mercredi, 21 janvier 2026
Greenland 2 - Migration
Quelques mauvaises langues prétendent que c'est après avoir vu le premier Greenland (qui, dans la langue de JD Vance, désigne le Groenland) que Donald Trump a pris la décision d'annexer le territoire autonome danois... Peut-être que la vision du second volet pourrait contribuer à mettre fin à une crise internationale : en effet, au début de cette suite, censée se dérouler cinq ans plus tard, le refuge groenlandais devient bigrement inhospitalier, contraignant les héros à se rendre au Royaume-uni puis en France métropolitaine, pour tenter d'atteindre l'Italie.
La mise en bouche est assez intéressante, puisqu'elle illustre (hélas trop rapidement) les difficultés, pour un groupe humain, à cohabiter par milliers dans un espace confiné. Il leur est en effet impossible de sortir sans protections, sous peine de mourir asphyxiés. C'est pourtant ce que fait, à l'occasion, John Garrity (Gerard Butler, toujours coproducteur), qui a des burnes d'acier.
Je dois dire que les scènes d'extérieur sont assez emballantes, qu'il s'agisse des plans de la campagne (supposée) groenlandaise, anglaise ou française (en réalité islandaise) que des cataclysmes qui s'abattent sur les rescapés humains : pluie d'astéroïdes, tempête radioactive, coulées de lave, tsunami, bourrasques gigantesques, crise d'hémorroïdes... sans compter le comportement prédateur de certains survivants, qui ne voient dans les autres humains que des proies potentielles. Face à cela, le film tient un discours progressiste, selon lequel la salut se trouve dans l'entraide. Plusieurs scènes mettent en valeur ce précepte, de manière toutefois trop appuyée à mon goût.
C'est donc un film à voir en salle, pour bien profiter des moments spectaculaires, comme la catastrophe groenlandaise ou le passage par (ce qui fut) la Manche, assez bien maîtrisé en terme de mise en scène.
En revanche, les dialogues ne sont pas plus élaborés que dans le premier volet. A signaler toutefois qu'au cours de leur périple (qui passe par le Pas-de-Calais et le Massif Central), les héros reçoivent l'aide de Français, présentés positivement, sans caricature. Ce n'est pas si fréquent que cela dans les grosses productions hollywoodiennes.
21:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Greenland 2 - Migration
Quelques mauvaises langues prétendent que c'est après avoir vu le premier Greenland (qui, dans la langue de JD Vance, désigne le Groenland) que Donald Trump a pris la décision d'annexer le territoire autonome danois... Peut-être que la vision du second volet pourrait contribuer à mettre fin à une crise internationale : en effet, au début de cette suite, censée se dérouler cinq ans plus tard, le refuge groenlandais devient bigrement inhospitalier, contraignant les héros à se rendre au Royaume-uni puis en France métropolitaine, pour tenter d'atteindre l'Italie.
La mise en bouche est assez intéressante, puisqu'elle illustre (hélas trop rapidement) les difficultés, pour un groupe humain, à cohabiter par milliers dans un espace confiné. Il leur est en effet impossible de sortir sans protections, sous peine de mourir asphyxiés. C'est pourtant ce que fait, à l'occasion, John Garrity (Gerard Butler, toujours coproducteur), qui a des burnes d'acier.
Je dois dire que les scènes d'extérieur sont assez emballantes, qu'il s'agisse des plans de la campagne (supposée) groenlandaise, anglaise ou française (en réalité islandaise) que des cataclysmes qui s'abattent sur les rescapés humains : pluie d'astéroïdes, tempête radioactive, coulées de lave, tsunami, bourrasques gigantesques, crise d'hémorroïdes... sans compter le comportement prédateur de certains survivants, qui ne voient dans les autres humains que des proies potentielles. Face à cela, le film tient un discours progressiste, selon lequel la salut se trouve dans l'entraide. Plusieurs scènes mettent en valeur ce précepte, de manière toutefois trop appuyée à mon goût.
C'est donc un film à voir en salle, pour bien profiter des moments spectaculaires, comme la catastrophe groenlandaise ou le passage par (ce qui fut) la Manche, assez bien maîtrisé en terme de mise en scène.
En revanche, les dialogues ne sont pas plus élaborés que dans le premier volet. A signaler toutefois qu'au cours de leur périple (qui passe par le Pas-de-Calais et le Massif Central), les héros reçoivent l'aide de Français, présentés positivement, sans caricature. Ce n'est pas si fréquent que cela dans les grosses productions hollywoodiennes.
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lundi, 19 janvier 2026
L'Affaire Bojarski
Trois ans après La Syndicaliste, Jean-Paul Salomé nous revient avec un biopic sur celui qui fut peut-être le plus brillant fabricant de fausse monnaie que la France ait subi connu. Le défunt Ceslaw Bojarski (1912-2003) bénéficie actuellement d'une importante couverture médiatique, mais il n'était pas méconnu pour autant. Les années qui ont suivi son décès avaient vu un premier regain de notoriété.
Le film rend hommage au talent de celui qui fut à la fois un artisan et un artiste, d'une méticulosité maladive, ayant plutôt tendance à travailler en solo. Le projecteur est placé sur trois périodes de son existence : ses premiers pas dans la fausse monnaie, au sein d'un groupe criminel, sa longue carrière en solo et la fin de son parcours, en duo. J'ai trouvé passionnante la description du travail du faussaire, de la création des matrices à la fabrication du papier-monnaie, le tout dans une discrétion absolue, même si, parfois, le film sous-entend que Bojarski a dû son salut à la stupidité de certains policiers.
C'est là d'ailleurs l'une des faiblesses de l'intrigue, avec la présence régulière d'invraisemblances. Dès le premier retour en arrière (qui se passe durant la Seconde Guerre mondiale), on est un peu atterré de voir la facilité avec laquelle l'apprenti-faussaire (qui fabrique à l'époque de faux papiers d'identité) échappe à une patrouille allemande, qui ne prend pas la peine de pénétrer dans un atelier pourtant éclairé après le couvre-feu... Plus tard, c'est la rencontre fortuite entre deux protagonistes, à l'hôtel, autour d'un bon verre, qui pique les yeux... d'autant qu'elle n'a pas existé. Et que dire de certaines maladresses, comme celle qui voit deux personnages se rencontrer dans un parloir et esquisser le geste hyper bateau de faire se toucher leurs mains de part et d'autre de la grille de séparation... alors qu'il existe une (petite) ouverture, juste au-dessous... ouverture qui va d'ailleurs être utilisée dans la suite de la scène !
Je pourrais en citer quelques autres comme cela, mais je n'ai pas envie de m'acharner. L'histoire m'a tout de même emporté, malgré l'interprétation un poil décevante. On a vu Reda Kateb bien meilleur ailleurs. Je trouve que Bastien Bouillon et Pierre Lottin s'en sortent un peu mieux, sans faire d'étincelles. Quant à Sara Giraudeau, elle pourrait presque porter plainte vu ce qu'on lui fait jouer. (Aux amateurs d'info pipole, je signale qu'une comédienne incarnant un personnage secondaire a parfois une moue qui rappelle furieusement celle de sa mère - elle fait carrière sous le nom de son père.)
Cerise sur le gâteau, l'un des traits caractéristiques du "héros" est construit à partir de mensonges. Bojarski était bien ingénieur de formation, et il avait un côté bricoleur. Mais, non :
- il n'a pas inventé le stylo-bille
- il n'a pas inventé le rasoir à lame jetable
- il n'a pas inventé la brosse à dents électrique
- il n'a pas créé la première machine à café à dosettes
Au départ, ce côté Géo Trouvetou est plutôt sympa, d'autant qu'il est nimbé de comique, mais, quand on se rend compte que (presque) tout est faux, cela nuit globalement à la crédibilité de l'intrigue. (Si j'étais médisant, je dirais que c'est volontaire de la part des scénaristes, qui font œuvre de propagande, tendant de démontrer que c'est parce que la vilaine société française de l'après-guerre était xénophobe qu'un talentueux ingénieur s'est tourné vers le crime...)
Si l'on supporte les maladresses et les invraisemblances, on peut suivre cette vie extraordinaire, celle d'un délinquant qui a longtemps réussi à passer sous les radars en évitant d'être flambeur.
P.S.
Les images d'époque diffusées en début de générique de fin sont issues d'une reconstitution. On y voit Bojarski mimer les gestes qu'il accomplissait autrefois.
22:39 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
L'Affaire Bojarski
Trois ans après La Syndicaliste, Jean-Paul Salomé nous revient avec un biopic sur celui qui fut peut-être le plus brillant fabricant de fausse monnaie que la France ait subi connu. Le défunt Ceslaw Bojarski (1912-2003) bénéficie actuellement d'une importante couverture médiatique, mais il n'était pas méconnu pour autant. Les années qui ont suivi son décès avaient vu un premier regain de notoriété.
Le film rend hommage au talent de celui qui fut à la fois un artisan et un artiste, d'une méticulosité maladive, ayant plutôt tendance à travailler en solo. Le projecteur est placé sur trois périodes de son existence : ses premiers pas dans la fausse monnaie, au sein d'un groupe criminel, sa longue carrière en solo et la fin de son parcours, en duo. J'ai trouvé passionnante la description du travail du faussaire, de la création des matrices à la fabrication du papier-monnaie, le tout dans une discrétion absolue, même si, parfois, le film sous-entend que Bojarski a dû son salut à la stupidité de certains policiers.
C'est là d'ailleurs l'une des faiblesses de l'intrigue, avec la présence régulière d'invraisemblances. Dès le premier retour en arrière (qui se passe durant la Seconde Guerre mondiale), on est un peu atterré de voir la facilité avec laquelle l'apprenti-faussaire (qui fabrique à l'époque de faux papiers d'identité) échappe à une patrouille allemande, qui ne prend pas la peine de pénétrer dans un atelier pourtant éclairé après le couvre-feu... Plus tard, c'est la rencontre fortuite entre deux protagonistes, à l'hôtel, autour d'un bon verre, qui pique les yeux... d'autant qu'elle n'a pas existé. Et que dire de certaines maladresses, comme celle qui voit deux personnages se rencontrer dans un parloir et esquisser le geste hyper bateau de faire se toucher leurs mains de part et d'autre de la grille de séparation... alors qu'il existe une (petite) ouverture, juste au-dessous... ouverture qui va d'ailleurs être utilisée dans la suite de la scène !
Je pourrais en citer quelques autres comme cela, mais je n'ai pas envie de m'acharner. L'histoire m'a tout de même emporté, malgré l'interprétation un poil décevante. On a vu Reda Kateb bien meilleur ailleurs. Je trouve que Bastien Bouillon et Pierre Lottin s'en sortent un peu mieux, sans faire d'étincelles. Quant à Sara Giraudeau, elle pourrait presque porter plainte vu ce qu'on lui fait jouer. (Aux amateurs d'info pipole, je signale qu'une comédienne incarnant un personnage secondaire a parfois une moue qui rappelle furieusement celle de sa mère - elle fait carrière sous le nom de son père.)
Cerise sur le gâteau, l'un des traits caractéristiques du "héros" est construit à partir de mensonges. Bojarski était bien ingénieur de formation, et il avait un côté bricoleur. Mais, non :
- il n'a pas inventé le stylo-bille
- il n'a pas inventé le rasoir à lame jetable
- il n'a pas inventé la brosse à dents électrique
- il n'a pas créé la première machine à café à dosettes
Au départ, ce côté Géo Trouvetou est plutôt sympa, d'autant qu'il est nimbé de comique, mais, quand on se rend compte que (presque) tout est faux, cela nuit globalement à la crédibilité de l'intrigue. (Si j'étais médisant, je dirais que c'est volontaire de la part des scénaristes, qui font œuvre de propagande, tendant de démontrer que c'est parce que la vilaine société française de l'après-guerre était xénophobe qu'un talentueux ingénieur s'est tourné vers le crime...)
Si l'on supporte les maladresses et les invraisemblances, on peut suivre cette vie extraordinaire, celle d'un délinquant qui a longtemps réussi à passer sous les radars en évitant d'être flambeur.
P.S.
Les images d'époque diffusées en début de générique de fin sont issues d'une reconstitution. On y voit Bojarski mimer les gestes qu'il accomplissait autrefois.
22:39 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
dimanche, 18 janvier 2026
Alice au pays du manga
Presque dix ans après que Disney a sorti l'adaptation de la seconde partie des aventures de la petite Alice, un réalisateur japonais choisit à la fois de revenir aux sources et d'actualiser l'intrigue. Cela donne un film d'animation peu commun, qui débute par une "soirée pyjamas" entre filles et s'achève dans le salon d'une étrange maison...
Les amateurs de l'histoire d'origine retrouveront avec plaisir le grand terrier, les changements de taille, le lapin pressé, le chapelier fou, le chat du Cheshire (très réussi), les personnages en forme de cartes à jouer... et la fameuse reine de cœur.
Mais tout ceci ne sert qu'à encadrer une histoire bien contemporaine, celle de Lise, jeune adulte introvertie, qui peine à trouver du travail. Le décès de sa grand-mère adorée la conduit à tester l'héritage de celle-ci : le fameux pays des merveilles, dont le cinéaste choisit de faire un monde virtuel. C'est une excellente idée.
L'autre bonne idée est de ne pas faire de Lise une Alice moderne, mais de lui faire rencontrer la véritable Alice (au cours de son périple virtuel). Je dois dire que je préfère le personnage de la petite fille intrépide à celui de la citadine un peu godiche, que cette véritable odyssée fantasmagorique est censée faire mûrir : elle qui est effacée doit davantage affirmer son tempérament et laisser de côté ce qui est accessoire. Elle est à l'origine "bouffée" par son smartphone, sa consultation des réseaux sociaux et les jeux en ligne.
L'intrigue est donc plus riche que celle d'une simple adaptation. J'ai particulièrement apprécié le développement inédit de deux épisodes : celui de l'inondation de larmes et celui du procès. C'est inventif et visuellement brillant. C'est aussi une belle histoire d'amitié, entre Lise et Alice et entre Lise et sa grand-mère, dont elle regrette de s'être éloignée.
22:32 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Alice au pays du manga
Presque dix ans après que Disney a sorti l'adaptation de la seconde partie des aventures de la petite Alice, un réalisateur japonais choisit à la fois de revenir aux sources et d'actualiser l'intrigue. Cela donne un film d'animation peu commun, qui débute par une "soirée pyjamas" entre filles et s'achève dans le salon d'une étrange maison...
Les amateurs de l'histoire d'origine retrouveront avec plaisir le grand terrier, les changements de taille, le lapin pressé, le chapelier fou, le chat du Cheshire (très réussi), les personnages en forme de cartes à jouer... et la fameuse reine de cœur.
Mais tout ceci ne sert qu'à encadrer une histoire bien contemporaine, celle de Lise, jeune adulte introvertie, qui peine à trouver du travail. Le décès de sa grand-mère adorée la conduit à tester l'héritage de celle-ci : le fameux pays des merveilles, dont le cinéaste choisit de faire un monde virtuel. C'est une excellente idée.
L'autre bonne idée est de ne pas faire de Lise une Alice moderne, mais de lui faire rencontrer la véritable Alice (au cours de son périple virtuel). Je dois dire que je préfère le personnage de la petite fille intrépide à celui de la citadine un peu godiche, que cette véritable odyssée fantasmagorique est censée faire mûrir : elle qui est effacée doit davantage affirmer son tempérament et laisser de côté ce qui est accessoire. Elle est à l'origine "bouffée" par son smartphone, sa consultation des réseaux sociaux et les jeux en ligne.
L'intrigue est donc plus riche que celle d'une simple adaptation. J'ai particulièrement apprécié le développement inédit de deux épisodes : celui de l'inondation de larmes et celui du procès. C'est inventif et visuellement brillant. C'est aussi une belle histoire d'amitié, entre Lise et Alice et entre Lise et sa grand-mère, dont elle regrette de s'être éloignée.
22:32 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
jeudi, 01 janvier 2026
Anaconda
Opération "ciné détox" ce jeudi, avec une comédie basique pour se décrasser les neurones. (L'an dernier, c'était avec Un Ours dans le Jura.)
La présence de Jack Black au générique nous incite à comparer ce film avec les Jumanji et le récent Minecraft. Il s'agit de comédies d'aventures, assaisonnées d'un poil (une écaille ?) de fantastique.
On a beau savoir ce qu'on est venu voir (une resucée parodique d'un "vieux" film d'épouvante), on est surpris par la séquence du début, dont sont absents les héros, quatre amis d'enfance qui vont tenter de réaliser leur rêve : tourner un film d'horreur. Cette séquence inaugurale prend une saveur supplémentaire un peu plus tard, puisqu'on finit par en revoir deux des personnages, mais sous un jour différent.
La suite est beaucoup (beaucoup) plus convenue. Des quadragénaires de classe moyenne se désolent de leur vie certes plutôt confortable, mais éloignée de leurs aspirations. Doug (Jack Black, bien dans le rôle), l'ex-apprenti cinéaste, travaille dans l'entreprise familiale, dont il est sur le point d'hériter. Ses amis se moquent parfois de ses vidéos films de mariage... De temps à autre, il embauche son pote Kenny, le cassos de la bande, dont, bien plus tard, on va découvrir le secret le plus honteux. Griff (Paul Rudd, Ant-Man pour les intimes) semble avoir été plus fidèle aux idéaux de leur jeunesse : il a quitté leur ville natale et travaille désormais en Californie ; il a acquis une petite célébrité en interprétant un personnage secondaire de la série S.W.A.T.... mais ce n'est qu'un acteur de deuxième catégorie. Quant à Claire, l'unique femme du groupe, elle a réussi ses études de droit, mais s'emmerde dans la vie, d'autant qu'elle vient de découvrir les infidélités de son compagnon.
Les circonstances qui conduisent ces adultes installés à jouer les cinéastes aventuriers sont mises en scène avec un poil d'inventivité : une série de mises en abyme, puisque nous regardons un film qui montre des fans d'un vieux nanard en train de tourner un film hommage, qui va aussi s'inspirer d'une oeuvre d'adolescence. Un (petit) trouble s'installe quand on comprend que l'un des protagonistes commente une partie de l'histoire. Cerise sur le gâteau : au cours de leur périple en Australie Amazonie, les héros tombent sur une autre équipe de tournage, disposant de moyens plus étoffés que les leurs.
Je signale que les effets spéciaux sont bien conçus : les grands serpents font un peu peur... et le plus gros de tous est capable d'avaler un humain adulte, vêtements compris ! Cela donne naissance à quelques scènes comiques. La meilleure toutefois ne fait pas intervenir de reptile. Il y a est question d'une morsure d'araignée et... d'urine. Il a fallu que l'équipe ne se prenne pas du tout au sérieux pour écrire et jouer cette scène totalement improbable ! Un autre moment phare fait intervenir le héros et... un phacochère. Un extrait est fourni dans la bande-annonce mais, franchement, l'intégralité de la scène mérite le détour.
Sur le fond, on nous délivre des messages ultra-convenus : il ne faut pas renoncer à ses rêves d'enfance, mais il faut garder à l'esprit que le plus important réside dans les relations humaines, avec celles et ceux que l'on aime.
P.S.
Le générique de fin est interrompu par une scène bonus, qui nous donne des nouvelles d'un personnage qui avait "disparu"...
17:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Anaconda
Opération "ciné détox" ce jeudi, avec une comédie basique pour se décrasser les neurones. (L'an dernier, c'était avec Un Ours dans le Jura.)
La présence de Jack Black au générique nous incite à comparer ce film avec les Jumanji et le récent Minecraft. Il s'agit de comédies d'aventures, assaisonnées d'un poil (une écaille ?) de fantastique.
On a beau savoir ce qu'on est venu voir (une resucée parodique d'un "vieux" film d'épouvante), on est surpris par la séquence du début, dont sont absents les héros, quatre amis d'enfance qui vont tenter de réaliser leur rêve : tourner un film d'horreur. Cette séquence inaugurale prend une saveur supplémentaire un peu plus tard, puisqu'on finit par en revoir deux des personnages, mais sous un jour différent.
La suite est beaucoup (beaucoup) plus convenue. Des quadragénaires de classe moyenne se désolent de leur vie certes plutôt confortable, mais éloignée de leurs aspirations. Doug (Jack Black, bien dans le rôle), l'ex-apprenti cinéaste, travaille dans l'entreprise familiale, dont il est sur le point d'hériter. Ses amis se moquent parfois de ses vidéos films de mariage... De temps à autre, il embauche son pote Kenny, le cassos de la bande, dont, bien plus tard, on va découvrir le secret le plus honteux. Griff (Paul Rudd, Ant-Man pour les intimes) semble avoir été plus fidèle aux idéaux de leur jeunesse : il a quitté leur ville natale et travaille désormais en Californie ; il a acquis une petite célébrité en interprétant un personnage secondaire de la série S.W.A.T.... mais ce n'est qu'un acteur de deuxième catégorie. Quant à Claire, l'unique femme du groupe, elle a réussi ses études de droit, mais s'emmerde dans la vie, d'autant qu'elle vient de découvrir les infidélités de son compagnon.
Les circonstances qui conduisent ces adultes installés à jouer les cinéastes aventuriers sont mises en scène avec un poil d'inventivité : une série de mises en abyme, puisque nous regardons un film qui montre des fans d'un vieux nanard en train de tourner un film hommage, qui va aussi s'inspirer d'une oeuvre d'adolescence. Un (petit) trouble s'installe quand on comprend que l'un des protagonistes commente une partie de l'histoire. Cerise sur le gâteau : au cours de leur périple en Australie Amazonie, les héros tombent sur une autre équipe de tournage, disposant de moyens plus étoffés que les leurs.
Je signale que les effets spéciaux sont bien conçus : les grands serpents font un peu peur... et le plus gros de tous est capable d'avaler un humain adulte, vêtements compris ! Cela donne naissance à quelques scènes comiques. La meilleure toutefois ne fait pas intervenir de reptile. Il y a est question d'une morsure d'araignée et... d'urine. Il a fallu que l'équipe ne se prenne pas du tout au sérieux pour écrire et jouer cette scène totalement improbable ! Un autre moment phare fait intervenir le héros et... un phacochère. Un extrait est fourni dans la bande-annonce mais, franchement, l'intégralité de la scène mérite le détour.
Sur le fond, on nous délivre des messages ultra-convenus : il ne faut pas renoncer à ses rêves d'enfance, mais il faut garder à l'esprit que le plus important réside dans les relations humaines, avec celles et ceux que l'on aime.
P.S.
Le générique de fin est interrompu par une scène bonus, qui nous donne des nouvelles d'un personnage qui avait "disparu"...
17:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films
mercredi, 31 décembre 2025
La Pire Mère du monde
Le titre de ce film est à l'image de son contenu : dans l'exagération. Il s'agit donc d'une farce, construite sur la relation conflictuelle entre une mère, greffière d'un petit tribunal de Province, et sa fille unique, vice-procureure à Lyon.
L'introduction (sur le parcours brillant d'une "surdouée de la République") s'assume clinquante et outrancière... et j'ai aimé. Cela tient peut-être aussi à la personnalité de l'interprète principale, Louise Bourgoin (vue, ces dernières années, dans C'est mon homme et L'un dans l'autre). Elle est à la fois charmante et glaçante. On découvre rapidement que, pour ce trait de caractère, elle tient peut-être de sa mère.
Celle-ci est (sobrement) incarnée par Muriel Robin, qui rappelle à cette occasion qu'elle peut être une bonne comédienne, ce qui n'est pas évident au regard de sa filmographie.
Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Louise quitte Lyon pour Nogent-le-Creux, une commune fictive, qu'on imagine de petite taille... mais qui a conservé un tribunal d'instance (contrairement, par exemple, à la commune -bien réelle- de Nogent-le-Rotrou, située dans une autre région). La magistrate cinglante, habituée à malmener ses collègues, se retrouve dans une position nettement moins confortable. La peinture qui est faite des mesquineries d'un tribunal de Province ainsi que du fonctionnement interne de la magistrature risque de froisser quelques hermines mais, franchement, c'est parfois très savoureux.
J'ai trouvé la partie comédie assez réussie aussi en raison de petits détails, comme les images associées aux correspondants téléphoniques de l'héroïne. De surcroît, certains seconds rôles sont plutôt bien campés, par des visages connus, ceux de Patrick Descamps, Anne Benoit, Sébastien Chassagne ou encore Gustave Kervern. Je suis en revanche moins convaincu par Florence Loiret Caille (qu'on a vue bien meilleure ailleurs), dont le personnage est par ailleurs très caricatural.
Sur cette comédie se greffe une intrigue policière, au départ complètement anecdotique, mais qui prend peu à peu de l'importance. Les chiens y jouent un rôle important... peut-être parce qu'à leurs côtés les humains cabotinent un max !
Cela dure à peine plus d'1h20 et ce fut pour moi une agréable manière de clôturer mon année cinématographique 2025, qui fut particulièrement riche.
15:53 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société
La Pire Mère du monde
Le titre de ce film est à l'image de son contenu : dans l'exagération. Il s'agit donc d'une farce, construite sur la relation conflictuelle entre une mère, greffière d'un petit tribunal de Province, et sa fille unique, vice-procureure à Lyon.
L'introduction (sur le parcours brillant d'une "surdouée de la République") s'assume clinquante et outrancière... et j'ai aimé. Cela tient peut-être aussi à la personnalité de l'interprète principale, Louise Bourgoin (vue, ces dernières années, dans C'est mon homme et L'un dans l'autre). Elle est à la fois charmante et glaçante. On découvre rapidement que, pour ce trait de caractère, elle tient peut-être de sa mère.
Celle-ci est (sobrement) incarnée par Muriel Robin, qui rappelle à cette occasion qu'elle peut être une bonne comédienne, ce qui n'est pas évident au regard de sa filmographie.
Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Louise quitte Lyon pour Nogent-le-Creux, une commune fictive, qu'on imagine de petite taille... mais qui a conservé un tribunal d'instance (contrairement, par exemple, à la commune -bien réelle- de Nogent-le-Rotrou, située dans une autre région). La magistrate cinglante, habituée à malmener ses collègues, se retrouve dans une position nettement moins confortable. La peinture qui est faite des mesquineries d'un tribunal de Province ainsi que du fonctionnement interne de la magistrature risque de froisser quelques hermines mais, franchement, c'est parfois très savoureux.
J'ai trouvé la partie comédie assez réussie aussi en raison de petits détails, comme les images associées aux correspondants téléphoniques de l'héroïne. De surcroît, certains seconds rôles sont plutôt bien campés, par des visages connus, ceux de Patrick Descamps, Anne Benoit, Sébastien Chassagne ou encore Gustave Kervern. Je suis en revanche moins convaincu par Florence Loiret Caille (qu'on a vue bien meilleure ailleurs), dont le personnage est par ailleurs très caricatural.
Sur cette comédie se greffe une intrigue policière, au départ complètement anecdotique, mais qui prend peu à peu de l'importance. Les chiens y jouent un rôle important... peut-être parce qu'à leurs côtés les humains cabotinent un max !
Cela dure à peine plus d'1h20 et ce fut pour moi une agréable manière de clôturer mon année cinématographique 2025, qui fut particulièrement riche.
15:53 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société
mardi, 30 décembre 2025
La Disparition de Josef Mengele
Ce film de Kirill Serebrennikov adapte le roman historique (très documenté) d'Olivier Guez (dont je recommande vivement la lecture). Il en suit grosso modo la trame, les retouches ne trahissant pas l’œuvre d'origine.
Le cinéaste entrecroise plusieurs périodes, chacune filmée différemment. La principale traite de la cavale de Mengele, de son arrivée en Argentine à son décès présumé, au Brésil. Elle est complétée par des retours en arrière (abordant certains aspects de son action à Auschwitz, pendant la Seconde Guerre mondiale) et une séquence contemporaine, celle de l'analyse d'un squelette, censée mettre fin à une polémique.
C'est à la fois atroce et passionnant.
Sans surprise, les scènes du camp sont dures, mais plus par ce qu'elles suggèrent que par ce qu'elles montrent. Elles sont néanmoins nécessaires pour comprendre pourquoi certaines personnes, ont, plus tard, jugé indispensable de traquer le criminel de guerre.
Plus inédites sont les séquences latino-américaines. Dans un premier temps, on découvre les difficultés de certains fugitifs nazis, principalement en Argentine, avant qu'on nous montre une société plus friquée, où se mêlent aux nazis les descendants d'une immigration allemande plus ancienne. A la fin des années 1940, beaucoup sont dans le déni (concernant les crimes du régime hitlérien), tandis que ceux qui savent (et qui ont vécu en Europe) hésitent entre la revendication de titres de gloire et la nécessaire discrétion à adopter sur certains sujets...
Mengele ne regrette rien et fait partie de ceux qui ont compris qu'il vaut mieux faire profil bas. Il est même limite paranoïaque, au point de devenir désagréable aux yeux mêmes de ceux qui veulent l'aider. L'ancien médecin a une très haute opinion de lui-même et reste un nazi fervent, partisan d'une "hygiène raciale". August Diehl, physiquement méconnaissable, est excellent dans le rôle.
Un autre intérêt du film est de montrer que, durant la majorité de sa longue cavale, Mengele n'a pas eu la vie facile. Les soutiens venus de sa famille ne suffisent pas à rendre sa vie quotidienne aussi douce que ce à quoi il aspirait. Ses relations avec les personnes qui l'hébergent sont complexes (plus encore dans le livre que dans le film). Bref, même s'il n'a jamais été jugé, il en quand même un peu chié.
Serebrennikov brosse un portrait presque pathétique de l'ancienne étoile montante du nazisme, devenu un vieil homme aigri. Il évite de tomber dans le piège de l'héroïsation du "grand criminel". En dépit de sa bonne éducation et de ses brillants diplômes, Mengele n'était qu'un pauvre type égocentrique, sadique et méprisant. Ce film mérite vraiment d'être vu.
P.S.
Je signale que le bouquin de Guez a été adapté au théâtre... ainsi qu'en bande dessinée (cosignée par l'écrivain) :
21:29 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
La Disparition de Josef Mengele
Ce film de Kirill Serebrennikov adapte le roman historique (très documenté) d'Olivier Guez (dont je recommande vivement la lecture). Il en suit grosso modo la trame, les retouches ne trahissant pas l’œuvre d'origine.
Le cinéaste entrecroise plusieurs périodes, chacune filmée différemment. La principale traite de la cavale de Mengele, de son arrivée en Argentine à son décès présumé, au Brésil. Elle est complétée par des retours en arrière (abordant certains aspects de son action à Auschwitz, pendant la Seconde Guerre mondiale) et une séquence contemporaine, celle de l'analyse d'un squelette, censée mettre fin à une polémique.
C'est à la fois atroce et passionnant.
Sans surprise, les scènes du camp sont dures, mais plus par ce qu'elles suggèrent que par ce qu'elles montrent. Elles sont néanmoins nécessaires pour comprendre pourquoi certaines personnes, ont, plus tard, jugé indispensable de traquer le criminel de guerre.
Plus inédites sont les séquences latino-américaines. Dans un premier temps, on découvre les difficultés de certains fugitifs nazis, principalement en Argentine, avant qu'on nous montre une société plus friquée, où se mêlent aux nazis les descendants d'une immigration allemande plus ancienne. A la fin des années 1940, beaucoup sont dans le déni (concernant les crimes du régime hitlérien), tandis que ceux qui savent (et qui ont vécu en Europe) hésitent entre la revendication de titres de gloire et la nécessaire discrétion à adopter sur certains sujets...
Mengele ne regrette rien et fait partie de ceux qui ont compris qu'il vaut mieux faire profil bas. Il est même limite paranoïaque, au point de devenir désagréable aux yeux mêmes de ceux qui veulent l'aider. L'ancien médecin a une très haute opinion de lui-même et reste un nazi fervent, partisan d'une "hygiène raciale". August Diehl, physiquement méconnaissable, est excellent dans le rôle.
