stuttgart. Enfin, si vous avez envie de ricaner à bon compte, vous lirez le papier prophétiquement titré (en mars 1915, rappelons-le) "La guerre se terminera cette année" !

   Après cette avalanche de gauchisme, il serait malséant de terminer sans un passage par la droite de la droite. Voici donc le numéro du 29 avril 1915 de La Libre Parole, le torche-cul d'Edouard Drumont. On ne sera pas étonné d'y trouver une virulente attaque contre les Rothschild autrichiens. Rebelote page 2, en bas, lorsque le "journal" cite les biens allemands et austro-hongrois mis sous séquestre en France : il prend visiblement un malin plaisir à citer ceux de fourreurs sans doute juifs...

   De manière générale, on s'amusera à repérer, dans chacun des quotidiens, les passages laissés en blanc, sur lesquels la censure a visiblement porté son attention.

vendredi, 17 octobre 2014

Gone Girl

   Le titre est à l'image du film : il joue sur l'ambiguïté. Cette "fille partie" est-elle disparue ? morte ? enfuie ? Si elle est morte, s'est-elle suicidée ? Est-ce le résultat d'un accident ? d'un assassinat ? Dans ce cas, qui est le meurtrier ?

   On peut donc voir le début comme une bonne partie de Cluedo. Presque tous les personnages principaux peuvent faire figure de suspect, au premier rang desquels le "colonel" Ben Affleck, mi-balourd, mi-faux-cul :

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   Son épouse disparue, "Madame (Amy) Leblanc", n'est pas tout à fait nette non plus :

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   ... à moins que ce ne soit le "Docteur Olive" Collins, l'ex-petit ami de la dame, un brin harceleur, un brin dissimulateur :

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   ... ou alors cette pulpeuse étudiante, "Mademoiselle Rose-Andie", peut-être pas aussi innocente qu'elle en a l'air :

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   On pourrait aussi parler de la voisine qui se dit bonne copine de l'épouse disparue. Est-elle aussi stupide qu'elle le paraît ? D'autres pistes nous sont suggérées, même si l'attention finit par se concentrer sur un petit nombre de protagonistes.

   La première partie alterne les séquences qui tournent autour du mari et de l'enquête de police et les retours en arrière, qui nous permettent d'en apprendre davantage sur ce couple qui était sur le point de célébrer ses cinq ans de mariage. Petit à petit, on découvre aussi le journal intime tenu par l'épouse. Le problème est qu'on ne sait pas quand il est rédigé. Est-ce avant la disparition ? En même temps que l'enquête se déroule ? Après les faits ? De la réponse à cette question dépend une partie de la résolution de l'énigme.

   Derrière la caméra, David Fincher "maîtrise", alternant les styles. On a ainsi droit aux débuts romantiques, assaisonnés d'une pincée de sarcasme, les deux héros se montrant parfois délicieusement caustiques (et l'épouse grossière). Puis vient le temps de l'usure et enfin le déchirement du couple. Mais ce n'est pas tout. A l'ambiance de série policière (il est fait référence à New York Police Criminelle... ou Judiciaire, je sais plus) s'ajoute un poil de paranoïa. L'intrigue bascule dans le thriller, pour notre plus grand plaisir : l'un des personnages est un psychopathe... et je pense que la personne qui l'incarne mérite une statuette, tant sa palette de jeu est grande (et convaincante).

   C'est d'autant plus brillant au niveau du scénario que le dispositif mis au point par le psychopathe va un peu foirer. (Il faut toujours se méfier des parties de mini-golf...) Les auteurs jouent avec les codes, les films de genre et, suprême culot, n'hésitent pas, plus d'une heure avant la fin, à casser le mystère (et le suspense... du moins le croit-on, dans un premier temps), pour s'engager dans une autre voie, toute de tension psychologique.

   Cerise sur le gâteau, on nous offre une satire de la télé-poubelle (les chaînes d'infotainment merdiques qui prospèrent outre-Atlantique) et une (discrète) remise en cause de l'élitisme "côte Est".

   Le problème est que c'est long. Le soir, veillez à manger deux bonnes heures avant le début, histoire de pratiquer une vidange correcte aux toilettes juste après les publicités. Sinon, au bout d'1h30-2h, votre corps risque de se rappeler à votre bon souvenir. Mon conseil : profiter d'une scène entre le héros et son médiatique avocat pour se libérer de l'essentiel. (Au besoin, se rendre à la séance en compagnie d'une bonne âme, qui se fera un plaisir de vous dire, à votre retour des toilettes, qu'il ne s'est rien passé durant votre absence.) Une second passage risque de s'avérer nécessaire après le film, tant la dernière partie de l'histoire est tendue.

   Oh, mais... voilà que je réalise que j'allais vous quitter sans mentionner le véritable personnage principal de ce film, une magnifique (et très docile) chatte rouquine :

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jeudi, 16 octobre 2014

Le renard est sorti du bois

Maître Maçon, sur son causse perché, tenait en son bec un fromage.

Peu sûr de son avenir, il fut par un plus gros gâteau alléché.

Il se tourna vers le Lutteur du Nord, qui l'abrita sous son plumage.

Voyant cela, le Renard des Lacs voulut saisir l'opportunité.

Lui qui cumulait déjà une très longue brochette d'apanages

Rêva d'errer, aux frais du contribuable, dans la Grande Cité.

Pour ce faire, il oublia son ancienne campagne sans affichage

Et retourna sa veste, pour ressortir son étiquette UMP.

 

Henri Cool de Source

mercredi, 15 octobre 2014

NCIS et le(s) drapeau(x)

   Le mois dernier, la diffusion par M6 d'un épisode (le douzième) de la saison 11 de la célèbre série états-unienne avait provoqué maintes discussions sur la Toile, à cause de la présence, discrète mais répétée, d'un drapeau israélien à l'écran (dans le labo d'Abby).

   Ce n'était pourtant pas la première fois. Déjà, dans la saison 10 (rediffusée actuellement en complément des épisodes inédits de la saison 11), on avait pu remarquer le curieux objet, dans un contexte toutefois moins surprenant :

Ziva 10-15 a.jpg

   A plusieurs reprises, dans l'épisode 15, on peut voir l'emblème de l'Etat hébreu sur le bureau de Ziva David. Pourtant, l'ex-agent du Mossad est à l'époque devenue citoyenne américaine... mais elle vient de perdre son père, qui dirigeait l'agence d'espionnage à laquelle elle avait appartenu. Dans la psychologie du personnage (mais peut-être pas dans l'esprit des scénaristes de la série), il faut y voir plus une manifestation de sentimentalisme que l'expression d'un quelconque nationalisme. Pourtant, sur le bureau d'en face, il n'y a guère d'ambiguïté dans l'organisation de l'espace de l'agent DiNozzo :

Tony10-15.jpg

   Dans l'épisode 16 (toujours de la saison 10), c'est moins flagrant, mais un téléspectateur attentif saura repérer l'objet insolite :

Ziva 10-16 a.jpg

   Je n'en parle qu'aujourd'hui pour la bonne et simple raison que, depuis environ un an, j'avais un peu laissé de côté mon ancienne série fétiche. Je n'en ai repris la vision qu'il y a quelques semaines, profitant des rediffusions pour assimiler la saison précédente.

dimanche, 12 octobre 2014

Pride

   Cette "fierté" évoquée par le titre du film est celle des mineurs en lutte et celle des homosexuels qui revendiquent le droit à la différence. Ce long métrage britannique commence et s'achève donc fort logiquement par des séquences se déroulant pendant une Gay Pride (fort différente l'une de l'autre). Au départ, je n'étais pas trop emballé à l'idée d'aller voir ce film. Tentait-on de renouveler le succès de The Full Monty en voguant sur l'air du temps ? Le contexte de la grève des mineurs de 1984-1985 m'a intéressé, d'autant plus que l'histoire qui nous est contée est vraie.

   A la manière d'un Ken Loach, le réalisateur Matthew Warchus (un illustre inconnu) campe le monde des mineurs dans sa dureté et sa camaraderie. Il n'en cache pas les côtés déplaisants : l'homophobie affichée (qui s'étend aussi largement à la classe moyenne de province) et la bigoterie de certaines épouses. Autre point commun avec le metteur en scène rebelle : la mise en valeur d'une minorité, ici les Gallois de Swansea.

