dimanche, 26 juillet 2026
La Bataille de Gaulle - J'écris ton nom
Sorti quelques semaines à peine après L'Âge de fer, ce second volet traite des années 1942-1944, sous l'angle double de la liberté et de la souveraineté.
La première est sous-entendue par le titre, qui fait allusion à un poème de Paul Eluard, écrit en 1942. Elle est illustrée par la lutte menée par les résistants, à l'intérieur contre l'occupation allemande, à l'extérieur contre les troupes de l'Axe. Toutefois, force est de constater que le film est meilleur dans la mise en scène des combats des Forces Françaises Libres que dans celle des actes de la Résistance intérieure.
La trame suivie ressemble à celle du premier volet. Le fil rouge est la difficile construction d'un pôle de résistance unifiée, Charles de Gaulle étant toujours confronté à la mauvaise volonté des Alliés, cette fois-ci particulièrement des États-Unis de Roosevelt, entrés en guerre à la fin de 1941. Les relations avec Churchill sont toujours aussi ambiguës, tendues... de Gaulle se montrant à la fois colérique et habile manœuvrier.
Le film nous fait percevoir l'importance du rôle des médias, à travers deux situations qui ont chacune donné lieu à une photographie. La première a été prise lors de la Conférence de Casablanca, en janvier 1943 :
A ce moment, les Américains pensent avoir fait le plus dur, en imposant le rapprochement entre l'ancien vichyste (le général Giraud) et le chef de la France Libre. Antonin Baudry montre bien à quel point les (anciens) partisans du maréchal Pétain se sont accrochés au pouvoir, aussi bien en métropole qu'outre-mer et que tout ce que de Gaulle et ses partisans avaient accompli depuis 1940 risquait de s'effondrer en 1943. De son côté, Thierry Lhermitte incarne très bien Giraud, qui fut sans doute, par la volonté des Américains, le rival le plus redoutable de Charles de Gaulle, alors qu'il n'avait ni l'intelligence ni les tripes pour s'imposer face à lui.
La seconde photographie fut un peu la manière dont de Gaulle a rendu la monnaie de sa pièce à Roosevelt. Elle a été prise à Washington, en juillet 1944 :
Ce fut au tour du général français d'instrumentaliser les médias pour, au lendemain du Débarquement de Normandie, asseoir l'idée qu'il était le chef légitime du gouvernement français de transition, forçant un peu la main des dirigeants états-uniens.
Sur le terrain, c'est tout aussi épique que dans le premier volet. A la bataille de Bir-Hakeim répond celle (encore plus méconnue) de Ksar Ghilane, au sein de la campagne de Tunisie. Au général Koenig succède le général Leclerc (Niels Schneider, excellent), auquel le film rend un hommage mérité.
Je suis moins satisfait de la manière dont la Résistance intérieure est représentée. L'accent est mis sur les difficultés à l'unifier, mais les actions réalisées au quotidien ne sont pas assez bien mises en valeur (à mon avis). Je ne suis pas très convaincu non plus par la manière d'incarner Jean Moulin. Peut-être aura-t-on une bonne surprise cet automne avec Gilles Lellouche.
Quoi qu'il en soit, ce deuxième volet est marqué, comme le premier, par un certain souffle. La mise en scène est efficace et souvent inspirée. Simon Abkarian emporte définitivement l'adhésion en Charles de Gaulle. Les spectateurs préfèreront peut-être ce volet, parce qu'il montre l'ascension, jusqu'à la Libération de Paris, à laquelle ont participé tant d'anonymes, français comme étrangers (notamment les Espagnols de La Nueve). De mon côté, j'ai plutôt un faible pour la première partie, qui met davantage en exergue les difficultés des débuts... et instille un humour incongru, salutaire, moins présent dans ce second volet. Le film n'en est pas moins hautement recommandable.
10:03 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire, france
La Bataille de Gaulle - J'écris ton nom
Sorti quelques semaines à peine après L'Âge de fer, ce second volet traite des années 1942-1944, sous l'angle double de la liberté et de la souveraineté.
La première est sous-entendue par le titre, qui fait allusion à un poème de Paul Eluard, écrit en 1942. Elle est illustrée par la lutte menée par les résistants, à l'intérieur contre l'occupation allemande, à l'extérieur contre les troupes de l'Axe. Toutefois, force est de constater que le film est meilleur dans la mise en scène des combats des Forces Françaises Libres que dans celle des actes de la Résistance intérieure.
La trame suivie ressemble à celle du premier volet. Le fil rouge est la difficile construction d'un pôle de résistance unifiée, Charles de Gaulle étant toujours confronté à la mauvaise volonté des Alliés, cette fois-ci particulièrement des États-Unis de Roosevelt, entrés en guerre à la fin de 1941. Les relations avec Churchill sont toujours aussi ambiguës, tendues... de Gaulle se montrant à la fois colérique et habile manœuvrier.
Le film nous fait percevoir l'importance du rôle des médias, à travers deux situations qui ont chacune donné lieu à une photographie. La première a été prise lors de la Conférence de Casablanca, en janvier 1943 :
A ce moment, les Américains pensent avoir fait le plus dur, en imposant le rapprochement entre l'ancien vichyste (le général Giraud) et le chef de la France Libre. Antonin Baudry montre bien à quel point les (anciens) partisans du maréchal Pétain se sont accrochés au pouvoir, aussi bien en métropole qu'outre-mer et que tout ce que de Gaulle et ses partisans avaient accompli depuis 1940 risquait de s'effondrer en 1943. De son côté, Thierry Lhermitte incarne très bien Giraud, qui fut sans doute, par la volonté des Américains, le rival le plus redoutable de Charles de Gaulle, alors qu'il n'avait ni l'intelligence ni les tripes pour s'imposer face à lui.
La seconde photographie fut un peu la manière dont de Gaulle a rendu la monnaie de sa pièce à Roosevelt. Elle a été prise à Washington, en juillet 1944 :
Ce fut au tour du général français d'instrumentaliser les médias pour, au lendemain du Débarquement de Normandie, asseoir l'idée qu'il était le chef légitime du gouvernement français de transition, forçant un peu la main des dirigeants états-uniens.
Sur le terrain, c'est tout aussi épique que dans le premier volet. A la bataille de Bir-Hakeim répond celle (encore plus méconnue) de Ksar Ghilane, au sein de la campagne de Tunisie. Au général Koenig succède le général Leclerc (Niels Schneider, excellent), auquel le film rend un hommage mérité.
Je suis moins satisfait de la manière dont la Résistance intérieure est représentée. L'accent est mis sur les difficultés à l'unifier, mais les actions réalisées au quotidien ne sont pas assez bien mises en valeur (à mon avis). Je ne suis pas très convaincu non plus par la manière d'incarner Jean Moulin. Peut-être aura-t-on une bonne surprise cet automne avec Gilles Lellouche.
Quoi qu'il en soit, ce deuxième volet est marqué, comme le premier, par un certain souffle. La mise en scène est efficace et souvent inspirée. Simon Abkarian emporte définitivement l'adhésion en Charles de Gaulle. Les spectateurs préfèreront peut-être ce volet, parce qu'il montre l'ascension, jusqu'à la Libération de Paris, à laquelle ont participé tant d'anonymes, français comme étrangers (notamment les Espagnols de La Nueve). De mon côté, j'ai plutôt un faible pour la première partie, qui met davantage en exergue les difficultés des débuts... et instille un humour incongru, salutaire, moins présent dans ce second volet. Le film n'en est pas moins hautement recommandable.
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samedi, 25 juillet 2026
Gorgona
Cette Gorgone des temps modernes (un peu dystopiques) pourrait être la mafia masculiniste qui contrôle une cité pétrolière : son chef s'est fait tatouer une tête de Méduse sur le torse... C'est peut-être aussi la fille de ce chef, dont le regard ne pétrifie pas, mais peut provoquer bien des dégâts...
Faire dialoguer des éléments mythologiques grecs avec notre époque est de saison. (A suivre, bientôt : L'Odyssée de Christopher Nolan.) Réemployer du matériau cinématographique à la sauce féministe est aussi une tendance lourde, plutôt dans les films de super-héros... mais la mythologie n'est-elle pas après tout qu'un (lointain) ancêtre des comics peuplés de costumes moulants ?
... Sauf qu'ici les mecs musclés ne sont pas à l'honneur. Ils sont l'incarnation du masculinisme triomphant. Travailleurs manuels, ils gèrent leur exploitation pétrolière, tandis que les femmes sont chargées de les nourrir et de les divertir... de différentes manières.
Cet ordre patriarcal "naturel" est menacé lorsque le chef, se sentant faiblir, décide de procéder à sa succession. Il a l'audace d'autoriser sa fille chérie (Maria) à y concourir, au scandale des gros bras tatoués qui travaillent sous ses ordres. A première vue, la jeune femme ne paie pas de mine, mais cela fait des années qu'en secret son papounet (quand il ne la tripote pas) l'entraîne à la sanglante compétition qui finira, tôt ou tard, par être organisée. De plus, la rugueuse demoiselle possède une botte secrète, qu'elle a sans doute héritée de sa (défunte) mère...
Là-dessus débarque le nouvel objet sexuel du chef, une ravissante chanteuse brune, échangée contre un baril de carburant. (Elle est donc précieuse...) Entre elle et plusieurs membres du gang (masculins comme féminins) commence un jeu de pouvoir et de séduction qui ne peut que mal se terminer...
Cela louche ostensiblement sur l'univers Mad Max (notamment Furiosa) et les films pulp Gindhouse (comme Planète terreur de Tarantino). A un moment (lesbianisme oblige), j'ai aussi pensé à Drive-away dolls. Mais Gorgona ne prend finalement pas tout à fait cette direction, d'abord parce qu'il est singulièrement dénué d'humour, ensuite parce qu'au bout d'une quarantaine de minutes, cela tourne un peu en rond. Si j'osais, je dirais qu'à l'image de certains personnages masculins qui se piquent aux hormones, ça bande mou. J'attendais donc avec impatience de voir la fin, qui promettait d'être animée... et j'ai été déçu. Il semblerait que la réalisatrice ait manqué de moyens pour concrétiser ses idées à l'écran. Je suis d'accord avec le fond, mais j'ai trouvé la forme très maladroite, trop kitsch. Dommage, parce qu'au départ, il y avait de l'idée.
Gorgona
Cette Gorgone des temps modernes (un peu dystopiques) pourrait être la mafia masculiniste qui contrôle une cité pétrolière : son chef s'est fait tatouer une tête de Méduse sur le torse... C'est peut-être aussi la fille de ce chef, dont le regard ne pétrifie pas, mais peut provoquer bien des dégâts...
Faire dialoguer des éléments mythologiques grecs avec notre époque est de saison. (A suivre, bientôt : L'Odyssée de Christopher Nolan.) Réemployer du matériau cinématographique à la sauce féministe est aussi une tendance lourde, plutôt dans les films de super-héros... mais la mythologie n'est-elle pas après tout qu'un (lointain) ancêtre des comics peuplés de costumes moulants ?
... Sauf qu'ici les mecs musclés ne sont pas à l'honneur. Ils sont l'incarnation du masculinisme triomphant. Travailleurs manuels, ils gèrent leur exploitation pétrolière, tandis que les femmes sont chargées de les nourrir et de les divertir... de différentes manières.
Cet ordre patriarcal "naturel" est menacé lorsque le chef, se sentant faiblir, décide de procéder à sa succession. Il a l'audace d'autoriser sa fille chérie (Maria) à y concourir, au scandale des gros bras tatoués qui travaillent sous ses ordres. A première vue, la jeune femme ne paie pas de mine, mais cela fait des années qu'en secret son papounet (quand il ne la tripote pas) l'entraîne à la sanglante compétition qui finira, tôt ou tard, par être organisée. De plus, la rugueuse demoiselle possède une botte secrète, qu'elle a sans doute héritée de sa (défunte) mère...
Là-dessus débarque le nouvel objet sexuel du chef, une ravissante chanteuse brune, échangée contre un baril de carburant. (Elle est donc précieuse...) Entre elle et plusieurs membres du gang (masculins comme féminins) commence un jeu de pouvoir et de séduction qui ne peut que mal se terminer...
Cela louche ostensiblement sur l'univers Mad Max (notamment Furiosa) et les films pulp Gindhouse (comme Planète terreur de Tarantino). A un moment (lesbianisme oblige), j'ai aussi pensé à Drive-away dolls. Mais Gorgona ne prend finalement pas tout à fait cette direction, d'abord parce qu'il est singulièrement dénué d'humour, ensuite parce qu'au bout d'une quarantaine de minutes, cela tourne un peu en rond. Si j'osais, je dirais qu'à l'image de certains personnages masculins qui se piquent aux hormones, ça bande mou. J'attendais donc avec impatience de voir la fin, qui promettait d'être animée... et j'ai été déçu. Il semblerait que la réalisatrice ait manqué de moyens pour concrétiser ses idées à l'écran. Je suis d'accord avec le fond, mais j'ai trouvé la forme très maladroite, trop kitsch. Dommage, parce qu'au départ, il y avait de l'idée.
vendredi, 24 juillet 2026
Cowboy Bebop
Cette première partie d'été est décidément riche en classiques de l'animation japonaise. Ainsi, après Ghost in the Shell et Le Tombeau des lucioles, c'est au tour de Cowboy Bebop de ressortir en version restaurée. Précisons qu'il s'agit de l'adaptation en long-métrage d'une série télévisée, qui n'a connu qu'une saison, devenue culte.
Les héros sont les membres d'une équipe de chasseurs de primes, qui représente une famille de substitution en formation... pour peu que chacun y mette du sien. Le plus âgé de la bande est un ancien flic, qui essaie de faire tenir la baraque. Il est associé à deux électrons libres, Faye Valentine et Spike Spiegel. La première est une jeune femme hyper-sexualisée (elle porte des tenues invraisemblables... qui ne permettent pas d'ignorer à quel point elle est bien gaulée), qui souffre de sa passion du jeu, où elle engloutit ses primes. Elle cohabite tant bien que mal avec le second, un expert en arts martiaux, futé, très sûr de lui... tant qu'on n'évoque pas son passé (il a fait partie d'un redoutable gang). Complètent le tableau une gamine douée en informatique (et contorsionniste à ses heures)... ainsi que Ein, un chien d'une intelligence stupéfiante. Je précise qu'il est de race corgi et qu'il est remarquablement animé.
L'intrigue mêle polar et film d'espionnage. Dans un futur proche, l'humanité s'est réfugiée notamment sur Mars, qui a été "terraformée". Les avancées technologiques ont permis de guérir nombre de maladies, mais les sociétés humaines n'en sont pas moins menacées par la criminalité et les complots. L'un d'entre eux a pour projet de répandre une mystérieuse infection, contre laquelle il n'existerait pas de remède.
Pour nos héros, dans un premier temps, il n'est pas question de sauver l'humanité. Faye veut toucher une nouvelle prime, mais sa cible lui échappe... et semble liée au complot. De leur côté, les mecs du groupe sont alléchés par l'énorme montant promis par le gouvernement de Mars à qui permettra de débusquer les terroristes. Spike est d'autant plus impliqué qu'il a affaire à forte partie. L'initiateur du complot est un ancien membre des forces spéciales, qui a survécu à d'étranges expériences. C'est un as du combat rapproché, qui donne beaucoup de fil à retordre à ses poursuivants... jusqu'au combat final, au cœur d'une reproduction de la Tour Eiffel.
C'est feuilletonnesque, emballant, parfois drôle, avec une musique rythmée, souvent jazzy. La mise en images alterne des passages quasi statiques et des séquences virevoltantes, de toute beauté. J'ai passé un très bon moment.
P.S.
La capitale martienne est un mélange de plusieurs mégapoles, notamment Hongkong et... New York, dont on voit une copie des tours jumelles. (Le film est sorti en salles en 2001, peu de temps avant les attentats du 11 septembre.)
00:56 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Cowboy Bebop
Cette première partie d'été est décidément riche en classiques de l'animation japonaise. Ainsi, après Ghost in the Shell et Le Tombeau des lucioles, c'est au tour de Cowboy Bebop de ressortir en version restaurée. Précisons qu'il s'agit de l'adaptation en long-métrage d'une série télévisée, qui n'a connu qu'une saison, devenue culte.
Les héros sont les membres d'une équipe de chasseurs de primes, qui représente une famille de substitution en formation... pour peu que chacun y mette du sien. Le plus âgé de la bande est un ancien flic, qui essaie de faire tenir la baraque. Il est associé à deux électrons libres, Faye Valentine et Spike Spiegel. La première est une jeune femme hyper-sexualisée (elle porte des tenues invraisemblables... qui ne permettent pas d'ignorer à quel point elle est bien gaulée), qui souffre de sa passion du jeu, où elle engloutit ses primes. Elle cohabite tant bien que mal avec le second, un expert en arts martiaux, futé, très sûr de lui... tant qu'on n'évoque pas son passé (il a fait partie d'un redoutable gang). Complètent le tableau une gamine douée en informatique (et contorsionniste à ses heures)... ainsi que Ein, un chien d'une intelligence stupéfiante. Je précise qu'il est de race corgi et qu'il est remarquablement animé.
L'intrigue mêle polar et film d'espionnage. Dans un futur proche, l'humanité s'est réfugiée notamment sur Mars, qui a été "terraformée". Les avancées technologiques ont permis de guérir nombre de maladies, mais les sociétés humaines n'en sont pas moins menacées par la criminalité et les complots. L'un d'entre eux a pour projet de répandre une mystérieuse infection, contre laquelle il n'existerait pas de remède.
Pour nos héros, dans un premier temps, il n'est pas question de sauver l'humanité. Faye veut toucher une nouvelle prime, mais sa cible lui échappe... et semble liée au complot. De leur côté, les mecs du groupe sont alléchés par l'énorme montant promis par le gouvernement de Mars à qui permettra de débusquer les terroristes. Spike est d'autant plus impliqué qu'il a affaire à forte partie. L'initiateur du complot est un ancien membre des forces spéciales, qui a survécu à d'étranges expériences. C'est un as du combat rapproché, qui donne beaucoup de fil à retordre à ses poursuivants... jusqu'au combat final, au cœur d'une reproduction de la Tour Eiffel.
C'est feuilletonnesque, emballant, parfois drôle, avec une musique rythmée, souvent jazzy. La mise en images alterne des passages quasi statiques et des séquences virevoltantes, de toute beauté. J'ai passé un très bon moment.
P.S.
La capitale martienne est un mélange de plusieurs mégapoles, notamment Hongkong et... New York, dont on voit une copie des tours jumelles. (Le film est sorti en salles en 2001, peu de temps avant les attentats du 11 septembre.)
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lundi, 20 juillet 2026
Le Passage
Ce film militant débute par une citation de Shakespeare, puis un plan d'une mégapole états-unienne, au cours duquel on aperçoit une tour portant un nom célèbre... Le décor est planté de manière un peu manichéenne : il y a le camp du Bien et celui du Mal. Je craignais donc le pire.
La suite nous plonge dans ce qui est vraiment du cinéma, avec un découpage en cinq parties, chacune ayant pour titre la fonction d'un protagoniste :
La médecin
Le soldat
Le passeur
Le poète
Le capitaine
Les deux bornes sont constituées par l'histoire des deux personnages les plus attachants : une pédiatre faisant office de chirurgienne dans un hôpital d'Alep (en Syrie), en pleine guerre civile, et le commandant (grec) d'un bateau de garde-côtes, autour de l'île de Lesbos.
La première est Amira que, dès le début, nous voyons dans deux contextes, celui du début des années 2010 et celui, actuel, aux Etats-Unis. Elle s'en est donc sortie, mais au prix d'un périple éprouvant... et ce n'est qu'à la toute fin que l'on comprend vraiment tout ce à quoi elle a dû renoncer. C'est plutôt bien mis en scène. De surcroît, dans la partie syrienne, le réalisateur prend soin de montrer que, bien qu'issue sans doute de la communauté chiite (qui, à l'époque, est plutôt dans le camp de Bachar el-Assad), elle soigne tous les blessés, ce qui n'est pas sans créer quelques tensions...
