samedi, 17 octobre 2026
Englouti
Une fois n'est pas coutume, je trouve le titre français plus porteur que l'original anglo-saxon. Celui-ci fait allusion à une sorte d'échouage de baleine (ce que je me garderai d'expliciter, pour ne pas déflorer l'intrigue).
Il est donc bien question d'un homme et d'un cétacé, plus précisément un cachalot, le seul capable d'engloutir un humain... quitte à rapidement le recracher, comme c'est arrivé l'an dernier à un kayakiste chilien... et il y a cinq ans à un pêcheur états-unien. (En revanche, l'histoire de James Bartley, qui remonterait à 1891, est sans doute bidon.)
Sans surprise, quand il a été question de la sortie de ce film, nombre de critiques ont fait allusion à un épisode biblique, que l'on trouve dans le Livre de Jonas : le héros est avalé par "un gros poisson" et passe trois jours à l'intérieur... ce qui est impossible... mais c'est bien entendu métaphorique. (On y retrouve le chiffre trois, très présent dans l'Ancien comme le Nouveau Testament.)
Tout cela pour dire que je trouvais l'histoire a priori alléchante, avec, au générique, le jeune Austin Abrams (à l'affiche du récent Resident Evil) et Josh Brolin, qui incarne son père, gravement malade.
J'ai été "douché" par le début, mal joué, parfois languissant. On se fout un peu de la relation père-fils (limite toxique) et on attend que cela se mette à bouger.
On est heureusement servi ensuite, avec la séquence de plongée, bien filmée. Le jeune héros Jay explore d'abord l'espace côtier, puis le fond océanique proche, avant de s'approcher des abysses. De ce trou de balle marin, sombre et velu, peut surgir à peu près tout et n'importe quoi... dont un énorme cachalot, qui avale donc Jay. Sur grand écran, en immersion, avec un bon travail sur le son, c'est assez impressionnant...
... d'autant que le jeune homme ne se retrouve pas tout seul dans l'estomac du cétacé. Il lui faut donc affronter de multiples périls, entre les mouvements d'estomac, le manque progressif d'oxygène, diverses bestioles... et les sucs gastriques, dont j'attendais avec impatience l'arrivée. C'est effrayant... et parfois (involontairement ?) comique, puisqu'à plusieurs reprises, j'ai eu l'impression que Jay rampait entre d'énormes hémorroïdes...
Je m'attendais donc à ce que la suite se résume à un survival, avec montée en tension, rebondissements... eh ben non... à part la séquence avec les orques. L'intrigue prend un tour essentiellement psychologique, autour de la relation père-fils. Alors qu'il est à demi mourant, Jay se rappelle les bons et les mauvais moments passés avec son casse-couilles de père, qui avait pourtant de si belles leçons de vie à lui transmettre. S'ajoute à cela une ambiance panthéiste new age (autour de la baleine)... et même un aspect psychanalytique, puisque pour devenir (enfin) un véritable adulte, Jay va devoir "tuer le père".
Au final, même si les séquences d'action sont spectaculaires (et la représentation de l'enfermement réussie), je trouve que le film ne tient pas tout à fait ses promesses.
14:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films


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