dimanche, 04 octobre 2026
Le Berger et les ours
Sorti cet été, ce documentaire du Britannique Max Keegan nous plonge dans l'Ariège montagneuse, plus précisément dans ses estives, où les prairies nourrissent des brebis, des vaches, des chevaux, des biches... et des ours. Composé d'images tournées au début des années 2020 et d'autres plus anciennes (les moins récentes remontant sans doute au second mandat de Jacques Chirac, peut-être à l'année 2004), le film retrace la vie, le travail et les passions de plusieurs habitants, en particulier Yves, le berger, proche de la retraite, et Cyril l'élève de lycée agricole (qui est diabétique), fils d'agriculteurs... et passionné de nature, dont il est un observateur attentif, notamment des ours, qui le fascinent (contrairement à sa mère).
D'autres personnages sont mis en valeur, comme Lisa la stagiaire d'Yves, titulaire d'un BTS agricole et qui envisage de prendre la suite du vieil homme. On croise aussi d'autres éleveurs, des chasseurs, des militants écologistes, des politiques locaux...
L'une des grandes qualités de ce documentaire est que son réalisateur s'efface derrière les personnes qu'il filme. Il n'impose pas son discours, donnant la parole à tout le monde (davantage aux éleveurs qu'aux écolos, ceci dit).
L'autre atout majeur du film est la plongée qu'il offre dans les estives. On prend un bon bol d'air, en altitude, au soleil, sous la pluie, en pleine brume, le jour, la nuit. Celles et ceux qui ne la connaissent pas découvriront la vie quotidienne des bergers de haute montagne, loin de tout... et libres... du moins tant qu'aucune menace ne pointe à l'horizon.
Ici, il n'y a pas de loup, mais des rapaces (qui "nettoient" les carcasses)... et des ours, réintroduits après avoir disparu. Certains écologistes ont beau dire que ceux qui vivent à cheval sur la frontière franco-espagnole sont peu carnivores, sur les estives, les bergers constatent les dégâts. Régulièrement, ils retrouvent au moins un cadavre de brebis. Cela peut être aussi celui d'un veau, d'une vache, de chevaux... ou de l'un des chiens de garde, tué en faisant son devoir. La présence des Patou n'est que partiellement dissuasive et la pose de clôtures est loin d'être aussi efficace que ce qui est complaisamment affirmé dans les médias.
Se pose alors la question de la pérennité de cet élevage extensif (la solution de facilité consistant à enfermer les brebis dans des bâtiments, où elles seraient à l'abri des ours, mais "hors sol"). Yves reçoit deux successeurs potentiels : d'abord Lisa, puis un jeune homme un peu plus âgé, plus "moderne" dans son mode de vie comme dans sa conception de l'élevage. Les deux jeunes ont beau être motivés, ils découvrent l'âpreté du métier, à travers notamment la gestion des imprévus.
Autour de l'activité paysanne se greffent des scènes "de diversion". Le réalisateur nous montre en particulier la mère de Cyril, éleveuse anti-ours à grande gueule, qui suit attentivement la scolarité de son fils et est prête à l'accompagner en observation. La sociabilité rurale est mise à l'honneur, avec ses traditions (notamment ses chants), ses fêtes... Un beau mariage, signe d'espoir, conclut le film, véritable ode à un mode de vie simple et au labeur de gens ordinaires.
09:15 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société, nature, environnement
Le Berger et les ours
Sorti cet été, ce documentaire du Britannique Max Keegan nous plonge dans l'Ariège montagneuse, plus précisément dans ses estives, où les prairies nourrissent des brebis, des vaches, des chevaux, des biches... et des ours. Composé d'images tournées au début des années 2020 et d'autres plus anciennes (les moins récentes remontant sans doute au second mandat de Jacques Chirac, peut-être à l'année 2004), le film retrace la vie, le travail et les passions de plusieurs habitants, en particulier Yves, le berger, proche de la retraite, et Cyril l'élève de lycée agricole (qui est diabétique), fils d'agriculteurs... et passionné de nature, dont il est un observateur attentif, notamment des ours, qui le fascinent (contrairement à sa mère).
D'autres personnages sont mis en valeur, comme Lisa la stagiaire d'Yves, titulaire d'un BTS agricole et qui envisage de prendre la suite du vieil homme. On croise aussi d'autres éleveurs, des chasseurs, des militants écologistes, des politiques locaux...
L'une des grandes qualités de ce documentaire est que son réalisateur s'efface derrière les personnes qu'il filme. Il n'impose pas son discours, donnant la parole à tout le monde (davantage aux éleveurs qu'aux écolos, ceci dit).
L'autre atout majeur du film est la plongée qu'il offre dans les estives. On prend un bon bol d'air, en altitude, au soleil, sous la pluie, en pleine brume, le jour, la nuit. Celles et ceux qui ne la connaissent pas découvriront la vie quotidienne des bergers de haute montagne, loin de tout... et libres... du moins tant qu'aucune menace ne pointe à l'horizon.
Ici, il n'y a pas de loup, mais des rapaces (qui "nettoient" les carcasses)... et des ours, réintroduits après avoir disparu. Certains écologistes ont beau dire que ceux qui vivent à cheval sur la frontière franco-espagnole sont peu carnivores, sur les estives, les bergers constatent les dégâts. Régulièrement, ils retrouvent au moins un cadavre de brebis. Cela peut être aussi celui d'un veau, d'une vache, de chevaux... ou de l'un des chiens de garde, tué en faisant son devoir. La présence des Patou n'est que partiellement dissuasive et la pose de clôtures est loin d'être aussi efficace que ce qui est complaisamment affirmé dans les médias.
Se pose alors la question de la pérennité de cet élevage extensif (la solution de facilité consistant à enfermer les brebis dans des bâtiments, où elles seraient à l'abri des ours, mais "hors sol"). Yves reçoit deux successeurs potentiels : d'abord Lisa, puis un jeune homme un peu plus âgé, plus "moderne" dans son mode de vie comme dans sa conception de l'élevage. Les deux jeunes ont beau être motivés, ils découvrent l'âpreté du métier, à travers notamment la gestion des imprévus.
Autour de l'activité paysanne se greffent des scènes "de diversion". Le réalisateur nous montre en particulier la mère de Cyril, éleveuse anti-ours à grande gueule, qui suit attentivement la scolarité de son fils et est prête à l'accompagner en observation. La sociabilité rurale est mise à l'honneur, avec ses traditions (notamment ses chants), ses fêtes... Un beau mariage, signe d'espoir, conclut le film, véritable ode à un mode de vie simple et au labeur de gens ordinaires.
09:15 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société, nature, environnement
vendredi, 02 octobre 2026
Les Contrebandiers
Tourné en Bavière mais censé se dérouler en Oregon (dans le nord-ouest des États-Unis), en 1933 (au tout début du New Deal de Franklin Roosevelt), ce survival met en scène un groupe de délinquants, au départ condamnés à casser du caillou, mais qu'une surprenante proposition va inciter à se lancer dans une incroyable randonnée.
On commence par découvrir Samuel Murphy (Ethan Hawke, formidable), un père au chômage, habile mécanicien, qui peine à gagner de quoi le faire vivre, lui et sa charmante gamine, tous deux encore marqués par le décès de l'épouse / la maman. Cela pourrait être misérabiliste, mais c'est filmé avec dignité... et une pointe d'humour, même si l'ambiance n'est pas d'une folle gaité.
Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Murphy se retrouve en taule, puis casseur de cailloux, en compagnie d'une brochette de types patibulaires (mais presque). Le patron de cette sorte d'atelier de réinsertion est un type un peu louche, un peu dégueu, un peu mystérieux : Clancy, bien incarné par Russell Crowe... qu'on voit finalement assez peu dans le film.
Ceux que l'on voit le plus sont les autres condamnés, avec des "trognes" qui pourraient sortir d'un film de Sergio Leone. Ils sont accompagnés par des "associés" de Clancy, à la gâchette facile. Bref, c'est une ambiance de couilles, plus ou moins grosses, sans doute très poilues. L'absence d'odorama nous épargne les effluves de transpiration, de pieds sales et de pisse froide.
La seule véritable présence féminine est celle d'Anna, une Amérindienne pas très causante, mais très débrouillarde, qui se greffe sur l'équipée de mecs pour échapper à l'ambiance déliquescente d'une petite mine d'or. Les mecs l'acceptent d'abord en pensant qu'elle leur fera la cuisine... (Dans le rôle, Julia Jones, remarquée dans Wind River et Sang froid, est remarquable.)
Il n'y a donc pas beaucoup de beaux sentiments dans cette histoire. Inégalités sociales, prédation, misogynie et racisme se côtoient allègrement. Fort heureusement, de temps à l'autre, un brin d'entraide, d'humanité, adoucit une scène.
Les acteurs sont bons, la musique (souvent jouée avec des instruments inhabituels) parfaitement adaptée à l'ambiance. La mise en scène est parfois inventive. Padraic McKinley, connu jusqu'à présent pour son travail sur des séries, se débrouille très bien et nous offre quelques moments particulièrement bien conçus, comme le déplacement collectif d'un gros roc, le franchissement d'un pont suspendu ou encore un assassinat en plein orage nocturne, avec pour seul éclairage le jaillissement des éclairs. Cette séquence est particulièrement saisissante.
Dans la salle, le public a été captivé du début à la fin.
21:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Les Contrebandiers
Tourné en Bavière mais censé se dérouler en Oregon (dans le nord-ouest des États-Unis), en 1933 (au tout début du New Deal de Franklin Roosevelt), ce survival met en scène un groupe de délinquants, au départ condamnés à casser du caillou, mais qu'une surprenante proposition va inciter à se lancer dans une incroyable randonnée.
On commence par découvrir Samuel Murphy (Ethan Hawke, formidable), un père au chômage, habile mécanicien, qui peine à gagner de quoi le faire vivre, lui et sa charmante gamine, tous deux encore marqués par le décès de l'épouse / la maman. Cela pourrait être misérabiliste, mais c'est filmé avec dignité... et une pointe d'humour, même si l'ambiance n'est pas d'une folle gaité.
Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Murphy se retrouve en taule, puis casseur de cailloux, en compagnie d'une brochette de types patibulaires (mais presque). Le patron de cette sorte d'atelier de réinsertion est un type un peu louche, un peu dégueu, un peu mystérieux : Clancy, bien incarné par Russell Crowe... qu'on voit finalement assez peu dans le film.
Ceux que l'on voit le plus sont les autres condamnés, avec des "trognes" qui pourraient sortir d'un film de Sergio Leone. Ils sont accompagnés par des "associés" de Clancy, à la gâchette facile. Bref, c'est une ambiance de couilles, plus ou moins grosses, sans doute très poilues. L'absence d'odorama nous épargne les effluves de transpiration, de pieds sales et de pisse froide.
La seule véritable présence féminine est celle d'Anna, une Amérindienne pas très causante, mais très débrouillarde, qui se greffe sur l'équipée de mecs pour échapper à l'ambiance déliquescente d'une petite mine d'or. Les mecs l'acceptent d'abord en pensant qu'elle leur fera la cuisine... (Dans le rôle, Julia Jones, remarquée dans Wind River et Sang froid, est remarquable.)
Il n'y a donc pas beaucoup de beaux sentiments dans cette histoire. Inégalités sociales, prédation, misogynie et racisme se côtoient allègrement. Fort heureusement, de temps à l'autre, un brin d'entraide, d'humanité, adoucit une scène.