Un autre intérêt du film est de montrer que, durant la majorité de sa longue cavale, Mengele n'a pas eu la vie facile. Les soutiens venus de sa famille ne suffisent pas à rendre sa vie quotidienne aussi douce que ce à quoi il aspirait. Ses relations avec les personnes qui l'hébergent sont complexes (plus encore dans le livre que dans le film). Bref, même s'il n'a jamais été jugé, il en quand même un peu chié.
Serebrennikov brosse un portrait presque pathétique de l'ancienne étoile montante du nazisme, devenu un vieil homme aigri. Il évite de tomber dans le piège de l'héroïsation du "grand criminel". En dépit de sa bonne éducation et de ses brillants diplômes, Mengele n'était qu'un pauvre type égocentrique, sadique et méprisant. Ce film mérite vraiment d'être vu.
P.S.
Je signale que le bouquin de Guez a été adapté au théâtre... ainsi qu'en bande dessinée (cosignée par l'écrivain) :
21:29 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
dimanche, 28 décembre 2025
La Femme de ménage
Je n'ai pas lu le roman d'origine, mais, intrigué par le battage fait autour de ce film, j'ai tenté ma chance lors d'une des rares séances disponibles en version originale sous-titrée. La salle s'est copieusement garnie... uniquement de spectatrices, dans un premier temps. L'arrivée de deux couples de retraités a fait monter en flèche de taux de masculinité de la salle. Je me suis senti moins seul. (Ceci dit, cela sentait très bon dans mon voisinage, exclusivement féminin... une ambiance olfactive nettement plus agréable que lorsque j'ai vu Lady Nazca, à proximité d'un vieux bouffeur de chocolat qui puait à cinq mètres.)
Blague à part, durant une cinquantaine de minutes, j'ai craint d'avoir fait une mauvaise affaire. J'ai eu l'impression d'avoir en face de moi l'adaptation d'un roman de chick lit. Deux poupées Barbie, une riche, l'autre pauvre (la première employant la seconde) s'agitent sous les yeux de ce qui semble être le mâle ultime : un grand brun musclé, au sourire enjôleur, de surcroît friqué, compréhensif, attentionné, modeste... N'en jetez plus ! Les ficelles de la love story un brin contrariée sont plus épaisses que les lianes de Tarzan... et l'on sent tout aussi bien venir un possible retournement : c'est trop beau pour être vrai.
Cependant, une fois survenu, le fameux retournement se double d'un twist concernant l'un des personnages féminins. Cela donne une saveur particulière à la suite, plus intense, parfois sanglante, avec un assez bon suspens.
Les acteurs font le job, mais je distinguerais Amanda Seyfried, qui coproduit le film avec Sydney Sweeney. La sémillante quadragénaire, à la filmographie peu étincelante, vole la vedette à la nouvelle coqueluche d'Hollywood.
Cette seconde partie de l'intrigue prend une épaisseur supplémentaire quand la notion de sororité est mise en scène. Quatre des personnages féminins vont, d'une manière ou d'une autre, s'entraider... et l'on ne peut que regretter que la salle ait été exempte de jeune spectateur masculin, tant ce film, en apparence superficiel, aborde des thèmes sociétaux importants. On peut le rapprocher d'Invisible Man (plus fantastique) et de Drop Game (plus technologique).
En dépit des facilités, je suis sorti de là assez content.
La Femme de ménage
Je n'ai pas lu le roman d'origine, mais, intrigué par le battage fait autour de ce film, j'ai tenté ma chance lors d'une des rares séances disponibles en version originale sous-titrée. La salle s'est copieusement garnie... uniquement de spectatrices, dans un premier temps. L'arrivée de deux couples de retraités a fait monter en flèche de taux de masculinité de la salle. Je me suis senti moins seul. (Ceci dit, cela sentait très bon dans mon voisinage, exclusivement féminin... une ambiance olfactive nettement plus agréable que lorsque j'ai vu Lady Nazca, à proximité d'un vieux bouffeur de chocolat qui puait à cinq mètres.)
Blague à part, durant une cinquantaine de minutes, j'ai craint d'avoir fait une mauvaise affaire. J'ai eu l'impression d'avoir en face de moi l'adaptation d'un roman de chick lit. Deux poupées Barbie, une riche, l'autre pauvre (la première employant la seconde) s'agitent sous les yeux de ce qui semble être le mâle ultime : un grand brun musclé, au sourire enjôleur, de surcroît friqué, compréhensif, attentionné, modeste... N'en jetez plus ! Les ficelles de la love story un brin contrariée sont plus épaisses que les lianes de Tarzan... et l'on sent tout aussi bien venir un possible retournement : c'est trop beau pour être vrai.
Cependant, une fois survenu, le fameux retournement se double d'un twist concernant l'un des personnages féminins. Cela donne une saveur particulière à la suite, plus intense, parfois sanglante, avec un assez bon suspens.
Les acteurs font le job, mais je distinguerais Amanda Seyfried, qui coproduit le film avec Sydney Sweeney. La sémillante quadragénaire, à la filmographie peu étincelante, vole la vedette à la nouvelle coqueluche d'Hollywood.
Cette seconde partie de l'intrigue prend une épaisseur supplémentaire quand la notion de sororité est mise en scène. Quatre des personnages féminins vont, d'une manière ou d'une autre, s'entraider... et l'on ne peut que regretter que la salle ait été exempte de jeune spectateur masculin, tant ce film, en apparence superficiel, aborde des thèmes sociétaux importants. On peut le rapprocher d'Invisible Man (plus fantastique) et de Drop Game (plus technologique).
En dépit des facilités, je suis sorti de là assez content.
Le Chant des forêts
Ce documentaire se situe dans le droit fil de La Panthère des neiges, coréalisé par le même Vincent Munier, à l'époque accompagné de Marie Amiguet (qui, depuis, a officié sur Vivre avec les loups).
Les forêts dont il est question sont principalement celles des Vosges, mais aussi un peu du Jura et de Norvège. Leur "chant" n'est pas celui des arbres (dont il est finalement peu question dans le film), mais celui de la faune, soit ailée, soit terrestre (principalement mammifère).
La mise en route est un peu laborieuse, peut-être parce que le réalisateur ne veut pas trop en montrer dès le début. D'ailleurs, certains des animaux croisés lors des nuits d'affût sont, dans un premier temps, montrés flous, sous forme de silhouettes. La nature ne se dévoile que petit à petit.
... et, quand c'est le cas, c'est superbe. Une partie des spectateurs s'attend sans doute à voir des cerfs (et leur brame). Ils ne seront pas déçus. On croise aussi des renards, des blaireaux, des sangliers, un écureuil... et quantité d'oiseaux, du plus petit (le troglodyte) ou plus grand (le tétras), que le cinéaste ne désespère pas de revoir dans les Vosges.
Certains plans sont de toute beauté, comme ceux qui montrent diverses chouettes, l'une d'entre elles ayant été filmée en gros plan, en train de ululer, son poitrail se soulevant à intervalle régulier. C'est fascinant. Impressionnantes aussi sont les scènes du petit matin, lorsque l'on voit la chaleur corporelle des mammifères contraster avec les températures très basses.
L'une des quêtes du réalisateur est un félidé... non, pas une panthère, mais un lynx, aperçu au début, au loin, couché sur une branche. Le trio posté en observation finit par voir sa patience récompensée. Comme dans La Panthère des neiges, c'est en attendant à proximité d'une dépouille (laissée dans un endroit isolé pour servir de casse-croûte) que les observateurs vont enfin débusquer l'animal, dont on comprend qu'il a perçu leur présence, pourtant discrète et assez lointaine. Une troisième séquence, inattendue, le met en scène. On commence par l'entendre feuler, au loin, puis, de plus en plus près, alors que l'image est floue... jusqu'à un superbe gros plan !
Mais le véritable graal, après lequel court Vincent Munier, est ce fameux grand tétras, qui, bien que réintroduit dans les Vosges, se dérobe à ses recherches. Pour le rencontrer, il faut que le trio parte en Norvège. J'ai trouvé cette partie-là moins intéressante que le reste, peut-être aussi parce que la mise en scène familiale y occupe une plus grande place.
Cela m'amène à la principale réserve : la trop grande présence des humains. Munier a filmé son propre père (naturaliste passionné) et son fils, dans l'objectif d'évoquer la notion de transmission, sur le terrain comme dans la cabane au fond du jardin forestière. J'ai trouvé cela souvent maladroit... mais cela permet au film d'atteindre 1h30.
Cet aspect mis à part, le film est hautement recommandable, d'une grande beauté formelle et riche de sens.
P.S.
De belles photographies sont visibles sur le site du réalisateur.
09:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Le Chant des forêts
Ce documentaire se situe dans le droit fil de La Panthère des neiges, coréalisé par le même Vincent Munier, à l'époque accompagné de Marie Amiguet (qui, depuis, a officié sur Vivre avec les loups).
Les forêts dont il est question sont principalement celles des Vosges, mais aussi un peu du Jura et de Norvège. Leur "chant" n'est pas celui des arbres (dont il est finalement peu question dans le film), mais celui de la faune, soit ailée, soit terrestre (principalement mammifère).
La mise en route est un peu laborieuse, peut-être parce que le réalisateur ne veut pas trop en montrer dès le début. D'ailleurs, certains des animaux croisés lors des nuits d'affût sont, dans un premier temps, montrés flous, sous forme de silhouettes. La nature ne se dévoile que petit à petit.
... et, quand c'est le cas, c'est superbe. Une partie des spectateurs s'attend sans doute à voir des cerfs (et leur brame). Ils ne seront pas déçus. On croise aussi des renards, des blaireaux, des sangliers, un écureuil... et quantité d'oiseaux, du plus petit (le troglodyte) ou plus grand (le tétras), que le cinéaste ne désespère pas de revoir dans les Vosges.
Certains plans sont de toute beauté, comme ceux qui montrent diverses chouettes, l'une d'entre elles ayant été filmée en gros plan, en train de ululer, son poitrail se soulevant à intervalle régulier. C'est fascinant. Impressionnantes aussi sont les scènes du petit matin, lorsque l'on voit la chaleur corporelle des mammifères contraster avec les températures très basses.
L'une des quêtes du réalisateur est un félidé... non, pas une panthère, mais un lynx, aperçu au début, au loin, couché sur une branche. Le trio posté en observation finit par voir sa patience récompensée. Comme dans La Panthère des neiges, c'est en attendant à proximité d'une dépouille (laissée dans un endroit isolé pour servir de casse-croûte) que les observateurs vont enfin débusquer l'animal, dont on comprend qu'il a perçu leur présence, pourtant discrète et assez lointaine. Une troisième séquence, inattendue, le met en scène. On commence par l'entendre feuler, au loin, puis, de plus en plus près, alors que l'image est floue... jusqu'à un superbe gros plan !
