vendredi, 30 octobre 2009
Rachel
La réalisatrice franco-israélienne Simone Bitton s'est attachée au cas de Rachel Corrie, cette jeune Américaine membre de l'I.S.M. (International Solidarity Movement) tuée par un engin de chantier israélien à Gaza, en 2003.
C'est donc un long documentaire, d'une durée de 1h30, en forme d'enquête... et d'hommage aussi. Si la réalisatrice donne la parole à tout le monde et si elle utilise des documents extrêment variés, on sent tout de même qu'elle penche pour la version colportée par l'I.S.M.
Il ne fait aucun doute que la jeune femme est morte tuée par l'engin de chantier. Mais était-ce intentionnel ? Franchement, en sortant du film, je suis bien incapable de répondre à cette question... sauf si je me fie à la majorité des témoignages et opinions rapportés par la réalisatrice. Pour acquérir une certitude à ce sujet, il aurait fallu pouvoir filmer de l'intérieur du bulldozer-char, histoire de vérifier si ce qu'affirment les conducteurs à propos de leur champ de vision est plausible. Les schémas et dessins montrés (et issus des deux "camps") ne sont pas assez précis.
Il n'en reste pas moins que, dans cette tragédie, l'armée israélienne a, une fois de plus, fait preuve d'une certaine négligence dans le respect des droits fondamentaux de ses adversaires. Je recommande tout particulièrement les entretiens avec le chef de la police, qui n'a pas trop cherché à creuser... d'autant plus que la procédure d'enquête est vraiment particulière ! (Les militaires ne risquent pas grand chose, quoi qu'il arrive...)
Le film est donc très intéressant parce qu'il est une sorte de "tranche de vie" du conflit du Proche-Orient, que l'on découvre par le biais de la destruction des habitations palestiniennes sous prétexte de sécurité. A ce sujet, on peut noter que des sites pro-israéliens soutiennent que les militants d'I.S.M. s'opposaient, dans ce cas précis, non pas à la destruction d'une maison mais à celle d'un tunnel de communication entre la bande de Gaza et l'Egypte. (Si vous cliquez sur le lien, et même si vous allez jusqu'à la source anglophone, vous vous apercevrez que les vidéos censées démonter la thèse des activistes ont été retirées par le contributeur...) A la limite, on s'en fiche : rien ne justifiait l'emploi disproportionné de la force.
Le film mérite le déplacement aussi par le portrait qu'il trace de cette jeune femme qui, contrairement à nombre de crétins de son âge, ne passait pas son temps à regarder la télévision, faire du lèche-vitrines ou papoter à propos de la dernière niaiserie à la mode. C'est l'histoire d'un engagement, restitué par l'intermédiaire des textes écrits par Rachel Corrie, mais lus par ses camarades.
On peut en savoir plus sur elle en consultant le site de l'I.S.M. ou celui de la fondation qui lui est consacrée.
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lundi, 26 octobre 2009
7 minutes au paradis
Attention : sujet casse-gueule. L'héroïne est une Israélienne de base, rescapée d'un attentat-suicide dans un bus. Sans que je puisse en dire plus, sachez qu'elle n'en est pas complètement sortie. Elle va chercher à retrouver le secouriste qui lui a sauvé la vie.
Le film est une sorte de puzzle mental. Se croisent des moments du passé (la vie d'avant l'attentat, l'attentat lui-même), des moments fantasmés, où semblent revivre les morts... et d'autres moments, mal définis. Derrière une apparence de limpidité se cache une relative complexité narrative. Faites bien attention aux personnages croisés au début : on les retrouve dans d'autres circonstances, à la fin.
Le film repose entièrement sur les épaules de l'actrice principale, Reymonde Amsellem, vraiment épatante et disposant d'une palette de jeu très variée : elle alterne les phases les plus contrastées et paraît tour à tour femme forte, amoureuse qui doute et blessée en plein désespoir.
Le réalisateur a beaucoup misé sur les gros plans. Cela véhicule bien l'émotion et nous rend attentifs à des détails en apprence anodins, comme les éléments de la combinaison qu'est obligée de porter l'héroïne, qui a été gravement brûlée au dos. Une des scènes les plus réussies est d'ailleurs celle qui la voit se gratter furieusement par tous les moyens possibles (de la cuillère en bois à la paroi de son appartement).