... notamment avec le soldat, un fervent défenseur du régime, très hostile à ceux qu'il nomme "terroristes", mais qui va commencer à douter. Cette partie ne rebondit pas totalement sur la précédente. Le dispositif n'est pas exactement celui d'un "marabout-de-ficelle", l'histoire suivante ne commençant pas exactement là où la précédente s'est arrêtée. Mais l'on revoit une partie de la séquence sous un autre angle, avec des développements supplémentaires. Le procédé est bien maîtrisé et accroît l'intérêt du film en dépit de ses faiblesses.
Ces faiblesses sont patentes à partir de la troisième histoire, Omar Sy (plutôt à contre-emploi) y incarnant Marwan, un passeur mi-brute cynique, mi-papa poule, en Turquie. L'intérêt de cette partie est de mettre en scène divers passeurs et de ne pas chercher à édulcorer le caractère nuisible de ces individus. Concernant Marwan, la volonté d'adoucir le portrait est trop voyante. Il n'est pas vraisemblable qu'un père laisse quasiment chaque jour un jeune enfant malade seul à son domicile (dont il ne verrouille pas la porte), aucune autre présence adulte n'étant visible à l'horizon. On cherche évidemment à nous faire comprendre que lui aussi est un migrant (peut-être même un réfugié, la confusion entre les deux étant entretenue par le film).
C'est au cours de cette partie que l'on croise le protagoniste de l'histoire suivante, le poète... et là aussi cela se gâte. Les violons sont de sortie, sans modération. On semble avoir accumulé le plus de péripéties possibles pour tirer les larmes des spectateurs. Je suis d'accord avec l'idée que le parcours de certains peut être particulièrement dramatique mais, ici, l'accumulation et la mise en scène ont fini par m'agacer.
Cette quatrième histoire est l'occasion de retrouver (brièvement) la médecin syrienne, que l'on revoit dans la cinquième, où c'est le point de vue grec qui, dans un premier temps, nous est proposé. On a droit à un beau portrait de "capitaine courage", sans négliger de nous présenter des Grecs moins sensibles au sort des migrants.
C'est à la fin que l'on retrouve la médecin, mais aussi des personnages issus de toutes les histoires, ce que j'ai trouvé maladroit. J'ai bien aimé le procédé kaléidoscopique du film, avec des séquences qui, souvent, s'interrompent brutalement, sans livrer une histoire complète. (Mais n'importe quel spectateur doté de quelques neurones comprend comment cela se conclut.) On a visiblement voulu rassurer les spectateurs un peu plus lents à la comprenette et inséré une brochette de fins pas forcément utile.
Du coup, ce film me laisse partagé.
11:07 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société
Le Passage
Ce film militant débute par une citation de Shakespeare, puis un plan d'une mégapole états-unienne, au cours duquel on aperçoit une tour portant un nom célèbre... Le décor est planté de manière un peu manichéenne : il y a le camp du Bien et celui du Mal. Je craignais donc le pire.
La suite nous plonge dans ce qui est vraiment du cinéma, avec un découpage en cinq parties, chacune ayant pour titre la fonction d'un protagoniste :
La médecin
Le soldat
Le passeur
Le poète
Le capitaine
Les deux bornes sont constituées par l'histoire des deux personnages les plus attachants : une pédiatre faisant office de chirurgienne dans un hôpital d'Alep (en Syrie), en pleine guerre civile, et le commandant (grec) d'un bateau de garde-côtes, autour de l'île de Lesbos.
La première est Amira que, dès le début, nous voyons dans deux contextes, celui du début des années 2010 et celui, actuel, aux Etats-Unis. Elle s'en est donc sortie, mais au prix d'un périple éprouvant... et ce n'est qu'à la toute fin que l'on comprend vraiment tout ce à quoi elle a dû renoncer. C'est plutôt bien mis en scène. De surcroît, dans la partie syrienne, le réalisateur prend soin de montrer que, bien qu'issue sans doute de la communauté chiite (qui, à l'époque, est plutôt dans le camp de Bachar el-Assad), elle soigne tous les blessés, ce qui n'est pas sans créer quelques tensions...
... notamment avec le soldat, un fervent défenseur du régime, très hostile à ceux qu'il nomme "terroristes", mais qui va commencer à douter. Cette partie ne rebondit pas totalement sur la précédente. Le dispositif n'est pas exactement celui d'un "marabout-de-ficelle", l'histoire suivante ne commençant pas exactement là où la précédente s'est arrêtée. Mais l'on revoit une partie de la séquence sous un autre angle, avec des développements supplémentaires. Le procédé est bien maîtrisé et accroît l'intérêt du film en dépit de ses faiblesses.
Ces faiblesses sont patentes à partir de la troisième histoire, Omar Sy (plutôt à contre-emploi) y incarnant Marwan, un passeur mi-brute cynique, mi-papa poule, en Turquie. L'intérêt de cette partie est de mettre en scène divers passeurs et de ne pas chercher à édulcorer le caractère nuisible de ces individus. Concernant Marwan, la volonté d'adoucir le portrait est trop voyante. Il n'est pas vraisemblable qu'un père laisse quasiment chaque jour un jeune enfant malade seul à son domicile (dont il ne verrouille pas la porte), aucune autre présence adulte n'étant visible à l'horizon. On cherche évidemment à nous faire comprendre que lui aussi est un migrant (peut-être même un réfugié, la confusion entre les deux étant entretenue par le film).
C'est au cours de cette partie que l'on croise le protagoniste de l'histoire suivante, le poète... et là aussi cela se gâte. Les violons sont de sortie, sans modération. On semble avoir accumulé le plus de péripéties possibles pour tirer les larmes des spectateurs. Je suis d'accord avec l'idée que le parcours de certains peut être particulièrement dramatique mais, ici, l'accumulation et la mise en scène ont fini par m'agacer.
Cette quatrième histoire est l'occasion de retrouver (brièvement) la médecin syrienne, que l'on revoit dans la cinquième, où c'est le point de vue grec qui, dans un premier temps, nous est proposé. On a droit à un beau portrait de "capitaine courage", sans négliger de nous présenter des Grecs moins sensibles au sort des migrants.
C'est à la fin que l'on retrouve la médecin, mais aussi des personnages issus de toutes les histoires, ce que j'ai trouvé maladroit. J'ai bien aimé le procédé kaléidoscopique du film, avec des séquences qui, souvent, s'interrompent brutalement, sans livrer une histoire complète. (Mais n'importe quel spectateur doté de quelques neurones comprend comment cela se conclut.) On a visiblement voulu rassurer les spectateurs un peu plus lents à la comprenette et inséré une brochette de fins pas forcément utile.
Du coup, ce film me laisse partagé.
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dimanche, 19 juillet 2026
Le Héros de Berlin
Décédé avant la sortie de ce film, le réalisateur Wolfgang Becker s'était fait connaître jadis avec Good Bye Lenin !, dont l'acteur principal, Daniel Brühl, vient faire un petit coucou ici. Il n'est pas la seule référence à cette précédente œuvre, dont l'ambiance de fin de RDA filtre à travers l'évocation du rôle de la STASI et l'annonce du trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
En découvrant peu à peu l'ascension d'un mythomane, les cinéphiles penseront aussi à Un Héros très discret (de Jacques Audiard) et au récent Marco, l'énigme d'une vie. Aux contextes de la Guerre civile espagnole et de la Seconde Guerre mondiale succède celui du régime communiste (finissant) est-allemand, avec l'histoire d'une fuite en RER, qui aurait été orchestrée par un employé des chemin de fer tombé dans l'oubli.
L'intrigue suit deux voies parallèles : celle de la relation problématique à la vérité du héros, devenu une quasi-loque humaine, tenant poussivement un vidéo-club au bord de la faillite... et celle des autorités officielles, avides d'encenser un "héros ordinaire" et de renouveler les discours concernant la chute du Mur.
Je n'ai été que moyennement convaincu. Charly Hübner (qui, jadis, a joué dans La Vie des autres, film autrement plus puissant que celui-ci) fait le job dans le rôle d'un pauvre type qui a été mêlé bien malgré lui à une étrange affaire, mais le scénario accumule trop les invraisemblances pour être crédible. La démystification intervient trop tard et la peinture du petit monde politique allemand m'est apparue vraiment caricaturale. (Qu'en ont pensé les Allemands ?)
A côté de cela, il y a bien l'émergence d'une improbable histoire d'amour, pas si mal menée que cela mais, globalement, je trouve le film très ambigu dans son propos, notamment quand il affirme (à plusieurs reprises) que l'histoire n'est qu'un assemblage de mensonges. Il met dans le même sac tous les régimes (totalitaires comme démocratiques) et ne fait pas l'effort de distinguer la politique mémorielle d'un État de l'écriture réelle de l'histoire, par des professionnels rigoureux.
Ce n'est pas déplaisant à suivre, mais c'est décevant. Il y a bien mieux à l'affiche actuellement.
08:55 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Le Héros de Berlin
Décédé avant la sortie de ce film, le réalisateur Wolfgang Becker s'était fait connaître jadis avec Good Bye Lenin !, dont l'acteur principal, Daniel Brühl, vient faire un petit coucou ici. Il n'est pas la seule référence à cette précédente œuvre, dont l'ambiance de fin de RDA filtre à travers l'évocation du rôle de la STASI et l'annonce du trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
En découvrant peu à peu l'ascension d'un mythomane, les cinéphiles penseront aussi à Un Héros très discret (de Jacques Audiard) et au récent Marco, l'énigme d'une vie. Aux contextes de la Guerre civile espagnole et de la Seconde Guerre mondiale succède celui du régime communiste (finissant) est-allemand, avec l'histoire d'une fuite en RER, qui aurait été orchestrée par un employé des chemin de fer tombé dans l'oubli.
L'intrigue suit deux voies parallèles : celle de la relation problématique à la vérité du héros, devenu une quasi-loque humaine, tenant poussivement un vidéo-club au bord de la faillite... et celle des autorités officielles, avides d'encenser un "héros ordinaire" et de renouveler les discours concernant la chute du Mur.
Je n'ai été que moyennement convaincu. Charly Hübner (qui, jadis, a joué dans La Vie des autres, film autrement plus puissant que celui-ci) fait le job dans le rôle d'un pauvre type qui a été mêlé bien malgré lui à une étrange affaire, mais le scénario accumule trop les invraisemblances pour être crédible. La démystification intervient trop tard et la peinture du petit monde politique allemand m'est apparue vraiment caricaturale. (Qu'en ont pensé les Allemands ?)
