Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 19 avril 2026

Cocorico 2

   Il y a deux ans, le premier volet avait réuni deux millions d'entrées en salles. Ce film-ci est moins bien parti. Il n'atteindra sans doute pas la moitié... et il est descendu par la critique... Mais c'était déjà le cas du premier volet. Du coup, en quête de comédie facile et de durée raisonnable (1h30 ici), j'ai tenté ma chance.

   Le schéma narratif ressemble beaucoup à celui du premier film, dont il constitue pourtant la suite. On avait laissé les héros avec une révélation (mystérieuse) : l'origine de 85 % du patrimoine génétique de Frédéric Bouvier-Sauvage. A l'époque, j'avais émis deux hypothèses : une ascendance allemande ou nord-africaine. C'est finalement la Turquie qui a décroché le gros lot, Christian Clavier profitant de l'occasion pour incarner deux personnages (comme dans Le Million), le très suffisant Frédéric et son cousin Mehmet. Je ne vais pas en dire trop, mais sachez qu'à la fin de l'histoire, c'est au tour de Didier Bourdon de se dédoubler pour raisons familiales...

   Les deux lascars en apprennent donc davantage sur leur ascendance... et les deux acteurs cabotinent toujours autant. C'est facile, mais je dois avouer une certaine faiblesse : leurs petites joutes verbales maintiennent agréablement l'attention... et leur passage au commissariat, un soir de cuite, réserve quelques surprises, comme ce "questionnaire de nationalité", dont je vous propose un extrait, qui intéressera particulièrement certains spectateurs :

- Préfecture du Cantal ?

- Aurillac ! (J'ai fait des plaques d'immatriculation.)

- Préfecture de l'Aveyron ?

- Rodez !

   Les deux principaux personnages féminins sont plus intéressants, moins immatures. Sylvie Testud fait toujours preuve de beaucoup d'autodérision (quand on voit ce qu'on lui fait jouer). J'ai quand même trouvé cela too much, même si l'utilisation de son personnage, en introduction, est assez savoureuse. Marianne Denicourt est très bien et son personnage prend encore plus d'assurance que dans l'épisode précédent.

   Il me faut toutefois reconnaître que, sur le fond, c'est doublement grotesque. On réduit la nationalité à un patrimoine génétique (même si c'est pour déconstruire ces fadaises) et les proportions dans l'ascendance du personnage de Frédéric sont invraisemblables (tout comme le fait d'avoir un cousin avec lequel il aurait 60 % d'ADN en commun). Si l'on est un tant soit peu pointilleux en matière scientifique, on trouvera cette histoire complètement débile. Sinon, on peut fermer les yeux et juste passer un petit moment agréable, qui ne restera pas dans les annales.

22:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Cocorico 2

   Il y a deux ans, le premier volet avait réuni deux millions d'entrées en salles. Ce film-ci est moins bien parti. Il n'atteindra sans doute pas la moitié... et il est descendu par la critique... Mais c'était déjà le cas du premier volet. Du coup, en quête de comédie facile et de durée raisonnable (1h30 ici), j'ai tenté ma chance.

   Le schéma narratif ressemble beaucoup à celui du premier film, dont il constitue pourtant la suite. On avait laissé les héros avec une révélation (mystérieuse) : l'origine de 85 % du patrimoine génétique de Frédéric Bouvier-Sauvage. A l'époque, j'avais émis deux hypothèses : une ascendance allemande ou nord-africaine. C'est finalement la Turquie qui a décroché le gros lot, Christian Clavier profitant de l'occasion pour incarner deux personnages (comme dans Le Million), le très suffisant Frédéric et son cousin Mehmet. Je ne vais pas en dire trop, mais sachez qu'à la fin de l'histoire, c'est au tour de Didier Bourdon de se dédoubler pour raisons familiales...

   Les deux lascars en apprennent donc davantage sur leur ascendance... et les deux acteurs cabotinent toujours autant. C'est facile, mais je dois avouer une certaine faiblesse : leurs petites joutes verbales maintiennent agréablement l'attention... et leur passage au commissariat, un soir de cuite, réserve quelques surprises, comme ce "questionnaire de nationalité", dont je vous propose un extrait, qui intéressera particulièrement certains spectateurs :

- Préfecture du Cantal ?

- Aurillac ! (J'ai fait des plaques d'immatriculation.)

- Préfecture de l'Aveyron ?

- Rodez !

   Les deux principaux personnages féminins sont plus intéressants, moins immatures. Sylvie Testud fait toujours preuve de beaucoup d'autodérision (quand on voit ce qu'on lui fait jouer). J'ai quand même trouvé cela too much, même si l'utilisation de son personnage, en introduction, est assez savoureuse. Marianne Denicourt est très bien et son personnage prend encore plus d'assurance que dans l'épisode précédent.

   Il me faut toutefois reconnaître que, sur le fond, c'est doublement grotesque. On réduit la nationalité à un patrimoine génétique (même si c'est pour déconstruire ces fadaises) et les proportions dans l'ascendance du personnage de Frédéric sont invraisemblables (tout comme le fait d'avoir un cousin avec lequel il aurait 60 % d'ADN en commun). Si l'on est un tant soit peu pointilleux en matière scientifique, on trouvera cette histoire complètement débile. Sinon, on peut fermer les yeux et juste passer un petit moment agréable, qui ne restera pas dans les annales.

22:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Mauvaise Pioche

   Gérard Jugnot s'inspire d'un aspect de l'Affaire Dupont de Ligonnès pour nous servir une (gentille) satire sociale, dans laquelle il pointe divers travers contemporains..

   Les principaux éléments de l'intrigue sont à la fois légèrement déformés (sans doute pour éviter des poursuites judiciaires) et suffisamment clairs pour que l'on comprenne de quoi il s'agit. Dupont de Ligonnès devient Durand de Solilès, Nantes devient Brest, deux Labradors deviennent un Golden Retriever... Enfin, l'arrestation abusive en Écosse est déplacée en Italie, où le pauvre Serge Martin (décalque de Guy Joao) participait à la reconstitution d'une victoire napoléonienne (au lieu de rejoindre son épouse écossaise).

   La première partie montre l'emballement médiatique, le manque de déontologie de certains policiers et certains journalistes. Jugnot évite de pointer Le Parisien (pourtant à la source de l'emballement), réservant ses principales flèches aux chaînes d'information, elles aussi à peine déguisées : DFM pour BFM, LVI pour LCI et surtout WeNews pour CNews, Reem Kherici incarnant avec une évidente gourmandise l'ambitieuse présentatrice Léa Paoli, sorte de mélange entre Christine Kelly et Léa Salamé.

   La deuxième partie décrit le calvaire du héros, mis hors de cause par un test ADN, mais dont les ennuis ne font que commencer. C'est l'occasion pour le réalisateur de dénoncer aussi le comportement irresponsable des drogués du smartphone et la mentalité poisseuse de certains concitoyens de Serge Martin, qui ne savaient rien mais n'ont pas hésité à le dénigrer dans les médias.

   Une impressionnante brochette de vedettes est venue faire de la figuration. La liste serait trop longue à donner ici, mais, globalement, je trouve qu'ils cachetonnent bien.

   La troisième partie bifurque vers autre chose. Au départ, il m'a semblé que cela prenait un tour plus noir. (N'oublions pas que, dans la vraie vie, la victime de l'arrestation abusive n'a jamais reçu d'excuses ni de compensation et qu'elle est morte prématurément, à 71 ans, en 2021.) Et puis, tout à coup, on comprend que quelque chose se prépare... quelque chose de savoureux. C'est un peu irréaliste (et téléphoné), mais cela permet de conclure l'histoire de manière sympathique.

Mauvaise Pioche

   Gérard Jugnot s'inspire d'un aspect de l'Affaire Dupont de Ligonnès pour nous servir une (gentille) satire sociale, dans laquelle il pointe divers travers contemporains..

   Les principaux éléments de l'intrigue sont à la fois légèrement déformés (sans doute pour éviter des poursuites judiciaires) et suffisamment clairs pour que l'on comprenne de quoi il s'agit. Dupont de Ligonnès devient Durand de Solilès, Nantes devient Brest, deux Labradors deviennent un Golden Retriever... Enfin, l'arrestation abusive en Écosse est déplacée en Italie, où le pauvre Serge Martin (décalque de Guy Joao) participait à la reconstitution d'une victoire napoléonienne (au lieu de rejoindre son épouse écossaise).

   La première partie montre l'emballement médiatique, le manque de déontologie de certains policiers et certains journalistes. Jugnot évite de pointer Le Parisien (pourtant à la source de l'emballement), réservant ses principales flèches aux chaînes d'information, elles aussi à peine déguisées : DFM pour BFM, LVI pour LCI et surtout WeNews pour CNews, Reem Kherici incarnant avec une évidente gourmandise l'ambitieuse présentatrice Léa Paoli, sorte de mélange entre Christine Kelly et Léa Salamé.

   La deuxième partie décrit le calvaire du héros, mis hors de cause par un test ADN, mais dont les ennuis ne font que commencer. C'est l'occasion pour le réalisateur de dénoncer aussi le comportement irresponsable des drogués du smartphone et la mentalité poisseuse de certains concitoyens de Serge Martin, qui ne savaient rien mais n'ont pas hésité à le dénigrer dans les médias.

   Une impressionnante brochette de vedettes est venue faire de la figuration. La liste serait trop longue à donner ici, mais, globalement, je trouve qu'ils cachetonnent bien.