Si on comprend assez vite quelle est l'identité de la personne recherchée par l'héroïne, le retournement final est assez inattendu. Je m'attendais à quelque chose d'autre mais, après tout, c'est dans la ligne du titre du film.
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samedi, 24 octobre 2009
Démineurs
... vu en version française. Et voilà la guerre en Irak qui repointe le bout de son nez. Ici, elle est abordée par un côté anecdotique : l'action d'une équipe de démineurs, certains d'entre eux particulièrement "allumés". Il faut dire qu'ils sont quotidiennement confrontés à l'horreur humaine. C'est donc un film à déconseiller aux âmes sensibles (ainsi qu'aux enfants, bien qu'aucune interdiction ne soit spécifiée... on voit là un trait caractéristique de notre époque violente, qui censure dès qu'un poil de cul ou un bout d'étron dépasse, mais qui laisse les yeux les plus innocents accéder aux pires images sanguinaires).
Question mise en scène, on ne nous donne rien de nouveau, mais Kathryn Bigelow semble avoir puisé dans le "lourd" : Voyage au bout de l'enfer et Full metal jacket pour le Vietnam, Battle for Haditha et Redacted pour la guerre en Irak. L'image est soignée, la caméra à l'épaule n'est pas utilisée à tort et à travers... et le rendu est finalement assez agréable pour le spectateur. On peut aussi trouver une parenté avec le bon film israélien Beaufort, dans lequel le déminage n'occupait qu'une partie de l'intrigue.
Ici, la place est centrale. Le film s'articule autour de ces moments de tension, au cours desquels les héros risquent leur vie. Jeremy Renner est particulièrement bon en sergent franc-tireur, intrépide et bricoleur (particulièrement à l'aise quand il s'agit d'étriper une bagnole !), dans un rôle qui aurait parfaitement convenu jadis à Bruce Willis. Entre ces moments fort, le film ménage des séquences plus humoristiques ou tendres, dans lesquelles les vaillants soldats apparaissent le plus souvent comme de pauvres types.
Dans la séquence à mon avis la plus forte du film le déminage n'occupe pourtant qu'un rôle secondaire : il s'agit d'un get-apens tendu en plein désert, où les combats durent toute la journée. Tout y est réussi : la mise en scène, les effets spéciaux, les dialogues et l'interprétation.
Par souci de réalisme (et peut-être aussi histoire de ne pas paraître trop unilatéral), le scénario fait intervenir ponctuellement des personnages irakiens (sans doute interprétés par des Jordaniens ou des Palestiniens de Jordanie). On perçoit l'une des limites de ce film : trop centré sur ce groupe de jeunes Américains, il évacue le contexte géopolitique de l'intervention en Irak et pourrait passer, parfois, pour une apologie de la guerre, en dépit de toutes les horreurs qu'il montre, souvent de manière assez crue.
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dimanche, 21 juin 2009
Amerrika
C'est une nouvelle lecture du "rêve américain", à la sauce du XXIème siècle, le contexte proche-oriental en plus : l'héroïne est une Palestinienne (mais issue de la minorité chrétienne) qui quitte la Cisjordanie peu avant l'invasion de l'Irak par les troupes yankees. Cela nous vaut d'intéressantes scènes au début, notamment sur le comportement des soldats israéliens. Précisons que la réalisatrice est une Américaine d'origine jordanienne. Ainsi qu'elle le déclare dans le dossier de presse, la part d'autobiographie est grande dans le film.
Il y a donc un fond dramatique à cette histoire : l'occupation israélienne de la Cisjordanie (avec ses conséquences multiples), l'unilatéralisme de la politique étrangère de George W. Bush et le racisme de certains Blancs américains. Fort heureusement, plusieurs personnages sont introduits pour nuancer ce dernier point (le proviseur, le jeune collègue au piercing et l'employée de banque notamment).
C'est aussi une comédie, qui joue sur le supposé sentimentalisme des Orientaux et pointe les difficultés d'intégration, le déclassement social. On vit les joies et les peines de ces migrants à travers notamment les yeux de l'héroïne (magnifiquement interprétée par Nisreen Faour), qui souffre d'un handicap supplémentaire : elle est obèse.
