mercredi, 18 novembre 2009

This is it

   Michael Jackson est un peu comme le père Noël : il a l'air sympathique, semble entouré d'une aura lumineuse et plait beaucoup aux enfants. Par la suite, on grandit. Mon exemplaire du 33 tours Thriller est donc aujourd'hui quelque part dans le grenier parental. C'est porté par le bouche-à-oreille et un brin de nostalgie que j'ai choisi d'aller voir ce documentaire.

   Ce n'est pas d'une grande qualité filmique. Ne vous attendez pas à des images bien léchées, avec des effets très sophistiqués. Mais, paradoxalement, cela donne plus de force au film, qui a un côté "docu réalité" pas déplaisant. Si M. Jackson ne nous est pas présenté au quotidien (le dieu reste sur son nuage), son "humanité" n'est pas cachée. Il faisait donc très attention à sa voix, avait des idées artistiques bien arrêtées et quelques convictions politiques (au premier rang desquelles l'écologisme new age). Même s'ils sont rares, les moments où l'on voit la vedette baisser la garde sont attachants. (Et il avait besoin d'un public, le bougre, même en répétition.) Par contre, les séquences bien lèche-bottes, avec les futurs membres de l'équipe, si admiratifs et louangeurs, sont saoulantes. Et quand, en plus, on nous montre la vedette balancer des "I love you", "God bless you", on a parfois un peu les boules.

   L'intérêt principal réside dans les séquences de répétition : Michael Jackson dansait encore très bien et sa voix, si elle n'avait plus la force de ses vingt ans, était quand même très au-dessus de ce que l'on entend régulièrement sur la bande FM... et en concert : je pense que le "son" du spectacle promettait d'être de bonne qualité.

   On en apprend aussi pas mal sur la conception du spectacle. On entraperçoit la sélection des danseurs. On en voit davantage sur le tournage de mini-films, pour Smooth criminal et Thriller notamment. A propos de ce morceau, je pense que la chorégraphie des zombies,  réinventée, aurait "donné" sur scène !

samedi, 14 novembre 2009

Rien de personnel

   Voilà un film français "social" (et "sociétal"), qui n'a pas bénéficié d'un lancement médiatique ébouriffant. On dit parfois des choses inexactes à son propos. La construction est une succession de séquences selon le point de vue d'un personnage (ou de plusieurs personnages). Attention toutefois, la caméra n'est pas subjective, on voit donc le personnage qui sert de clé pour la séquence à l'écran. De plus, des coupes ont été effectuées. Donc, lors d'une séquence suivante, on ne voit pas uniquement ce que la focalisation précédente avait laissé de côté, on voit aussi ce que le réalisateur avait voulu nous cacher, dans un premier temps.

   La mise en scène est vraiment brillante. En fait, elle s'appuie sur un excellent scénario et un montage judicieux. Du coup, c'est une véritable leçon de cinéma sur l'art de "faire croire". Les acteurs, tous épatants, y contribuent fortement. Qui est quoi  exactement ? Il faut être très attentif à la séquence inaugurale, du point de vue du "nouveau" (Jean-Pierre Darroussin, darroussinissime !), puisque la suite se charge de déconstruire ce que nous avons vu au prime abord.

   C'est aussi une fable sociale, une satire du monde de l'entreprise, en particulier des cadres, de l'univers dans lequel ils évoluent. C'est parfois drôle mais le propos général est sérieux, très contestataire au-delà de l'apparence lisse de la réalisation. Tout est bien léché en surface. C'est joli, ça brille, ça pétille. La musique classique résonne douillettement dans ce  musée des Beaux-Arts (à Chartres) où se tient cette petite sauterie... qui n'en est pas une, en fait.

