Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 30 juin 2026

Des Minions et des monstres

   Quatre ans après le deuxième volet (mais seulement deux ans après Moi, moche et méchant 4, dans lequel on peut croiser à plusieurs reprises les petits bonshommes jaunes), le duo Meledandri-Coffin nous propose les nouvelles aventures des sbires les plus maladroits de l'histoire de la criminalité.

   Ces nouvelles aventures ne sont pas une suite à proprement parler, plutôt une préquelle, puisque le scénario nous embarque dans les années 1890-1920, période des débuts du cinéma. En guise d'introduction, on nous montre les héros toujours à la recherche du Big Boss, le super-méchant auquel ils ont l'intention de se dévouer corps et âmes. On retrouve l'esprit facétieux du premier volet... avec un clin d’œil à l'actualité cinématographique estivale, puisque l'un de ces "grands méchants" n'est pas sans lien avec un certain Ulysse...

   Dans cette première partie, les jeunes spectateurs s'amusent des bêtises faites par les Minions, tandis que les grands (entre deux éclats de rire) savourent les nombreuses allusions. Ainsi, les réalisateurs ont eu le culot d'insérer certains personnages jaunes (mais ici en noir et blanc) dans les premiers films tournés, comme L'Arroseur arrosé, La Sortie des usines Lumière, L'Arrivée d'un train à La Ciotat.

(Je profite de l'occasion pour conseiller à toutes et à tous de re-voir les documentaires consacrés par Thierry Frémaux à l’œuvre des frères Lumière.)

   On les aperçoit aussi dans une reconstitution des courts-métrages décomposant les mouvements d'un homme, d'un cheval, d'un chien... On n'oublie pas de rendre hommage aux prestigieux anciens, de Georges Méliès (Le Voyage dans la Lune) à Chaplin (Les Temps modernes), en passant par Harold Lloyd (Monte là-dessus !). C'est fait avec tellement de talent et de drôlerie qu'on pardonnera une certaine confusion chronologique.

   La transition entre la première partie et la seconde s'effectue par le biais d'une séquence totalement délirante (sans doute inspirée des historiettes de jadis, en noir et blanc), qui mène nos héros du Far-West aux studios de Hollywood, notamment ceux des Bright Brothers (allusion transparente à la Warner Bros).

   La suite voit les Minions se diviser, entre ceux qui veulent à tout prix faire carrière à Hollywood et ceux qui privilégient la quête du Big Boss. C'est feuilletonnesque, nourri de rebondissements parfois abracadabrantesques, mais furieusement drôle... et plus facile à suivre que le deuxième volet. Vers la fin, le scénario se révèle particulièrement malin, avec une série de mises en abyme qu'on ne voit pas venir.

   Je me suis ré-ga-lé.

23:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 27 juin 2026

Les Caprices de l'enfant-roi

   Le film tire son titre de la pièce de théâtre romantico-comique que Jean-Baptiste Poquelin et Savinien de Cyrano de Bergerac (enfin, ceux de fiction, pas les vrais, bien sûr) finissent par co-écrire, au cours de la cavale du jeune Louis Dieudonné, pas encore Louis XIV, mais déjà un peu casse-couilles.

   C'est revendiqué comme tel dès le début : il n'y a rien (ou plutôt : pas grand chose) d'historique dans ce long-métrage, qui multiplie les anachronismes pour servir un propos parfois très militant, amené avec de gros sabots.

   J'ai beau apprécier les acteurs et avoir fait preuve d'indulgence, je ne pas convaincu par les personnages masculins. Franck Dubosc livre une version parodique de D'Artagnan, qui, lui-même, finit par pasticher des extraits de sketch du Dubosc humoriste. Le comédien fait plus que cabotiner... (Non mais, franchement, Franck, t'as tant besoin de thunes que ça ?)

   Artus est moins catastrophique dans le rôle de Cyrano, un Cyrano en grande partie imaginaire, puisque, dans la réalité, c'était un libertin et un excellent bretteur. Or, dans ce film-ci, Artus est chargé d'interpréter un personnage plutôt triste, voire pathétique. (Seule sa bisexualité est sans doute conforme à la réalité.) J'ai de plus été déçu par les scènes de baston, que je trouve mal chorégraphiées, un comble pour un film de cape et d'épée.

   Quant au gamin qui incarne un rôle double (le petit Louis et son sosie issu des bas-fonds), il n'est pas si mauvais que cela... mais j'ai été gêné par un détail le concernant : dans certaines scènes, j'ai eu l'impression qu'il portait un appareil dentaire... mais le réalisateur n'est visiblement pas à une "fantaisie" près.

   Seul Nemo Schiffman m'a paru bien dans le tempo de son rôle (celui de Molière)... mais il est vite éclipsé par les femmes, en particulier Julia Piaton, que j'ai trouvée très juste en Madeleine Béjart. D'ailleurs, de manière générale, j'ai préféré les principaux personnages féminins. Ainsi, Doria Tillier est délicieuse en Anne d'Autriche, à la fois pète-sec et manipulatrice. Mais la palme de la garce revient sans conteste à Suzanne de Baecque, qui incarne la Grande Mademoiselle, la cousine germaine de Louis XIV, une princesse de sang royal qui a joué les perturbatrices... et a su garder une grande indépendance (dans la vraie vie). Ici, elle tient le rôle de la principale méchante... fort bien, ma foi. (Et quelles coiffures !)

   Bref, c'est un film inégal, comportant des scènes complètement ratées et d'autres d'une indéniable drôlerie. C'est un petit moment à passer au frais, pendant la Fête du cinéma, sans plus.

16:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 26 juin 2026

Celui dont on ne doit pas prononcer le nom

   Avant-hier, mercredi, certains lecteurs de Centre Presse ont dû penser à un bug en lisant l'un des articles du quotidien aveyronnais :

Lauras CP 24 06 2026.jpg

(cliquer sur l'image pour l'agrandir.)

   Il y est question d'un mouvement de grève dans un collège de l'agglomération ruthénoise, dirigé contre la nomination d'un nouveau principal-adjoint... dont le nom n'est jamais mentionné !

   Compte tenu des craintes exprimées par les grévistes qui ont communiqué avec la presse, pour un habitant du coin, il n'est pas difficile de faire le lien... d'autant qu'un autre média aveyronnais, L'Hebdo, avait vendu la mèche quelques jours auparavant, le vendredi 19 juin :

Lauras L'Hebdo 19 06 2026 b.jpg

   Pour résumer : la nomination de M. Lauras au collège des Quatre-Saisons s'est faite dans la plus grande discrétion, discrétion suivie par les grévistes, qui manifestent contre sa venue sans (semble-t-il) le nommer... discrétion prolongée par le principal quotidien aveyronnais, qui se garde de donner l'identité de la personne dont l'arrivée est tellement redoutée. (C'est même à un point où je ne suis pas parvenu à retrouver l'article sur le site du quotidien, alors que la version publiée dans La Dépêche du Midi est accessible en ligne... Cerise sur le gâteau : aucun de ces deux articles n'est signé, ce qui signifie soit que c'est l'ensemble de la rédaction qui l'endosse, soit qu'il s'agit d'une version à peine remaniée du papier communiqué par les grévistes. Ainsi va la presse locale...)

   Cette mini-polémique n'est que la dernière péripétie d'un contentieux qui remonte au moins à 2021. A cette époque, M. Lauras, principal du collège Fabre à Rodez, est contesté par une partie du personnel, notamment enseignant, qui obtient sa suspension par le ministère de l’Éducation nationale. L'ex-principal (qui est aussi à l'époque adjoint au maire de Rodez) conteste cette décision, qui l'a conduit à être muté dans le Gard, dans le lycée-collège de la commune de... Milhaud ! (A ne pas confondre avec Millau l'Aveyronnaise... Qui a dit que les fonctionnaires de l'EN manquaient d'humour ?)

   Voilà pourquoi sans doute M. Lauras a choisi le tribunal administratif de Nîmes (dans le Gard) pour contester cette décision... et il a obtenu (partiellement) gain de cause, comme on peut le lire dans la décision, accessible en ligne (et dont une version pdf figure ci-dessous) :

DTA_2104178_20240326.pdf

   Le tribunal a cassé la suspension du principal parce que l'EN n'a pas bien respecté la procédure... et parce que cette sanction n'était pas suffisamment motivée. En d'autres termes : cela manquait de preuves.

   Voulant sans doute calmer le jeu, le ministère n'a pas fait appel de la décision et a re-muté M. Lauras, d'abord dans un autre collège aveyronnais, à Cransac, dans le bassin decazevillois, à une quarantaine de kilomètres de Rodez, où le fonctionnaire demeurait adjoint au maire. On peut présumer qu'il est intervenu pour décrocher un poste plus proche... et, le mois dernier, il a fini par en obtenir un, au lycée Foch, le grand établissement public de centre-ville, à Rodez. (Entre temps, il a perdu sa fonction d'adjoint au maire, la liste du sortant Christian Teyssèdre ayant été battue.)

   Cette nomination surprise a provoqué un premier psychodrame, le mois dernier. Contre toutes les règles administratives (dont eux-mêmes sont bénéficiaires, quand ils demandent une mutation), les enseignants du bahut se sont mobilisés contre l'arrivée de l'ex-principal dans leur lycée... et ils ont obtenu gain de cause ! Nul doute que le succès de ce premier mouvement a donné des idées à leurs collègues des Quatre-Saisons, dont il n'est pas impossible qu'ils adhèrent aux mêmes syndicats...

   Bilan ? M. Lauras a peut-être trop précipité les choses, voulant à tout prix revenir travailler dans la ville où il a officié pendant des années. Il aurait peut-être dû laisser un peu plus de temps au temps... mais, d'un autre côté, on ne peut qu'être inquiet du fonctionnement proche de celui d'un Soviet de certains établissements d'enseignement. Dans le public, à l'heure actuelle, la direction ne peut pas choisir les titulaires (fonctionnaires) qui viennent y enseigner... mais, visiblement, les profs peuvent décider qui a le droit de les diriger.

mardi, 23 juin 2026

La Baleine et le musicien

   Ce documentaire d'1h20 est centré sur la musique (électronique) du compositeur Rone et le lien établi entre certaines de ses créations et le chant des baleines.

   La première séquence est destinée aux novices (dont je faisais partie) qui ne connaissent rien du musicien. On découvre le personnage et certaines de ses productions, notamment en concert. C'est un peu un Jean-Michel Jarre du XXIe siècle.

   L'idée du documentaire est née d'observations effectuée par des marins, qui écoutaient des morceaux de Rone tout en naviguant. Certains d'entre eux se sont aperçus que les ondes diffusées par cette musique attiraient soit des dauphins, soit des baleines. Le compositeur a voulu en savoir plus, suivi par le réalisateur Valentin Paoli (et son équipe technique).

   Rone s'est tout d'abord rendu en Bretagne, pour une première prise de contact avec l'océan. Ce ne fut pas suffisamment concluant. Il s'est aussi adressé à des spécialistes des cétacés... et à des musiciens et des chanteuses, celles de la Maîtrise de Radio France. Il a tenté d'établir une correspondance entre certains chants humains et ceux des baleines.

   Direction ensuite la Réunion, pour une nouvelle tentative de contact. La première fois que l'on voit une baleine s'approcher du bateau d'exploration est assez impressionnante... mais il va falloir beaucoup de persévérance à la petite équipe pour établir un véritable lien. Le compositeur doit improviser.

   La patience des spectateurs est finalement récompensée, avec un véritable moment de grâce, qui ne dure que quelques minutes... mais quelles minutes ! (On voit une baleine évoluer avec son baleineau.) C'est magnifiquement filmé, avec une belle qualité de son. Ces images sont complétées (notamment en amont de LA rencontre) par des extraits du documentaire Océans, de Jacques Perrin.

   Même si l'on voit (beaucoup) plus les mammifères bipèdes que les cétacés, ce film n'en constitue pas moins une pause rafraîchissante, en ce tropical début d'été.

lundi, 22 juin 2026

Toy Story 5

   Il y a sept ans déjà, Toy Story 4 (bien meilleur que le troisième volet) était censé conclure la série de films d'animation. Mais, la franchise étant particulièrement lucrative, il était prévisible que Disney-Pixar remette le couvert.

   Aux manettes se trouve Andrew Stanton, réalisateur jadis de Wall-E et co-réalisateur du Monde de Nemo ainsi que de 1001 pattes, ce dernier avec John Lasseter... le créateur de Toy Story. On a donc voulu mettre cet opus entre de bonnes mains et, à l'écran, cela se voit. J'étais dans une salle haut-de-gamme et j'ai été épaté par la qualité de l'image et de l'animation, notamment des jouets, dont les différentes textures sont formidablement rendues. C'est du niveau d'un Ratatouille.

   Le scénario évite deux écueils : la nostalgie excessive et la technophobie extrême. Cela n'empêche pas le film de comporter de belles scènes du passé ni de pointer la dépendance des jeunes (comme des moins jeunes) aux écrans numériques, à tel point que les humains sont transformés en zombies. L'intrigue a l'habileté de mélanger l'ancien et le moderne.

   Au titre des anciens, on retrouve les héros des épisodes précédents. L'un d'entre eux symbolise particulièrement le temps qui passe : le cowboy Woody, sur lequel je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir quels sont les effets du vieillissement...

   L'histoire commence toutefois avec un autre protagoniste, que l'on retrouve à plusieurs dizaines d'exemplaires, dans un contexte particulier, savoureux... lié à la mondialisation des échanges. Je n'en dirai pas plus.

   Signalons que ce sont plutôt les personnages féminins les moteurs de l'histoire, avec Jessie la cowgirl et Bonnie la gamine qui a honte de ses jouets. La tablette elle-même est un personnage féminin. Une autre enfant, Blaze, va jouer un rôle important.