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Source : Le Monde diplomatique

   Les acteurs qui campent les mineurs et leur famille sont excellents. Qui distinguer dans le groupe ? Par exemple Paddy Considine, dans le rôle du syndicaliste de bonne volonté, dévoué mais un peu coincé :

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   Je pourrais citer l'épouse obèse d'un mineur timoré, qui va s'épanouir dans la lutte. J'ai aussi retrouvé avec plaisir Bill Nighy, vu l'an dernier dans Il était temps. J'ai adoré les mamies pleines de fougue, au premier rang desquelles Imelda Staunton, connue depuis sa participation à la saga Harry Potter, à Hotel Woodstock... et que l'on a pu voir cet été dans Maléfique.

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   Ce petit monde assez traditionnel au fond entre en contact direct avec une bande d'homosexuel-le-s londonienne, pas si déjantée que cela. On a visiblement voulu éviter la caricature, même si l'on rencontre quelques "folles". Le groupe est mené par un jeune homme charismatique, très bien interprété par Ben Schnetzer (qui, dans un autre contexte, aurait pu faire un joli premier communiant) :

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   A ses côtés évoluent des personnalités très diverses, parmi lesquelles je distingue celle qui fut, au départ, l'unique gouine lesbienne de la bande, Steph :

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   Les amateurs de séries policières seront peut-être quelque peu décontenancés de retrouver Andrew Scott, l'irritant Moriarty du Sherlock produit par la BBC, en bibliothécaire d'origine galloise, homosexuel et introverti !

   L'histoire est celle de deux luttes, mais aussi celle des apprentissages. Il y a le jeune homo qui se découvre et grandit dans le militantisme. Il y a ces épouses de mineurs qui touchent du doigt une vie un peu moins triste que ce à quoi elles sont destinées au fin fond de leur province machiste... et il y a ces mineurs qui se mettent à danser pour séduire les filles ! La musique joue un rôle non négligeable dans l'habillage du film. Elle lui donne une saveur de bonbon sucré, surtout pour ceux qui ont connu cette époque.

   Au sein de l'intrigue, c'est toutefois le combat des homosexuels qui prend le dessus. Je ne pense pas en dire trop en écrivant que la lutte des mineurs ne débouche pas sur une victoire politique. Par contre, les "gays" ont gagné en visibilité et en respectabilité. Le pays s'est aussi un peu "décoincé". La dernière séquence vient à point pour réunir tout le monde : l'expérience de la solidarité et de l'amitié a embelli la vie des personnages.

   P.S. I

   Pour préserver l'authenticité de l'histoire, on a pris soin de ne pas nous proposer des héros au physique irréprochable. Certain-e-s sont très beaux ou très belles, mais la majorité sont des gens ordinaires, qui ne correspondent pas forcément aux individus que l'on voit en couverture des magazines.

   P.S. II

   Sur la grève des mineurs, on peut s'amuser à lire deux récits d'inspirations opposées, l'un néolibéral, paru dans Le Point, l'autre, issu de la mouvance syndicaliste, publié sur le site de la CGT.

 

samedi, 11 octobre 2014

La (future) nouvelle statue-menhir du musée Fenaille

   C'est l'une des informations que l'on peut trouver dans le compte-rendu de la réunion du conseil d'agglomération du Grand Rodez du 23 septembre 2014 (page 13) :

Nouvelle statue GRodez 23 09 2014.jpg

   Contrairement à l'une des hypothèses émises, il ne s'agit pas de celle qui a été découverte l'an dernier. La "petite" (1m55) nouvelle a été trouvée dans le Tarn, à la frontière de l'Aveyron, sur le territoire de la commune de Murat-sur-Vèbre (à côté de Brusque et de Mounès-Prohencoux) :

Murat-sur-Vèbre.jpg

    On remarque que le musée n'en est pas propriétaire (pas plus que la Société des Lettres de l'Aveyron). Comme plusieurs autres, elle appartient au musée Toulouse-Lautrec d'Albi. Je penche pour celle dont a été prise une photographie, il y a six ans, en octobre 2008 :

Bessière Toulouse-Lautrec.jpg

   Si on la compare avec celle publiée dans l'excellent ouvrage de Michel Maillé (Hommes et femmes de pierre - Statues-menhirs du Rouergue et du Haut-Languedoc), on arrive à la conclusion qu'il s'agit d'une copie, l'originale ayant été grandement dégradée :

Bessière Murat-sur-Vèbre.jpg

   C'est ce qui explique les frais engagés pour sa restauration. Il est question de 5 450 euros hors taxes... soit sans doute 1 000 euros de plus au total. Voilà pourquoi a été soumise à délibération une demande de subvention à la DRAC de Midi-Pyrénées. Si elle est accordée et si elle atteint le maximum autorisé, elle permettrait une économie de plus de 2 000 euros au Grand Rodez.

jeudi, 09 octobre 2014

Dracula Untold

   La légende du comte Dracula est toilettée dans cette nouvelle tentative cinématographique. Celle-ci s'appuie sur des éléments historiques pour tenter d'imaginer comment le jeune Dracula de fiction a pu devenir un vampire.

   J'ai trouvé la première partie particulièrement réussie. On y évoque le contexte de la progression de l'Empire ottoman dans les Balkans, à laquelle s'était opposé le père de Vlad, surnommé Dracul ("le dragon" en latin... mais "le diable" en roumain). Le fils hérite du tempérament du père, jusque dans son costume :

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   Là s'arrête la vraisemblance historique. L'intrigue évacue les rivalités entre Roumains et entre Roumains et Hongrois. On a aussi choisi de mêler Valachie et Transylvanie, sans doute pour éviter de perdre certains spectateurs pas très pointus en géographie des Balkans.

   On a aussi déformé les relations entre le prince et les hauts responsables de l'Empire ottoman. Pour les besoins de l'histoire, on fait de Vlad un ancien janissaire, dont l'adversaire principal va être Mehmet, le fils du sultan Mourad II (qui s'est fait connaître par ses exploits militaires et, en 1453, la conquête de Constantinople).

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   La rivalité qui oppose les deux hommes ne constitue pas le meilleur du film, et je trouve que le prince ottoman apprend un peu trop vite à se battre contre un vampire.

   C'est au début que l'histoire est passionnante, avec la découverte du mystérieux et redoutable habitant de la caverne de haute montagne, avec lequel Vlad va signer un contrat quasi faustien :

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   Derrière le monstre de la montagne se cache une organisation dont on ne saura rien, si ce n'est qu'elle semble très puissante et qu'elle complote à l'insu de tous. La "naissance" du vampire s'accompagne d'effets spéciaux bluffants. L'histoire acquiert un autre rythme. A l'image, c'est superbe.

   Mais on nous gâche un peu le plaisir. J'ai eu l'impression qu'on se dépêchait de boucler ce premier volet uniquement pour lancer une nouvelle série de films. C'est dommage, parce que vu les moyens qui ont été investis, on aurait pu approfondir davantage certains aspects de l'histoire.

   Je n'ai pas non plus été convaincu par la relation qui unit Vlad à Mirena (incarnée par Sarah Gadon, récemment vue dans Enemy). Ce couple est un peu trop "moderne" pour l'époque, tout comme la manière que ces parents ont de se comporter vis-à-vis de leurs enfants. Au bout d'un moment, j'ai réalisé qu'on avait transformé l'histoire horrifique et sensuelle de Dracula en une oeuvre d'heroic fantasy.

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lundi, 06 octobre 2014

Chaud(es Aigues) devant !

   L'information est parue dans le Bulletin d'Espalion de cette semaine, en page 31, sous le titre "Une webcam pour le touriste" :

Chaudes-Aigues webcam.jpg

   Je suis donc allé vérifier, en me rendant sur le site de la commune de Chaudes-Aigues (située dans le Cantal, mais dans la partie Sud du département, qui fait partie de l'Aubrac). Voici ce que la caméra a capturé à 6h19, au moment où j'écrivais ces lignes :

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   Le site permet de consulter les prises de vue précédentes. Voilà une initiative originale... et guère attentatoire à la vie privée, puisque seuls les environs immédiats de la célèbre source du Par (la plus chaude d'Europe) est filmée. C'est l'occasion d'aller visiter la commune et ses alentours. Il n'y a pas que les thermes et le casino !

samedi, 04 octobre 2014

Qui a payé ?

   C'est une question à laquelle on aurait aimé avoir la réponse en lisant la presse locale. Dimanche 28 septembre 2014, le président du Conseil général Jean-Claude Luche a été facilement élu sénateur de l'Aveyron. Il a entraîné avec lui le député Alain Marc (accessoirement premier vice-président du Conseil général), à qui il a cependant fallu un second tour, une centaine de grands électeurs (sans doute ruraux), pourtant proches de la Majorité départementale, ne jugeant pas sa candidature légitime (et osant l'exprimer dans les urnes).

   Après le stress du dépouillement, à la salle des fêtes de Rodez, est venu le temps des réjouissances, dans le nouvel espace culturel de Saint-Geniez-d'Olt, dans le fief de Jean-Claude Luche. Cela nous a valu un bel article dans Centre Presse, jeudi 2 octobre (le temps pour le journaliste de se remettre de cette soirée mémorable, sans doute) :

CPresse 02 10 2014.jpg

   Plus de cinq cents personnes ont assisté à ce qui est qualifié d' "apéritif dînatoire", en clair un mini-gueuleton que l'on savoure plutôt debout. Mais, s'il y avait des invités, c'est donc qu'il y avait un hôte. Qui cela pouvait-il bien être ?

   La logique voudrait que ce soit Jean-Claude Luche, sur ses deniers personnels (ne vous emballez pas : ce sont les indemnités de ses différents mandats, qui sortent de notre poche), qui ait réglé la note. Est-ce le cas ? On ne nous le dit pas.

   La petite sauterie s'est passée à Saint-Geniez-d'Olt, dans une salle qui a été rénovée notamment grâce à 100 000 euros issus de la partie ministérielle de la réserve parlementaire, en 2011. L'ancienne salle polyvalente étant un équipement intercommunal, l'invitant était-il la Communauté de communes des pays d'Olt et d'Aubrac ? Si oui, à quel titre ? Précisons que celle-ci est présidée (depuis 2014) par le maire de Sainte-Eulalie-d'Olt (depuis 2008), Christian Naudan.

   On pourrait aussi s'intéresser au montant. Offrir un "apéritif dînatoire" à plus de 500 personnes n'est pas donné à tout le monde. Mettons qu'à tout casser il y ait eu 600 pique-assiette convives à régaler ce soir-là. Une collation modeste peut revenir à cinq euros par personne. Si les petits-fours sont de grande qualité et qu'on a sorti quelques bonnes bouteilles, cela peut monter facilement à quinze euros, soit un total compris entre 3 000 et 9 000 euros... sans prendre en compte la location (mise à disposition ?) de la salle, l'éclairage, l'utilisation des sanitaires...

   L'addition pourrait être encore plus salée si les coûts de personnels sont inclus. Certains membres du fan club de Jean-Claude Luche se sont-ils crus obligés de procéder (bénévolement) à la mise en place et au service, ou bien a-t-on rémunéré deux ou trois personnes pour officier ce jour-là ? Il y aurait bien une troisième solution, mais j'ai peine à croire qu'on ait pu demander à des employés municipaux (ou intercommunaux) de venir servir le gratin de la droite aveyronnaise un soir d'élection.

   Je termine par quelques mots sur la photographie d'illustration. Yves Censi (de nouveau très pote avec Luluche... mais qui a sérieusement cru qu'ils ne se parlaient plus ?) a tombé la cravate, tout comme Alain Marc. Seul J-C Luche, en boss qui garde la tête froide, conserve toute sa dignité vestimentaire. Les suppléantes sont là pour éviter les accusations de phallocratie... mais il manque une personne, pour laquelle le résultat de ces élections constitue une petite revanche (par procuration) : Jean Puech, dont le successeur au Conseil général a repris certaines méthodes.

   Jean-Claude Luche est donc bien le "patron" du département (le seul pouvant lui faire ombrage étant visiblement surtout attiré par le Conseil régional), mais, il a quand même cru nécessaire de faire attribuer un volant de subventions du Conseil général à quelques mois du vote...

vendredi, 03 octobre 2014

Enemy

   ... ou comment un polar d'apparence anodine cache l'un des scénarii les plus retors de ces dernières années. A la base, il est question de double, voire de gémelléité. Deux hommes que presque tout sépare découvrent qu'ils sont l'exacte réplique physique l'un de l'autre.

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   Au départ, l'enquête est menée par le prof de fac, puis l'acteur raté va prendre la relève. Le problème est que, plus les démarches des deux hommes progressent, plus le mystère semble s'épaissir. De plus, au fur et à mesure que l'intrigue se déploie, un spectateur attentif commence à comprendre qu'on lui suggère de fausses pistes et qu'il y a quelques incohérences, soit dans les dialogues, soit dans certains plans.

   On peut regarder ce film comme une adaptation du roman de José Saramago. Cela oriente la compréhension de l'histoire. Il est question d'un mystère à éclaircir, avec une tension qui monte progressivement, soutenue par une musique au cordeau.

   On se demande si les deux hommes sont des jumeaux, ou des clones... à moins qu'une partie de ce que l'on nous montre à l'écran soit de l'ordre du subjectif. Un indice : certaines scènes sont des hallucinations ou des fantasmes. L'exemple le plus parlant est celui de l'araignée, figure récurrente (sous plusieurs formes), qui est associée à des personnages féminins dominateurs ou perçus comme menaçants. Ce sont des substituts de la mère et de l'épouse de l'acteur raté (superbement incarnée par Sarah Gadon (que l'on peut actuellement aussi voir dans Dracula Untold). La rivale de celle-ci est la maîtresse (Mélanie Laurent, très bien, mais à qui on n'a confié que peu de texte), une femme de tête placée toutefois sous la dépendance du héros.

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   Le dénouement peut se comprendre au premier degré. De surcroît, il semble résoudre une grande partie des problèmes des personnages... mais...

 

LA SUITE REVELE DES ELEMENTS CLES QU'IL VAUT MIEUX NE PAS CONNAITRE AVANT D'AVOIR VU LE FILM

 

   Si certains points de l'intrigue suscitent des débats passionnés sur la Toile, il en est un sur lequel tous les spectateurs qui ont un peu réfléchi s'accordent : il n'y a pas de double ; c'est le même homme, soit dans deux états psychologiques différents, soit à des moments différents de sa vie. Je pense que les scènes sont agencées sans souci particulier de la chronologie... et que cela n'est pas évident à la vision du film.

   L'un des détails révélateurs est une photographie, dont un exemplaire intégral est exposé dans l'appartement de l'acteur raté (curieusement luxueux, alors que le prof de fac vit dans un truc miteux), alors que le prof n'en possède qu'une version déchirée, sur laquelle on ne distingue que lui, et pas la seconde personne, qui est l'épouse de l'acteur raté. Sauf erreur de ma part, on voit cette photographie déchirée avant que le prof ne se lance à la recherche de son "double".

   D'autres indices sont apportés par le personnage de l'épouse, qui, lorsque l'acteur raté lui déclare ne pas trop comprendre ce qui arrive, lui répond qu'au contraire il le sait très bien : il souffre d'un dédoublement de la personnalité, comme elle a pu le constater en allant le voir en prof de fac. Dès le premier coup de fil, elle a reconnu sa voix (censée être celle du double).

   La mère, involontairement, nous donne aussi des informations, dans les messages téléphoniques qu'elle laisse à son fils et lors de leur entretien.

   Après, je pense qu'on peut agencer les séquences à son goût, du moment que le principe du dédoublement est respecté. Lorsque les auteurs (notamment le réalisateur Denis Villeneuve, à qui l'on doit un autre film tortueux,  Incendies) évoquent leur travail, on comprend qu'à un moment, ils sont un peu partis dans tous les sens.

   On peut se contenter de la version de l'enseignant déçu par sa vie professionnelle, angoissé par le mariage et la paternité qui se profile à un horizon proche, et qui se crée une seconde vie, au point que son cerveau finit par complètement "compartimenter" les deux existences.

   On peut aussi penser que le héros meurt réellement (ou est gravement blessé) dans l'accident de voiture qu'une de ses personnalités a avec sa maîtresse (Mélanie Laurent). Entre la vie et la mort ou inconscient, il revit une partie de son passé et s'invente une échappatoire rassurante avec son épouse, dont il serait séparé dans la vraie vie (d'où la photo déchirée). Sans que j'y réfléchisse, instinctivement, Enemy m'a fait penser à Mulholland Drive, de David Lynch (plus virtuose au niveau de la mise en scène, mais aussi plus "clinquant").

   En tout cas, ce film a été grandement sous-estimé.

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jeudi, 02 octobre 2014

Extant

   C'est le titre de la nouvelle série américaine de science-fiction (coproduite par un certain Steven Spielberg) diffusée en France par M6 (depuis lundi dernier). Le premier épisode, Retour sur Terre, nous présente les personnages principaux, au premier rang desquels l'astronaute Molly Woods (incarnée par Halle Berry, que l'on a plaisir à retrouver dans un rôle pas trop formaté) :

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   L'héroïne revient chez elle après une longue et solitaire mission dans l'espace... enfin... pas si solitaire que cela, puisqu'on finit par apprendre qu'elle a fait une curieuse rencontre très loin, là-haut... Du coup, on est moins étonné de découvrir que cette femme stérile, qui n'a eu aucun rapport sexuel avec un homme depuis des mois, se retrouve enceinte.

   Cet "heureux événement" risque de perturber grandement sa carrière professionnelle, ainsi que sa vie familiale. Son mari, un petit génie des biotechnologies, remarque que tout ne tourne pas rond, tout comme leur fils adoptif, un androïde ultraperfectionné qui suscite beaucoup d'interrogations :

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   Le deuxième épisode, Extinction, voit l'héroïne découvrir à quel point sa grossesse inexpliquée perturbe son corps et son psychisme :

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   Dans la boîte où elle travaille, certains dirigeants semblent cacher de lourds secrets, dont un concerne un ancien collègue de Molly, qui a pris contact avec elle et qu'elle va essayer de retrouver. En coulisses manoeuvre un discret mécène japonais, qui a choisi de financer le projet un peu fou de l'époux de Molly :

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   Le troisième épisode, L'Enfant venu d'ailleurs, place davantage l'androïde Ethan au centre de l'action. Il en devient même inquiétant :

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   De son côté, sa mère adoptive Molly constate la détérioration de son état physique et psychique. Une soirée entre amis va cristalliser les tensions :

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   J'ai été "pris" par cette série, dont le scénario est de qualité. La distribution s'appuie sur un mélange d'acteurs expérimentés et d'inconnus pas maladroits. Au niveau de la réalisation, on a soigné les effets spéciaux, en particulier ceux qui concernent les corps humains et le séjour dans l'espace, régulièrement porté à l'écran à coups de retours en arrière et de cauchemars.

   Sur le fond, pour autant qu'on puisse en juger, l'histoire mélange la science, le paranormal et les secrets familiaux. On a envie de connaître la suite !

dimanche, 28 septembre 2014

Get on up

   Ce nouveau biopic est consacré à James Brown. Plus qu'une biographie intégrale (un défi très difficile à relever, même en 2h20), on nous propose un portrait psychologique d'une vedette d'origine modeste. Le montage nous fait faire des allers-retours entre plusieurs époques : la fin des années 1930, les années 1950, la fin des années 1960, celle des années 1980. La dernière partie de la vie du chanteur n'est que brièvement évoquée.

   Que dire de l'ensemble ? Eh bien que la musique est bonne, même si je pense que, dans un océan de variétoche à destination (d'abord) du public noir américain, surnagent quelques morceaux très entraînants. Je ne connaissais pas l'acteur Chadwick Boseman (qui incarne James Brown). Je trouve que c'est un bon choix. Même s'il est plus grand que son modèle, le visage et la coiffure ont été travaillés de manière à le rendre très ressemblant. Il a de plus appris à danser comme James Brown... épatant !

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   Les allers-retours se justifient pour comprendre la mentalité de la vedette. C'est un ancien enfant des rues, qui a été abandonné par sa mère (dont on comprend qu'elle a fini par se prostituer) et par son père (un alcoolique égocentrique et violent). Signalons la performance de Viola Davis, que l'on avait déjà remarquée dans La Couleur des sentiments... réalisé par... Tate Taylor, qui est aussi aux manettes sur Get on up !

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   Dans le rôle de la tante, on retrouve une autre actrice du même film : Octavia Spencer, excellente en mère maquerelle à la fois autoritaire et généreuse.

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   Du coup, James va passer sa jeunesse au milieu des loubards et des prostituées. Il commence à virer délinquant quand une rencontre va changer sa vie. Ses débuts sont montrés comme ambivalents : le groupe qu'il rejoint a un répertoire inspiré du gospel et chante plutôt pour les Noirs... et quelques Blancs BCBG qui ont envie de s'encanailler gentiment. (Excellente séquence, avec ces jeunes adultes aux visages rayonnants stéréotypés, dans des tenues kitschissimes !)

   Les scènes de chant et de danse sont bien filmées. On perçoit à la fois le jeu de jambes de J. Brown et son implication au niveau de la voix. Les gros plans légèrement obliques s'avèrent judicieux.

   Ceux qui connaissent un peu le personnage attendent sans doute les auteurs au tournant. Que dit le film de ses relations avec les femmes, avec l'argent ? Et la politique dans tout ça ? Faudrait tout de même pas oublier qu'il éclate en pleine contestation de la ségrégation et connaît la gloire pendant la guerre du Vietnam. Le film veut montrer que, s'il était sensible à "la cause", il était d'abord un artiste de divertissement. Quant à ses relations avec la gent féminine, elles me semblent correspondre à la norme dans ce milieu : il peut s'attacher, mais n'est que brièvement monogame (tout en attendant une totale fidélité de sa partenaire). Si son imprégnation religieuse a laissé des traces, ce n'est pas au niveau des relations sexuelles, mais dans sa manière de considérer les femmes.

   On le découvre aussi très exigeant avec ses collaborateurs, limite tyrannique et de mauvaise foi. (Sur la forme comme sur le fond, j'ai souvent pensé à un autre biopic, Cloclo.) Comme il n'a pas eu le destin de nombre de vedettes de son époque (mortes en pleine gloire), il connaît le déclin et une certaine déchéance physique, même s'il a essayé de tenir son rang jusqu'au bout.

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   Toutefois, en dépit de ses qualités graphiques et sonores, le film m'a paru trop long. Il aurait fallu couper dans les digressions et raccourcir certaines scènes de dialogues (en particulier dans la séquence qui tourne autour de l'utilisation des toilettes). On peut regretter que Spike Lee (pressenti pour la réalisation) n'ait pas pu aller au bout du projet. Il aurait sans doute proposé quelque chose de plus "pêchu".

   P.S.

   L'histoire est émaillée de clins d'oeil. On voit ainsi James Brown croiser le jeune Mick Jagger, au temps où les Rolling Stones tentent de percer aux Etats-Unis. Des années plus tard, la star mondiale britannique produit le biopic ! On peut aussi penser que le choix de Dan Aykroyd pour incarner le premier manager de Brown n'est pas le fruit du hasard. Il y a plus de trente ans de cela, le jeune acteur avait côtoyé la star du funk dans The Blues Brothers.

samedi, 27 septembre 2014

Sin City : j'ai tué pour elle

   Frank Miller et Robert Rodriguez sont de retour pour une deuxième adaptation d'un roman graphique du dessinateur le plus prisé d'Hollywood. (Les spectateurs ont déjà pu voir cette année 300 - La Naissance d'un empire.) Comme le scénario est un peu léger, on a pensé à engager une brochette d'actrices pas trop laides, à commencer par Jessica Alba :

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   Elle retrouve Rosario Dawson (elle aussi présente dans le premier volet, sorti en 2005), qu'il est difficile de qualifier de repoussante :

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   Mais, pour moi, la meilleure (actrice) des trois est sans conteste Eva Green, qu'on a récemment pu voir très à son aise aussi bien dans 300 que dans The Salvation. La "petite nouvelle" apporte une salutaire touche de venin à cette histoire trop formatée :

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   Aux mâles hétérosexuels qui ne se contenteraient pas de ce trio, je conseille de s'intéresser aux seconds rôles ainsi qu'aux figurantes, qu'on n'a visiblement pas recrutées pour leur maîtrise du théâtre shakespearien.