   La troisième partie bifurque vers autre chose. Au départ, il m'a semblé que cela prenait un tour plus noir. (N'oublions pas que, dans la vraie vie, la victime de l'arrestation abusive n'a jamais reçu d'excuses ni de compensation et qu'elle est morte prématurément, à 71 ans, en 2021.) Et puis, tout à coup, on comprend que quelque chose se prépare... quelque chose de savoureux. C'est un peu irréaliste (et téléphoné), mais cela permet de conclure l'histoire de manière sympathique.

Les Dimanches

   Récemment récompensé aux Goya 2026, ce film espagnol s'inspire d'une histoire vraie, celle d'une lycéenne de dix-sept ans, qui annonce à sa famille vouloir effectuer une retraite spirituelle (dans un couvent), avant peut-être, sans doute, d'entrer dans les ordres.

   Le contexte familial n'est pas neutre. Ainara (Blanca Soroa, remarquable) partage sa vie entre l'internat du lycée catholique où elle est scolarisée, l'appartement de son père et celui de sa grand-mère, à Bilbao. Il lui arrive aussi de séjourner chez sa tante. Celle-ci joue un peu le rôle de mère de substitution, la mère biologique étant décédée des années auparavant. Ainara ne semble pas apprécier la nouvelle compagne de son père et se sent plus à l'aise avec sa grand-mère qu'avec sa tante, qui n'a pas les mêmes opinions religieuses qu'elle.

   Du coup, à l'instar des membres de la famille, on se demande d'où vient cette envie de prendre le voile. Ainara n'agirait-elle pas sur un coup de tête, suite à une déception sentimentale ? (Elle commençait à fréquenter un garçon de la chorale... qui n'est pas du genre monogame.) Est-elle tombée sous le charme du nouveau directeur de conscience du lycée, un jeune curé bien sous tout rapport ? N'est-elle pas plutôt sous l'emprise d'une des religieuses, dont le comportement pourrait s'apparenter à celui d'une membre d'une secte ? Ou alors, à travers cet étonnant projet, ne manifeste-t-elle pas une forme de rejet de sa famille, qui la déçoit ?

   La mise en scène maintient longtemps l'incertitude concernant les motivations de la jeune femme. La caméra la suit sans la juger, tout comme elle suit le père (un restaurateur absorbé par son métier) et la tante (une ancienne élève du même établissement religieux, devenue athée et farouchement anticléricale).

   Ainara ne nous est pas présentée comme une godiche coupée du monde réel. Elle aime le chant, qu'il soit profane ou religieux. Elle s'habille comme une adolescente de son époque (blue jeans et baskets, quand elle ne porte pas l'uniforme scolaire), utilise un smartphone, sort avec ses amis, boit (un peu) d'alcool.

   Le film laisse sa chance à tous les personnages, qui ne sont pas limités à des caricatures. J'ai trouvé cela très intéressant. Sans être d'un style flamboyant, ce long-métrage sort de l'ordinaire. C'est une découverte à faire.

Les Dimanches

   Récemment récompensé aux Goya 2026, ce film espagnol s'inspire d'une histoire vraie, celle d'une lycéenne de dix-sept ans, qui annonce à sa famille vouloir effectuer une retraite spirituelle (dans un couvent), avant peut-être, sans doute, d'entrer dans les ordres.

   Le contexte familial n'est pas neutre. Ainara (Blanca Soroa, remarquable) partage sa vie entre l'internat du lycée catholique où elle est scolarisée, l'appartement de son père et celui de sa grand-mère, à Bilbao. Il lui arrive aussi de séjourner chez sa tante. Celle-ci joue un peu le rôle de mère de substitution, la mère biologique étant décédée des années auparavant. Ainara ne semble pas apprécier la nouvelle compagne de son père et se sent plus à l'aise avec sa grand-mère qu'avec sa tante, qui n'a pas les mêmes opinions religieuses qu'elle.

   Du coup, à l'instar des membres de la famille, on se demande d'où vient cette envie de prendre le voile. Ainara n'agirait-elle pas sur un coup de tête, suite à une déception sentimentale ? (Elle commençait à fréquenter un garçon de la chorale... qui n'est pas du genre monogame.) Est-elle tombée sous le charme du nouveau directeur de conscience du lycée, un jeune curé bien sous tout rapport ? N'est-elle pas plutôt sous l'emprise d'une des religieuses, dont le comportement pourrait s'apparenter à celui d'une membre d'une secte ? Ou alors, à travers cet étonnant projet, ne manifeste-t-elle pas une forme de rejet de sa famille, qui la déçoit ?

   La mise en scène maintient longtemps l'incertitude concernant les motivations de la jeune femme. La caméra la suit sans la juger, tout comme elle suit le père (un restaurateur absorbé par son métier) et la tante (une ancienne élève du même établissement religieux, devenue athée et farouchement anticléricale).

   Ainara ne nous est pas présentée comme une godiche coupée du monde réel. Elle aime le chant, qu'il soit profane ou religieux. Elle s'habille comme une adolescente de son époque (blue jeans et baskets, quand elle ne porte pas l'uniforme scolaire), utilise un smartphone, sort avec ses amis, boit (un peu) d'alcool.

   Le film laisse sa chance à tous les personnages, qui ne sont pas limités à des caricatures. J'ai trouvé cela très intéressant. Sans être d'un style flamboyant, ce long-métrage sort de l'ordinaire. C'est une découverte à faire.

samedi, 18 avril 2026

La Corde au cou

   Cela faisait un bail que je n'avais pas vu un film de Gus Van Sant... précisément depuis 2013 et l'excellent Promised Land. Le sujet qu'il a choisi d'aborder ici m'était inconnu... et je n'ai pas cherché à m'informer davantage avant de voir La Corde au cou : je voulais préserver le plaisir de la découverte et me laisser libre de spéculer sur ce qu'il allait advenir du preneur d'otage et de son captif.

   Dans le rôle du premier, Bill Skarsgård nous livre une performance de haut niveau. Après l'avoir vu notamment dans Piégé, Nosferatu... je crois pouvoir affirmer que ce gars-là peut tout jouer. Ici, il incarne un "petit Blanc", un type honnête et a priori pas méchant, qui se contente de sa vie modeste... jusqu'au jour où il se fait entuber, par une compagnie financière.

   On retrouve la traditionnelle lutte du "pot de terre" contre le "pot de fer". De ce point de vue, le film n'innove guère... à ceci près qu'il ose montrer qu'en 1977, dans une grande ville comme Indianapolis, on pouvait être blanc et pauvre... et noir et riche (comme l'animateur radio, très bien interprété par Colman Domingo, que l'on va bientôt revoir dans la peau du père de Michael Jackson).

   L'un des principaux intérêts du film est son ambiance seventies. C'est délicieusement rétro, avec les voitures, vêtements, coupes de cheveux, meubles de cette époque... et de la (très) bonne musique afro-américaine. (C'était avant le rap...)

   La prise d'otage est montrée en deux temps : d'abord au siège de la compagnie financière, puis au domicile du "héros", où cela devient plus intéressant, les statuts des deux hommes (le grugé devenu prédateur et le président de la boîte devenu victime) étant inversés. Dans le rôle du PDG, Dacre Montgomery fait correctement le job mais, au bout d'un moment, cela tourne un peu en rond, d'autant que l'apparition d'Al Pacino (le père du PDG, responsable des magouilles) ne provoque pas d'étincelles.

   Fort heureusement, la fin réserve quelques surprises. Je conseille de rester pendant le générique, qui est entrecoupé d'images d'archives.

   C'est pour moi un bon film, mais ne vous attendez pas à un chef-d’œuvre : il nous a été un poil survendu.

La Corde au cou

   Cela faisait un bail que je n'avais pas vu un film de Gus Van Sant... précisément depuis 2013 et l'excellent Promised Land. Le sujet qu'il a choisi d'aborder ici m'était inconnu... et je n'ai pas cherché à m'informer davantage avant de voir La Corde au cou : je voulais préserver le plaisir de la découverte et me laisser libre de spéculer sur ce qu'il allait advenir du preneur d'otage et de son captif.

   Dans le rôle du premier, Bill Skarsgård nous livre une performance de haut niveau. Après l'avoir vu notamment dans Piégé, Nosferatu... je crois pouvoir affirmer que ce gars-là peut tout jouer. Ici, il incarne un "petit Blanc", un type honnête et a priori pas méchant, qui se contente de sa vie modeste... jusqu'au jour où il se fait entuber, par une compagnie financière.

   On retrouve la traditionnelle lutte du "pot de terre" contre le "pot de fer". De ce point de vue, le film n'innove guère... à ceci près qu'il ose montrer qu'en 1977, dans une grande ville comme Indianapolis, on pouvait être blanc et pauvre... et noir et riche (comme l'animateur radio, très bien interprété par Colman Domingo, que l'on va bientôt revoir dans la peau du père de Michael Jackson).

   L'un des principaux intérêts du film est son ambiance seventies. C'est délicieusement rétro, avec les voitures, vêtements, coupes de cheveux, meubles de cette époque... et de la (très) bonne musique afro-américaine. (C'était avant le rap...)

   La prise d'otage est montrée en deux temps : d'abord au siège de la compagnie financière, puis au domicile du "héros", où cela devient plus intéressant, les statuts des deux hommes (le grugé devenu prédateur et le président de la boîte devenu victime) étant inversés. Dans le rôle du PDG, Dacre Montgomery fait correctement le job mais, au bout d'un moment, cela tourne un peu en rond, d'autant que l'apparition d'Al Pacino (le père du PDG, responsable des magouilles) ne provoque pas d'étincelles.

   Fort heureusement, la fin réserve quelques surprises. Je conseille de rester pendant le générique, qui est entrecoupé d'images d'archives.

   C'est pour moi un bon film, mais ne vous attendez pas à un chef-d’œuvre : il nous a été un poil survendu.

vendredi, 17 avril 2026

Bagarre

   Naim est un gentil jeune homme, pas très fût-fût, victime de sa copine, qui l'expulse de son propre appartement, de son ancien patron, qui le traitait plus bas que terre en "oubliant" de surcroît de le payer... et de son nouvel employeur, qui veut profiter de ses talents sans bourse délier. Pourtant, le garçon aurait les moyens de se faire respecter : gaulé comme un dieu, c'est un as du combat rapproché... mais il privilégie la non-violence... sauf quand une femme ou un ami proche se fait agresser. Là, il se transforme en distributeur de branlées, pour notre plus grand plaisir.

   Le héros est incarné par Nassim Lyes (coscénariste du film), un bogosse plein d'autodérision. Son personnage attire la sympathie... et l'on attend aussi impatiemment les moments où il va se mettre en colère, tant les scènes de baston sont bien chorégraphiées, par Julien Royal (fils de Ségolène et de François).

   Tournée à Marseille, cette pochade aux dialogues colorés est bourrée de galéjades et de personnages truculents, souvent interprétés par de prestigieux invités : Audrey Lamy (la copine vulgos et sans-gêne), Marina Foïs (la véto sans scrupule... et un peu raciste sur les bords), Manon Azem (la cliente pulpeuse), Hakim Jemili (le nouveau petit copain de son ex), Hedi Bouchenafa (le pote pas doué du tout pour la baston), Ramzy (en patron faussement prévenant, manipulateur) et Arriles Amrani (son larbin, un peu crétin sur les bords).

   "Allô Bagarre" est le nom d'une entreprise très particulière, qui loue les services de ses gros bras à des clients dans le pétrin. C'est invraisemblable, parfois débile, mais l'on passe un bon moment, si l'on aime voir des abrutis se faire démonter la gueule sur grand écran.

   Sur le fond, le film dénonce le racisme et les violences faites aux femmes, tout en prônant le dialogue pour régler les conflits (un paradoxe, quand on constate ce qui est mis en scène... avec un certain brio). Il y a bien quelques faiblesses (dont une regrettable tendance à utiliser des hommes blancs pour incarner les méchants de l'histoire), mais l'on peut sans gêne s'offrir ce petit plaisir coupable du mois d'avril.

21:28 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Bagarre

   Naim est un gentil jeune homme, pas très fût-fût, victime de sa copine, qui l'expulse de son propre appartement, de son ancien patron, qui le traitait plus bas que terre en "oubliant" de surcroît de le payer... et de son nouvel employeur, qui veut profiter de ses talents sans bourse délier. Pourtant, le garçon aurait les moyens de se faire respecter : gaulé comme un dieu, c'est un as du combat rapproché... mais il privilégie la non-violence... sauf quand une femme ou un ami proche se fait agresser. Là, il se transforme en distributeur de branlées, pour notre plus grand plaisir.

   Le héros est incarné par Nassim Lyes (coscénariste du film), un bogosse plein d'autodérision. Son personnage attire la sympathie... et l'on attend aussi impatiemment les moments où il va se mettre en colère, tant les scènes de baston sont bien chorégraphiées, par Julien Royal (fils de Ségolène et de François).

   Tournée à Marseille, cette pochade aux dialogues colorés est bourrée de galéjades et de personnages truculents, souvent interprétés par de prestigieux invités : Audrey Lamy (la copine vulgos et sans-gêne), Marina Foïs (la véto sans scrupule... et un peu raciste sur les bords), Manon Azem (la cliente pulpeuse), Hakim Jemili (le nouveau petit copain de son ex), Hedi Bouchenafa (le pote pas doué du tout pour la baston), Ramzy (en patron faussement prévenant, manipulateur) et Arriles Amrani (son larbin, un peu crétin sur les bords).

   "Allô Bagarre" est le nom d'une entreprise très particulière, qui loue les services de ses gros bras à des clients dans le pétrin. C'est invraisemblable, parfois débile, mais l'on passe un bon moment, si l'on aime voir des abrutis se faire démonter la gueule sur grand écran.

   Sur le fond, le film dénonce le racisme et les violences faites aux femmes, tout en prônant le dialogue pour régler les conflits (un paradoxe, quand on constate ce qui est mis en scène... avec un certain brio). Il y a bien quelques faiblesses (dont une regrettable tendance à utiliser des hommes blancs pour incarner les méchants de l'histoire), mais l'on peut sans gêne s'offrir ce petit plaisir coupable du mois d'avril.

21:28 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 15 avril 2026

Wedding Nightmare II

   Il y a un peu plus de six ans, le premier volet avait rencontré un joli succès : ayant coûté six millions de dollars, il en avait rapporté dix fois plus. (Avec le recul, je me dis que ce succès a fait des petits, puisque le scénario comme le style du récent They will kill you me semblent bigrement inspirés de Wedding Nightmare.) Je suis d'ailleurs étonné qu'il ait fallu autant de temps pour produire une suite. Peut-être est-ce dû à l'agenda chargé de Samara Weaving, l'interprète du rôle principal, la bien nommée Grace, une jolie blonde, en apparence inoffensive, mais que les circonstances peuvent transformer en redoutable tueuse.

   On retrouve Grace exactement là où on l'avait laissée six ans auparavant, à la sortie du manoir où elle vient d'affronter victorieusement sa nouvelle (et fugace) belle-famille. Gravement blessée, elle est admise à l'hôpital... et menottée, la police la soupçonnant (pas totalement à tort) d'être responsable du saccage, ainsi que de quelques meurtres.

   Soucieuse des spectateurs oublieux (ou n'ayant pas vu le premier volet), la production a inséré quelques retours en arrière, sur un agréable fond musical : une chanson d'Amy Winehouse.

   Dans cette suite, l'héroïne va être associée à sa sœur, qu'elle n'a pas vu depuis des années. Autre nouveauté : les jeunes femmes ne vont pas affronter une mais six familles aussi riches que démoniaques, avec des conséquences (visuelles) aussi cocasses d'inattendues lorsque l'une des lignées est interrompue.

   C'est le principal intérêt de ce film : la mise en scène des tueries, celles-ci jouissives parce qu'elles voient la mort d'une belle bande d'enfoiré.e.s, très bien campée par les acteurs chargés des seconds rôles. Dans cet opus, Sarah Michelle Gellar remplace Andie Mac Dowell. Du côté des messieurs, on nous offre la participation de David Cronenberg et celle, plus étoffée, de Frodon d'Elijah Wood, en "avocat du diable" assez mystérieux.

   Pour le reste, on est abreuvé de clichés. Ainsi, les deux sœurs, qui ne peuvent pas se piffrer au départ, apprennent à se comprendre, à s'apprécier, allant jusqu'à risquer leur vie l'une pour l'autre. Cette "sororité" basique va s'étendre à d'autres personnages, issus de catégories sociales plus aisées : deux femmes (une cheffe d'entreprise et une héritière) finissent par témoigner de la sympathie aux héroïnes, qui sont d'origine populaire. Elles se démarquent de l'apologie de la violence dans laquelle se complaisent les hommes, en particulier Titus, fils et frère dévalorisé au début de l'histoire, mais qui va peu à peu muer en mâle dominant sans pitié. C'est une incarnation de la masculinité toxique. Lui ne kiffe pas particulièrement les armes à feu. Il préfère user de ses poings, notamment contre les femmes. Ce sous-texte inattendu, amené avec un peu plus de subtilité que le reste, donne une saveur supplémentaire à cette histoire horrifique.

   (On reste toutefois dans le "politiquement correct" : si les familles de dominants représentent une réelle diversité ethno-culturelle, on a pris soin de n'y faire figurer aucun Afro-américain, les deux victimes potentielles étant des "Caucasiennes"...)

   Le film présente, comme son prédécesseur, l'avantage d'être habilement conclu (sur une séquence matrimoniale, qui justifie -enfin- le titre). J'ai trouvé le dernier quart d'heure particulièrement réussi.

00:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Wedding Nightmare II

   Il y a un peu plus de six ans, le premier volet avait rencontré un joli succès : ayant coûté six millions de dollars, il en avait rapporté dix fois plus. (Avec le recul, je me dis que ce succès a fait des petits, puisque le scénario comme le style du récent They will kill you me semblent bigrement inspirés de Wedding Nightmare.) Je suis d'ailleurs étonné qu'il ait fallu autant de temps pour produire une suite. Peut-être est-ce dû à l'agenda chargé de Samara Weaving, l'interprète du rôle principal, la bien nommée Grace, une jolie blonde, en apparence inoffensive, mais que les circonstances peuvent transformer en redoutable tueuse.

   On retrouve Grace exactement là où on l'avait laissée six ans auparavant, à la sortie du manoir où elle vient d'affronter victorieusement sa nouvelle (et fugace) belle-famille. Gravement blessée, elle est admise à l'hôpital... et menottée, la police la soupçonnant (pas totalement à tort) d'être responsable du saccage, ainsi que de quelques meurtres.

   Soucieuse des spectateurs oublieux (ou n'ayant pas vu le premier volet), la production a inséré quelques retours en arrière, sur un agréable fond musical : une chanson d'Amy Winehouse.

   Dans cette suite, l'héroïne va être associée à sa sœur, qu'elle n'a pas vu depuis des années. Autre nouveauté : les jeunes femmes ne vont pas affronter une mais six familles aussi riches que démoniaques, avec des conséquences (visuelles) aussi cocasses d'inattendues lorsque l'une des lignées est interrompue.

   C'est le principal intérêt de ce film : la mise en scène des tueries, celles-ci jouissives parce qu'elles voient la mort d'une belle bande d'enfoiré.e.s, très bien campée par les acteurs chargés des seconds rôles. Dans cet opus, Sarah Michelle Gellar remplace Andie Mac Dowell. Du côté des messieurs, on nous offre la participation de David Cronenberg et celle, plus étoffée, de Frodon d'Elijah Wood, en "avocat du diable" assez mystérieux.