   L'intrigue fait s'entremêler trois trames narratives, une se déroulant au domicile de Bonnie, une autre chez Blaze, la troisième suivant les pérégrinations des dizaines de Buzz l'éclair, qui jouent dans cette histoire un peu le rôle des Minions dans Moi, moche et méchant. J'ai adoré tout ce qui a trait à leurs aventures.

   Les auteurs ont été assez habiles pour utiliser fréquemment un double niveau de langage. Les enfants seront sensibles aux émois des jouets et aux problèmes d'intégration de Bonnie, tandis que les adultes savoureront les sous-entendus et les références cinématographiques (notamment à Pirates des Caraïbes et L'Empire contre-attaque). 

   Je me suis régalé et je recommande vivement.

18:58 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 21 juin 2026

Scary Movie 6

   J'avais beaucoup aimé les deux premiers films de la franchise, que j'ai suivie jusqu'au numéro 4, il y a... vingt ans ! (Comme le temps passe...) Les frères Wayans ont repris la main et comptent peut-être sur le retour de Scream pour relancer leur boutique. J'en rappelle le principe : il s'agit d'une parodie de films (principalement d'épouvante, mais pas que), avec une accumulation de gags sexuels.

   Ce retour aux sources s'accompagne d'une distribution composée d'un mélange entre petits nouveaux et "historiques" : divers membres de la famille Wayans, Dave Sheridan (qui incarne le débile morveux), Lochlyn Munro (en flic doté d'un micro-pénis) et les indispensables Anna Faris et Regina Hall.

   On ne s'étonnera donc pas de trouver des références aux anciens Scream ainsi qu'aux premiers Scary Movie. S'ajoutent des pastiches plus ou moins inspirés de Destination Finale - Bloodlines, Souviens-toi l'été dernier, Sinners, The Substance, Évanouis, Longlegs (dont le principal protagoniste est devenu Shorthand...). A signaler aussi le personnage de Mardi (Tuesday), une jeune fille aux cheveux noirs, décalque évident de la Mercredi (Wednesday) de La Famille Adams, qui a désormais droit à sa série. J'ai trouvé excellente la comédienne qui l'incarne (Savannah Lee Nassif).

   Aux oreilles chastes je précise que, dans la version originale, on entend très souvent prononcer les mots « dick  » (bite), « pussy » (chatte) et « ass » (cul)... ainsi que quantité d'autres (comme « bitch » et « nigger »), associés dans des phrases dont la légèreté n'est pas la qualité principale. Ces sailles verbales sont accompagnées de divers objets, notamment godemichés et plugs, toutefois moins présents que les couteaux (qui, entre les mains des tueurs en série, sont très souvent des substituts péniens).

   C'est crétin, assumé comme tel... et parfois un peu plus profond. Les frangins Wayans ne respectent pas grand chose. Si, sans surprise, ils dénoncent le racisme anti-noirs et la surreprésentation (désormais révolue) des personnages blancs dans les superproductions hollywoodiennes, ils en profitent au passage pour égratigner toutes les formes de politiquement correct... et même la discrimination positive. S'ils n'avaient pas été tournés par des Noirs, certains passages auraient été sans doute perçus comme offensants par les brothers et les sisters...

   Voilà pourquoi je recommande cette comédie régressive, mal élevée... qu'il convient de savourer jusqu'au bout, le générique de fin étant coupé par une énième parodie (celle de Nosferatu, devenu Brosferatu/Noirferatu) et le retour de Longlegs/ Shorthand.

17:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Backrooms

   Pour les gens de ma génération, jusqu'à très récemment, le mot backrooms n'évoquait que des arrière-salles où des adultes consentants se rencontrent pour avoir des relations sexuelles, à deux ou à plusieurs. C'est dire ma surprise quand j'ai découvert qu'allait sortir en salles un film portant ce titre. J'ai tenté ma chance en en sachant très peu, juste qu'il s'agissait de l'adaptation en long-métrage d'un phénomène né sur internet.

   L'introduction ne perturbera pas les habitués de films d'épouvante. Il s'agit d'une mise en bouche, qui évoque la dangerosité du lieu, avec une part de mystère. La forme est celle d'un found footage, un peu dans le style du Projet Blair Witch. La présence à l'écran de disquettes et de cassettes audio semble indiquer que ce qu'on nous montre se situe dans le passé.

   Une ellipse nous ramène ensuite à l'époque contemporaine. Un ancien lotissement pavillonnaire de banlieue a été détruit et transformé en zone commerciale. Le héros Clark (Chiwetel Ejiofor, excellent) dirige un magasin d'ameublement bon marché, qui possède un sous-sol où commencent à se produire d'étranges incidents. Pleinement investi dans son travail, Clark est prêt à passer la nuit sur place pour découvrir le fond de l'histoire et comprendre notamment pourquoi sa facture d'électricité s'est mise à fortement augmenter. Côté vie privée, il peine à surmonter la séparation d'avec sa compagne et tente de gérer le tout à l'aide d'une psychothérapeute, Mary, dont on comprend très vite qu'elle a un lien avec l'ancien lotissement...

   La suite prend la forme d'un film fantastique, Clark explorant le monde parallèle des arrière-salles. L'étrangeté vient de l'absence d'humain (a priori) et de la présence de traces de ce qui ressemble à des vies passées. Est-on dans un monde parallèle ? Cette enfilade de salles et de couloirs n'est-elle pas plutôt un vestige de l'ancien quartier ?... ou d'une ville souterraine, construite jadis comme un bunker antiatomique ?... ou bien les personnages ne sont-ils pas prisonniers de la psyché d'un des protagonistes ? La troisième partie du film prend un tour plus psychanalytique, Mary partant à la recherche de Clark dans le labyrinthe...

   J'ai beaucoup aimé cette ambiance d'étrangeté et le mystère scénaristique construit autour de ces pièces. Un seul moment m'a déplu : quand un personnage tente d'échapper à une menace, trébuche, se blesse à une jambe, ce qui le ralentit et le rend encore plus vulnérable à ladite menace. Il est dommage que le réalisateur ait eu recours à cette péripétie rebattue, son œuvre étant au contraire marquée par une assez grande originalité. Je recommande vivement.

10:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 20 juin 2026

L'Objet du délit

   J'ai fini par aller voir le dernier film d'Agnès Jaoui, au départ peut-être surtout pour passer au total 2h30 en zone climatisée. Il ne sort pas à n'importe quel moment : en pleine affaire Bruel et à une époque où les idées portées par le mouvement MeToo sont (heureusement) en train de porter leurs fruits (du moins, en France)... non sans dérives.

   C'est aussi l'occasion pour Agnès Jaoui de nous livrer un tableau savoureux d'un petit monde, celui de l'opéra. On a déjà vu un peu la même chose ailleurs, avec divers microcosmes, ceux du cinéma, de la littérature, du journalisme politique, de l'art contemporain...

   On n'est donc guère surpris de découvrir, dès le début de l'histoire, les petits (et grands) travers des professionnels du spectacle lyrique, avec une audition qui semble truquée. Sur le fond, c'est savoureux, mais, sur la forme, j'ai tiqué, puisque les chanteuses qui sont auditionnées (pour divers rôles des Noces de Figaro, de Mozart) semblent toutes doublées par la même cantatrice. De surcroît, pour certaines, le play-back est plus qu'évident. Je ne sais pas ce qu'en pensent les authentiques amateurs d'opéra, mais, moi, ça m'a gêné durant presque tout le film. C'est d'autant plus regrettable que les pièces musicales (chantées ou non) qui nous sont proposées sont de toute beauté.

   Cette première partie est aussi réjouissante par sa description du politiquement correct à l’œuvre dans ce milieu, les meilleures intentions pouvant parfois conduire à des situations contradictoires.

   Quant à la préparation de la représentation, elle suit un cours accidenté. J'ai bien aimé quand cela commence à partir en sucette, à plusieurs reprises, jusqu'à la fin.

   Du côté des interprètes (hors simulation lyrique), c'est très inégal. Chez les dames, Agnès Jaoui ne s'est pas donné le plus beau rôle et elle manie bien l'auto-dérision. Eye Haïdara est plus convaincante ici en jeune prodige revendicative qu'en agent de terrain dans Mata. En revanche, la voix de fausset adoptée par le personnage de Claire Chust m'a irrité, même si je reconnais qu'elle excelle à incarner une cruche. Une autre voix agaçante est celle de son assistante, dont le ton plaintif a fini par me porter sur le système. Complète ce trio décevant Tiphaine Daviot, pas très convaincante en soprano pistonnée.

   Chez les messieurs, Daniel Auteuil et Maxime Pambet font le job. C'est Vincenzo Amato qui m'a le plus impressionné. Il est le baryton vedette, chargé d'incarner l'odieux comte Almaviva... et il n'a pas sa langue dans la poche ! Il est d'ailleurs intéressant de noter les parallèles que Jaoui et ses scénaristes ont tracés entre l'intrigue de l'opéra et celle du film, qui se font parfois bigrement écho.

   Peu convaincu au départ, j'ai été finalement conquis, par les décors, la musique, les dialogues (parfois truculents)... et la présence régulière à l'écran d'énormes bites phallus, d'abord plutôt blancs et durs, ensuite plus grands, noirs et... flexibles. Je n'ai pas encore réussi à en tirer tout le sens philosophique profond, mais, en tout cas, Jaoui s'est bien amusée avec ces accessoires !

   Je regrette peut-être sa conclusion un peu trop "vivre ensemble". Agnès est une empathique, un peu la grande sœur qui, voyant sa famille (celle du spectacle) se déchirer, tente de réconcilier tout le monde. J'aurais aimé un ton un peu plus cinglant, mais le film n'en dit pas moins quelques vérités, ce qui semble avoir déplu à la brigade de la bien-pensance qui officie dans les médias, qui a moyennement apprécié le film.

vendredi, 19 juin 2026

Le Vertige

   Le nouveau Dupieux débarque avant l'été, sous une forme inédite : une animation numérique qui semble faite de bric et de broc (un peu comme les films de Quentin), mais porteuse de sens.

   Alain Chabat et Jonathan Coen prêtent leur voix (et leur visage) à deux citadins de classe moyenne, Jacky et Michel Bruno, ni particulièrement futés, ni particulièrement crétins. Le premier semble célibataire (ou divorcé, sans enfant), tandis que le second, marié, est sur le point de découvrir la paternité.

   Mais c'est le premier qui lance l'intrigue : il pense vivre dans une sorte de simulation (un monde miroir, si vous préférez) et tente d'ouvrir les yeux de Bruno, très sceptique au départ. La manière dont il va le convaincre (ainsi que les dialogues, bien écrits) constitue le premier intérêt de cette histoire.

   C'est complété par l'accouchement abracadabrantesque de Fabienne (Anaïs Demoustier) et les premiers jours du bébé. Un autre homme complète le trio. Il a la voix caverneuse de Jean-Marie Winling... et réserve quelques surprises. Son devenir constitue d'ailleurs un point de basculement de l'histoire, prélude à une ellipse.

   On retrouve une partie de notre petit monde des années plus tard. C'est savoureux, avec, en plus, une fin bien amenée, sous forme de pirouette. Même si, sur le plan visuel, l'animation n'est pas toujours convaincante, j'ai bien aimé être embarqué dans cet univers loufoque, qui est bien évidemment une métaphore de la vie et du microcosme du cinéma. Toutefois, deux interprétations sont possibles. Soit Dupieux considère que la vraie vie (la plus intéressante) est celle des personnes qui font du cinéma, celle des gens ordinaires n'en étant qu'une version affadie. Soit il tend un miroir critique au microcosme, qui se fait une montagne d'une taupinière, alors que la vraie vie se déroule loin des caméras et des écrans.

   Ce n'est pas un grand film, mais une œuvre originale, divertissante et qui, en ces temps de chaleur pesante, a l'avantage d'inciter à fréquenter une salle climatisée.

14:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 16 juin 2026

The Furious

   C'est l'histoire d'une gamine issue d'une famille modeste, qui disparaît un jour, en pleine rue, enlevée par des pédophiles... Cela ne vous rappelle rien ? Eh oui, parfois, une sortie en salles peut percuter l'actualité la plus sensible...

   L'action se déroule "quelque part en Asie du Sud-Est", nous dit-on. Comme les personnages parlent principalement anglais et chinois (mais ne se trouvent pas dans "le pays du milieu"), on pense à Singapour ou la Malaisie, le film ayant été tourné (en partie) en Thaïlande.

   On nous fait suivre un duo de héros (les fameux furieux). Le premier est l'époux d'une journaliste d'investigation, qui disparaît alors qu'elle enquête sur une bande de truands. Le second est un simple plombier, muet, qui élève seul sa gamine, depuis le décès de son épouse. Les deux hommes ne se connaissent pas. Ils vont se rencontrer et (la police se montrant remarquablement inefficace...) unir leurs efforts... et ça tombe fichtrement bien : tous deux maîtrisent le kung fu. Hélas, ils ne sont pas les seuls, puisque c'est aussi le cas de la plupart des truands qu'ils vont devoir affronter.

   On nous prépare donc un menu corsé, la première séquence de baston survenant au moment de l'enlèvement de la gamine. Quand vous la verrez, dites-vous bien que c'est la moins violente du film...

   C'est donc à réserver à un public averti. Les combattants se servent remarquablement bien de leurs mains et de leurs pieds... ainsi que de divers outils : couteaux, sabres, marteaux, masse... et même des vélos dernier cri d'un parking urbain. Quant au plombier muet, je vous garantis que, lorsqu'il s'arme d'un marteau, il fait de sacrés dégâts !

   Les effets spéciaux, sanglants, sont réussis et les affrontements sont chorégraphiés comme des ballets... ce qui n'est pas étonnant, puisque le réalisateur, Kenji Tanigaki, fut le coordonnateur des combats de John Wick IV et chef des cascades sur City of Darkness.

   Je dois reconnaître que j'ai éprouvé un certain plaisir à voir ces bandes de racailles se faire démonter la tronche par les héros. Ceux-ci vont toutefois rencontrer une opposition de poids, en la personne d'un gros lard insubmersible (et à moitié givré) et du chef de la bande de pédophiles, un psychopathe de la pire espèce.

