dimanche, 01 juillet 2007
El Camino de San Diego
Carlos Sorin, l'auteur de Historias minimas et Bombon el Perro (dont le personnage principal fait ici une courte apparition en vendeur d'appareils photos), revient avec un film dont les héros sont, contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, des "Argentins d'en-bas", ceux qui vouent un véritable culte à Diego Armando Maradona, et ceux qu'ils côtoient. Bien évidemment, l'ancienne vedette de football ne joue pas dans ce film, mais elle apparaît à travers les images télévisées.
Le périple du jeune bûcheron n'est qu'un prétexte pour nous faire découvrir successivement l'Argentine rurale du Nord, les commerçants illégaux, le métier de routier (à travers le cas d'un Brésilien à l'apparence rugueuse, mais au coeur d'or) et le contraste avec la vie de millionnaire du footballeur.
Ces vignettes sociales montrent surtout que, pour bien des gens aux revenus modestes, l'idolâtrie (de Maradona ou d'une autre figure supposée apporter le bonheur) est une béquille qui permet de croire en quelque chose de meilleur.
18:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
samedi, 30 juin 2007
Persepolis (le film)
Première chose : pour voir ce film en sortie nationale, il faut faire preuve de ténacité, puisqu'aucun cinéma aveyronnais n'en a eu une copie. Pareil dans le Tarn et le Lot voisins. Par contre, à Toulouse, 3 copies sont disponibles en centre-ville (à l'Utopia, au Gaumont Wilson et à l'U.G.C.), 3 autres en périphérie (à Tournefeuille, Labège et Blagnac). Merci pour les ploucs de la campagne ! Ceci dit, c'est l'occasion d'aller faire les soldes dans la métropole airbussienne, dont les élus locaux U.M.P. se sont pris une belle trempe aux dernières législatives ...
Passons au film à présent. Ayant beaucoup aimé la bande dessinée, je redoutais l'adaptation. J'avais tort. C'est visuellement très réussi, le style de Satrapi est préservé avec une vraie recherche formelle, comme par exemple dans cette scène du début, pendant les manifestations contre le Shah : un des opposants se fait tuer par la police dans les rues de Téhéran, le corps noir est au sol, il s'en échappe, tout doucement, une mare de sang (noir) et les mains des autres manifestants, choqués, se rapprochent tout doucement du cadavre jusqu'à masquer complètement la vision du spectateur : le plan suivant nous les montre portant le corps. Le film est rempli de trouvailles visuelles qui en font un véritable objet cinématographique.
Ce n'est donc pas un simple décalque de la B.D.. Certains éléments ne sont pas repris, ou de manière allusive (par exemple la série télévisée japonaise), dans le film, pour ne pas surcharger le récit. D'autres sont ajoutés : l'auteure a sans doute ainsi pu, de temps à autre, développer certains aspects sur lesquels elle s'était moins attardée à l'écrit. Mais c'est globalement quand même très fidèle à l'histoire de base. Quant à la musique, elle accompagne parfaitement les scènes. Seul bémol : le choix de Catherine Deneuve pour la voix de la mère. Le talent de l'actrice n'est pas en cause et j'ai bien conscience que sa présence au générique n'est pas étrangère à l'accueil bienveillant dont a bénéficié Persepolis. Seulement, elle n'a pas l'âge du rôle (qui s'étale de 30 à 45 ans environ). C'est juste gênant. Elle est néanmoins impeccable en femme moderne, cultivée et mère vigilante.
Les dialogues sont parfois crus, par souci de réalisme. Cette fille puis femme indépendante n'hésite pas (comme sa mère et sa grand-mère, personnage solaire de son univers) à jurer ("Ta gueule !"), à traiter de "connard" le macho de base. C'est savoureux. On rit très souvent (mention spéciale à la séquence qui suit la découverte de son cocufiage). C'est une oeuvre intensément féministe, inventive, où l'on sent un profond attachement à l'Iran, qui n'est pas réduit à la clique de frustrés barbus et voilées qui le contrôle.
22:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma
mercredi, 27 juin 2007
Shinobi
Il s'agit d'une sorte de Roméo et Juliette à la sauce japonaise, c'est-à-dire avec des espèces de samouraïs, qui possèdent de surcroît des pouvoirs spéciaux, ce qui permet, ô modernité, d'introduire des personnages féminins combattants.
A la base, cela se passe au XVIIème siècle, à l'époque où a vécu Tokugawa Ieyasu, une sorte de Richelieu nippon (ni mauvais !... désolé, je n'ai pas pu résister). Le Japon semble unifié, mais deux clans de combattants rivaux paraissent menaçants aux yeux des dirigeants. Là dessus se greffe une romance entre deux rejetons des deux clans. De plus, les amoureux s'avèrent être les plus vaillants guerriers... ça risque de chier grave !
Cela se regarde sans déplaisir, si l'on supporte un poil de guimauve et la débauche d'effets spéciaux. On observera non sans intérêt à quel point un code de l'honneur développé à l'extrême est nuisible à l'épanouissement personnel. Au second degré, l'esprit curieux pourra lire une métaphore de l'histoire du Japon au XXème siècle. (Une séquence de "bombardement" est particulièrement claire à cet égard.) Je vous laisse deviner qui incarne les Américains.
17:59 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
mardi, 26 juin 2007
Fragiles
Il est question de gens qui se croisent, se frôlent, se percutent parfois, le tout dans une ambiance de crises intérieures : les couples ne tiennent pas trop la route apparemment et ceux qui sont seuls cachent des failles douloureuses. Séparés, ils finissent par se rencontrer. Cela se conclut parfois à l'hôpital... Cela ne vous dit rien ? Ben vi, il s'agit d'un décalque de Short cuts, l'excellent film de Robert Altman.
Le problème est que ce long métrage est nettement moins talentueux. Les acteurs sont pourtant bons : Darroussin, bien sûr, mais aussi Marie Gillain, Jacques Gamblin (vraiment très bien), François Berléand... d'autres encore. Mais les situations sonnent parfois faux. La direction d'acteurs manque de rythme. Surtout, le film ne possède pas cette distance ironique voire sarcastique qui fait le charme des films d'Altman. Ici, le ton est plaintif. On est sans cesse dans l'empathie avec les personnages. Cela donne un film plutôt couineur.
C'est dommage, parce qu'il y avait matière à grand film. Le résultat est anecdotique, en dépit de quelques moments réussis.
16:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
lundi, 25 juin 2007
I don't want to sleep alone
Dans chacun de ses films, Tsai Ming-liang met l'accent sur des thèmes semblables. Ici, il fait tourner son histoire autour de la chaleur, de l'eau et des corps. Le cinéaste semble particulièrement fasciné par les corps masculins. Cela nous donne de très beaux tableaux, à commencer par la première scène où l'on voit un homme dans un lit, dans le coin d'une pièce éclairée par une fenêtre ouverte.
L'eau est omniprésente. Il est souvent question de laver quelqu'un (le paralysé, le vagabond blessé) ou quelque chose (le matelas, des vêtements), alors que les personnages boivent autre chose. De plus, l'un des personnages principaux travaille dans une bâtisse éventrée, dont le fond est occupé par une masse d'eau stagnante. Les principaux personnages finissent par s'y retrouver. C'est donc sans doute une métaphore sexuelle.
Dans ce film, le sexe est suggéré, soit par quelques actes non explicites, soit par des associations d'idées.
Remarque : les dialogues sont peu nombreux et cela se supporte sans difficulté. Les rapports entre les personnages, les tensions qui les animent, les rivalités qui les opposent, apparaissent petit à petit. Le film se termine toutefois en eau de boudin.
15:51 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