   Pour le reste, on est abreuvé de clichés. Ainsi, les deux sœurs, qui ne peuvent pas se piffrer au départ, apprennent à se comprendre, à s'apprécier, allant jusqu'à risquer leur vie l'une pour l'autre. Cette "sororité" basique va s'étendre à d'autres personnages, issus de catégories sociales plus aisées : deux femmes (une cheffe d'entreprise et une héritière) finissent par témoigner de la sympathie aux héroïnes, qui sont d'origine populaire. Elles se démarquent de l'apologie de la violence dans laquelle se complaisent les hommes, en particulier Titus, fils et frère dévalorisé au début de l'histoire, mais qui va peu à peu muer en mâle dominant sans pitié. C'est une incarnation de la masculinité toxique. Lui ne kiffe pas particulièrement les armes à feu. Il préfère user de ses poings, notamment contre les femmes. Ce sous-texte inattendu, amené avec un peu plus de subtilité que le reste, donne une saveur supplémentaire à cette histoire horrifique.

   (On reste toutefois dans le "politiquement correct" : si les familles de dominants représentent une réelle diversité ethno-culturelle, on a pris soin de n'y faire figurer aucun Afro-américain, les deux victimes potentielles étant des "Caucasiennes"...)

   Le film présente, comme son prédécesseur, l'avantage d'être habilement conclu (sur une séquence matrimoniale, qui justifie -enfin- le titre). J'ai trouvé le dernier quart d'heure particulièrement réussi.

00:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 13 avril 2026

Je n'avais que le néant

   J'ai raté ce film à sa sortie en salles. J'ai récemment profité d'une séance spéciale pour y remédier. Je fais partie de celles et ceux qui estiment que Shoah, de Claude Lanzmann, est un chef-d’œuvre, un documentaire aussi fort que novateur (pour son époque), que je n'ai toutefois jamais vu au cinéma, uniquement à la télévision et en DVD.

   J'ai donc pris en pleine gueule certaines scènes, qui m'ont rappelé celles déjà vues sur petit écran, ici amplifiées par la salle obscure. Guillaume Ribot a puisé dans les quelque 220 heures de rushes non utilisés pour nous livrer une sorte de making of de Shoah, sur fond d'extraits des écrits du cinéaste, toujours très bien choisis.

   On retrouve donc certains des intervenants les plus marquants du documentaire-fleuve : le rescapé miraculeux de Chelmno (qui a survécu à une balle dans la nuque...), le coiffeur de Treblinka (dont on apprend qu'il a sans doute fui Lanzmann avant d'accepter de témoigner), un autre, allemand, l'un des rares évadés des camps d'extermination, les paysans polonais qui ont (presque) tout vu, l'ancien cheminot qui n'a rien oublié, l'ex-SS Suchomel, malade du cœur (il en avait un !), piégé par une caméra cachée (la "paluche", qui n'enregistrait pas, mais transmettait les images à distance, à une régie située dans le combi loué par Lanzmann), les anciens membres des Einsatzgruppen, protégés par leur entourage, et qui ne se laissent pas berner, au point de pousser l'équipe à prendre la fuite...

   De manière involontaire, certaines scènes (qui datent de plus de quarante ans) font écho à notre époque. On est ainsi stupéfait d'entendre un paysan polonais (qui ne maîtrise aucune langue étrangère) affirmer que Claude Lanzmann parle (français) avec "un accent juif" ! (S'il vivait en 2026, peut-être ironiserait-il sur la manière de prononcer son nom de famille...) C'est encore le nom du réalisateur qui est source d'ennuis puisque, pour nombre d'anciens nazis, il "sonne juif" et lui vaut donc des refus d'entretien. On constate que, bien avant que l'expression ne soit créée, il régnait déjà, entre 1973 et 1980, une sorte "d'antisémitisme d'atmosphère", que certains tentent aujourd'hui de minimiser.

   Le film se termine sur une séquence forte, avec des survivants de la révolte du ghetto de Varsovie, l'un des chefs, devenu alcoolique, peinant à s'exprimer. Ici encore, un geste, une attitude, parle plus que des discours.

Je n'avais que le néant

   J'ai raté ce film à sa sortie en salles. J'ai récemment profité d'une séance spéciale pour y remédier. Je fais partie de celles et ceux qui estiment que Shoah, de Claude Lanzmann, est un chef-d’œuvre, un documentaire aussi fort que novateur (pour son époque), que je n'ai toutefois jamais vu au cinéma, uniquement à la télévision et en DVD.

   J'ai donc pris en pleine gueule certaines scènes, qui m'ont rappelé celles déjà vues sur petit écran, ici amplifiées par la salle obscure. Guillaume Ribot a puisé dans les quelque 220 heures de rushes non utilisés pour nous livrer une sorte de making of de Shoah, sur fond d'extraits des écrits du cinéaste, toujours très bien choisis.

   On retrouve donc certains des intervenants les plus marquants du documentaire-fleuve : le rescapé miraculeux de Chelmno (qui a survécu à une balle dans la nuque...), le coiffeur de Treblinka (dont on apprend qu'il a sans doute fui Lanzmann avant d'accepter de témoigner), un autre, allemand, l'un des rares évadés des camps d'extermination, les paysans polonais qui ont (presque) tout vu, l'ancien cheminot qui n'a rien oublié, l'ex-SS Suchomel, malade du cœur (il en avait un !), piégé par une caméra cachée (la "paluche", qui n'enregistrait pas, mais transmettait les images à distance, à une régie située dans le combi loué par Lanzmann), les anciens membres des Einsatzgruppen, protégés par leur entourage, et qui ne se laissent pas berner, au point de pousser l'équipe à prendre la fuite...

   De manière involontaire, certaines scènes (qui datent de plus de quarante ans) font écho à notre époque. On est ainsi stupéfait d'entendre un paysan polonais (qui ne maîtrise aucune langue étrangère) affirmer que Claude Lanzmann parle (français) avec "un accent juif" ! (S'il vivait en 2026, peut-être ironiserait-il sur la manière de prononcer son nom de famille...) C'est encore le nom du réalisateur qui est source d'ennuis puisque, pour nombre d'anciens nazis, il "sonne juif" et lui vaut donc des refus d'entretien. On constate que, bien avant que l'expression ne soit créée, il régnait déjà, entre 1973 et 1980, une sorte "d'antisémitisme d'atmosphère", que certains tentent aujourd'hui de minimiser.

   Le film se termine sur une séquence forte, avec des survivants de la révolte du ghetto de Varsovie, l'un des chefs, devenu alcoolique, peinant à s'exprimer. Ici encore, un geste, une attitude, parle plus que des discours.

samedi, 11 avril 2026

L'Ultime Héritier

   En quête de divertissement facile, le soir, après le boulot, j'ai jeté mon dévolu sur cette comédie sociétale, un poil violente, coproduite par son interprète principal, Glen Powell, le chouchou de ces dames, vu récemment dans Running Man, Tout sauf toi et Top Gun : Maverick.

   Powell incarne Becket Redfellow, dont la mère a été reniée par sa richissime famille d'origine. Le jeune homme, qui n'a pas connu son père, a grandi dans une ambiance mêlant amour maternel et ressentiment, avec une furieuse envie de prendre sa revanche sur la vie... et sur sa famille maternelle. A cet égard, il pourrait d'ailleurs joindre l'utile à l'agréable. En effet, alors qu'il se croyait (comme sa mère) exclu de la succession familiale, il découvre qu'il en fait partie... en dernière position. Il décide donc de tout faire pour "remonter" dans le classement.

   La manière dont le "héros" va tenter de se débarrasser de ses oncles, tantes, cousins, petits-cousins... et de son grand-père constitue la meilleure partie du film, puisque chaque tentative de meurtre comporte une part de cocasserie. On profite de ce spectacle immoral aussi parce que presque tous les Redfellow sont antipathiques, certains certes plus que d'autres.

   Le film prend une épaisseur supplémentaire quand Becket découvre qu'il peut à son tour être une cible : du FBI (qui enquête sur cet étrange enchaînement d'accidents), d'un membre de sa famille (qui a compris son petit jeu)... et d'une de ses connaissances, une insupportable égocentrique qui fait une fixation sur lui. (Elle est incarnée par Margaret Qualley, dont le réalisateur filme principalement les -longues- jambes et le visage hyper maquillé...)

   Le problème est qu'entre les séquences de meurtre (bien mises en scènes, par le réalisateur comme par l'assassin, qui se révèle assez créatif...), on s'ennuie un peu. Le scénario introduit pourtant un intéressant dilemme. Becket réussit dans la vie sans avoir besoin de l'héritage : il devient cadre financier, avec un très bon salaire, et noue ce qui pourrait devenir une belle histoire d'amour. Ne serait-il pas temps pour lui de laisser tomber sa vengeance, d'autant qu'il a fini par rencontrer un membre de sa famille (beaucoup) plus sympathique que les autres ?

   Hélas, le film n'en fait pas grand chose... et, surtout, il devient de moins en moins drôle au fur et à mesure que l'intrigue se déroule. La fin se veut maline, en dehors des clous, mais elle est surtout totalement invraisemblable. Dommage, parce que plus de la moitié du film mérite le détour.

10:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

L'Ultime Héritier

   En quête de divertissement facile, le soir, après le boulot, j'ai jeté mon dévolu sur cette comédie sociétale, un poil violente, coproduite par son interprète principal, Glen Powell, le chouchou de ces dames, vu récemment dans Running Man, Tout sauf toi et Top Gun : Maverick.