A côté de cela, il y a bien l'émergence d'une improbable histoire d'amour, pas si mal menée que cela mais, globalement, je trouve le film très ambigu dans son propos, notamment quand il affirme (à plusieurs reprises) que l'histoire n'est qu'un assemblage de mensonges. Il met dans le même sac tous les régimes (totalitaires comme démocratiques) et ne fait pas l'effort de distinguer la politique mémorielle d'un État de l'écriture réelle de l'histoire, par des professionnels rigoureux.
Ce n'est pas déplaisant à suivre, mais c'est décevant. Il y a bien mieux à l'affiche actuellement.
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vendredi, 17 juillet 2026
The Last Viking
S'il n'en reste qu'un (de Viking), alors ce sera (peut-être) Manfred... sauf que l'ancien gamin amateur de runes et porteur de casque à cornes se prend désormais pour... John Lennon. Une quinzaine d'années auparavant, il fut le dernier recours de son frère, un braqueur de banque qui lui a confié sa part de butin, avec pour mission de la cacher en attendant qu'il sorte de prison. Le duo de frangins va se retrouver embarqué dans d'abracadabrantesques aventures, pour notre plus grand plaisir.
Pourtant, le binôme est des plus classiques. A voir Anker le brutal et Manfred/John le barjot, on a l'impression de retrouver Gérard Depardieu/Lino Ventura/Gérard Lanvin, accompagné de Pierre Richard/Jacques Brel/Benoît Poelvoorde.
Cela fonctionne, parce que les acteurs sont excellents, au premier rang desquels un Mads Mikkelsen aussi fantastique que méconnaissable. La comédien impressionne dans ce rôle décalé, plus subtil qu'il n'en a l'air.
L'intrigue non plus n'est pas hyper-inventive, puisqu'un gros sac de pognon est au cœur de toutes les convoitises, celle des frangins, mais aussi celle de l'ancien partenaire du taulard... et celle de la tenancière d'un gîte rural. On finit par avoir l'impression que les frères Coen ont débarqué au Danemark ou en Suède.
Le polar se double d'un arrière-plan sociétal, principalement familial, les gamins (et leur sœur aînée) ayant été élevés par un père alcoolique et ultra-violent. On pense que cela explique leurs actuels troubles du comportement... mais on ne nous dit pas tout. Il faut vraiment attendre la fin pour bien comprendre la nature des traumatismes et les motivations profondes des uns et des autres.
D'ici là, on aura passé un savoureux moment en compagnie d'une bande de doux dingues, un prétendu psychiatre ayant la folle idée de reconstituer les Beatles... à partir d'une sélection de malades mentaux se prenant pour tel ou tel membre du groupe... l'un d'entre eux (aux personnalités multiples) alternant entre Paul McCartney, George Harrison, Björn (du groupe Abba) et... Heinrich Himmler. Tout cela se conclut en pleine forêt où, quand on creuse un trou, on ne sait pas forcément ce sur quoi on va tomber...
23:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
The Last Viking
S'il n'en reste qu'un (de Viking), alors ce sera (peut-être) Manfred... sauf que l'ancien gamin amateur de runes et porteur de casque à cornes se prend désormais pour... John Lennon. Une quinzaine d'années auparavant, il fut le dernier recours de son frère, un braqueur de banque qui lui a confié sa part de butin, avec pour mission de la cacher en attendant qu'il sorte de prison. Le duo de frangins va se retrouver embarqué dans d'abracadabrantesques aventures, pour notre plus grand plaisir.
Pourtant, le binôme est des plus classiques. A voir Anker le brutal et Manfred/John le barjot, on a l'impression de retrouver Gérard Depardieu/Lino Ventura/Gérard Lanvin, accompagné de Pierre Richard/Jacques Brel/Benoît Poelvoorde.
Cela fonctionne, parce que les acteurs sont excellents, au premier rang desquels un Mads Mikkelsen aussi fantastique que méconnaissable. La comédien impressionne dans ce rôle décalé, plus subtil qu'il n'en a l'air.
L'intrigue non plus n'est pas hyper-inventive, puisqu'un gros sac de pognon est au cœur de toutes les convoitises, celle des frangins, mais aussi celle de l'ancien partenaire du taulard... et celle de la tenancière d'un gîte rural. On finit par avoir l'impression que les frères Coen ont débarqué au Danemark ou en Suède.
Le polar se double d'un arrière-plan sociétal, principalement familial, les gamins (et leur sœur aînée) ayant été élevés par un père alcoolique et ultra-violent. On pense que cela explique leurs actuels troubles du comportement... mais on ne nous dit pas tout. Il faut vraiment attendre la fin pour bien comprendre la nature des traumatismes et les motivations profondes des uns et des autres.
D'ici là, on aura passé un savoureux moment en compagnie d'une bande de doux dingues, un prétendu psychiatre ayant la folle idée de reconstituer les Beatles... à partir d'une sélection de malades mentaux se prenant pour tel ou tel membre du groupe... l'un d'entre eux (aux personnalités multiples) alternant entre Paul McCartney, George Harrison, Björn (du groupe Abba) et... Heinrich Himmler. Tout cela se conclut en pleine forêt où, quand on creuse un trou, on ne sait pas forcément ce sur quoi on va tomber...
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mercredi, 15 juillet 2026
Kayara, princesse inca
Ce bref film d'animation (1h20) se situe dans la lignée de la précédente œuvre de son réalisateur Cesar Zelada : Ainbo, princesse d'Amazonie. Il conte l'histoire d'une émancipation féminine, celle de l'héroïne qui, de surcroît, va sauver son peuple.
Attention toutefois : celle-ci n'est pas plus princesse que "caillera", même si c'est une rebelle, fille unique d'un chasqui... dont la fonction (contrairement à ce qu'une homophonie facile pourrait laisser croire) n'est pas de s'occuper des chasse-neige et des après-ski.
C'est l'un des intérêts de cette modeste production plutôt destinée aux enfants : l'insertion d'éléments civilisationnels dans l'intrigue, liés aux Incas et à d'autres peuples amérindiens, au début du XVIe siècle.
Dans un premier temps, le propos se veut surtout féministe, avec une gamine débrouillarde qui veut braver une société patriarcale qui interdit aux femmes d'exercer la fonction de messager, quand bien même elles seraient douées à la course. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment Kayara va parvenir à ses fins... Dans la salle, même les petits garçons étaient captivés. (Il faut dire que le meilleur ami de l'héroïne est le fils de l'empereur inca, un jeune gars plutôt sympa... mais pas très enclin à bousculer les traditions.)
La suite voit se déployer un complot, dont je ne révèlerai rien. Sachez que, pour des adultes, c'est limpide. C'est donc compréhensible par de jeunes enfants. La situation va toutefois se compliquer avec l'arrivée de mystérieux étrangers, sur de grands bateaux à voile... eh, oui, les Espagnols sont (tardivement) de la partie !
Entre messages codés, quipus, poisons, passages secrets et divinités de la nature, on ne s'ennuie pas, même si l'intrigue est, pour des adultes, conduite de manière simpliste (voire naïve), les problèmes se résolvant assez rapidement. Au niveau de l'animation, c'est correct, sans plus. On passe un agréable moment (au frais)... et on apprend deux-trois trucs sur les cultures précolombiennes.
Kayara, princesse inca
Ce bref film d'animation (1h20) se situe dans la lignée de la précédente œuvre de son réalisateur Cesar Zelada : Ainbo, princesse d'Amazonie. Il conte l'histoire d'une émancipation féminine, celle de l'héroïne qui, de surcroît, va sauver son peuple.
Attention toutefois : celle-ci n'est pas plus princesse que "caillera", même si c'est une rebelle, fille unique d'un chasqui... dont la fonction (contrairement à ce qu'une homophonie facile pourrait laisser croire) n'est pas de s'occuper des chasse-neige et des après-ski.
C'est l'un des intérêts de cette modeste production plutôt destinée aux enfants : l'insertion d'éléments civilisationnels dans l'intrigue, liés aux Incas et à d'autres peuples amérindiens, au début du XVIe siècle.
Dans un premier temps, le propos se veut surtout féministe, avec une gamine débrouillarde qui veut braver une société patriarcale qui interdit aux femmes d'exercer la fonction de messager, quand bien même elles seraient douées à la course. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment Kayara va parvenir à ses fins... Dans la salle, même les petits garçons étaient captivés. (Il faut dire que le meilleur ami de l'héroïne est le fils de l'empereur inca, un jeune gars plutôt sympa... mais pas très enclin à bousculer les traditions.)
La suite voit se déployer un complot, dont je ne révèlerai rien. Sachez que, pour des adultes, c'est limpide. C'est donc compréhensible par de jeunes enfants. La situation va toutefois se compliquer avec l'arrivée de mystérieux étrangers, sur de grands bateaux à voile... eh, oui, les Espagnols sont (tardivement) de la partie !
Entre messages codés, quipus, poisons, passages secrets et divinités de la nature, on ne s'ennuie pas, même si l'intrigue est, pour des adultes, conduite de manière simpliste (voire naïve), les problèmes se résolvant assez rapidement. Au niveau de l'animation, c'est correct, sans plus. On passe un agréable moment (au frais)... et on apprend deux-trois trucs sur les cultures précolombiennes.
mardi, 14 juillet 2026
Jim Queen
A priori, les histoires d'homos (plus ou moins) bodybuildés, c'est pas trop mon truc... mais le bouche-à-oreille étant bon, la forme animée m'intéressant, je me suis offert une petite séance climatisée supplémentaire par temps caniculaire.
Cela démarre sur les chapeaux de roues, avec une scène clinquante, qui joue sur les clichés homosexuels (masculins, les lesbiennes étant quasi absentes de cette histoire). J'ai trouvé cela très bon, avec de l'autodérision... et c'était nécessaire, puisque l'un des deux héros, Jim Parfait, est (du moins au début) un connard égocentrique. On présume que les épreuves qu'il va rencontrer vont le rendre plus empathique... notamment grâce à Lucien, le fils de bonne famille qui, à 23 ans, n'est pas encore "sorti du placard".
L'habileté des scénaristes est de réemployer des éléments authentiques (l'épidémie de sida, les thérapies de conversion à l'américaine, l'homophobie réelle de certains politiques français...), pour en faire autre chose. Ainsi, la pandémie qui frappe peu à peu les homos est "l'hétérose", dont les symptômes sont particulièrement cocasses : les "malades" perdent leurs abdos plaque de chocolat et ils se mettent à aimer le football ! Les plus fanatiques de la "communauté", regroupés dans l'immeuble "Gaystapo" ont recours à des méthodes extrêmement brutales pour faire revenir les "infectés" dans le droit chemin (rectal)... eh, oui, chez les homos, y a des fachos !
Cela ne dure qu'1h25, mais c'est bourré de détails, souvent drôles (et crus...), comme ces flashs info de Bollo News (décalque évident de CNews), durant lesquels il faut particulièrement s'intéresser à ce qui s'inscrit au bas de l'écran... J'ai aussi aimé le recours au médecin miracle, le docteur Ragoult, qui, pour guérir les victimes de l'hétérose, propose un mystérieux remède, la chloroqueen...
Au niveau du dessin, ce n'est pas très élaboré. Cela rappelle beaucoup les productions télévisuelles japonaises des années 1990, mais c'est efficace. On passe un bon moment.
23:13 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Jim Queen
A priori, les histoires d'homos (plus ou moins) bodybuildés, c'est pas trop mon truc... mais le bouche-à-oreille étant bon, la forme animée m'intéressant, je me suis offert une petite séance climatisée supplémentaire par temps caniculaire.
Cela démarre sur les chapeaux de roues, avec une scène clinquante, qui joue sur les clichés homosexuels (masculins, les lesbiennes étant quasi absentes de cette histoire). J'ai trouvé cela très bon, avec de l'autodérision... et c'était nécessaire, puisque l'un des deux héros, Jim Parfait, est (du moins au début) un connard égocentrique. On présume que les épreuves qu'il va rencontrer vont le rendre plus empathique... notamment grâce à Lucien, le fils de bonne famille qui, à 23 ans, n'est pas encore "sorti du placard".
L'habileté des scénaristes est de réemployer des éléments authentiques (l'épidémie de sida, les thérapies de conversion à l'américaine, l'homophobie réelle de certains politiques français...), pour en faire autre chose. Ainsi, la pandémie qui frappe peu à peu les homos est "l'hétérose", dont les symptômes sont particulièrement cocasses : les "malades" perdent leurs abdos plaque de chocolat et ils se mettent à aimer le football ! Les plus fanatiques de la "communauté", regroupés dans l'immeuble "Gaystapo" ont recours à des méthodes extrêmement brutales pour faire revenir les "infectés" dans le droit chemin (rectal)... eh, oui, chez les homos, y a des fachos !
Cela ne dure qu'1h25, mais c'est bourré de détails, souvent drôles (et crus...), comme ces flashs info de Bollo News (décalque évident de CNews), durant lesquels il faut particulièrement s'intéresser à ce qui s'inscrit au bas de l'écran... J'ai aussi aimé le recours au médecin miracle, le docteur Ragoult, qui, pour guérir les victimes de l'hétérose, propose un mystérieux remède, la chloroqueen...
Au niveau du dessin, ce n'est pas très élaboré. Cela rappelle beaucoup les productions télévisuelles japonaises des années 1990, mais c'est efficace. On passe un bon moment.
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lundi, 13 juillet 2026
Vaiana (le film)
Dix ans après la version animée (mais moins de deux ans après le deuxième épisode), Disney relance la machine à cash en proposant une nouvelle mouture, avec des comédiens en graisse et en os (des Polynésiens en surpoids, plus ou moins musclés). J'ai l'impression que les scénaristes ne se sont pas foulés : ils ont copié la trame originale.
Le début prend donc la forme d'une carte postale d'une île de l'océan Pacifique, dont les habitants, entre deux danses collectives, ne se nourriraient que de poissons et de noix de coco. (Va comprendre d'où viennent tous ces bourrelets...) Ah, oui, au fait : ils chantent toujours. En version française, cela ne s'est pas amélioré par rapport au film d'animation.
La morale de l'histoire n'a donc pas changé : les parents doivent apprendre à lâcher du lest vis-à-vis de leur progéniture. Quant aux enfants, on leur dit que, si partir à l'aventure semble enthousiasmant, ce n'est pas sans risque, et qu'il ne faut pas se décourager à la première difficulté.
Les effets spéciaux sont de qualité et compensent la médiocrité de la caractérisation des personnages. Dès qu'il est question de l'océan ou du monde animal, c'est épatant : baleine, raie, crabe géant sont superbement rendus, dans de magnifiques décors. En revanche, le poulet est toujours aussi agaçant. Dommage qu'on ne voie pas plus le petit cochon, pas mal du tout dans sa version numérique.
L'intrigue devient intéressante quand Vaiana rencontre le demi-dieu Maui. Dwayne Johnson est parfait dans le rôle, auquel il apportait déjà sa voix dans la version originale animée. (De surcroît, il coproduit le film.) Du coup, dans la VF, c'est l'excellent David Krüger qu'on entend, alors qu'il y a dix ans, on avait confié le doublage du personnage à Anthony Kavanagh. Même si voir le musculeux acteur avec tout plein de cheveux est quelque peu perturbant, de prime abord, son sens de l'auto-dérision et ses tatouages animés emportent l'adhésion.
De son côté, dans le rôle-titre, la jeune Catherine Laga'aia n'est pas indigne, mais ne fait pas d'étincelles. (On remarque que, contrairement à la comédienne qui l'incarne enfant, qui est un peu boulotte, l'adolescente est elle bien svelte. On reste dans les canons hollywoodiens...)
Les séquences avec le crabe géant et le monstre volcanique sont vraiment emballantes (sur le plan visuel) mais, si l'on connaît déjà l'histoire, cela manque un peu de sel.
Les enfants s'y retrouveront plus que les (grands)parents.
19:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Vaiana (le film)
Dix ans après la version animée (mais moins de deux ans après le deuxième épisode), Disney relance la machine à cash en proposant une nouvelle mouture, avec des comédiens en graisse et en os (des Polynésiens en surpoids, plus ou moins musclés). J'ai l'impression que les scénaristes ne se sont pas foulés : ils ont copié la trame originale.
Le début prend donc la forme d'une carte postale d'une île de l'océan Pacifique, dont les habitants, entre deux danses collectives, ne se nourriraient que de poissons et de noix de coco. (Va comprendre d'où viennent tous ces bourrelets...) Ah, oui, au fait : ils chantent toujours. En version française, cela ne s'est pas amélioré par rapport au film d'animation.
La morale de l'histoire n'a donc pas changé : les parents doivent apprendre à lâcher du lest vis-à-vis de leur progéniture. Quant aux enfants, on leur dit que, si partir à l'aventure semble enthousiasmant, ce n'est pas sans risque, et qu'il ne faut pas se décourager à la première difficulté.
Les effets spéciaux sont de qualité et compensent la médiocrité de la caractérisation des personnages. Dès qu'il est question de l'océan ou du monde animal, c'est épatant : baleine, raie, crabe géant sont superbement rendus, dans de magnifiques décors. En revanche, le poulet est toujours aussi agaçant. Dommage qu'on ne voie pas plus le petit cochon, pas mal du tout dans sa version numérique.
L'intrigue devient intéressante quand Vaiana rencontre le demi-dieu Maui. Dwayne Johnson est parfait dans le rôle, auquel il apportait déjà sa voix dans la version originale animée. (De surcroît, il coproduit le film.) Du coup, dans la VF, c'est l'excellent David Krüger qu'on entend, alors qu'il y a dix ans, on avait confié le doublage du personnage à Anthony Kavanagh. Même si voir le musculeux acteur avec tout plein de cheveux est quelque peu perturbant, de prime abord, son sens de l'auto-dérision et ses tatouages animés emportent l'adhésion.
De son côté, dans le rôle-titre, la jeune Catherine Laga'aia n'est pas indigne, mais ne fait pas d'étincelles. (On remarque que, contrairement à la comédienne qui l'incarne enfant, qui est un peu boulotte, l'adolescente est elle bien svelte. On reste dans les canons hollywoodiens...)
Les séquences avec le crabe géant et le monstre volcanique sont vraiment emballantes (sur le plan visuel) mais, si l'on connaît déjà l'histoire, cela manque un peu de sel.
Les enfants s'y retrouveront plus que les (grands)parents.
19:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Kill Bill - The Whole Bloody Affair
C'est sans contestation possible la sortie en salles la plus intéressante de cette semaine. Ce (double) film culte de Quentin Tarantino nous revient dans la version director's cut, avec un petit bonus en toute fin.
Il s'agit donc d'une séance de 4h35, ce qui, par ces temps caniculaires, constitue un long et agréable séjour en zone climatisée (surtout si l'on ajoute les bandes-annonces, les publicités... et l'attente avant l'accès à la salle). En théorie, cette version intégrale est coupée par un entracte... que les exploitants choisissent de marquer ou pas. Là où je l'ai vu, une pause de quinze minutes a été pratiquée, la salle restant obscure, avec un écran fixe. Tout le monde est sorti se dégourdir les jambes et/ou faire un petit (ou un gros) pissou. Trois personnes ne sont pas revenues dans la salle (un couple et leur fils adolescent)... et elles ont bien eu tort, parce que la seconde partie est encore meilleure que la première... et que c'est à la fin de celle-ci que l'on a droit au bonus.
Mais revenons à la première partie qui, par certains aspects (notamment l'exagération "sauce-tomatesque") peut sembler avoir vieilli, mais où le savoir-faire de Tarantino est déjà à l’œuvre. Mes deux séquences préférées sont celle de l'hôpital (qui, aujourd'hui, fait curieusement écho à l'affaire Pelicot) et celle du massacre des "Crazy 88", une boucherie gargantuesque... et une orgie cinématographique. Tarantino est quand même bigrement bon dans la démesure, ainsi que dans les ruptures de ton. Dans ce domaine, outre le montage, les dialogues jouent un rôle fondamental, soit qu'ils retardent volontairement le surgissement de la scène violente que tout le monde attend, soit qu'ils en cassent le rythme, de manière incongrue... et furieusement drôle. Je pense notamment, évidemment, au retour de l'école de l'enfant d'une ex-tueuse...