Mais le véritable graal, après lequel court Vincent Munier, est ce fameux grand tétras, qui, bien que réintroduit dans les Vosges, se dérobe à ses recherches. Pour le rencontrer, il faut que le trio parte en Norvège. J'ai trouvé cette partie-là moins intéressante que le reste, peut-être aussi parce que la mise en scène familiale y occupe une plus grande place.
Cela m'amène à la principale réserve : la trop grande présence des humains. Munier a filmé son propre père (naturaliste passionné) et son fils, dans l'objectif d'évoquer la notion de transmission, sur le terrain comme dans la cabane au fond du jardin forestière. J'ai trouvé cela souvent maladroit... mais cela permet au film d'atteindre 1h30.
Cet aspect mis à part, le film est hautement recommandable, d'une grande beauté formelle et riche de sens.
P.S.
De belles photographies sont visibles sur le site du réalisateur.
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samedi, 27 décembre 2025
Une Enfance allemande
L'action débute en avril 1945, alors que le IIIe Reich est sur le point de s'effondrer. Dans l'extrême nord de l'Allemagne, sur l'île d'Amrum (reliée au continent, à marée basse, par un cordon de sable), officiellement, tout le monde soutient le gouvernement d'Hitler, mais l'on comprend très vite qu'en réalité, les sentiments de la population sont partagés, y compris dans chaque famille.
Nanning vit avec sa mère, sa tante et ses frères et sœurs, dans l'antique maison de ce qui fut d'abord une famille de pêcheurs et de chasseurs de baleine. On est très fier de sa lignée, censée être "purement" germanique... et l'on cache que l'un des oncles, parti vivre aux États-Unis, a épousé une juive...
La mère de Nanning, Hille, est une connasse nazie convaincue, dont l'époux, sans doute haut placé, est absent du foyer. Elle se désole de la décrépitude du régime... et des pénuries qui frappent désormais la population locale, qui commence à subir, certes modestement, les conditions de vie imposées par l'armée allemande aux civils des pays envahis.
Malgré les temps difficiles, Hille aimerait manger du pain blanc, avec du beurre et du miel. Voilà une mission pour Nanning, qui porte l'uniforme des Pimpfs (les 10-14 ans dans les Jeunesses hitlériennes). Ce sera le fil rouge de l'histoire, le gamin devant déployer des trésors d'ingéniosité pour se procurer les ingrédients (farine de blé, beurre... et sucre, à échanger contre du miel), ainsi qu'un peu d'argent.
Ce sont les pérégrinations de Nanning qui nous font découvrir les autres habitants de l'île, ainsi que quelques-uns du "continent". La première à nous être présentée est une agricultrice, grande pourvoyeuse de pommes de terre (et de lait) sur la commune, qu'elle produit avec sa mère et une main-d’œuvre juvénile. Cette femme tenace, qui n'a pas la langue dans sa poche, est incarnée par la délicieuse Diane Kruger, déjà dirigée par Fatih Akin dans In The Fade.
Nanning croise aussi quelques grands-pères (dont un pêcheur), un de ses oncles (lui aussi nazi), un boulanger manchot (blessé de guerre), une apicultrice... et une flopée d'enfants, entre lesquels surgissent des tensions.
C'est l'occasion de préciser que, dans ce coin reculé de l'Allemagne, on parle un dialecte certes germanique, mais légèrement différent de l'allemand standard, ce qui, pour quelqu'un qui connaît un petit peu la langue d'Angela Merkel, s'entend assez facilement. (Certains personnages s'expriment en revanche dans un allemand courant.)
Ainsi, Nanning et sa famille, arrivés de Hambourg, sont perçus comme des semi-étrangers... moins toutefois que les réfugiés qui débarquent de l'est de l'Allemagne, courtoisement surnommés "les Polaks"...
Une partie de l'action se déroule à proximité de la plage de sable. Cela donne naissance à des plans souvent superbes, de jour comme de nuit.
On est pris par les efforts (parfois pathétiques) déployés par le garçon courageux. Au départ, il ne peut pas concevoir que ses parents puissent être du côté des "méchants". Il ferait tout pour sa "Mutti". Dans le rôle, le jeune Jasper Billerbeck est convaincant, touchant même. Les comédiens adultes sont impeccables (les enfants, un peu moins bons). Mine de rien, ce petit film dit beaucoup de choses sur la nature humaine.
09:32 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Une Enfance allemande
L'action débute en avril 1945, alors que le IIIe Reich est sur le point de s'effondrer. Dans l'extrême nord de l'Allemagne, sur l'île d'Amrum (reliée au continent, à marée basse, par un cordon de sable), officiellement, tout le monde soutient le gouvernement d'Hitler, mais l'on comprend très vite qu'en réalité, les sentiments de la population sont partagés, y compris dans chaque famille.
Nanning vit avec sa mère, sa tante et ses frères et sœurs, dans l'antique maison de ce qui fut d'abord une famille de pêcheurs et de chasseurs de baleine. On est très fier de sa lignée, censée être "purement" germanique... et l'on cache que l'un des oncles, parti vivre aux États-Unis, a épousé une juive...
La mère de Nanning, Hille, est une connasse nazie convaincue, dont l'époux, sans doute haut placé, est absent du foyer. Elle se désole de la décrépitude du régime... et des pénuries qui frappent désormais la population locale, qui commence à subir, certes modestement, les conditions de vie imposées par l'armée allemande aux civils des pays envahis.
Malgré les temps difficiles, Hille aimerait manger du pain blanc, avec du beurre et du miel. Voilà une mission pour Nanning, qui porte l'uniforme des Pimpfs (les 10-14 ans dans les Jeunesses hitlériennes). Ce sera le fil rouge de l'histoire, le gamin devant déployer des trésors d'ingéniosité pour se procurer les ingrédients (farine de blé, beurre... et sucre, à échanger contre du miel), ainsi qu'un peu d'argent.
Ce sont les pérégrinations de Nanning qui nous font découvrir les autres habitants de l'île, ainsi que quelques-uns du "continent". La première à nous être présentée est une agricultrice, grande pourvoyeuse de pommes de terre (et de lait) sur la commune, qu'elle produit avec sa mère et une main-d’œuvre juvénile. Cette femme tenace, qui n'a pas la langue dans sa poche, est incarnée par la délicieuse Diane Kruger, déjà dirigée par Fatih Akin dans In The Fade.
Nanning croise aussi quelques grands-pères (dont un pêcheur), un de ses oncles (lui aussi nazi), un boulanger manchot (blessé de guerre), une apicultrice... et une flopée d'enfants, entre lesquels surgissent des tensions.
C'est l'occasion de préciser que, dans ce coin reculé de l'Allemagne, on parle un dialecte certes germanique, mais légèrement différent de l'allemand standard, ce qui, pour quelqu'un qui connaît un petit peu la langue d'Angela Merkel, s'entend assez facilement. (Certains personnages s'expriment en revanche dans un allemand courant.)
Ainsi, Nanning et sa famille, arrivés de Hambourg, sont perçus comme des semi-étrangers... moins toutefois que les réfugiés qui débarquent de l'est de l'Allemagne, courtoisement surnommés "les Polaks"...
Une partie de l'action se déroule à proximité de la plage de sable. Cela donne naissance à des plans souvent superbes, de jour comme de nuit.
On est pris par les efforts (parfois pathétiques) déployés par le garçon courageux. Au départ, il ne peut pas concevoir que ses parents puissent être du côté des "méchants". Il ferait tout pour sa "Mutti". Dans le rôle, le jeune Jasper Billerbeck est convaincant, touchant même. Les comédiens adultes sont impeccables (les enfants, un peu moins bons). Mine de rien, ce petit film dit beaucoup de choses sur la nature humaine.
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vendredi, 26 décembre 2025
Lady Nazca
Cette fiction à caractère documentaire est le premier long-métrage du Français Damien Dorsaz, qui s'intéresse à la personne de Maria Reiche depuis au moins une vingtaine d'années. (Il lui a jadis consacré un documentaire d'une quarantaine de minutes.)
Lady Nazca est le surnom qui a parfois été donné à celle-ci... mais, à l'époque, on l'appelait aussi "la folle", tant on trouvait stupéfiant qu'une fille de la bonne bourgeoisie allemande soit venue "balayer le désert", toute seule, échafaudant des théories jugées au départ farfelues sur l'origine des gigantesques figures dessinées dans cette région du Pérou. (On continue à en découvrir, au XXIe siècle !)
Elle est jeune, elle est belle, intelligente. Elle pourrait se contenter d'une vie de patachon(ne), en compagnie de sa riche petite amie, qui loge à Lima. Elle pourrait aussi regagner le giron familial, se trouver un mari et procréer une ribambelle d'enfants blonds aux yeux bleus, comme le voudrait le régime en place à l'époque, en 1936.
Enseignante dans le primaire, elle accepte un boulot de traductrice pour un archéologue français. Un jour, sur le terrain, tous deux découvrent d'étranges lignes dans le désert. Lui retourne assez vite à ses fouilles, à ses poteries et à ses momies, mais Maria devient obsédée à la fois par la précision des dessins et par l'ambiance du désert. C'est d'ailleurs l'une des grandes réussites du film que de nous faire sentir le côté apaisant, inspirant même, de cette région au relief minéral. On pense un peu au Nostalgie de la lumière, de Patricio Guzmán, mais aussi à toutes les oeuvres tournées du côté de la Mongolie, comme La Femme des steppes, le flic et l’œuf.
Il faut aussi signaler la performance de l'actrice principale, Devrim Lingnau (une illustre inconnue, pour moi), presque aussi à l'aise en espagnol et en français qu'en allemand et en anglais. Elle réussit à nous faire toucher du doigt la passion de Maria, dans ce qu'elle a d'authentique et, parfois, de démesuré.
La première partie montre l'éclosion de l'archéologue amatrice. Au départ, les dieux semblent être à ses côtés : elle file le parfait amour avec Amy, le chercheur français la soutient et elle progresse dans sa découverte des géoglyphes. Mais des difficultés vont surgir : l'équipe d'archéologues français a d'autres centres d'intérêt, sa petite amie s'estime délaissée et, localement, une puissante famille lui met des bâtons dans les roues.
On retombe sur l'éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer... sauf que Maria a de la ressource, de l'énergie... et quelques précieux soutiens, qu'il convient toutefois de remotiver. La conclusion est belle, à l'image d'un film lumineux, où il n'y a rien à jeter.
20:32 Publié dans Cinéma, Histoire, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Lady Nazca
Cette fiction à caractère documentaire est le premier long-métrage du Français Damien Dorsaz, qui s'intéresse à la personne de Maria Reiche depuis au moins une vingtaine d'années. (Il lui a jadis consacré un documentaire d'une quarantaine de minutes.)