   Ces beautés sont censées nous faire oublier à quel point le scénario est stéréotypé (il mélange les références aux films noirs des années 1940-1950 et l'univers de la BD pour ados attardés). S'ajoutent à cela des dialogues assez faibles. Souvent, les personnages prennent la pose, ont des attitudes. Cela pourrait être terriblement énervant... et pourtant, cela passe.

   Cela passe, parce que l'image est superbe, associant les fonds noirs-gris-blancs aux jaillissements rouges, bleus ou verts. C'est de surcroît bien filmé. On a varié les situations et les angles de prise de vue. Une pincée d'ultraviolence vient de temps à autre pimenter certaines scènes un peu trop convenues. Pour accompagner le tout, on a ajouté une zique pas dégueu.

   Un soir, dans une grande salle, c'est un bon moment de cinéma... plutôt pour mecs.

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vendredi, 26 septembre 2014

Du commerce repeint en vert

   De temps à autre, il m'arrive de passer en voiture devant le collège Jean Moulin, à Rodez. A certaines heures, la rue qui y mène permet de joindre facilement les Quatre-Saisons au Faubourg. Evidemment, quand je circule dans les parages, c'est à vitesse réduite, histoire d'éviter de renverser l'un des gamins qui fréquente l'établissement.

   Aujourd'hui, j'ai particulièrement ralenti, le regard attiré par un troupeau de Razmokets vêtus de gilets jaunes. Je les trouvais un peu jeunes pour le collège. A y regarder de plus près, c'étaient soit de grands élèves d'école maternelle, soit de petits élèves d'école élémentaire. Les mains gantées, les enfants ramassaient les déchets qu'ils trouvaient à proximité, pour ensuite les jeter dans des sacs-poubelles noirs.

   Ils étaient accompagnés par un assez grand nombre d'adultes. J'en déduis qu'aux professeurs des écoles devaient s'ajouter quelques parents d'élèves. Allez, tiens, une vacherie au passage. Depuis le temps que je croise des enseignants (du primaire ou du secondaire), je ne peux m'empêcher de penser qu'une partie d'entre eux n'a aucun sens des conventions sociales. Entre les visages mal ou pas rasés et les vêtements qui ont l'air de sortir d'un vide-grenier albanais, on peut affirmer sans risque d'erreur que certains ne font pas le moindre effort pour soigner leur apparence vis-à-vis des gamins qu'ils-elles ont en charge. Il n'est pas impossible aussi que, dans le groupe d'accompagnateurs, plusieurs parents n'aient vu aucun inconvénient à participer vêtus de leurs plus beaux habits de jardin...

   Mais le pire était encore à venir. Alors que je me félicitais de l'ardeur avec laquelle les boud'choux (très concentrés) accomplissaient leur tâche, j'ai pu déchiffrer ce qui était écrit sur leurs gilets jaunes fluorescents : "Nettoyons la nature ! - E. Leclerc", "Avec E. Leclerc, protégeons l'environnement" !

Leclerc nettoyons 26 09 2014.jpg

   On reconnaît l'habileté communicatrice de l'épicier breton, qui sait récupérer de bonnes idées (par exemple la lutte contre la dispersion des sacs plastiques) pour servir sa cause. Voilà l'entreprise privée dans toute sa splendeur qui s'introduit à l'école, avec la complicité d'un personnel qu'on pensait plus soucieux de la neutralité de l'enseignement. En 2013, cette initiative s'était vu décerner le prix de "l'intrusion publicitaire la plus dégoûtante" (moi j'aurais ajouté " et la plus maline").

   Les enseignants n'avaient nullement besoin de passer par la grande surface pour organiser cette action civique. On peut aisément (et à bas prix) se procurer des gilets réfléchissants, tout comme des gants (que les enfants auraient pu apporter eux-mêmes) et des sacs-poubelles. Pourquoi alors se raccrocher à la campagne promotionnelle de Leclerc ? Par paresse intellectuelle ? Parce que les enseignants ou les parents ont des amis ou des membres de la famille qui travaillent pour cette entreprise ? Mystère et boule de gomme (recyclable).

   Concernant l'établissement d'origine, j'hésite entre deux possibilités, une école privée et une école publique (les plus proches du lieu de collecte) :

Ecoles primaires.jpg

 

mercredi, 24 septembre 2014

Journaux de guerre n°6

   Le numéro paru jeudi 18 septembre est consacré à la manière dont l'Arrière a perçu le début de la Première guerre mondiale. La double-page de présentation évoque le cas des enfants, les relations familiales en période de conflit, la communication de guerre ainsi que le rôle du cinéma. Trois journaux d'époque sont reproduits.

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   Le Sud-Ouest est représenté par La Petite Gironde du 1er décembre 1914. Fait rare dans la presse régionale de ces temps troublés, la première des quatre (grandes) pages est illustrée de quatre photographies (en noir et blanc), l'une montrant un village construit par les soldats hexagonaux, une autre un convoi de ravitaillement en eau, la troisième une voiture (hippomobile) régimentaire russe et la quatrième des mortiers pris aux Allemands :

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   L'éditorial, de ton revanchard, est suivi d'un article sur la guerre marine puis d'une chronique de la vie bordelaise. Une partie de la page 2 est occupée par la recension d'un Livre jaune sur la guerre européenne, qui rejette l'entière responsabilité du conflit sur les épaules allemandes.

   Plus loin, un entrefilet intitulé "LE DEVOIR DES ETATS-UNIS" sous-entend que ce pays ne devrait pas tarder à s'engager en faveur de la Triple Entente. Dans le même ordre d'idée, on trouve la mention d'un hommage brésilien aux soldats français.

   Un lecteur attentif finit par tomber, quelque part page 3, sur un entrefilet qui fait écho à ce dont il a été question dans l'exemplaire de La Lanterne fourni avec le numéro 4 de Journaux de guerre :

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   Page 4, il est (brièvement) question de l'Aveyron quand le journal évoque la possibilité d'employer des réfugiés français ou belges là où le manque de main-d'oeuvre se fait sentir, dans plusieurs départements du Massif Central.

   Le deuxième quotidien régional nous fait faire un joli bond, puisqu'il s'agit de L'Est Républicain, publié à Nancy (le 20 décembre 1914), donc tout près du Front. La première page est presque uniquement occupée par l'actualité internationale liée à la guerre, les nouvelles étant quasi exclusivement favorables à l'Entente.

   L'autre grand sujet auquel sont consacrés plusieurs articles est la vie dans les régions sous occupation allemande. Cela commence par la ville de Metz, annexée en 1871, mais où le patriotisme français reste vivace. En Alsace, c'est à travers l'action d'un instituteur que l'amour de la Mère Patrie est évoqué. Dans le Pays Haut, à Longwy, la population découvre la vie sous la férule allemande.

   Dans le département voisin de la Meuse, directement soumis au feu ennemi, ce n'est pas n'importe quel citoyen qui se réjouit des pertes allemandes, mais l'évêque de Verdun, qui n'est autre que Charles Ginisty (originaire de Saint-Saturnin-de-Lenne, dans l'est de l'Aveyron). Ses propos sont extraits d'une lettre qui a été adressée à un abbé ruthénois :

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   On termine par un quotidien national, La Croix, daté du 27 décembre 1914. Il est bien entendu question du premier Noël de guerre. Curieusement, ce sont des extraits de lettres écrites par des enfants de 6 à 9 ans au Père Noël ou au "petit Jésus" qui occupent la plus grande place. Truffées de fautes (ce qui n'est pas étonnant au vu de l'âge de leurs auteurs, qui débutent leur apprentissage), ces messages regorgent d'altruisme juvénile, à tel point que la présentation de Journaux de guerre met en doute leur authenticité.