Tous les acteurs sont formidables. Certains visages paraîtront familiers à ceux qui ont déjà vu de bons films (classés "art et essai") consacrés au Proche-Orient. Ainsi, la soeur de Mouna, Raghda, est interprétée par Hiam Abbas, remarquée, entre autres, dans La fiancée syrienne ou encore Paradise now.
Le site officiel :
22:50 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinema
mercredi, 09 juillet 2008
My father, my Lord
Vous voulez savoir à quoi ressemblent des cul bénits juifs, histoire de vérifier s'ils sont comme leurs équivalents chrétiens et musulmans, par exemple ? Eh bien, ce film est fait pour vous ! Attention toutefois : ce n'est pas un documentaire, plutôt une fiction, en partie autiobiographique... donc un brin documentaire quand même.
Ne vous attendez pas à une charge aussi virulente que caustique. L'auteur de ce film décrit les mécanismes de l'intérieur. Nous suivons donc cette famille, où tout tourne autour du rabbin prestigieux, sa femme la bonniche aux cheveux couverts (les femmes de ces olibrius vont jusqu'à porter des perruques pour ne jamais sortir tête nue !) et son fils Menahem (quelle idée de le prénommer ainsi), plutôt obéissant, pas méchant au fond, mais avide de tout connaître, et pas seulement ce que la Torah (ou l'interprétation qu'en donnent les barbus à chapeau) dit.
La partie la plus poétique du film essaie de faire sentir au spectateur cet éveil du garçon, attentif à un pigeon femelle couvant ses petits, à un chien fidèle jusqu'à la mort à sa maîtresse grabataire, un gamin attiré par la mer, symbole à la fois de sensualité et de vie, même si elle est morte (ceci est un calembour salé).
Le grand talent du film est de montrer comment, dans des actes simples de la vie quotidienne (la venue de la maman à l'école religieuse, l'échange de cartes de collection, le port de la kippa, l'observation de la nature), le jusqu'au-boutisme religieux est absurde, ridicule voire dangereux.
19:50 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
jeudi, 26 juin 2008
Valse avec Bachir
Le Bachir en question est (était) Béchir Gémayel, chef des Phalanges libanaises, assassiné en 1982. (Son neveu, Pierre, a connu le même sort en 2006. Dans les deux cas, beaucoup y voient la main de la Syrie...) Cet assassinat a servi de prétexte au massacre de centaines de Palestiniens vivant dans des camps de réfugiés au Liban. Le titre peut se comprendre de deux manières. C'est d'abord une allusion à une très belle séquence de ce docu-fiction animé, qui voit un des soldats israéliens se souvenir de sa participation à l'invasion du Liban par Tsahal. C'est aussi, de manière plus symbolique, une allusion à la collusion des officiers israéliens avec les extrémistes chrétiens libanais.
Le film s'articule autour de séquences-témoignages. Le réalisateur a rencontré des vétérans israéliens et, au lieu de les filmer, il les dessine (ou fait dessiner). Cela ressemble à des entretiens, cela a le goût d'entretiens, mais c'est plus que cela. Le dessin animé autorise les retours en arrière, la reconstitution de scènes, parfois de manière onirique. Il est question d'interpréter les rêves (les cauchemars plutôt) de ces anciens soldats qui ont refoulé leur participation à ce conflit.
Sans être aussi léché qu'une animation japonaise haut-de-gamme, le film est une grande réussite formelle. Le rêve récurrent, celui des hommes sortant de l'eau, est vraiment très marquant. La musique est bonne. C'est parfois drôle, caustique, lorsque cela prend la forme de clips vidéos : les bombardements ratés et le passage sur le film porno sont particulièrement réussis.
Reste cette violence inacceptable, celle des Phalanges libanaises. La fin du film laisse la réalité passer devant les images de fiction. L'auteur a visiblement voulu montrer ce qu'est un crime contre l'Humanité.
Une remarque : il est important de se documenter un minimum avant d'aller voir ce film. Si vous ne connaissez rien à l'histoire du Proche-Orient, vous risquez d'être un peu déroutés.


13:18 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
vendredi, 09 mai 2008
Beaufort
Il n'est question ni d'un charmant village de France profonde ni d'une mer déchaînée hostile aux pêcheurs. Il s'agit tout simplement du nom d'une fortification construite jadis par les croisés, dans le Sud de l'actuel Liban. L'action se déroule au tournant des XXe et XXIe siècles, peu avant le retrait israélien. C'est la vie confinée d'une poignée de soldats qui nous est montrée.
Visiblement, le réalisateur s'est documenté. J'ai vu dans le générique de fin que c'est tiré d'un livre, sans doute autobiographique. Les relations entre ces jeunes Israéliens aux origines diverses sont décrites avec réalisme et un grand souci du détail. Les contrastes sont forts entre le fils de gauchiste, devenu démineur, le fils de personne, militariste à donf et les appelés du contingent (hé, oui, le service militaire existe encore là-bas... et il dure 3 ans pour les garçons !). Il est souvent question des femmes (les mères, les copines, réelles ou supposées), mais on n'en voit aucune à l'écran (sauf en photo). J'insiste : ça manque de gonzesses !
L'image est soignée, dès le début : je pense à cette scène qui voit la silhouette du soldat finalement s'inscrire dans une des lettres du titre. Comme une bonne partie de l'action se déroule la nuit, on a droit à des jeux d'ombre et de lumière... sympas. Il faut aussi bien faire attention au cadre : à un moment, dans le quartier de repos, pendant que l'un des soldats se débarrasse, on perçoit du mouvement dans un coin : un autre saisit une cigarette puis l'allume... il va bientôt s'exprimer. C'est vraiment joliment filmé. Quelques séquences rappellent que l'on est en guerre, sans chichis.
Deux heures (et cinq minutes), cela fait toutefois un peu long. C'est parfois trop contemplatif. Par contre, la musique est excellente : elle en rajoute dans le côté irréel de certaines scènes, un peu dans l'esprit de certains films d'anticipation des années 1960-1970.
Pour les amateurs : le site du Monde propose le commentaire d'images extraites du film par le réalisateur.
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vendredi, 04 avril 2008
Redacted
Encore un film sur la guerre en Irak ! Oui, encore ! Un film qui se détache un peu des précédents sur le plan formel : il est un assemblage de séquences filmées de manières différentes, présentées comme étant produites par les personnages du film. Ainsi, l'un des militaires états-uniens, qui veut intégrer une école de cinéma, filme son environnement irakien avec une caméra numérique de base (il implante même une micro-caméra dans son casque), une équipe de journalistes irakiens filme un reportage, une autre équipe de journalistes (américains, ceux-là) suit, "embarquée", les soldats en intervention. Ajoutez à cela une caméra de surveillance, un journal télévisé local, le film d'un terroriste et des séquences diffusées sur internet (dont une à partir d'une webcam) et vous aurez un aperçu de la diversité des "outils filmiques". Ah, oui, j'oubliais : plusieurs séquences sont présentées comme extraites d'un reportage "qualité française" (dans l'esprit d'un Américain) sur la situation en Irak. Le texte est dit en français. Savoureux !
Derrière cet habile assemblage se profile un questionnement : quelles sont les séquences qui transmettent le mieux la réalité ? Celles des professionnels, rationnelles et propres sur elles, ou celles des quidams, maladroites, baroques et pleines de vie ?
De manière générale, le ton est souvent ironique, surtout au début. La deuxième partie du film vire au tragique, à l'odieux... et malheureusement, ce n'est pas inventé, puisque l'intrigue est calquée sur une série de faits divers auxquels des soldats du pays de la Liberté ont été mêlés. Cela donne un grand film politique, qu'il faudrait faire voir à tous les responsables qui ont dans la tête un renforcement du partenariat franco-américain dans le domaine militaire. Il y a une certaine parenté avec l'excellent Battle for Haditha dont j'ai causé dans un billet du 22 mars dernier. Les deux s'inspirent de la réalité, sans chercher à la magnifier à la sauce hollywoodienne (Redacted contient notamment deux scènes d'une grande crudité, celle du chef de troupe qui se fait exploser par une mine, devant ses hommes, et celle du viol d'une jeune fille irakienne par des soldats yankees)... et les deux ont été tournés au moins en partie en Jordanie.
