vendredi, 31 juillet 2026
Charlie et les kangourous
L'un des (petits) filons du cinéma consiste en des œuvres associant des humains (adultes, mais surtout enfants) et des animaux (sauvages, la plupart du temps) : lions, jaguars, tigres, manchot, dinosaures, morpions pubiens... Il y a quelques mois, on a eu droit à un fennec et à des autruches, dans L'Enfant du désert, inspiré d'une histoire vraie.
C'est aussi le cas dans ce long-métrage, dont les héros sont investis dans la protection des kangourous, en particulier les jeunes, appelés Joey en Australie. En cas de décès de la mère, leur espérance de vie est inférieure à un mois... mais, en général, la majorité de la population ne s'en souciait guère jusqu'à il y a peu, parce que le kangourou n'est pas une espèce protégée et qu'il prolifère au pays de Crocodile Dundee.
L'introduction nous présente les deux protagonistes qui, à l'origine, ne se connaissent pas. Charlie est une jeune Aborigène, que l'on voit courir dans l'outback, du côté d'Alice Springs (dans le Territoire du Nord), au milieu des kangourous. Cette scène m'a saisi, par la beauté des paysages et celle des animaux, la plupart de ceux qui sont filmés étant authentiques, les outils numériques ayant été mis à contribution pour faire interagir l'adulte Roger (prononcer Rodjeur) avec les humains.
Chris, lui, est un présentateur météo de Sydney, sur la côte est. Au départ, on nous le dépeint comme un bobo narcissique, un poil méprisant, dont la carrière subit un contrecoup après sa tentative de sauvetage d'un dauphin... dans des circonstances que je laisse à chacun le plaisir de découvrir.
(Celles et ceux qui suivent l'actualité, souvent macabre, remarqueront que l'on voit Chris évoluer dans un lieu désormais célèbre de la région de Sydney : Bondi Beach, où, en décembre 2025, s'est déroulé un massacre antisémite. Le film a bien entendu été tourné avant. Il est sorti en Australie en septembre dernier, à peine trois mois avant la tuerie...)
Grillé dans la plupart des médias, Chris entreprend un périple vers l'intérieur du pays, en espérant rebondir. Mais son passage chez chez les "bouseux" ne va pas se dérouler comme prévu. D'abord condescendant, suscitant l'hostilité, il va petit à petit s'intégrer, notamment parce que, sous ses dehors prétentieux, c'est un homme qui a du cœur.
C'est ce qui va le rapprocher de Charlie, pré-adolescente caractérielle, qui a tendance à sécher l'école depuis que son père est décédé. Elle s'implique de plus en plus dans la préservation des jeunes kangourous, pensant par là perpétuer la mémoire paternelle. Dans le rôle, il faut signaler la bonne performance d'une novice, Lily Whiteley, qui crève l'écran.
Les autres personnages qui retiennent l'attention sont... les kangourous. Les plus jeunes sont absolument adorables... enfin, moi, je craque... pas vous ?
Il y a aussi beaucoup de drôlerie dans la manière dont Chris va à la fois se faire accepter des habitants du village et devenir peu à peu un expert en gestion des kangourous... à l'exception de Roger, un mâle dominant qui, à plusieurs reprises, lui fait bien sentir qui est le patron !
Pour construire une comédie "familiale", les scénaristes ont quelque peu modifié l'histoire d'origine : le vrai Chris n'était pas présentateur météo, mais guide touristique, et le personnage de Charlie a été inventé. Ces retouches ne nuisent en rien à l'intrigue, correctement ficelée.
J'ai notamment bien aimé les développements autour de la jeune fille. Elle doit faire le deuil de son père, sortir de sa coquille qui la fait fuir les garçons et les filles de son âge (qui pratiquent le Footie, le populaire football australien). De son côté, en mûrissant, Chris pourrait jouer le rôle de "tonton" ou de père de substitution, à condition qu'il fasse passer la perspective d'une vie authentique avant les paillettes de la renommée.
C'est une belle histoire, visible par tous, avec de belles images et de beaux sentiments. Sans être une œuvre d'exception, ce genre de film fait du bien par les temps qui courent.
15:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films





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