   Page 3 est retranscrit le discours d'un évêque, construit autour de l'action de la Vierge Marie, réputée avoir déjà sauvé la France à plusieurs reprises. La cinquième partie évoque un "ange, une femme, une libératrice"... Jeanne d'Arc (à l'époque bienheureuse, pas encore sainte). On retrouve la Pucelle page 5, au coeur d'un long article consacré à ce qui se passe en Alsace-Lorraine :

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      Page 7, c'est la lucidité qui l'emporte, puisque le directeur de l'édition de Limoges y affirme que la guerre sera longue... et victorieuse, les Français s'étant progressivement endurcis au combat.

   Les journaux sont complétés par la reproduction d'une affiche de propagande (de 1916) faisant appel au civisme des enfants : "Nous saurons nous en priver".

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   P.S.

   Ma navigation sur la Toile m'a conduit au site (officiel) france.fr, qui dit deux-trois choses de Jeanne d'Arc. Mon regard a plutôt été attiré par ce qui figure dans une colonne, à droite, sous le titre "personnages historiques". Cherchez l'erreur...

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lundi, 22 septembre 2014

Deepsea Challenge 3D

   Les distributeurs n'ont pas été foutus de trouver un titre français à ce documentaire sur les aventures de James Cameron dans le monde noir et humide des grandes profondeurs. Attention, ce n'est pas le cinéaste canadien qui tient la caméra. Lui est l'initiateur du projet et le héros de l'histoire.

   A l'aide de courtes scènes de fiction, on nous fait comprendre que, tout petit déjà, James était intrigué par les profondeurs abyssales. Bien avant de cartonner avec Terminator ou Titanic, le futur réalisateur s'inventait des mondes à l'intérieur... d'un carton.

   Certains événements ont sans doute contribué à faire naître sa vocation. Il y a eu l'expédition sur la Lune, mais aussi la première descente dans la fosse des Mariannes, par Jacques Piccard et Don Walsh, en 1960. Cela nous vaut l'une des plus belles séquences du film, autour de ces deux hommes aux moyens beaucoup plus limités que ceux du cinéaste multiprimé. Vient ensuite le passage obligé par l'exploration du Titanic (à près de 4 000 mètres de profondeur... moins de la moitié de celle de la célèbre fosse !), occasion de voir enfin de belles images océaniques. D'autres sont diffusées dans la dernière partie du film, mais c'est globalement décevant.

   Parce que ce que l'on nous montre essentiellement à l'écran, c'est... James Cameron. A lui seul, ce film constitue l'équivalent de la collection des livres consacrés à Oui-Oui. Nous avons donc droit à :

James Cameron est un inventeur génial

James Cameron trouve la solution aux problèmes

James Cameron mène la vie dure à ses employés

James Cameron est quand même un type sympa

James Cameron travaille très tard le soir

James Cameron se lève

James Cameron sort de sa cabine (tout habillé)

James Cameron se gratte les couilles

(une scène hélas coupée au montage)

James Cameron bisoute sa femme, qui tremble pour lui

James Cameron la tête en haut

James Cameron la tête en bas

   Certes, des péripéties sont survenues au cours de la réalisation du projet. Des difficultés à construire l'habitacle aux caprices de la météo, en passant par la mort accidentelle de deux réalisateurs, on peut dire que ce ne fut pas une entreprise de tout repos ! Mais, même si la 3D est nette et sans bavure, son utilisation est loin de susciter le même enthousiasme qu'Avatar. Du coup, ce documentaire d'1h30 m'a semblé très long. Réduit à une cinquantaine de minutes, il aurait pu constituer un bon programme de début de soirée sur Arte. Sans plus.

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dimanche, 21 septembre 2014

Présence subliminale

   M6 diffuse actuellement la saison 11 de la série NCIS. Vendredi soir, dans l'épisode 12, les téléspectateurs attentifs ont pu remarquer, à plusieurs reprises, la présence d'un curieux objet dans le champ de la caméra, d'abord à l'arrière-plan :

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   C'est à peine perceptible un peu plus loin, puisqu'on n'en distingue qu'un morceau :

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   Le drapeau israélien finit par apparaître clairement, planté dans l'une des tasses d'Abby, la laborantine à la fois foldingue, gothique et surdouée :

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   C'est évidemment une allusion au personnage de Ziva David, l'ex-agent du Mossad qui était devenue un pilier de l'équipe de Gibbs, et qui a quitté la série au début de la saison. Abby était une grande amie de Ziva, qu'elle considérait comme sa soeur. Celle-ci avait acquis la nationalité états-unienne à la fin de la saison 7. Faire référence à ce personnage à l'aide du drapeau israélien n'est donc pas ce qu'il y a de plus pertinent. Par contre, c'est un clin d'oeil à un pays "ami", les auteurs de la série étant visiblement de sensibilité républicaine. A plusieurs reprises, les saisons précédentes, on a pu sentir qu'ils ne sont pas très éloignés des néo-conservateurs. Mais la série n'en reste pas moins de qualité.

   On peut aussi vérifier dans les anciens épisodes. On n'y voit pas de drapeau israélien dans le labo d'Abby. La grande tasse apparaît à plusieurs reprises, comme dans l'épisode 9 de la saison 10 (parfois hilarant, avec le retour de l'ex-femme de Gibbs et de l'agent Fornell) :

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   Un petit cadeau pour terminer. J'ai remarqué que, parmi les visiteurs qui arrivent par hasard sur mon blog, se trouvent des personnes qui recherchent des informations sur Cote de Pablo, l'actrice qui interprétait l'agent du Mossad. Apparemment, ce sont des informations concernant son physique (avantageux) qui suscitent l'intérêt de ces internautes... puisque le billet qui les attire est celui que j'ai consacré jadis au string qui apparaît au détour d'un épisode de la saison 5.

   A ces personnes en quête de réponses existentielles, j'offre ce présent: une vision du joli petit cul de l'actrice (dans son pantalon), saisi au vol par Anthony DiNozzo dans l'épisode 11 de la saison 4. Si la mémoire vous fait défaut, je vous laisse redécouvrir les circonstances dans lesquelles a été pris cet acrobatique cliché :

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samedi, 20 septembre 2014

Un nouveau préfet (de gauche) pour l'Aveyron

   C'est inhérent à la fonction : régulièrement, un mouvement de "chaises musicales" vient redistribuer les postes de haut fonctionnaire. On doit aussi s'y attendre dès qu'un gouvernement change de composition, que le titulaire de l'Intérieur reste le même ou pas. (Ainsi, Bernard Cazeneuve est resté en place dans le deuxième gouvernement Valls.) Par contre, le vivier dans lequel puisent les ministres pour constituer leur cabinet a beaucoup en commun avec celui d'où sortent les préfets.

   Jean-Luc Combe, le nouveau représentant de l'Etat en Aveyron est un "voisin", puisqu'il était en poste dans le Cantal depuis un an et demi. Mais son parcours (détaillé dans un article de Centre Presse) est bien plus long... et surtout moins stéréotypé que celui de nombre de ses collègues.

   Il a commencé sa carrière en 1981, en Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Sec, en tant que responsable du secrétariat général. La date (année de la première élection de François Mitterrand à la présidence de la République) et le lieu (un département qui fut longtemps géré par le Parti communiste) pourraient nous inciter à penser qu'il était proche de la gauche. D'ailleurs, le maire au service duquel il entre (et dont il a ensuite été directeur de cabinet) est Roger Gouhier, un communiste d'origine ouvrière.

   Il a 26 ans à l'époque. La Dépêche du Midi nous apprend qu'il est titulaire d'une licence d'histoire-géographie, décrochée à Toulouse (alors qu'il est né à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, pas très loin de la Seine-Saint-Denis). Il n'est donc pas un exemple de haut fonctionnaire issu d'une grande école, au parcours balisé. Ses débuts se rapprochent plutôt de ceux de nombre de fonctionnaires territoriaux qui ont commencé leur carrière dans les années 1980. Les lois Defferre ont accordé plus de pouvoirs aux collectivités territoriales, qui ont dû, dans la foulée, recruter rapidement de nouveaux collaborateurs. A l'époque, les formations spécifiques n'étaient pas légion. On a donc abondamment puisé dans les universités (plutôt en Lettres, Sciences économiques et Droit).

