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samedi, 03 mars 2007

La vie des autres

  Das Leben der Anderen : le titre français est la traduction littérale de l'original, ce qui se justifie pleinement. Ce n'est pas un film sur la violence physique, même si celle-ci n'est pas absente du film. C'est un film sur la violence morale, le harcèlement poussé à un haut (?) degré de perversité.

  Dans ce film, il est question de reniement et de fidélité à soi-même. Le personnage principal n'est pas l'écrivain, autour de qui pourtant tout tourne. Non. Le capitaine de la Stasi (Ulrich Mühe saisissant : un Kevin Spacey allemand !) et la comédienne de théâtre (interprétée brillamment par une brune pulpeuse) sont les véritables héros de l'histoire... de l'Histoire ?...

  Ces deux-là et l'écrivain évoluent tout au long du film, dans des directions parfois opposées, qui se croisent. La composition de Mühe, en fonctionnaire zélé, communiste croyant et pratiquant (plus puritain, plus attaché aux idéaux d'origine que la nomenklatura est-allemande) m'a scotché. Qu'est-on prêt à abdiquer de ses convictions pour faire triompher globalement la cause ? Jusqu'où est-on prêt à se renier pour sauver sa peau ? A ces questions,  La vie des autres apporte des réponses nuancées et dignes.

  Le film démarre au milieu des années 1980, par une éblouissante séquence : un "cours d'interrogatoire", donné au centre de formation des agents de la Stasi. Dès le départ, le ton est donné : au-delà de son caractère polic(i)é, le régime communiste est-allemand est une machine à broyer les êtres, mêmes acquis (au moins en partie) au système (cas de l'étudiant embarrassé et de l'agent blagueur).

   Le réalisateur a en plus l'habileté de ne pas s'arrêter à la chute du Mur de Berlin, qu'évidemment tout le monde attendait. Il prend même le public un peu à contrepied, en montrant la chose vue des bas-fonds de la Stasi, dans l'espèce de cave où est ouvert le courrier particulier. C'est très fort. La fin l'est encore plus. Je ne la raconte pas, mais je dois dire qu'elle m'a beaucoup plus ému que la conclusion de la partie espionnage, dramatique, certes, mais un peu mélo.

20:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

vendredi, 02 mars 2007

"Le Monde" et môa

    Je suis abonné à la version papier du "quotidien de référence" (de la bourgeoisie libérale cultivée). Vendredi dernier (le 23 février), voici ce que j'ai reçu :

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    Bon, jusque là, rien d'étrange... à part le téléscopage (involontairement ?) comique de la "une" : en face du nom "Nicolas Sarkozy" écrit en gros caractères figure une photographie (de grande taille elle aussi) de Romano Prodi. Je commence donc ma lecture... 

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    ... et, soudain , la catastrophe apparaît : la page 11 n'est pas imprimée ! Je tourne, je tourne et, ô malheur, cela se poursuit... jusqu'à la page 22 incluse !

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    Fort heureusement, la fin du journal est préservée... mais pas le supplément consacré aux livres ! (Je vous rappelle qu'il s'agit de l'édition datée du vendredi.)

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    Les pages 3 à 10 ont souffert de cette gabégie !

    Je me dépêche de contacter les services du Monde. Je commence par essayer le numéro de téléphone (surtaxé), bien évidemment toujours injoignable... Je me rends donc sur le site internet et j'envoie un courriel relatant mon problème. Eh bien, une semaine après, je n'ai reçu aucune réponse, pas la moindre excuse et évidemment pas le contenu des articles non présents dans l'édition du 23.

    Elle est pas belle, la vie ?

 

 

jeudi, 01 mars 2007

Itchkérie Kenti

   ... c'est-à-dire les enfants de Tchétchénie. C'est un documentaire hélas ultra confidentiel, projeté en vidéo numérique. Il traite de la première guerre de Tchétchénie, celle des années 1994-1996. Du coup, le film aborde surtout des aspects liés à la guérilla, ainsi que la vie des civils sous les bombes.

    Le réalisateur a fait preuve d'un grand courage pour mener à bien son projet. A plusieurs reprises, dans le film, on se rend compte qu'il a risqué sa peau. Le résultat est un film long (2h30) mais captivant. Les femmes, de manière générale, sont extraordinaires. Il y a celle qui apostrophe, par caméra interposée, les "bandits russes", celles qui se réfugient dans les caves, celles qui courent dans les rues, celles qui chantent, dansent... et aussi celle qui a un cancer des ovaires et qui semble victime d'hydropisie. Impressionnant !

    Les hommes sont montrés comme des résistants, surtout les jeunes. On a d'ailleurs droit à un portrait assez inattendu de Chamil Bassaev, tandis que la caméra s'attarde joliment sur les traits burinés des pépés. Tout ce petit monde, si proche de nous, reste digne dans le malheur. Quelle leçon...

     Le "tableau" est le fil rouge du film. Au fur et à mesure de ses pérégrinations, l'auteur fait remplir la toile par les habitants qu'il rencontre. L'accumulation de ces inventions non concertées donne un résultat ma foi probant. Même Bassaev y a été de son petit coup de pinceau !

 

    Pour les curieux :

- un site d'infos sur la région, hélas négligée par les médias de masse

http://www.caucaz.com/home/news-rubrique.php?theme_news=26

 

- un peu d'histoire tchétchène

http://www.chechentimes.org/fr/chechentimes/14/?id=1164

14:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma