samedi, 31 janvier 2026
Primate
Ce petit film d'horreur a pour principal antagoniste un chimpanzé domestique, devenu enragé. On le découvre dans ses œuvres dès la première séquence, chargée de nous "mettre l'eau à la bouche"... avant que l'histoire ne fasse un bond en arrière.
C'est un procédé classique de ce genre de films, tout comme la présence, dans le groupe de protagonistes, d'une brochette d'individus peu sympathiques, que l'on découvre dans la séquence suivante (dans un avion). Ces jeunes adultes (des deux sexes) semblent assez superficiels, immatures. Les scénaristes sont malins : on a rapidement envie qu'il leur arrive quelques bricoles.
Grâce à Ben (le chimpanzé), ce sera chose faite, avec une cruauté à faire pâlir d'envie un requin psychopathe. Mais, en attendant ce déferlement de violence simiesque, on peut profiter de la visite d'une baraque époustouflante, située dans les îles Hawaï, dotée d'une somptueuse piscine à flanc de falaise. Comme, en plus, il fait chaud, c'est l'occasion pour les jeunes héros de porter des petites tenues. (Trop malin, le scénar !)
Évidemment, il faut s'attendre à ce que plusieurs personnages fassent ce qu'il ne faut absolument pas faire dans ce genre de situation (sauf bien sûr si l'on à envie de finir entre les pattes de Ben). A un moment, on a même un duo de jeunes hommes, un brin éméchés, qui décident de faire "deux groupes de un". (Jean-Marie Bigard, sors de ce corps de scénariste !)
J'oubliais de vous dire que l'un des protagonistes est sourd-muet. Certains échanges s'effectuent donc grâce à la langue des signes... ce qui permet aussi de communiquer avec le singe (enfin, tant qu'il a encore toute sa tête). Le côté "inclusif" du film est renforcé par une amitié très particulière entre deux jeunes femmes, l'une des deux apparaissant clairement comme bisexuelle. Cela suffira-t-il à la faire échapper aux griffes du chimpanzé ? Le suspens est insoutenable...
20:39 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Furcy, né libre
Onze ans après Qu'Allah bénisse la France, le rappeur Abd Al Malik est de retour derrière la caméra, avec un film "engagé", consacré à un personnage réel de notre histoire, Furcy Madeleine, en général présenté comme esclave réunionnais, mais qui, en réalité, était né libre... sans le savoir. Sur un sujet fort, le réalisateur a construit une œuvre divisée grosso modo en trois parties, qu'on peut se contenter d'analyser sur un plan strictement cinématographique, mais dont je pense qu'il faut aussi présenter les faiblesses historiques.
La première partie évoque la période 1816-1817 quand, après avoir découvert l'affranchissement ancien de sa mère, Furcy décide de se faire rendre justice. Les méchants de l'histoire sont en général bien campés : Vincent Macaigne incarne une petite ordure de colon esclavagiste et Micha Lescot nous ravit en avocat fielleux et méprisant. Du côté des gentils, Makita Samba est sobre dans le rôle principal, tandis que Romain Duris et Frédéric Pierrot sont chargés d'incarner les juristes humanistes. Ils le font avec conviction... et, parfois, avec maladresse. Les scènes sont souvent très courtes. Je pense que le montage a eu pour but de masquer certaines faiblesses.
La deuxième partie est consacrée au (long) séjour de Furcy sur l'Île Maurice (ex-Île de France), d'abord comme esclave, puis comme employé de commerce. Cette partie contient un peu plus de cinéma, avec les scènes de case et de plantation. On nous y montre la volonté de briser un homme, pour qui survivre, c'est résister. Makita Samba est toujours aussi sobre et digne, un peu comme jadis Alfred Dreyfus à Cayenne. Il supporte ce qu'il subit, dans l'espoir que ses droits finissent par être reconnus. J'ai aussi apprécié le fait que, pour les esclaves (mais pas que), l'émancipation passe par la lecture et l'écriture.
Je n'ai pas été choqué par la comparaison visuelle qui est faite (par allusion) entre l'entrée de la file d'esclaves sur la propriété esclavagiste et l'arrivée des déportés de jadis dans les camps nazis. Dans les deux cas, on est face à un crime contre l'humanité et il est question de travail forcé. (Mais, les esclaves ne sont pas victimes d'extermination, ce qui constitue la limite de la comparaison.)
A travers la séquence mauricienne, on a l'impression qu'Abd Al Malik a voulu faire son 12 Years a Slave... en moins bien. Le moment qui voit le héros s'investir dans la confiserie est toutefois correctement mis en scène, même s'il comporte des zones d'ombre et des déformations (dont je parlerai plus loin).
La troisième partie se joue en France métropolitaine. C'est le retour du film de procès. On y entend de belles plaidoiries, de belles déclarations de principes, mais c'est gâché par la volonté de faire de l'avocat de Furcy (l'ancien procureur du début, interprété par Romain Duris) un homme malade, à la toux aussi aléatoire qu'envahissante, sauf quand il nous livre sa grande tirade, curieusement pas interrompue par le moindre soubresaut. (Au passage, je signale que ledit ex-procureur, reconverti en avocat, était absent du procès en Cassation... Peut-être a-t-on estimé qu'il était regrettable de se passer des services de Romain Duris pour cet épisode capital de l'intrigue.)
Le film se conclut sur l'évocation, par des incrustations, des suites judiciaires (l'obtention de réparations) et de la fin de la vie de Furcy. Là encore, on ne nous donne que des informations incomplètes, ce qui m'amène à évoquer les faiblesses historiques du film, qui ne sont pas petites.
Le premier problème est posé par le choix du comédien principal, non pas en raison de son talent (je trouve qu'il fait plutôt bien le job), mais à cause de son apparence physique. Le véritable Furcy n'était pas africain, mais né d'une mère indienne (ce qui figure d'ailleurs dans les dialogues) et d'un père colon français de Bourbon. Dans les textes de l'époque (par exemple le testament de la tante de l'esclavagiste Lory), il est qualifié de "Malabar", pas de "Cafre" (terme utilisé pour désigner les personnes originaires de l'Afrique intertropicale). Il ne devait donc pas ressembler à ceci :
... mais plutôt à cela :
(Ces deux tentatives de représentation figurent dans une exposition datant de 2019, dont on peut télécharger la version numérique ici. Les auteurs du film auraient dû la consulter et s'en inspirer.)
A ce problème d'incarnation s'ajoutent les choix opérés à propos de la représentation des femmes. Dans le film, Furcy entretient une liaison amoureuse avec une femme blanche (bien incarnée par Ana Girardot). Dans la réalité, Furcy a eu des relations avec des femmes "libres de couleur", sur l'île Bourbon comme sur l'île Maurice. Il a même eu des enfants avec. Cela aurait pu constituer un versant intéressant de l'intrigue, que les scénaristes ont préféré remplacer par une relation interethnique (pourquoi pas après tout). Peut-être aussi s'agissait-il d'ajouter un nom connu à la distribution (pourtant déjà riche). On ressent toutefois un certain malaise quand, dans la troisième partie de l'histoire, cette petite amie blanche suggère au héros de se soumettre... On se demande ce qui peut bien justifier cette insertion totalement fictive, tout comme une autre, un peu avant : quand Furcy débarque sur l'île Maurice, il est presque immédiatement maltraité par une parente de Lory, une femme blanche, à cheval, qui le frappe. Or, d'après l'essai biographique qui a été consacré à Furcy (voir ci-dessous), c'est le frère aîné de Lory qui le moleste.
(Vous noterez que l'éditeur de la version de poche n'a pas été très inspiré dans le choix de l'illustration de couverture (qui est censée représenter... Othello, personnage de Shakespeare). J'ajoute que, très souvent, j'ai lu et entendu, à propos de ce livre, qu'il était un roman, ce qui n'est pas le cas. C'est au moins l'indice que ces personnes ne l'ont pas lu.)
Mais le personnage féminin le plus maltraité du film (au sens propre comme au sens figuré) est sans conteste Constance, la sœur de Furcy. Elle aussi est dotée d'une apparence qui n'a pas grand chose à voir avec la réalité. (Issue du même métissage que son frère, elle était jadis décrite comme ayant la peau claire et pouvant passer pour une Européenne de l'époque.) Surtout, dans le film, bien que rebelle, elle est essentiellement présentée comme une victime, un personnage secondaire, alors qu'elle savait lire et était à l'origine de la procédure juridique en faveur de son frère, qu'elle a tout fait pour sortir de l'esclavage. Enfin cerise sur le gâteau, la séquence de "pressions" exercées sur elle chez les planteurs blancs est en grande partie inventée. Certes, certains esclavagistes de Bourbon l'ont menacée pour qu'elle change sa version des faits, mais dans tout ce que j'ai lu, il n'est pas question du viol suggéré par le film, un viol qui aurait été perpétré par Brabant, le sbire noir de Lory... qui, en réalité, avait déjà quitté son service à l'époque. (Il avait acheté son affranchissement.) Il a bien rencontré Constance, mais, dans la rue, et cela s'est limité à une discussion... Je précise que je tire la plupart de ces détails du livre de Mohammed Aïssaoui, qui est pourtant présenté par la production comme ayant inspiré le film !
Je ne vais pas m'éterniser, mais je tiens à terminer par un dernier élément, que je juge très important, et que les auteurs du film ont pris soin de passer sous silence. Une fois sa liberté obtenue à Maurice, Furcy est devenu commerçant indépendant (pas simple employé, comme montré dans le film). Il s'est enrichi et a même acheté... deux esclaves ! Du coup, son combat semble quelque peu perdre sa vocation universaliste, pour devenir celui d'un homme talentueux, soucieux d'obtenir la place qu'il estime mériter dans une société inégalitaire qu'il ne souhaite pas chambouler.
17:39 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
mercredi, 28 janvier 2026
Gourou
Quelques mois à peine après la sortie de Dalloway, voici une nouvelle œuvre de Yann Gozlan sur nos écrans. Ce sont aussi des retrouvailles avec Pierre Niney (qui coproduit le film), auréolé de sa prestation dans Le Comte de Monte-Cristo.
Ici, le nouvel Alain Delon du cinéma français interprète un coach en développement personnel prospère, qui organise de grandes réunions cathartiques (payantes), au cours desquelles il ambitionne de redonner du sens à la vie de ses "clients". Dans le rôle du gourou qui ne dit pas son nom, Niney a une présence folle. Sa performance justifie à elle seule la vision du film, de surcroît habilement mis en scène et doté d'une excellente musique d'accompagnement.
J'ai été cueilli par la première scène "messianique", qui voit le coach "prendre en mains" un pauvre type qui le voit comme un demi-dieu. Le pauvre type en question est très bien interprété par Anthony Bajon (rappelez-vous : Teddy). Les interactions entre ces deux personnages nous réservent quelques surprises.
Un autre moment fort est celui au cours duquel Matt Vasseur démasque (sans le dire ouvertement) une infiltrée, en pleine "cérémonie".
Cette manière de procéder, de la part du héros, m'a rappelé les télévangélistes (américains) de ma jeunesse, que je regardais jadis sur RTL. C'est fou comme les styles sont ressemblants, la grande différence résidant dans le caractère laïc du travail du gourou, celui-ci se permettant toutefois de préciser, au cours d'un entretien, que lui et Jésus font un peu le même boulot...
La réalisation est suffisamment subtile pour ménager quelques incertitudes : dans quelle mesure le héros croit-il à ce qu'il dit ? quelle est la nature exacte de la relation toxique qu'il entretient avec son frère ?
Ma principale déception vient de la fin de l'histoire. Soit Gozlan n'a pas su comment conclure, soit il a maladroitement brouillé les pistes pour que l'on ne devine pas à l'avance comment tout cela allait se terminer... soit, entre plusieurs fins possibles, on n'a pas choisi la meilleure.
Le film n'en demeure pas moins fort, prenant, s'appuyant d'abord sur le talent d'un acteur solaire, bien épaulé par une brigade de seconds rôles efficaces.
21:23 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société
samedi, 24 janvier 2026
Meurtres à... Millau
Cinq ans après Crime dans le Larzac, France 3 consacre un autre de ses polars du samedi soir à l'Aveyron... et à la Lozère, puisque c'est à Sainte-Enimie (aujourd'hui village de la commune nouvelle Gorges du Tarn Causses) qu'est découvert un cadavre, au début de l'épisode diffusé ce samedi soir.
Le choix de ce village est sans doute dû aux légendes qui circulent localement à propos de la fameuse Enimie... ainsi qu'aux magnifiques vues aériennes qu'il est possible de tourner sur place, dans les gorges du Tarn. Les téléspectateurs lozériens seront donc sans doute ravis de l'habillage visuel de cet épisode, tandis que les Aveyronnais devront se contenter de vues (certes superbes) du célèbre viaduc, le centre de la commune de Millau étant à peine montré. (Au passage, il convient de préciser à celles et ceux qui ne connaissent pas la région que, lorsqu'on quitte Sainte-Enimie pour rejoindre quelqu'un au pied du viaduc, on ne lui dit pas -comme dans l'épisode- « à tout de suite », mais plutôt « à tout à l'heure », puisqu'une heure de trajet sépare les deux endroits. Les gorges les plus proches de Millau sont celles de la Dourbie, un affluent du Tarn.)
Aux qualités "paysagères" de cet épisode s'ajoute une intrigue fouillée, mystérieuse, qui mêle trois événements dramatiques s'étant déroulés à trois périodes différentes. Cela maintient l'intérêt, davantage en tout cas que la qualité de l'interprétation. Je me réjouissais à l'idée de retrouver Jean-Pierre Darroussin mais, à plus de soixante-dix ans, celui-ci n'est pas très crédible en gendarme de terrain.
L'autre point faible de cet épisode est le versant familial de l'intrigue, bourré de maladresses et de clichés.
Ce n'est donc ni totalement réussi, ni totalement raté. A chacun de voir si cela mérite le détour.
15:59 Publié dans Aveyron, mon amour, Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actu, actualite, actualites, actualité, actualités, télévision, télé, occitanie
vendredi, 23 janvier 2026
28 ans plus tard (suite)
Il y a six mois, on avait laissé Ralph Fiennes au milieu de ses tas d'os et Spike (le gamin un peu crétin) au contact d'une bande de cinglés. L'histoire reprend peu de temps après. Le scénario est toujours dû à Alex Garland (rappelez-vous : Civil War), mais, derrière la caméra, Danny Boyle a cédé la place à Nia DaCosta, à laquelle on doit notamment The Marvels. Ce n'était pas forcément bon signe mais, vu le gâchis du précédent film, le changement de réalisateur était pleinement justifié.
Les deux premières séquences mettent en scène deux groupes de personnages qui, dans un premier temps, évoluent séparément, l'intrigue les destinant à se rapprocher. Ces deux séquences donnent aussi le ton du film (saignant, voire gore), chacune comprenant une mise à mort cruelle.
La première intervient dans le groupe de fanatiques réuni autour de l'ancien petit garçon traumatisé du précédent film, devenu gourou satanique, adepte des sacrifices humains. Je dois dire que la mise à mort qui survient est assez surprenante et adroitement mise en scène.
Un degré est franchi lors de la deuxième séquence, qui nous présente le nouvel Alpha des "infectés" de la région. La manière dont il "désosse" l'une de ses victimes est... sidérante.
La douceur finit par arriver, en la personne du médecin Ian, toujours formidablement interprété par Ralph Fiennes, qu'il faut entendre en version originale. Sa diction est sans pareille et il parle un anglais délicieux... qui contraste avec celui pratiqué par les autres personnages, qui parlent soit une langue standard, sans relief, soit un anglais marqué par un fort accent, qui peut être celui du nord de l'Angleterre, ou celui de l’Écosse. (Et vive la V.O. !)
La suite de l'histoire nous permet de comprendre pourquoi cette œuvre de divertissement est interdite aux moins de seize ans. On nous propose une accumulation de tortures et de morts violentes, le tout filmé avec une incroyable crudité. C'est aussi très bien interprété, notamment par Erin Kellyman (vue récemment dans Eleanor the Great), Jack O'Connell (qui a incarné le petit copain d'Amy Winehouse dans Back to Black) et Chi Lewis-Parry, en colosse musculeux de moins en moins hurleur.
Mais c'est sans conteste Ralph Fiennes qui remporte la palme. Il porte son personnage à un degré supérieur. Le médecin solitaire tente de se faire un ami de l'Alpha des infectés, qui lui-même a des sensations bizarres. Ian se prend à espérer pouvoir le guérir. De là naît une ébauche d'amitié, des plus spéciales (sur fond de morphine), entre complicité et violence sous-jacente.
J'ajoute à ces qualités la mise en scène de 35 des 40 dernières minutes : une séquence de folie, de la préparation au déroulement d'une nuit de mystification et de sacrifices, avec un Ralph Fiennes complètement halluciné, une mise en scène inspirée... et la présence d'Iron Maiden !
Les cinq dernières minutes font redescendre la tension et véhiculent clairement un message politique (à destination des habitants des États-Unis comme de l'Europe). L'ultime scène voit le retour d'un personnage du tout premier film (un indice : il coproduit). On nous prépare donc sans doute une suite...
22:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
mercredi, 21 janvier 2026
Greenland 2 - Migration
Quelques mauvaises langues prétendent que c'est après avoir vu le premier Greenland (qui, dans la langue de JD Vance, désigne le Groenland) que Donald Trump a pris la décision d'annexer le territoire autonome danois... Peut-être que la vision du second volet pourrait contribuer à mettre fin à une crise internationale : en effet, au début de cette suite, censée se dérouler cinq ans plus tard, le refuge groenlandais devient bigrement inhospitalier, contraignant les héros à se rendre au Royaume-uni puis en France métropolitaine, pour tenter d'atteindre l'Italie.
La mise en bouche est assez intéressante, puisqu'elle illustre (hélas trop rapidement) les difficultés, pour un groupe humain, à cohabiter par milliers dans un espace confiné. Il leur est en effet impossible de sortir sans protections, sous peine de mourir asphyxiés. C'est pourtant ce que fait, à l'occasion, John Garrity (Gerard Butler, toujours coproducteur), qui a des burnes d'acier.
Je dois dire que les scènes d'extérieur sont assez emballantes, qu'il s'agisse des plans de la campagne (supposée) groenlandaise, anglaise ou française (en réalité islandaise) que des cataclysmes qui s'abattent sur les rescapés humains : pluie d'astéroïdes, tempête radioactive, coulées de lave, tsunami, bourrasques gigantesques, crise d'hémorroïdes... sans compter le comportement prédateur de certains survivants, qui ne voient dans les autres humains que des proies potentielles. Face à cela, le film tient un discours progressiste, selon lequel la salut se trouve dans l'entraide. Plusieurs scènes mettent en valeur ce précepte, de manière toutefois trop appuyée à mon goût.
C'est donc un film à voir en salle, pour bien profiter des moments spectaculaires, comme la catastrophe groenlandaise ou le passage par (ce qui fut) la Manche, assez bien maîtrisé en terme de mise en scène.
En revanche, les dialogues ne sont pas plus élaborés que dans le premier volet. A signaler toutefois qu'au cours de leur périple (qui passe par le Pas-de-Calais et le Massif Central), les héros reçoivent l'aide de Français, présentés positivement, sans caricature. Ce n'est pas si fréquent que cela dans les grosses productions hollywoodiennes.
21:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
lundi, 19 janvier 2026
L'Affaire Bojarski
Trois ans après La Syndicaliste, Jean-Paul Salomé nous revient avec un biopic sur celui qui fut peut-être le plus brillant fabricant de fausse monnaie que la France ait subi connu. Le défunt Ceslaw Bojarski (1912-2003) bénéficie actuellement d'une importante couverture médiatique, mais il n'était pas méconnu pour autant. Les années qui ont suivi son décès avaient vu un premier regain de notoriété.
Le film rend hommage au talent de celui qui fut à la fois un artisan et un artiste, d'une méticulosité maladive, ayant plutôt tendance à travailler en solo. Le projecteur est placé sur trois périodes de son existence : ses premiers pas dans la fausse monnaie, au sein d'un groupe criminel, sa longue carrière en solo et la fin de son parcours, en duo. J'ai trouvé passionnante la description du travail du faussaire, de la création des matrices à la fabrication du papier-monnaie, le tout dans une discrétion absolue, même si, parfois, le film sous-entend que Bojarski a dû son salut à la stupidité de certains policiers.
C'est là d'ailleurs l'une des faiblesses de l'intrigue, avec la présence régulière d'invraisemblances. Dès le premier retour en arrière (qui se passe durant la Seconde Guerre mondiale), on est un peu atterré de voir la facilité avec laquelle l'apprenti-faussaire (qui fabrique à l'époque de faux papiers d'identité) échappe à une patrouille allemande, qui ne prend pas la peine de pénétrer dans un atelier pourtant éclairé après le couvre-feu... Plus tard, c'est la rencontre fortuite entre deux protagonistes, à l'hôtel, autour d'un bon verre, qui pique les yeux... d'autant qu'elle n'a pas existé. Et que dire de certaines maladresses, comme celle qui voit deux personnages se rencontrer dans un parloir et esquisser le geste hyper bateau de faire se toucher leurs mains de part et d'autre de la grille de séparation... alors qu'il existe une (petite) ouverture, juste au-dessous... ouverture qui va d'ailleurs être utilisée dans la suite de la scène !
Je pourrais en citer quelques autres comme cela, mais je n'ai pas envie de m'acharner. L'histoire m'a tout de même emporté, malgré l'interprétation un poil décevante. On a vu Reda Kateb bien meilleur ailleurs. Je trouve que Bastien Bouillon et Pierre Lottin s'en sortent un peu mieux, sans faire d'étincelles. Quant à Sara Giraudeau, elle pourrait presque porter plainte vu ce qu'on lui fait jouer. (Aux amateurs d'info pipole, je signale qu'une comédienne incarnant un personnage secondaire a parfois une moue qui rappelle furieusement celle de sa mère - elle fait carrière sous le nom de son père.)
Cerise sur le gâteau, l'un des traits caractéristiques du "héros" est construit à partir de mensonges. Bojarski était bien ingénieur de formation, et il avait un côté bricoleur. Mais, non :
- il n'a pas inventé le stylo-bille
- il n'a pas inventé le rasoir à lame jetable
- il n'a pas inventé la brosse à dents électrique
- il n'a pas créé la première machine à café à dosettes
Au départ, ce côté Géo Trouvetou est plutôt sympa, d'autant qu'il est nimbé de comique, mais, quand on se rend compte que (presque) tout est faux, cela nuit globalement à la crédibilité de l'intrigue. (Si j'étais médisant, je dirais que c'est volontaire de la part des scénaristes, qui font œuvre de propagande, tendant de démontrer que c'est parce que la vilaine société française de l'après-guerre était xénophobe qu'un talentueux ingénieur s'est tourné vers le crime...)
Si l'on supporte les maladresses et les invraisemblances, on peut suivre cette vie extraordinaire, celle d'un délinquant qui a longtemps réussi à passer sous les radars en évitant d'être flambeur.
P.S.
Les images d'époque diffusées en début de générique de fin sont issues d'une reconstitution. On y voit Bojarski mimer les gestes qu'il accomplissait autrefois.
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dimanche, 18 janvier 2026
Alice au pays du manga
Presque dix ans après que Disney a sorti l'adaptation de la seconde partie des aventures de la petite Alice, un réalisateur japonais choisit à la fois de revenir aux sources et d'actualiser l'intrigue. Cela donne un film d'animation peu commun, qui débute par une "soirée pyjamas" entre filles et s'achève dans le salon d'une étrange maison...
Les amateurs de l'histoire d'origine retrouveront avec plaisir le grand terrier, les changements de taille, le lapin pressé, le chapelier fou, le chat du Cheshire (très réussi), les personnages en forme de cartes à jouer... et la fameuse reine de cœur.
Mais tout ceci ne sert qu'à encadrer une histoire bien contemporaine, celle de Lise, jeune adulte introvertie, qui peine à trouver du travail. Le décès de sa grand-mère adorée la conduit à tester l'héritage de celle-ci : le fameux pays des merveilles, dont le cinéaste choisit de faire un monde virtuel. C'est une excellente idée.
L'autre bonne idée est de ne pas faire de Lise une Alice moderne, mais de lui faire rencontrer la véritable Alice (au cours de son périple virtuel). Je dois dire que je préfère le personnage de la petite fille intrépide à celui de la citadine un peu godiche, que cette véritable odyssée fantasmagorique est censée faire mûrir : elle qui est effacée doit davantage affirmer son tempérament et laisser de côté ce qui est accessoire. Elle est à l'origine "bouffée" par son smartphone, sa consultation des réseaux sociaux et les jeux en ligne.
L'intrigue est donc plus riche que celle d'une simple adaptation. J'ai particulièrement apprécié le développement inédit de deux épisodes : celui de l'inondation de larmes et celui du procès. C'est inventif et visuellement brillant. C'est aussi une belle histoire d'amitié, entre Lise et Alice et entre Lise et sa grand-mère, dont elle regrette de s'être éloignée.
22:32 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
La bite de Mars
Cet après-midi, en voiture, j'écoutais la radio quand je suis tombé sur l'émission Allons-y voir !, animée par l'historien Patrick Boucheron, sur France Culture. Je ne suis pas particulièrement fan de ce programme (dont je trouve le présentateur un peu pontifiant), mais, sur la radio publique, il est encadré par Une Histoire particulière et Les Grandes Traversées, dont je recommande l'écoute (le second débutant une série sur Al Capone).
Aujourd'hui, Patrick Boucheron a consacré une partie de son émission à l'analyse d'un tableau de Jacques-Louis David, Mars désarmé par Vénus (conservé au Musée des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles, ville où le peintre est mort, en exil).
Cette œuvre fait partie de celles (de divers auteurs) qui évoquent la relation tumultueuse entre le dieu de la guerre et la déesse de l'amour physique et de la beauté. Le problème était de représenter cette "intensité physique" en respectant les codes moraux de l'époque...
Ainsi, alors que Mars est en train de se faire déshabiller (et désarmer), par Vénus, des nymphes et ce petit coquin de Cupidon, la déesse l'entreprend et l'on remarque qu'elle a posé sa main gauche sur le haut de la cuisse droite du dieu guerrier. Tout individu de sexe masculin est conscient que cette proximité entre la main (présumée) douce et le pénis divin, ajoutée à la nudité sublime de la déesse, provoque sans doute une "vive émotion" chez Mars, émotion masquée par la présence de l'une deux colombes, placée pile au bon endroit.
Pour dire les choses plus clairement, ce cher Mars a sans doute le gourdin, une situation évoquée métaphoriquement par deux objets inclus sur le tableau : la grande lance, que le dieu tient levée, bien droite... et le gros tube qui pend le long du corps de Cupidon, masquant l'entrecuisse de celui-ci.
Ah, qu'il est bon de se cultiver !
20:48 Publié dans Histoire, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias, actu, actualite, actualites, actualité, actualités, arts, peinture, tableau, art
jeudi, 15 janvier 2026
Le retour d'Elsbeth
L'an dernier, j'ai découvert cette série dite de "comédie policière", dont TF1 avait interrompu la diffusion en plein milieu de la deuxième saison (apparemment en raison du retard pris par le doublage en français). Il y a huit jours, la chaîne hexagonale a repris le programme là où elle l'avait laissé. Nous voilà donc avec quatre nouveaux épisodes à nous mettre sous la dent.
« Nom d'un kilt » a ouvert le bal, mercredi 7 janvier. Il bénéficie d'un scénario astucieux, faisant intervenir un dispositif original (appelé « L'iris »), un double écran géant, interactif, l'un disposé au centre de New York, l'autre (en théorie), en Écosse :
Cette enquête voit Elsbeth collaborer à distance avec un charmant musicien, Angus, incarné par Ioan Gruffudd qui, dans une vie antérieure, fut l'une des incarnations de Mr Fantastic au cinéma. Les téléspectateurs l'ont vu aussi dans la série Forever et, surtout, en médecin légiste peu conventionnel dans Dr Harrow.
Pour profiter de toutes les facettes du personnage d'Angus, je recommande de suivre cet épisode en version originale sous-titrée, Gruffudd (qui est d'origine galloise) parlant anglais avec un accent à couper à la tronçonneuse ! Globalement, l'épisode est d'excellente facture, avec une enquête très mystérieuse, beaucoup de malice et une bonne utilisation de la Saint-Valentin en arrière-plan. Quant à son titre français, il fait allusion à une réplique d'Angus, qui, dans la V.O., s'exclame Crivvens !
Dans la foulée, on peut voir « A la pointe de l'épée », un épisode plus classique (à la Columbo), puisqu'on connaît l'assassin dès le début. Mais l'enquête policière est jalonnée d'éléments cocasses, liés notamment à la pratique de l'escrime et... aux poils de chats !
J'ai aussi apprécié cet épisode pour sa mise en scène de la relation mère-fils et de leurs conceptions divergentes de la réussite scolaire.
Hier mercredi, on a d'abord eu droit à « Larme du crime », un épisode de prime abord très limpide, mais où les apparences sont trompeuses. Ici encore, j'ai apprécié le scénario astucieux, rehaussé par la présence d'une invitée de marque, Jordana Brewster, connue notamment pour incarner Mia dans les Fast & Furious.
La quatrième part de galette des rois tarte est constituée par l'épisode intitulé « C'est pas du cinéma ! », qui joue sur les références (et les clichés) à propos de la mafia italo-américaine. C'est pour moi le moins bon des quatre inédits, mais la nouvelle invitée (Alyssa Milano) fait bien le job et les scénaristes ont une fois de plus habilement conclu leur intrigue. La vedette n'en demeure pas moins Carrie Preston, toujours aussi attachante en consultante excentrique, à l'âme justicière.
22:04 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, télé, médias
dimanche, 11 janvier 2026
Meurtre à l'ambassade
Fort heureusement, ce titre n'annonce pas un énième épisode de la médiocre collection diffusée le samedi soir sur France 3, mais un nouveau volet d'une série américano-britannique, « La Reine du crime présente ».
Il y a un an et demi, nous avions découvert Miranda Green, fleuriste hypermnésique (et passionnée d'intrigues policières) dans Invitation à un meurtre. Cette fois-ci, la jeune femme est conviée en Égypte, toujours en 1934.