   En 1988, Jean-Luc Combe devient secrétaire général de la commune de Vigneux-sur-Seine, dans l'Essonne, au sud d'Ivry. Là encore, il s'agit d'une mairie communiste, qui a été dirigée pendant 21 ans par un homme de terrain, Lucien Lagrange. (C'était l'époque où le PCF avait un réservoir de militants dévoués, très souvent d'origine populaire... et beaucoup plus d'électeurs.)

   En 1993, il retourne en Seine-Saint-Denis, à Epinay-sur-Seine, cette fois au service d'un élu socialiste, Gilbert Bonnemaison. Assez vite (peut-être en raison du retrait du maire d'Epinay), il revient dans l'Essonne, auprès du maire d'Evry Jacques Guyard, lui aussi membre du PS. L'évolution politique des employeurs du futur préfet aveyronnais est-elle révélatrice du changement de sa "sensibilité" ? Il aurait été proche du PCF dans sa jeunesse, avant d'évoluer vers le PS.

   On en a la confirmation en 1998, quand il devient directeur général des services du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, présidé par le socialiste Jean-Louis Bianco... depuis 1998.

   En 2005, il passe à la Communauté d'agglomération d'Angers, elle aussi présidée par un membre du PS, Jean-Claude Antonini.

   Notre homme a toujours la bougeotte, puisque dès 2007, il change à nouveau d'affectation, peut-être pour se rapprocher de sa région d'origine. Il se retrouve au Conseil général de Seine-et-Marne, présidé là encore par un socialiste, Vincent Eblé.

   Celui-ci devient sénateur en 2011, année qui voit Jean-Luc Combe passer au service du nouveau président (socialiste) de la Haute Assemblée, Jean-Pierre Bel. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une coïncidence. En devenant sénateur, Vincent Eblé a pu bénéficier de fonds pour rémunérer ses collaborateurs. Il n'avait peut-être plus besoin de celui qu'il avait recruté au Conseil général. De surcroît, ce dernier connaissait peut-être Jean-Pierre Bel depuis longtemps. Bien que quelques années les séparent (ils sont nés en 1955 et 1951), ils ont pu se rencontrer à Toulouse, où ils ont tous deux poursuivi leurs études... et Jean-Pierre Bel étant issu d'une famille communiste, il est possible que les deux jeunes hommes se soient croisés lors de soirées militantes.

   En arrivant dans l'Aveyron, Jean-Luc Combe pousse vers la sortie Cécile Pozzo di Borgo, qui avait été nommée par le gouvernement Fillon en 2011. Agée de 62 ans, elle se dirige tout doucement vers la retraite, à un poste que certaines mauvaises langues n'hésitent pas à qualifier de sinécure : l'administration des T.A.A.F. (Terres Australes et Antarctiques Françaises).

jeudi, 18 septembre 2014

Rodez sur TripAdvisor

   La perle informative dont il va être ici question est parue discrètement, mardi 16 septembre, dans "Pitonnerie", la rubrique scrutée à la loupe par certains lecteurs du quotidien aveyronnais Centre Presse :

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   En consultant le site TripAdvisor, on constate, un peu à la surprise générale, que, parmi les visites touristiques associées à la commune de Rodez, celle du musée Fenaille recueille un indice de satisfaction plus élevé que celle du musée Soulages, qui devance toutefois la cathédrale locale. (A mon humble avis, c'est plutôt çà le scandale...)

    Pourtant, la lutte n'est pas égale entre les deux musées. Depuis des mois, l'établissement consacré à l'oeuvre de Pierre Soulages bénéficie d'une couverture médiatique peut-être jamais vue pour un musée provincial. Dans un premier temps, le succès (relatif) des grosses boîtes à chaussures du Foirail a rejailli sur la vieille bâtisse donnant sur l'antique forum. 

   Mais, en matière de musée comme dans le cinéma, le nombre des entrées est à relativiser par l'indice de satisfaction. Combien de bouses filmiques attirant les masses ravissent à peine plus de 50 % de leur public, alors que des productions plus confidentielles (mais pas nécessairement élitistes) suscitent l'enthousiasme des spectateurs ? Sans maquillage outrancier ni tenue extravagante, l'altière Fenaille semble avoir procuré davantage de plaisir que la courtisane Soulages.

   Notons toutefois que le nouveau musée recueille quand même un très bon indice de satisfaction. Quand on lit le détail des observations des visiteurs, on constate qu'il existe un grand contraste entre une majorité de très contents et une mince minorité de furieux. Si quelques-uns de ceux-ci ont été déçu par le contenu, ce sont surtout les défauts d'organisation et le comportement de certains membres du personnel qui semblent expliquer les mauvaises notes.

   Du côté de Fenaille, on peut parler de belle surprise pour les visiteurs dont la destination première était sans doute le musée Soulages. L'impact des statues-menhirs (encore récemment mises à l'honneur sur Arte) explique sans doute en partie le bon classement du musée, dont les collections bénéficient d'un travail de présentation en général clair et érudit. S'y ajoute la qualité de l'exposition temporaire présente jusqu'au 26 octobre 2014 : "Impression d'Afrique".

   Espérons que la suivante poursuivra sur cette lancée. Dans un avenir proche, le musée Fenaille pourrait aussi voir son intérêt relancé par le toilettage des collections permanentes. Il semblerait que quelques ajouts soient en cours. J'ai entendu parler d'un squelette de cheval (issu d'une tombe gallo-romaine) et... d'une nouvelle statue-menhir ! S'agira-t-il de l'une de celles qui n'avaient été exposées que temporairement en 2010 ? S'agira-t-il de celle qui a été découverte l'an dernier, aux confins du Tarn et de l'Hérault ?

samedi, 13 septembre 2014

Journaux de guerre n°4 et 5

   Paru jeudi dernier, le numéro 4 tente de démêler le vrai du faux dans ce que l'on a appelé "les atrocités allemandes", un thème qui a été largement développé à l'époque, avant de devenir plus anecdotique (la Seconde guerre mondiale et ses horreurs étant passées par là)... pour finalement être redécouvert au début du XXIe siècle :

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   Les rumeurs ont commencé à circuler dès le tout début de la guerre. Les exemplaires de la presse française fournis avec le numéro 2 de Journaux de guerre contenaient déjà des allusions aux crimes de l'armée allemande. Ici, cela commence avec L'Echo d'Alger du 13 août 1914, dans lequel il faut faire le tri :

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   Sous le titre "Atrocités !!!", le quotidien évoque les incendies de villages (belges et français, une réalité de la guerre), et l'histoire des bonbons empoisonnés (notamment dans le Lot), qui serait une légende. Ici le fantasme meurtrier rejoint la crainte de la présence d'agents allemands à l'intérieur du pays. Dans le cas qui nous concerne, on a même parfois avancé que ce seraient des hommes déguisés en femmes qui auraient distribué les bonbons. La présence d'agents infiltrés n'en est pas moins réelle, mais plutôt dans des lieux stratégiques. Le journal cite plusieurs cas, à Paris, Versailles et Bruxelles.

   Parmi les curiosités lisibles dans le quotidien d'Algérie, je signale la mention d'une "prophétie", une prédiction d'un général japonais (qui s'est suicidé en 1912). Dès 1904 (au cours de la guerre russo-japonaise), il aurait annoncé le déclenchement de deux grands conflits au XXe siècle. Le premier prenait sa source dans les antagonismes franco-allemand et anglo-allemand (qu'il voyait s'achever par une défaite de l'Allemagne, après que celle-ci eût violé la neutralité belge). Le second conflit devait naître de la rivalité entre les Etats-Unis et le Japon. Ici s'arrêtait le don de prescience du général Nogi, qui voyait son pays sortir vainqueur de la guerre pour le Pacifique.