   Powell incarne Becket Redfellow, dont la mère a été reniée par sa richissime famille d'origine. Le jeune homme, qui n'a pas connu son père, a grandi dans une ambiance mêlant amour maternel et ressentiment, avec une furieuse envie de prendre sa revanche sur la vie... et sur sa famille maternelle. A cet égard, il pourrait d'ailleurs joindre l'utile à l'agréable. En effet, alors qu'il se croyait (comme sa mère) exclu de la succession familiale, il découvre qu'il en fait partie... en dernière position. Il décide donc de tout faire pour "remonter" dans le classement.

   La manière dont le "héros" va tenter de se débarrasser de ses oncles, tantes, cousins, petits-cousins... et de son grand-père constitue la meilleure partie du film, puisque chaque tentative de meurtre comporte une part de cocasserie. On profite de ce spectacle immoral aussi parce que presque tous les Redfellow sont antipathiques, certains certes plus que d'autres.

   Le film prend une épaisseur supplémentaire quand Becket découvre qu'il peut à son tour être une cible : du FBI (qui enquête sur cet étrange enchaînement d'accidents), d'un membre de sa famille (qui a compris son petit jeu)... et d'une de ses connaissances, une insupportable égocentrique qui fait une fixation sur lui. (Elle est incarnée par Margaret Qualley, dont le réalisateur filme principalement les -longues- jambes et le visage hyper maquillé...)

   Le problème est qu'entre les séquences de meurtre (bien mises en scènes, par le réalisateur comme par l'assassin, qui se révèle assez créatif...), on s'ennuie un peu. Le scénario introduit pourtant un intéressant dilemme. Becket réussit dans la vie sans avoir besoin de l'héritage : il devient cadre financier, avec un très bon salaire, et noue ce qui pourrait devenir une belle histoire d'amour. Ne serait-il pas temps pour lui de laisser tomber sa vengeance, d'autant qu'il a fini par rencontrer un membre de sa famille (beaucoup) plus sympathique que les autres ?

   Hélas, le film n'en fait pas grand chose... et, surtout, il devient de moins en moins drôle au fur et à mesure que l'intrigue se déroule. La fin se veut maline, en dehors des clous, mais elle est surtout totalement invraisemblable. Dommage, parce que plus de la moitié du film mérite le détour.

10:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 06 avril 2026

David

   Ce film d'animation exploite un matériau biblique, celui des Livres de Samuel (figurant dans l'Ancien Testament). Il raconte l'ascension d'un jeune berger juif, qui se révéla d'abord par un exploit réalisé contre les Philistins, puis sa rivalité avec le roi Saül.

   L'intrigue prend à la fois la forme du conte pour enfant et du récit mystique. La jeunesse de David est dépeinte comme celle de beaucoup de personnes issues de milieux modestes. Il vient d'une famille nombreuse et garde le troupeau de moutons en pâture, le protégeant des attaques de prédateurs. Les animaux sont représentés un peu comme dans les anciens films de chez Disney. Ils ne parlent pas mais sont très expressifs (avec de grands yeux). David est très proche d'eux... y compris des prédateurs. On peut le voir comme un personnage en harmonie avec la nature... ou avec toutes les créatures de Dieu.

   C'est l'autre versant de l'intrigue : la foi du personnage principal, qui le conduit à "soulever des montagnes". Pour les non-croyants, je précise qu'il n'y a pas vraiment d'intervention divine dans le film. Ce sont les personnages les plus croyants qui réalisent des exploits. C'est une version religieuse du "croire en soi" qui est tant utilisé dans les fictions.

   On suit donc un nouveau "petit gars de la base" (peut-être le premier, en fait), qui va connaître un destin exceptionnel. L'épisode de la lutte contre les Philistins est attendu, pour l'affrontement entre David et Goliath, mis en scène avec une part de cocasserie. Plus tendue est la rivalité avec Saül, le roi des Hébreux, symbole d'un pouvoir corrompu, devenu tyrannique et sanguinaire, qui pourrait mener son peuple à la catastrophe. (Certains y voient une critique à peine voilée du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.)

   Il convient de signaler que ce film est une production d'Angel Studios, société à laquelle on doit le controversé Sound of Freedom et la série (christique) The Chosen. On ne s'étonnera donc pas qu'à un moment de l'histoire, David, fait prisonnier, soit attaché de manière à se retrouver quasiment en croix. Rappelons que la tradition le fait naître à Bethléem... tout comme Jésus. Les Évangiles ont été écrits de manière à présenter celui-ci comme un lointain successeur de David.

   Mais l'on peut regarder cette histoire comme l'illustration de mythes (plus ou moins fondés), avec une bonne qualité d'animation... et des chansons (façon Disney), dont le film aurait toutefois pu se passer.

11:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

David

   Ce film d'animation exploite un matériau biblique, celui des Livres de Samuel (figurant dans l'Ancien Testament). Il raconte l'ascension d'un jeune berger juif, qui se révéla d'abord par un exploit réalisé contre les Philistins, puis sa rivalité avec le roi Saül.

   L'intrigue prend à la fois la forme du conte pour enfant et du récit mystique. La jeunesse de David est dépeinte comme celle de beaucoup de personnes issues de milieux modestes. Il vient d'une famille nombreuse et garde le troupeau de moutons en pâture, le protégeant des attaques de prédateurs. Les animaux sont représentés un peu comme dans les anciens films de chez Disney. Ils ne parlent pas mais sont très expressifs (avec de grands yeux). David est très proche d'eux... y compris des prédateurs. On peut le voir comme un personnage en harmonie avec la nature... ou avec toutes les créatures de Dieu.

   C'est l'autre versant de l'intrigue : la foi du personnage principal, qui le conduit à "soulever des montagnes". Pour les non-croyants, je précise qu'il n'y a pas vraiment d'intervention divine dans le film. Ce sont les personnages les plus croyants qui réalisent des exploits. C'est une version religieuse du "croire en soi" qui est tant utilisé dans les fictions.

   On suit donc un nouveau "petit gars de la base" (peut-être le premier, en fait), qui va connaître un destin exceptionnel. L'épisode de la lutte contre les Philistins est attendu, pour l'affrontement entre David et Goliath, mis en scène avec une part de cocasserie. Plus tendue est la rivalité avec Saül, le roi des Hébreux, symbole d'un pouvoir corrompu, devenu tyrannique et sanguinaire, qui pourrait mener son peuple à la catastrophe. (Certains y voient une critique à peine voilée du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.)

   Il convient de signaler que ce film est une production d'Angel Studios, société à laquelle on doit le controversé Sound of Freedom et la série (christique) The Chosen. On ne s'étonnera donc pas qu'à un moment de l'histoire, David, fait prisonnier, soit attaché de manière à se retrouver quasiment en croix. Rappelons que la tradition le fait naître à Bethléem... tout comme Jésus. Les Évangiles ont été écrits de manière à présenter celui-ci comme un lointain successeur de David.

   Mais l'on peut regarder cette histoire comme l'illustration de mythes (plus ou moins fondés), avec une bonne qualité d'animation... et des chansons (façon Disney), dont le film aurait toutefois pu se passer.

11:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 05 avril 2026

Projet dernière chance

   Ce film d'anticipation présente une Terre menacée par le changement climatique une météorite une invasion extraterrestre une gigantesque épidémie de dysenterie la baisse d'activité du soleil, liée à l'action de bactéries. Une expédition-suicide est envoyée aux confins de la galaxie là où, peut-être, se trouve la solution.

   L'histoire commence avec le réveil du héros, Ryland Grace, placé en coma artificiel pour supporter le voyage. Il découvre qu'il est le seul survivant de l'expédition et peine à retrouver ses esprits : quel est le but exact de sa mission et pourquoi en fait-l partie ? Les souvenirs qui lui reviennent par bribes nous sont proposés sous la forme de retours en arrière. Heureusement qu'il y a ces moments, parce qu'à l'image de Ryland dans le vaisseau, on s'emmerde un peu pendant cette première partie. Les séquences les plus intéressantes sont celles qui voient le scientifique expérimenter dans son labo terrestre, puis débarquer sur un gigantesque porte-avion, refuge des meilleurs chercheurs de la planète.

   C'est donc bourré d'humour, conforme à la "patte" des réalisateurs, Phil Lord et Christopher Miller, auxquels on doit, entre autres, La Grande Aventure Lego. Cet humour a toutefois ses limites : au bout d'un moment, j'en ai eu un peu marre des maladresses répétées de Ryland, censées être attendrissantes. On a bien compris que l'humain complètement perdu du début allait peu à peu se transformer en véritable héros, mais, vu de mon siège, ce fut long à venir.

   Fort heureusement, le docteur Grace fait la connaissance d'une araignée-rocher tout aussi isolée que lui, sur son propre vaisseau. Il la (ou plutôt le : c'est un mâle) baptise Rocky. Les deux êtres vont se découvrir, apprendre à communiquer, se connaître, s'apprécier... au point de cohabiter. La limite est qu'ils ne peuvent vivre dans la même atmosphère. C'est bien foutu sur le plan technique (tout comme les scènes spatiales d'ailleurs) et, peu à peu, l'émotion nous gagne devant cette amitié grandissante, soumise aux aléas du grand vide intersidéral.

   Les vieux cinéphiles percevront quantité de références, à 2001 L'Odyssée de l'espace, Seul sur Mars, E.T., Mission to Mars, Interstellar... Le matériau n'est donc pas de première fraîcheur mais, franchement, cette histoire d'amitié emporte le morceau. Ryan Gosling, Sandra Hüller et l'animal virtuel sont très bien. C'est un peu long à mon goût (avec parfois, une musique trop présente), mais l'on passe un bon moment.

09:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Projet dernière chance

   Ce film d'anticipation présente une Terre menacée par le changement climatique une météorite une invasion extraterrestre une gigantesque épidémie de dysenterie la baisse d'activité du soleil, liée à l'action de bactéries. Une expédition-suicide est envoyée aux confins de la galaxie là où, peut-être, se trouve la solution.

   L'histoire commence avec le réveil du héros, Ryland Grace, placé en coma artificiel pour supporter le voyage. Il découvre qu'il est le seul survivant de l'expédition et peine à retrouver ses esprits : quel est le but exact de sa mission et pourquoi en fait-l partie ? Les souvenirs qui lui reviennent par bribes nous sont proposés sous la forme de retours en arrière. Heureusement qu'il y a ces moments, parce qu'à l'image de Ryland dans le vaisseau, on s'emmerde un peu pendant cette première partie. Les séquences les plus intéressantes sont celles qui voient le scientifique expérimenter dans son labo terrestre, puis débarquer sur un gigantesque porte-avion, refuge des meilleurs chercheurs de la planète.

   C'est donc bourré d'humour, conforme à la "patte" des réalisateurs, Phil Lord et Christopher Miller, auxquels on doit, entre autres, La Grande Aventure Lego. Cet humour a toutefois ses limites : au bout d'un moment, j'en ai eu un peu marre des maladresses répétées de Ryland, censées être attendrissantes. On a bien compris que l'humain complètement perdu du début allait peu à peu se transformer en véritable héros, mais, vu de mon siège, ce fut long à venir.

   Fort heureusement, le docteur Grace fait la connaissance d'une araignée-rocher tout aussi isolée que lui, sur son propre vaisseau. Il la (ou plutôt le : c'est un mâle) baptise Rocky. Les deux êtres vont se découvrir, apprendre à communiquer, se connaître, s'apprécier... au point de cohabiter. La limite est qu'ils ne peuvent vivre dans la même atmosphère. C'est bien foutu sur le plan technique (tout comme les scènes spatiales d'ailleurs) et, peu à peu, l'émotion nous gagne devant cette amitié grandissante, soumise aux aléas du grand vide intersidéral.

   Les vieux cinéphiles percevront quantité de références, à 2001 L'Odyssée de l'espace, Seul sur Mars, E.T., Mission to Mars, Interstellar... Le matériau n'est donc pas de première fraîcheur mais, franchement, cette histoire d'amitié emporte le morceau. Ryan Gosling, Sandra Hüller et l'animal virtuel sont très bien. C'est un peu long à mon goût (avec parfois, une musique trop présente), mais l'on passe un bon moment.

09:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 04 avril 2026

Plus fort que moi

   Le titre français du film de Kirk Jones tente, à l'image du titre originel (I Swear, traduisible par "Je jure" ou "Je le jure"), de jouer sur un double sens. Le héros, John Davidson, est atteint du syndrome Gilles de La Tourette, qui lui fait proférer des grossièretés malgré lui... et, tout au long du film, on se demande si ce handicap va l'engloutir ou bien s'il va parvenir à vivre avec.

   Le pire dans cette histoire est qu'il n'est pas né avec. Vers l'âge de treize ans (en 1981), John commence à en ressentir les premiers symptômes. Cela bouleverse sa vie, puisqu'il venait d'intégrer un prestigieux établissement secondaire et qu'il avait été repéré comme jeune gardien de but prometteur (au football). La première demi-heure montre l'écroulement de son monde, accentuée par l'incompréhension de ses proches, le syndrome étant largement méconnu à cette époque.

   Le jeune acteur (Scott Ellis Watson) est formidable (et il ressemble physiquement à celui qui incarne John à l'âge adulte), mais ce n'est rien à côté de la performance de Robert Aramayo, é-pous-tou-flant.

   Si cette première partie comporte quelques moments cocasses (liés au développement de la maladie), le ton en est tout de même majoritairement sombre. Il faut signaler aussi la bonne prestation de Shirley Henderson (connue, entre autres, pour ses participations à la saga Harry Potter et à la franchise Bridget Jones) : elle a la tâche (redoutable) d'incarner la mère du héros, qui s'est éloignée de son fils.

   L'histoire (réelle) aurait pu s'arrêter là, par exemple à la tentative de suicide du garçon. Heureusement pour lui (et pour le film), il a rencontré deux bonnes fées sur son chemin. La première est la mère de son meilleur ami, une infirmière, frappée par un cancer, qui veut mettre à profit les derniers mois de sa vie pour tenter de sauver le jeune homme. La seconde est le gardien de la salle polyvalente locale, interprété par l'excellent Peter Mullan.

   Après une ellipse, on retrouve le garçon à l'âge adulte. Même s'il est épaulé, les difficultés demeurent, qui le mènent soit au commissariat, soit au tribunal, soit... à l'hôpital. C'est vraiment poignant... et malgré tout émaillé d'humour. (Je recommande tout particulièrement la rencontre entre deux "Tourette", à l'arrière d'une voiture, et la réunion de groupe, dans la salle de sports.) Il y a du (premier) Ken Loach dans cette fresque écossaise, à entendre en version originale, pour profiter des accents rocailleux.

   La durée (deux heures) est à peine perceptible, tant les montagnes russes de l'existence de John sont captivantes. On passe par plusieurs stades d'émotion.

   C'est un film à voir absolument... et il figurera sans doute dans mon palmarès 2026.

Plus fort que moi

   Le titre français du film de Kirk Jones tente, à l'image du titre originel (I Swear, traduisible par "Je jure" ou "Je le jure"), de jouer sur un double sens. Le héros, John Davidson, est atteint du syndrome Gilles de La Tourette, qui lui fait proférer des grossièretés malgré lui... et, tout au long du film, on se demande si ce handicap va l'engloutir ou bien s'il va parvenir à vivre avec.

   Le pire dans cette histoire est qu'il n'est pas né avec. Vers l'âge de treize ans (en 1981), John commence à en ressentir les premiers symptômes. Cela bouleverse sa vie, puisqu'il venait d'intégrer un prestigieux établissement secondaire et qu'il avait été repéré comme jeune gardien de but prometteur (au football). La première demi-heure montre l'écroulement de son monde, accentuée par l'incompréhension de ses proches, le syndrome étant largement méconnu à cette époque.

   Le jeune acteur (Scott Ellis Watson) est formidable (et il ressemble physiquement à celui qui incarne John à l'âge adulte), mais ce n'est rien à côté de la performance de Robert Aramayo, é-pous-tou-flant.

   Si cette première partie comporte quelques moments cocasses (liés au développement de la maladie), le ton en est tout de même majoritairement sombre. Il faut signaler aussi la bonne prestation de Shirley Henderson (connue, entre autres, pour ses participations à la saga Harry Potter et à la franchise Bridget Jones) : elle a la tâche (redoutable) d'incarner la mère du héros, qui s'est éloignée de son fils.

   L'histoire (réelle) aurait pu s'arrêter là, par exemple à la tentative de suicide du garçon. Heureusement pour lui (et pour le film), il a rencontré deux bonnes fées sur son chemin. La première est la mère de son meilleur ami, une infirmière, frappée par un cancer, qui veut mettre à profit les derniers mois de sa vie pour tenter de sauver le jeune homme. La seconde est le gardien de la salle polyvalente locale, interprété par l'excellent Peter Mullan.

   Après une ellipse, on retrouve le garçon à l'âge adulte. Même s'il est épaulé, les difficultés demeurent, qui le mènent soit au commissariat, soit au tribunal, soit... à l'hôpital. C'est vraiment poignant... et malgré tout émaillé d'humour. (Je recommande tout particulièrement la rencontre entre deux "Tourette", à l'arrière d'une voiture, et la réunion de groupe, dans la salle de sports.) Il y a du (premier) Ken Loach dans cette fresque écossaise, à entendre en version originale, pour profiter des accents rocailleux.

   La durée (deux heures) est à peine perceptible, tant les montagnes russes de l'existence de John sont captivantes. On passe par plusieurs stades d'émotion.

   C'est un film à voir absolument... et il figurera sans doute dans mon palmarès 2026.

vendredi, 03 avril 2026

La Guerre des prix

   Audrey, fille d'agriculteurs, travaille dans la grande distribution, quelque part dans l'ouest de la France. Sérieuse, efficace, elle est devenue cheffe de rayon et peut, à terme, ambitionner la direction d'un magasin. Elle est remarquée par la direction du groupe, en quête de nouvelles têtes pour travailler à la centrale d'achats, celle qui négocie avec les producteurs. Audrey intègre l'équipe de la section "produits laitiers", l'une des plus prestigieuses, dirigée par une légende de la boîte, Fournier.

   Ces deux personnages marquants sont très bien interprétés par Ana Girardot et Olivier Gourmet. La première, qui ne choisit pas toujours bien ses rôles, incarne ici une jeune femme ordinaire, qui a l'occasion de devenir une "transfuge de classe"... si elle accepte d'avaler quelques couleuvres. En face, Gourmet est une fois de plus impeccable. Son personnage, ombrageux, taiseux... et hyper-méticuleux, a plus de points communs avec Audrey que celle-ci ne le pense, de prime abord. Il a commencé comme boucher dans une grande surface, avant de gravir les échelons, un à un.

   Deux univers nous sont décrits : celui de l'exploitation familiale (de bovins-lait bio), dirigée par le frère d'Audrey (formidable Julien Frison) et celui de l'entreprise Derval, en particulier les négociations commerciales. Celles-ci donnent lieu à des scènes (remarquables) qui se situent quelque part entre le jeu d'échec et le round de boxe (sur le plan verbal). Le but est d'obtenir le maximum de son interlocuteur... (presque) tous les coups sont permis.