Les acteurs sont bons, la musique (souvent jouée avec des instruments inhabituels) parfaitement adaptée à l'ambiance. La mise en scène est parfois inventive. Padraic McKinley, connu jusqu'à présent pour son travail sur des séries, se débrouille très bien et nous offre quelques moments particulièrement bien conçus, comme le déplacement collectif d'un gros roc, le franchissement d'un pont suspendu ou encore un assassinat en plein orage nocturne, avec pour seul éclairage le jaillissement des éclairs. Cette séquence est particulièrement saisissante.
Dans la salle, le public a été captivé du début à la fin.
21:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Les Héros du Louvre
Élie Chouraqui s'inspire de l'histoire de son grand-père, devenu veilleur de nuit au Louvre dans les années 1930, pour évoquer l'un des plus formidables sauvetages d’œuvres d'art, pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est pas la première fois que cet épisode est abordé sur grand écran. On a déjà eu droit au documentaire (Francofonia) et à la fiction (Monuments Men). Ces deux œuvres n'étant pas de pleines réussites, il y avait donc de la place pour une nouvelle évocation.
Le début n'est pas si mal que cela, lorsque l'on voit le (futur) grand-père déambuler, la nuit, d'une salle à l'autre du musée. On aurait aimé que la suite soit du même tonneau... ce qui n'est pas le cas.
La principal problème récurrent est la direction d'acteurs, maladroite, à tel point que certaines scènes sont "dégoulinantes" (d'amour familial ou de pathos). C'est de plus lourdement souligné par la musique. On sent les bonnes intentions derrière, mais le résultat n'est pas emballant.
Cela respire quand même un peu quand la petite troupe (le veilleur de nuit et toute sa famille) part en fourgon avec, à l'arrière, des trésors de peinture et de sculpture, notamment la Joconde, dont on prend la peine de signaler qu'elle a d'abord été livrée à Loc-Dieu, dans l'Aveyron.
Mais ces pérégrinations ont beau être intéressantes, le jeu des acteurs gâche tout. Kad Merad n'est pas le pire, mais cela manque de relief. Le seul point vraiment intéressant dans son personnage est son amour de la culture française. Il incarne un des juifs "fous de la République" et un immigré d'origine algérienne qui s'est coulé dans le moule. Ici, le message dépasse l'époque les années 1940, Chouraqui dénonçant au passage le regain d'antisémitisme que connaît notre pays ainsi que le défaut d'assimilation de nouvelles vagues d'immigrés.
Aux maladresses s'ajoutent parfois des erreurs. Ainsi, dans un dialogue à l'intérieur du fourgon, la ville d'Oloron-Sainte-Marie (située dans le Béarn) est confondue avec l'île d'Oléron (en Charente-Maritime), une "coquille verbale" qui aurait dû être corrigée lors du doublage. Plus grave : sans que ce soit clairement dit aux spectateurs, on passe d'une scène à l'autre de la fin de 1940 au milieu de 1942. Le contexte est pourtant très différent. Certaines des scènes de cette partie en deviennent incohérentes.
Voilà. Je ne vais pas m'acharner. Le film n'intéressera que les passionnés de la Seconde Guerre mondiale peu regardants sur la qualité cinématographique. Message aux producteurs : il faut contraindre Élie Chouraqui à travailler avec (au moins) un scénariste-dialoguiste.
14:05 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Les Héros du Louvre
Élie Chouraqui s'inspire de l'histoire de son grand-père, devenu veilleur de nuit au Louvre dans les années 1930, pour évoquer l'un des plus formidables sauvetages d’œuvres d'art, pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est pas la première fois que cet épisode est abordé sur grand écran. On a déjà eu droit au documentaire (Francofonia) et à la fiction (Monuments Men). Ces deux œuvres n'étant pas de pleines réussites, il y avait donc de la place pour une nouvelle évocation.
Le début n'est pas si mal que cela, lorsque l'on voit le (futur) grand-père déambuler, la nuit, d'une salle à l'autre du musée. On aurait aimé que la suite soit du même tonneau... ce qui n'est pas le cas.
La principal problème récurrent est la direction d'acteurs, maladroite, à tel point que certaines scènes sont "dégoulinantes" (d'amour familial ou de pathos). C'est de plus lourdement souligné par la musique. On sent les bonnes intentions derrière, mais le résultat n'est pas emballant.
Cela respire quand même un peu quand la petite troupe (le veilleur de nuit et toute sa famille) part en fourgon avec, à l'arrière, des trésors de peinture et de sculpture, notamment la Joconde, dont on prend la peine de signaler qu'elle a d'abord été livrée à Loc-Dieu, dans l'Aveyron.
Mais ces pérégrinations ont beau être intéressantes, le jeu des acteurs gâche tout. Kad Merad n'est pas le pire, mais cela manque de relief. Le seul point vraiment intéressant dans son personnage est son amour de la culture française. Il incarne un des juifs "fous de la République" et un immigré d'origine algérienne qui s'est coulé dans le moule. Ici, le message dépasse l'époque les années 1940, Chouraqui dénonçant au passage le regain d'antisémitisme que connaît notre pays ainsi que le défaut d'assimilation de nouvelles vagues d'immigrés.
Aux maladresses s'ajoutent parfois des erreurs. Ainsi, dans un dialogue à l'intérieur du fourgon, la ville d'Oloron-Sainte-Marie (située dans le Béarn) est confondue avec l'île d'Oléron (en Charente-Maritime), une "coquille verbale" qui aurait dû être corrigée lors du doublage. Plus grave : sans que ce soit clairement dit aux spectateurs, on passe d'une scène à l'autre de la fin de 1940 au milieu de 1942. Le contexte est pourtant très différent. Certaines des scènes de cette partie en deviennent incohérentes.
Voilà. Je ne vais pas m'acharner. Le film n'intéressera que les passionnés de la Seconde Guerre mondiale peu regardants sur la qualité cinématographique. Message aux producteurs : il faut contraindre Élie Chouraqui à travailler avec (au moins) un scénariste-dialoguiste.
14:05 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
samedi, 26 septembre 2026
Détective Conan - L'Ange déchu de l'asphalte
Chaque année voit la sortie, en France, d'un long métrage dérivé de ce célèbre manga (en version papier comme en série télé). Le précédent volet, datant de 2025, s'intitule La Mémoire retrouvée. Rappelons que le héros, Conan, est un jeune homme dont l'esprit est emprisonné dans le corps d'un garçon prépubère. Son prénom est évidemment une référence à Sherlock Holmes : Conan est un jeune détective prodige, mais qui doit sauver les apparences et mener ses enquêtes tout en paraissant crédible en gamin. (Les principaux personnages sont représentés après la séquence introductive.)
L'intrigue a été construite autour de trois thématiques : le rôle des motard(e)s de la sécurité routière, la recherche sur les véhicules autonomes et les conséquences de la mort d'un délinquant, quelques années auparavant.
L'action se déroule dans la conurbation de Tokyo-Yokohama, jusqu'à Kanagawa (au sud-ouest), où est sur le point de débuter un salon de la moto, au cours duquel doivent être présentés des prototypes de haute technologie.
La petite troupe dans laquelle évolue Conan se rend sur place mais, un soir, alors que les enfants cornaqués par le prof ventripotent, chauve et moustachu sont sortis observer les étoiles, ils croisent un mystérieux motard, vêtu de noir (comme sa machine)... mais sans tête. Les cinéphiles penseront au cavalier de Sleepy Hollow. Les gamins eux croient à une apparition surnaturelle...
A peu de temps de là, sur une autoroute urbaine, en plein jour, surgit le mystérieux motard noir (qu'on va bientôt surnommer Lucifer), qui provoque un carambolage et la mort de deux petites racailles adeptes des rodéos urbains. L'incident suscite la perplexité des enquêteurs, notamment de l'as de la police motorisée, une ravissante jeune femme qui doit bientôt prendre en mains une machine révolutionnaire. Elle tape dans l’œil de Conan... et de quelques adultes (hommes comme femmes) de son entourage.
Qui peut bien piloter cette étrange moto, capable de toutes les cascades ? Un fantôme, comme le pensent les enfants ? Une intelligence artificielle ? Une femme experte dans le domaine ? Plusieurs candidates auraient le profil...
Les fils de l'intrigue s'entremêlent avant de se démêler. La visite du salon moto est l'occasion de mettre en valeur le savoir-faire japonais (connu en Occident notamment à travers les marques Honda, Yamaha, Kawazaki et Suzuki). Dans le même temps, l'enquête progresse à propos du délinquant décédé quelques années auparavant, alors que, sur les lieux de l'accident, une main mystérieuse a déposé des fleurs. Les policiers sont aussi amenés à approfondir leur connaissance du milieu des courses urbaines, plusieurs bandes organisant des compétitions entre motards, un peu à l'image des beaufs de Fast & Furious. Notons toutefois que, si les machines sont mises en valeur, le film insiste sur les dangers de la vitesse et du non-respect du code de la route, et ce dès le début, avec une belle scène de sauvetage.
La suite est tout aussi rythmée, comme un feuilleton, avec des péripéties, des rebondissements, de l'humour bon enfant et une indéniable qualité d'animation, qui se veut fidèle à celle d'un long-métrage cinématographique.
... et, quand on pense que c'est fini, on nous en remet une couche ! Les habitués savent qu'il ne faut pas quitter la salle avant que le bout du bout ne soit déroulé (avec, en bonus, une ultime scène qui pourrait annoncer la suite). Je signale que, comme d'habitude, le générique de fin est accompagné de prises de vue réelles, qui mettent en valeur la région de tournage et le rôle des "CHiPs" japonais. (Un œil exercé repèrera sans peine la présence de femmes en uniforme, sur certaines motos.)
17:02 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Détective Conan - L'Ange déchu de l'asphalte
Chaque année voit la sortie, en France, d'un long métrage dérivé de ce célèbre manga (en version papier comme en série télé). Le précédent volet, datant de 2025, s'intitule La Mémoire retrouvée. Rappelons que le héros, Conan, est un jeune homme dont l'esprit est emprisonné dans le corps d'un garçon prépubère. Son prénom est évidemment une référence à Sherlock Holmes : Conan est un jeune détective prodige, mais qui doit sauver les apparences et mener ses enquêtes tout en paraissant crédible en gamin. (Les principaux personnages sont représentés après la séquence introductive.)
L'intrigue a été construite autour de trois thématiques : le rôle des motard(e)s de la sécurité routière, la recherche sur les véhicules autonomes et les conséquences de la mort d'un délinquant, quelques années auparavant.
L'action se déroule dans la conurbation de Tokyo-Yokohama, jusqu'à Kanagawa (au sud-ouest), où est sur le point de débuter un salon de la moto, au cours duquel doivent être présentés des prototypes de haute technologie.
La petite troupe dans laquelle évolue Conan se rend sur place mais, un soir, alors que les enfants cornaqués par le prof ventripotent, chauve et moustachu sont sortis observer les étoiles, ils croisent un mystérieux motard, vêtu de noir (comme sa machine)... mais sans tête. Les cinéphiles penseront au cavalier de Sleepy Hollow. Les gamins eux croient à une apparition surnaturelle...
A peu de temps de là, sur une autoroute urbaine, en plein jour, surgit le mystérieux motard noir (qu'on va bientôt surnommer Lucifer), qui provoque un carambolage et la mort de deux petites racailles adeptes des rodéos urbains. L'incident suscite la perplexité des enquêteurs, notamment de l'as de la police motorisée, une ravissante jeune femme qui doit bientôt prendre en mains une machine révolutionnaire. Elle tape dans l’œil de Conan... et de quelques adultes (hommes comme femmes) de son entourage.