Lady Nazca est le surnom qui a parfois été donné à celle-ci... mais, à l'époque, on l'appelait aussi "la folle", tant on trouvait stupéfiant qu'une fille de la bonne bourgeoisie allemande soit venue "balayer le désert", toute seule, échafaudant des théories jugées au départ farfelues sur l'origine des gigantesques figures dessinées dans cette région du Pérou. (On continue à en découvrir, au XXIe siècle !)
Elle est jeune, elle est belle, intelligente. Elle pourrait se contenter d'une vie de patachon(ne), en compagnie de sa riche petite amie, qui loge à Lima. Elle pourrait aussi regagner le giron familial, se trouver un mari et procréer une ribambelle d'enfants blonds aux yeux bleus, comme le voudrait le régime en place à l'époque, en 1936.
Enseignante dans le primaire, elle accepte un boulot de traductrice pour un archéologue français. Un jour, sur le terrain, tous deux découvrent d'étranges lignes dans le désert. Lui retourne assez vite à ses fouilles, à ses poteries et à ses momies, mais Maria devient obsédée à la fois par la précision des dessins et par l'ambiance du désert. C'est d'ailleurs l'une des grandes réussites du film que de nous faire sentir le côté apaisant, inspirant même, de cette région au relief minéral. On pense un peu au Nostalgie de la lumière, de Patricio Guzmán, mais aussi à toutes les oeuvres tournées du côté de la Mongolie, comme La Femme des steppes, le flic et l’œuf.
Il faut aussi signaler la performance de l'actrice principale, Devrim Lingnau (une illustre inconnue, pour moi), presque aussi à l'aise en espagnol et en français qu'en allemand et en anglais. Elle réussit à nous faire toucher du doigt la passion de Maria, dans ce qu'elle a d'authentique et, parfois, de démesuré.
La première partie montre l'éclosion de l'archéologue amatrice. Au départ, les dieux semblent être à ses côtés : elle file le parfait amour avec Amy, le chercheur français la soutient et elle progresse dans sa découverte des géoglyphes. Mais des difficultés vont surgir : l'équipe d'archéologues français a d'autres centres d'intérêt, sa petite amie s'estime délaissée et, localement, une puissante famille lui met des bâtons dans les roues.
On retombe sur l'éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer... sauf que Maria a de la ressource, de l'énergie... et quelques précieux soutiens, qu'il convient toutefois de remotiver. La conclusion est belle, à l'image d'un film lumineux, où il n'y a rien à jeter.
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mercredi, 24 décembre 2025
Avatar... tignole
... et c'est parti pour une séance familiale, avec plein de pop-corn, des boissons gazeuses, mais (fort heureusement), sans paquet de bonbons dotés d'emballage qui crisse.
Il a fallu trois ans à James Cameron et son équipe pour chier pondre la suite des aventures des grandes asperges bleues à longue queue. On ne s'étonnera donc pas que le rendu visuel soit superbe. Décors comme effets spéciaux sont somptueux. Cela peut suffire à justifier la vision de ce gros machin de plus de trois heures.
Ceci dit, comme le précédent opus, en dépit de ses faiblesses, ce film-ci se laisse voir sur la durée. Bien qu'ayant pris un café (et bu un peu d'eau) avant la séance, je n'ai pas eu besoin de me relever pendant le film. Mon médecin généraliste se réjouirait sans doute du bon état de ma prostate mais, pour le cinéphile, c'est le signe que la trépidence et le suspens n'ont pas trop été au rendez-vous.
L'intrigue est vraiment très prévisible. A deux reprises, Cameron & consorts mettent les héros au fond du trou, avant de les en faire sortir, la seconde fois miraculeusement. Une partie des péripéties est liée à la maladresse des jeunes, le plus agaçant étant celui qui oublie au moins à deux reprises l'un de ses masques de survie... mais Cameron avait besoin de cela pour insérer un petit coup de théâtre. Du côté des personnages adolescents, il faut noter l'importance grandissante prise par Kiri ("mini-Sigourney"). Parmi les jeunes, c'est la seule qui sort des clichés.
On ne s'étonnera pas non plus des conflits de générations (mis en scène de manière tout aussi caricaturale que dans le précédent film). Les ados ont besoin qu'on leur laisse de l'espace, de l'indépendance... et qu'on se montre compréhensif avec leurs défauts. Les parents commettent eux aussi parfois des erreurs et ils devraient davantage écouter la parole de leur progéniture. Voilà la morale 2.0 à la Disney-Cameron...
Les scènes de combat relèvent l'intérêt. Elle sont spectaculaires, incluant de petits rebondissements.
Mais le principal atout de ce troisième volet est l'introduction d'une nouvelle "méchante", la cheffe et prêtresse d'une tribu de pirates na'vi. Oona Chaplin a beau ne pas avoir été le premier choix de la production, elle est formidable dans le rôle de Varang. J'ai particulièrement aimé la séquence qui la voit se rapprocher de l'autre grand vilain de l'histoire, l'insubmersible colonel Quaritch (très bien doublé en français par Xavier Fagnon). Là, il y a du cinéma, avec un improbable duo, qui semble au départ voué à s'entretuer, avant de finir par partager la même couche...
On ne peut pas dénier à l'affrontement final des qualités épiques, mais l'on a déjà vu cela, chez Cameron, mais aussi chez Peter Jackson (dans la trilogie du Seigneur des anneaux) et chez Georges Lucas. En effet, l'ultime bagarre, entre deux protagonistes masculins, dans une ambiance apocalyptique (avec chants religieux en fond sonore) rappellera aux cinéphiles le duel Kenobi-Skywalker qui clôt La Revanche des Sith. C'est toutefois moins ridicule que la participation à la bataille d'une femme en fin de grossesse. Figurez-vous qu'elle accouche en plein combat, aidée par un personnage qui s'improvise sage-femme... et cela se passe à merveille !
Si le prochain scénario n'est pas plus original (et vraisemblable), il y a peu de chances que j'aille voir le numéro 4.
22:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Avatar... tignole
... et c'est parti pour une séance familiale, avec plein de pop-corn, des boissons gazeuses, mais (fort heureusement), sans paquet de bonbons dotés d'emballage qui crisse.
Il a fallu trois ans à James Cameron et son équipe pour chier pondre la suite des aventures des grandes asperges bleues à longue queue. On ne s'étonnera donc pas que le rendu visuel soit superbe. Décors comme effets spéciaux sont somptueux. Cela peut suffire à justifier la vision de ce gros machin de plus de trois heures.
Ceci dit, comme le précédent opus, en dépit de ses faiblesses, ce film-ci se laisse voir sur la durée. Bien qu'ayant pris un café (et bu un peu d'eau) avant la séance, je n'ai pas eu besoin de me relever pendant le film. Mon médecin généraliste se réjouirait sans doute du bon état de ma prostate mais, pour le cinéphile, c'est le signe que la trépidence et le suspens n'ont pas trop été au rendez-vous.
L'intrigue est vraiment très prévisible. A deux reprises, Cameron & consorts mettent les héros au fond du trou, avant de les en faire sortir, la seconde fois miraculeusement. Une partie des péripéties est liée à la maladresse des jeunes, le plus agaçant étant celui qui oublie au moins à deux reprises l'un de ses masques de survie... mais Cameron avait besoin de cela pour insérer un petit coup de théâtre. Du côté des personnages adolescents, il faut noter l'importance grandissante prise par Kiri ("mini-Sigourney"). Parmi les jeunes, c'est la seule qui sort des clichés.
On ne s'étonnera pas non plus des conflits de générations (mis en scène de manière tout aussi caricaturale que dans le précédent film). Les ados ont besoin qu'on leur laisse de l'espace, de l'indépendance... et qu'on se montre compréhensif avec leurs défauts. Les parents commettent eux aussi parfois des erreurs et ils devraient davantage écouter la parole de leur progéniture. Voilà la morale 2.0 à la Disney-Cameron...
Les scènes de combat relèvent l'intérêt. Elle sont spectaculaires, incluant de petits rebondissements.
Mais le principal atout de ce troisième volet est l'introduction d'une nouvelle "méchante", la cheffe et prêtresse d'une tribu de pirates na'vi. Oona Chaplin a beau ne pas avoir été le premier choix de la production, elle est formidable dans le rôle de Varang. J'ai particulièrement aimé la séquence qui la voit se rapprocher de l'autre grand vilain de l'histoire, l'insubmersible colonel Quaritch (très bien doublé en français par Xavier Fagnon). Là, il y a du cinéma, avec un improbable duo, qui semble au départ voué à s'entretuer, avant de finir par partager la même couche...
On ne peut pas dénier à l'affrontement final des qualités épiques, mais l'on a déjà vu cela, chez Cameron, mais aussi chez Peter Jackson (dans la trilogie du Seigneur des anneaux) et chez Georges Lucas. En effet, l'ultime bagarre, entre deux protagonistes masculins, dans une ambiance apocalyptique (avec chants religieux en fond sonore) rappellera aux cinéphiles le duel Kenobi-Skywalker qui clôt La Revanche des Sith. C'est toutefois moins ridicule que la participation à la bataille d'une femme en fin de grossesse. Figurez-vous qu'elle accouche en plein combat, aidée par un personnage qui s'improvise sage-femme... et cela se passe à merveille !
Si le prochain scénario n'est pas plus original (et vraisemblable), il y a peu de chances que j'aille voir le numéro 4.
22:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films
lundi, 22 décembre 2025
L'Oeuf de l'ange
Sorti initialement il y a quarante ans, aujourd'hui restauré, ce long-métrage d'animation est l'une des premières œuvres de Mamoru Oshii, futur auteur de Ghost in the Shell. On y retrouve sa patte : une grande beauté formelle (avec les moyens de l'époque)... et un petit côté abscons, qui oblige à se triturer les méninges pour comprendre de quoi il est question.
Le début met en scène deux personnages. La première est une (très) jeune femme (ravissante), qui se réveille accompagnée d'un œuf, qu'elle va dissimuler sous sa robe, passant ainsi pour une femme tombée enceinte... par l'opération du Saint-Esprit ? C'est donc une figure mariale, qui baigne dans un symbolisme chrétien très présent. Ainsi, à plusieurs reprises, on entend sonner des cloches, dans ce monde post-apocalyptique, dont on nous dit qu'il a subi un déluge. A un moment, on voit même s'animer des figures humaines, courant s'adonner à ce qu'elles croient être une pêche miraculeuse. La suite semble montrer qu'elles lâchent la proie pour l'ombre, signe que nous sommes en présence d'une fable, ou d'une parabole.
Ce n'est pas toujours facile à comprendre mais c'est visuellement éblouissant. Le décor baigne dans les tons bleu nuit, avec du noir et du gris, alors que les deux personnages principaux sont plus colorés (surtout la fille). La bande son est constituée d'une musique parfois lancinante, avec des chants qui rappellent des cantiques.