   Du coup, même quand on croit que c'est terminé, la baston reprend, à tel point que cela devient comique. Jusqu'au bout, on se demande si les gentils vont venir à bout des méchants. Le suspens est insoutenable...

16:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 14 juin 2026

Disclosure Day

   Quatre ans après le décevant The Fabelmans, Steven Spielberg est de retour avec une œuvre grand public, un film de science-fiction qui surfe sur la vague complotiste. Pour cela, il a bénéficié d'un gros budget (plus de cent millions de dollars), d'un scénariste réputé, d'un compositeur de renom et d'une belle distribution.

   Chers lecteurs, figurez-vous que, depuis plusieurs dizaines d'années (mais pas des siècles ceci dit, ni des millénaires), la Terre est régulièrement visitée par des extra-terrestres, mais que le méchant gouvernement états-unien, qui est au courant, en tire profit de manière éhontée et cache la vérité à ses concitoyens... ainsi qu'aux habitants du reste du monde. (Curieusement, aucun autre gouvernement ne semble au courant, les aliens ayant visiblement pris l'habitude d'atterrir aux States. C'est sans doute lié à la qualité de leurs aéroports... ou de leurs champs de maïs.)

   Un étrange concours de circonstances va faire collaborer deux individus qui, au départ, ignorent tout l'un(e) de l'autre. Une vilaine firme multinationale (sous contrat avec le méchant gouvernement états-unien) tente de contrecarrer leur alliance et d'étouffer l'affaire, empêchant la tenue de ce "Jour de Révélation".

   De la distribution, je retiens seulement Colman Domingo (dans un rôle très différent de celui qu'il tient dans Michael) et Emily Blunt, qui nous fait un sacré numéro, un peu sur tous les tons. A elle seule, elle sauve presque le film, à l'image de ce que peut faire Isabelle Huppert chez nous, au pays des culturés.

   Pour le reste, c'est assez affligeant. Je n'ai pas cru une seconde en Colin Firth PDG machiavélique. Les autres sont souvent caricaturaux, pas très bien dirigés à mon avis. Le pire est le type qui incarne le petit copain de la journaliste, un musicos con comme une bite, qui n'arrive même pas à écraser un smartphone avec une voiture. Cette péripétie croquignolesque survient dans une séquence très mal mise en scène, un duo s'échappant par miracle d'un hôpital et restant cinq à dix minutes à causer sur le parking, sans que personne ne soit lancé à sa poursuite...

   On en voit aussi de belles quand le co-héros Daniel Kellner retourne dans une ferme isolée. Voyant les lieux encerclés par les véhicules des méchants, il s'en approche en se cachant à peine, sans être vu (dans un premier temps). La manière dont l'évasion (en voiture) est filmée est un sommet du ridicule.

   Je crois que vous avez compris que Steven a vieilli... et que personne n'ose dire au génie que, parfois, sa scène est mal fagotée ou qu'il faudrait la rejouer. Je pense notamment à ce moment qui voit deux fuyards mal dissimulés derrière un rocher, juste à côté d'une bande de méchants qui ne les remarquent même pas. Le duo s'éloigne sans discrétion... toujours sans être repéré ! Comment Spielberg a-t-il pu tourner ça ? !

   Peut-être a-t-il trop fait confiance à son scénariste, David Koepp, qui fut jadis très inspiré, mais qui a récemment salopé le dernier Jurassic World.

   Pour être honnête, il y quand même un moment où l'on retrouve la "patte" du Maître, quand l'action se déporte dans la chambre d'une petite fille, puis dans une maison de conte de fée. Là, il se passe quelque chose, tout comme dans la scène de hangar, avec une belle utilisation du montage et du champ/contrechamp.

   A part ça, c'est plutôt creux, avec une morale à deux balles du genre :

La guerre, c'est mal.

La gentillesse, c'est bien.

   Spielberg n'a pas su se renouveler, utilisant de surcroît les médias à la manière d'un film des années 1990-2000. Il aurait été plus pertinent d'insérer les réseaux sociaux dans son intrigue... mais cela l'aurait peut-être conduit à évoquer le thème des rumeurs et fausses nouvelles, alors qu'il fait de l'une d'entre elles le cœur (hautement improbable) de son histoire.

23:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Ghost in the Shell

   Je me rappelle encore la première fois que j'ai vu l'adaptation du manga, il y a presque trente ans. C'était à Toulouse, dans le cinéma qui à l'époque ne s'appelait pas American Cosmograph mais Utopia, dans la salle rouge, celle située à l'étage, qui compte un petit retranchement au fond, où il est possible d'étendre ses jambes. Dès le début, j'avais été hypnotisé par la musique du générique... et la suite m'avait passionné.

   Ressorti en version restaurée, le film n'a rien perdu de sa force. Son intrigue, complexe, a de quoi déconcerter les amateurs de scénario balisé. Dans un futur hyper-technologisé, il est question de rivalités entre pays supposés démocratiques, mais aussi de tensions internes, entre services. Il y a donc complot, complot dans le complot... et même manipulation dans le complot interne au complot. (C'est peut-être le moment de prendre un cachet d'aspirine.) 

    Se greffe là-dessus un questionnement sur la nature humaine. Dans ce futur qui nous pend peut-être au nez, les "humains augmentés" côtoient des cyborgs/androïdes plus au moins perfectionnés, certains semblant développer une forme d'humanité. Le "ghost" est leur programme central, mais l'on finit par se demander si ce n'est pas plutôt leur "âme" ou une forme de conscience de soi.

   Les policiers anti-terroristes traquent un mystérieux pirate informatique, surnommé puppet master, le "maître des marionnettes", capable de prendre le contrôle à distance de n'importe quel système informatique... et même d'implanter de faux souvenirs dans la tête d'un humain. Quelles sont ses réelles intentions ? Jusqu'où vont ses compétences ? A-t-il inventé une nouvelle forme de vie, une sorte de conscience créée de manière uniquement numérique ? Ces questions croisent les propres interrogations de la principale enquêtrice, le Major Motoko Kusanagi, la plus badass des androïdes.

   Les décors sont chiadés, l'animation de grande qualité, même si elle a un poil vieilli. L’œuvre du réalisateur, Mamoru Oshii, est en général méconnue. Cette ressortie pourrait être l'occasion de la faire mieux connaître aux cinéphiles.

17:57 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 13 juin 2026

Le Dernier Souffle d'un yakuza

   Quelque part dans une prison japonaise, de nos jours, un détenu septuagénaire repense à sa vie d'homme libre, une trentaine d'années auparavant. Il dialogue avec une plante, une balsamine, seul vestige de la maison où il a jadis vécu, heureux, avec femme et enfant. Pour lui, c'est plutôt mauvais signe : cette plante n'est audible que par les nouveaux nés et les mourants.

