Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 13 septembre 2026

Le Bon, la brute et... le cinglé

   Dans cet été qui ne finit pas, les bonnes surprises se succèdent, plutôt du côté des rééditions. Ainsi, alors qu'au mois d'août nous avons eu droit à la version restaurée du film de Sergio Leone, voici que redébarque sur nos écrans son adaptation (un brin parodique) sud-coréenne, initialement sortie en 2008.

   A l'époque, je ne l'avais pas chroniquée. D'après ce que je me rappelle, j'avais été plutôt déçu par la projection, considérant que, même si le film n'était pas sans qualité, il était loin d'égaler son modèle. La critique nous l'avait un peu survendu.

   Mais, récemment, mû par la curiosité (et pas franchement emballé par le florilège déprimant qui nous est servi en cette rentrée), j'ai retenté ma chance... et je ne l'ai pas regretté.

   Certes, dès le début, j'ai retrouvé cette volonté, de la part du réalisateur (Kim Jee-Woon, auquel on doit, entre autres, A Bittersweet Life et Ça tourne à Séoul !), d'imposer un rythme trépidant, grâce notamment à un montage particulièrement haché. Mais, presque vingt ans plus tard, alors que nombre de cinéastes ont cédé à la tentation du plan-seconde, cette frénésie apparaît toute relative...

   ... et elle éloigne Kim de son modèle. En effet, Sergio Leone, lui, était capable de construire de magnifiques plans-séquences, parfois sans le moindre dialogue. Ici, on a droit qu'à quelques panoramiques.

   Du côté des personnages principaux, c'est encore plus caricatural que chez Leone. Le Bon est un joli jeune homme du genre taiseux (et qui fume), mais l'acteur qui l'interprète n'a pas le charisme de Clint. La Brute semble tout droit sorti d'un défilé de mode. Il est abominablement cruel, sans le moindre scrupule. C'est déjà ça. (Comme à celui qui est incarné par Lee Van Cleef, il manque un morceau de doigt. Leone n'a pas fait grand chose de cette particularité physique -méconnue- de son acteur, alors que Kim a construit un arc narratif autour.)

   Le véritable héros est le Cinglé, personnage de prime abord comique, auquel le public est censé davantage adhérer. La version sud-coréenne développe différents aspects de sa personnalité, qui détourne un peu l'histoire de son modèle italo-états-unien. Ce n'est pas mal du tout.

   Une autre originalité de ce film-ci est son contexte historico-géographique. Au public occidental de base, il apparaîtra aussi nébuleux que peut l'être la Guerre de Sécession aux yeux d'un Coréen.

Cinglé 2.jpg

   Le far-west asiatique est la Mandchourie (devenue le Mandchoukuo), un territoire objet de multiples convoitises : russe, chinoise, mongole, coréenne... et japonaise. Dans les années 1930 (avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale), l'armée du Pays du soleil levant impose peu à peu sa domination, entraînant à sa suite une foule de Coréens, issus d'un territoire qui est à l'époque une colonie japonaise.

   Voilà pourquoi dans ce film le "trésor" pour lequel tant d'hommes sont prêts à s'entretuer est convoité par une tribu mandchoue, un gang coréen, les Chinois (ceux de Tchang Kaï-chek), un vieux collabo coréen, l'armée japonaise, nos trois héros... et les indépendantistes coréens, qui estiment que ce "trésor" pourrait faire basculer la guerre.

   On découvre le fin mot de l'histoire au cours de la reprise du "duel à trois". Elle est plus brouillonne que chez Leone, mais elle réserve de belles surprises.

Le Bon, la brute et... le cinglé

   Dans cet été qui ne finit pas, les bonnes surprises se succèdent, plutôt du côté des rééditions. Ainsi, alors qu'au mois d'août nous avons eu droit à la version restaurée du film de Sergio Leone, voici que redébarque sur nos écrans son adaptation (un brin parodique) sud-coréenne, initialement sortie en 2008.

   A l'époque, je ne l'avais pas chroniquée. D'après ce que je me rappelle, j'avais été plutôt déçu par la projection, considérant que, même si le film n'était pas sans qualité, il était loin d'égaler son modèle. La critique nous l'avait un peu survendu.

   Mais, récemment, mû par la curiosité (et pas franchement emballé par le florilège déprimant qui nous est servi en cette rentrée), j'ai retenté ma chance... et je ne l'ai pas regretté.

   Certes, dès le début, j'ai retrouvé cette volonté, de la part du réalisateur (Kim Jee-Woon, auquel on doit, entre autres, A Bittersweet Life et Ça tourne à Séoul !), d'imposer un rythme trépidant, grâce notamment à un montage particulièrement haché. Mais, presque vingt ans plus tard, alors que nombre de cinéastes ont cédé à la tentation du plan-seconde, cette frénésie apparaît toute relative...

   ... et elle éloigne Kim de son modèle. En effet, Sergio Leone, lui, était capable de construire de magnifiques plans-séquences, parfois sans le moindre dialogue. Ici, on a droit qu'à quelques panoramiques.

   Du côté des personnages principaux, c'est encore plus caricatural que chez Leone. Le Bon est un joli jeune homme du genre taiseux (et qui fume), mais l'acteur qui l'interprète n'a pas le charisme de Clint. La Brute semble tout droit sorti d'un défilé de mode. Il est abominablement cruel, sans le moindre scrupule. C'est déjà ça. (Comme à celui qui est incarné par Lee Van Cleef, il manque un morceau de doigt. Leone n'a pas fait grand chose de cette particularité physique -méconnue- de son acteur, alors que Kim a construit un arc narratif autour.)

   Le véritable héros est le Cinglé, personnage de prime abord comique, auquel le public est censé davantage adhérer. La version sud-coréenne développe différents aspects de sa personnalité, qui détourne un peu l'histoire de son modèle italo-états-unien. Ce n'est pas mal du tout.

   Une autre originalité de ce film-ci est son contexte historico-géographique. Au public occidental de base, il apparaîtra aussi nébuleux que peut l'être la Guerre de Sécession aux yeux d'un Coréen.

Cinglé 2.jpg

   Le far-west asiatique est la Mandchourie (devenue le Mandchoukuo), un territoire objet de multiples convoitises : russe, chinoise, mongole, coréenne... et japonaise. Dans les années 1930 (avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale), l'armée du Pays du soleil levant impose peu à peu sa domination, entraînant à sa suite une foule de Coréens, issus d'un territoire qui est à l'époque une colonie japonaise.

   Voilà pourquoi dans ce film le "trésor" pour lequel tant d'hommes sont prêts à s'entretuer est convoité par une tribu mandchoue, un gang coréen, les Chinois (ceux de Tchang Kaï-chek), un vieux collabo coréen, l'armée japonaise, nos trois héros... et les indépendantistes coréens, qui estiment que ce "trésor" pourrait faire basculer la guerre.

   On découvre le fin mot de l'histoire au cours de la reprise du "duel à trois". Elle est plus brouillonne que chez Leone, mais elle réserve de belles surprises.

samedi, 12 septembre 2026

Akira

   L'été 2026 aura donc été celui des ressorties de qualité, notamment dans le domaine de l'animation. Après Ghost in the Shell (en juin dernier), après Le Tombeau des lucioles et Cowboy Bebop (en juillet), c'est au tour du "grand frère" des longs-métrages d'animation japonaise pour adultes, que j'ai découvert il y a plus de trente ans...

   La (petite) salle était copieusement garnie, en majorité de personnes âgées de 50 à 70 ans, quelques adolescents et jeunes adultes s'étant glissés au milieu.

   Très bien restauré, le film a conservé toute sa force, d'abord parce qu'il ne propose pas une intrigue édulcorée. Dans un Japon futuriste (vu de l'époque), on découvre de jeunes hommes adeptes des courses de motos, de bastons... et, sans doute aussi, pour certains d'entre eux, de drogue(s). La rivalité entre deux gangs de Néo-Tokyo percute une tout autre histoire, celle d'enfants-cobayes, qui tentent d'échapper à leurs geôliers militaires, tandis que d'autres sont "recrutés" (de force).

   Dans le même temps, la capitale japonaise est secouée par un mouvement social et les agissements d'une secte millénariste, qui place son salut dans le retour de Jésus François Hollande d'Akira, un personnage mythique, aux pouvoirs surnaturels, que les militaires ont jadis fait disparaître de la circulation.

   Je me suis replongé avec délice dans cette intrigue sinueuse, foisonnante, servie par une animation de qualité, inventive, parfois virtuose. Une multitude de thématiques s'entremêlent : amitié, (début de) romance, corruption politique, complot militaire, guerre atomique, expériences scientifiques, inégalités sociales... A l'arrière-plan, on perçoit les séquelles du traumatisme subi par le Japon pendant sa période militariste (sous Hiro Hito), jusqu'aux bombardements nucléaires de 1945. Aux métastases nées de l'irradiation répondent celles du cancer politique d'une société qui semble avoir perdu sa boussole.

   Je signale tout de même que, si l'animation (qui a presque quarante ans !) est de qualité, elle n'est pas visible par tous. La violence n'est nullement atténuée et l'on ne nous épargne ni les giclées de sang, ni les amputations et diverses mutations, conséquences des poussées de violence provoquées par différents personnages. C'est aussi une leçon de cette histoire : la possession d'un pouvoir (politique, économique, surnaturel...) peut être une malédiction, si l'on en fait mauvais usage.

17:27 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Akira

   L'été 2026 aura donc été celui des ressorties de qualité, notamment dans le domaine de l'animation. Après Ghost in the Shell (en juin dernier), après Le Tombeau des lucioles et Cowboy Bebop (en juillet), c'est au tour du "grand frère" des longs-métrages d'animation japonaise pour adultes, que j'ai découvert il y a plus de trente ans...

   La (petite) salle était copieusement garnie, en majorité de personnes âgées de 50 à 70 ans, quelques adolescents et jeunes adultes s'étant glissés au milieu.

   Très bien restauré, le film a conservé toute sa force, d'abord parce qu'il ne propose pas une intrigue édulcorée. Dans un Japon futuriste (vu de l'époque), on découvre de jeunes hommes adeptes des courses de motos, de bastons... et, sans doute aussi, pour certains d'entre eux, de drogue(s). La rivalité entre deux gangs de Néo-Tokyo percute une tout autre histoire, celle d'enfants-cobayes, qui tentent d'échapper à leurs geôliers militaires, tandis que d'autres sont "recrutés" (de force).

   Dans le même temps, la capitale japonaise est secouée par un mouvement social et les agissements d'une secte millénariste, qui place son salut dans le retour de Jésus François Hollande d'Akira, un personnage mythique, aux pouvoirs surnaturels, que les militaires ont jadis fait disparaître de la circulation.

   Je me suis replongé avec délice dans cette intrigue sinueuse, foisonnante, servie par une animation de qualité, inventive, parfois virtuose. Une multitude de thématiques s'entremêlent : amitié, (début de) romance, corruption politique, complot militaire, guerre atomique, expériences scientifiques, inégalités sociales... A l'arrière-plan, on perçoit les séquelles du traumatisme subi par le Japon pendant sa période militariste (sous Hiro Hito), jusqu'aux bombardements nucléaires de 1945. Aux métastases nées de l'irradiation répondent celles du cancer politique d'une société qui semble avoir perdu sa boussole.

   Je signale tout de même que, si l'animation (qui a presque quarante ans !) est de qualité, elle n'est pas visible par tous. La violence n'est nullement atténuée et l'on ne nous épargne ni les giclées de sang, ni les amputations et diverses mutations, conséquences des poussées de violence provoquées par différents personnages. C'est aussi une leçon de cette histoire : la possession d'un pouvoir (politique, économique, surnaturel...) peut être une malédiction, si l'on en fait mauvais usage.

17:27 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 11 septembre 2026

Pressure

   Cette pression est à la fois mentale (s'exerçant sur l'esprit des décideurs, comme le général Eisenhower, ou des météorologues, comme le héros) et physique (quand elle est atmosphérique). Voici donc les prémices du Débarquement de Normandie vus sous l'angle de l'analyse des vents, de l'hygrométrie et des précipitations.

   Au début, la caractérisation des personnages m'a paru trop abrupte, opposant notamment le météorologue écossais, posé, coincé, un brin tristounet.... et un peu cassant (peut-être par timidité) à son collègue américain, extraverti, jovial, bringueur, charmeur. Mais Andrew Scott et Chris Messina finissent par emporter le morceau. (Le premier est un visage connu des téléphiles, puisqu'il incarna naguère Moriarty dans la série Sherlock, face à Benedict Cumberbatch.)

   La mise en scène n'est pas dégueulasse. J'ai été cueilli par la séquence de la simulation ratée d'un débarquement (l'Opération Tiger, qui ne s'est toutefois pas déroulée comme cela est raconté dans le film), conclue de manière tragique et évoquée avec force. Plus tard, c'est un inattendu coup de fil qui nous prend aux tripes (et nous maintient en haleine jusqu'à la fin).

   A part cela, l'intrigue est menée de manière assez classique, avec un héros un peu solitaire, qui a raison contre presque tout le monde, qui va quand même trouver un peu de soutien et dont l'obstination et la compétence finissent par rendre de grands services... et être reconnus.

   C'est donc d'abord un film psychologique... mais je rassure les amateurs d'action : on nous a préparé une petite séquence style Il faut sauver le soldat Ryan. C'est donc aussi un hommage à ces dizaines de milliers de jeunes hommes qui ont risqué (voire perdu) leur vie pour libérer la France du joug nazi (et éviter qu'elle ne tombe éventuellement sous celui de Staline).

   Dans ce monde de casquettes, de bretelles et de couilles velues, les femmes ne sont pas absentes. Elles occupent plutôt l'arrière-plan, sauf Kay Summersby (interprétée par Kerry Condon), la secrétaire particulière d'Eisenhower, qui fut aussi son chauffeur... et sans doute sa maîtresse. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de Susan Travers, compagne du général Koenig, aperçue dans La Bataille de Gaulle - L'âge de fer.

   En revanche, il est un personnage, présent dans Pressure comme dans le second volume de la fresque gaullienne (J'écris ton nom), que l'on découvre sous deux angles totalement différents : le général (britannique) Bernard Montgomery. En effet, la vision française de la guerre du désert libyen le montre épaulant les FFL (leur sauvant sans doute la mise), alors que, dans Pressure, il apparaît comme un type aveuglé par son arrogance.

Pressure

   Cette pression est à la fois mentale (s'exerçant sur l'esprit des décideurs, comme le général Eisenhower, ou des météorologues, comme le héros) et physique (quand elle est atmosphérique). Voici donc les prémices du Débarquement de Normandie vus sous l'angle de l'analyse des vents, de l'hygrométrie et des précipitations.

   Au début, la caractérisation des personnages m'a paru trop abrupte, opposant notamment le météorologue écossais, posé, coincé, un brin tristounet.... et un peu cassant (peut-être par timidité) à son collègue américain, extraverti, jovial, bringueur, charmeur. Mais Andrew Scott et Chris Messina finissent par emporter le morceau. (Le premier est un visage connu des téléphiles, puisqu'il incarna naguère Moriarty dans la série Sherlock, face à Benedict Cumberbatch.)

   La mise en scène n'est pas dégueulasse. J'ai été cueilli par la séquence de la simulation ratée d'un débarquement (l'Opération Tiger, qui ne s'est toutefois pas déroulée comme cela est raconté dans le film), conclue de manière tragique et évoquée avec force. Plus tard, c'est un inattendu coup de fil qui nous prend aux tripes (et nous maintient en haleine jusqu'à la fin).

   A part cela, l'intrigue est menée de manière assez classique, avec un héros un peu solitaire, qui a raison contre presque tout le monde, qui va quand même trouver un peu de soutien et dont l'obstination et la compétence finissent par rendre de grands services... et être reconnus.

   C'est donc d'abord un film psychologique... mais je rassure les amateurs d'action : on nous a préparé une petite séquence style Il faut sauver le soldat Ryan. C'est donc aussi un hommage à ces dizaines de milliers de jeunes hommes qui ont risqué (voire perdu) leur vie pour libérer la France du joug nazi (et éviter qu'elle ne tombe éventuellement sous celui de Staline).

   Dans ce monde de casquettes, de bretelles et de couilles velues, les femmes ne sont pas absentes. Elles occupent plutôt l'arrière-plan, sauf Kay Summersby (interprétée par Kerry Condon), la secrétaire particulière d'Eisenhower, qui fut aussi son chauffeur... et sans doute sa maîtresse. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de Susan Travers, compagne du général Koenig, aperçue dans La Bataille de Gaulle - L'âge de fer.

   En revanche, il est un personnage, présent dans Pressure comme dans le second volume de la fresque gaullienne (J'écris ton nom), que l'on découvre sous deux angles totalement différents : le général (britannique) Bernard Montgomery. En effet, la vision française de la guerre du désert libyen le montre épaulant les FFL (leur sauvant sans doute la mise), alors que, dans Pressure, il apparaît comme un type aveuglé par son arrogance.

dimanche, 06 septembre 2026

Tad l'explorateur et la lampe magique

   Ce long-métrage d'animation espagnol est le quatrième évoquant les aventures d'un apprenti-archéologue, au départ pas très doué, mais qui, à force de maladresses, de courage, d'acharnement... et de chance, finit par effectuer de fantastiques découvertes.

   Autour de lui s'est constituée une étrange famille. Au coeur de celle-ci se trouve la compagne de Tad, Sara Lavrof, authentique (et rigoureuse) archéologue, rencontrée dans le premier volet et dont le héros est tombé éperdument amoureux. Comme c'était réciproque, le couple s'est formé... et, pour ces quatrièmes aventures, il s'est agrandi d'une progéniture, une petite fille au caractère déjà bien affirmé.

   Autour de ce trio gravitent un chien stupide, un perroquet ara qui, au départ, ne s'exprime que par pancarte (avec des émoticônes toujours savoureuses...)... et (nouveauté de l'épisode) un petit robot archéologue, aux ressources insoupçonnées.

   Pour compléter le tableau familial, il convient d'ajouter les deux "meilleurs amis" du couple. Le plus ancien (mais pas le plus vieux !), rencontré dès le premier épisode, est une momie inca, surnommé Mummy... et parfois appelé Mommy, dans la version originale, par la gamine, qui s'est prise d'affection pour cette survivance d'une civilisation (en partie) disparue. Depuis l'épisode précédent (Tad l'explorateur et la table d'émeraude, qui a récemment été diffusé à la télévision), une Égyptienne très très bien conservée a rejoint la troupe : Ramona Ra Amon Ah, avec des espaces.

   Tout ce petit monde est très bien doublé en français. De surcroît, dans la VF du dernier épisode, les héros rencontrent le "génie de la lampe", qui a la voix de... Chantal Ladesou. L'irruption de ce personnage fantasque vaut son pesant d'huile d'olive !

   Confrontés au descendant du sultan turc Soliman le Magnifique (puis à Soliman lui-même, une fois transportés dans le passé), les héros tentent d'empêcher le tyran d'acquérir un pouvoir fabuleux... et de remédier aux bêtises de Mummy, la momie inca accro au smartphone accumulant les bévues...

   Au départ, c'est une parodie d'Indiana Jones et de Benjamin Gates, destinée aux enfants. Les auteurs y ont mêlé des références à Star Wars, à Titanic... et même à Mad Max Fury Road ! J'ajoute qu'une des meilleures séquences voit la petite troupe s'introduire dans Buckingham Palace. On peut y croiser le roi Charles III mais, surtout, une redoutable (mais sympathique) bande de quadrupèdes. Cerise sur le gâteau : les auteurs ont réussi leur conclusion, qui joue sur le paradoxe temporel. (Je dois dire que je n'ai pas été insensible à la mise en scène de l'attachement père-fille.) 

   Les enfants rient aux péripéties et les adultes savourent les clins d’œil.  Cela dure à peine plus d'1h30 et l'on passe un bon moment... au frais, la canicule étant (temporairement) de retour dans le Sud-Ouest.

   P.S.

   Certaines coïncidences sont parfois troublantes. La séance de cinéma fut suivie d'un repas au restaurant. Nous en étions au dessert lorsqu'un couple entra dans l'établissement, tenant en laisse... un corgi ! Saperlipopette !

14:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Tad l'explorateur et la lampe magique

   Ce long-métrage d'animation espagnol est le quatrième évoquant les aventures d'un apprenti-archéologue, au départ pas très doué, mais qui, à force de maladresses, de courage, d'acharnement... et de chance, finit par effectuer de fantastiques découvertes.

   Autour de lui s'est constituée une étrange famille. Au coeur de celle-ci se trouve la compagne de Tad, Sara Lavrof, authentique (et rigoureuse) archéologue, rencontrée dans le premier volet et dont le héros est tombé éperdument amoureux. Comme c'était réciproque, le couple s'est formé... et, pour ces quatrièmes aventures, il s'est agrandi d'une progéniture, une petite fille au caractère déjà bien affirmé.

   Autour de ce trio gravitent un chien stupide, un perroquet ara qui, au départ, ne s'exprime que par pancarte (avec des émoticônes toujours savoureuses...)... et (nouveauté de l'épisode) un petit robot archéologue, aux ressources insoupçonnées.

   Pour compléter le tableau familial, il convient d'ajouter les deux "meilleurs amis" du couple. Le plus ancien (mais pas le plus vieux !), rencontré dès le premier épisode, est une momie inca, surnommé Mummy... et parfois appelé Mommy, dans la version originale, par la gamine, qui s'est prise d'affection pour cette survivance d'une civilisation (en partie) disparue. Depuis l'épisode précédent (Tad l'explorateur et la table d'émeraude, qui a récemment été diffusé à la télévision), une Égyptienne très très bien conservée a rejoint la troupe : Ramona Ra Amon Ah, avec des espaces.

   Tout ce petit monde est très bien doublé en français. De surcroît, dans la VF du dernier épisode, les héros rencontrent le "génie de la lampe", qui a la voix de... Chantal Ladesou. L'irruption de ce personnage fantasque vaut son pesant d'huile d'olive !

   Confrontés au descendant du sultan turc Soliman le Magnifique (puis à Soliman lui-même, une fois transportés dans le passé), les héros tentent d'empêcher le tyran d'acquérir un pouvoir fabuleux... et de remédier aux bêtises de Mummy, la momie inca accro au smartphone accumulant les bévues...

   Au départ, c'est une parodie d'Indiana Jones et de Benjamin Gates, destinée aux enfants. Les auteurs y ont mêlé des références à Star Wars, à Titanic... et même à Mad Max Fury Road ! J'ajoute qu'une des meilleures séquences voit la petite troupe s'introduire dans Buckingham Palace. On peut y croiser le roi Charles III mais, surtout, une redoutable (mais sympathique) bande de quadrupèdes. Cerise sur le gâteau : les auteurs ont réussi leur conclusion, qui joue sur le paradoxe temporel. (Je dois dire que je n'ai pas été insensible à la mise en scène de l'attachement père-fille.) 

   Les enfants rient aux péripéties et les adultes savourent les clins d’œil.  Cela dure à peine plus d'1h30 et l'on passe un bon moment... au frais, la canicule étant (temporairement) de retour dans le Sud-Ouest.

   P.S.

   Certaines coïncidences sont parfois troublantes. La séance de cinéma fut suivie d'un repas au restaurant. Nous en étions au dessert lorsqu'un couple entra dans l'établissement, tenant en laisse... un corgi ! Saperlipopette !

14:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 30 août 2026

Decorado

   Ce film d'animation espagnol est à réserver à un public averti. Il décrit un monde dystopique, violent, dont les habitants vivent dans une sorte de "cité idéale", régie par une puissante firme multinationale, ALMA, présente dans tous les domaines de l'économie, de la fabrication de cintres à la pharmacie, en passant par les médias.

   Les héros sont un couple de souris, dont la situation est précaire. Maria est dessinatrice à domicile. Arnold est un ancien ouvrier au chômage, qui traîne toute la journée en robe de chambre, souvent planté devant la télévision, qui diffuse les aventures de Roni Duck (mélange de Donald, Duck, Ronald McDonald... et peut-être John Wayne).

   Mais Arnold commence à se poser des questions. Il arrête de prendre ses "gélules du bonheur" (produites par ALMA) et décide d'essayer de savoir si le monde dans lequel il vit n'est pas une grande illusion, un décor ("decorado", en espagnol). Il commence par explorer le bois (réputé dangereux) qui entoure la cité. Lui et quelques amis envisagent d'aller au-delà, grâce à une mystérieuse carte. Mais ils doivent faire attention : un grand hibou menaçant garde les abords de la cité...

   On sent diverses influences dans cette histoire : 1984 de George Orwell, le Brazil de Terry Gilliam et même The Truman Show de Peter Weir. Ce n'est pas d'une gaieté folle, mais c'est moins plombant que les précédents films d'Alberto Wázquez, Psiconautas et Unicorn Wars. Sur le fond, c'est une œuvre engagée, de gauche, anticapitaliste, à la sauce européenne (du sud) : le monde dystopique est marqué par un chômage de masse. (Si le film avait été anglo-saxon, on aurait davantage mis en scène des travailleurs pauvres.)

10:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Decorado

   Ce film d'animation espagnol est à réserver à un public averti. Il décrit un monde dystopique, violent, dont les habitants vivent dans une sorte de "cité idéale", régie par une puissante firme multinationale, ALMA, présente dans tous les domaines de l'économie, de la fabrication de cintres à la pharmacie, en passant par les médias.

   Les héros sont un couple de souris, dont la situation est précaire. Maria est dessinatrice à domicile. Arnold est un ancien ouvrier au chômage, qui traîne toute la journée en robe de chambre, souvent planté devant la télévision, qui diffuse les aventures de Roni Duck (mélange de Donald, Duck, Ronald McDonald... et peut-être John Wayne).

   Mais Arnold commence à se poser des questions. Il arrête de prendre ses "gélules du bonheur" (produites par ALMA) et décide d'essayer de savoir si le monde dans lequel il vit n'est pas une grande illusion, un décor ("decorado", en espagnol). Il commence par explorer le bois (réputé dangereux) qui entoure la cité. Lui et quelques amis envisagent d'aller au-delà, grâce à une mystérieuse carte. Mais ils doivent faire attention : un grand hibou menaçant garde les abords de la cité...

   On sent diverses influences dans cette histoire : 1984 de George Orwell, le Brazil de Terry Gilliam et même The Truman Show de Peter Weir. Ce n'est pas d'une gaieté folle, mais c'est moins plombant que les précédents films d'Alberto Wázquez, Psiconautas et Unicorn Wars. Sur le fond, c'est une œuvre engagée, de gauche, anticapitaliste, à la sauce européenne (du sud) : le monde dystopique est marqué par un chômage de masse. (Si le film avait été anglo-saxon, on aurait davantage mis en scène des travailleurs pauvres.)

10:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 27 août 2026

The Dog Stars

   Ces "étoiles canines" sont celles de la Constellation du Chien, titre du roman éponyme et exemple de la manière dont le héros Hig rebaptise à sa guise les (groupes d')étoiles qu'il regarde, la nuit. Il est incarné par Jacob Elordi qui, dans la majorité du film, adopte une tête de chien battu, tellement qu'il est triste de la life. Il faut dire que l'humanité a été décimée par une épouvantable pandémie de grippe, le héros y ayant perdu sa femme enceinte...

   Au quotidien, il est associé à Jasper, un chien (non battu) de race malinoise, beaucoup plus expressif que son maître... et tellement plus craquant :

cinéma,cinema,film,films

   (Pendant le tournage, trois canidés, chacun doté d'un tempérament différent, ont incarné Jasper.)

     Il y a bien un autre humain qui partage la vie de Hig : Bangley (Josh Brolin, une fois de plus excellent). Le vieux briscard est sans doute un ancien militaire, adepte de la gâchette, notamment pour écarter de l'ancien aérodrome qui leur sert de refuge les pillards qui osent s'en approcher. Par contraste, Hig incarne un survivaliste empathique, qui ne se satisfait pas de ce mode de vie. Mécano et pilote d'avion, il ravitaille un petit groupe de Mormons Mennonites et retourne régulièrement, en douce, dans son ancien logement, dans une Denver en ruines, envahie par la végétation...

   Cette première partie n'est pas déplaisante, mais un peu trop nourrie de clichés à mon goût. Compte tenu du nombre de films et de séries qui ont été déjà tournés dans ce genre, j'attendais mieux de Ridley Scott...

   ... et j'ai bien fait d'attendre, puisque la deuxième partie est nettement plus convaincante. Elle est d'abord très belle, par la rencontre que fait Hig, celle d'autres rescapés presque aussi méfiants que Bangley, un père et sa fille, interprétés par Guy Pearce et Margaret Qualley, tous deux très bien. Cette séquence nous vaut de beaux moments de poésie... et un peu d'action. J'ai sans doute aussi été touché par le fait que les protagonistes, qui vivent en 2035, regrettent la disparition de certains éléments de notre civilisation dont nous jouissons quasi quotidiennement. Tout cela est tourné dans un bel écrin montagnard, garni de verdure, avec de superbes plans aériens.

   La suite réserve d'autres surprises, liées à la possible existence d'une base de sûreté, assez éloignée, disposant du confort moderne. Est-ce autre chose qu'une folle rumeur, lancée pour entretenir l'espoir des rescapés ? Cette partie-là, pour prévisible qu'elle soit, n'en est pas moins maîtrisée. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment cela se termine...

   Du coup, je suis sorti de là assez content, en tout cas plus qu'après avoir vu Gladiator II et Napoléon !

23:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

The Dog Stars

   Ces "étoiles canines" sont celles de la Constellation du Chien, titre du roman éponyme et exemple de la manière dont le héros Hig rebaptise à sa guise les (groupes d')étoiles qu'il regarde, la nuit. Il est incarné par Jacob Elordi qui, dans la majorité du film, adopte une tête de chien battu, tellement qu'il est triste de la life. Il faut dire que l'humanité a été décimée par une épouvantable pandémie de grippe, le héros y ayant perdu sa femme enceinte...

   Au quotidien, il est associé à Jasper, un chien (non battu) de race malinoise, beaucoup plus expressif que son maître... et tellement plus craquant :

cinéma,cinema,film,films

   (Pendant le tournage, trois canidés, chacun doté d'un tempérament différent, ont incarné Jasper.)

     Il y a bien un autre humain qui partage la vie de Hig : Bangley (Josh Brolin, une fois de plus excellent). Le vieux briscard est sans doute un ancien militaire, adepte de la gâchette, notamment pour écarter de l'ancien aérodrome qui leur sert de refuge les pillards qui osent s'en approcher. Par contraste, Hig incarne un survivaliste empathique, qui ne se satisfait pas de ce mode de vie. Mécano et pilote d'avion, il ravitaille un petit groupe de Mormons Mennonites et retourne régulièrement, en douce, dans son ancien logement, dans une Denver en ruines, envahie par la végétation...

   Cette première partie n'est pas déplaisante, mais un peu trop nourrie de clichés à mon goût. Compte tenu du nombre de films et de séries qui ont été déjà tournés dans ce genre, j'attendais mieux de Ridley Scott...

   ... et j'ai bien fait d'attendre, puisque la deuxième partie est nettement plus convaincante. Elle est d'abord très belle, par la rencontre que fait Hig, celle d'autres rescapés presque aussi méfiants que Bangley, un père et sa fille, interprétés par Guy Pearce et Margaret Qualley, tous deux très bien. Cette séquence nous vaut de beaux moments de poésie... et un peu d'action. J'ai sans doute aussi été touché par le fait que les protagonistes, qui vivent en 2035, regrettent la disparition de certains éléments de notre civilisation dont nous jouissons quasi quotidiennement. Tout cela est tourné dans un bel écrin montagnard, garni de verdure, avec de superbes plans aériens.

   La suite réserve d'autres surprises, liées à la possible existence d'une base de sûreté, assez éloignée, disposant du confort moderne. Est-ce autre chose qu'une folle rumeur, lancée pour entretenir l'espoir des rescapés ? Cette partie-là, pour prévisible qu'elle soit, n'en est pas moins maîtrisée. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment cela se termine...

   Du coup, je suis sorti de là assez content, en tout cas plus qu'après avoir vu Gladiator II et Napoléon !

23:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Les Silences de Riyad

   Avec Le Triangle d'or, c'est un autre film dont la distribution tarde à gagner les rivages des provinces reculées comme mon Aveyron chéri. Notons que le titre de cette production américano-saoudienne est censé rappeler aux cinéphiles d'autres polars "orientaux" : La Conspiration du Caire, La Loi de Téhéran, Alger, Le Caire confidentiel...

   J'avais très envie de le voir parce qu'il a été réalisé par Haifaa Al Mansour, découverte jadis avec Wadjda, retrouvée avec Mary Shelley. La cinéaste fait carrière surtout aux Etats-Unis, où elle travaille sur diverses séries télévisées.

   Un autre intérêt du film est la présence au générique de Mila Al Zahrani, qui tenait déjà le premier rôle dans The Perfect Candidate. Ici, elle incarne Nawal, une future policière, encore en formation, affectée à un commissariat de la capitale (Riyad), où elle est principalement chargée de faire le café pour les gradés numériser les dossiers. Elle va grandement s'impliquer dans une affaire sordide, le cas d'une jeune femme dont le cadavre a été abandonné dans le désert. C'est une inconnue dont, dans un premier temps, personne ne réclame le corps... Pourquoi ?

   J'ai eu un peu peur au début. J'ai moyennement apprécié la caractérisation de Nawal, surtout sa passion pour un podcast abracadabrantesque, mêlant conseils de beauté et affaires criminelles. Mais, à partir du moment où l'enquête débute, j'ai trouvé cela passionnant. On voit la jeune femme évoluer dans un monde encore très patriarcal (même si l'Arabie saoudite est moins réac qu'il y a vingt-trente ans), où certaines choses lui sont interdites, d'autres permises... et d'autres déconseillées (mais pas formellement défendues). La demoiselle est opiniâtre, un peu rebelle. Elle va retrouver le lycée d'origine de la victime, ainsi que sa famille... mais quid de l'assassin ? Plusieurs suspects nous sont proposés. 

   Toutefois, en dépit d'un suspens bien tenu, je n'ai pas été enthousiasmé, à cause de certaines maladresses, notamment dans les entretiens entre l'héroïne et la mère de la victime. J'aurais pu ajouter ce qui semblait être la fin, que je trouvais insatisfaisante... C'est là, en consultant ma montre, que je me suis rendu compte qu'il restait encore du temps (10-15 minutes) avant la fin de la séance... et pour cause, puisqu'on nous a préparé un joli coup de théâtre, qui nous oblige à revoir une partie du film sous un autre angle. Ce n'est pas du niveau d'un Usual Suspects, mais cela suffit à rendre la vision de ce film tout à fait recommandable.

Les Silences de Riyad

   Avec Le Triangle d'or, c'est un autre film dont la distribution tarde à gagner les rivages des provinces reculées comme mon Aveyron chéri. Notons que le titre de cette production américano-saoudienne est censé rappeler aux cinéphiles d'autres polars "orientaux" : La Conspiration du Caire, La Loi de Téhéran, Alger, Le Caire confidentiel...

   J'avais très envie de le voir parce qu'il a été réalisé par Haifaa Al Mansour, découverte jadis avec Wadjda, retrouvée avec Mary Shelley. La cinéaste fait carrière surtout aux Etats-Unis, où elle travaille sur diverses séries télévisées.

   Un autre intérêt du film est la présence au générique de Mila Al Zahrani, qui tenait déjà le premier rôle dans The Perfect Candidate. Ici, elle incarne Nawal, une future policière, encore en formation, affectée à un commissariat de la capitale (Riyad), où elle est principalement chargée de faire le café pour les gradés numériser les dossiers. Elle va grandement s'impliquer dans une affaire sordide, le cas d'une jeune femme dont le cadavre a été abandonné dans le désert. C'est une inconnue dont, dans un premier temps, personne ne réclame le corps... Pourquoi ?

   J'ai eu un peu peur au début. J'ai moyennement apprécié la caractérisation de Nawal, surtout sa passion pour un podcast abracadabrantesque, mêlant conseils de beauté et affaires criminelles. Mais, à partir du moment où l'enquête débute, j'ai trouvé cela passionnant. On voit la jeune femme évoluer dans un monde encore très patriarcal (même si l'Arabie saoudite est moins réac qu'il y a vingt-trente ans), où certaines choses lui sont interdites, d'autres permises... et d'autres déconseillées (mais pas formellement défendues). La demoiselle est opiniâtre, un peu rebelle. Elle va retrouver le lycée d'origine de la victime, ainsi que sa famille... mais quid de l'assassin ? Plusieurs suspects nous sont proposés. 

   Toutefois, en dépit d'un suspens bien tenu, je n'ai pas été enthousiasmé, à cause de certaines maladresses, notamment dans les entretiens entre l'héroïne et la mère de la victime. J'aurais pu ajouter ce qui semblait être la fin, que je trouvais insatisfaisante... C'est là, en consultant ma montre, que je me suis rendu compte qu'il restait encore du temps (10-15 minutes) avant la fin de la séance... et pour cause, puisqu'on nous a préparé un joli coup de théâtre, qui nous oblige à revoir une partie du film sous un autre angle. Ce n'est pas du niveau d'un Usual Suspects, mais cela suffit à rendre la vision de ce film tout à fait recommandable.

lundi, 24 août 2026

Mutiny

   Trois ans après Mayday, Jean-François Richet revient avec un nouveau film d'action, centré cette fois-ci non plus sur Gerard Butler, mais sur Jason Statham, qui incarne le chauffeur-garde-du-corps-partenaire d'échecs d'un riche entrepreneur thaïlandais, sur le point de vendre sa boîte de transport maritime.

   L'histoire commence de manière vive... et mystérieuse, puisqu'on voit un SUV percuter une berline, la nuit, dans une ville non identifiée. On ne sait pas vraiment qui se trouve dans les véhicules... et il va falloir attendre un petit moment avant de le découvrir, puisque la suite est constituée d'un retour en arrière. La procédé est archi-connu (je l'ai d'ailleurs vu très récemment à l’œuvre dans une série policière scandinave), mais l'originalité de cette utilisation est que plusieurs situations ultérieures peuvent correspondre à ce qu'on a vu au tout début. Surtout, cette petite poussée d'adrénaline est là pour mettre en appétit le public en attendant les séquences ultra-vitaminées qu'on lui a sans doute préparées.

   Sic transit gloria mundi... Il fut un temps (pas si lointain) où la sortie d'un film avec Jason Statham bénéficiait d'un grande combinaison de salles. Tel n'est pas le cas ici, ce long-métrage étant à l'affiche de moins de 300 cinémas en France. C'est moins de la moitié de ce qui a été attribué à La Fin d'Oak Street... sans même parler des quelque 1100 salles où continue à être projeté L'Odyssée de C. Nolan, le plus gros succès de cet été avec le dernier Spider-Man

   Résultat : ce n'est pas dans l'Aveyron que j'ai pu voir ce film, auquel de surcroît a été attribué une petite salle. Toutefois, lors de la séance à laquelle j'ai assisté, elle était assez copieusement garnie. J'ai remarqué une nette surreprésentation masculine parmi les spectateurs, âgés grosso modo de 15 à 75 ans.

   Ce public de vieux salopards connaisseurs savait à quoi s'attendre et la première véritable scène d'action n'a pas tardé à surgir. Elle est le premier maillon d'un complot, dont le héros, accusé du meurtre de son patron, va découvrir l'ampleur lors de son séjour sur un porte-conteneurs, un labyrinthe propice à la dissimulation... et dont les recoins regorgent d'objets pouvant rendre service à un pro du combat rapproché.

   Ah, oui, j'avais oublié : Cole Reed (le héros), ex-flic de Sa Majesté, est aussi un ancien des forces spéciales britanniques, dont l'expertise (et le désir de vengeance) va faire des ravages dans l'équipage de soudards recruté pur un transport un peu spécial.

   Dans son combat, Cole bénéficie d'une alliée, Angie Ellis, une employée de la compagnie de transport convoquée en dernière minute et donc pas mise dans la confidence des petits (ni des grands) trafics auxquels se livre l'équipage. Dans le rôle, Annabelle Wallis (vue notamment dans Reconnu coupable et La Momie) apporte l'une des rares touches féminines à cette histoire de grosses couilles poilues sentant la transpi. Elle est certes ravissante, mais, surtout, son personnage a suivi une petite formation militaire, ce qui ne lui sera pas inutile sur ce porte-conteneurs de malheur.

   N'espérez toutefois pas voir poindre une authentique romance à l'horizon. Coproducteur du film, Statham l'a voulu centré sur l'action, avec juste quelques pointes d'humour, principalement dans la manière de dézinguer les truands. Je signale quand même un petit moment rafraîchissant. Quand un navire de guerre états-unien patrouillant dans la région se renseigne sur le profil de Cole, il tombe sur ses états de service dans la police et l'armée britanniques. Apparaissent alors successivement à l'écran deux photographies de Cole/Statham en "Bobby" et en treillis... avec casques... et c'est peu de dire que cela ne lui donne pas l'air intelligent.