   Dernière pépite : les encouragements prodigués aux soldats français par un voisin inattendu... le prince de Monaco (Albert Ier, lointain ancêtre d'Albert II). Celui-ci a profité de l'occasion pour rappeler qu'il avait combattu pour la France, en 1870 (dans la Marine).

   Le deuxième journal reproduit dans ce numéro de Journaux de guerre est Le Rappel du 19 août 1914 (2 Fructidor an 122, comme il est précisé en haut à gauche de l'exemplaire). Un grand titre barre la première page : "Ils avouent leurs Crimes". Les "atrocités allemandes" sont dénoncées à partir d'un rapport du préfet de Meurthe-et-Moselle et de lettres de soldats allemands, qui ont été interceptées. L'éditorial est consacré au même thème, avec, entre autres, l'évocation de l'affaire de "l'enfant au fusil". La page 2 est occupée par une gigantesque carte du Front.

  L'Humanité du 17 septembre 1914 apporte une note discordante. L'éditorial de Jean Longuet (dont un paragraphe semble avoir été victime de la censure) appelle au bon sens... et à ne se fier qu'aux témoignages corroborés. Pour les socialistes français, le véritable ennemi n'est pas le soldat allemand, mais le militarisme prussien. Un peu plus loin dans le journal, on peut trouver un tableau comparatif des forces maritimes des cinq principaux belligérants :

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   Si la supériorité franco-britannique paraît évidente au niveau des torpilleurs, l'importante flotte allemande de contre-torpilleurs a de quoi inquiéter...

   Au niveau des alliés, le positionnement de l'Empire ottoman suscite beaucoup d'interrogations. Au fur et à mesure qu'on lit l'ensemble des journaux, on comprend à demi-mots qu'Istanbul devrait, à terme, rejoindre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. L'Humanité nous apprend que c'est un amiral allemand qui va commander la flotte ottomane.

   Enfin, je vous laisse découvrir pour quels motifs le Conseil de Guerre a condamné diverses personnes à la réclusion ou aux travaux forcés.

   Le quatrième quotidien français est La Lanterne du 14 octobre 1914. L'éditorial de Félix Hautfort s'en prend assez violemment à l'Appel aux Nations civilisées, signé par 93 intellectuel allemands, qui rejettent les accusations portées contre l'armée de leur pays. Le journal s'intéresse aussi au positionnement du gouvernement roumain, qui louche sur la Transylvanie hongroise. En page 2, on lira avec plaisir le récit de l'affrontement entre deux biplans, un français, l'autre allemand, la victoire revenant bien évidemment... au français !

   Mais la perle de ce numéro de Journaux de guerre est l'exemplaire de La Gazette des Ardennes, organe de propagande allemand publié en zone occupée pendant presque quatre ans. Pour gagner les faveurs de la population française, la tactique est de dénigrer les Belges et les Anglais...

   Complète ce florilège la reproduction d'une affiche (française) dénonçant le bombardement de Reims.

   Passons à présent au numéro 5, sorti ce jeudi 11 septembre. Il est principalement consacré à la bataille de la Marne, qui permit à la France de poursuivre la guerre :

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   Le premier quotidien reproduit est La Guerre Sociale (du 31 août 1914), dirigé par Gustave Hervé, qui, à l'époque, était une sorte de "gauchiste"... mais un gauchiste que la guerre a converti aux vertus du patriotisme et qui, des années plus tard, s'est vautré dans le "social-nationalisme" et le pétainisme... avant de recouvrer ses esprits, peu avant sa mort.

   Dans ce numéro, La Guerre Sociale se préoccupe de la défense de Paris, rien ne semblant, jusqu'à présent, arrêter l'avancée allemande. Le journal, comme ses confrères tout aussi mal informés, se console avec de supposés succès russes sur le front Est. Je signale aussi un article de l'aveyronnais Emile Pouget, consacré aux faits divers, en particulier à la baisse de la délinquance à Paris, depuis le début de la guerre.

   Il est aussi question du passage d'un avion allemand au-dessus de Paris et du largage de deux bombes, pas très dangereuses. (C'était une action de guerre psychologique.) En page 2 se trouve une carte du Front Ouest, ainsi qu'une tribune du comte Tarnowski, qui développe l'idée que les Polonais sont bien mieux traités dans la Galicie austro-hongroise que dans l'empire russe.

   L'Intransigeant du 4 septembre 1914 aborde des thèmes semblables. Il s'attarde beaucoup sur le survol de Paris par l'avion allemand et prodigue des conseils aux civils. Un paragraphe attirera plus particulièrement l'attention des Aveyronnais :

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   Cette semaine, la presse de province est à l'honneur à travers Le Petit Marseillais du 12 septembre. On y célèbre amplement la victoire de la Marne, sans tomber dans un optimisme excessif. L'un des premiers articles spécule sur la durée de la guerre. L'auteur s'appuie sur des propos tenus à l'étranger pour sous-entendre qu'un conflit de trois ans est tout à fait envisageable.

   Il faut attendre la page deux pour trouver un entrefilet faisant allusion aux récentes défaites russes (à Tannenberg et aux lacs Mazures)... et félicitant surtout nos alliés pour leur honnêteté :

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   Le journal publie aussi des extraits de lettres de soldats (riches d'anecdotes), ainsi qu'un communiqué des réfugiés lorrains, qui remercient la population marseillaise pour son accueil.

   On termine par L'Echo de Paris du 14 septembre 1914, dont les colonnes sont elles aussi largement occupées par la récente victoire des troupes françaises. Un article fort intéressant est consacré aux mines sous-marines. Il complète un paragraphe qui évoque le parcours du Lutetia, un croiseur en provenance d'Amérique du Sud, qui a réussi à échapper aux navires de guerre allemands.

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   Complète ce florilège une reproduction d'une affriche française, ironisant sur l'échec des Allemands sur la Marne.

dimanche, 07 septembre 2014

Hippocrate

   C'est sans doute à la rigueur et à l'engagement professionnel du plus célèbre médecin de l'Antiquité que le titre de ce film fait allusion. On y suit les débuts d'un jeune interne, Benjamin. A travers son regard, on découvre (si on l'ignorait) les difficultés des différents personnels soignants, mais aussi la formidable aventure humaine que constitue l'acte médical consciencieusement pratiqué.

   Attention, ce n'est pas un film angélique. Les médecins ne sont pas systématiquement montrés sous un jour favorable. Parfois, ils commettent même des erreurs qui peuvent se révéler dramatiques. Fort heureusement, à intervalle régulier, un peu d'humour carabin vient contrebalancer la noirceur de certaines situations.

   Le personnage principal (interprété par Vincent Lacoste, meilleur que dans Jacky au royaume des filles) est un peu à cette image. Au début, on le sent mû par la foi du combattant... et l'espoir mal dissimulé d'une grande reconnaissance sociale. Il y a peut-être aussi un peu de conformisme dans son choix de carrière, puisque son père (Jacques Gamblin, impeccable) est l'un des mandarins de l'hôpital.

   Le jeune homme entre en contact avec un monde plus diversifié qu'il ne l'imaginait. Les infirmières et aide-soignants sont plus ou moins motivés... et hiérarchiquement soumis aux prescriptions des médecins, même jeunes et peu expérimentés. Les "vieux" cinéphiles auront aussi plaisir à retrouver Marianne Denicourt, dans la peau d'un personnage écartelé entre sa formation médicale et ses responsabilités managériales.

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   Une catégorie se détache, celle des étrangers assimilés à des internes, alors qu'ils étaient titulaires dans leur pays d'origine. Le véritable personnage principal est sans doute Abdel Rezzak, cet Algérien à la fois ombrageux et compatissant, incarné à la perfection par Reda Kateb.

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   Le propos devient militant quand est dénoncée la gestion néo-libérale des établissements de soins. On nous propose aussi quelques jolis portraits de malades, de l'alcoolique SDF à l'ancienne danseuse en phase terminale. Ces numéros d'acteurs sont au service d'une vision humaniste de la médecine, qui ne cache pas les grandes difficultés dans lesquelles certains hôpitaux publics se débattent aujourd'hui.

   S'il faut apporter une nuance, ce sera au niveau de la réalisation, assez plate. On a parfois du mal à distinguer ce film d'un reportage