J'ai quand même préféré la seconde partie, elle aussi construite de manière apparemment abracadabrantesque, les chapitres ne se suivant pas chronologiquement. Mes coups de cœur vont à l'inhumation de l'héroïne (scène qui, paraît-il, fut particulièrement difficile à tourner pour Uma Thurman) et à la baston entre Elle Driver (Daryl Hannah) et Beatrix Kiddo (Uma, étincelante de rage et de beauté). Plus de vingt ans après, cela reste un gros kif... et je ne peux pas ne pas parler de la séquence de formation de l'héroïne, l'un des nombreux hommages du film, ici au genre kung-fu. Gordon Liu y est formidable. (L'une des spectatrices a quitté la salle à ce moment-là.)
Tarantino a beau avoir créé sa propre histoire, il ne cesse de faire référence aux films qui l'ont influencé, du western-spaghetti au sabre japonais, en passant par le manga, les productions hongkongaises... et même françaises : Georges Lautner est cité dans le générique de fin et la musique de l'un de ses films est utilisée dans la partie II. (A toutes fins utiles, je rappelle que G. Lautner est le réalisateur, entre autres, des Tontons flingueurs, du Monocle noir, des Barbouzes, du Pacha, du Professionnel...)
Et donc, au bout du bout du bout du générique de fin, on nous propose... une séquence animée. (On en a déjà vu une dans la partie I, qui évoque la jeunesse de l'une des tueuses que Beatrix veut dézinguer.) Elle constituerait "le dossier (ou chapitre) retrouvé" et confronte l'héroïne à une redoutable adversaire, avide elle aussi de vengeance... Mouais, bof.
Pour le reste, je me suis régalé... et, quand je suis sorti du cinéma, il faisait bon.
00:12 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Kill Bill - The Whole Bloody Affair
C'est sans contestation possible la sortie en salles la plus intéressante de cette semaine. Ce (double) film culte de Quentin Tarantino nous revient dans la version director's cut, avec un petit bonus en toute fin.
Il s'agit donc d'une séance de 4h35, ce qui, par ces temps caniculaires, constitue un long et agréable séjour en zone climatisée (surtout si l'on ajoute les bandes-annonces, les publicités... et l'attente avant l'accès à la salle). En théorie, cette version intégrale est coupée par un entracte... que les exploitants choisissent de marquer ou pas. Là où je l'ai vu, une pause de quinze minutes a été pratiquée, la salle restant obscure, avec un écran fixe. Tout le monde est sorti se dégourdir les jambes et/ou faire un petit (ou un gros) pissou. Trois personnes ne sont pas revenues dans la salle (un couple et leur fils adolescent)... et elles ont bien eu tort, parce que la seconde partie est encore meilleure que la première... et que c'est à la fin de celle-ci que l'on a droit au bonus.
Mais revenons à la première partie qui, par certains aspects (notamment l'exagération "sauce-tomatesque") peut sembler avoir vieilli, mais où le savoir-faire de Tarantino est déjà à l’œuvre. Mes deux séquences préférées sont celle de l'hôpital (qui, aujourd'hui, fait curieusement écho à l'affaire Pelicot) et celle du massacre des "Crazy 88", une boucherie gargantuesque... et une orgie cinématographique. Tarantino est quand même bigrement bon dans la démesure, ainsi que dans les ruptures de ton. Dans ce domaine, outre le montage, les dialogues jouent un rôle fondamental, soit qu'ils retardent volontairement le surgissement de la scène violente que tout le monde attend, soit qu'ils en cassent le rythme, de manière incongrue... et furieusement drôle. Je pense notamment, évidemment, au retour de l'école de l'enfant d'une ex-tueuse...
J'ai quand même préféré la seconde partie, elle aussi construite de manière apparemment abracadabrantesque, les chapitres ne se suivant pas chronologiquement. Mes coups de cœur vont à l'inhumation de l'héroïne (scène qui, paraît-il, fut particulièrement difficile à tourner pour Uma Thurman) et à la baston entre Elle Driver (Daryl Hannah) et Beatrix Kiddo (Uma, étincelante de rage et de beauté). Plus de vingt ans après, cela reste un gros kif... et je ne peux pas ne pas parler de la séquence de formation de l'héroïne, l'un des nombreux hommages du film, ici au genre kung-fu. Gordon Liu y est formidable. (L'une des spectatrices a quitté la salle à ce moment-là.)
Tarantino a beau avoir créé sa propre histoire, il ne cesse de faire référence aux films qui l'ont influencé, du western-spaghetti au sabre japonais, en passant par le manga, les productions hongkongaises... et même françaises : Georges Lautner est cité dans le générique de fin et la musique de l'un de ses films est utilisée dans la partie II. (A toutes fins utiles, je rappelle que G. Lautner est le réalisateur, entre autres, des Tontons flingueurs, du Monocle noir, des Barbouzes, du Pacha, du Professionnel...)
Et donc, au bout du bout du bout du générique de fin, on nous propose... une séquence animée. (On en a déjà vu une dans la partie I, qui évoque la jeunesse de l'une des tueuses que Beatrix veut dézinguer.) Elle constituerait "le dossier (ou chapitre) retrouvé" et confronte l'héroïne à une redoutable adversaire, avide elle aussi de vengeance... Mouais, bof.
Pour le reste, je me suis régalé... et, quand je suis sorti du cinéma, il faisait bon.
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samedi, 11 juillet 2026
On l'appelait Robin des Bois
Quelque part sur la lande anglaise, au XIIIe siècle, un homme âgé, barbu, aux longs cheveux gris, se repose. Cet homme est une légende vivante... et un hors-la-loi parfois détesté : Robin des Bois.
Hugh Jackman a beau lui prêter son corps musculeux, on sent que le héros a perdu de sa superbe. Pour preuve : il a parfois du mal à bander... son arc. Mais il a encore de la réserve, comme vont le découvrir quelques sacripants, dans la première partie de l'histoire.
En attendant ces moments homicidaires, on nous propose la rencontre entre le vieux solitaire et une jeune femme. J'ai bien aimé cette introduction, économe en dialogues, tirant profit de paysages superbes... et nous laissant dans l'incertitude quant à la conclusion de la scène.
La suite voit Robin retrouver Petit-Jean (Bill Skarsgård, lui aussi très bien). Mais, les concernant, on est loin de la lutte contre l'odieux shérif de Nottingham et le perfide Jean-sans-terre. On a l'impression de voir deux délinquants qui se retrouvent des années après leur dernier forfait. Là est le cœur du sujet, l'écart (présumé) entre la légende de Robin des Bois et la réalité de son existence. Robin ne veut plus qu'on évoque devant lui ces chansons populaires, véritables contes pour enfants qui masqueraient les aspects sombres de son existence... et enjoliveraient ses faits d'armes.
Le retour à la réalité prend la forme d'une vendetta, où la vengeance succède à la vengeance, sans fin. C'est du brutal, sans fioriture, filmé souvent en lumières naturelles, au soleil levant, couchant ou à la lueur de chandelles, voire d'un incendie. J'ai beaucoup aimé cette partie, qui montre la lutte entre les instincts primaires et la civilisation.
La seconde partie voit Robin débarquer dans une île-refuge, tenue par une charmante nonne qui, à l'instar d'autres habitants, tient à garder secrète une partie de son passé. Celui de Robin (récent comme ancien) va d'ailleurs ressurgir, à plusieurs reprises. Le changement de ton est impressionnant. L'atmosphère est plus douce, en partie grâce à l'interprétation de Jodie Comer, vue notamment dans Free Guy et Le Dernier Duel.
Malheureusement, l'intrigue s'étire (inutilement) et la troisième partie nous emmène sur un chemin balisé (expiatoire) qui ne m'a guère convaincu. C'est dommage, parce que ce film est bien joué, parfois visuellement emballant, sous la patte de Michael Sarnoski, qui, en 2024, avait signé Sans un bruit : jour 1.
14:34 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
On l'appelait Robin des Bois
Quelque part sur la lande anglaise, au XIIIe siècle, un homme âgé, barbu, aux longs cheveux gris, se repose. Cet homme est une légende vivante... et un hors-la-loi parfois détesté : Robin des Bois.
Hugh Jackman a beau lui prêter son corps musculeux, on sent que le héros a perdu de sa superbe. Pour preuve : il a parfois du mal à bander... son arc. Mais il a encore de la réserve, comme vont le découvrir quelques sacripants, dans la première partie de l'histoire.
En attendant ces moments homicidaires, on nous propose la rencontre entre le vieux solitaire et une jeune femme. J'ai bien aimé cette introduction, économe en dialogues, tirant profit de paysages superbes... et nous laissant dans l'incertitude quant à la conclusion de la scène.
La suite voit Robin retrouver Petit-Jean (Bill Skarsgård, lui aussi très bien). Mais, les concernant, on est loin de la lutte contre l'odieux shérif de Nottingham et le perfide Jean-sans-terre. On a l'impression de voir deux délinquants qui se retrouvent des années après leur dernier forfait. Là est le cœur du sujet, l'écart (présumé) entre la légende de Robin des Bois et la réalité de son existence. Robin ne veut plus qu'on évoque devant lui ces chansons populaires, véritables contes pour enfants qui masqueraient les aspects sombres de son existence... et enjoliveraient ses faits d'armes.
Le retour à la réalité prend la forme d'une vendetta, où la vengeance succède à la vengeance, sans fin. C'est du brutal, sans fioriture, filmé souvent en lumières naturelles, au soleil levant, couchant ou à la lueur de chandelles, voire d'un incendie. J'ai beaucoup aimé cette partie, qui montre la lutte entre les instincts primaires et la civilisation.
La seconde partie voit Robin débarquer dans une île-refuge, tenue par une charmante nonne qui, à l'instar d'autres habitants, tient à garder secrète une partie de son passé. Celui de Robin (récent comme ancien) va d'ailleurs ressurgir, à plusieurs reprises. Le changement de ton est impressionnant. L'atmosphère est plus douce, en partie grâce à l'interprétation de Jodie Comer, vue notamment dans Free Guy et Le Dernier Duel.