Le deuxième protagoniste est un jeune homme armé, que l'on voit au début accueillir un vaisseau en forme d’œil gigantesque (celui de Dieu ?), hérissé de statues anthropomorphes (peut-être d'anciens humains). Cette sorte de chevalier, qui dit ne pas connaître son passé, décide d'accompagner la fille et son œuf. Assez rapidement, on s'aperçoit que la sorte d'arme qu'il porte sur son épaule est en forme de croix.
A ce moment-là, le mystère est total. Qui est ce jeune homme ? Qu'y a-t-il dans l’œuf ? D'où vient le vaisseau ? Pourquoi manger des flageolets fait-il péter ? Hélas, le film ne répond pas à toutes ces questions.
Que déduire de la suite ? Eh bien que, soit il est question d'une prophétie à accomplir, soit que l'enjeu est la naissance d'un Messie, à favoriser ou à empêcher.
J'ai trouvé ce film assez beau dans sa forme, mais déroutant sur le fond.
10:02 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
L'Oeuf de l'ange
Sorti initialement il y a quarante ans, aujourd'hui restauré, ce long-métrage d'animation est l'une des premières œuvres de Mamoru Oshii, futur auteur de Ghost in the Shell. On y retrouve sa patte : une grande beauté formelle (avec les moyens de l'époque)... et un petit côté abscons, qui oblige à se triturer les méninges pour comprendre de quoi il est question.
Le début met en scène deux personnages. La première est une (très) jeune femme (ravissante), qui se réveille accompagnée d'un œuf, qu'elle va dissimuler sous sa robe, passant ainsi pour une femme tombée enceinte... par l'opération du Saint-Esprit ? C'est donc une figure mariale, qui baigne dans un symbolisme chrétien très présent. Ainsi, à plusieurs reprises, on entend sonner des cloches, dans ce monde post-apocalyptique, dont on nous dit qu'il a subi un déluge. A un moment, on voit même s'animer des figures humaines, courant s'adonner à ce qu'elles croient être une pêche miraculeuse. La suite semble montrer qu'elles lâchent la proie pour l'ombre, signe que nous sommes en présence d'une fable, ou d'une parabole.
Ce n'est pas toujours facile à comprendre mais c'est visuellement éblouissant. Le décor baigne dans les tons bleu nuit, avec du noir et du gris, alors que les deux personnages principaux sont plus colorés (surtout la fille). La bande son est constituée d'une musique parfois lancinante, avec des chants qui rappellent des cantiques.
Le deuxième protagoniste est un jeune homme armé, que l'on voit au début accueillir un vaisseau en forme d’œil gigantesque (celui de Dieu ?), hérissé de statues anthropomorphes (peut-être d'anciens humains). Cette sorte de chevalier, qui dit ne pas connaître son passé, décide d'accompagner la fille et son œuf. Assez rapidement, on s'aperçoit que la sorte d'arme qu'il porte sur son épaule est en forme de croix.
A ce moment-là, le mystère est total. Qui est ce jeune homme ? Qu'y a-t-il dans l’œuf ? D'où vient le vaisseau ? Pourquoi manger des flageolets fait-il péter ? Hélas, le film ne répond pas à toutes ces questions.
Que déduire de la suite ? Eh bien que, soit il est question d'une prophétie à accomplir, soit que l'enjeu est la naissance d'un Messie, à favoriser ou à empêcher.
J'ai trouvé ce film assez beau dans sa forme, mais déroutant sur le fond.
10:02 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
dimanche, 21 décembre 2025
Chasse gardée 2
Il y a un peu moins de deux ans, le premier Chasse gardée avait été un succès surprise, attirant près de deux millions de spectateurs dans les salles. C'est presque la même recette qui est à l’œuvre dans cette suite, avec la majorité de la distribution initiale, à laquelle on a ajouté quelques petits nouveaux, notamment un couple de grands bourgeois, l'épouse issue de l'aristocratie traditionnelle, l'époux enrichi dans les placements financiers.
L'arrivée de ce ménage très en phase avec la mondialisation heureuse ringardise le couple de bobos parisiens qui avait débarqué dans le premier opus. Ceux-là mêmes qui naguère regardaient avec condescendance les habitants du village paraissent à leur tour quelque peu provinciaux en comparaison de Stanislas et Bénédicte (qu'il convient d'appeler "Stan" et "Béné"). Comme on est toujours un peu le plouc de quelqu'un, il faut préciser qu'un invité surprise va ajouter un barreau sur l'échelle du mépris (lui-même ayant payé pour une chasse d'exception), tandis qu'à l'autre extrémité se trouve Benjamin, le crétin du village (joué avec une étonnante conviction par Julien Pestel).
C'est d'ailleurs avec ce personnage-ci que débute l'histoire. Je me dois de préciser qu'il est accompagné d'un animal domestique très particulier... Cette entame m'a mis de bonne humeur.
La suite, sans être originale, est assez réussie. Comme dans le premier film, l'arrivée d'un nouveau couple ne débouche pas immédiatement sur une guerre ouverte. Chacun fait des efforts pour s'intégrer, d'autant que Stanislas est le fils de Bernard et Bianca Olivia (Didier Bourdon et Isabelle Candelier, plutôt bien, ma foi). Ceci dit, dès les premiers plans s'installe ce que les djeunses d'aujourd'hui appelleraient une "gênance". C'est savoureux et bien interprété, notamment par Hakim Jemili et Camille Lou. Ce sont les "anciens nouveaux arrivants", désormais (presque) intégrés au village. Le personnage d'Adé (Camille Lou) nous réserve quelques surprises, au cours de cette histoire pleine de rebondissements...
Comme dans le premier film, un repas de groupe va fédérer une partie des habitants. Il se déroule dans une palombière haut-de-gamme, aménagée en hauteur. Durant cette soirée, le vin coule à flot, on mange copieusement, on chante, on danse, on observe les oiseaux... et, parfois, on tombe ! C'est peut-être la séquence la mieux mise en scène du film, un véritable moment de bravoure... qui est aussi un moment-clé, puisqu'au cœur de cette soirée se déploie une sorte de manigance.
Les seconds rôles sont toujours aussi bien campés, bien qu'un peu retrait par rapport au premier film. Thierry Lhermitte rejoue la même partition, tandis que Chantal Ladesous est cantonnée à quelques brèves apparitions, toujours plaisantes.
On sent que les réalisateurs ont voulu ménager la chèvre et le chou, histoire de plaire à tous les publics. (D'ailleurs, dans la salle où j'ai vu le film, l'audience était transgénérationnelle.) Citadins comme (néo)ruraux en prennent pour leur grade, dans une comédie mi-pinard mi-chichon, hétéro de base mais avec un soupçon d'homosexualité, où l'on mange de la viande de gibier tout en s'affirmant protecteur de la nature.
Cela m'amène aux défauts du film, comme la représentation en grande partie fantaisiste du comportement de certains animaux sauvages. Quel beau fantasme d'habitant des métropoles que de vouloir transformer des animaux sauvages en compagnons du quotidien ! La palme est décrochée par le loup, ici une sorte de chien sympatoche qui ne s'attaque qu'aux méchants humains. (C'est là qu'on se dit qu'il faudrait diffuser plus largement les photographies et films montrant ce redoutable prédateur égorger ses proies. Exemples de résultats dans les Hautes-Alpes, aux Pays-Bas et dans le canton de Vaud, en Suisse.)
A signaler tout de même dans cet amas plus ou moins convaincant la naissance d'une improbable histoire d'amour, entre la tarée des villes et le taré des champs. Dans le rôle de Sixtine, Diane Segard livre une belle performance. Cette relation débouche sur la scène finale, censée réconcilier (presque tous) les contraires.
C'est un peu trop consensuel à mon goût, mais j'ai bien rigolé.
17:17 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société
Chasse gardée 2
Il y a un peu moins de deux ans, le premier Chasse gardée avait été un succès surprise, attirant près de deux millions de spectateurs dans les salles. C'est presque la même recette qui est à l’œuvre dans cette suite, avec la majorité de la distribution initiale, à laquelle on a ajouté quelques petits nouveaux, notamment un couple de grands bourgeois, l'épouse issue de l'aristocratie traditionnelle, l'époux enrichi dans les placements financiers.
L'arrivée de ce ménage très en phase avec la mondialisation heureuse ringardise le couple de bobos parisiens qui avait débarqué dans le premier opus. Ceux-là mêmes qui naguère regardaient avec condescendance les habitants du village paraissent à leur tour quelque peu provinciaux en comparaison de Stanislas et Bénédicte (qu'il convient d'appeler "Stan" et "Béné"). Comme on est toujours un peu le plouc de quelqu'un, il faut préciser qu'un invité surprise va ajouter un barreau sur l'échelle du mépris (lui-même ayant payé pour une chasse d'exception), tandis qu'à l'autre extrémité se trouve Benjamin, le crétin du village (joué avec une étonnante conviction par Julien Pestel).
C'est d'ailleurs avec ce personnage-ci que débute l'histoire. Je me dois de préciser qu'il est accompagné d'un animal domestique très particulier... Cette entame m'a mis de bonne humeur.
La suite, sans être originale, est assez réussie. Comme dans le premier film, l'arrivée d'un nouveau couple ne débouche pas immédiatement sur une guerre ouverte. Chacun fait des efforts pour s'intégrer, d'autant que Stanislas est le fils de Bernard et Bianca Olivia (Didier Bourdon et Isabelle Candelier, plutôt bien, ma foi). Ceci dit, dès les premiers plans s'installe ce que les djeunses d'aujourd'hui appelleraient une "gênance". C'est savoureux et bien interprété, notamment par Hakim Jemili et Camille Lou. Ce sont les "anciens nouveaux arrivants", désormais (presque) intégrés au village. Le personnage d'Adé (Camille Lou) nous réserve quelques surprises, au cours de cette histoire pleine de rebondissements...
Comme dans le premier film, un repas de groupe va fédérer une partie des habitants. Il se déroule dans une palombière haut-de-gamme, aménagée en hauteur. Durant cette soirée, le vin coule à flot, on mange copieusement, on chante, on danse, on observe les oiseaux... et, parfois, on tombe ! C'est peut-être la séquence la mieux mise en scène du film, un véritable moment de bravoure... qui est aussi un moment-clé, puisqu'au cœur de cette soirée se déploie une sorte de manigance.
Les seconds rôles sont toujours aussi bien campés, bien qu'un peu retrait par rapport au premier film. Thierry Lhermitte rejoue la même partition, tandis que Chantal Ladesous est cantonnée à quelques brèves apparitions, toujours plaisantes.
On sent que les réalisateurs ont voulu ménager la chèvre et le chou, histoire de plaire à tous les publics. (D'ailleurs, dans la salle où j'ai vu le film, l'audience était transgénérationnelle.) Citadins comme (néo)ruraux en prennent pour leur grade, dans une comédie mi-pinard mi-chichon, hétéro de base mais avec un soupçon d'homosexualité, où l'on mange de la viande de gibier tout en s'affirmant protecteur de la nature.