   La boucherie ne démarre pas dès l'intrusion de Cole sur le navire de commerce. Richet ménage un peu ses effets. On a donc droit à une progressive et efficace montée d'adrénaline. C'est tendu comme un string sur des fesses rebondies (fesses que, vous l'avez compris, on ne verra pas à l'écran). La suite est un déferlement de violence, le héros se montrant particulièrement habile à utiliser tout ce qui traîne de pointu, aiguisé ou crochu pour démonter la gueule des sales types lancés à sa poursuite. J'ai beau avoir vu quantité de films du même genre, je dois reconnaître que Richet fait montre d'un indéniable savoir-faire dans la mise en scène de la tuerie.

   La fin ménage la possibilité d'une suite, au cas où le film rencontrerait le succès (mais je crois que ce n'est pas super-bien parti au box office).

11:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Mutiny

   Trois ans après Mayday, Jean-François Richet revient avec un nouveau film d'action, centré cette fois-ci non plus sur Gerard Butler, mais sur Jason Statham, qui incarne le chauffeur-garde-du-corps-partenaire d'échecs d'un riche entrepreneur thaïlandais, sur le point de vendre sa boîte de transport maritime.

   L'histoire commence de manière vive... et mystérieuse, puisqu'on voit un SUV percuter une berline, la nuit, dans une ville non identifiée. On ne sait pas vraiment qui se trouve dans les véhicules... et il va falloir attendre un petit moment avant de le découvrir, puisque la suite est constituée d'un retour en arrière. La procédé est archi-connu (je l'ai d'ailleurs vu très récemment à l’œuvre dans une série policière scandinave), mais l'originalité de cette utilisation est que plusieurs situations ultérieures peuvent correspondre à ce qu'on a vu au tout début. Surtout, cette petite poussée d'adrénaline est là pour mettre en appétit le public en attendant les séquences ultra-vitaminées qu'on lui a sans doute préparées.

   Sic transit gloria mundi... Il fut un temps (pas si lointain) où la sortie d'un film avec Jason Statham bénéficiait d'un grande combinaison de salles. Tel n'est pas le cas ici, ce long-métrage étant à l'affiche de moins de 300 cinémas en France. C'est moins de la moitié de ce qui a été attribué à La Fin d'Oak Street... sans même parler des quelque 1100 salles où continue à être projeté L'Odyssée de C. Nolan, le plus gros succès de cet été avec le dernier Spider-Man

   Résultat : ce n'est pas dans l'Aveyron que j'ai pu voir ce film, auquel de surcroît a été attribué une petite salle. Toutefois, lors de la séance à laquelle j'ai assisté, elle était assez copieusement garnie. J'ai remarqué une nette surreprésentation masculine parmi les spectateurs, âgés grosso modo de 15 à 75 ans.

   Ce public de vieux salopards connaisseurs savait à quoi s'attendre et la première véritable scène d'action n'a pas tardé à surgir. Elle est le premier maillon d'un complot, dont le héros, accusé du meurtre de son patron, va découvrir l'ampleur lors de son séjour sur un porte-conteneurs, un labyrinthe propice à la dissimulation... et dont les recoins regorgent d'objets pouvant rendre service à un pro du combat rapproché.

   Ah, oui, j'avais oublié : Cole Reed (le héros), ex-flic de Sa Majesté, est aussi un ancien des forces spéciales britanniques, dont l'expertise (et le désir de vengeance) va faire des ravages dans l'équipage de soudards recruté pur un transport un peu spécial.

   Dans son combat, Cole bénéficie d'une alliée, Angie Ellis, une employée de la compagnie de transport convoquée en dernière minute et donc pas mise dans la confidence des petits (ni des grands) trafics auxquels se livre l'équipage. Dans le rôle, Annabelle Wallis (vue notamment dans Reconnu coupable et La Momie) apporte l'une des rares touches féminines à cette histoire de grosses couilles poilues sentant la transpi. Elle est certes ravissante, mais, surtout, son personnage a suivi une petite formation militaire, ce qui ne lui sera pas inutile sur ce porte-conteneurs de malheur.

   N'espérez toutefois pas voir poindre une authentique romance à l'horizon. Coproducteur du film, Statham l'a voulu centré sur l'action, avec juste quelques pointes d'humour, principalement dans la manière de dézinguer les truands. Je signale quand même un petit moment rafraîchissant. Quand un navire de guerre états-unien patrouillant dans la région se renseigne sur le profil de Cole, il tombe sur ses états de service dans la police et l'armée britanniques. Apparaissent alors successivement à l'écran deux photographies de Cole/Statham en "Bobby" et en treillis... avec casques... et c'est peu de dire que cela ne lui donne pas l'air intelligent.

   La boucherie ne démarre pas dès l'intrusion de Cole sur le navire de commerce. Richet ménage un peu ses effets. On a donc droit à une progressive et efficace montée d'adrénaline. C'est tendu comme un string sur des fesses rebondies (fesses que, vous l'avez compris, on ne verra pas à l'écran). La suite est un déferlement de violence, le héros se montrant particulièrement habile à utiliser tout ce qui traîne de pointu, aiguisé ou crochu pour démonter la gueule des sales types lancés à sa poursuite. J'ai beau avoir vu quantité de films du même genre, je dois reconnaître que Richet fait montre d'un indéniable savoir-faire dans la mise en scène de la tuerie.

   La fin ménage la possibilité d'une suite, au cas où le film rencontrerait le succès (mais je crois que ce n'est pas super-bien parti au box office).

11:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 23 août 2026

The Good, the Bad and the Ugly

   Cet été aura donc été celui de la ressortie de grands classiques du Septième Art. Ainsi, après la version restaurée (et intégrale) de Kill Bill, après celle de Lawrence d'Arabie, voici venu le tour de l'une des pépites de Sergio Leone, Le Bon, la Brute et le Truand (les Parisiens ayant eu droit, d'après dasola, à une projection d'Il était une fois en Amérique).

   C'était la première fois que je voyais la version originale (sous-titrée) en salles, de surcroît augmentée de fragments de scènes qui avaient été coupés avant la sortie en France, en 1968 (presque deux ans après sa sortie en Italie, dont on célèbre le soixantième anniversaire).

   Je pense que, la quasi-totalité des lecteurs de ce billet ayant vu au moins une fois ce film à la télévision ou sur une plateforme, il n'est pas nécessaire que j'en détaille l'intrigue. Je vais plutôt insister sur ce qui doit inciter tout cinéphile qui se respecte à se ruer dans une salle obscure pour aller le voir, si d'aventure l'occasion se présente.

   Comme David Lean, Sergio Leone sait filmer le désert et l'insérer dans son intrigue. Toujours marquante est la séquence qui voit Tuco (Eli Wallach, qui aurait mérité de recevoir un Oscar) se venger de "Blondin" (Clint Eastwood, tour à tour triomphant et marqué comme jamais). C'est impitoyable et drôle, à l'image de ce film, spectaculaire, mystérieux, comique et inspirant.

   La talent du metteur en scène est perceptible dès le début, lors de cette scène d'attente (qui annonce celle d'Il était une fois dans l'Ouest). Un trio de cavaliers menaçants est planté dans un bled paumé, à proximité d'un bar. Les gros plans ne permettent pas d'ignorer leurs trognes patibulaires (mais presque). La suite voit l'arrivée - que dis-je, le surgissement, de l'un des héros de cette histoire...

   Je pense aussi à l'extraordinaire séquence du cimetière, que Leone et ses scénaristes placent à Sad Hill (« Triste Colline »... située en réalité dans la province de Burgos, en Espagne). Cela commence par la recherche frénétique d'une tombe, parmi les quelque cinq mille. Cela continue par le mythique "duel à trois"... et cela se termine par la petite leçon donnée par l'un des rescapés à un autre.

   La musique d'Ennio Morricone accompagne parfaitement l'intrigue... ou plutôt (la musique ayant été composée AVANT le tournage), les plans s'insèrent magnifiquement dans la musique.

   C'est habilement écrit, brillamment réalisé... et très bien joué, par un inoubliable trio : Clint Eastwood (jeune, beau et taiseux), Lee Van Cleef (manipulateur et cruel) et Eli Wallach (ridicule et truculent... mon préféré).

   A noter que cette histoire de cupidité, de mensonges et de lâcheté se double d'une dénonciation de la Guerre de Sécession, perçue comme stupide et inutilement meurtrière. (Je rappelle que le film est sorti initialement à peine un après le centenaire de la fin de ce que nos amis d'outre-Atlantique appellent The Civil War.)  Leone ne prend pas parti dans le conflit (et n'intègre pas de personnage afro-américain à son intrigue). Il témoigne le même respect aux combattants des deux camps.

   Avec le recul, on constate qu'il y a bien, ici et là, quelques imperfections, mais cela reste marginal, dans une œuvre d'une grande ampleur, qui mérite d'être vue sur un (très) grand écran.

10:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

The Good, the Bad and the Ugly

   Cet été aura donc été celui de la ressortie de grands classiques du Septième Art. Ainsi, après la version restaurée (et intégrale) de Kill Bill, après celle de Lawrence d'Arabie, voici venu le tour de l'une des pépites de Sergio Leone, Le Bon, la Brute et le Truand (les Parisiens ayant eu droit, d'après dasola, à une projection d'Il était une fois en Amérique).

   C'était la première fois que je voyais la version originale (sous-titrée) en salles, de surcroît augmentée de fragments de scènes qui avaient été coupés avant la sortie en France, en 1968 (presque deux ans après sa sortie en Italie, dont on célèbre le soixantième anniversaire).

   Je pense que, la quasi-totalité des lecteurs de ce billet ayant vu au moins une fois ce film à la télévision ou sur une plateforme, il n'est pas nécessaire que j'en détaille l'intrigue. Je vais plutôt insister sur ce qui doit inciter tout cinéphile qui se respecte à se ruer dans une salle obscure pour aller le voir, si d'aventure l'occasion se présente.

   Comme David Lean, Sergio Leone sait filmer le désert et l'insérer dans son intrigue. Toujours marquante est la séquence qui voit Tuco (Eli Wallach, qui aurait mérité de recevoir un Oscar) se venger de "Blondin" (Clint Eastwood, tour à tour triomphant et marqué comme jamais). C'est impitoyable et drôle, à l'image de ce film, spectaculaire, mystérieux, comique et inspirant.

   La talent du metteur en scène est perceptible dès le début, lors de cette scène d'attente (qui annonce celle d'Il était une fois dans l'Ouest). Un trio de cavaliers menaçants est planté dans un bled paumé, à proximité d'un bar. Les gros plans ne permettent pas d'ignorer leurs trognes patibulaires (mais presque). La suite voit l'arrivée - que dis-je, le surgissement, de l'un des héros de cette histoire...

   Je pense aussi à l'extraordinaire séquence du cimetière, que Leone et ses scénaristes placent à Sad Hill (« Triste Colline »... située en réalité dans la province de Burgos, en Espagne). Cela commence par la recherche frénétique d'une tombe, parmi les quelque cinq mille. Cela continue par le mythique "duel à trois"... et cela se termine par la petite leçon donnée par l'un des rescapés à un autre.

   La musique d'Ennio Morricone accompagne parfaitement l'intrigue... ou plutôt (la musique ayant été composée AVANT le tournage), les plans s'insèrent magnifiquement dans la musique.

   C'est habilement écrit, brillamment réalisé... et très bien joué, par un inoubliable trio : Clint Eastwood (jeune, beau et taiseux), Lee Van Cleef (manipulateur et cruel) et Eli Wallach (ridicule et truculent... mon préféré).

   A noter que cette histoire de cupidité, de mensonges et de lâcheté se double d'une dénonciation de la Guerre de Sécession, perçue comme stupide et inutilement meurtrière. (Je rappelle que le film est sorti initialement à peine un après le centenaire de la fin de ce que nos amis d'outre-Atlantique appellent The Civil War.)  Leone ne prend pas parti dans le conflit (et n'intègre pas de personnage afro-américain à son intrigue). Il témoigne le même respect aux combattants des deux camps.

   Avec le recul, on constate qu'il y a bien, ici et là, quelques imperfections, mais cela reste marginal, dans une œuvre d'une grande ampleur, qui mérite d'être vue sur un (très) grand écran.

10:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 20 août 2026

Le Triangle d'or

   Voilà un film qu'il était très difficile de voir, au moment de sa sortie, dans les contrées reculées comme la mienne. Avec un peu de patience, le bouche-à-oreille étant bon, il est désormais possible de parvenir à ses fins.

   Le titre est à double sens. De prime abord, il évoque un quartier chic de Paris, dans le VIIIe arrondissement, voisin du XVIe. Au fil du déroulement de l'histoire, on comprend qu'il désigne un trio de dominés, qui ont intérêt à se serrer les coudes. Une scène placée dans la dernière partie du film est censée matérialiser cette entente.

   D'ici là, on aura eu le temps de découvrir les différentes facettes de la domination exercée dans un splendide hôtel particulier (qui, dans la réalité, se trouve dans la Villa Montmorency, une résidence sécurisée où se réfugient célébrités et ultra-riches, parmi lesquels le couple Sarkozy).

   Au bas de l'échelle se trouve... une panthère (noire), superbe, mais la plupart du temps enfermée dans une cage aménagée dans l'une des pièces de l'immeuble. Pour éviter qu'elle ne perde la boule, on lui administre des calmants...

   Un peu au-dessus se trouve la nouvelle femme à tout faire, la jeune Laura, née en banlieue, qui aspire à intégrer l'armée. En attendant, elle se maintient quotidiennement en forme et essaie d'amasser un peu d'argent. Dans le rôle, Malou Khebizi est la révélation de ce film. (Elle m'a un peu rappelé Virginie Ledoyen, dans La Fille seule, de Benoît Jacquot.)