   Je trouve le film particulièrement habile dans la description des ricochets (ou des réactions en chaîne) provoqués par certaines interventions. De chuchottements en sous-entendus, la tension s'installe, faisant déraper un processus que certains participants auraient voulu plus linéaire. On peut remarquer que les scénaristes ont choisi les personnages les plus fragiles (ceux interprétés par Mélanie Doutey, Bouli Lanners et Frédéric Bonpart) pour dynamiter l'histoire.

mardi, 10 novembre 2009

Micmacs à tire-larigot

   Imaginez... imaginez qu'Amélie Poulain ait rencontré Louise Michel et que de cette rencontre soit né le désir de faire le bien... tout en punissant les méchants ! Eh oui, comme pour Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (et avec des clins d'oeil à Delicatessen), Jean-Pierre Jeunet a décidé de mettre en scène son idéalisme et, sous une apparence d'innocente gentillesse, il dit plein de choses.

   Le film a quand même du mal à démarrer. J'ai eu très peur au moment où l'on voit Bazil (Dany Boon, dans son rôle... mais il est à mon avis l'un des moins bons acteurs du film, qui regorge de talents) devenir clochard. Le passage du bord de Seine est franchement lourd. De plus, la musique est trop présente, souvent inutile. (Ton film n'a pas besoin de ça, Jean-Pierre !)

   L'histoire démarre vraiment quand le héros (ici c'est un homme qui mène l'action, mais le spectateur attentif aura perçu très tôt l'évidente parenté qui lie Bazil à Amélie) se fait justicier et met en oeuvre une foule de stratagèmes plus ingénieux les uns que les autres.

   Le film fait plaisir à voir par la construction des plans (parfois un peu surchargés ceci dit), les "bricoles" que Jeunet ne cesse de vouloir intégrer au scénario et l'entrain des acteurs, vraiment excellents. J'ai retrouvé avec plaisir Dominique Pinon, Jean-Pierre Marielle et André Dussolier. Nicolas Marié, Omar Sy (au personnage duquel le titre du film fait allusion) et Marie-Julie Baup (délicieuse en calculette humaine) ont été des découvertes. Enfin, mon coup de coeur : la contorsionniste incarnée par Julie Ferrer, é-pa-tan-te. Alors, évidemment, les personnes représentées à l'écran sont des "types", presque des caricatures. Les critiques qui ne jurent que par le psychologisme ont bien entendu été déroutés.

   Je soupçonne d'ailleurs Jeunet d'avoir organisé le début de son film comme une réponse à la critique intello qui, en général, méprise son travail. Son crédo est le cinéma populaire, qui raconte des histoires. Il se reconnaît donc davantage dans les films de genre américains de l'après-guerre que dans la nouvelle vague et ses épigones. Le clin d'oeil à la Warner (qui produit Micmacs et dont le nom apparaît au générique du film que regarde Bazil dans le magasin où il travaille) est aussi une réponse à la polémique qui avait entouré le financement de Un long dimanche de fiançailles. Pour bien enfoncer le clou, Jeunet fait défiler le générique de Micmacs au début, en anglais. Coquin, va !

   Heureusement, les spectateurs peuvent profiter du film sans que leur attention ne soit détournée par ces petits règlements de compte. On prend plaisir à voir de puissants et arrogants individus traqués, gentiment mais avec détermination. Plusieurs séquences sont de véritables moments d'anthologie : celle du chien à l'aéroport, celle du veilleur de nuit dont l'attention est odieusement détournée (avec à la clé une véritable performance d'Urbain Cancelier) celle du tir au canon et celle de l'explosion de l'usine d'armement.

   La fin est originale, à la fois dans l'esprit de Jeunet... et dans l'air du temps. Je n'en dis pas plus.

lundi, 02 novembre 2009

District 9

   J'ai mis du temps avant de voir ce film... mais, au moins, je l'ai vu en version originale (sous-titrée). Vous me direz : quel est l'intérêt ? Il est double : on peut profiter de l'accent afrikaner de certains acteurs (surtout celui qui incarne le "héros"... ça peut décomplexer le Français de base vis-à-vis de sa prononciation de la langue de Gordon Brown !) et l'on se rend compte de la diversité des idiomes parlés en Afrique du Sud. On entend ainsi du bon anglais ainsi que différents dialectes (dont un du Nigeria, sans doute).

   Evidemment, ce n'est pas un hasard si le scénario fait arriver ces extra-terrestres (de grandes crevettes anthropomorphes) au-dessus de l'Afrique du Sud, plus précisément de Johannesburg. Ils vont subir ce qui est arrivé jadis aux Noirs : parqués dans un gigantesque township (nommé "District 9") où tous les trafics illicites se développent, ils vont voir leurs conditions de vie se dégrader... et les humains veulent en plus les déplacer. Il s'agit donc d'une allégorie de l'apartheid. Mais c'est aussi une manière de montrer que le racisme est un sentiment bien partagé... et que les Noirs n'en sont pas exempts.

  La réalisation est brillante. Les scènes de township sont criantes de vérité. Le dédale de ruelles du bidonville est formidablement rendu. Les scènes d'action sont étourdissantes... vraiment impressionnantes de maîtrise... et sanguinolentes... Avis aux âmes sensibles ! Les effets numériques (tout comme la musique, au diapason) ont été utilisés pour rendre plus spectaculaires les bastons. On est peut-être parfois allé trop loin... et l'une des dernières séquences, qui voit intervenir le "robot", m'a un peu trop fait penser à certains mangas. Mais, comme c'est bien joué, une fois qu'on est pris par l'histoire, tout passe.

   Les scènes violentes sont heureusement contrebalancées par d'autres, plus intimes. Si celles qui présentent le héros et son épouse m'ont paru gnan-gnan, celles qui permettent aux spectateurs de découvrir de l'intérieur les relations entre les extra-terrestres sont très réussies. On se réjouira aussi de la dénonciation de l'appétit de puissance de certains hommes de pouvoir.

   Sans dévoiler la fin, je peux dire que ceux qui ont aimé seront ravis : il y a aura une suite... peut-être appelée District 10.

dimanche, 01 novembre 2009

Pierre et le loup

   Il s'agit d'une nouvelle adaptation du conte musical créé par Sergeï Prokofiev. Les studios Disney ont sorti une version (un brin surréaliste) il y a plus de 60 ans de cela. On peut en visionner les parties 1 et 2 sur youtube. (La narration est d'origine, en anglais. On peut accéder à la version intégrale en français sur Dailymotion.) La nouvelle version a obtenu un oscar en 2008 (meilleur court-métrage d'animation, je crois).

   Dans les deux films, des modifications ont été apportées. Dans celui de Suzie Templeton, l'action semble se passer en Russie. (Jusque là, tout est normal.) La mare (gelée) est située à l'extérieur d'une habitation protégée par une palissade. On retrouve bien évidemment la grille musicale : chaque instrument correspond à l'un des personnages. Le film ne comporte donc ni dialogues... ni narrateur (contrairement à la version Disney). Cela passe sans problème.

   Les modifications sont surtout visibles au début et à la fin : on nous présente Pierre comme un garçon persécuté par de jeunes cons (qui sont en fait... des chasseurs) et son attitude, à la fin du film, est en phase avec une certaine mentalité citadine de notre époque (je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer ce rare élement de divergence avec l'histoire originale). On notera aussi la transformation du personnage de l'oiseau.

   L'animation des marionnettes est de qualité. Cela donne une forme de réalisme poétique, pas très éloigné de ce que peuvent faire notamment des spécialistes lettons. Le site des films du préau propose un dossier de presse et un document pédagogique très intéressants pour comprendre la conception et la fabrication des images et personnages.

   Ce court-moyen-métrage est précédé d'un autre, moins réussi formellement, mais dans le même esprit : Le Loup blanc. (L'histoire est toutefois un peu plus dure, plus crue.)

   Et c'est là qu'on se rend compte que tout est déjà disponible sur la Toile ! Oui, même Pierre et le loup (en quatre parties) ! Franchement, allez le voir sur grand écran. Les cinémas qui le projettent proposent un tarif spécial (3-4 euros) et, dans une belle salle, c'est beaucoup plus joli à voir... et à entendre !

   P.S.

   Cette histoire a inspiré des professeurs des écoles qui ont fait travailler leurs minots là-dessus : on peut voir le résultat. C'est une interprétation très personnelle... collector !

samedi, 31 octobre 2009

Mary et Max

   C'est un film d'animation "pour adultes". Les personnages (deux principaux, une dizaine d'entourage et une foule de figurants) ont été fabriqués à partir de matières diverses : pâte à modeler, plastique, métal, crottes de nez (ah non, pas celui-là).