Le tout début de l'histoire nous indique qu'il ne sera pas question d'un, mais de deux meurtres, le lien entre les deux demeurant longtemps obscur. C'est l'un des intérêts de ce téléfilm : son intrigue mystérieuse, qui baigne dans une ambiance géopolitique. En effet, à cette époque, l’Égypte est officiellement indépendante, mais encore sous la coupe du Royaume-Uni. Les auteurs d'OSS 117 diraient que Le Caire semble être un vrai « nid d'espions »... On peut même y croiser des nazis (Hitler étant chancelier d'Allemagne depuis janvier 1933).
Le principal point faible de ce téléfilm est l'interprétation de certains personnages secondaires : de la première victime à l'un des employés de l'ambassade, les maladresses d'interprétation ne manquent pas, même s'il faut reconnaître que Mischa Barton s'en sort très bien dans la peau du personnage principal.
J'ai donc été séduit par cette ambiance à la Agatha Christie, qui fait écho à plusieurs de ses romans (Mort sur le Nil, bien sûr, mais aussi Meurtre en Mésopotamie et Rendez-vous avec la mort). La photographie est très soignée et plusieurs scènes rappellent visuellement l'adaptation en série télévisée des enquêtes d'Hercule Poirot. Je recommande de voir cet épisode plutôt en version originale sous-titrée.
15:02 Publié dans Histoire, Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actu, actualite, actualites, actualité, actualités, télévision, télé, médias
vendredi, 09 janvier 2026
César et Dalida
Ce vendredi soir, France 2 nous propose un épisode inédit de la série César Wagner, avec notamment Gil Alma et Olivia Côte. On retrouve avec plaisir l'ambiance un peu décalée de ces enquêtes en terre alsacienne, ici, autour d'une salle de spectacle où doit aussi se dérouler le gala annuel de la police, organisé cette fois-ci par la pétulante médecin-légiste.
L'assassinat d'une chanteuse préparant un numéro rendant hommage à Dalida (artiste que le capitaine Wagner affectionne, soit dit en passant) conduit les policiers à enquêter au sein de la troupe. Wagner doit surmonter sa crainte des allergies... et prendre soin d'une envahissante mais sympathique chienne, Mirza :
Cela n'a rien d'éblouissant, mais les intrigues sont correctement construites et je trouve les personnages secondaires toujours aussi savoureux. La musique est sympa... et le cabot vraiment adorable.
17:47 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, télé, médias, actu, actualité, actualités, actualite, actualites
jeudi, 08 janvier 2026
Boglands
C'est le titre d'une mini-série dont Arte vient de commencer la diffusion (les six épisodes étant tous déjà accessibles sur le site de la chaîne de télévision franco-allemande). L'intrigue se déroule dans une Irlande rurale, proche du littoral, où l'on parle plus le gaélique que l'anglais. (La version française, plutôt bien faite, conviendra néanmoins parfaitement à celles et ceux que l'écoute d'une langue aux sonorités inhabituelles déconcerte.)
De manière désormais assez classique, la découverte d'un cadavre dans une tourbière fait ressurgir les secrets du passé et chamboule les relations entre les habitants de la région. La première originalité est que le premier épisode met du temps pour nous amener à cet événement. Certains spectateurs ont déploré ce délai, moi j'ai plutôt apprécié, parce que les auteurs plantent bien le décor et nous font découvrir une multitude de personnages, au moins le tiers d'entre eux finissant tour à tour par devenir suspect.
Une autre originalité tient à la personnalité du lieutenant de police local, Conall, que l'on croise sans d'abord connaître sa fonction... et l'on est bien surpris ensuite. Ce jeune homme plutôt taiseux fait un peu office de shérif et de juge de paix dans ce canton rural, où il emploie parfois des méthodes peu conventionnelles... On comprend assez vite qu'il est devenu policier en raison de ce qui est arrivé à sa mère, quinze ans plus tôt.
Une fois le cadavre découvert commence une enquête particulièrement prenante. Conall ne peut y participer officiellement, mais il va effectuer des recherches de son côté. Il n'est pas le seul dans ce cas, puisque débarque une journaliste-podcasteuse en apparence superficielle, mais qui va elle aussi remuer ciel et terre pour faire éclater la vérité... et ainsi faire exploser le nombre de visites sur son site !
Au drame qui s'est déroulé quinze ans plus tôt s'ajoute, pour Conall, la rapide détérioration de la santé de son père, tandis qu'il sent qu'il doit se méfier de certaines des personnes auxquelles, jusqu'à présent, il accordait une pleine confiance. Chacun a ses petits secrets, que l'enquête va peu à peu mettre au jour.
L'aspect policier est bien traité. On nous propose une belle galerie de suspects, l'incertitude planant jusqu'au dernier épisode, durant lequel surviennent les ultimes révélations.
Même si je trouve que, six épisodes, c'est un peu long, la série est bien menée, sans cliquant et elle aborde divers sujets de société. J'ai vraiment eu du mal à trouver de manière certaine qui était responsable du meurtre !
22:45 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : télévision, médias, actu, actualite, actualites, actualité, actualités
samedi, 03 janvier 2026
2026 commence bien
Ne boudons pas notre plaisir. Voir cette nouvelle année débuter par l'arrestation d'un dictateur met de bonne humeur, quand bien même la méthode serait contestable.