Cela m'amène aux défauts du film, comme la représentation en grande partie fantaisiste du comportement de certains animaux sauvages. Quel beau fantasme d'habitant des métropoles que de vouloir transformer des animaux sauvages en compagnons du quotidien ! La palme est décrochée par le loup, ici une sorte de chien sympatoche qui ne s'attaque qu'aux méchants humains. (C'est là qu'on se dit qu'il faudrait diffuser plus largement les photographies et films montrant ce redoutable prédateur égorger ses proies. Exemples de résultats dans les Hautes-Alpes, aux Pays-Bas et dans le canton de Vaud, en Suisse.)
A signaler tout de même dans cet amas plus ou moins convaincant la naissance d'une improbable histoire d'amour, entre la tarée des villes et le taré des champs. Dans le rôle de Sixtine, Diane Segard livre une belle performance. Cette relation débouche sur la scène finale, censée réconcilier (presque tous) les contraires.
C'est un peu trop consensuel à mon goût, mais j'ai bien rigolé.
17:17 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société
samedi, 20 décembre 2025
Panique à Noël
Cette fiction norvégienne associe acteurs réels (une famille d'humains pas très fut-fut, mais pas antipathiques non plus) et personnages animés (une famille de souris, celles-ci très intelligentes). Une rivalité s'installe entre les deux groupes lorsque les humains prennent possession de cette vieille demeure familiale, où le père n'avait plus mis les pieds depuis des années.
Au premier degré, c'est une comédie familiale, techniquement bien faite, qui prône le respect des différences et le "viiivrensemble". Les gags sont surtout visuels et l'on éprouve un certain plaisir à voir ces lourdauds d'humains se faire damner le pion par les facétieuses souris. Toutefois, à un moment, l'intrigue prend un tour presque dramatique, sans que cela devienne trop violent pour nos chères têtes blondes/brunes/rousses/chauves (rayer les mentions inutiles). J'ai apprécié que ce film d'abord destiné aux enfants n'emprunte pas trop le chemin de la mièvrerie.
... et c'est dû, je pense, à son sous-texte, qui sera perceptible uniquement par les adultes. En effet, on ne peut pas ne pas remarquer que c'est l'histoire de deux familles qui revendiquent le même foyer, la même maison, le même territoire. Les deux ont des prétentions légitimes. L'une des deux familles est plus puissante que l'autre, qui arrive néanmoins à lui tenir la dragée haute. Sur le fond, en dépit de leurs différences, un accord semble possible... Le film étant norvégien, pays qui a joué un rôle non négligeable dans la signature des Accords d'Oslo, je pense ne pas surinterpréter en affirmant que le film est, d'une certaine manière, une métaphore du conflit israélo-palestinien.
P.S.
En voyant ce long-métrage, une autre référence m'est venue en tête : Stuart Little, un "vieux" film (sorti en 2000) mêlant lui aussi acteurs réels et personnages animés. Il est actuellement disponible en replay gratuit sur le site de M6. En le revoyant, je me suis rendu compte que j'avais complètement oublié qu'Hugh Laurie (à l'époque pas encore connu comme Dr House) incarnait le père de famille un poil nunuche (alors que je me souvenais très bien de Geena Davis) :
Autre (re)découverte de taille : le scénario avait été écrit par M. Night Shyamalan !
18:43 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Panique à Noël
Cette fiction norvégienne associe acteurs réels (une famille d'humains pas très fut-fut, mais pas antipathiques non plus) et personnages animés (une famille de souris, celles-ci très intelligentes). Une rivalité s'installe entre les deux groupes lorsque les humains prennent possession de cette vieille demeure familiale, où le père n'avait plus mis les pieds depuis des années.
Au premier degré, c'est une comédie familiale, techniquement bien faite, qui prône le respect des différences et le "viiivrensemble". Les gags sont surtout visuels et l'on éprouve un certain plaisir à voir ces lourdauds d'humains se faire damner le pion par les facétieuses souris. Toutefois, à un moment, l'intrigue prend un tour presque dramatique, sans que cela devienne trop violent pour nos chères têtes blondes/brunes/rousses/chauves (rayer les mentions inutiles). J'ai apprécié que ce film d'abord destiné aux enfants n'emprunte pas trop le chemin de la mièvrerie.
... et c'est dû, je pense, à son sous-texte, qui sera perceptible uniquement par les adultes. En effet, on ne peut pas ne pas remarquer que c'est l'histoire de deux familles qui revendiquent le même foyer, la même maison, le même territoire. Les deux ont des prétentions légitimes. L'une des deux familles est plus puissante que l'autre, qui arrive néanmoins à lui tenir la dragée haute. Sur le fond, en dépit de leurs différences, un accord semble possible... Le film étant norvégien, pays qui a joué un rôle non négligeable dans la signature des Accords d'Oslo, je pense ne pas surinterpréter en affirmant que le film est, d'une certaine manière, une métaphore du conflit israélo-palestinien.
P.S.
En voyant ce long-métrage, une autre référence m'est venue en tête : Stuart Little, un "vieux" film (sorti en 2000) mêlant lui aussi acteurs réels et personnages animés. Il est actuellement disponible en replay gratuit sur le site de M6. En le revoyant, je me suis rendu compte que j'avais complètement oublié qu'Hugh Laurie (à l'époque pas encore connu comme Dr House) incarnait le père de famille un poil nunuche (alors que je me souvenais très bien de Geena Davis) :
Autre (re)découverte de taille : le scénario avait été écrit par M. Night Shyamalan !
18:43 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
L'Agent secret
Cet agent secret est Marcelo... ou bien Armando, un "réfugié"... ou bien un policier... ou alors un universitaire... à moins que ce ne soit un militant révolutionnaire, communiste ou anarchiste. (Sauf erreur de ma part, c'est aussi le titre sous lequel le film Le Magnifique -avec JP Belmondo- est sorti au Brésil.) L'incertitude subsiste durant la première partie de ce polar politique, parce que le réalisateur, Kleber Mendonça Filho (auteur, entre autres, des Bruits de Recife), ne dit rien ouvertement, mais suggère, notamment à travers les dialogues. C'est l'un des intérêts de ce film, que d'inciter les spectateurs à se creuser la cervelle... du moins, dans un premier temps, la dernière heure étant plus explicite.
Trois temporalités s'entremêlent. L'intrigue principale se déroule en 1977, en pleine dictature militaire brésilienne, avec des retours en arrière nous présentant la situation trois-quatre ans plus tôt. S'intercalent aussi des scènes de notre époque, celle-ci finissant par prendre le dessus, dans la séquence conclusive.
La majorité des personnages évoluent à Recife (ville chère au réalisateur), État du Pernambouc, dans le Nordeste à l'époque si pauvre. Certains des protagonistes ont un lien avec le Sudeste, notamment la région de Rio. Cet ancrage local permet au cinéaste de camper les effarantes inégalités sociales, qui pèsent jusque sur le devenir familial des enfants.
Dans ce Brésil dictatorial, les forces de l'ordre jouent un rôle crucial. Le début de l'histoire nous fait découvrir la police militaire, dont l'intégrité ne semble pas être la qualité principale. La suite met surtout en scène la police civile, en particulier une brigade criminelle... vraiment criminelle. S'ajoutent à cela des "intervenants illégaux", parfois anciens militaires, qui aident les ripoux dans leurs sales besognes.
Cette ambiance sombre est parsemée de rayons de soleil : les relations entre les "gentils" de l'histoire, en particulier ceux hébergés dans une étrange résidence, tenue par une vieille dame à la langue bien pendue, mais capable de garder certains secrets. J'ai aussi aimé l'insertion des requins dans l'histoire, ceux de fiction (des Dents de la mer) comme ceux de la réalité (vraiment gloutons).
On s'approcherait du chef-d’œuvre s'il n'y avait pas quelques imperfections, comme l'indolence de la réalisation, qui fait partie du style de Mendonça. J'ai donc trouvé cela un peu long... et pas toujours très bien joué, au niveau des seconds rôles. Heureusement, Wagner Moura et Sebastiana de Medeiros (qui incarne la mamie révolutionnaire) sont formidables.
17:42 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
L'Agent secret
Cet agent secret est Marcelo... ou bien Armando, un "réfugié"... ou bien un policier... ou alors un universitaire... à moins que ce ne soit un militant révolutionnaire, communiste ou anarchiste. (Sauf erreur de ma part, c'est aussi le titre sous lequel le film Le Magnifique -avec JP Belmondo- est sorti au Brésil.) L'incertitude subsiste durant la première partie de ce polar politique, parce que le réalisateur, Kleber Mendonça Filho (auteur, entre autres, des Bruits de Recife), ne dit rien ouvertement, mais suggère, notamment à travers les dialogues. C'est l'un des intérêts de ce film, que d'inciter les spectateurs à se creuser la cervelle... du moins, dans un premier temps, la dernière heure étant plus explicite.
Trois temporalités s'entremêlent. L'intrigue principale se déroule en 1977, en pleine dictature militaire brésilienne, avec des retours en arrière nous présentant la situation trois-quatre ans plus tôt. S'intercalent aussi des scènes de notre époque, celle-ci finissant par prendre le dessus, dans la séquence conclusive.
La majorité des personnages évoluent à Recife (ville chère au réalisateur), État du Pernambouc, dans le Nordeste à l'époque si pauvre. Certains des protagonistes ont un lien avec le Sudeste, notamment la région de Rio. Cet ancrage local permet au cinéaste de camper les effarantes inégalités sociales, qui pèsent jusque sur le devenir familial des enfants.
Dans ce Brésil dictatorial, les forces de l'ordre jouent un rôle crucial. Le début de l'histoire nous fait découvrir la police militaire, dont l'intégrité ne semble pas être la qualité principale. La suite met surtout en scène la police civile, en particulier une brigade criminelle... vraiment criminelle. S'ajoutent à cela des "intervenants illégaux", parfois anciens militaires, qui aident les ripoux dans leurs sales besognes.
Cette ambiance sombre est parsemée de rayons de soleil : les relations entre les "gentils" de l'histoire, en particulier ceux hébergés dans une étrange résidence, tenue par une vieille dame à la langue bien pendue, mais capable de garder certains secrets. J'ai aussi aimé l'insertion des requins dans l'histoire, ceux de fiction (des Dents de la mer) comme ceux de la réalité (vraiment gloutons).
On s'approcherait du chef-d’œuvre s'il n'y avait pas quelques imperfections, comme l'indolence de la réalisation, qui fait partie du style de Mendonça. J'ai donc trouvé cela un peu long... et pas toujours très bien joué, au niveau des seconds rôles. Heureusement, Wagner Moura et Sebastiana de Medeiros (qui incarne la mamie révolutionnaire) sont formidables.
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