   C'est d'abord l'histoire de la correspondance qui va naître par le plus grand des hasards (et à l'initiative de la petite fille) entre une gamine australienne pas jolie jolie, complexée, élevée par une mère alcoolique et un New-yorkais obèse atteint du syndrome d'Asperger

   Nos deux héros asociaux ont des manies qui sont des ressorts comiques du film, notamment l'amour démesuré du chocolat (et de certaines friandises) et une passion pour le même programme télévisé. Mary a pour animal domestique un poulet. Max a pour uniques compagnons une perruche, un chien galeux et un poisson rouge, qu'il est obligé de remplacer régulièrement (et qu'il prénomme Henry I, II, III, IV... XXVI !). Mary est un peu amoureuse d'un garçon de son âge. Max n'a jamais eu de relations sexuelles (même pas avec sa main, apparemment !) et a pour seule connaissance régulière une mamie quasi aveugle de son immeuble. Mary aime donner un coup de main au vétéran de guerre agoraphobe qui vit près de chez elle.

   Si le comique naît de l'inadaptation des héros au monde qui les entoure, le film ne les méprise pas pour autant. C'est ce monde qui est montré comme étrange, voire hostile. C'est en cela que c'est un film à réserver à un public déjà mature : il est vraiment noir et, sur bien des points, prend le contrepied du cinéma d'animation commercial.

   Sur le site de Gaumont (qui distribue le film en France), on peut accéder à plein de bonus sympatoches.

   En France, le syndrome est mal connu. Plusieurs associations s'en préoccupent, dont une "marrainée" par l'épouse de l'actuel Premier ministre François Fillon.

vendredi, 30 octobre 2009

Rachel

   La réalisatrice franco-israélienne Simone Bitton s'est attachée au cas de Rachel Corrie, cette jeune Américaine membre de l'I.S.M. (International Solidarity Movement) tuée par un engin de chantier israélien à Gaza, en 2003.

   C'est donc un long documentaire, d'une durée de 1h30, en forme d'enquête... et d'hommage aussi. Si la réalisatrice donne la parole à tout le monde et si elle utilise des documents extrêment variés, on sent tout de même qu'elle penche pour la version colportée par l'I.S.M.

   Il ne fait aucun doute que la jeune femme est morte tuée par l'engin de chantier. Mais était-ce intentionnel ? Franchement, en sortant du film, je suis bien incapable de répondre à cette question... sauf si je me fie à la majorité des témoignages et opinions rapportés par la réalisatrice. Pour acquérir une certitude à ce sujet, il aurait fallu pouvoir filmer de l'intérieur du bulldozer-char, histoire de vérifier si ce qu'affirment les conducteurs à propos de leur champ de vision est plausible. Les schémas et dessins montrés (et issus des deux "camps") ne sont pas assez précis.

   Il n'en reste pas moins que, dans cette tragédie, l'armée israélienne a, une fois de plus, fait preuve d'une certaine négligence dans le respect des droits fondamentaux de ses adversaires. Je recommande tout particulièrement les entretiens avec le chef de la police, qui n'a pas trop cherché à creuser... d'autant plus que la procédure d'enquête est vraiment particulière ! (Les militaires ne risquent pas grand chose, quoi qu'il arrive...)

   Le film est donc très intéressant parce qu'il est une sorte de "tranche de vie" du conflit du Proche-Orient, que l'on découvre par le biais de la destruction des habitations palestiniennes sous prétexte de sécurité. A ce sujet, on peut noter que des sites pro-israéliens soutiennent que les militants d'I.S.M. s'opposaient, dans ce cas précis, non pas à la destruction d'une maison mais à celle d'un tunnel de communication entre la bande de Gaza et l'Egypte. (Si vous cliquez sur le lien, et même si vous allez jusqu'à la source anglophone, vous vous apercevrez que les vidéos censées démonter la thèse des activistes ont été retirées par le contributeur...) A la limite, on s'en fiche : rien ne justifiait l'emploi disproportionné de la force.