   Ana Girardot fait très bien sentir les questionnements intérieurs de son personnage, alors que Gourmet est chargé d'humaniser (un peu) celui qui apparaît parfois comme un super-prédateur, prétendant être au service des clients de ses magasins. Un troisième acteur intervient dans ce petit jeu entre petits producteurs et distributeurs : l'industriel Lactéos (décalque évident de Lactalis, Derval pouvant symboliser Leclerc).

   Les seconds rôles sont eux aussi bien campés : Aurélia Petit en pédégère (apparemment) empathique, Yannick Choirat en petit patron pris en tenailles, Camille Moutawakil en négociatrice pugnace, mais qui aime faire la bringue...

   Trois arcs narratifs tournent autour d'Audrey : l'évolution (délicate) de l'exploitation familiale, la carrière de la jeune femme dans la grande distribution... et la possibilité d'une histoire d'amour, improbable, douce et peut-être piégeuse.

   Comme ce n'est évidemment pas un conte de fées, on prend une belle claque et, si on l'ignorait, on découvre pourquoi une partie du monde paysan disparaît, sur fond d'idéologie consumériste, qui fait croire aux masses que le but de la vie est d'acquérir un maximum de choses à bas prix, sans penser aux conséquences.

La Guerre des prix

   Audrey, fille d'agriculteurs, travaille dans la grande distribution, quelque part dans l'ouest de la France. Sérieuse, efficace, elle est devenue cheffe de rayon et peut, à terme, ambitionner la direction d'un magasin. Elle est remarquée par la direction du groupe, en quête de nouvelles têtes pour travailler à la centrale d'achats, celle qui négocie avec les producteurs. Audrey intègre l'équipe de la section "produits laitiers", l'une des plus prestigieuses, dirigée par une légende de la boîte, Fournier.

   Ces deux personnages marquants sont très bien interprétés par Ana Girardot et Olivier Gourmet. La première, qui ne choisit pas toujours bien ses rôles, incarne ici une jeune femme ordinaire, qui a l'occasion de devenir une "transfuge de classe"... si elle accepte d'avaler quelques couleuvres. En face, Gourmet est une fois de plus impeccable. Son personnage, ombrageux, taiseux... et hyper-méticuleux, a plus de points communs avec Audrey que celle-ci ne le pense, de prime abord. Il a commencé comme boucher dans une grande surface, avant de gravir les échelons, un à un.

   Deux univers nous sont décrits : celui de l'exploitation familiale (de bovins-lait bio), dirigée par le frère d'Audrey (formidable Julien Frison) et celui de l'entreprise Derval, en particulier les négociations commerciales. Celles-ci donnent lieu à des scènes (remarquables) qui se situent quelque part entre le jeu d'échec et le round de boxe (sur le plan verbal). Le but est d'obtenir le maximum de son interlocuteur... (presque) tous les coups sont permis.

   Ana Girardot fait très bien sentir les questionnements intérieurs de son personnage, alors que Gourmet est chargé d'humaniser (un peu) celui qui apparaît parfois comme un super-prédateur, prétendant être au service des clients de ses magasins. Un troisième acteur intervient dans ce petit jeu entre petits producteurs et distributeurs : l'industriel Lactéos (décalque évident de Lactalis, Derval pouvant symboliser Leclerc).

   Les seconds rôles sont eux aussi bien campés : Aurélia Petit en pédégère (apparemment) empathique, Yannick Choirat en petit patron pris en tenailles, Camille Moutawakil en négociatrice pugnace, mais qui aime faire la bringue...

   Trois arcs narratifs tournent autour d'Audrey : l'évolution (délicate) de l'exploitation familiale, la carrière de la jeune femme dans la grande distribution... et la possibilité d'une histoire d'amour, improbable, douce et peut-être piégeuse.

   Comme ce n'est évidemment pas un conte de fées, on prend une belle claque et, si on l'ignorait, on découvre pourquoi une partie du monde paysan disparaît, sur fond d'idéologie consumériste, qui fait croire aux masses que le but de la vie est d'acquérir un maximum de choses à bas prix, sans penser aux conséquences.

dimanche, 29 mars 2026

Les Rayons et les ombres

   Auréolé du succès (public comme critique) d'Illusions perdues, Xavier Giannoli a eu les moyens de se lancer dans un projet plus risqué, celui d'un biopic double, croisement des vies d'un père et de sa fille, à savoir Jean et Corinne Luchaire.

   Utilisant les retours en arrière pour entremêler les époques, Giannoli nous livre une véritable fresque, de l'Entre-deux-Guerres aux lendemains de la Libération, en passant bien entendu par la période d'occupation allemande et de collaboration.

   La distribution est éblouissante. Pour lancer le film, on a beaucoup communiqué sur Jean Dujardin, qui parvient à faire ressentir les ambiguïtés de son personnage, jusque dans sa lâcheté lucide. Il est un autre acteur qui réussit tout aussi bien à incarner un individu trouble : August Diehl, remarquable en Otto Abetz, même si je trouve que Giannoli (de manière encore plus évidente avec lui qu'avec Luchaire/Dujardin) gomme certains aspects déplaisants (ou ne les aborde que de manière allusive) pour rendre ses protagonistes plus "aimables".

   A ce duo de paires de couilles il faut ajouter Nastya Golubeva (eh oui, encore une "fille de"), dont je n'attendais pas grand chose, mais qui m'a épaté dans le rôle. A certains moments, elle vole la vedette à Diehl et Dujardin, ce qui n'est pas une mince affaire. Je regrette toutefois que, dans la dernière période de la vie de l'héroïne, on ne l'ait pas véritablement enlaidie : la maladie, les excès divers et le désespoir avaient fait vieillir prématurément Corinne Luchaire, qui, à la veille de sa mort, ne ressemblait plus guère à la starlette des débuts.

cinéma,cinema,film,films,histoire

   L'autre intérêt du film est sa volonté d'expliquer en nuances l'adhésion à la Collaboration. Certains Français s'y sont lancés par fidélité au maréchal Pétain, d'autres par sympathie pour les thèses nazies, d'autres encore par opportunisme. Concernant Jean Luchaire, il semble que ce soit le pacifisme qui l'y ait mené. Mais, très vite, ce sont les préoccupations matérielles qui ont pris le dessus, l'humaniste rigoureux du début finissant dans les partouzes cocaïnées auxquelles participaient certains officiers des troupes d'occupation...

   Je reproche au film de situer tard dans le temps le basculement de Luchaire, alors que, dès le début de 1941, il a tenu des propos ouvertement antisémites. Giannoli passe aussi rapidement sur le séjour à Sigmaringen, cette "colonie des collabos" durant laquelle Luchaire ne s'est pas contenté d'être observateur. En Allemagne même, il a de nouveau dirigé un journal (et une radio) pro-nazi.

   Quoi qu'il en soit, en dépit du brio qui est à l’œuvre, je suis resté un peu extérieur au film. Giannoli a beau s'appesantir sur les effets de la tuberculose, les souffrances ressenties par ses héros sont bien peu de choses au regard de celles subies par tant de personnes, bien plus recommandables, sous l'Occupation. Le journaleux adepte des compromissions et sa petite fille gâtée demeurent peu sympathiques et j'adhère totalement au réquisitoire du procureur (excellent Philippe Torreton), qui arrive bien tard.

   Du point de vue des nuances, j'ai quand même apprécié qu'on ne nous montre pas les résistants systématiquement comme des chevaliers blancs de la démocratie. Certains d'entre eux (notamment parmi ceux qui se sont "engagés" après le 6 juin 1944...) sont présentés comme de sales types, pitoyables en comparaison de celles et ceux qui ont été des héros.

   Globalement, le film, bien fichu, supporte la distance (3h20...), même s'il comporte quelques longueurs.

Les Rayons et les ombres

   Auréolé du succès (public comme critique) d'Illusions perdues, Xavier Giannoli a eu les moyens de se lancer dans un projet plus risqué, celui d'un biopic double, croisement des vies d'un père et de sa fille, à savoir Jean et Corinne Luchaire.

   Utilisant les retours en arrière pour entremêler les époques, Giannoli nous livre une véritable fresque, de l'Entre-deux-Guerres aux lendemains de la Libération, en passant bien entendu par la période d'occupation allemande et de collaboration.

   La distribution est éblouissante. Pour lancer le film, on a beaucoup communiqué sur Jean Dujardin, qui parvient à faire ressentir les ambiguïtés de son personnage, jusque dans sa lâcheté lucide. Il est un autre acteur qui réussit tout aussi bien à incarner un individu trouble : August Diehl, remarquable en Otto Abetz, même si je trouve que Giannoli (de manière encore plus évidente avec lui qu'avec Luchaire/Dujardin) gomme certains aspects déplaisants (ou ne les aborde que de manière allusive) pour rendre ses protagonistes plus "aimables".

   A ce duo de paires de couilles il faut ajouter Nastya Golubeva (eh oui, encore une "fille de"), dont je n'attendais pas grand chose, mais qui m'a épaté dans le rôle. A certains moments, elle vole la vedette à Diehl et Dujardin, ce qui n'est pas une mince affaire. Je regrette toutefois que, dans la dernière période de la vie de l'héroïne, on ne l'ait pas véritablement enlaidie : la maladie, les excès divers et le désespoir avaient fait vieillir prématurément Corinne Luchaire, qui, à la veille de sa mort, ne ressemblait plus guère à la starlette des débuts.

cinéma,cinema,film,films,histoire

   L'autre intérêt du film est sa volonté d'expliquer en nuances l'adhésion à la Collaboration. Certains Français s'y sont lancés par fidélité au maréchal Pétain, d'autres par sympathie pour les thèses nazies, d'autres encore par opportunisme. Concernant Jean Luchaire, il semble que ce soit le pacifisme qui l'y ait mené. Mais, très vite, ce sont les préoccupations matérielles qui ont pris le dessus, l'humaniste rigoureux du début finissant dans les partouzes cocaïnées auxquelles participaient certains officiers des troupes d'occupation...

