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jeudi, 30 juillet 2026

De la Comédie-Française

   Tourné dans les locaux du Temple de l'Excellence Théâtrale Frannnnçaise, ce film voit des pensionnaires et des sociétaires dudit temple jouer... des acteurs du Français, ainsi que quelques "petites mains" (costumière, régisseur, placier...) fort utiles au fonctionnement de l'institution, même si elles en recueillent rarement les lauriers. Il y avait donc un risque de nombrilisme, fort heureusement contrebalancé par une ironie mordante et un réel sens de l'auto-dérision.

   Bien que ne fréquentant pas le théâtre (sauf pour quelques représentations scolaires, que j'ai accepté d'accompagner... au risque de le regretter), j'ai retrouvé avec plaisir plusieurs visages vus principalement en salle obscure : Pauline Clément (enfin gratifiée d'un premier rôle... ce qui confirme qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, la comédienne étant coscénariste du film), Laurent Stocker (en mâle blanc hétérosexuel dominant, parfois dépassé par les événements), Marina Hands (au personnage assez piquant), Guillaume Gallienne (dont la participation à la scène introductive est encore plus savoureuse que ce que la bande annonce laisse entrevoir)... et Benjamin Lavernhe, l'invité surprise de la seconde partie... Je n'en dirai pas plus, si ce n'est que la disposition de sa moustache factice m'a un peu perturbé.

   L'intrigue n'est pas d'une extraordinaire inventivité, puisqu'elle décrit les heures précédant la Première de Macbeth. Tout devrait fonctionner comme sur des roulettes mais, bien entendu, cette demi-journée va voir s'accumuler les contretemps, très cocasses en général.

   A ce comique de situation il faut ajouter d'excellents dialogues, souvent sarcastiques. Ah, j'aime cet humour vache, qui donne un sel particulier à certaines scènes ! Elles alternent avec des moments plus doux, dont la fonction semble être de faire passer des messages sociétaux ou de valoriser certaines catégories de population. C'est un peu maladroit (voire prévisible), mais cela passe, tant le montage est réussi. En resserrant leur histoire pour qu'elle tienne en 1h15, les auteurs parviennent à conserver le rythme trépidant qui convient à ce compte-à-rebours à la fois comique (pour les spectateurs) et angoissant (pour les personnages). Tout le monde en prend pour son grade, mais, à la fin, l'esprit de troupe prend le dessus.

   L'ensemble constitue une réjouissante petite fraîcheur d'été.

14:39 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

Un pur régal.
Je suis d'accord pour la moustache de Benjamin... mais son moment est grandiose digne d'une cérémonie des César
D'accord aussi avec la partie... societalo charge mentale (je pense qu'on parle de la même chose).
Mais c'est quand même de l'excellence (car la comédie française Clavier Bourdon Lamy... non merci).

Écrit par : Pascale | vendredi, 31 juillet 2026

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Le surgissement de Benjamin Lavernhe est de toute beauté... et il renforce l'aspect théâtral de cette comédie foutraque. Ceci dit, je me demande si l'idée n'est pas venue aux scénaristes en regardant la série "L'Art du crime", dans laquelle l'héroïne (interprétée par Eléonore Bernheim) dialogue avec les fantômes des peintres des œuvres qu'elle étudie.

http://lasenteurdel-esprit.hautetfort.com/archive/2021/05/14/l-art-du-crime-6316025.html

Concernant les comédies "populaires", je signale la sortie prochaine des "Gendarmes" (avec Arnaud Ducret), puis de "Tombé du ciel" (avec Josiane Balasko), en attendant une nouvelle mouture du "Viager" (avec Chantal Ladesou)...

Écrit par : Henri G. | vendredi, 31 juillet 2026

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