La fin de Redacted nous propose (sur une musique un peu grandiloquente) de vraies photographies, où l'on perçoit la source de certaines scènes du film (la femme enceinte flinguée à un barrage et l'adolescente violée).
Je mets un bémol à mon enthousiasme : j'ai vu le film en version originale sous-titrée (pas à Rodez, dont les cinémas sont quasi sinistrés dans ce domaine, mais à La Strada, le récent mini-complexe de Decazeville... et vive les cinémas subventionnés !) et le texte français, en blanc, était parfois peu visible sur fond clair. Pour les personnes qui captent quelques mots de la langue de George W Bush, cela passe, mais je plains les autres...
18:23 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
samedi, 22 mars 2008
Battle for Haditha
On a assez peu parlé de ce long-métrage lors de sa sortie. Il s'inscrit dans la lignée des films de guerre américains. Depuis deux-trois ans, on a eu droit à une floppée de bons produits, en prise sur leur époque, sur ses conflits (Afghanistan, Irak première et deuxième moutures...) et mis en scène avec talent. Le réalisateur de celui-ci, Nick Broomfeld, est documentariste à l'origine. J'avais apprécié son Biggie and Tupac, alors que, franchement, je ne suis pas très porté sur le rap "bling-bling".
Pour ce film, il est parti d'un fait divers : le massacre, en Irak, de civils par des marines qui venaient de subir un attentat à la bombe. Par souci de réalisme, d'anciens soldats ont été engagés pour porter l'uniforme dans cette fiction et des Irakiens réfugiés en Jordanie incarnent les civils. C'est donc tourné en anglo-américain et en arabe.
On sent les influences subies par le réalisateur : Full Metal Jacket, peut-être Platoon... ce qui relie le film à la guerre du Vietnam... et au massacre de My Lai (en 1968). J'avais d'autres références en tête, mais cela m'est sorti de la tête. Ah, oui, ça me revient : Bloody Sunday, de Paul Greengrass (pour l'aspect "documentaire" donné à la fiction, la comparaison entre les méthodes des nationalistes irlandais et irakiens et pour la violence montrée comme un moyen d'exacerber les tensions).
Ce film est une bombe. Le point de vue des différents groupes d'Irakiens est rendu avec une grande honnêteté et un réel souci du détail vécu ; la troupe de marines nous est présentée sans fard, brute de décoffrage, avec ses qualités et ses dérapages. C'est vraiment très fort, très bon. Un film indispensable qui hélas n'a pas rencontré le succès qu'il aurait mérité.
23:36 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
samedi, 02 février 2008
La visite de la fanfare
C'est une fiction... hélas. On aimerait que l'atmosphère dans laquelle baigne ce film s'étende à la réalité du Proche-Orient... C'est un sujet casse-gueule : ma principale crainte était que des hectolitres de bons sentiments ne viennent nuire à la qualité du film.
Heureusement, ce n'est pas le cas. A la base, les musiciens égyptiens viennent d'Alexandrie : ils sont donc une incarnation du top de la culture méditerranénenne... et ils se retrouvent dans le trou du cul d'Israël (et donc dans la merde). L'esprit de Tati (le cinéaste, pas le commerçant) souffle sur les premières séquences, où tout est dit par la caméra. De manière générale, le réalisateur a soigné le cadrage. Pas d'effets spéciaux donc dans ce long-métrage, mais du savoir-faire.
Cela rend les scènes de groupe (en particulier celles qui voient se rencontrer Egyptiens et Israéliens) vraiment très intéressantes, parfois hilarantes, un peu comme dans les comédies italiennes des années 1950-1970. Côté acteurs, on a choisi des "gueules". Les visages, à l'image des personnages, ont un vécu.
L'un des ressorts du comique est le principe du retournement : ce sont les Egyptiens, issus d'un pays en développement, qui, à bien des égards, apparaissent "évolués", face aux Israéliens de "province" (on est loin de Tel Aviv et des films branchouilles), un peu "ratés". L'une des plus belles scènes est celle qui, dans la boîte de nuit, voit le beau gosse égyptien montrer à l'Israélien coinços comment draguer la cousine de la copine de son pote, gestes à l'appui !
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