   Le film mérite le déplacement aussi par le portrait qu'il trace de cette jeune femme qui, contrairement à nombre de crétins de son âge, ne passait pas son temps à regarder la télévision, faire du lèche-vitrines ou papoter à propos de la dernière niaiserie à la mode. C'est l'histoire d'un engagement, restitué par l'intermédiaire des textes écrits par Rachel Corrie, mais lus par ses camarades.

   On peut en savoir plus sur elle en consultant le site de l'I.S.M. ou celui de la fondation qui lui est consacrée.

mardi, 27 octobre 2009

The September issue

   A priori, je ne fais pas partie du public-cible de ce genre de film... parce que la mode, j'évite de marcher dedans, même du pied gauche. Ceci dit, le bouche-à-oreille étant bon, je me suis laissé tenter. Et puis, au-delà du côté "paillettes", le film semblait aborder d'autres aspects du sujet, notamment la personnalité de celle qui dirige Vogue d'une poigne de fer (dans un gant de soie ?), Anna Wintour.

   C'est d'ailleurs l'un des intérêts du film, qui croise les entretiens avec les scènes tournées au siège du magazine et d'autres, filmées en extérieur, notamment en Europe. On finit par se rendre compte que cette Britannique fait un complexe vis-à-vis des membres de sa famille qui ont "réussi"... et pas dans la futilité (il faut bien la regarder quand elle dit que son travail fait sourire ses frères et soeurs) : un est chroniqueur politique au Guardian (quotidien britannique de centre-gauche), un autre contribue à développer le programme de logements collectifs bon marché pour les classes populaires.

   Par contre, j'ai été moins intéressé par le côté "fanfreluches". Franchement, ces dames (et quelques messieurs) se donnent bien du mal pour un sujet qui n'en vaut pas la peine. Et puis que dire de leurs présupposés esthétiques... Plus d'une fois j'ai souri en voyant ce qui était considéré comme "beau". La plupart du temps, les mannequins portent des trucs immettables... et surtout moches ! Quant aux rédactrices et autres directrices artistiques, force est de constater qu'elles s'habillent avec un goût douteux, y compris la patronne.

   Ah si, il y a quelque chose de vraiment beau dans le film : les photographies. Comme c'est un magazine qui contient peu de texte, un grand soin est apporté aux choix iconographiques. Et là, il faut le dire, nombre d'oeuvres sont absolument fabuleuses. Je pense en particulier aux photographies illustrant le style "garçonne", mais aussi celles prises au château de Versailles. Sur grand écran, c'est magnifique... et cela donnerait presque envie d'acheter le magazine.

   Fort heureusement, quelques traits d'humour émaillent ce long reportage. J'ai particulièrement ri lorsqu'il est question de la forme physique de l'un des assitants (obèse) de la rédac' chef : il se met au tennis... accompagné d'un attirail très fashion ! Je recommande aussi la séquence (vers la fin) où il est question du ventre du réalisateur... Si vous avez mauvais esprit, vous ricanerez aussi aux scènes dans lesquelles apparaît une vedette du moment, qui va servir de support à la couverture du numéro de septembre en préparation. Avec son joli minois, cette Sienna Miller (inconnue au bataillon) n'est qu'un objet modelable entre les mains des créateurs de Vogue. On se pose donc de grandes questions sur sa coiffure et ses dents, où un regard avisé distingue, derrière la blancheur immaculée apparente, des traces de plombage...

   Je termine par deux bémols. Tout d'abord, on ne nous montre quasiment pas le travail des rédacteurs (ben oui, y a quand même du texte dans ce magazine), alors que beaucoup de temps est consacré à celui des directeurs artistiques et des photographes. Seule la conception des titres est évoquée, rapidement. Enfin, quand on n'est pas parfaitement bilingue, on a besoin de s'accrocher aux sous-titres. Or, il faut souvent (surtout au début) jongler entre ceux-ci et les incrustations, qui donnent la fonction de tel ou tel intervenant. C'est un peu fatiguant.

lundi, 26 octobre 2009

7 minutes au paradis

   Attention : sujet casse-gueule. L'héroïne est une Israélienne de base, rescapée d'un attentat-suicide dans un bus. Sans que je puisse en dire plus, sachez qu'elle n'en est pas complètement sortie. Elle va chercher à retrouver le secouriste qui lui a sauvé la vie.