Qui peut bien piloter cette étrange moto, capable de toutes les cascades ? Un fantôme, comme le pensent les enfants ? Une intelligence artificielle ? Une femme experte dans le domaine ? Plusieurs candidates auraient le profil...
Les fils de l'intrigue s'entremêlent avant de se démêler. La visite du salon moto est l'occasion de mettre en valeur le savoir-faire japonais (connu en Occident notamment à travers les marques Honda, Yamaha, Kawazaki et Suzuki). Dans le même temps, l'enquête progresse à propos du délinquant décédé quelques années auparavant, alors que, sur les lieux de l'accident, une main mystérieuse a déposé des fleurs. Les policiers sont aussi amenés à approfondir leur connaissance du milieu des courses urbaines, plusieurs bandes organisant des compétitions entre motards, un peu à l'image des beaufs de Fast & Furious. Notons toutefois que, si les machines sont mises en valeur, le film insiste sur les dangers de la vitesse et du non-respect du code de la route, et ce dès le début, avec une belle scène de sauvetage.
La suite est tout aussi rythmée, comme un feuilleton, avec des péripéties, des rebondissements, de l'humour bon enfant et une indéniable qualité d'animation, qui se veut fidèle à celle d'un long-métrage cinématographique.
... et, quand on pense que c'est fini, on nous en remet une couche ! Les habitués savent qu'il ne faut pas quitter la salle avant que le bout du bout ne soit déroulé (avec, en bonus, une ultime scène qui pourrait annoncer la suite). Je signale que, comme d'habitude, le générique de fin est accompagné de prises de vue réelles, qui mettent en valeur la région de tournage et le rôle des "CHiPs" japonais. (Un œil exercé repèrera sans peine la présence de femmes en uniforme, sur certaines motos.)
17:02 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Heart of the Beast
A première vue, ce "cœur de bête" est celui d'Odin, un superbe berger allemand, très expressif... et très dangereux, surtout quand on menace son maître, James Belmont. Celui-ci a la superbe de Brad Pitt, musclé, tatoué, suturé. Avec sa barbe et sa chemise à carreaux, il a une allure folle... et il est lui aussi bigrement redoutable, quand on le cherche. Ce "cœur de bête" est donc peut-être aussi le sien.
Les deux forment un couple de retraités des forces spéciales. Dans des circonstances qu'on finit par nous montrer (à l'aide de l'un des retours en arrière), ils ont perdu tous leurs amis. On comprend très vite qu'ils souffrent de stress post-traumatique. La thérapie constitue en un séjour en Nouvelle-Zélande Alaska, entre camping, balade, partie de pêche et un peu de chasse. Tout cela est fort bucolique, dans un environnement magnifié par la réalisation. Forêts, montagnes enneigées et rivières aux eaux pures constituent un cadre apaisant... mais pas sans danger. (Derrière la caméra, David Ayer, à qui l'on doit aussi The Beekeeper, retrouve l'acteur qu'il avait dirigé dans Fury.)
Il va donc arriver quelques bricoles à nos vétérans campeurs. J'ai trouvé la séquence liée à l'avion et au lac très réussie. C'est l'occasion pour Brad de prouver que, bien que sexagénaire, il assure grave. La suite promet d'être aussi voire plus dangereuse. La nature est certes belle, mais elle est aussi impitoyable. Les chemins glissants et escarpés réservent quelques rencontres à notre sympathique duo : un gros ours (lors d'une scène qui se termine de manière inattendue) et surtout des loups, vraiment pas gentils du tout.
Mélangeant survivalisme et thriller, l'intrigue est bien menée. Le début fait un peu penser au récent Dog Stars (en mieux), la suite m'a rappelé Black Dog, pour la relation tissée entre l'homme et le chien. La dernière demi-heure véhicule plus d'émotion... et je dois reconnaître qu'à un ou deux moments, une poussière s'est glissée dans l’œil.
10:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Heart of the Beast
A première vue, ce "cœur de bête" est celui d'Odin, un superbe berger allemand, très expressif... et très dangereux, surtout quand on menace son maître, James Belmont. Celui-ci a la superbe de Brad Pitt, musclé, tatoué, suturé. Avec sa barbe et sa chemise à carreaux, il a une allure folle... et il est lui aussi bigrement redoutable, quand on le cherche. Ce "cœur de bête" est donc peut-être aussi le sien.
Les deux forment un couple de retraités des forces spéciales. Dans des circonstances qu'on finit par nous montrer (à l'aide de l'un des retours en arrière), ils ont perdu tous leurs amis. On comprend très vite qu'ils souffrent de stress post-traumatique. La thérapie constitue en un séjour en Nouvelle-Zélande Alaska, entre camping, balade, partie de pêche et un peu de chasse. Tout cela est fort bucolique, dans un environnement magnifié par la réalisation. Forêts, montagnes enneigées et rivières aux eaux pures constituent un cadre apaisant... mais pas sans danger. (Derrière la caméra, David Ayer, à qui l'on doit aussi The Beekeeper, retrouve l'acteur qu'il avait dirigé dans Fury.)
Il va donc arriver quelques bricoles à nos vétérans campeurs. J'ai trouvé la séquence liée à l'avion et au lac très réussie. C'est l'occasion pour Brad de prouver que, bien que sexagénaire, il assure grave. La suite promet d'être aussi voire plus dangereuse. La nature est certes belle, mais elle est aussi impitoyable. Les chemins glissants et escarpés réservent quelques rencontres à notre sympathique duo : un gros ours (lors d'une scène qui se termine de manière inattendue) et surtout des loups, vraiment pas gentils du tout.
Mélangeant survivalisme et thriller, l'intrigue est bien menée. Le début fait un peu penser au récent Dog Stars (en mieux), la suite m'a rappelé Black Dog, pour la relation tissée entre l'homme et le chien. La dernière demi-heure véhicule plus d'émotion... et je dois reconnaître qu'à un ou deux moments, une poussière s'est glissée dans l’œil.
10:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
vendredi, 25 septembre 2026
Ma famille de samouraïs
Ce n'est que tardivement que l'on comprend le sens profond du titre, quand un jeune Brésilien découvre quelque chose à propos de son grand-père japonais, remontant à la Seconde Guerre mondiale.
L'une des trames chronologiques de cette histoire familiale est la fin des années 1980, quand le Brésil est redevenu une démocratie (après une période de dictature militaire). C'est l'époque à laquelle vit le petit-fils, enfant. (C'est sans doute lui qui, des années plus tard, a écrit le roman autobiographique dont est inspiré le scénario de ce film d'animation.)
L'autre trame est celle des années 1920-1950, d'après ce que raconte le grand-père japonais. Grâce à lui, son petit-fils (et les spectateurs) découvrent l'histoire des nikkeijin, ces immigrés d'origine japonaise, massivement arrivés au Brésil entre les deux guerres mondiales. Le film nous montre la dure vie dans les plantations de café, entre habitat précaire et travail harassant. Les familles laborieuses sont quand même parvenues à s'élever socialement, notamment à partir du moment où elles ont pu louer et cultiver des terres, en autonomie.
A la fin des années 1980, dans l'école primaire du jeune héros, on demande aux élèves de présenter l'histoire de leur famille. La diversité des destins est grande, entre les descendants d'immigrés portugais, ceux d'esclaves (un passé parfois tenu secret au sein des familles), ceux d'immigrés italiens (comme le meilleur ami du héros... et l'ancien président Jair Bolsonaro)... et ceux, moins connus, d'immigrés japonais.
Dans la cour de l'école, on croise ce qu'on pourrait appeler une "nation arc-en-ciel"... où les réflexes xénophobes ne sont pas inexistants. C'est moins prononcé à l'époque du petit-fils, mais c'était beaucoup plus fréquent lorsque sa mère était gamine et lorsque son grand-père a débarqué au Brésil. C'est l'un des mérites de ce film que de ne pas cacher les petites (et les grandes) mesquineries humaines, quelles que soient les populations concernées.
Au cours de ses entretiens avec son papy, le héros apprend beaucoup de choses, notamment que sa grand-mère maternelle n'est pas sa première épouse. C'est le secret que le grand-père a le moins de difficulté à révéler. Ce sera plus long et plus houleux à propos de son deuxième fils, l'oncle que le héros ne connaît pas et dont personne dans la famille ne veut lui parler.
La réponse finit par surgir, au détour d'une discussion sur la Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre. En 1942, le Brésil a rejoint le camp des Alliés. Du coup, l'immigration japonaise s'est tarie et les ressortissants du pays du soleil levant sont devenus parfois suspects aux yeux des autorités. S'ils n'ont pas subi le même sort qu'aux États-Unis, leur situation a été délicate... encore plus dans les années 1945-1948, quand une part non négligeable de la communauté a persisté à nier la défaite du Japon, s'en prenant violemment aux compatriotes qui osaient affirmer le contraire.
C'est donc passionnant à suivre, sur le plan historique comme sur le plan culturel, et c'est une belle histoire familiale, parfois poignante.
Je recommande la version originale sous-titrée, pour profiter des dialogues où s'entremêlent le portugais, le japonais... et même (parfois) quelques mots d'anglais.
17:03 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Ma famille de samouraïs
Ce n'est que tardivement que l'on comprend le sens profond du titre, quand un jeune Brésilien découvre quelque chose à propos de son grand-père japonais, remontant à la Seconde Guerre mondiale.
L'une des trames chronologiques de cette histoire familiale est la fin des années 1980, quand le Brésil est redevenu une démocratie (après une période de dictature militaire). C'est l'époque à laquelle vit le petit-fils, enfant. (C'est sans doute lui qui, des années plus tard, a écrit le roman autobiographique dont est inspiré le scénario de ce film d'animation.)
L'autre trame est celle des années 1920-1950, d'après ce que raconte le grand-père japonais. Grâce à lui, son petit-fils (et les spectateurs) découvrent l'histoire des nikkeijin, ces immigrés d'origine japonaise, massivement arrivés au Brésil entre les deux guerres mondiales. Le film nous montre la dure vie dans les plantations de café, entre habitat précaire et travail harassant. Les familles laborieuses sont quand même parvenues à s'élever socialement, notamment à partir du moment où elles ont pu louer et cultiver des terres, en autonomie.
A la fin des années 1980, dans l'école primaire du jeune héros, on demande aux élèves de présenter l'histoire de leur famille. La diversité des destins est grande, entre les descendants d'immigrés portugais, ceux d'esclaves (un passé parfois tenu secret au sein des familles), ceux d'immigrés italiens (comme le meilleur ami du héros... et l'ancien président Jair Bolsonaro)... et ceux, moins connus, d'immigrés japonais.
Dans la cour de l'école, on croise ce qu'on pourrait appeler une "nation arc-en-ciel"... où les réflexes xénophobes ne sont pas inexistants. C'est moins prononcé à l'époque du petit-fils, mais c'était beaucoup plus fréquent lorsque sa mère était gamine et lorsque son grand-père a débarqué au Brésil. C'est l'un des mérites de ce film que de ne pas cacher les petites (et les grandes) mesquineries humaines, quelles que soient les populations concernées.
Au cours de ses entretiens avec son papy, le héros apprend beaucoup de choses, notamment que sa grand-mère maternelle n'est pas sa première épouse. C'est le secret que le grand-père a le moins de difficulté à révéler. Ce sera plus long et plus houleux à propos de son deuxième fils, l'oncle que le héros ne connaît pas et dont personne dans la famille ne veut lui parler.
La réponse finit par surgir, au détour d'une discussion sur la Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre. En 1942, le Brésil a rejoint le camp des Alliés. Du coup, l'immigration japonaise s'est tarie et les ressortissants du pays du soleil levant sont devenus parfois suspects aux yeux des autorités. S'ils n'ont pas subi le même sort qu'aux États-Unis, leur situation a été délicate... encore plus dans les années 1945-1948, quand une part non négligeable de la communauté a persisté à nier la défaite du Japon, s'en prenant violemment aux compatriotes qui osaient affirmer le contraire.
C'est donc passionnant à suivre, sur le plan historique comme sur le plan culturel, et c'est une belle histoire familiale, parfois poignante.
Je recommande la version originale sous-titrée, pour profiter des dialogues où s'entremêlent le portugais, le japonais... et même (parfois) quelques mots d'anglais.
17:03 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
dimanche, 20 septembre 2026
Rose
Quelque part en Allemagne (ou en Autriche), après la Guerre de Trente Ans, un soldat défiguré débarque dans un village et réclame son héritage familial, une ferme laissée à l'abandon, dont les animaux ont été récupérés par les habitants. Au départ le nouveau venu, qui dit avoir vécu sur place, enfant, n'est pas très bien vu, mais il se rend utile à la communauté villageoise et met en valeur le bien dont il a hérité. Il finit même par se marier et avoir un enfant... sauf que ce soldat est en réalité une femme.
Je ne pense pas vraiment "divulgâcher", puisque cet élément clé est cité dans quasiment toutes les présentations du film. Le suspens réside ailleurs... et le film se distingue par d'autres qualités.
C'est d'abord un très beau noir et blanc, assez austère, parfaitement adapté pour représenter la vie dans cette campagne reculée. De plus, le réalisateur ne s'encombre pas de dialogues inutiles. Sa mise en scène et le jeu des acteurs sont suffisants pour transmettre tout ce qui est nécessaire... avec quelques ellipses.
Durant la première partie, on nous montre l'installation du soldat. Il est du genre taiseux, mais travailleur. Il a aussi de l'argent. Il embauche quelques employés (dont un manchot), retape les bâtiments, relance les cultures et l'élevage. Sans devenir très florissante, la petite ferme retrouve des couleurs et suffit à nourrir les personnes qui y travaillent. Le soldat est davantage respecté, surtout à partir du moment où il intervient contre une ourse. On lui propose même d'épouser une fille du village.
La situation des femmes est donc au cœur de l'intrigue. Rose, le soldat (Sandra Hüller, très bien), ne peut vivre avec indépendance que parce qu'elle est grimée en homme, grâce notamment à quelques artifices anatomiques. La personne qu'elle épouse n'a pas choisi son sort. C'est son père qui a voulu se débarrasser d'elle (il a cinq filles à nourrir), pour une raison qui ne devient vraiment claire que quelques mois plus tard... La nouvelle épouse, si elle échappe à la tutelle paternelle, est vouée à devenir la servante de son mari... et à lui donner des enfants.
Dans la seconde partie, le rapport de force au sein du couple évolue quelque peu. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir les circonstances du basculement. Le cinéaste fait habilement bifurquer son intrigue.
Les événements s'accélèrent dans la troisième partie, durant laquelle des explications sont apportées aux spectateurs. Sandra Hüller a droit à quelques belles tirades. L'histoire de son personnage, inspirée de celle de plusieurs "femmes au pantalon" n'est pas sans rappeler, par certains aspects, celle de Jeanne d'Arc (même si le contexte est différent). Certaines scènes laissent penser que le réalisateur connaît bien La Passion de Jeanne d'Arc (de Dreyer) et le Procès de Jeanne d'Arc (de Bresson).
Ce n'est pas d'une gaité folle, mais c'est brillamment mis en scène et, surtout dans la première partie, apaisant (voire inspirant).
P.S.
ATTENTION
PETIT
DIVULGACHAGE
(UN VRAI, CETTE FOIS)
Je me dois de signaler ce qui ressemble fort à une incohérence scénaristique.
Dans la troisième partie, on apprend quelque chose à propos de l'héroïne, une "situation" qui retarde l'évolution de son sort. Si l'événement déclencheur est lié à la période de guerre (comme les dialogues le suggèrent), alors c'est chronologiquement impossible, plus d'une année ayant passé depuis son installation au village. En revanche ce serait plausible si, au cours de sa récente fuite, Rose a été violentée.
Il est dommage que cette imperfection nuise à la fin de l'histoire.
Rose
Quelque part en Allemagne (ou en Autriche), après la Guerre de Trente Ans, un soldat défiguré débarque dans un village et réclame son héritage familial, une ferme laissée à l'abandon, dont les animaux ont été récupérés par les habitants. Au départ le nouveau venu, qui dit avoir vécu sur place, enfant, n'est pas très bien vu, mais il se rend utile à la communauté villageoise et met en valeur le bien dont il a hérité. Il finit même par se marier et avoir un enfant... sauf que ce soldat est en réalité une femme.
Je ne pense pas vraiment "divulgâcher", puisque cet élément clé est cité dans quasiment toutes les présentations du film. Le suspens réside ailleurs... et le film se distingue par d'autres qualités.
C'est d'abord un très beau noir et blanc, assez austère, parfaitement adapté pour représenter la vie dans cette campagne reculée. De plus, le réalisateur ne s'encombre pas de dialogues inutiles. Sa mise en scène et le jeu des acteurs sont suffisants pour transmettre tout ce qui est nécessaire... avec quelques ellipses.
Durant la première partie, on nous montre l'installation du soldat. Il est du genre taiseux, mais travailleur. Il a aussi de l'argent. Il embauche quelques employés (dont un manchot), retape les bâtiments, relance les cultures et l'élevage. Sans devenir très florissante, la petite ferme retrouve des couleurs et suffit à nourrir les personnes qui y travaillent. Le soldat est davantage respecté, surtout à partir du moment où il intervient contre une ourse. On lui propose même d'épouser une fille du village.
La situation des femmes est donc au cœur de l'intrigue. Rose, le soldat (Sandra Hüller, très bien), ne peut vivre avec indépendance que parce qu'elle est grimée en homme, grâce notamment à quelques artifices anatomiques. La personne qu'elle épouse n'a pas choisi son sort. C'est son père qui a voulu se débarrasser d'elle (il a cinq filles à nourrir), pour une raison qui ne devient vraiment claire que quelques mois plus tard... La nouvelle épouse, si elle échappe à la tutelle paternelle, est vouée à devenir la servante de son mari... et à lui donner des enfants.
Dans la seconde partie, le rapport de force au sein du couple évolue quelque peu. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir les circonstances du basculement. Le cinéaste fait habilement bifurquer son intrigue.
Les événements s'accélèrent dans la troisième partie, durant laquelle des explications sont apportées aux spectateurs. Sandra Hüller a droit à quelques belles tirades. L'histoire de son personnage, inspirée de celle de plusieurs "femmes au pantalon" n'est pas sans rappeler, par certains aspects, celle de Jeanne d'Arc (même si le contexte est différent). Certaines scènes laissent penser que le réalisateur connaît bien La Passion de Jeanne d'Arc (de Dreyer) et le Procès de Jeanne d'Arc (de Bresson).
Ce n'est pas d'une gaité folle, mais c'est brillamment mis en scène et, surtout dans la première partie, apaisant (voire inspirant).
P.S.
ATTENTION
PETIT
DIVULGACHAGE
(UN VRAI, CETTE FOIS)
Je me dois de signaler ce qui ressemble fort à une incohérence scénaristique.
Dans la troisième partie, on apprend quelque chose à propos de l'héroïne, une "situation" qui retarde l'évolution de son sort. Si l'événement déclencheur est lié à la période de guerre (comme les dialogues le suggèrent), alors c'est chronologiquement impossible, plus d'une année ayant passé depuis son installation au village. En revanche ce serait plausible si, au cours de sa récente fuite, Rose a été violentée.
Il est dommage que cette imperfection nuise à la fin de l'histoire.
samedi, 19 septembre 2026
Les Survivants du Che
Dix-sept ans après le film de Steven Soderbergh (Che 2 - Guérilla), qui racontait les événements de Bolivie en plaçant au centre Ernesto Guevara de la Serna, Christophe Dimitri Réveille choisit de déplacer la focale et de consacrer son histoire à une partie des guérilleros qui ont accompagné le Che (six d'entre eux). Le documentaire est composé d'un mélange d'images d'actualités, d'entretiens réalisés au début des années 2000, en plusieurs fois... et de scènes d'animation, grâce auxquelles on revit les épisodes les plus marquants.
Le film démarre par les derniers combats du Che (ceux de 1967), au cœur de la forêt bolivienne. Le témoignage des rescapés est notamment croisé avec celui d'un ancien agent de la CIA, Félix Rodriguez, un Cubain anticastriste, naturalisé américain, que l'on voit parfois sur certaines photographies prises à cette époque. Toutefois, malgré ce contrepoint fort bienvenu, on ne peut pas dire que le film adopte un ton équilibré. Il penche très nettement en faveur des militants communistes, sans toutefois passer sous silence les tensions internes au camp pro-soviétique. La face états-unienne est elle évoquée de manière succincte, sans nuance.
La suite est d'abord composée de retours en arrière, montrant l'origine de l'engagement des témoins, ou leur premier contact avec Guevara. L'un des futurs guérilleros se fait remarquer par son endurance, ce qui le rend précieux pour transmettre des messages à (très) longue distance. Certaines des images montrent les premiers temps de la révolution cubaine. Il faut attendre longtemps pour qu'émerge une ébauche de critique envers le régime de Fidel Castro. Guevara est épargné. On ne touche pas à l'icône.
Cela n'en est pas moins passionnant. Le choix d'introduire des scènes animées rend le documentaire plus agréable à regarder (l'accumulation de témoignages, le plus souvent en espagnol, finissant par lasser). On est véritablement plongé dans la forêt tropicale, où l'on suit les pérégrinations du groupe de rescapés (qui avait été placé en position de retrait, un peu en hauteur, ce qui lui a permis, dans un premier temps, d'échapper aux troupes boliviennes).
Les témoignages de ces papys (ex)révolutionnaires sont parfois poignants, notamment quand ils décrivent leurs conditions de vie (précaires), les efforts (gigantesques) qu'ils ont fournis... ou la mort de l'un d'entre eux, la règle étant de ne pas tomber vivant entre les mains des militaires boliviens (en particulier les rangers).
Outre le courage, il a fallu déployer de l'ingéniosité pour échapper aux poursuivants... et parfois bénéficier de complicités villageoises. Le petit escadron est composé de Cubains et de Boliviens communistes. Tous sont évidemment hispanophones mais, dans la zone rurale où les guérilleros communistes ont été envoyés, les habitants parlent plutôt l'une des langues amérindiennes, principalement le quechua, que les combattants ont donc appris... sauf que la petite troupe a finalement été débarquée plus au sud que prévu, pas très loin des frontières argentine et paraguayenne, où les communautés villageoises parlent le guarani. Pas facile de communiquer donc, surtout quand les paysans sont peu sensibles aux idéologies révolutionnaires.
(Le documentaire attribue -partiellement- l'échec de la mission Guevara au fait que les communistes boliviens, plutôt citadins, n'ont pas vraiment soutenu la guérilla et que Moscou ne voyait pas d'un bon œil le prestige grandissant dont bénéficiait le Che... mais, même si la Bolivie était devenue une dictature militaire en 1964, elle avait auparavant connu une douzaine d'années de gouvernements de gauche, avec une réforme agraire. Pour se déployer, le communisme a besoin que la population soit maintenue dans la misère, sans espoir. La Bolivie n'était sans doute pas le "bon terrain de jeu" pour une guérilla rurale.)
Les spectateurs français seront peut-être surpris de l'importance accordée à notre pays dans le documentaire. C'est d'abord dû aux liens qu'a entretenus l'écrivain Régis Debray avec les castristes. Son incarcération en Bolivie a provoqué l'intervention du gouvernement français (sous la présidence de Charles de Gaulle), pour lui éviter l'exécution... enfin, ça, c'est la version "officielle". La version officieuse est que Debray, interrogé par les Boliviens et des agents de la CIA, se serait montré plutôt "coopératif".
Quoi qu'il en soit, cet épisode est l'occasion d'évoquer le prestige dont pouvaient jouir les Français à cette époque en Amérique latine. En 1964, Charles de Gaulle y avait effectué une tournée quasi triomphale (comme le rapporte l'émission Concordance des temps diffusée ce samedi matin, sur France Culture). La revendication d'une politique d'indépendance nationale, qui impliquait la dénonciation des impérialismes soviétique et américain (tout en restant dans le Bloc occidental), a suscité une certaine ferveur de l'autre côté de l'Atlantique.
C'est par le Chili que les derniers rescapés ont pu fuir la Bolivie. Ce fut une véritable expédition. A l'arrivée, ils furent aidés par le chef de l'opposition au gouvernement chilien, le socialiste Salvador Allende, qui continua d'entretenir des liens avec la mouvance castro-guévariste une fois devenu président du Chili, en 1970. (Il fut, rappelons-le, renversé par coup d’État, le 11 septembre 1973. Il n'est pas impossible que l'aide apportée par ce légaliste à des révolutionnaires perçus à Washington comme extrêmement dangereux ait décidé les Etats-Unis à soutenir Pinochet, par l'entremise de la CIA.)
La fin est consacrée à la vie des rescapés, durant les décennies suivantes, à Cuba, en Bolivie de nouveau... ou en France (où l'un d'entre eux a émigré). Ils sont presque tous morts aujourd'hui.
11:47 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Les Survivants du Che
Dix-sept ans après le film de Steven Soderbergh (Che 2 - Guérilla), qui racontait les événements de Bolivie en plaçant au centre Ernesto Guevara de la Serna, Christophe Dimitri Réveille choisit de déplacer la focale et de consacrer son histoire à une partie des guérilleros qui ont accompagné le Che (six d'entre eux). Le documentaire est composé d'un mélange d'images d'actualités, d'entretiens réalisés au début des années 2000, en plusieurs fois... et de scènes d'animation, grâce auxquelles on revit les épisodes les plus marquants.
Le film démarre par les derniers combats du Che (ceux de 1967), au cœur de la forêt bolivienne. Le témoignage des rescapés est notamment croisé avec celui d'un ancien agent de la CIA, Félix Rodriguez, un Cubain anticastriste, naturalisé américain, que l'on voit parfois sur certaines photographies prises à cette époque. Toutefois, malgré ce contrepoint fort bienvenu, on ne peut pas dire que le film adopte un ton équilibré. Il penche très nettement en faveur des militants communistes, sans toutefois passer sous silence les tensions internes au camp pro-soviétique. La face états-unienne est elle évoquée de manière succincte, sans nuance.
La suite est d'abord composée de retours en arrière, montrant l'origine de l'engagement des témoins, ou leur premier contact avec Guevara. L'un des futurs guérilleros se fait remarquer par son endurance, ce qui le rend précieux pour transmettre des messages à (très) longue distance. Certaines des images montrent les premiers temps de la révolution cubaine. Il faut attendre longtemps pour qu'émerge une ébauche de critique envers le régime de Fidel Castro. Guevara est épargné. On ne touche pas à l'icône.
Cela n'en est pas moins passionnant. Le choix d'introduire des scènes animées rend le documentaire plus agréable à regarder (l'accumulation de témoignages, le plus souvent en espagnol, finissant par lasser). On est véritablement plongé dans la forêt tropicale, où l'on suit les pérégrinations du groupe de rescapés (qui avait été placé en position de retrait, un peu en hauteur, ce qui lui a permis, dans un premier temps, d'échapper aux troupes boliviennes).
Les témoignages de ces papys (ex)révolutionnaires sont parfois poignants, notamment quand ils décrivent leurs conditions de vie (précaires), les efforts (gigantesques) qu'ils ont fournis... ou la mort de l'un d'entre eux, la règle étant de ne pas tomber vivant entre les mains des militaires boliviens (en particulier les rangers).
Outre le courage, il a fallu déployer de l'ingéniosité pour échapper aux poursuivants... et parfois bénéficier de complicités villageoises. Le petit escadron est composé de Cubains et de Boliviens communistes. Tous sont évidemment hispanophones mais, dans la zone rurale où les guérilleros communistes ont été envoyés, les habitants parlent plutôt l'une des langues amérindiennes, principalement le quechua, que les combattants ont donc appris... sauf que la petite troupe a finalement été débarquée plus au sud que prévu, pas très loin des frontières argentine et paraguayenne, où les communautés villageoises parlent le guarani. Pas facile de communiquer donc, surtout quand les paysans sont peu sensibles aux idéologies révolutionnaires.
(Le documentaire attribue -partiellement- l'échec de la mission Guevara au fait que les communistes boliviens, plutôt citadins, n'ont pas vraiment soutenu la guérilla et que Moscou ne voyait pas d'un bon œil le prestige grandissant dont bénéficiait le Che... mais, même si la Bolivie était devenue une dictature militaire en 1964, elle avait auparavant connu une douzaine d'années de gouvernements de gauche, avec une réforme agraire. Pour se déployer, le communisme a besoin que la population soit maintenue dans la misère, sans espoir. La Bolivie n'était sans doute pas le "bon terrain de jeu" pour une guérilla rurale.)
Les spectateurs français seront peut-être surpris de l'importance accordée à notre pays dans le documentaire. C'est d'abord dû aux liens qu'a entretenus l'écrivain Régis Debray avec les castristes. Son incarcération en Bolivie a provoqué l'intervention du gouvernement français (sous la présidence de Charles de Gaulle), pour lui éviter l'exécution... enfin, ça, c'est la version "officielle". La version officieuse est que Debray, interrogé par les Boliviens et des agents de la CIA, se serait montré plutôt "coopératif".
Quoi qu'il en soit, cet épisode est l'occasion d'évoquer le prestige dont pouvaient jouir les Français à cette époque en Amérique latine. En 1964, Charles de Gaulle y avait effectué une tournée quasi triomphale (comme le rapporte l'émission Concordance des temps diffusée ce samedi matin, sur France Culture). La revendication d'une politique d'indépendance nationale, qui impliquait la dénonciation des impérialismes soviétique et américain (tout en restant dans le Bloc occidental), a suscité une certaine ferveur de l'autre côté de l'Atlantique.
C'est par le Chili que les derniers rescapés ont pu fuir la Bolivie. Ce fut une véritable expédition. A l'arrivée, ils furent aidés par le chef de l'opposition au gouvernement chilien, le socialiste Salvador Allende, qui continua d'entretenir des liens avec la mouvance castro-guévariste une fois devenu président du Chili, en 1970. (Il fut, rappelons-le, renversé par coup d’État, le 11 septembre 1973. Il n'est pas impossible que l'aide apportée par ce légaliste à des révolutionnaires perçus à Washington comme extrêmement dangereux ait décidé les Etats-Unis à soutenir Pinochet, par l'entremise de la CIA.)
La fin est consacrée à la vie des rescapés, durant les décennies suivantes, à Cuba, en Bolivie de nouveau... ou en France (où l'un d'entre eux a émigré). Ils sont presque tous morts aujourd'hui.
11:47 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
mercredi, 16 septembre 2026
Resident Evil
Les producteurs de cette resucée de films d'épouvante ne sont pas très clairs quant au statut de l’œuvre. S'agit-il d'une relance de la franchise (un reboot, en langage hollywoodien) ? D'une histoire dérivée (un spin-off) ? D'une suite qui ne dit pas son nom, en attendant de pouvoir recruter quelques-uns des anciens protagonistes ?
Il n'y a donc pas de Mila Jovovich à l'horizon mais, derrière la caméra se trouve Zach Cregger, que j'ai découvert l'an dernier avec Évanouis. Il appartient à une intéressante nouvelle génération de cinéastes de l'horreur, en compagnie notamment d'Osgood Perkins (Longlegs, The Monkey) et de Kane Parsons (Backrooms).
Le héros Bryan est un jeune homme d'origine modeste, coursier médical, qui semble bien mener sa petite vie sans histoire, entre son boulot et sa copine. (Il est interprété par Austin Abrams, que l'on verra bientôt dans Englouti.) Chez les Anglo-Saxons, on parlerait de nice guy, un type sympa, sans prétention, qui évite les ennuis. Quand il livre un hôpital, il a toujours un haut-le-cœur devant les blessures des patients qu'il croise. La perspective d'être père lui paraît une montagne infranchissable. Du coup, il repousse l'inévitable discussion avec sa petite amie. La nuit qu'il est sur le point de vivre va bouleverser toutes ses certitudes.
L'un des intérêts de ce film est de montrer un individu réellement ordinaire plongé dans une situation extraordinaire. Il ne va pas faire preuve d'héroïsme, mais de débrouillardise (et d'un peu de courage). Le gentil garçon n'est pas taillé comme un athlète et il peine à se servir d'une arme. Il va devoir apprendre vite, s'il veut survivre.
Les scénaristes ont calqué leur intrigue sur le déroulement d'un jeu vidéo. A chaque bifurcation narrative correspond une épreuve, tout le temps horrifique. Ainsi, Bryan va être successivement confronté à :
- la femme de la route
(increvable)
- le chien de la grange
(gueule d'ange)
- la maison isolée
(habitée)
- le camping-car du tunnel
(où l'on peut se faire rouler)
- le monstre du garage
(taquin)
- les pièges des égouts
(peu ragoûtants)
- les zombies des toits
(écrase-moi si tu peux)
- les surprises de l'ascenseur
(à vomir)
- les dangers de la passerelle
(vertigineux)
- les affres de la maternité
(idéal pour un futur papa)
Cela se conclut dans un labo ultra-sécurisé... d'où s'est pourtant échappé un virus ultra-dangereux. Ce parcours du combattant mélange épouvante traditionnelle, clichés (certains personnages faisant ce qu'il ne faut absolument pas faire)... et humour. Bryan est souvent maladroit dans ses efforts désespérés pour échapper au pire (et effectuer sa précieuse livraison). C'est drôle quand il rate... et parfois même aussi quand il réussit ! Le réalisateur, malin, ne nous permet pas toujours de deviner si la scène gore qu'il s'apprête à nous servir est à double sens.
C'est techniquement bien fait et ça ne dure pas très longtemps. Après une journée de boulot, ça "dépayse".
23:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Resident Evil
Les producteurs de cette resucée de films d'épouvante ne sont pas très clairs quant au statut de l’œuvre. S'agit-il d'une relance de la franchise (un reboot, en langage hollywoodien) ? D'une histoire dérivée (un spin-off) ? D'une suite qui ne dit pas son nom, en attendant de pouvoir recruter quelques-uns des anciens protagonistes ?
Il n'y a donc pas de Mila Jovovich à l'horizon mais, derrière la caméra se trouve Zach Cregger, que j'ai découvert l'an dernier avec Évanouis. Il appartient à une intéressante nouvelle génération de cinéastes de l'horreur, en compagnie notamment d'Osgood Perkins (Longlegs, The Monkey) et de Kane Parsons (Backrooms).
Le héros Bryan est un jeune homme d'origine modeste, coursier médical, qui semble bien mener sa petite vie sans histoire, entre son boulot et sa copine. (Il est interprété par Austin Abrams, que l'on verra bientôt dans Englouti.) Chez les Anglo-Saxons, on parlerait de nice guy, un type sympa, sans prétention, qui évite les ennuis. Quand il livre un hôpital, il a toujours un haut-le-cœur devant les blessures des patients qu'il croise. La perspective d'être père lui paraît une montagne infranchissable. Du coup, il repousse l'inévitable discussion avec sa petite amie. La nuit qu'il est sur le point de vivre va bouleverser toutes ses certitudes.
L'un des intérêts de ce film est de montrer un individu réellement ordinaire plongé dans une situation extraordinaire. Il ne va pas faire preuve d'héroïsme, mais de débrouillardise (et d'un peu de courage). Le gentil garçon n'est pas taillé comme un athlète et il peine à se servir d'une arme. Il va devoir apprendre vite, s'il veut survivre.
Les scénaristes ont calqué leur intrigue sur le déroulement d'un jeu vidéo. A chaque bifurcation narrative correspond une épreuve, tout le temps horrifique. Ainsi, Bryan va être successivement confronté à :
- la femme de la route
(increvable)
- le chien de la grange
(gueule d'ange)
- la maison isolée
(habitée)
- le camping-car du tunnel
(où l'on peut se faire rouler)
- le monstre du garage
(taquin)
- les pièges des égouts
(peu ragoûtants)
- les zombies des toits
(écrase-moi si tu peux)
- les surprises de l'ascenseur
(à vomir)
- les dangers de la passerelle
(vertigineux)
- les affres de la maternité
(idéal pour un futur papa)
Cela se conclut dans un labo ultra-sécurisé... d'où s'est pourtant échappé un virus ultra-dangereux. Ce parcours du combattant mélange épouvante traditionnelle, clichés (certains personnages faisant ce qu'il ne faut absolument pas faire)... et humour. Bryan est souvent maladroit dans ses efforts désespérés pour échapper au pire (et effectuer sa précieuse livraison). C'est drôle quand il rate... et parfois même aussi quand il réussit ! Le réalisateur, malin, ne nous permet pas toujours de deviner si la scène gore qu'il s'apprête à nous servir est à double sens.
C'est techniquement bien fait et ça ne dure pas très longtemps. Après une journée de boulot, ça "dépayse".
23:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
dimanche, 13 septembre 2026
Le Bon, la brute et... le cinglé
Dans cet été qui ne finit pas, les bonnes surprises se succèdent, plutôt du côté des rééditions. Ainsi, alors qu'au mois d'août nous avons eu droit à la version restaurée du film de Sergio Leone, voici que redébarque sur nos écrans son adaptation (un brin parodique) sud-coréenne, initialement sortie en 2008.
A l'époque, je ne l'avais pas chroniquée. D'après ce que je me rappelle, j'avais été plutôt déçu par la projection, considérant que, même si le film n'était pas sans qualité, il était loin d'égaler son modèle. La critique nous l'avait un peu survendu.
Mais, récemment, mû par la curiosité (et pas franchement emballé par le florilège déprimant qui nous est servi en cette rentrée), j'ai retenté ma chance... et je ne l'ai pas regretté.
Certes, dès le début, j'ai retrouvé cette volonté, de la part du réalisateur (Kim Jee-Woon, auquel on doit, entre autres, A Bittersweet Life et Ça tourne à Séoul !), d'imposer un rythme trépidant, grâce notamment à un montage particulièrement haché. Mais, presque vingt ans plus tard, alors que nombre de cinéastes ont cédé à la tentation du plan-seconde, cette frénésie apparaît toute relative...
... et elle éloigne Kim de son modèle. En effet, Sergio Leone, lui, était capable de construire de magnifiques plans-séquences, parfois sans le moindre dialogue. Ici, on a droit qu'à quelques panoramiques.
Du côté des personnages principaux, c'est encore plus caricatural que chez Leone. Le Bon est un joli jeune homme du genre taiseux (et qui fume), mais l'acteur qui l'interprète n'a pas le charisme de Clint. La Brute semble tout droit sorti d'un défilé de mode. Il est abominablement cruel, sans le moindre scrupule. C'est déjà ça. (Comme à celui qui est incarné par Lee Van Cleef, il manque un morceau de doigt. Leone n'a pas fait grand chose de cette particularité physique -méconnue- de son acteur, alors que Kim a construit un arc narratif autour.)
Le véritable héros est le Cinglé, personnage de prime abord comique, auquel le public est censé davantage adhérer. La version sud-coréenne développe différents aspects de sa personnalité, qui détourne un peu l'histoire de son modèle italo-états-unien. Ce n'est pas mal du tout.
Une autre originalité de ce film-ci est son contexte historico-géographique. Au public occidental de base, il apparaîtra aussi nébuleux que peut l'être la Guerre de Sécession aux yeux d'un Coréen.
Le far-west asiatique est la Mandchourie (devenue le Mandchoukuo), un territoire objet de multiples convoitises : russe, chinoise, mongole, coréenne... et japonaise. Dans les années 1930 (avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale), l'armée du Pays du soleil levant impose peu à peu sa domination, entraînant à sa suite une foule de Coréens, issus d'un territoire qui est à l'époque une colonie japonaise.
Voilà pourquoi dans ce film le "trésor" pour lequel tant d'hommes sont prêts à s'entretuer est convoité par une tribu mandchoue, un gang coréen, les Chinois (ceux de Tchang Kaï-chek), un vieux collabo coréen, l'armée japonaise, nos trois héros... et les indépendantistes coréens, qui estiment que ce "trésor" pourrait faire basculer la guerre.
On découvre le fin mot de l'histoire au cours de la reprise du "duel à trois". Elle est plus brouillonne que chez Leone, mais elle réserve de belles surprises.
21:22 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Le Bon, la brute et... le cinglé
Dans cet été qui ne finit pas, les bonnes surprises se succèdent, plutôt du côté des rééditions. Ainsi, alors qu'au mois d'août nous avons eu droit à la version restaurée du film de Sergio Leone, voici que redébarque sur nos écrans son adaptation (un brin parodique) sud-coréenne, initialement sortie en 2008.
A l'époque, je ne l'avais pas chroniquée. D'après ce que je me rappelle, j'avais été plutôt déçu par la projection, considérant que, même si le film n'était pas sans qualité, il était loin d'égaler son modèle. La critique nous l'avait un peu survendu.
Mais, récemment, mû par la curiosité (et pas franchement emballé par le florilège déprimant qui nous est servi en cette rentrée), j'ai retenté ma chance... et je ne l'ai pas regretté.
Certes, dès le début, j'ai retrouvé cette volonté, de la part du réalisateur (Kim Jee-Woon, auquel on doit, entre autres, A Bittersweet Life et Ça tourne à Séoul !), d'imposer un rythme trépidant, grâce notamment à un montage particulièrement haché. Mais, presque vingt ans plus tard, alors que nombre de cinéastes ont cédé à la tentation du plan-seconde, cette frénésie apparaît toute relative...
... et elle éloigne Kim de son modèle. En effet, Sergio Leone, lui, était capable de construire de magnifiques plans-séquences, parfois sans le moindre dialogue. Ici, on a droit qu'à quelques panoramiques.
Du côté des personnages principaux, c'est encore plus caricatural que chez Leone. Le Bon est un joli jeune homme du genre taiseux (et qui fume), mais l'acteur qui l'interprète n'a pas le charisme de Clint. La Brute semble tout droit sorti d'un défilé de mode. Il est abominablement cruel, sans le moindre scrupule. C'est déjà ça. (Comme à celui qui est incarné par Lee Van Cleef, il manque un morceau de doigt. Leone n'a pas fait grand chose de cette particularité physique -méconnue- de son acteur, alors que Kim a construit un arc narratif autour.)
Le véritable héros est le Cinglé, personnage de prime abord comique, auquel le public est censé davantage adhérer. La version sud-coréenne développe différents aspects de sa personnalité, qui détourne un peu l'histoire de son modèle italo-états-unien. Ce n'est pas mal du tout.
Une autre originalité de ce film-ci est son contexte historico-géographique. Au public occidental de base, il apparaîtra aussi nébuleux que peut l'être la Guerre de Sécession aux yeux d'un Coréen.
Le far-west asiatique est la Mandchourie (devenue le Mandchoukuo), un territoire objet de multiples convoitises : russe, chinoise, mongole, coréenne... et japonaise. Dans les années 1930 (avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale), l'armée du Pays du soleil levant impose peu à peu sa domination, entraînant à sa suite une foule de Coréens, issus d'un territoire qui est à l'époque une colonie japonaise.
Voilà pourquoi dans ce film le "trésor" pour lequel tant d'hommes sont prêts à s'entretuer est convoité par une tribu mandchoue, un gang coréen, les Chinois (ceux de Tchang Kaï-chek), un vieux collabo coréen, l'armée japonaise, nos trois héros... et les indépendantistes coréens, qui estiment que ce "trésor" pourrait faire basculer la guerre.
On découvre le fin mot de l'histoire au cours de la reprise du "duel à trois". Elle est plus brouillonne que chez Leone, mais elle réserve de belles surprises.
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samedi, 12 septembre 2026
Akira
L'été 2026 aura donc été celui des ressorties de qualité, notamment dans le domaine de l'animation. Après Ghost in the Shell (en juin dernier), après Le Tombeau des lucioles et Cowboy Bebop (en juillet), c'est au tour du "grand frère" des longs-métrages d'animation japonaise pour adultes, que j'ai découvert il y a plus de trente ans...
La (petite) salle était copieusement garnie, en majorité de personnes âgées de 50 à 70 ans, quelques adolescents et jeunes adultes s'étant glissés au milieu.
Très bien restauré, le film a conservé toute sa force, d'abord parce qu'il ne propose pas une intrigue édulcorée. Dans un Japon futuriste (vu de l'époque), on découvre de jeunes hommes adeptes des courses de motos, de bastons... et, sans doute aussi, pour certains d'entre eux, de drogue(s). La rivalité entre deux gangs de Néo-Tokyo percute une tout autre histoire, celle d'enfants-cobayes, qui tentent d'échapper à leurs geôliers militaires, tandis que d'autres sont "recrutés" (de force).
Dans le même temps, la capitale japonaise est secouée par un mouvement social et les agissements d'une secte millénariste, qui place son salut dans le retour de Jésus François Hollande d'Akira, un personnage mythique, aux pouvoirs surnaturels, que les militaires ont jadis fait disparaître de la circulation.
Je me suis replongé avec délice dans cette intrigue sinueuse, foisonnante, servie par une animation de qualité, inventive, parfois virtuose. Une multitude de thématiques s'entremêlent : amitié, (début de) romance, corruption politique, complot militaire, guerre atomique, expériences scientifiques, inégalités sociales... A l'arrière-plan, on perçoit les séquelles du traumatisme subi par le Japon pendant sa période militariste (sous Hiro Hito), jusqu'aux bombardements nucléaires de 1945. Aux métastases nées de l'irradiation répondent celles du cancer politique d'une société qui semble avoir perdu sa boussole.
Je signale tout de même que, si l'animation (qui a presque quarante ans !) est de qualité, elle n'est pas visible par tous. La violence n'est nullement atténuée et l'on ne nous épargne ni les giclées de sang, ni les amputations et diverses mutations, conséquences des poussées de violence provoquées par différents personnages. C'est aussi une leçon de cette histoire : la possession d'un pouvoir (politique, économique, surnaturel...) peut être une malédiction, si l'on en fait mauvais usage.
17:27 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Akira
L'été 2026 aura donc été celui des ressorties de qualité, notamment dans le domaine de l'animation. Après Ghost in the Shell (en juin dernier), après Le Tombeau des lucioles et Cowboy Bebop (en juillet), c'est au tour du "grand frère" des longs-métrages d'animation japonaise pour adultes, que j'ai découvert il y a plus de trente ans...
La (petite) salle était copieusement garnie, en majorité de personnes âgées de 50 à 70 ans, quelques adolescents et jeunes adultes s'étant glissés au milieu.
Très bien restauré, le film a conservé toute sa force, d'abord parce qu'il ne propose pas une intrigue édulcorée. Dans un Japon futuriste (vu de l'époque), on découvre de jeunes hommes adeptes des courses de motos, de bastons... et, sans doute aussi, pour certains d'entre eux, de drogue(s). La rivalité entre deux gangs de Néo-Tokyo percute une tout autre histoire, celle d'enfants-cobayes, qui tentent d'échapper à leurs geôliers militaires, tandis que d'autres sont "recrutés" (de force).
Dans le même temps, la capitale japonaise est secouée par un mouvement social et les agissements d'une secte millénariste, qui place son salut dans le retour de Jésus François Hollande d'Akira, un personnage mythique, aux pouvoirs surnaturels, que les militaires ont jadis fait disparaître de la circulation.
Je me suis replongé avec délice dans cette intrigue sinueuse, foisonnante, servie par une animation de qualité, inventive, parfois virtuose. Une multitude de thématiques s'entremêlent : amitié, (début de) romance, corruption politique, complot militaire, guerre atomique, expériences scientifiques, inégalités sociales... A l'arrière-plan, on perçoit les séquelles du traumatisme subi par le Japon pendant sa période militariste (sous Hiro Hito), jusqu'aux bombardements nucléaires de 1945. Aux métastases nées de l'irradiation répondent celles du cancer politique d'une société qui semble avoir perdu sa boussole.
Je signale tout de même que, si l'animation (qui a presque quarante ans !) est de qualité, elle n'est pas visible par tous. La violence n'est nullement atténuée et l'on ne nous épargne ni les giclées de sang, ni les amputations et diverses mutations, conséquences des poussées de violence provoquées par différents personnages. C'est aussi une leçon de cette histoire : la possession d'un pouvoir (politique, économique, surnaturel...) peut être une malédiction, si l'on en fait mauvais usage.
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vendredi, 11 septembre 2026
Pressure
Cette pression est à la fois mentale (s'exerçant sur l'esprit des décideurs, comme le général Eisenhower, ou des météorologues, comme le héros) et physique (quand elle est atmosphérique). Voici donc les prémices du Débarquement de Normandie vus sous l'angle de l'analyse des vents, de l'hygrométrie et des précipitations.
Au début, la caractérisation des personnages m'a paru trop abrupte, opposant notamment le météorologue écossais, posé, coincé, un brin tristounet.... et un peu cassant (peut-être par timidité) à son collègue américain, extraverti, jovial, bringueur, charmeur. Mais Andrew Scott et Chris Messina finissent par emporter le morceau. (Le premier est un visage connu des téléphiles, puisqu'il incarna naguère Moriarty dans la série Sherlock, face à Benedict Cumberbatch.)
La mise en scène n'est pas dégueulasse. J'ai été cueilli par la séquence de la simulation ratée d'un débarquement (l'Opération Tiger, qui ne s'est toutefois pas déroulée comme cela est raconté dans le film), conclue de manière tragique et évoquée avec force. Plus tard, c'est un inattendu coup de fil qui nous prend aux tripes (et nous maintient en haleine jusqu'à la fin).
A part cela, l'intrigue est menée de manière assez classique, avec un héros un peu solitaire, qui a raison contre presque tout le monde, qui va quand même trouver un peu de soutien et dont l'obstination et la compétence finissent par rendre de grands services... et être reconnus.
C'est donc d'abord un film psychologique... mais je rassure les amateurs d'action : on nous a préparé une petite séquence style Il faut sauver le soldat Ryan. C'est donc aussi un hommage à ces dizaines de milliers de jeunes hommes qui ont risqué (voire perdu) leur vie pour libérer la France du joug nazi (et éviter qu'elle ne tombe éventuellement sous celui de Staline).
Dans ce monde de casquettes, de bretelles et de couilles velues, les femmes ne sont pas absentes. Elles occupent plutôt l'arrière-plan, sauf Kay Summersby (interprétée par Kerry Condon), la secrétaire particulière d'Eisenhower, qui fut aussi son chauffeur... et sans doute sa maîtresse. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de Susan Travers, compagne du général Koenig, aperçue dans La Bataille de Gaulle - L'âge de fer.
En revanche, il est un personnage, présent dans Pressure comme dans le second volume de la fresque gaullienne (J'écris ton nom), que l'on découvre sous deux angles totalement différents : le général (britannique) Bernard Montgomery. En effet, la vision française de la guerre du désert libyen le montre épaulant les FFL (leur sauvant sans doute la mise), alors que, dans Pressure, il apparaît comme un type aveuglé par son arrogance.
23:07 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Pressure
Cette pression est à la fois mentale (s'exerçant sur l'esprit des décideurs, comme le général Eisenhower, ou des météorologues, comme le héros) et physique (quand elle est atmosphérique). Voici donc les prémices du Débarquement de Normandie vus sous l'angle de l'analyse des vents, de l'hygrométrie et des précipitations.
Au début, la caractérisation des personnages m'a paru trop abrupte, opposant notamment le météorologue écossais, posé, coincé, un brin tristounet.... et un peu cassant (peut-être par timidité) à son collègue américain, extraverti, jovial, bringueur, charmeur. Mais Andrew Scott et Chris Messina finissent par emporter le morceau. (Le premier est un visage connu des téléphiles, puisqu'il incarna naguère Moriarty dans la série Sherlock, face à Benedict Cumberbatch.)
La mise en scène n'est pas dégueulasse. J'ai été cueilli par la séquence de la simulation ratée d'un débarquement (l'Opération Tiger, qui ne s'est toutefois pas déroulée comme cela est raconté dans le film), conclue de manière tragique et évoquée avec force. Plus tard, c'est un inattendu coup de fil qui nous prend aux tripes (et nous maintient en haleine jusqu'à la fin).
A part cela, l'intrigue est menée de manière assez classique, avec un héros un peu solitaire, qui a raison contre presque tout le monde, qui va quand même trouver un peu de soutien et dont l'obstination et la compétence finissent par rendre de grands services... et être reconnus.
C'est donc d'abord un film psychologique... mais je rassure les amateurs d'action : on nous a préparé une petite séquence style Il faut sauver le soldat Ryan. C'est donc aussi un hommage à ces dizaines de milliers de jeunes hommes qui ont risqué (voire perdu) leur vie pour libérer la France du joug nazi (et éviter qu'elle ne tombe éventuellement sous celui de Staline).
Dans ce monde de casquettes, de bretelles et de couilles velues, les femmes ne sont pas absentes. Elles occupent plutôt l'arrière-plan, sauf Kay Summersby (interprétée par Kerry Condon), la secrétaire particulière d'Eisenhower, qui fut aussi son chauffeur... et sans doute sa maîtresse. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de Susan Travers, compagne du général Koenig, aperçue dans La Bataille de Gaulle - L'âge de fer.
En revanche, il est un personnage, présent dans Pressure comme dans le second volume de la fresque gaullienne (J'écris ton nom), que l'on découvre sous deux angles totalement différents : le général (britannique) Bernard Montgomery. En effet, la vision française de la guerre du désert libyen le montre épaulant les FFL (leur sauvant sans doute la mise), alors que, dans Pressure, il apparaît comme un type aveuglé par son arrogance.
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dimanche, 06 septembre 2026
Tad l'explorateur et la lampe magique
Ce long-métrage d'animation espagnol est le quatrième évoquant les aventures d'un apprenti-archéologue, au départ pas très doué, mais qui, à force de maladresses, de courage, d'acharnement... et de chance, finit par effectuer de fantastiques découvertes.
Autour de lui s'est constituée une étrange famille. Au coeur de celle-ci se trouve la compagne de Tad, Sara Lavrof, authentique (et rigoureuse) archéologue, rencontrée dans le premier volet et dont le héros est tombé éperdument amoureux. Comme c'était réciproque, le couple s'est formé... et, pour ces quatrièmes aventures, il s'est agrandi d'une progéniture, une petite fille au caractère déjà bien affirmé.
Autour de ce trio gravitent un chien stupide, un perroquet ara qui, au départ, ne s'exprime que par pancarte (avec des émoticônes toujours savoureuses...)... et (nouveauté de l'épisode) un petit robot archéologue, aux ressources insoupçonnées.
Pour compléter le tableau familial, il convient d'ajouter les deux "meilleurs amis" du couple. Le plus ancien (mais pas le plus vieux !), rencontré dès le premier épisode, est une momie inca, surnommé Mummy... et parfois appelé Mommy, dans la version originale, par la gamine, qui s'est prise d'affection pour cette survivance d'une civilisation (en partie) disparue. Depuis l'épisode précédent (Tad l'explorateur et la table d'émeraude, qui a récemment été diffusé à la télévision), une Égyptienne très très bien conservée a rejoint la troupe : Ramona Ra Amon Ah, avec des espaces.
Tout ce petit monde est très bien doublé en français. De surcroît, dans la VF du dernier épisode, les héros rencontrent le "génie de la lampe", qui a la voix de... Chantal Ladesou. L'irruption de ce personnage fantasque vaut son pesant d'huile d'olive !
Confrontés au descendant du sultan turc Soliman le Magnifique (puis à Soliman lui-même, une fois transportés dans le passé), les héros tentent d'empêcher le tyran d'acquérir un pouvoir fabuleux... et de remédier aux bêtises de Mummy, la momie inca accro au smartphone accumulant les bévues...
Au départ, c'est une parodie d'Indiana Jones et de Benjamin Gates, destinée aux enfants. Les auteurs y ont mêlé des références à Star Wars, à Titanic... et même à Mad Max Fury Road ! J'ajoute qu'une des meilleures séquences voit la petite troupe s'introduire dans Buckingham Palace. On peut y croiser le roi Charles III mais, surtout, une redoutable (mais sympathique) bande de quadrupèdes. Cerise sur le gâteau : les auteurs ont réussi leur conclusion, qui joue sur le paradoxe temporel. (Je dois dire que je n'ai pas été insensible à la mise en scène de l'attachement père-fille.)
Les enfants rient aux péripéties et les adultes savourent les clins d’œil. Cela dure à peine plus d'1h30 et l'on passe un bon moment... au frais, la canicule étant (temporairement) de retour dans le Sud-Ouest.
P.S.
Certaines coïncidences sont parfois troublantes. La séance de cinéma fut suivie d'un repas au restaurant. Nous en étions au dessert lorsqu'un couple entra dans l'établissement, tenant en laisse... un corgi ! Saperlipopette !
14:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Tad l'explorateur et la lampe magique
Ce long-métrage d'animation espagnol est le quatrième évoquant les aventures d'un apprenti-archéologue, au départ pas très doué, mais qui, à force de maladresses, de courage, d'acharnement... et de chance, finit par effectuer de fantastiques découvertes.
Autour de lui s'est constituée une étrange famille. Au coeur de celle-ci se trouve la compagne de Tad, Sara Lavrof, authentique (et rigoureuse) archéologue, rencontrée dans le premier volet et dont le héros est tombé éperdument amoureux. Comme c'était réciproque, le couple s'est formé... et, pour ces quatrièmes aventures, il s'est agrandi d'une progéniture, une petite fille au caractère déjà bien affirmé.