   Comme l'indique le titre, Akutsu est un (ancien) yakuza, d'origine modeste, qu'un truand a sans doute pris sous son aile, pour en faire son homme de main. Obéissant et rigoureux, il monte en grade dans les années 1980, au point de "gagner" très confortablement sa vie (notamment avec le racket de protection). Mais c'est aussi l'époque où il accepte d'héberger une jolie jeune femme enceinte, bientôt mère d'un enfant au père inconnu. Akutsu tente de jongler entre cette vie familiale insolite et ses activités délictuelles. Trente ans plus tard, il semble avoir été complètement oublié par la femme et l'enfant... à moins qu'ils n'aient été tués.

   La réponse à toutes nos questions va émerger au fil des retours en arrière. On découvre une histoire d'amour totalement improbable, entre un jeune homme introverti (peut-être un peu autiste), doté de capacités intellectuelles singulières, et une femme soulagée d'avoir échappé à une relation toxique... et tenant à assurer l'avenir de son enfant.

   Une énigme se superpose à l'intrigue sentimentale : qu'est devenue la somme d'argent résultant d'un braquage, commis à la fin des années 1980 ? Des indices sont semés tout au long du film, par le réalisateur comme par le personnage principal. Quand je vous aurai dit que le scénariste a sans doute lu Le Secret de la Licorne (d'Hergé), vous comprendrez peut-être quelle est la clé de ce mystère-ci.

   J'ai été emballé par cette histoire peu commune. A l'écran, c'est parfois superbe, comme lorsqu'on nous montre des feux d'artifice. C'est surtout extrêmement délicat, avec beaucoup de non-dit au niveau des sentiments. On se demande vraiment où Baku Kinoshita (dont c'est semble-t-il le premier long-métrage) veut nous mener. En tout cas, le chemin suivi est très plaisant et la fin apaisée.

21:35 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

L'Affaire Zanetti

   Inspirée d'une histoire vraie, cette fiction franco-italienne a pour cadre principal un centre de détention expérimental, situé en haute montagne, où les détenues disposent de plus d'espace et de liberté, à condition de respecter certaines règles.

   C'est dans ce lieu qu'est incarcérée Elisa, condamnée dix ans auparavant pour le meurtre de sa sœur, dont elle dit ne garder aucun souvenir. Elle va bientôt avoir la possibilité de bénéficier d'un régime de semi-liberté. C'est dans ce cadre qu'elle accepte la tenue d'entretiens avec un expert criminologue, qui étudie les profils d'assassins et a aussi pour objectif de mieux comprendre les dessous de cette affaire criminelle.

   Le point de départ est émoustillant et les deux interprètes principaux sont excellents. Roschdy Zem incarne un criminologue empathique (mais pas aveugle), tandis que Barbara Ronchi (vue récemment dans L'Enlèvement) est Elisa, un personnage bourré d'ambiguïtés.

   C'est d'ailleurs l'un des enjeux de l'histoire que de déterminer ce qui trotte réellement dans la tête de la détenue. Est-elle réellement coupable ? De quoi se souvient-elle exactement ? A l'image des routes sinueuses qui mènent au centre de détention, la mémoire suit parfois un cheminement complexe.

   Le problème est qu'une fois lancé, le film patine. C'est mou et il convient de rester pleinement concentré, certains interprètes italiens (qui s'expriment souvent dans la langue d'Emmanuel Macron) n'étant pas toujours parfaitement intelligibles. Je dois reconnaître que j'ai un peu piqué du nez...

   L'intérêt remonte quand se développent les retours en arrière, censés visualiser les souvenirs d'Elisa, qui ressurgissent. Le réalisateur a choisi de ne pas trop différencier à l'écran ces deux époques : on y voit "l'héroïne" partager sa chambre, jadis avec sa sœur, de nos jours avec une codétenue. Je pense que c'est voulu, pour entretenir l'atmosphère de trouble.

   Le problème (pour moi) est qu'il n'y a guère d'incertitude (et pourtant, je ne connaissais rien à cette affaire avant de voir le film). Du coup, cette enquête dialoguée ne m'a pas franchement passionné, d'autant que je ne partage pas les présupposés de l'auteur du film.

 

 

 

ATTENTION !

 

 

DIVULGÂCHAGES !

 

 

 

   Très vite, j'ai compris que la meurtrière simulait au moins en partie son amnésie. On comprend rapidement aussi que c'est une menteuse pathologique (ainsi qu'une psychopathe, peut-être en voie de réhabilitation).

   L'autre problème réside dans l'attitude du criminologue, emblématique de celle du réalisateur. Bien qu'il affirme le contraire dans sa conférence du début, sa volonté de comprendre le cerveau des auteurs de crime le conduit à éprouver de l'empathie (voie de la sympathie) pour eux, négligeant de fait les victimes, ce que lui reproche une des spectatrices... et c'est exactement ce que fait le film, nous faisant suivre au quotidien la meurtrière, nous faisant compatir à son malheur, alors que le personnage de sa victime, Katia, est à peine effleuré. Cette mise en abyme involontaire est assez symptomatique de notre époque : de bonnes tentent de susciter la sympathie du grand public pour les criminels, oubliant parfois où sont les vraies victimes.

La Bataille de Gaulle - L'âge de fer

   Il y a quelques années de cela, le scénariste Antonin Baudry avait révélé un certain talent de réalisateur avec Le Chant du loup. Il a pris son temps avant de retourner derrière la caméra, avec ce qui n'est pas véritablement un biopic, mais un film de guerre et de résistance, qui prend parfois la forme d'un cours d'histoire.

   La première qualité de ce film est de mettre en avant des épisodes de la Seconde Guerre mondiale qui n'ont pas souvent figuré à l'écran. Ainsi, on découvre celui qui n'est encore que le colonel de Gaulle lors de la bataille de Montcornet (en mai 1940), au cours de laquelle il a dirigé plusieurs unités de char contre l'envahisseur allemand, avec une certaine habileté... mais aussi de l'audace... et un poil d'inconscience, Simon Abkarian réussissant à nous faire toucher du doigt le mélange de courage et d'arrogance du personnage. C'est aussi l'occasion de mettre en scène le sens de la formule du futur général :

- Mon colonel, c'est la débandade !

- Ai-je l'air de débander ?

   Sans être aussi savoureux, le reste des dialogues est tout de même souvent marqué par un indéniable savoir-faire, ne serait-ce que parce que l'on s'est visiblement beaucoup inspiré des Mémoires de Charles de Gaulle, ainsi que de ses lettres, notes et carnets. Cela donne ce ton souvent sentencieux au héros, pas toujours bien assimilé par Abkarian, qui donne parfois l'impression de réciter un texte littéraire.

   Les spectateurs attendent sans doute les débuts du personnage à Londres, mais Baudry a l'intelligence de ne pas trop s'attarder dessus, notamment sur l'Appel du 18 juin, déjà amplement traité dans le De Gaulle de Gabriel Le Bomin. Il préfère mettre en scène les rencontres avec Winston Churchill (qui parlait sans doute mieux le français que de Gaulle l'anglais). Celui-ci est interprété par l'excellent Simon Russell Beale (qui nous a ravis naguère en incarnant cette pourriture de Beria dans La Mort de Staline). C'est l'un des aspects les plus réussis de ce long-métrage : la confrontation de ces deux têtes de lard, qui s'estimaient mutuellement mais n'hésitaient pas à se jouer des coups en douce.