   Elle est engagée au service de la principale occupante des lieux, la pulpeuse Souria, la maîtresse d'un cheikh saoudien, qui aspire à devenir sa deuxième épouse (et la favorite). C'est donc elle qui donne des ordres (parfois farfelus) à l'employée de maison, mais elle vit dans une prison dorée. (L' habile insertion des images de vidéosurveillance interne est là pour nous le rappeler.)

   L'homme qui fréquente le plus les lieux est Emre, une sorte de bras droit du cheikh, plutôt un homme à tout faire, d'origine palestinienne. A la fois gestionnaire et agent de sécurité, il espère pouvoir faire sortir sa famille du bourbier du Proche-Orient. Lui aussi donne des ordres à Laura. Il doit respecter Souria (qui a un train de vie bien plus dispendieux que le sien), mais aussi la surveiller, pour le compte du cheikh, souvent absent.

   Ce dernier incarne donc le dominant par excellence. C'est un homme très riche... mais l'on finit par découvrir que, dans sa famille, il n'occupe pas la place la plus importante. Il n'a d'ailleurs pas choisi sa première épouse. Le mariage a été une sorte d'alliance conclue entre deux familles influentes.

   Complètent le tableau divers employés de commerce (extérieurs à l'immeuble), libres de leurs mouvements, eux, mais économiquement dépendants de leurs prestigieux clients.

   C'est la grande habileté de ce film que de montrer comment ces rapports de domination peuvent évoluer. Depuis Nietzsche et sa dialectique du maître et de l'esclave, on sait que le dominé peut parfois prendre le dessus sur le dominant. Les rapports de dépendance peuvent s'inverser, comme c'est le cas ici, entre Laura et Souria. Le statut de la première évolue quand elle acquiert la confiance de l'homme à tout faire puis de Souria. Chaque dominant a ses faiblesses. Celles du cheikh sont liées à sa famille. Celles d'Emre aussi, mais dans un autre sens : il a besoin d'autrui pour améliorer la situation de ses proches... et, surtout, il doit rester disponible 24 heures sur 24. Souria est surveillée en permanence et ne doit, en théorie, pas sortir de l'immeuble. Quant à Laura, tant qu'elle estime avoir besoin de la (généreuse) paie que lui procure son activité, elle doit ravaler sa fierté... jusqu'où ?

   L'autre angle d'attaque de l'intrigue est la supposée "convergence des luttes", liée à la grille intersectionnelle d'analyse. Palestinien en exil, femme cloîtrée et fille de banlieue (auxquels on pourrait ajouter la panthère incarcérée) sont censés être victimes de la même oppression masculine. Même quand Laura parvient à sortir pour se détendre, elle est confrontée à l'attitude toxique de certains mecs. Le film oscille entre ce fil rouge et l'idée, sous-jacente, qu'au bout du compte, c'est l'argent qui dicte tout. C'est pour garder un excellent niveau de vie (ou tenter d'améliorer le leur) que les personnages se soumettent. Mais la conception patriarcale de la société saoudienne est aussi la cause de bien des malheurs.

   Comme, en plus, l'intrigue ne prend pas le chemin d'un conte de fées, j'ai été très agréablement surpris par ce petit film, à l'habillage modeste, mais dont le message est puissant sur le fond.

Le Triangle d'or

   Voilà un film qu'il était très difficile de voir, au moment de sa sortie, dans les contrées reculées comme la mienne. Avec un peu de patience, le bouche-à-oreille étant bon, il est désormais possible de parvenir à ses fins.

   Le titre est à double sens. De prime abord, il évoque un quartier chic de Paris, dans le VIIIe arrondissement, voisin du XVIe. Au fil du déroulement de l'histoire, on comprend qu'il désigne un trio de dominés, qui ont intérêt à se serrer les coudes. Une scène placée dans la dernière partie du film est censée matérialiser cette entente.

   D'ici là, on aura eu le temps de découvrir les différentes facettes de la domination exercée dans un splendide hôtel particulier (qui, dans la réalité, se trouve dans la Villa Montmorency, une résidence sécurisée où se réfugient célébrités et ultra-riches, parmi lesquels le couple Sarkozy).

   Au bas de l'échelle se trouve... une panthère (noire), superbe, mais la plupart du temps enfermée dans une cage aménagée dans l'une des pièces de l'immeuble. Pour éviter qu'elle ne perde la boule, on lui administre des calmants...

   Un peu au-dessus se trouve la nouvelle femme à tout faire, la jeune Laura, née en banlieue, qui aspire à intégrer l'armée. En attendant, elle se maintient quotidiennement en forme et essaie d'amasser un peu d'argent. Dans le rôle, Malou Khebizi est la révélation de ce film. (Elle m'a un peu rappelé Virginie Ledoyen, dans La Fille seule, de Benoît Jacquot.)

   Elle est engagée au service de la principale occupante des lieux, la pulpeuse Souria, la maîtresse d'un cheikh saoudien, qui aspire à devenir sa deuxième épouse (et la favorite). C'est donc elle qui donne des ordres (parfois farfelus) à l'employée de maison, mais elle vit dans une prison dorée. (L' habile insertion des images de vidéosurveillance interne est là pour nous le rappeler.)

   L'homme qui fréquente le plus les lieux est Emre, une sorte de bras droit du cheikh, plutôt un homme à tout faire, d'origine palestinienne. A la fois gestionnaire et agent de sécurité, il espère pouvoir faire sortir sa famille du bourbier du Proche-Orient. Lui aussi donne des ordres à Laura. Il doit respecter Souria (qui a un train de vie bien plus dispendieux que le sien), mais aussi la surveiller, pour le compte du cheikh, souvent absent.

   Ce dernier incarne donc le dominant par excellence. C'est un homme très riche... mais l'on finit par découvrir que, dans sa famille, il n'occupe pas la place la plus importante. Il n'a d'ailleurs pas choisi sa première épouse. Le mariage a été une sorte d'alliance conclue entre deux familles influentes.

   Complètent le tableau divers employés de commerce (extérieurs à l'immeuble), libres de leurs mouvements, eux, mais économiquement dépendants de leurs prestigieux clients.

   C'est la grande habileté de ce film que de montrer comment ces rapports de domination peuvent évoluer. Depuis Nietzsche et sa dialectique du maître et de l'esclave, on sait que le dominé peut parfois prendre le dessus sur le dominant. Les rapports de dépendance peuvent s'inverser, comme c'est le cas ici, entre Laura et Souria. Le statut de la première évolue quand elle acquiert la confiance de l'homme à tout faire puis de Souria. Chaque dominant a ses faiblesses. Celles du cheikh sont liées à sa famille. Celles d'Emre aussi, mais dans un autre sens : il a besoin d'autrui pour améliorer la situation de ses proches... et, surtout, il doit rester disponible 24 heures sur 24. Souria est surveillée en permanence et ne doit, en théorie, pas sortir de l'immeuble. Quant à Laura, tant qu'elle estime avoir besoin de la (généreuse) paie que lui procure son activité, elle doit ravaler sa fierté... jusqu'où ?

   L'autre angle d'attaque de l'intrigue est la supposée "convergence des luttes", liée à la grille intersectionnelle d'analyse. Palestinien en exil, femme cloîtrée et fille de banlieue (auxquels on pourrait ajouter la panthère incarcérée) sont censés être victimes de la même oppression masculine. Même quand Laura parvient à sortir pour se détendre, elle est confrontée à l'attitude toxique de certains mecs. Le film oscille entre ce fil rouge et l'idée, sous-jacente, qu'au bout du compte, c'est l'argent qui dicte tout. C'est pour garder un excellent niveau de vie (ou tenter d'améliorer le leur) que les personnages se soumettent. Mais la conception patriarcale de la société saoudienne est aussi la cause de bien des malheurs.

   Comme, en plus, l'intrigue ne prend pas le chemin d'un conte de fées, j'ai été très agréablement surpris par ce petit film, à l'habillage modeste, mais dont le message est puissant sur le fond.

mardi, 18 août 2026

La Fin d'Oak Street

   En général, l'été, au cinéma, est la saison des grosses bagnoles, des avions, des extraterrestres, des requins... et des dinosaures. Cela donne souvent des films spectaculaires et pas prise de tête. C'est en sachant cela que je me suis décidé à aller voir la nouvelle œuvre de David Robert Mitchell, en dépit de la déception qu'avait suscitée Under the Silver Lake, il y a quelques années.

   J'ai trouvé la partie "dinosauresque" du film très réussie. Les effets spéciaux sont bons et la montée en tension est bien gérée, entre les signes avant-coureurs et l'apparition successive de plusieurs espèces, plus ou moins dangereuses, les risques courus par les humains allant crescendo.

   On sent aussi qu'il y a la volonté de rendre hommage à un certain cinéma, en particulier celui de Spielberg. La situation familiale du début, ainsi que l'ambiance de banlieue de classe moyenne, font furieusement penser à des œuvres des années 1970-1980... et cela tombe bien, puisque c'est le contexte de l'intrigue, précisé au début par la diffusion d'un épisode de La Croisière s'amuse (Love Boat dans la langue de Ronald Reagan) sur la télévision du salon.

   Toutefois, celles et ceux qui s'attendent à une simple resucée des Jurassic Park et Jurassic World, saupoudrée d'une touche de modernité (avec des dinosaures dotés de poils et/ou de plumes), risquent d'être déçus. Mitchell a "épicé" son intrigue, tout d'abord en insérant entre les scènes d'horreur quelques instants cocasses, comme la découverte, par le voisin des héros, d'une énorme bouse dans son jardin, qu'il attribue, dans un premier temps, à une plaisanterie de mauvais goût.

   Eh, oui ! Le cinéaste a tenu à ce que son public sache bien qu'un dinosaure, ça chie, ça baise... et ça raffole des glaces ! Les effets spéciaux sont mis au service de ces aspects "disruptifs", avec, en tête d'affiche, la scène de copulation grandeur nature...

   L'autre intérêt du film est le détournement de sens opéré par le réalisateur à propos de ce quartier suburbain, propulsé à l'ère secondaire. En effet, tout ce qui, de prime abord, semblait ennuyeux rassurant dans cette banlieue (maisons et voitures standardisées, pelouses uniformes, cuisines équipées, jardins grillagés...) devient une source de danger : on ne sait jamais d'où va surgir la menace (à part de la forêt environnante, apparue comme par magie).

   Sans surprise, la famille de héros, en crise au début de l'histoire, va se ressouder face à l'adversité. Anne Hathaway incarne (efficacement) à la fois une "maman grizzly" (prête à tout pour protéger sa progéniture) et une femme insatisfaite (de son mariage, de sa carrière). Ewan McGregor succède à nombre d'acteurs vedettes (Brice Willis, Tom Cruise, Matt Damon...) dans le rôle du père de famille besogneux, pas assez souvent là, tenté par la bouteille, mais brave type, au fond. Comme on est au début des années 1980, il va évidemment tenter d'endosser le costume de l'homme protecteur. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir ce que le réalisateur en fait...

   Mais la meilleure surprise est venue du personnage de Brian, le fils cadet, sans doute âgé de 13-14 ans. Je ne sais pas si Mitchell a un compte à régler avec son adolescence (ou certaines personnes de son passé), en tout cas, il a "gratiné" ce personnage, qui, au départ, ressemble à tant de garçons des films de genre : plutôt immatures à l'origine, ils évoluent au fur et à mesure des épreuves traversées... sauf que là, tout ne se passe pas comme dans les schémas classiques. Ainsi, Brian fantasme sur la fille des nouveaux résidents du quartier et, plus tard, la voyant en détresse, veut se porter à son secours (avec son petit arc et ses flèchounnettes... contre des dinos !). Une fois mise hors de danger, la demoiselle se révèle plutôt attirée par... la grande sœur de Brian (qui, elle, a su se servir énergiquement d'un couteau pliant dont elle avait eu l'intelligence de se munir). Plus tard, alors que la famille semble avoir trouvé un moyen d'échapper à ce cauchemar, le fils se couvre une nouvelle fois de ridicule, dans des circonstances que je m'interdis de révéler.

   Du coup, je suis sorti de là assez satisfait, par la qualité des effets spéciaux et l'aspect gore de certaines scènes (les dinosaures transformant les humains en steak haché... et même en "steak à chier", si vous avez bien lu ce qui précède). En revanche, certains spectateurs de la salle où je me trouvais ont été perturbés par ces ruptures de ton... voire, comme mes quasi-voisins de rangée, n'ont pas compris pourquoi je riais à certaines scènes. Le film risque de rater sa cible et c'est bien dommage.

19:28 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

La Fin d'Oak Street

   En général, l'été, au cinéma, est la saison des grosses bagnoles, des avions, des extraterrestres, des requins... et des dinosaures. Cela donne souvent des films spectaculaires et pas prise de tête. C'est en sachant cela que je me suis décidé à aller voir la nouvelle œuvre de David Robert Mitchell, en dépit de la déception qu'avait suscitée Under the Silver Lake, il y a quelques années.

   J'ai trouvé la partie "dinosauresque" du film très réussie. Les effets spéciaux sont bons et la montée en tension est bien gérée, entre les signes avant-coureurs et l'apparition successive de plusieurs espèces, plus ou moins dangereuses, les risques courus par les humains allant crescendo.

   On sent aussi qu'il y a la volonté de rendre hommage à un certain cinéma, en particulier celui de Spielberg. La situation familiale du début, ainsi que l'ambiance de banlieue de classe moyenne, font furieusement penser à des œuvres des années 1970-1980... et cela tombe bien, puisque c'est le contexte de l'intrigue, précisé au début par la diffusion d'un épisode de La Croisière s'amuse (Love Boat dans la langue de Ronald Reagan) sur la télévision du salon.

   Toutefois, celles et ceux qui s'attendent à une simple resucée des Jurassic Park et Jurassic World, saupoudrée d'une touche de modernité (avec des dinosaures dotés de poils et/ou de plumes), risquent d'être déçus. Mitchell a "épicé" son intrigue, tout d'abord en insérant entre les scènes d'horreur quelques instants cocasses, comme la découverte, par le voisin des héros, d'une énorme bouse dans son jardin, qu'il attribue, dans un premier temps, à une plaisanterie de mauvais goût.

   Eh, oui ! Le cinéaste a tenu à ce que son public sache bien qu'un dinosaure, ça chie, ça baise... et ça raffole des glaces ! Les effets spéciaux sont mis au service de ces aspects "disruptifs", avec, en tête d'affiche, la scène de copulation grandeur nature...

   L'autre intérêt du film est le détournement de sens opéré par le réalisateur à propos de ce quartier suburbain, propulsé à l'ère secondaire. En effet, tout ce qui, de prime abord, semblait ennuyeux rassurant dans cette banlieue (maisons et voitures standardisées, pelouses uniformes, cuisines équipées, jardins grillagés...) devient une source de danger : on ne sait jamais d'où va surgir la menace (à part de la forêt environnante, apparue comme par magie).

   Sans surprise, la famille de héros, en crise au début de l'histoire, va se ressouder face à l'adversité. Anne Hathaway incarne (efficacement) à la fois une "maman grizzly" (prête à tout pour protéger sa progéniture) et une femme insatisfaite (de son mariage, de sa carrière). Ewan McGregor succède à nombre d'acteurs vedettes (Brice Willis, Tom Cruise, Matt Damon...) dans le rôle du père de famille besogneux, pas assez souvent là, tenté par la bouteille, mais brave type, au fond. Comme on est au début des années 1980, il va évidemment tenter d'endosser le costume de l'homme protecteur. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir ce que le réalisateur en fait...

   Mais la meilleure surprise est venue du personnage de Brian, le fils cadet, sans doute âgé de 13-14 ans. Je ne sais pas si Mitchell a un compte à régler avec son adolescence (ou certaines personnes de son passé), en tout cas, il a "gratiné" ce personnage, qui, au départ, ressemble à tant de garçons des films de genre : plutôt immatures à l'origine, ils évoluent au fur et à mesure des épreuves traversées... sauf que là, tout ne se passe pas comme dans les schémas classiques. Ainsi, Brian fantasme sur la fille des nouveaux résidents du quartier et, plus tard, la voyant en détresse, veut se porter à son secours (avec son petit arc et ses flèchounnettes... contre des dinos !). Une fois mise hors de danger, la demoiselle se révèle plutôt attirée par... la grande sœur de Brian (qui, elle, a su se servir énergiquement d'un couteau pliant dont elle avait eu l'intelligence de se munir). Plus tard, alors que la famille semble avoir trouvé un moyen d'échapper à ce cauchemar, le fils se couvre une nouvelle fois de ridicule, dans des circonstances que je m'interdis de révéler.

   Du coup, je suis sorti de là assez satisfait, par la qualité des effets spéciaux et l'aspect gore de certaines scènes (les dinosaures transformant les humains en steak haché... et même en "steak à chier", si vous avez bien lu ce qui précède). En revanche, certains spectateurs de la salle où je me trouvais ont été perturbés par ces ruptures de ton... voire, comme mes quasi-voisins de rangée, n'ont pas compris pourquoi je riais à certaines scènes. Le film risque de rater sa cible et c'est bien dommage.

19:28 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 15 août 2026

Juste pour une nuit

   C'est ce qu'on appelle une comédie romantique dystopique.

   La romance met en scène deux jeunes adultes qui, au début de l'histoire, ne se connaissent pas... mais sont destinés à se rencontrer... et à s'aimer. Lui, c'est Owen, un jeune entrepreneur à la musculature impeccable et au sourire éclatant. Il est interprété par Callum Turner, que l'on a vu notamment dans Queen and country et Les Animaux fantastiques. Sa (future) dulcinée est Allie, une chanteuse en devenir, belle comme tout (ce que soulignent outrageusement les robes affriolantes qu'on lui fait porter) et, aussi incroyable cela puisse-t-il paraître, célibataire. Elle a les traits (et le corps...) de Monica Barbaro, aperçue ces dernières années dans Top Gun : Maverick et Un parfait inconnu.

   La partie comique surgit au détour des embûches que le duo va devoir surmonter avant de former un couple. Cela commence au bout du premier quart d'heure, juste après la rencontre. On se dit que ça va vite "coller" entre eux... mais cela dérape de manière cocasse... et un peu dégueu. (J'aime bien, ça !) Durant toute la nuit, ils vont se croiser, chacun cherchant a priori son bonheur ailleurs. Évidemment, à chaque fois, cela foire... et de manière assez inattendue. J'ai particulièrement apprécié la "course au préservatif". Il convient d'ajouter qu'Allie est confrontée à un extraordinaire échantillon de la gent masculine (ce dont les mecs hétérosexuels ne sortent pas grandis...), notamment deux "princes charmants"... qui se révèlent quelque peu différents de ce qu'ils paraissent. J'ai encore plus aimé le magicien amateur, mais mon préféré est sans conteste le plus jeune des prétendants d'Allie, un gamin pubère de douze-treize ans, obsédé sexuel, dont sa colocataire lesbienne a la garde, le temps de la nuit des hétéros. (Les homos célib' ont eux/elles aussi droit à leur nuit de débauche, mais à un autre moment, semble-t-il. Bien que se voulant "gay friendly", le film reste dans son ensemble très hétéronormé.)

   L'aspect dystopique réside dans le fait que les héros vivent dans un monde où il est interdit aux célibataires d'avoir des rapports sexuels en dehors du mariage... sauf un jour (une nuit, plutôt) dans l'année. A ce moment-là, New York se transforme en gigantesque baisodrome, une situation dont le film tire un parti comique. Insidieusement, il évoque aussi le risque du retour d'un certain Ordre moral, sous la houlette d'un président des Etats-Unis très âgé, adepte des formules chocs...

   Vous vous demandez peut-être comment le contrôle d'une population tenaillée par ses hormones est possible... Sachez que les scénaristes ont pensé que la technologie pouvait être mise au service de cette semi-dictature ultra-conservatrice. C'est correctement mis en scène.

   Cependant, tout n'est pas réussi dans cette comédie faussement rebelle. Ainsi, la première scène entre le héros et sa petite amie (sur le point de le larguer pour pouvoir s'envoyer en l'air durant la "nuit des célibataires"...) est mal jouée. C'est l'occasion de constater que la jeune Maya Hawke (qui incarne ladite copine) a encore du chemin à faire avant de pouvoir rivaliser avec ses augustes géniteurs... Je n'ai pas non plus aimé la fin, que j'ai trouvée assez conne.

   Ces réserves émises, j'ai globalement passé un agréable moment, la comédie tenant bien la route.

   P.S.

   Il y a deux ans, le réalisateur Will Gluck nous avait livré une romcom du même tonneau (dystopie en moins), Tout sauf toi.

11:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Juste pour une nuit

   C'est ce qu'on appelle une comédie romantique dystopique.

   La romance met en scène deux jeunes adultes qui, au début de l'histoire, ne se connaissent pas... mais sont destinés à se rencontrer... et à s'aimer. Lui, c'est Owen, un jeune entrepreneur à la musculature impeccable et au sourire éclatant. Il est interprété par Callum Turner, que l'on a vu notamment dans Queen and country et Les Animaux fantastiques. Sa (future) dulcinée est Allie, une chanteuse en devenir, belle comme tout (ce que soulignent outrageusement les robes affriolantes qu'on lui fait porter) et, aussi incroyable cela puisse-t-il paraître, célibataire. Elle a les traits (et le corps...) de Monica Barbaro, aperçue ces dernières années dans Top Gun : Maverick et Un parfait inconnu.

   La partie comique surgit au détour des embûches que le duo va devoir surmonter avant de former un couple. Cela commence au bout du premier quart d'heure, juste après la rencontre. On se dit que ça va vite "coller" entre eux... mais cela dérape de manière cocasse... et un peu dégueu. (J'aime bien, ça !) Durant toute la nuit, ils vont se croiser, chacun cherchant a priori son bonheur ailleurs. Évidemment, à chaque fois, cela foire... et de manière assez inattendue. J'ai particulièrement apprécié la "course au préservatif". Il convient d'ajouter qu'Allie est confrontée à un extraordinaire échantillon de la gent masculine (ce dont les mecs hétérosexuels ne sortent pas grandis...), notamment deux "princes charmants"... qui se révèlent quelque peu différents de ce qu'ils paraissent. J'ai encore plus aimé le magicien amateur, mais mon préféré est sans conteste le plus jeune des prétendants d'Allie, un gamin pubère de douze-treize ans, obsédé sexuel, dont sa colocataire lesbienne a la garde, le temps de la nuit des hétéros. (Les homos célib' ont eux/elles aussi droit à leur nuit de débauche, mais à un autre moment, semble-t-il. Bien que se voulant "gay friendly", le film reste dans son ensemble très hétéronormé.)

   L'aspect dystopique réside dans le fait que les héros vivent dans un monde où il est interdit aux célibataires d'avoir des rapports sexuels en dehors du mariage... sauf un jour (une nuit, plutôt) dans l'année. A ce moment-là, New York se transforme en gigantesque baisodrome, une situation dont le film tire un parti comique. Insidieusement, il évoque aussi le risque du retour d'un certain Ordre moral, sous la houlette d'un président des Etats-Unis très âgé, adepte des formules chocs...

   Vous vous demandez peut-être comment le contrôle d'une population tenaillée par ses hormones est possible... Sachez que les scénaristes ont pensé que la technologie pouvait être mise au service de cette semi-dictature ultra-conservatrice. C'est correctement mis en scène.

   Cependant, tout n'est pas réussi dans cette comédie faussement rebelle. Ainsi, la première scène entre le héros et sa petite amie (sur le point de le larguer pour pouvoir s'envoyer en l'air durant la "nuit des célibataires"...) est mal jouée. C'est l'occasion de constater que la jeune Maya Hawke (qui incarne ladite copine) a encore du chemin à faire avant de pouvoir rivaliser avec ses augustes géniteurs... Je n'ai pas non plus aimé la fin, que j'ai trouvée assez conne.

   Ces réserves émises, j'ai globalement passé un agréable moment, la comédie tenant bien la route.

   P.S.

   Il y a deux ans, le réalisateur Will Gluck nous avait livré une romcom du même tonneau (dystopie en moins), Tout sauf toi.

11:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 13 août 2026

Lydia et le vaisseau des tempêtes

   Cette animation canadienne baigne dans une ambiance d'heroic fantasy. Les protagonistes vivent en zone littorale, dans un endroit qui a des airs d'Irlande ou de Grande-Bretagne, sur fond de musique celtique. On peut y croiser des "astromagiciennes", dotées de pouvoirs considérables.

   C'est le chemin qu'aimerait suivre la jeune Lydia, dont la mère était l'une de ces astromagiciennes. Elle a mystérieusement disparu, jadis.  D'autres disparitions, actuelles, suscitent l'inquiétude dans le village, celles des enfants, emportés par une brume aussi étrange que maléfique, au sein de laquelle est tapi un sombre personnage : l'Envoûteur.

   Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Lydia (accompagnée de sa chatte, Bestiole) se retrouve embarquée sur un étrange vaisseau volant, capable de plonger dans les profondeurs de la Mer de Brume comme de naviguer au-dessus des nuages. Cette faculté, ainsi que l'aspect de son équipage, ne sont pas sans rappeler Pirates des Caraïbes (même si la fonction de ces hommes et femmes est tout autre).

   Pendant que les enfants seront concentrés sur les aventures de Lydia et de son nouvel ami Lucas, les adultes s'amuseront à dénicher les références cinéphiliques. Ainsi, quand l'héroïne débarque dans une imposante cité isolée, où elle espère effectuer son apprentissage d'astromagicienne, on se dit que Poudlard n'est pas très loin. J'ajoute que l'esprit de La Guerre des étoiles flotte autour de l'intrigue, l'un des personnages étant visiblement inspiré de Dark Vador, Lydia faisant plutôt figure de Jedi en devenir.

   L'animation est de qualité, sans être virtuose. De très beaux paysages, célestes comme "marins" nous sont proposés. Les effets ont été particulièrement soignés quand il s'est agi de représenter les pouvoirs magiques.

   On sera indulgent pour quelques faiblesses, dans le déroulement de l'intrigue. Ainsi, si la jeune apprentie magicienne n'y arrive pas du tout au début, il ne lui faudra guère de temps pour acquérir la dextérité lui permettant d'affronter l'Envoûteur (dont l'identité réelle sera rapidement découverte par les adultes).

   Je pourrais aussi reprocher à cette animation familiale la sous-représentation des pères. On n'en voit réellement qu'un, de manière consistante (et positive... ouf !) : le capitaine du vaisseau, doublé par Anthony Kavanagh. En revanche, des parents de Lydia on ne verra que la mère. Le père de l'Envoûteur est totalement inconnu (alors que sa mère joue un rôle important). Serait-ce une manière pour les scénaristes de souligner le manque d'implication des papas du XXIe siècle dans l'éducation de leur progéniture ?

   Tant qu'on est dans l'analyse sociétale, je recommande d'être attentif aux (nouveaux ?) stéréotypes de genre : la connaissance livresque semble plutôt une prérogative féminine, les personnages masculins étant davantage identifiés à l'action qu'à la réflexion.

   Mais, bon, tout cela passe au-dessus de la tête des bambins, qui, dans la salle où je me trouvais, ont été pris par cette histoire d'aventures et de magie, où il est aussi question de la séparation, de la perte et du souvenir des êtres chers.

14:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Lydia et le vaisseau des tempêtes

   Cette animation canadienne baigne dans une ambiance d'heroic fantasy. Les protagonistes vivent en zone littorale, dans un endroit qui a des airs d'Irlande ou de Grande-Bretagne, sur fond de musique celtique. On peut y croiser des "astromagiciennes", dotées de pouvoirs considérables.

   C'est le chemin qu'aimerait suivre la jeune Lydia, dont la mère était l'une de ces astromagiciennes. Elle a mystérieusement disparu, jadis.  D'autres disparitions, actuelles, suscitent l'inquiétude dans le village, celles des enfants, emportés par une brume aussi étrange que maléfique, au sein de laquelle est tapi un sombre personnage : l'Envoûteur.

   Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Lydia (accompagnée de sa chatte, Bestiole) se retrouve embarquée sur un étrange vaisseau volant, capable de plonger dans les profondeurs de la Mer de Brume comme de naviguer au-dessus des nuages. Cette faculté, ainsi que l'aspect de son équipage, ne sont pas sans rappeler Pirates des Caraïbes (même si la fonction de ces hommes et femmes est tout autre).

   Pendant que les enfants seront concentrés sur les aventures de Lydia et de son nouvel ami Lucas, les adultes s'amuseront à dénicher les références cinéphiliques. Ainsi, quand l'héroïne débarque dans une imposante cité isolée, où elle espère effectuer son apprentissage d'astromagicienne, on se dit que Poudlard n'est pas très loin. J'ajoute que l'esprit de La Guerre des étoiles flotte autour de l'intrigue, l'un des personnages étant visiblement inspiré de Dark Vador, Lydia faisant plutôt figure de Jedi en devenir.

   L'animation est de qualité, sans être virtuose. De très beaux paysages, célestes comme "marins" nous sont proposés. Les effets ont été particulièrement soignés quand il s'est agi de représenter les pouvoirs magiques.

   On sera indulgent pour quelques faiblesses, dans le déroulement de l'intrigue. Ainsi, si la jeune apprentie magicienne n'y arrive pas du tout au début, il ne lui faudra guère de temps pour acquérir la dextérité lui permettant d'affronter l'Envoûteur (dont l'identité réelle sera rapidement découverte par les adultes).

   Je pourrais aussi reprocher à cette animation familiale la sous-représentation des pères. On n'en voit réellement qu'un, de manière consistante (et positive... ouf !) : le capitaine du vaisseau, doublé par Anthony Kavanagh. En revanche, des parents de Lydia on ne verra que la mère. Le père de l'Envoûteur est totalement inconnu (alors que sa mère joue un rôle important). Serait-ce une manière pour les scénaristes de souligner le manque d'implication des papas du XXIe siècle dans l'éducation de leur progéniture ?

   Tant qu'on est dans l'analyse sociétale, je recommande d'être attentif aux (nouveaux ?) stéréotypes de genre : la connaissance livresque semble plutôt une prérogative féminine, les personnages masculins étant davantage identifiés à l'action qu'à la réflexion.

   Mais, bon, tout cela passe au-dessus de la tête des bambins, qui, dans la salle où je me trouvais, ont été pris par cette histoire d'aventures et de magie, où il est aussi question de la séparation, de la perte et du souvenir des êtres chers.

14:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 12 août 2026

Lawrence d'Arabie

   C'est l'un des bonheurs de cet été caniculaire : la ressortie sur grand écran de films d'animation ou de longs-métrages classiques, restaurés. Voilà un excellent prétexte pour se ruer dans les salles obscures (climatisées). En revanche, pour "choper" le film de David Lean, il faut s'armer de courage. Il n'a pas bénéficié d'une distribution aussi large que Kill Bill ou Cowboy Bebop.

   C'est un peu par hasard, au cours d'une pérégrination estivale, que j'ai eu l'occasion de me replonger dans ce qui peut être considéré comme un quasi-chef-d'oeuvre. Nous n'étions pas nombreux dans la salle, pour une séance (en version originale sous-titrée) de près de 3h40, avec un entracte... et deux introductions musicales aveugles, l'écran demeurant (temporairement) totalement noir... permettant de commencer à jouir de la musique composée par Maurice Jarre, l'un des atouts majeurs du film.

   Un autre intérêt de cette réédition en salle est de pouvoir profiter de la mise en scène inspirée de D. Lean, qui a fait du désert un personnage de son histoire.

   C'est aussi l'occasion de retrouver des acteurs épatants : le magnétique Peter O'Toole dans le rôle-titre, auquel je préfère toutefois Omar Sharif, en nationaliste arabe intransigeant, suivant un code d'honneur rigoureux. A noter aussi la prestation d'Anthony Quinn en chef tribal grande gueule. Elle fut jugée caricaturale par une partie du public moyen-oriental... mais quelle performance d'acteur ! Alec Guinness, quant à lui, fait le job en prince arabe... dont on a plus ou moins foncé le teint selon les scènes !

   Il y a donc quelques imperfections dans cette œuvre d'une incontestable ampleur. On a évidemment souligné la faible présence d'acteurs régionaux (du moins pour les rôles de premier plan). On aurait pu relever le recours à "la nuit américaine" : de nombreuses scènes de nuit (notamment dans le désert) ont été tournée de jour. L'usage de filtres n'empêche pas de constater que, bien que se déplaçant de nuit, humains comme chameaux ont une ombre ! (On est sans doute prié de croire que c'est celle projetée par la Lune...)

   Autre absence notable : celle des femmes. Aucun personnage principal ni secondaire n'est féminin. Leur présence (fugace) se limite à celle de figurantes, incarnant les épouses et filles des chefs de tribus arabes. L'intrigue se déroule clairement dans "un monde de mecs", certains d'entre eux entretenant des relations plus qu'amicales avec les personnes du même sexe. Mais le film reste très allusif à ce sujet (on est en 1962-1963).

   Il reste un souffle incontestable. Celui de l'Histoire, qui voit les Arabes du Proche-Orient se libérer de la domination turque... pour tomber sous celle des Britanniques (et des Français). Celui aussi de l'aventure d'un étrange prophète aux yeux bleus, cet Européen à la culture classique devenu un homme du désert, à la fois fascinant et perturbé. Le concernant, on remarque que le scénario refuse tout manichéisme, évitant aussi bien l'idolâtrie que le dénigrement systématique (une leçon pour les metteurs en scène contemporains).

   P.S. I

   Il est des coïncidences qui ne manquent pas de sel : Lawrence d'Arabie ressort en salles au moment où L'Odyssée de Christopher Nolan y triomphe. Force est de constater que le casting des deux films-fleuves a été construit de manière diamétralement opposée : dans un cas, on fait jouer des personnages "caucasiens" par des acteurs afro-descendants, dans l'autre, on impose des acteurs hollywoodiens (souvent blancs) dans tous les rôles principaux, y compris ceux de protagonistes arabes.

   Pour la petite histoire : quelques années avant de décéder, l'authentique Thomas Edward Lawrence avait achevé sa traduction de l’œuvre d'Homère.

   P.S. II

   Pour en savoir plus sur la vie de Lawrence, je conseille un numéro de l'émission Le Temps d'un bivouac, de Daniel Fiévet (sur France Inter), datant de 2019.

Lawrence d'Arabie

   C'est l'un des bonheurs de cet été caniculaire : la ressortie sur grand écran de films d'animation ou de longs-métrages classiques, restaurés. Voilà un excellent prétexte pour se ruer dans les salles obscures (climatisées). En revanche, pour "choper" le film de David Lean, il faut s'armer de courage. Il n'a pas bénéficié d'une distribution aussi large que Kill Bill ou Cowboy Bebop.

   C'est un peu par hasard, au cours d'une pérégrination estivale, que j'ai eu l'occasion de me replonger dans ce qui peut être considéré comme un quasi-chef-d'oeuvre. Nous n'étions pas nombreux dans la salle, pour une séance (en version originale sous-titrée) de près de 3h40, avec un entracte... et deux introductions musicales aveugles, l'écran demeurant (temporairement) totalement noir... permettant de commencer à jouir de la musique composée par Maurice Jarre, l'un des atouts majeurs du film.

   Un autre intérêt de cette réédition en salle est de pouvoir profiter de la mise en scène inspirée de D. Lean, qui a fait du désert un personnage de son histoire.

   C'est aussi l'occasion de retrouver des acteurs épatants : le magnétique Peter O'Toole dans le rôle-titre, auquel je préfère toutefois Omar Sharif, en nationaliste arabe intransigeant, suivant un code d'honneur rigoureux. A noter aussi la prestation d'Anthony Quinn en chef tribal grande gueule. Elle fut jugée caricaturale par une partie du public moyen-oriental... mais quelle performance d'acteur ! Alec Guinness, quant à lui, fait le job en prince arabe... dont on a plus ou moins foncé le teint selon les scènes !

   Il y a donc quelques imperfections dans cette œuvre d'une incontestable ampleur. On a évidemment souligné la faible présence d'acteurs régionaux (du moins pour les rôles de premier plan). On aurait pu relever le recours à "la nuit américaine" : de nombreuses scènes de nuit (notamment dans le désert) ont été tournée de jour. L'usage de filtres n'empêche pas de constater que, bien que se déplaçant de nuit, humains comme chameaux ont une ombre ! (On est sans doute prié de croire que c'est celle projetée par la Lune...)

   Autre absence notable : celle des femmes. Aucun personnage principal ni secondaire n'est féminin. Leur présence (fugace) se limite à celle de figurantes, incarnant les épouses et filles des chefs de tribus arabes. L'intrigue se déroule clairement dans "un monde de mecs", certains d'entre eux entretenant des relations plus qu'amicales avec les personnes du même sexe. Mais le film reste très allusif à ce sujet (on est en 1962-1963).

   Il reste un souffle incontestable. Celui de l'Histoire, qui voit les Arabes du Proche-Orient se libérer de la domination turque... pour tomber sous celle des Britanniques (et des Français). Celui aussi de l'aventure d'un étrange prophète aux yeux bleus, cet Européen à la culture classique devenu un homme du désert, à la fois fascinant et perturbé. Le concernant, on remarque que le scénario refuse tout manichéisme, évitant aussi bien l'idolâtrie que le dénigrement systématique (une leçon pour les metteurs en scène contemporains).

   P.S. I

   Il est des coïncidences qui ne manquent pas de sel : Lawrence d'Arabie ressort en salles au moment où L'Odyssée de Christopher Nolan y triomphe. Force est de constater que le casting des deux films-fleuves a été construit de manière diamétralement opposée : dans un cas, on fait jouer des personnages "caucasiens" par des acteurs afro-descendants, dans l'autre, on impose des acteurs hollywoodiens (souvent blancs) dans tous les rôles principaux, y compris ceux de protagonistes arabes.

   Pour la petite histoire : quelques années avant de décéder, l'authentique Thomas Edward Lawrence avait achevé sa traduction de l’œuvre d'Homère.

   P.S. II

   Pour en savoir plus sur la vie de Lawrence, je conseille un numéro de l'émission Le Temps d'un bivouac, de Daniel Fiévet (sur France Inter), datant de 2019.

mardi, 11 août 2026

L'Odyssée

   Christopher Nolan est du genre à prendre son temps : il n'a tourné que treize films en trente ans et, dans la seconde partie de sa carrière, l'écart entre deux longs-métrages semble se stabiliser à trois ans. Il n'aime pas bâcler le travail... et il réussit à faire venir du monde dans les salles de cinéma, ce dont je lui serai toujours reconnaissant. Avant même la sortie de L'Odyssée, mon cinéma CGR ayant eu l'intelligence de reprogrammer plusieurs de ses précédents films (notamment The Dark Knight et Interstellar), j'ai pu constater que cela attirait du public, y compris en version originale sous-titrée. La particularité était de voir représentées deux générations de spectateurs : les 15-30 ans, qui n'ont pas dû découvrir beaucoup d’œuvres de Nolan en salles, et les 50-70 ans, qui le suivent depuis des années.

   J'ai souvent souri (ou tiqué) en entendant ou lisant des critiques de ce film, soit pour l'encenser, soit pour le dénigrer. Rarement a été avancée l'idée qu'il y avait en réalité deux films en un : l'adaptation (libre) du poème homérique et une œuvre politique contemporaine, engagée.

   Si le matériau de base est bien L'Odyssée d'Homère, des ajouts (issus eux aussi de l'Antiquité) ont été pratiqués. Il semble évident que L'Enéide de Virgile (auteur romain contemporain de Jules César) a été mise à contribution (notamment pour le récit de la conquête de Troie), ainsi que divers textes épars qui font partie de la légende de Troie.

   On pourra toujours contester les choix de Nolan (il n'a pas gardé tous les épisodes du poème), mais, globalement, il  a construit un bon péplum, avec du souffle, de l'action et de l'émotion. Parmi les séquences qui m'ont marqué, il y a la conquête de Troie (qui nous est présentée en plusieurs phases séparées), la rencontre de Circé, le passage par Charybe et Scylla... ainsi, bien sûr, que le massacre des prétendants. En revanche, je suis un peu déçu par l'épisode du Cyclope, apparemment si redoutable et auquel Ulysse et ses hommes finissent par échapper assez facilement. Il me semble qu'ici Nolan a été prisonnier de ses effets spéciaux, qui l'ont empêché de donner à ses scènes toute la dynamique qu'elles méritaient. On retrouve cet inaccomplissement dans la séquence chez les Lestrygons et celle des sirènes. C'est assez spectaculaire, visuellement bien fait, mais trop bref. Peut-être, au vu de la durée estimée du film, a-t-on pratiqué quelques coupes au montage.