Autour de ce trio gravitent un chien stupide, un perroquet ara qui, au départ, ne s'exprime que par pancarte (avec des émoticônes toujours savoureuses...)... et (nouveauté de l'épisode) un petit robot archéologue, aux ressources insoupçonnées.
Pour compléter le tableau familial, il convient d'ajouter les deux "meilleurs amis" du couple. Le plus ancien (mais pas le plus vieux !), rencontré dès le premier épisode, est une momie inca, surnommé Mummy... et parfois appelé Mommy, dans la version originale, par la gamine, qui s'est prise d'affection pour cette survivance d'une civilisation (en partie) disparue. Depuis l'épisode précédent (Tad l'explorateur et la table d'émeraude, qui a récemment été diffusé à la télévision), une Égyptienne très très bien conservée a rejoint la troupe : Ramona Ra Amon Ah, avec des espaces.
Tout ce petit monde est très bien doublé en français. De surcroît, dans la VF du dernier épisode, les héros rencontrent le "génie de la lampe", qui a la voix de... Chantal Ladesou. L'irruption de ce personnage fantasque vaut son pesant d'huile d'olive !
Confrontés au descendant du sultan turc Soliman le Magnifique (puis à Soliman lui-même, une fois transportés dans le passé), les héros tentent d'empêcher le tyran d'acquérir un pouvoir fabuleux... et de remédier aux bêtises de Mummy, la momie inca accro au smartphone accumulant les bévues...
Au départ, c'est une parodie d'Indiana Jones et de Benjamin Gates, destinée aux enfants. Les auteurs y ont mêlé des références à Star Wars, à Titanic... et même à Mad Max Fury Road ! J'ajoute qu'une des meilleures séquences voit la petite troupe s'introduire dans Buckingham Palace. On peut y croiser le roi Charles III mais, surtout, une redoutable (mais sympathique) bande de quadrupèdes. Cerise sur le gâteau : les auteurs ont réussi leur conclusion, qui joue sur le paradoxe temporel. (Je dois dire que je n'ai pas été insensible à la mise en scène de l'attachement père-fille.)
Les enfants rient aux péripéties et les adultes savourent les clins d’œil. Cela dure à peine plus d'1h30 et l'on passe un bon moment... au frais, la canicule étant (temporairement) de retour dans le Sud-Ouest.
P.S.
Certaines coïncidences sont parfois troublantes. La séance de cinéma fut suivie d'un repas au restaurant. Nous en étions au dessert lorsqu'un couple entra dans l'établissement, tenant en laisse... un corgi ! Saperlipopette !
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dimanche, 30 août 2026
Decorado
Ce film d'animation espagnol est à réserver à un public averti. Il décrit un monde dystopique, violent, dont les habitants vivent dans une sorte de "cité idéale", régie par une puissante firme multinationale, ALMA, présente dans tous les domaines de l'économie, de la fabrication de cintres à la pharmacie, en passant par les médias.
Les héros sont un couple de souris, dont la situation est précaire. Maria est dessinatrice à domicile. Arnold est un ancien ouvrier au chômage, qui traîne toute la journée en robe de chambre, souvent planté devant la télévision, qui diffuse les aventures de Roni Duck (mélange de Donald, Duck, Ronald McDonald... et peut-être John Wayne).
Mais Arnold commence à se poser des questions. Il arrête de prendre ses "gélules du bonheur" (produites par ALMA) et décide d'essayer de savoir si le monde dans lequel il vit n'est pas une grande illusion, un décor ("decorado", en espagnol). Il commence par explorer le bois (réputé dangereux) qui entoure la cité. Lui et quelques amis envisagent d'aller au-delà, grâce à une mystérieuse carte. Mais ils doivent faire attention : un grand hibou menaçant garde les abords de la cité...
On sent diverses influences dans cette histoire : 1984 de George Orwell, le Brazil de Terry Gilliam et même The Truman Show de Peter Weir. Ce n'est pas d'une gaieté folle, mais c'est moins plombant que les précédents films d'Alberto Wázquez, Psiconautas et Unicorn Wars. Sur le fond, c'est une œuvre engagée, de gauche, anticapitaliste, à la sauce européenne (du sud) : le monde dystopique est marqué par un chômage de masse. (Si le film avait été anglo-saxon, on aurait davantage mis en scène des travailleurs pauvres.)
10:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Decorado
Ce film d'animation espagnol est à réserver à un public averti. Il décrit un monde dystopique, violent, dont les habitants vivent dans une sorte de "cité idéale", régie par une puissante firme multinationale, ALMA, présente dans tous les domaines de l'économie, de la fabrication de cintres à la pharmacie, en passant par les médias.
Les héros sont un couple de souris, dont la situation est précaire. Maria est dessinatrice à domicile. Arnold est un ancien ouvrier au chômage, qui traîne toute la journée en robe de chambre, souvent planté devant la télévision, qui diffuse les aventures de Roni Duck (mélange de Donald, Duck, Ronald McDonald... et peut-être John Wayne).
Mais Arnold commence à se poser des questions. Il arrête de prendre ses "gélules du bonheur" (produites par ALMA) et décide d'essayer de savoir si le monde dans lequel il vit n'est pas une grande illusion, un décor ("decorado", en espagnol). Il commence par explorer le bois (réputé dangereux) qui entoure la cité. Lui et quelques amis envisagent d'aller au-delà, grâce à une mystérieuse carte. Mais ils doivent faire attention : un grand hibou menaçant garde les abords de la cité...
On sent diverses influences dans cette histoire : 1984 de George Orwell, le Brazil de Terry Gilliam et même The Truman Show de Peter Weir. Ce n'est pas d'une gaieté folle, mais c'est moins plombant que les précédents films d'Alberto Wázquez, Psiconautas et Unicorn Wars. Sur le fond, c'est une œuvre engagée, de gauche, anticapitaliste, à la sauce européenne (du sud) : le monde dystopique est marqué par un chômage de masse. (Si le film avait été anglo-saxon, on aurait davantage mis en scène des travailleurs pauvres.)
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jeudi, 27 août 2026
The Dog Stars
Ces "étoiles canines" sont celles de la Constellation du Chien, titre du roman éponyme et exemple de la manière dont le héros Hig rebaptise à sa guise les (groupes d')étoiles qu'il regarde, la nuit. Il est incarné par Jacob Elordi qui, dans la majorité du film, adopte une tête de chien battu, tellement qu'il est triste de la life. Il faut dire que l'humanité a été décimée par une épouvantable pandémie de grippe, le héros y ayant perdu sa femme enceinte...
Au quotidien, il est associé à Jasper, un chien (non battu) de race malinoise, beaucoup plus expressif que son maître... et tellement plus craquant :
(Pendant le tournage, trois canidés, chacun doté d'un tempérament différent, ont incarné Jasper.)
Il y a bien un autre humain qui partage la vie de Hig : Bangley (Josh Brolin, une fois de plus excellent). Le vieux briscard est sans doute un ancien militaire, adepte de la gâchette, notamment pour écarter de l'ancien aérodrome qui leur sert de refuge les pillards qui osent s'en approcher. Par contraste, Hig incarne un survivaliste empathique, qui ne se satisfait pas de ce mode de vie. Mécano et pilote d'avion, il ravitaille un petit groupe de Mormons Mennonites et retourne régulièrement, en douce, dans son ancien logement, dans une Denver en ruines, envahie par la végétation...
Cette première partie n'est pas déplaisante, mais un peu trop nourrie de clichés à mon goût. Compte tenu du nombre de films et de séries qui ont été déjà tournés dans ce genre, j'attendais mieux de Ridley Scott...
... et j'ai bien fait d'attendre, puisque la deuxième partie est nettement plus convaincante. Elle est d'abord très belle, par la rencontre que fait Hig, celle d'autres rescapés presque aussi méfiants que Bangley, un père et sa fille, interprétés par Guy Pearce et Margaret Qualley, tous deux très bien. Cette séquence nous vaut de beaux moments de poésie... et un peu d'action. J'ai sans doute aussi été touché par le fait que les protagonistes, qui vivent en 2035, regrettent la disparition de certains éléments de notre civilisation dont nous jouissons quasi quotidiennement. Tout cela est tourné dans un bel écrin montagnard, garni de verdure, avec de superbes plans aériens.
La suite réserve d'autres surprises, liées à la possible existence d'une base de sûreté, assez éloignée, disposant du confort moderne. Est-ce autre chose qu'une folle rumeur, lancée pour entretenir l'espoir des rescapés ? Cette partie-là, pour prévisible qu'elle soit, n'en est pas moins maîtrisée. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment cela se termine...
Du coup, je suis sorti de là assez content, en tout cas plus qu'après avoir vu Gladiator II et Napoléon !
23:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
The Dog Stars
Ces "étoiles canines" sont celles de la Constellation du Chien, titre du roman éponyme et exemple de la manière dont le héros Hig rebaptise à sa guise les (groupes d')étoiles qu'il regarde, la nuit. Il est incarné par Jacob Elordi qui, dans la majorité du film, adopte une tête de chien battu, tellement qu'il est triste de la life. Il faut dire que l'humanité a été décimée par une épouvantable pandémie de grippe, le héros y ayant perdu sa femme enceinte...
Au quotidien, il est associé à Jasper, un chien (non battu) de race malinoise, beaucoup plus expressif que son maître... et tellement plus craquant :
(Pendant le tournage, trois canidés, chacun doté d'un tempérament différent, ont incarné Jasper.)
Il y a bien un autre humain qui partage la vie de Hig : Bangley (Josh Brolin, une fois de plus excellent). Le vieux briscard est sans doute un ancien militaire, adepte de la gâchette, notamment pour écarter de l'ancien aérodrome qui leur sert de refuge les pillards qui osent s'en approcher. Par contraste, Hig incarne un survivaliste empathique, qui ne se satisfait pas de ce mode de vie. Mécano et pilote d'avion, il ravitaille un petit groupe de Mormons Mennonites et retourne régulièrement, en douce, dans son ancien logement, dans une Denver en ruines, envahie par la végétation...
Cette première partie n'est pas déplaisante, mais un peu trop nourrie de clichés à mon goût. Compte tenu du nombre de films et de séries qui ont été déjà tournés dans ce genre, j'attendais mieux de Ridley Scott...
... et j'ai bien fait d'attendre, puisque la deuxième partie est nettement plus convaincante. Elle est d'abord très belle, par la rencontre que fait Hig, celle d'autres rescapés presque aussi méfiants que Bangley, un père et sa fille, interprétés par Guy Pearce et Margaret Qualley, tous deux très bien. Cette séquence nous vaut de beaux moments de poésie... et un peu d'action. J'ai sans doute aussi été touché par le fait que les protagonistes, qui vivent en 2035, regrettent la disparition de certains éléments de notre civilisation dont nous jouissons quasi quotidiennement. Tout cela est tourné dans un bel écrin montagnard, garni de verdure, avec de superbes plans aériens.
La suite réserve d'autres surprises, liées à la possible existence d'une base de sûreté, assez éloignée, disposant du confort moderne. Est-ce autre chose qu'une folle rumeur, lancée pour entretenir l'espoir des rescapés ? Cette partie-là, pour prévisible qu'elle soit, n'en est pas moins maîtrisée. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment cela se termine...
Du coup, je suis sorti de là assez content, en tout cas plus qu'après avoir vu Gladiator II et Napoléon !
23:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films