   Un autre mérite du film est de montrer à quel point fut difficile la construction de la Résistance extérieure. Au début, ce n'est qu'une bande d'amateurs, des patriotes de tout bord qui ne disposent pas de moyens importants. De plus, quand le mouvement a commencé à prendre de l'ampleur, de Gaulle aurait dû, à plusieurs reprises, en être évincé, par l'amiral Muselier (qui a eu l'idée de la Croix de Lorraine), par le général Catroux (plus accommodant que de Gaulle mais moins charismatique... et moins tenace), par l'amiral Darlan (ancien second de Pétain)... et par le général Giraud, que l'on verra sans doute dans le second volet, qui sort bientôt.

   A la vision de ce film, on comprend aussi mieux pourquoi de Gaulle a eu, par la suite (notamment une fois revenu au pouvoir, en 1958), de telles réticences vis-à-vis des gouvernements britanniques et états-uniens, qui, durant la guerre, lui ont souvent mis des bâtons dans les roues et l'ont tenu à l'écart de certains moments importants.

   Le premier de ces épisodes est celui de Mers el-Kébir, qui a failli torpiller définitivement la toute jeune France Libre. Je trouve que le film est un peu dur pour les Britanniques et ne montre pas assez la raideur jusqu'au-boutiste des officiers de marine français.

   Moins connues sont les pérégrinations de Charles de Gaulle en Afrique sub-saharienne : Cameroun, Tchad et Congo font partie des premières colonies ralliées à la Résistance extérieure. C'est l'occasion pour le réalisateur de montrer le recrutement en partie africain des FFL (Forces Françaises Libres), sous la houlette notamment du général Leclerc (auquel je trouve que cette première partie ne rend pas assez hommage). Cela nous vaut aussi une séquence pittoresque en zone équatoriale, avec de Gaulle imperturbable dans son uniforme (à l'intérieur duquel il doit pourtant crever de chaud) et négligeant les conseils de Spears, l'attaché britannique qui tente d'arrondir les angles avec Churchill. Lorsque l'attaché lui propose un produit pour lutter contre les insectes volants, il s'attire cette réponse cinglante du chef de la France Libre :

- Les moustiques ne piquent pas le général de Gaulle !

   Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir ce qui suit cette déclaration péremptoire du héros qui, à l'époque, s'était mis à parler de lui à la troisième personne !

   Le véritable moment de bravoure est sans conteste la séquence consacrée à la bataille de Bir Hakem (au printemps 1942). En se battant à un contre dix, avec beaucoup moins de matériel, les FFL sont parvenues à infliger de lourdes pertes aux Italiens et à l'Afrika Korps de Rommel, ralentissant suffisamment leur progression pour permettre aux Britanniques de regrouper leurs forces, permettant à moyen terme la victoire cruciale d'El-Alamein. Ce fut l'honneur retrouvé de l'armée française et c'est filmé avec un souffle quasi épique.

   Dans cette bataille, on retrouve la composition hétérogène des FFL. La mise en scène insiste plutôt sur la composante africaine, mais il faut savoir qu'il y eut aussi des unités originaires du Pacifique, comme le rappelle un reportage récemment diffusé à la télévision publique.

   Certains spectateurs s'étonneront peut-être de la présence d'une femme (une seule) au sein des combattants. Ce n'est pas une invention "politiquement correcte", pour se mettre en conformité avec l'air du temps. Cette femme (hors du commun) était Susan Travers, une Britannique qui commença la guerre comme ambulancière dans la Croix-Rouge, avant de rejoindre la France Libre puis la Légion étrangère. Hélas, le film ne dit presque rien d'elle, la présentant comme très proche du général Koenig (qui commandait les troupes à Bir Hakeim). En fait, elle était sa maîtresse... et lui marié, ce qui, à l'époque, était socialement inacceptable. Son rôle a donc été minoré (voire ignoré) pendant des décennies.

   Je suis conscient que, l'époque étant extrêmement riche, le film ne pouvait pas tout dire. Il regorge tout de même d'anecdotes (comme celle des habitants de l'île de Sein, parmi les premiers à rejoindre la France Libre en 1940) et, s'il est assez scolaire dans sa forme, plusieurs scènes témoignent d'un effort d'inventivité.

   Les 2h40 passent sans problème. C'est au final pour moi un bon spectacle, instructif de surcroît.

vendredi, 12 juin 2026

Le Virtuose

   C'est un terme que l'on réserve, en général, aux personnes qui jouent d'un instrument de musique avec brio. Tel n'est pas tout à fait le cas du héros, le jeune Niki White, qui possède toutefois l'oreille absolue. Fils d'un pianiste doué, décédé des années auparavant, il a été pris sous son aile par un accordeur de piano lui aussi doté d'une ouïe exceptionnelle... hélas en déclin, tout comme les facultés cognitives du vieil homme. Il est très bien interprété par Dustin Hoffman, le jeune homme étant incarné par Leo Woodall, vu récemment dans Nuremberg et le dernier Bridget Jones.

   Complète la distribution principale Havana Rose Liu, très convaincante en pianiste de conservatoire, qui peut légitimement aspirer à une brillante carrière. Je pense que vous avez compris que le jeune accordeur (gueule d'ange, musclé, tatoué) et la ravissante musicienne (mince, rayonnante... et pugnace, quand il le faut) sont destinés à se rencontrer, se rapprocher... et plus si affinités ? (Poil au nez ?)

   En dépit de cette trame hyper-prévisible, j'ai été conquis par cette première partie, par le charme gouailleur d'Hoffman comme par le couple en formation : ils sont si mignons ! Le montage saccadé du début suscite parfois le rire, mais il est un peu trop rapide à mon goût. Je me demande si ce n'est pas dû à la volonté du producteur de raccourcir le film...

   On se doute bien que cette love story des temps modernes risque de rencontrer des obstacles. Ils sont paradoxalement dus au talent exceptionnel de Niki, repéré par des cambrioleurs, qui ont besoin d'une méthode discrète pour forcer les coffres-forts.

   On attend avec impatience de voir comment tout cela va déraper... et c'est là que le film déçoit, tant il est prévisible. Le héros commet une erreur qui, de prime abord, paraît minime, mais qui va prendre des proportions insoupçonnées. On sent que ce détail va jouer un rôle important. Le jeu est de deviner quand. On comprend aussi au premier gros plan sur un système d'ouverture comment le héros pourra, plus tard, en tirer profit...

   C'est le moment que choisit Jean Reno pour surgir à l'écran... enfin, quand je dis surgir, c'est un peu exagéré. Le comédien, peut-être mal rétabli du tournage de Mon Ami le petit manchot, semble tout droit sorti de l'hôpital. C'est dommage, parce que son personnage joue un rôle capital à ce moment du film... mais, pour moi, cela tombe à plat. (Tant pis pour les références historiques introduites dans l'intrigue, qui relient aussi bien les truands que certaines de leurs victimes.) 

   L'ensemble reste toutefois assez agréable à voir, avec un bon travail sur le son... et l'on nous a épargné le gros pathos pour conclure.

21:17 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 10 juin 2026

Colony

   Il y a dix ans, Sang-Ho Yeon s'était révélé au public cinéphile avec Dernier Train pour Busan. Même s'il a un peu déçu ensuite avec Peninsula, son nouveau film était attendu. Le sujet suscite la curiosité : une nouvelle pandémie se déclare et se répand comme une traînée de poudre dans un lieu clos : un immeuble ultra-moderne, où quantité de citoyens ordinaires se retrouvent piégés, au milieu d'une troupe grandissante d'infectés.

   De manière traditionnelle, le début nous présente les personnages que nous allons ensuite retrouver dans l'immeuble clos. C'est relativement banal, à ceci près qu'un des protagonistes réserve des surprises, plutôt bonnes ma foi : cette scientifique, qui a l'habitude d'utiliser son cerveau avant d'agir, contraste bigrement avec la pelletée d'abrutis qui l'entoure.

   Les pires pour moi sont les deux qui forment un couple de jeunes adultes, lui le blaireau sans gêne et elle... une connasse de chez connasse ! Dès qu'il y a un truc à ne pas faire, elle le fait ! C'est vraiment caricatural. Il est possible qu'à travers ce personnage féminin, le réalisateur ait voulu dénoncer certains des travers contemporains... mais il aurait pu diluer un peu. (Ceci dit, on est très content quand la "punition" finit par survenir.) 

   Du côté masculin, on a des lâches, des têtes brûlées et du mâle alpha, avide soit de dominer le monde (par son entreprise de biotechnologies), soit de le détruire (cas de l'ex-employé). Là encore, ce n'est guère original.

   Ce qui l'est plus, c'est la forme que prend la pandémie, puisque les infectés apprennent à communiquer entre eux (comme certains insectes). C'est le côté le plus intéressant du film, avec, en réponse, la nécessité pour les rescapés de jouer eux aussi collectif, en tentant de profiter des points faibles de ceux qui veulent les croquer.

   Le problème est que la suite est trop prévisible. On comprend trop facilement quand tel ou tel personnage risque de "morfler". On sent venir à des kilomètres les rebondissements. Du coup, même si les effets spéciaux sont de qualité, même si la "zombifiation" est bien mise en scène, je me suis mis plusieurs fois à regarder ma montre, ce qui n'est vraiment pas bon signe.

16:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 07 juin 2026

Cocotte

   Intitulée κότα (« poule », en grec) en version originale, cette fiction comico-dramatique, cofinancée par Arte, a été tournée en Grèce et réalisée par un Hongrois, György Pálfi.

   La première partie nous présente les prémices de la vie d'une poule, de l'origine à son arrivée dans la basse-cour d'un restaurant de poissons. Le tout-début est un peu gonflé, avec un plan qui ose montrer quelque chose que l'on voit très rarement sur un écran (encore plus rarement si l'écran est grand !).

   Le ton de la comédie domine, avec les premiers pas d'un "vilain petit canard" (ou d'un "mouton noir"), un poussin (puis une poule) pas conforme aux standards du poulailler industriel et qui semble vouée à une mort rapide.

   Mais la cocotte a de la ressource. Elle va donc successivement réussir à échapper à l'élimination dans le poulailler, la casserole de l'épouse d'un routier, un renard très audacieux, des voitures roulant à toute vitesse sur une autoroute, un rapace affamé (milan ou gypaète barbu)... Il n'y a pas besoin de dialogues et cela passe sans problème, bien aidé par une musique qui souligne la cocasserie de certaine scènes.

   La deuxième partie voit la poule se faire adopter par un vieux bonhomme, qui ambitionne de transformer son restaurant, situé à proximité de la côte... et de la frontière turque. Ce détail a son importance, puisque le gendre du restaurateur (un pauvre type dont s'est entichée sa crétine de fille) participe à des activités louches (trafic de cigarettes, de produits de contrefaçon... et de migrants). A travers les yeux de la poule, nous voyons l'animalité de certains humains. Certaines scènes sont dures...

   Je n'en dirai guère plus, sinon pour souligner que j'ai pris une claque. J'étais parti pour une séance placée sous le signe d'un humour sortant des sentiers battus... mais c'est plus profond que cela, avec une belle relation homme-poule et l'idée qu'à la fin des fins, c'est la vie qui l'emporte.

   C'est un film et un réalisateur à découvrir. Il serait bon d'ailleurs que l'on puisse accéder à ses précédentes œuvres, notamment à Hic, un polar rural qui fait intervenir... des cochons.

samedi, 06 juin 2026

Mata

   Presque cinq ans après Mon Légionnaire, la réalisatrice Rachel Lang revient à ses amours militaires, mais, cette fois-ci, avec les services de renseignement au cœur de l'intrigue. La première séquence nous plonge dans une opération du service Action de la DGSE. Raphaël Personnaz et Eye Haïdara incarnent les deux agents, qu'on sent très proches. Je pense ne rien divulgâcher en ajoutant que la mission va foirer... et que ce sont les conséquences de cet échec qui occupent le reste de l'histoire.

   Une bien belle distribution a été réunie. Autour des deux protagonistes, on croise Mélanie Laurent (brièvement), Hakim Jelimi Jemili, Joséphine Japy, Chloé Jouannet. Ça joue plutôt bien, y compris les figurants, quelques uns particulièrement inquiétants.

   Le point faible est plutôt Eye Haïdara. Non qu'elle joue mal. Par son tempérament, elle est crédible en espionne... mais physiquement, il n'est pas vraisemblable qu'une telle brindille soit un agent de terrain (de surcroît dotée d'une telle coiffure). Ceci dit, la réalisatrice est habile : elle filme la comédienne plutôt en plan serré, ou en gros plan. Sinon, elle use habilement de la contre-plongée (sous différents angles), pour éviter de faire apparaître Mata trop petite ou trop fluette à côté de certaines grosses baraques. On ne la voit debout, de face, qu'à côté de personnages féminins.

   Je pourrais ajouter la caractérisation du début, lorsque les deux agents sont au Maroc Niger : on insiste bien sur le fait que Mata rejette la féminité traditionnelle, qu'elle s'habille comme un mec... et que c'est son partenaire qui fait la lessive. (Je rassure les amateurs de glamour : plus tard dans l'histoire, on voit la jeune femme en habits de soirée.)

   Ces réserves émises, on peut toutefois se plonger avec plaisir dans une intrigue complètement paranoïaque, qui fait intervenir divers services secrets, des djihadistes et une entreprise multinationale. C'est mystérieux à souhait... et bien filmé. J'aime la façon dont Rachel Lang construit ses plans, que ce soit dans le désert, à Paris, en Suisse (superbe séquence de carnaval), dans les locaux de la DGSE ou de la DGSI (le contre-espionnage français). On perçoit ici et là des références à d'autres films de genre. C'est prenant et, au final, j'ai plutôt aimé.   

   P.S.

   Ceci constitue officiellement mon 4000e billet. Champagne !

10:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films