   Le film est une sorte de puzzle mental. Se croisent des moments du passé (la vie d'avant l'attentat, l'attentat lui-même), des moments fantasmés, où semblent revivre les morts... et d'autres moments, mal définis. Derrière une apparence de limpidité se cache une relative complexité narrative. Faites bien attention aux personnages croisés au début : on les retrouve dans d'autres circonstances, à la fin.

   Le film repose entièrement sur les épaules de l'actrice principale, Reymonde Amsellem, vraiment épatante et disposant d'une palette de jeu très variée : elle alterne les phases les plus contrastées et paraît tour à tour femme forte, amoureuse qui doute et blessée en plein désespoir.

   Le réalisateur a beaucoup misé sur les gros plans. Cela véhicule bien l'émotion et nous rend attentifs à des détails en apprence anodins, comme les éléments de la combinaison qu'est obligée de porter l'héroïne, qui a été gravement brûlée au dos. Une des scènes les plus réussies est d'ailleurs celle qui la voit se gratter furieusement par tous les moyens possibles (de la cuillère en bois à la paroi de son appartement).

   Si on comprend assez vite quelle est l'identité de la personne recherchée par l'héroïne, le retournement final est assez inattendu. Je m'attendais à quelque chose d'autre mais, après tout, c'est dans la ligne du titre du film.

samedi, 24 octobre 2009

Démineurs

   ... vu en version française. Et voilà la guerre en Irak qui repointe le bout de son nez. Ici, elle est abordée par un côté anecdotique : l'action d'une équipe de démineurs, certains d'entre eux particulièrement "allumés". Il faut dire qu'ils sont quotidiennement confrontés à l'horreur humaine. C'est donc un film à déconseiller aux âmes sensibles (ainsi qu'aux enfants, bien qu'aucune interdiction ne soit spécifiée... on voit là un trait caractéristique de notre époque violente, qui censure dès qu'un poil de cul ou un bout d'étron dépasse, mais qui laisse les yeux les plus innocents accéder aux pires images sanguinaires).

   Question mise en scène, on ne nous donne rien de nouveau, mais Kathryn Bigelow semble avoir puisé dans le "lourd" : Voyage au bout de l'enfer et Full metal jacket pour le Vietnam, Battle for Haditha et Redacted pour la guerre en Irak. L'image est soignée, la caméra à l'épaule n'est pas utilisée à tort et à travers... et le rendu est finalement assez agréable pour le spectateur. On peut aussi trouver une parenté avec le bon film israélien Beaufort, dans lequel le déminage n'occupait qu'une partie de l'intrigue.

   Ici, la place est centrale. Le film s'articule autour de ces moments de tension, au cours desquels les héros risquent leur vie. Jeremy Renner est particulièrement bon en sergent franc-tireur, intrépide et bricoleur (particulièrement à l'aise quand il s'agit d'étriper une bagnole !), dans un rôle qui aurait parfaitement convenu jadis à Bruce Willis. Entre ces moments fort, le film ménage des séquences plus humoristiques ou tendres, dans lesquelles les vaillants soldats apparaissent le plus souvent comme de pauvres types.

   Dans la séquence à mon avis la plus forte du film le déminage n'occupe pourtant qu'un rôle secondaire : il s'agit d'un get-apens tendu en plein désert, où les combats durent toute la journée. Tout y est réussi : la mise en scène, les effets spéciaux, les dialogues et l'interprétation.

   Par souci de réalisme (et peut-être aussi histoire de ne pas paraître trop unilatéral), le scénario fait intervenir ponctuellement des personnages irakiens (sans doute interprétés par des Jordaniens ou des Palestiniens de Jordanie). On perçoit l'une des limites de ce film : trop centré sur ce groupe de jeunes Américains, il évacue le contexte géopolitique de l'intervention en Irak et pourrait passer, parfois, pour une apologie de la guerre, en dépit de toutes les horreurs qu'il montre, souvent de manière assez crue.

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