Malheureusement, l'intrigue s'étire (inutilement) et la troisième partie nous emmène sur un chemin balisé (expiatoire) qui ne m'a guère convaincu. C'est dommage, parce que ce film est bien joué, parfois visuellement emballant, sous la patte de Michael Sarnoski, qui, en 2024, avait signé Sans un bruit : jour 1.
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mardi, 07 juillet 2026
Supergirl
On avait entraperçu ce personnage dans le dernier Superman. Voici donc le long-métrage consacré à la cousine rebelle de l'Homme au Grand Slip rouge, ce super-héros bien comme il faut qu'elle surnomme « the nerd » dans la version originale.
Milly Alcock (sorte de Sydney Sweeney de secours) prête sa plastique avantageuse au personnage principal, celui d'une adulescente alcoolique et fêtarde, dont on découvre la chambre d'étudiante l'intérieur de la capsule spatiale au début de l'histoire. Cela sent visiblement l'alcool, la pisse de chien (Merci, Krypto !), la transpiration, la nourriture avariée et, aussi, sans doute, un peu, la foufoune pas propre. La caractérisation classieuse de l'héroïne culmine dans les scènes où on la voit vomir ou uriner. (Je rassure les âmes délicates : cela s'arrange par la suite.)
Qu'est-ce qui fait changer Kara (prénom officiel de la supermeuf) ? Le fait qu'on s'en prenne à son chien... et l'obstination d'une orpheline vengeresse, plus accrochée à elle que ses morpions pubiens. Du coup, l'intrigue de ce qui ressemble tout de même à un roman de formation ne conduit pas l'héroïne à trouver le prince charmant (ni la princesse charmante). Elle est plutôt amenée à corriger, en toute sororité, une bande de gros vilains, d'horribles masculinistes percés et tatoués, dirigés par un cinglé de première, fort bien incarné par un Matthias Schoenaerts halluciné.
Du coup, cela manque de mâle positif. Il y aurait bien la génération d'avant, mais le paternel dévoué à sa patrie a échoué... et il est mort. Superman fait trop boy-scout et tous les autres mecs sont soit des lâches, soit des salopards... à l'exception, peut-être, de Lobo, un chasseur de primes un peu lourdingue (il se prend pour un dieu vivant), mais sympatoche au fond, d'autant qu'il est interprété par Jason Momoa.
L'histoire est très prévisible, mais servie par une mise en scène dynamique, de bons effets spéciaux et un zeste d'humour. (Le réal Gillespie s'est fait connaître avec The Finest Hours, Moi, Tonya et Cruella.) Ce n'est pas un grand DC, juste un honnête divertissement, dans l'air du temps.
19:49 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Supergirl
On avait entraperçu ce personnage dans le dernier Superman. Voici donc le long-métrage consacré à la cousine rebelle de l'Homme au Grand Slip rouge, ce super-héros bien comme il faut qu'elle surnomme « the nerd » dans la version originale.
Milly Alcock (sorte de Sydney Sweeney de secours) prête sa plastique avantageuse au personnage principal, celui d'une adulescente alcoolique et fêtarde, dont on découvre la chambre d'étudiante l'intérieur de la capsule spatiale au début de l'histoire. Cela sent visiblement l'alcool, la pisse de chien (Merci, Krypto !), la transpiration, la nourriture avariée et, aussi, sans doute, un peu, la foufoune pas propre. La caractérisation classieuse de l'héroïne culmine dans les scènes où on la voit vomir ou uriner. (Je rassure les âmes délicates : cela s'arrange par la suite.)
Qu'est-ce qui fait changer Kara (prénom officiel de la supermeuf) ? Le fait qu'on s'en prenne à son chien... et l'obstination d'une orpheline vengeresse, plus accrochée à elle que ses morpions pubiens. Du coup, l'intrigue de ce qui ressemble tout de même à un roman de formation ne conduit pas l'héroïne à trouver le prince charmant (ni la princesse charmante). Elle est plutôt amenée à corriger, en toute sororité, une bande de gros vilains, d'horribles masculinistes percés et tatoués, dirigés par un cinglé de première, fort bien incarné par un Matthias Schoenaerts halluciné.
Du coup, cela manque de mâle positif. Il y aurait bien la génération d'avant, mais le paternel dévoué à sa patrie a échoué... et il est mort. Superman fait trop boy-scout et tous les autres mecs sont soit des lâches, soit des salopards... à l'exception, peut-être, de Lobo, un chasseur de primes un peu lourdingue (il se prend pour un dieu vivant), mais sympatoche au fond, d'autant qu'il est interprété par Jason Momoa.
L'histoire est très prévisible, mais servie par une mise en scène dynamique, de bons effets spéciaux et un zeste d'humour. (Le réal Gillespie s'est fait connaître avec The Finest Hours, Moi, Tonya et Cruella.) Ce n'est pas un grand DC, juste un honnête divertissement, dans l'air du temps.
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lundi, 06 juillet 2026
Notre Histoire - Chroniques du Caire
Abu Bakr Shawky a puisé dans son histoire familiale pour écrire le scénario de cette fiction historique, à la fois dramatique, colorée et (parfois) humoristique, dont l'action se déroule de 1967 à la seconde moitié des années 1980, sous les présidences successives de Gamal Abdel Nasser, Anouar el-Sadate et Hosni Moubarak.
L'arrière-plan politique intervient doublement dans la saga familiale, puisque les fils sont susceptibles d'être mobilisés dans le cadre des conflits israélo-arabes (en 1967 pour la Guerre des Six-Jours et en 1973 pour celle de Kippour)... et qu'il convient d'être très prudent quand on émet une opinion politique dans un pays qui est une dictature militaire... très policée. A cet égard, la manière dont deux membres de la famille, à vingt ans d'intervalle, vont gaffer, ne manque pas de saveur...
Cette famille réside presque entièrement dans le même appartement, où se côtoient quotidiennement le père, la mère, trois oncles, trois fils, bientôt une belle-fille... et même le voisin du dessus, qui ne supporte pas d'entendre le héros s'exercer au piano... mais vient soutenir ses voisins quand l'équipe locale, dont ils sont fans, dispute un match, le plus souvent perdu...
J'ai été particulièrement sensible aux trois oncles, trois "tontons" aux tempéraments différents... et bien affirmés. L'un d'entre eux a le statut de porte-malheur, plusieurs péripéties permettant de vérifier cette incroyable réputation ! Mais le personnage qui réserve le plus de surprises est sans doute celui de la mère, qui connaît de beaux développements dans la seconde partie de l'intrigue.
La musique est omniprésente dans cette histoire, la populaire comme l'élitiste. On découvre la première dans l'appartement familial et chez les parents de la dulcinée autrichienne, tandis que la classique est la passion du héros Ahmed (sans doute le père du réalisateur). Jeune pianiste doué, il décroche une bourse pour un conservatoire autrichien, avec de grandes ambitions artistiques... et l'envie folle de rencontrer sa correspondante locale, dont il est tombé amoureux. Cette love story complètement improbable (mais a priori vraie) est le fil rouge de l'intrigue. Elle va survivre aux aléas politiques, aux drames familiaux et aux péripéties de la carrière d'Ahmed, qui connaît des hauts et des bas.
Le film s'interrompt peu après la naissance du petit-fils, dans une Égypte à la croisée des chemins, où l'on sent monter l'intégrisme religieux.
Je n'attendais pas grand chose de ce film et il m'a littéralement happé, grâce à son énergie et au talent des comédiens, pourtant peu connus.
00:21 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Notre Histoire - Chroniques du Caire
Abu Bakr Shawky a puisé dans son histoire familiale pour écrire le scénario de cette fiction historique, à la fois dramatique, colorée et (parfois) humoristique, dont l'action se déroule de 1967 à la seconde moitié des années 1980, sous les présidences successives de Gamal Abdel Nasser, Anouar el-Sadate et Hosni Moubarak.
L'arrière-plan politique intervient doublement dans la saga familiale, puisque les fils sont susceptibles d'être mobilisés dans le cadre des conflits israélo-arabes (en 1967 pour la Guerre des Six-Jours et en 1973 pour celle de Kippour)... et qu'il convient d'être très prudent quand on émet une opinion politique dans un pays qui est une dictature militaire... très policée. A cet égard, la manière dont deux membres de la famille, à vingt ans d'intervalle, vont gaffer, ne manque pas de saveur...
Cette famille réside presque entièrement dans le même appartement, où se côtoient quotidiennement le père, la mère, trois oncles, trois fils, bientôt une belle-fille... et même le voisin du dessus, qui ne supporte pas d'entendre le héros s'exercer au piano... mais vient soutenir ses voisins quand l'équipe locale, dont ils sont fans, dispute un match, le plus souvent perdu...
J'ai été particulièrement sensible aux trois oncles, trois "tontons" aux tempéraments différents... et bien affirmés. L'un d'entre eux a le statut de porte-malheur, plusieurs péripéties permettant de vérifier cette incroyable réputation ! Mais le personnage qui réserve le plus de surprises est sans doute celui de la mère, qui connaît de beaux développements dans la seconde partie de l'intrigue.
La musique est omniprésente dans cette histoire, la populaire comme l'élitiste. On découvre la première dans l'appartement familial et chez les parents de la dulcinée autrichienne, tandis que la classique est la passion du héros Ahmed (sans doute le père du réalisateur). Jeune pianiste doué, il décroche une bourse pour un conservatoire autrichien, avec de grandes ambitions artistiques... et l'envie folle de rencontrer sa correspondante locale, dont il est tombé amoureux. Cette love story complètement improbable (mais a priori vraie) est le fil rouge de l'intrigue. Elle va survivre aux aléas politiques, aux drames familiaux et aux péripéties de la carrière d'Ahmed, qui connaît des hauts et des bas.
Le film s'interrompt peu après la naissance du petit-fils, dans une Égypte à la croisée des chemins, où l'on sent monter l'intégrisme religieux.
Je n'attendais pas grand chose de ce film et il m'a littéralement happé, grâce à son énergie et au talent des comédiens, pourtant peu connus.
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dimanche, 05 juillet 2026
Le Tombeau des lucioles
Un mois après Ghost in the Shell, c'est au tour d'un autre grand classique de l'animation japonaise de ressortir dans nos salles, en version restaurée. De son auteur, Isao Takahata (cofondateur du studio Ghibli, avec Miyazaki), on connaît plutôt les œuvres ultérieures, comme Pompoko, Mes Voisins les Yamada et Le Conte de la princesse Kaguya. Il y a quelques années de cela, on avait aussi ressorti en France l'un de ses premiers longs-métrages, Goshu le violoncelliste.
L'intrigue s'étale sur quelques semaines, entre juin et septembre 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. On suit deux enfants, un frère et sa sœur, Seita et Setsuko, habitants de Kobé. Ils n'ont pas vu leur père (qui sert dans la marine impériale) depuis des années. Leur mère est malade... et la région subit des bombardements incendiaires de l'armée américaine.
Les deux enfants se retrouvent presque livrés à eux-mêmes, ballotés entre le domicile d'une tante pas hyper-accueillante, les centres de secours et une étrange grotte, qui a servi d'abri anti-aérien. Les gamins vont la transformer en une sorte de cabane de Robinsons, à côté d'un lac sur les rives duquel, la nuit, évoluent des milliers de lucioles.
Les scènes au cours desquelles on voit ces insectes sont d'une beauté époustouflante. L'animation a peu vieilli mais sa virtuosité est toujours perceptible, notamment dans les mouvements de la petite Setsuko, dessinés avec une impressionnante méticulosité. Ce personnage de gamine est d'ailleurs très bien caractérisé, oscillant entre les pleurs enfantins, à la moindre contrariété, et les éruptions de joie, à la vue des lucioles, d'un bol de riz ou de bonbons au goût fruité.
La présence des insectes s'inscrit dans la représentation de la nature, douce et belle, en contraste avec le monde des humains, dur et parfois odieux. Comme le manga Gen d'Hiroshima, ce film a l'originalité d'évoquer un Japon pas vraiment solidaire, bouleversé par l'effondrement du régime impérial et la domination états-unienne, où une grande partie de la population souffre d'une faim atroce. Dans ce contexte, les lucioles sont aussi un moyen d'évoquer les âmes qui partent... et les petites bombes incendiaires qui font des ravages dans les villes, principalement construites en bois et papier de riz.
La dernière demi-heure est la plus poignante... et conserve toute sa force, trente ans plus tard. J'ai une fois de plus été très ému, davantage même qu'en lisant la nouvelle dont est adapté le film et dont je recommande la lecture.
09:49 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Le Tombeau des lucioles
Un mois après Ghost in the Shell, c'est au tour d'un autre grand classique de l'animation japonaise de ressortir dans nos salles, en version restaurée. De son auteur, Isao Takahata (cofondateur du studio Ghibli, avec Miyazaki), on connaît plutôt les œuvres ultérieures, comme Pompoko, Mes Voisins les Yamada et Le Conte de la princesse Kaguya. Il y a quelques années de cela, on avait aussi ressorti en France l'un de ses premiers longs-métrages, Goshu le violoncelliste.
L'intrigue s'étale sur quelques semaines, entre juin et septembre 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. On suit deux enfants, un frère et sa sœur, Seita et Setsuko, habitants de Kobé. Ils n'ont pas vu leur père (qui sert dans la marine impériale) depuis des années. Leur mère est malade... et la région subit des bombardements incendiaires de l'armée américaine.
Les deux enfants se retrouvent presque livrés à eux-mêmes, ballotés entre le domicile d'une tante pas hyper-accueillante, les centres de secours et une étrange grotte, qui a servi d'abri anti-aérien. Les gamins vont la transformer en une sorte de cabane de Robinsons, à côté d'un lac sur les rives duquel, la nuit, évoluent des milliers de lucioles.
Les scènes au cours desquelles on voit ces insectes sont d'une beauté époustouflante. L'animation a peu vieilli mais sa virtuosité est toujours perceptible, notamment dans les mouvements de la petite Setsuko, dessinés avec une impressionnante méticulosité. Ce personnage de gamine est d'ailleurs très bien caractérisé, oscillant entre les pleurs enfantins, à la moindre contrariété, et les éruptions de joie, à la vue des lucioles, d'un bol de riz ou de bonbons au goût fruité.
La présence des insectes s'inscrit dans la représentation de la nature, douce et belle, en contraste avec le monde des humains, dur et parfois odieux. Comme le manga Gen d'Hiroshima, ce film a l'originalité d'évoquer un Japon pas vraiment solidaire, bouleversé par l'effondrement du régime impérial et la domination états-unienne, où une grande partie de la population souffre d'une faim atroce. Dans ce contexte, les lucioles sont aussi un moyen d'évoquer les âmes qui partent... et les petites bombes incendiaires qui font des ravages dans les villes, principalement construites en bois et papier de riz.
La dernière demi-heure est la plus poignante... et conserve toute sa force, trente ans plus tard. J'ai une fois de plus été très ému, davantage même qu'en lisant la nouvelle dont est adapté le film et dont je recommande la lecture.
09:49 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
mardi, 30 juin 2026
Des Minions et des monstres
Quatre ans après le deuxième volet (mais seulement deux ans après Moi, moche et méchant 4, dans lequel on peut croiser à plusieurs reprises les petits bonshommes jaunes), le duo Meledandri-Coffin nous propose les nouvelles aventures des sbires les plus maladroits de l'histoire de la criminalité.
Ces nouvelles aventures ne sont pas une suite à proprement parler, plutôt une préquelle, puisque le scénario nous embarque dans les années 1890-1920, période des débuts du cinéma. En guise d'introduction, on nous montre les héros toujours à la recherche du Big Boss, le super-méchant auquel ils ont l'intention de se dévouer corps et âmes. On retrouve l'esprit facétieux du premier volet... avec un clin d’œil à l'actualité cinématographique estivale, puisque l'un de ces "grands méchants" n'est pas sans lien avec un certain Ulysse...
Dans cette première partie, les jeunes spectateurs s'amusent des bêtises faites par les Minions, tandis que les grands (entre deux éclats de rire) savourent les nombreuses allusions. Ainsi, les réalisateurs ont eu le culot d'insérer certains personnages jaunes (mais ici en noir et blanc) dans les premiers films tournés, comme L'Arroseur arrosé, La Sortie des usines Lumière, L'Arrivée d'un train à La Ciotat.
(Je profite de l'occasion pour conseiller à toutes et à tous de re-voir les documentaires consacrés par Thierry Frémaux à l’œuvre des frères Lumière.)
On les aperçoit aussi dans une reconstitution des courts-métrages décomposant les mouvements d'un homme, d'un cheval, d'un chien... On n'oublie pas de rendre hommage aux prestigieux anciens, de Georges Méliès (Le Voyage dans la Lune) à Chaplin (Les Temps modernes), en passant par Harold Lloyd (Monte là-dessus !). C'est fait avec tellement de talent et de drôlerie qu'on pardonnera une certaine confusion chronologique.
La transition entre la première partie et la seconde s'effectue par le biais d'une séquence totalement délirante (sans doute inspirée des historiettes de jadis, en noir et blanc), qui mène nos héros du Far-West aux studios de Hollywood, notamment ceux des Bright Brothers (allusion transparente à la Warner Bros).
La suite voit les Minions se diviser, entre ceux qui veulent à tout prix faire carrière à Hollywood et ceux qui privilégient la quête du Big Boss. C'est feuilletonnesque, nourri de rebondissements parfois abracadabrantesques, mais furieusement drôle... et plus facile à suivre que le deuxième volet. Vers la fin, le scénario se révèle particulièrement malin, avec une série de mises en abyme qu'on ne voit pas venir.
Je me suis ré-ga-lé.
23:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Des Minions et des monstres
Quatre ans après le deuxième volet (mais seulement deux ans après Moi, moche et méchant 4, dans lequel on peut croiser à plusieurs reprises les petits bonshommes jaunes), le duo Meledandri-Coffin nous propose les nouvelles aventures des sbires les plus maladroits de l'histoire de la criminalité.
Ces nouvelles aventures ne sont pas une suite à proprement parler, plutôt une préquelle, puisque le scénario nous embarque dans les années 1890-1920, période des débuts du cinéma. En guise d'introduction, on nous montre les héros toujours à la recherche du Big Boss, le super-méchant auquel ils ont l'intention de se dévouer corps et âmes. On retrouve l'esprit facétieux du premier volet... avec un clin d’œil à l'actualité cinématographique estivale, puisque l'un de ces "grands méchants" n'est pas sans lien avec un certain Ulysse...
Dans cette première partie, les jeunes spectateurs s'amusent des bêtises faites par les Minions, tandis que les grands (entre deux éclats de rire) savourent les nombreuses allusions. Ainsi, les réalisateurs ont eu le culot d'insérer certains personnages jaunes (mais ici en noir et blanc) dans les premiers films tournés, comme L'Arroseur arrosé, La Sortie des usines Lumière, L'Arrivée d'un train à La Ciotat.
(Je profite de l'occasion pour conseiller à toutes et à tous de re-voir les documentaires consacrés par Thierry Frémaux à l’œuvre des frères Lumière.)
On les aperçoit aussi dans une reconstitution des courts-métrages décomposant les mouvements d'un homme, d'un cheval, d'un chien... On n'oublie pas de rendre hommage aux prestigieux anciens, de Georges Méliès (Le Voyage dans la Lune) à Chaplin (Les Temps modernes), en passant par Harold Lloyd (Monte là-dessus !). C'est fait avec tellement de talent et de drôlerie qu'on pardonnera une certaine confusion chronologique.
La transition entre la première partie et la seconde s'effectue par le biais d'une séquence totalement délirante (sans doute inspirée des historiettes de jadis, en noir et blanc), qui mène nos héros du Far-West aux studios de Hollywood, notamment ceux des Bright Brothers (allusion transparente à la Warner Bros).
La suite voit les Minions se diviser, entre ceux qui veulent à tout prix faire carrière à Hollywood et ceux qui privilégient la quête du Big Boss. C'est feuilletonnesque, nourri de rebondissements parfois abracadabrantesques, mais furieusement drôle... et plus facile à suivre que le deuxième volet. Vers la fin, le scénario se révèle particulièrement malin, avec une série de mises en abyme qu'on ne voit pas venir.
Je me suis ré-ga-lé.
23:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films




