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samedi, 16 mai 2009

Les brebis font de la résistance

   Le film a beau être sorti en salles un 1er avril, ce n'est pas un canular ! Une version tronquée (de 50 minutes environ) avait été diffusée auparavant sur France 3 (on en retrouve certaines séquences comme celle avec le jeune couple venu de Montpellier, celle de l'ancien éleveur catho de droite "converti" ou encore celle du boulanger).

   Le sujet est le Larzac, ses agriculteurs, leurs engagements. Si le film remonte à la lutte des années 1970, il n'en fait pas un historique détaillé. (D'après la réalisatrice, présente à la séance à laquelle j'ai assisté, une oeuvre de ce type serait en préparation.) Plus qu'un documentaire militant, c'est un vrai long métrage de cinéma. Un grand soin a été apporté à l'image, que ce soit au cadre ou à la photographie. Les animaux sont mis en valeur, presque comme des personnages : ce sont des brebis bien sûr, mais aussi des chèvres (moins qu'on ne le croit, le plateau étant essentiellement occupé par des ovins), des ânes... et même des chiens et des chats !

   L'essentiel repose tout de même sur les témoignages des hommes et femmes, anciens et plus jeunes. C'est la difficulté du métier qui est soulignée, difficulté finalement supportable parce que tous ces "acteurs" (au vrai sens du terme) ont conscience de donner un sens à leur existence... et de vivre dans un cadre magnifique.

   J'ai aussi aimé ce film parce qu'il accorde une assez grande place au travail manuel, celui des éleveurs bien sûr (de la conduite du troupeau à la traite, en passant par les soins et la mise-bas), mais aussi la transformation des produits (avec la fabrication de fromage, de pain...) et même la construction de bâtiments (certaines des actions symboliques de la lutte des années 1970 ayant consisté à restaurer -collectivement le plus souvent- des bâtiments d'élevage).

   A lire : le dossier de presse, bien fichu.

vendredi, 15 mai 2009

Millénium

   C'est l'adaptation du premier des trois tomes écrits par feu Stieg Larsson. Je ne les ai pas lus. Ce fut donc une totale découverte pour moi. Comme le livre est épais, le film est long (2h20), parfois lent (les mauvaises langues diront qu'on retrouve là la "patte germano-nordique") mais jamais ennuyeux.

   C'est d'abord une enquête policière, réalisée par un journaliste-vedette en disgrâce pour le compte d'un riche industriel auquel il est lié par des souvenirs d'enfance. Toutefois, le véritable héros du film est le personnage présent sur l'affiche, la jeune Lisbeth Salander, sorte de surdouée de l'informatique, psychologiquement instable, assez "gothique" en apparence. D'ailleurs, de manière générale, on peut dire que l'histoire a un fond féministe. La grande violence de certaines scènes (parfois odieuses) sert à dénoncer principalement les comportements machistes... voire pires.

   Le film est aussi un portrait historico-social de la Suède et d'une partie de ses élites. L'attitude de celles-ci pendant la Seconde guerre mondiale est mise sur la sellette, tout comme les circuits contemporains d'argent sale, de corruption... tradition et modernité en quelque sorte.

   A ce sujet, le fait que l'enquête soit menée avec pour principaux outils des ordinateurs puissants reliés à internet est passionnant, bénéficiant d'une bonne mise en scène. Toutes proportions gardées, je crois que ce film, par l'usage des outils de traitement de l'image qui y est fait, se situe dans la continuité du Blow up d'Antonioni, dans lequel l'intrigue était étroitement liée à la photographie (argentique... une autre époque).

12:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma

jeudi, 14 mai 2009

Louise Michel

   La bande à Groland a encore frappé. Si vous voulez savoir ce qu'un ex-taulard analphabète grimé en gonzesse peut bien faire avec une ancienne lanceuse de marteau qui a trop tâté des hormones, eh bien ce film est pour vous !

   Il s'agit d'un pamphlet social. Sont dénoncés les patrons voyous et les financiers prédateurs. Fait exceptionnel pour un film de fiction, certains vont subir le châtiment suprême. Yolande Moreau est l'instrument de cette vengeance immanente, le bras armé de ce groupe d'ouvrières du textile qui se font entuber par leur employeur et son DRH magouilleur.

   On retrouve les recettes qui ont fait le succès de Grolandsat : acteurs pas toujours professionnels, humour à froid, laideur assumée, sens du détail croustillant, refus de l'héroïsation (les personnages principaux sont des ratés, mais eux, au moins, ne cherchent pas à vivre aux dépens des autres).

   Une poignée de potes vient faire un peu de figuration : Benoît Poelvoorde, Mathieu Kassovitz (qui coproduit), Siné, Philippe Katerine, Denis Robert... et même Albert Dupontel, qu'on est tout surpris de voir figurer au générique... mais faut rester jusqu'à la fin !

23:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma