mardi, 07 juillet 2026
Supergirl
On avait entraperçu ce personnage dans le dernier Superman. Voici donc le long-métrage consacré à la cousine rebelle de l'Homme au Grand Slip rouge, ce super-héros bien comme il faut qu'elle surnomme « the nerd » dans la version originale.
Milly Alcock (sorte de Sydney Sweeney de secours) prête sa plastique avantageuse au personnage principal, celui d'une adulescente alcoolique et fêtarde, dont on découvre la chambre d'étudiante l'intérieur de la capsule spatiale au début de l'histoire. Cela sent visiblement l'alcool, la pisse de chien (Merci, Krypto !), la transpi humaine, la nourriture avariée et, aussi, sans doute, un peu, la foufoune pas propre. La caractérisation classieuse de l'héroïne culmine dans les scènes où on la voit vomir ou uriner. (Je rassure les âmes délicates : cela s'arrange par la suite.)
Qu'est-ce qui fait changer Kara (prénom officiel de la supermeuf) ? Le fait qu'on s'en prenne à son chien... et l'obstination d'une orpheline vengeresse, plus accrochée à elle que ses morpions pubiens. Du coup, l'intrigue de ce qui ressemble tout de même à un roman de formation ne conduit pas l'héroïne à trouver le prince charmant (ni la princesse charmante). Elle est plutôt amenée à corriger, en toute sororité, une bande de gros vilains, d'horribles masculinistes percés et tatoués, dirigés par un cinglé de première, fort bien incarné ma fois par un Matthias Schoenaerts halluciné.
Cela manque d'exemple de mâle positif. Il y aurait bien la génération d'avant, mais le paternel dévoué à sa patrie a échoué... et il est mort. Superman fait trop boy-scout et tous les autres mecs sont soit des lâches, soit des enculés... à l'exception, peut-être, de Lobo, un chasseur de primes assez lourdingue (il se prend pour un dieu vivant), mais sympatoche au fond, d'autant qu'il est interprété par Jason Momoa.
L'histoire est très prévisible, mais servie par une mise en scène dynamique, de bons effets spéciaux et un zeste d'humour. (Le réal Gillespie s'est fait connaître avec The Finest Hours, Moi, Tonya et Cruella.) Ce n'est pas un grand DC, juste un honnête divertissement, dans l'air du temps.
19:49 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Supergirl
On avait entraperçu ce personnage dans le dernier Superman. Voici donc le long-métrage consacré à la cousine rebelle de l'Homme au Grand Slip rouge, ce super-héros bien comme il faut qu'elle surnomme « the nerd » dans la version originale.
Milly Alcock (sorte de Sydney Sweeney de secours) prête sa plastique avantageuse au personnage principal, celui d'une adulescente alcoolique et fêtarde, dont on découvre la chambre d'étudiante l'intérieur de la capsule spatiale au début de l'histoire. Cela sent visiblement l'alcool, la pisse de chien (Merci, Krypto !), la transpi humaine, la nourriture avariée et, aussi, sans doute, un peu, la foufoune pas propre. La caractérisation classieuse de l'héroïne culmine dans les scènes où on la voit vomir ou uriner. (Je rassure les âmes délicates : cela s'arrange par la suite.)
Qu'est-ce qui fait changer Kara (prénom officiel de la supermeuf) ? Le fait qu'on s'en prenne à son chien... et l'obstination d'une orpheline vengeresse, plus accrochée à elle que ses morpions pubiens. Du coup, l'intrigue de ce qui ressemble tout de même à un roman de formation ne conduit pas l'héroïne à trouver le prince charmant (ni la princesse charmante). Elle est plutôt amenée à corriger, en toute sororité, une bande de gros vilains, d'horribles masculinistes percés et tatoués, dirigés par un cinglé de première, fort bien incarné ma fois par un Matthias Schoenaerts halluciné.
Cela manque d'exemple de mâle positif. Il y aurait bien la génération d'avant, mais le paternel dévoué à sa patrie a échoué... et il est mort. Superman fait trop boy-scout et tous les autres mecs sont soit des lâches, soit des enculés... à l'exception, peut-être, de Lobo, un chasseur de primes assez lourdingue (il se prend pour un dieu vivant), mais sympatoche au fond, d'autant qu'il est interprété par Jason Momoa.
L'histoire est très prévisible, mais servie par une mise en scène dynamique, de bons effets spéciaux et un zeste d'humour. (Le réal Gillespie s'est fait connaître avec The Finest Hours, Moi, Tonya et Cruella.) Ce n'est pas un grand DC, juste un honnête divertissement, dans l'air du temps.
19:49 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
lundi, 06 juillet 2026
Notre Histoire - Chroniques du Caire
Abu Bakr Shawky a puisé dans son histoire familiale pour écrire le scénario de cette fiction historique, à la fois dramatique, colorée et (parfois) humoristique, dont l'action se déroule de 1967 à la seconde moitié des années 1980, sous les présidences successives de Gamal Abdel Nasser, Anouar el-Sadate et Hosni Moubarak.
L'arrière-plan politique intervient doublement dans la saga familiale, puisque les fils sont susceptibles d'être mobilisés dans le cadre des conflits israélo-arabes (en 1967 pour la Guerre des Six-Jours et en 1973 pour celle de Kippour)... et qu'il convient d'être très prudent quand on émet une opinion politique dans un pays qui est une dictature militaire... très policée. A cet égard, la manière dont deux membres de la famille, à vingt ans d'intervalle, vont gaffer, ne manque pas de saveur...
Cette famille réside presque entièrement dans le même appartement, où se côtoient quotidiennement le père, la mère, trois oncles, trois fils, bientôt une belle-fille... et même le voisin du dessus, qui ne supporte pas d'entendre le héros s'exercer au piano... mais vient soutenir ses voisins quand l'équipe locale, dont ils sont fans, dispute un match, le plus souvent perdu...
J'ai été particulièrement sensible aux trois oncles, trois "tontons" aux tempéraments différents... et bien affirmés. L'un d'entre eux a le statut de porte-malheur, plusieurs péripéties permettant de vérifier cette incroyable réputation ! Mais le personnage qui réserve le plus de surprises est sans doute celui de la mère, qui connaît de beaux développements dans la seconde partie de l'intrigue.
La musique est omniprésente dans cette histoire, la populaire comme l'élitiste. On découvre la première dans l'appartement familial et chez les parents de la dulcinée autrichienne, tandis que la classique est la passion du héros Ahmed (sans doute le père du réalisateur). Jeune pianiste doué, il décroche une bourse pour un conservatoire autrichien, avec de grandes ambitions artistiques... et l'envie folle de rencontrer sa correspondante locale, dont il est tombé amoureux. Cette love story complètement improbable (mais a priori vraie) est le fil rouge de l'intrigue. Elle va survivre aux aléas politiques, aux drames familiaux et aux péripéties de la carrière d'Ahmed, qui connaît des hauts et des bas.
Le film s'interrompt peu après la naissance du petit-fils, dans une Égypte à la croisée des chemins, où l'on sent monter l'intégrisme religieux.
Je n'attendais pas grand chose de ce film et il m'a littéralement happé, grâce à son énergie et au talent des comédiens, pourtant peu connus.
00:21 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Notre Histoire - Chroniques du Caire
Abu Bakr Shawky a puisé dans son histoire familiale pour écrire le scénario de cette fiction historique, à la fois dramatique, colorée et (parfois) humoristique, dont l'action se déroule de 1967 à la seconde moitié des années 1980, sous les présidences successives de Gamal Abdel Nasser, Anouar el-Sadate et Hosni Moubarak.
L'arrière-plan politique intervient doublement dans la saga familiale, puisque les fils sont susceptibles d'être mobilisés dans le cadre des conflits israélo-arabes (en 1967 pour la Guerre des Six-Jours et en 1973 pour celle de Kippour)... et qu'il convient d'être très prudent quand on émet une opinion politique dans un pays qui est une dictature militaire... très policée. A cet égard, la manière dont deux membres de la famille, à vingt ans d'intervalle, vont gaffer, ne manque pas de saveur...
Cette famille réside presque entièrement dans le même appartement, où se côtoient quotidiennement le père, la mère, trois oncles, trois fils, bientôt une belle-fille... et même le voisin du dessus, qui ne supporte pas d'entendre le héros s'exercer au piano... mais vient soutenir ses voisins quand l'équipe locale, dont ils sont fans, dispute un match, le plus souvent perdu...
J'ai été particulièrement sensible aux trois oncles, trois "tontons" aux tempéraments différents... et bien affirmés. L'un d'entre eux a le statut de porte-malheur, plusieurs péripéties permettant de vérifier cette incroyable réputation ! Mais le personnage qui réserve le plus de surprises est sans doute celui de la mère, qui connaît de beaux développements dans la seconde partie de l'intrigue.
La musique est omniprésente dans cette histoire, la populaire comme l'élitiste. On découvre la première dans l'appartement familial et chez les parents de la dulcinée autrichienne, tandis que la classique est la passion du héros Ahmed (sans doute le père du réalisateur). Jeune pianiste doué, il décroche une bourse pour un conservatoire autrichien, avec de grandes ambitions artistiques... et l'envie folle de rencontrer sa correspondante locale, dont il est tombé amoureux. Cette love story complètement improbable (mais a priori vraie) est le fil rouge de l'intrigue. Elle va survivre aux aléas politiques, aux drames familiaux et aux péripéties de la carrière d'Ahmed, qui connaît des hauts et des bas.
Le film s'interrompt peu après la naissance du petit-fils, dans une Égypte à la croisée des chemins, où l'on sent monter l'intégrisme religieux.
Je n'attendais pas grand chose de ce film et il m'a littéralement happé, grâce à son énergie et au talent des comédiens, pourtant peu connus.
00:21 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
dimanche, 05 juillet 2026
Le Tombeau des lucioles
Un mois après Ghost in the Shell, c'est au tour d'un autre grand classique de l'animation japonaise de ressortir dans nos salles, en version restaurée. De son auteur, Isao Takahata (cofondateur du studio Ghibli, avec Miyazaki), on connaît plutôt les œuvres ultérieures, comme Pompoko, Mes Voisins les Yamada et Le Conte de la princesse Kaguya. Il y a quelques années de cela, on avait aussi ressorti en France l'un de ses premiers longs-métrages, Goshu le violoncelliste.
L'intrigue s'étale sur quelques semaines, entre juin et septembre 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. On suit deux enfants, un frère et sa sœur, Seita et Setsuko, habitants de Kobé. Ils n'ont pas vu leur père (qui sert dans la marine impériale) depuis des années. Leur mère est malade... et la région subit des bombardements incendiaires de l'armée américaine.
Les deux enfants se retrouvent presque livrés à eux-mêmes, ballotés entre le domicile d'une tante pas hyper-accueillante, les centres de secours et une étrange grotte, qui a servi d'abri anti-aérien. Les gamins vont la transformer en une sorte de cabane de Robinsons, à côté d'un lac sur les rives duquel, la nuit, évoluent des milliers de lucioles.
Les scènes au cours desquelles on voit ces insectes sont d'une beauté époustouflante. L'animation a peu vieilli mais sa virtuosité est toujours perceptible, notamment dans les mouvements de la petite Setsuko, dessinés avec une impressionnante méticulosité. Ce personnage de gamine est d'ailleurs très bien caractérisé, oscillant entre les pleurs enfantins, à la moindre contrariété, et les éruptions de joie, à la vue des lucioles, d'un bol de riz ou de bonbons au goût fruité.
La présence des insectes s'inscrit dans la représentation de la nature, douce et belle, en contraste avec le monde des humains, dur et parfois odieux. Comme le manga Gen d'Hiroshima, ce film a l'originalité d'évoquer un Japon pas vraiment solidaire, bouleversé par l'effondrement du régime impérial et la domination états-unienne, où une grande partie de la population souffre d'une faim atroce. Dans ce contexte, les lucioles sont aussi un moyen d'évoquer les âmes qui partent... et les petites bombes incendiaires qui font des ravages dans les villes, principalement construites en bois et papier de riz.
La dernière demi-heure est la plus poignante... et conserve toute sa force, trente ans plus tard. J'ai une fois de plus été très ému, davantage même qu'en lisant la nouvelle dont est adapté le film et dont je recommande la lecture.
09:49 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Le Tombeau des lucioles
Un mois après Ghost in the Shell, c'est au tour d'un autre grand classique de l'animation japonaise de ressortir dans nos salles, en version restaurée. De son auteur, Isao Takahata (cofondateur du studio Ghibli, avec Miyazaki), on connaît plutôt les œuvres ultérieures, comme Pompoko, Mes Voisins les Yamada et Le Conte de la princesse Kaguya. Il y a quelques années de cela, on avait aussi ressorti en France l'un de ses premiers longs-métrages, Goshu le violoncelliste.
L'intrigue s'étale sur quelques semaines, entre juin et septembre 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. On suit deux enfants, un frère et sa sœur, Seita et Setsuko, habitants de Kobé. Ils n'ont pas vu leur père (qui sert dans la marine impériale) depuis des années. Leur mère est malade... et la région subit des bombardements incendiaires de l'armée américaine.