   Je reproche au film de situer tard dans le temps le basculement de Luchaire, alors que, dès le début de 1941, il a tenu des propos ouvertement antisémites. Giannoli passe aussi rapidement sur le séjour à Sigmaringen, cette "colonie des collabos" durant laquelle Luchaire ne s'est pas contenté d'être observateur. En Allemagne même, il a de nouveau dirigé un journal (et une radio) pro-nazi.

   Quoi qu'il en soit, en dépit du brio qui est à l’œuvre, je suis resté un peu extérieur au film. Giannoli a beau s'appesantir sur les effets de la tuberculose, les souffrances ressenties par ses héros sont bien peu de choses au regard de celles subies par tant de personnes, bien plus recommandables, sous l'Occupation. Le journaleux adepte des compromissions et sa petite fille gâtée demeurent peu sympathiques et j'adhère totalement au réquisitoire du procureur (excellent Philippe Torreton), qui arrive bien tard.

   Du point de vue des nuances, j'ai quand même apprécié qu'on ne nous montre pas les résistants systématiquement comme des chevaliers blancs de la démocratie. Certains d'entre eux (notamment parmi ceux qui se sont "engagés" après le 6 juin 1944...) sont présentés comme de sales types, pitoyables en comparaison de celles et ceux qui ont été des héros.

   Globalement, le film, bien fichu, supporte la distance (3h20...), même s'il comporte quelques longueurs.

They will kill you

   C'est cet inquiétant message (« Ils vont te tuer ») que l'héroïne Asia Reaves trouve inscrit dans la salle de bains de son nouveau logement, situé dans un hôtel haut-de-gamme, où elle vient de se faire embaucher.

   Curieusement, dans cet établissement, tous les clients sont blancs et toutes les employées de service sont noires, obéissant au doigt et à l’œil à une sorte de gouvernante, (très bien) interprétée par Patricia Arquette.

    Asia  donc du souci  à se faire, puisqu'elle a mis le pied dans un véritable nid de guêpes... mais, ce que les employeurs, collègues et clients ignorent, c'est qu'elle a tout fait pour arriver ici, à la recherche de sa sœur disparue... et qu'elle est bigrement coriace. Mais, ça, nous spectateurs le savons depuis le début, puisqu'Asia est jouée par Zazie Beetz, qui fut Domino dans les Deadpool... et incarna récemment une redoutable tueuse dans Bullet Train.

   D'ailleurs, les références cinématographiques sont nombreuses : l'hôtel-forteresse rappelle un peu celui de John Wick, la mise en scène de l'exploitation de Noirs pauvres par de riches Blancs, sur fond de film de genre, fait écho à Get Out... et la fureur vengeresse d'Asia, sabre au clair, rappelle celle d'Uma Thurman dans Kill Bill... et l'évasion d'Harley Quinn dans The Suicide Squad.

   C'est bien réalisé, s'appuyant de bons effets spéciaux et, au début du moins, c'est nourri d'humour macabre. Le premier affrontement entre Asia et certains des occupants de l'hôtel est de toute beauté. 

   La suite est moins enthousiasmante. Au niveau du scénario, on a voulu nous ménager quelques surprises : on sort du simple parcours sanguinolent de l'héroïne dézinguant tout sur son passage pour arriver à ses fins. Pour une raison que je ne vais pas divulguer, ses adversaires se révèlent plus coriaces que prévu. On nous propose donc tout une série d'affrontements, avec giclures de sang, étripements, décapitation et amputations diverses. C'est assez réjouissant (notamment lorsqu'est introduit le "périple d'un œil", très drôle), mais cela finit par devenir répétitif. De plus, les retrouvailles entre les sœurs manquent d'intensité, je trouve. L'émotion a du mal à filtrer.

   On passe quand même un bon moment, mais le film n'est pas une complète réussite.

10:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

They will kill you

   C'est cet inquiétant message (« Ils vont te tuer ») que l'héroïne Asia Reaves trouve inscrit dans la salle de bains de son nouveau logement, situé dans un hôtel haut-de-gamme, où elle vient de se faire embaucher.

   Curieusement, dans cet établissement, tous les clients sont blancs et toutes les employées de service sont noires, obéissant au doigt et à l’œil à une sorte de gouvernante, (très bien) interprétée par Patricia Arquette.

    Asia  donc du souci  à se faire, puisqu'elle a mis le pied dans un véritable nid de guêpes... mais, ce que les employeurs, collègues et clients ignorent, c'est qu'elle a tout fait pour arriver ici, à la recherche de sa sœur disparue... et qu'elle est bigrement coriace. Mais, ça, nous spectateurs le savons depuis le début, puisqu'Asia est jouée par Zazie Beetz, qui fut Domino dans les Deadpool... et incarna récemment une redoutable tueuse dans Bullet Train.

   D'ailleurs, les références cinématographiques sont nombreuses : l'hôtel-forteresse rappelle un peu celui de John Wick, la mise en scène de l'exploitation de Noirs pauvres par de riches Blancs, sur fond de film de genre, fait écho à Get Out... et la fureur vengeresse d'Asia, sabre au clair, rappelle celle d'Uma Thurman dans Kill Bill... et l'évasion d'Harley Quinn dans The Suicide Squad.

   C'est bien réalisé, s'appuyant de bons effets spéciaux et, au début du moins, c'est nourri d'humour macabre. Le premier affrontement entre Asia et certains des occupants de l'hôtel est de toute beauté. 

   La suite est moins enthousiasmante. Au niveau du scénario, on a voulu nous ménager quelques surprises : on sort du simple parcours sanguinolent de l'héroïne dézinguant tout sur son passage pour arriver à ses fins. Pour une raison que je ne vais pas divulguer, ses adversaires se révèlent plus coriaces que prévu. On nous propose donc tout une série d'affrontements, avec giclures de sang, étripements, décapitation et amputations diverses. C'est assez réjouissant (notamment lorsqu'est introduit le "périple d'un œil", très drôle), mais cela finit par devenir répétitif. De plus, les retrouvailles entre les sœurs manquent d'intensité, je trouve. L'émotion a du mal à filtrer.

   On passe quand même un bon moment, mais le film n'est pas une complète réussite.

10:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 28 mars 2026

Police Flash 80

   C'est le nom d'une nouvelle unité d'élite de la police, chargée d'endiguer le trafic de drogues qui gangrène un arrondissement parisien. Quand vous saurez que le commissaire qui lance cette unité est interprété par Philippe Rebbot et que l'officier de police chargé de la diriger est incarné par François Damiens (avec plein de cheveux), vous aurez compris que la rigueur méthodologique n'est pas la qualité première de ce groupe de policiers, a priori peu portés sur le code de déontologie, pas hyper sportifs, ayant plutôt tendance à enchaîner clopes et boissons alcoolisées.

   L'ambiance des années 1980 est parfaitement restituée : voitures, meubles, vêtements, coiffures (mon Dieu...), téléphones... et musiques nous plongent (nous, les vieux cinéphiles) dans un véritable bain de jouvence, qui culmine lorsqu'il est fait appel à un tube de Michel Sardou, pour sortir un flic infiltré d'une situation délicate. La séquence est totalement invraisemblable, mais jouée avec conviction par les comédiens, ce qui la rend savoureuse.

   Du côté de l'interprétation, aux deux zigues déjà mentionnés il faut ajouter Audrey Lamy (excellente) et Thomas Ngijol (épatant dans un rôle très différent de celui d'Indomptables). Je me dois de signaler aussi deux seconds rôles bien campés : Marfoud (par Brahim Bouhlel) et Roberto (par Xavier Lacaille)... et (définitivement) NON à la coupe mulet !

   Même si tout n'est pas réussi dans cette pochade, elle m'a arraché plusieurs éclats de rire ce qui, en cette époque tristement belliqueuse, fait un bien fou.

09:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Police Flash 80

   C'est le nom d'une nouvelle unité d'élite de la police, chargée d'endiguer le trafic de drogues qui gangrène un arrondissement parisien. Quand vous saurez que le commissaire qui lance cette unité est interprété par Philippe Rebbot et que l'officier de police chargé de la diriger est incarné par François Damiens (avec plein de cheveux), vous aurez compris que la rigueur méthodologique n'est pas la qualité première de ce groupe de policiers, a priori peu portés sur le code de déontologie, pas hyper sportifs, ayant plutôt tendance à enchaîner clopes et boissons alcoolisées.

   L'ambiance des années 1980 est parfaitement restituée : voitures, meubles, vêtements, coiffures (mon Dieu...), téléphones... et musiques nous plongent (nous, les vieux cinéphiles) dans un véritable bain de jouvence, qui culmine lorsqu'il est fait appel à un tube de Michel Sardou, pour sortir un flic infiltré d'une situation délicate. La séquence est totalement invraisemblable, mais jouée avec conviction par les comédiens, ce qui la rend savoureuse.

   Du côté de l'interprétation, aux deux zigues déjà mentionnés il faut ajouter Audrey Lamy (excellente) et Thomas Ngijol (épatant dans un rôle très différent de celui d'Indomptables). Je me dois de signaler aussi deux seconds rôles bien campés : Marfoud (par Brahim Bouhlel) et Roberto (par Xavier Lacaille)... et (définitivement) NON à la coupe mulet !

   Même si tout n'est pas réussi dans cette pochade, elle m'a arraché plusieurs éclats de rire ce qui, en cette époque tristement belliqueuse, fait un bien fou.

09:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films