Commençons par quelques rappels. En 2013, Nicolas Maduro a succédé à Hugo Chavez (décédé) à la tête du Venezuela, d'abord comme président par intérim, position à laquelle il ne pouvait alors prétendre, puisqu'il était vice-président et que la Constitution (chaviste) du Venezuela précisait que l'intérim devait être exercé par le président de l'Assemblée nationale (un peu comme le président du Sénat en France).
A cette première incartade ont succédé une série de fraudes électorales, notamment aux trois élections présidentielles "remportées" par Nicolas Maduro (en 2013, 2018 et 2024). A la suite de la dernière mascarade électorale (et des violences qui l'ont accompagnée), c'est le chef de l'OEA (Organisation des États Américains) qui a demandé à la CPI (Cour Pénale Internationale) de lancer un mandat d'arrêt contre Maduro. On attend toujours la réponse de l'institution (qui a été plus rapide à s'en prendre à Benyamin Netanyahou...).
On en arrive à ce samedi, qui a vu les forces spéciales états-uniennes opérer très facilement au Venezuela, peut-être grâce à des complicités internes. La majorité des habitants de ce pays en a sans doute marre du dictateur et de la clique de profiteurs qui l'entoure. On sait déjà que, du côté de la diaspora vénézuélienne (un tiers de la population a fui ce pays qui part à vau-l'eau), c'est la joie qui domine.
Voici une source supplémentaire de réjouissance : la vision du dictateur déchu, trouvée sur le compte de Donald Trump, sur TruthSocial :
Bonne année... et bonne santé !
23:05 Publié dans Politique étrangère | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : actu, actualite, actualites, actualité, actualités, politique internationale, amérique du sud, amérique latine, états-unis, donald trump, venezuela
jeudi, 01 janvier 2026
Anaconda
Opération "ciné détox" ce jeudi, avec une comédie basique pour se décrasser les neurones. (L'an dernier, c'était avec Un Ours dans le Jura.)
La présence de Jack Black au générique nous incite à comparer ce film avec les Jumanji et le récent Minecraft. Il s'agit de comédies d'aventures, assaisonnées d'un poil (une écaille ?) de fantastique.
On a beau savoir ce qu'on est venu voir (une resucée parodique d'un "vieux" film d'épouvante), on est surpris par la séquence du début, dont sont absents les héros, quatre amis d'enfance qui vont tenter de réaliser leur rêve : tourner un film d'horreur. Cette séquence inaugurale prend une saveur supplémentaire un peu plus tard, puisqu'on finit par en revoir deux des personnages, mais sous un jour différent.
La suite est beaucoup (beaucoup) plus convenue. Des quadragénaires de classe moyenne se désolent de leur vie certes plutôt confortable, mais éloignée de leurs aspirations. Doug (Jack Black, bien dans le rôle), l'ex-apprenti cinéaste, travaille dans l'entreprise familiale, dont il est sur le point d'hériter. Ses amis se moquent parfois de ses vidéos films de mariage... De temps à autre, il embauche son pote Kenny, le cassos de la bande, dont, bien plus tard, on va découvrir le secret le plus honteux. Griff (Paul Rudd, Ant-Man pour les intimes) semble avoir été plus fidèle aux idéaux de leur jeunesse : il a quitté leur ville natale et travaille désormais en Californie ; il a acquis une petite célébrité en interprétant un personnage secondaire de la série S.W.A.T.... mais ce n'est qu'un acteur de deuxième catégorie. Quant à Claire, l'unique femme du groupe, elle a réussi ses études de droit, mais s'emmerde dans la vie, d'autant qu'elle vient de découvrir les infidélités de son compagnon.
Les circonstances qui conduisent ces adultes installés à jouer les cinéastes aventuriers sont mises en scène avec un poil d'inventivité : une série de mises en abyme, puisque nous regardons un film qui montre des fans d'un vieux nanard en train de tourner un film hommage, qui va aussi s'inspirer d'une oeuvre d'adolescence. Un (petit) trouble s'installe quand on comprend que l'un des protagonistes commente une partie de l'histoire. Cerise sur le gâteau : au cours de leur périple en Australie Amazonie, les héros tombent sur une autre équipe de tournage, disposant de moyens plus étoffés que les leurs.
Je signale que les effets spéciaux sont bien conçus : les grands serpents font un peu peur... et le plus gros de tous est capable d'avaler un humain adulte, vêtements compris ! Cela donne naissance à quelques scènes comiques. La meilleure toutefois ne fait pas intervenir de reptile. Il y a est question d'une morsure d'araignée et... d'urine. Il a fallu que l'équipe ne se prenne pas du tout au sérieux pour écrire et jouer cette scène totalement improbable ! Un autre moment phare fait intervenir le héros et... un phacochère. Un extrait est fourni dans la bande-annonce mais, franchement, l'intégralité de la scène mérite le détour.
Sur le fond, on nous délivre des messages ultra-convenus : il ne faut pas renoncer à ses rêves d'enfance, mais il faut garder à l'esprit que le plus important réside dans les relations humaines, avec celles et ceux que l'on aime.
P.S.
Le générique de fin est interrompu par une scène bonus, qui nous donne des nouvelles d'un personnage qui avait "disparu"...
17:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films










