mercredi, 16 septembre 2026
Resident Evil
Les producteurs de cette resucée de films d'épouvante ne sont pas très clairs quant au statut de l’œuvre. S'agit-il d'une relance de la franchise (un reboot, en langage hollywoodien) ? D'une histoire dérivée (un spin-off) ? D'une suite qui ne dit pas son nom, en attendant de pouvoir recruter quelques-uns des anciens protagonistes ?
Il n'y a donc pas de Mila Jovovich à l'horizon mais, derrière la caméra se trouve Zach Cregger, que j'ai découvert l'an dernier avec Évanouis. Il appartient à une intéressante nouvelle génération de cinéastes de l'horreur, en compagnie notamment d'Osgood Perkins (Longlegs, The Monkey) et de Kane Parsons (Backrooms).
Le héros Bryan est un jeune homme d'origine modeste, coursier médical, qui semble bien mener sa petite vie sans histoire, entre son boulot et sa copine. (Il est interprété par Austin Abrams, que l'on verra bientôt voir dans Englouti.) Chez les Anglo-Saxons, on parlerait de nice guy, un type sympa, sans prétention, qui évite les ennuis. Quand il livre un hôpital, il a toujours un haut-le-cœur devant les blessures des patients qu'il croise. La perspective d'être père lui paraît une montagne infranchissable. Du coup, il repousse l'inévitable discussion avec sa petite amie. La nuit qu'il est sur le point de vivre va bouleverser toutes ses certitudes.
L'un des intérêts de ce film est de montrer un individu réellement ordinaire plongé dans une situation extraordinaire. Il ne va pas faire preuve d'héroïsme, mais de débrouillardise (et d'un peu de courage). Le gentil garçon n'est pas taillé comme un athlète et il peine à se servir d'une arme. Il va devoir apprendre vite, s'il veut survivre.
Les scénaristes ont calqué leur intrigue sur le déroulement d'un jeu vidéo. A chaque bifurcation narrative correspond une épreuve, tout le temps horrifique. Ainsi, Bryan va être successivement confronté à :
- la femme de la route
(increvable)
- le chien de la grange
(gueule d'ange)
- la maison isolée
(habitée)
- le camping-car du tunnel
(où l'on peut se faire rouler)
- le monstre du garage
(taquin)
- les pièges des égouts
(peu ragoûtants)
- les zombies des toits
(écrase-moi si tu peux)
- les surprises de l'ascenseur
(à vomir)
- les dangers de la passerelle
(vertigineux)
- les affres de la maternité
(idéal pour un futur papa)
Cela se conclut dans un labo ultra-sécurisé... d'où s'est pourtant échappé un virus ultra-dangereux. Ce parcours du combattant mélange épouvante traditionnelle, clichés (certains personnages faisant ce qu'il ne faut absolument pas faire)... et humour. Bryan est souvent maladroit dans ses efforts désespérés pour échapper au pire (et effectuer sa précieuse livraison). C'est drôle quand il rate... et parfois même aussi quand il réussit ! Le réalisateur, malin, ne nous permet pas toujours de deviner si la scène gore qu'il s'apprête à nous servir est à double sens.
C'est techniquement bien fait et ça ne dure pas très longtemps. Après une journée de boulot, ça "dépayse".
23:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films


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