   Ces coupes ont toutefois épargné certains moments moins réussis que les autres. Je pense en particulier au décès du chien d'Ulysse. Le cabot était resté en vie pour pouvoir assister au retour de son maître (brave bête...). Il est l'un des rares à le reconnaître dans le vagabond qui demande l'hospitalité à Ithaque... et il meurt illico, à la manière du personnage incarné par Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises, ce qui n'est vraiment pas un compliment. (C'était mieux mis en scène dans The Return, un film aux ambitions plus modestes, sorti l'an dernier, dont le principal atout était la présence au générique de l'excellent Ralph Fiennes.)

   Le lien entre le péplum et le film politique se noue dans la séquence à Sparte, où Télémaque rencontre Hélène et Ménélas. Là, on s'éloigne vraiment beaucoup du texte comme de l'esprit des poèmes homériques. Ce n'est pas tant le fait qu'Hélène ait les traits d'une actrice "afro-descendante" qui pose problème (même si, dans les poèmes homériques, à plusieurs reprises, on la qualifie de femme "aux bras blancs"). Lupita Nyong'o est crédible en ravissante femme adule, capable de faire tourner les têtes. Mais le couple qu'elle forme avec Ménélas (celui-ci toujours qualifié de "blond" dans les poèmes... et incarné par un acteur brun) a plus à voir avec le XXIe siècle qu'avec l'époque antique. Il s'agit ici de dénoncer le masculinisme toxique. Or, chez les poètes homériques, le couple s'est réconcilié, Ménélas ayant pris conscience que son épouse avait été davantage envoutée par Aphrodite que par ce petit insolent de Pâris. De surcroît, il avait de nouveau succombé au charme de la belle Hélène.

   L'absence (physique) des divinités grecques (à l'exception d'Athéna... mais l'interprétation évanescente de Zendaya a le même résultat) occulte tout un pan des poèmes, qui traitent du déterminisme et de la liberté. Pour employer un vocabulaire plus contemporain, on pourrait dire qu'une partie des actes des humains dépend d'eux, tandis que l'autre est le résultat des circonstances / de la fatalité / de la volonté divine (rayer les mentions inutiles). De la mentalité homérique, Nolan choisit de ne garder que la remise en question (par les auteurs de L'Odyssée)  de l'héroïsme de L'Iliade.

   Cela concorde avec son propos politique. Il est évident que la troupe de soldats qui conquiert Troie ne représente pas différentes cités du monde grec mais la société multiculturelle états-unienne, dont (selon Nolan) l'action perturbe plus qu'elle ne libère le Proche-Orient. Ce n'est pas un hasard si Ulysse est incarné par Matt Damon, alias Jason Bourne. L'ex-super-agent de la CIA est un peu comme l'ancien guerrier grec couvert de gloire : il a pris du recul par rapport à ses exploits passés et considère désormais que son bonheur consiste en une vie simple, auprès de la femme qu'il aime. (Cette remise en question de l'héroïsme masculin traditionnel n'est pas sans rappeler ce qu'on a récemment vu dans On l'appelait Robin des Bois... à ceci près que l'Américain Damon rencontre moins de difficulté à bander son arc que l'Australo-Britannique Jackman-Robin.)

   Concernant les Troyens, le film est ambigu, jouant sur tous les tableaux. D'un côté, il représente les soldats d'Ilion comme de quasi-doubles des Grecs, portant un équipement assez proche du leur et adorant les mêmes divinités. D'un autre côté, dans plusieurs retours en arrière évoquant la prise de Troie, on aperçoit des "civils" (des habitants non combattants), qui ont la peau foncée. Enfin, le comportement prédateur des Grecs/États-uniens est exagéré. Ni les premiers ni les seconds n'ont mené de guerre d'extermination (contrairement à ce qui est montré dans le film). Les Grecs antiques, une fois leurs ennemis vaincus, avaient plutôt tendance à emporter du "butin" : nourriture, objets, bijoux, femmes, enfants. Mais, pour Nolan, l'important semble être que le public fasse le lien avec une certaine image qu'ils se font des conflits du Moyen-Orient.

   Enfin, il est cocasse que des critiques se réjouissent à la fois des distances prises par Nolan vis-à-vis du texte d'origine et de l'aspect féministe de son intrigue... Or, L'Odyssée des poètes homériques regorge de personnages féminins forts, à commencer bien entendu par Pénélope (plutôt bien représentée dans le film). Circé aussi est correctement campée, même si Nolan en fait plus une sorcière de type médiéval qu'une magicienne séduite par Ulysse... Charlize Theron n'est pas un mauvais choix pour Calypso, mais je trouve qu'elle aurait été plus à sa place en Hélène. L'épisode qui la voit interagir avec Ulysse n'est pas le plus réussi du film. Je ne reviendrai pas sur Athéna, dont l'incarnation aurait dû être l'occasion de mettre en avant une jeune femme guerrière et rusée. Il manque aussi notamment Nausicaa, la princesse phéacienne qui apporte son aide à Ulysse. Ainsi, les poètes homériques se révèlent plus féministes que Christopher Nolan, puisqu'ils font dépendre le succès d'Ulysse de l'action de plusieurs personnages féminins, notamment Athéna et Nausicaa, ce que ne montre pas le cinéaste dans son film.

   Je trouve que, depuis qu'il ne cosigne plus ses scenarii avec son frère (qui se consacre désormais plutôt à des séries télé), Nolan, dont les films, à l'origine, ne se situaient dans aucun camp et abordaient les questions sociétales avec une certaine nuance, a tendance à vouloir incarner une figure morale. Le succès remporté par Oppenheimer aux Oscars 2024 l'a, je pense, conforté dans ce choix (avec l'appui des producteurs). On verra au prochain film si Nolan redevient le cinéaste de la complexité qu'il fut ou s'il se contente d'être une sorte de porte-drapeau du "camp du bien".

L'Odyssée

   Christopher Nolan est du genre à prendre son temps : il n'a tourné que treize films en trente ans et, dans la seconde partie de sa carrière, l'écart entre deux longs-métrages semble se stabiliser à trois ans. Il n'aime pas bâcler le travail... et il réussit à faire venir du monde dans les salles de cinéma, ce dont je lui serai toujours reconnaissant. Avant même la sortie de L'Odyssée, mon cinéma CGR ayant eu l'intelligence de reprogrammer plusieurs de ses précédents films (notamment The Dark Knight et Interstellar), j'ai pu constater que cela attirait du public, y compris en version originale sous-titrée. La particularité était de voir représentées deux générations de spectateurs : les 15-30 ans, qui n'ont pas dû découvrir beaucoup d’œuvres de Nolan en salles, et les 50-70 ans, qui le suivent depuis des années.

   J'ai souvent souri (ou tiqué) en entendant ou lisant des critiques de ce film, soit pour l'encenser, soit pour le dénigrer. Rarement a été avancée l'idée qu'il y avait en réalité deux films en un : l'adaptation (libre) du poème homérique et une œuvre politique contemporaine, engagée.

   Si le matériau de base est bien L'Odyssée d'Homère, des ajouts (issus eux aussi de l'Antiquité) ont été pratiqués. Il semble évident que L'Enéide de Virgile (auteur romain contemporain de Jules César) a été mise à contribution (notamment pour le récit de la conquête de Troie), ainsi que divers textes épars qui font partie de la légende de Troie.

   On pourra toujours contester les choix de Nolan (il n'a pas gardé tous les épisodes du poème), mais, globalement, il  a construit un bon péplum, avec du souffle, de l'action et de l'émotion. Parmi les séquences qui m'ont marqué, il y a la conquête de Troie (qui nous est présentée en plusieurs phases séparées), la rencontre de Circé, le passage par Charybe et Scylla... ainsi, bien sûr, que le massacre des prétendants. En revanche, je suis un peu déçu par l'épisode du Cyclope, apparemment si redoutable et auquel Ulysse et ses hommes finissent par échapper assez facilement. Il me semble qu'ici Nolan a été prisonnier de ses effets spéciaux, qui l'ont empêché de donner à ses scènes toute la dynamique qu'elles méritaient. On retrouve cet inaccomplissement dans la séquence chez les Lestrygons et celle des sirènes. C'est assez spectaculaire, visuellement bien fait, mais trop bref. Peut-être, au vu de la durée estimée du film, a-t-on pratiqué quelques coupes au montage.

   Ces coupes ont toutefois épargné certains moments moins réussis que les autres. Je pense en particulier au décès du chien d'Ulysse. Le cabot était resté en vie pour pouvoir assister au retour de son maître (brave bête...). Il est l'un des rares à le reconnaître dans le vagabond qui demande l'hospitalité à Ithaque... et il meurt illico, à la manière du personnage incarné par Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises, ce qui n'est vraiment pas un compliment. (C'était mieux mis en scène dans The Return, un film aux ambitions plus modestes, sorti l'an dernier, dont le principal atout était la présence au générique de l'excellent Ralph Fiennes.)

   Le lien entre le péplum et le film politique se noue dans la séquence à Sparte, où Télémaque rencontre Hélène et Ménélas. Là, on s'éloigne vraiment beaucoup du texte comme de l'esprit des poèmes homériques. Ce n'est pas tant le fait qu'Hélène ait les traits d'une actrice "afro-descendante" qui pose problème (même si, dans les poèmes homériques, à plusieurs reprises, on la qualifie de femme "aux bras blancs"). Lupita Nyong'o est crédible en ravissante femme adule, capable de faire tourner les têtes. Mais le couple qu'elle forme avec Ménélas (celui-ci toujours qualifié de "blond" dans les poèmes... et incarné par un acteur brun) a plus à voir avec le XXIe siècle qu'avec l'époque antique. Il s'agit ici de dénoncer le masculinisme toxique. Or, chez les poètes homériques, le couple s'est réconcilié, Ménélas ayant pris conscience que son épouse avait été davantage envoutée par Aphrodite que par ce petit insolent de Pâris. De surcroît, il avait de nouveau succombé au charme de la belle Hélène.

   L'absence (physique) des divinités grecques (à l'exception d'Athéna... mais l'interprétation évanescente de Zendaya a le même résultat) occulte tout un pan des poèmes, qui traitent du déterminisme et de la liberté. Pour employer un vocabulaire plus contemporain, on pourrait dire qu'une partie des actes des humains dépend d'eux, tandis que l'autre est le résultat des circonstances / de la fatalité / de la volonté divine (rayer les mentions inutiles). De la mentalité homérique, Nolan choisit de ne garder que la remise en question (par les auteurs de L'Odyssée)  de l'héroïsme de L'Iliade.

   Cela concorde avec son propos politique. Il est évident que la troupe de soldats qui conquiert Troie ne représente pas différentes cités du monde grec mais la société multiculturelle états-unienne, dont (selon Nolan) l'action perturbe plus qu'elle ne libère le Proche-Orient. Ce n'est pas un hasard si Ulysse est incarné par Matt Damon, alias Jason Bourne. L'ex-super-agent de la CIA est un peu comme l'ancien guerrier grec couvert de gloire : il a pris du recul par rapport à ses exploits passés et considère désormais que son bonheur consiste en une vie simple, auprès de la femme qu'il aime. (Cette remise en question de l'héroïsme masculin traditionnel n'est pas sans rappeler ce qu'on a récemment vu dans On l'appelait Robin des Bois... à ceci près que l'Américain Damon rencontre moins de difficulté à bander son arc que l'Australo-Britannique Jackman-Robin.)

   Concernant les Troyens, le film est ambigu, jouant sur tous les tableaux. D'un côté, il représente les soldats d'Ilion comme de quasi-doubles des Grecs, portant un équipement assez proche du leur et adorant les mêmes divinités. D'un autre côté, dans plusieurs retours en arrière évoquant la prise de Troie, on aperçoit des "civils" (des habitants non combattants), qui ont la peau foncée. Enfin, le comportement prédateur des Grecs/États-uniens est exagéré. Ni les premiers ni les seconds n'ont mené de guerre d'extermination (contrairement à ce qui est montré dans le film). Les Grecs antiques, une fois leurs ennemis vaincus, avaient plutôt tendance à emporter du "butin" : nourriture, objets, bijoux, femmes, enfants. Mais, pour Nolan, l'important semble être que le public fasse le lien avec une certaine image qu'ils se font des conflits du Moyen-Orient.

   Enfin, il est cocasse que des critiques se réjouissent à la fois des distances prises par Nolan vis-à-vis du texte d'origine et de l'aspect féministe de son intrigue... Or, L'Odyssée des poètes homériques regorge de personnages féminins forts, à commencer bien entendu par Pénélope (plutôt bien représentée dans le film). Circé aussi est correctement campée, même si Nolan en fait plus une sorcière de type médiéval qu'une magicienne séduite par Ulysse... Charlize Theron n'est pas un mauvais choix pour Calypso, mais je trouve qu'elle aurait été plus à sa place en Hélène. L'épisode qui la voit interagir avec Ulysse n'est pas le plus réussi du film. Je ne reviendrai pas sur Athéna, dont l'incarnation aurait dû être l'occasion de mettre en avant une jeune femme guerrière et rusée. Il manque aussi notamment Nausicaa, la princesse phéacienne qui apporte son aide à Ulysse. Ainsi, les poètes homériques se révèlent plus féministes que Christopher Nolan, puisqu'ils font dépendre le succès d'Ulysse de l'action de plusieurs personnages féminins, notamment Athéna et Nausicaa, ce que ne montre pas le cinéaste dans son film.

   Je trouve que, depuis qu'il ne cosigne plus ses scenarii avec son frère (qui se consacre désormais plutôt à des séries télé), Nolan, dont les films, à l'origine, ne se situaient dans aucun camp et abordaient les questions sociétales avec une certaine nuance, a tendance à vouloir incarner une figure morale. Le succès remporté par Oppenheimer aux Oscars 2024 l'a, je pense, conforté dans ce choix (avec l'appui des producteurs). On verra au prochain film si Nolan redevient le cinéaste de la complexité qu'il fut ou s'il se contente d'être une sorte de porte-drapeau du "camp du bien".