Les deux enfants se retrouvent presque livrés à eux-mêmes, ballotés entre le domicile d'une tante pas hyper-accueillante, les centres de secours et une étrange grotte, qui a servi d'abri anti-aérien. Les gamins vont la transformer en une sorte de cabane de Robinsons, à côté d'un lac sur les rives duquel, la nuit, évoluent des milliers de lucioles.
Les scènes au cours desquelles on voit ces insectes sont d'une beauté époustouflante. L'animation a peu vieilli mais sa virtuosité est toujours perceptible, notamment dans les mouvements de la petite Setsuko, dessinés avec une impressionnante méticulosité. Ce personnage de gamine est d'ailleurs très bien caractérisé, oscillant entre les pleurs enfantins, à la moindre contrariété, et les éruptions de joie, à la vue des lucioles, d'un bol de riz ou de bonbons au goût fruité.
La présence des insectes s'inscrit dans la représentation de la nature, douce et belle, en contraste avec le monde des humains, dur et parfois odieux. Comme le manga Gen d'Hiroshima, ce film a l'originalité d'évoquer un Japon pas vraiment solidaire, bouleversé par l'effondrement du régime impérial et la domination états-unienne, où une grande partie de la population souffre d'une faim atroce. Dans ce contexte, les lucioles sont aussi un moyen d'évoquer les âmes qui partent... et les petites bombes incendiaires qui font des ravages dans les villes, principalement construites en bois et papier de riz.
La dernière demi-heure est la plus poignante... et conserve toute sa force, trente ans plus tard. J'ai une fois de plus été très ému, davantage même qu'en lisant la nouvelle dont est adapté le film et dont je recommande la lecture.
09:49 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
mardi, 30 juin 2026
Des Minions et des monstres
Quatre ans après le deuxième volet (mais seulement deux ans après Moi, moche et méchant 4, dans lequel on peut croiser à plusieurs reprises les petits bonshommes jaunes), le duo Meledandri-Coffin nous propose les nouvelles aventures des sbires les plus maladroits de l'histoire de la criminalité.
Ces nouvelles aventures ne sont pas une suite à proprement parler, plutôt une préquelle, puisque le scénario nous embarque dans les années 1890-1920, période des débuts du cinéma. En guise d'introduction, on nous montre les héros toujours à la recherche du Big Boss, le super-méchant auquel ils ont l'intention de se dévouer corps et âmes. On retrouve l'esprit facétieux du premier volet... avec un clin d’œil à l'actualité cinématographique estivale, puisque l'un de ces "grands méchants" n'est pas sans lien avec un certain Ulysse...
Dans cette première partie, les jeunes spectateurs s'amusent des bêtises faites par les Minions, tandis que les grands (entre deux éclats de rire) savourent les nombreuses allusions. Ainsi, les réalisateurs ont eu le culot d'insérer certains personnages jaunes (mais ici en noir et blanc) dans les premiers films tournés, comme L'Arroseur arrosé, La Sortie des usines Lumière, L'Arrivée d'un train à La Ciotat.
(Je profite de l'occasion pour conseiller à toutes et à tous de re-voir les documentaires consacrés par Thierry Frémaux à l’œuvre des frères Lumière.)
On les aperçoit aussi dans une reconstitution des courts-métrages décomposant les mouvements d'un homme, d'un cheval, d'un chien... On n'oublie pas de rendre hommage aux prestigieux anciens, de Georges Méliès (Le Voyage dans la Lune) à Chaplin (Les Temps modernes), en passant par Harold Lloyd (Monte là-dessus !). C'est fait avec tellement de talent et de drôlerie qu'on pardonnera une certaine confusion chronologique.
La transition entre la première partie et la seconde s'effectue par le biais d'une séquence totalement délirante (sans doute inspirée des historiettes de jadis, en noir et blanc), qui mène nos héros du Far-West aux studios de Hollywood, notamment ceux des Bright Brothers (allusion transparente à la Warner Bros).
La suite voit les Minions se diviser, entre ceux qui veulent à tout prix faire carrière à Hollywood et ceux qui privilégient la quête du Big Boss. C'est feuilletonnesque, nourri de rebondissements parfois abracadabrantesques, mais furieusement drôle... et plus facile à suivre que le deuxième volet. Vers la fin, le scénario se révèle particulièrement malin, avec une série de mises en abyme qu'on ne voit pas venir.
Je me suis ré-ga-lé.
23:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Des Minions et des monstres
Quatre ans après le deuxième volet (mais seulement deux ans après Moi, moche et méchant 4, dans lequel on peut croiser à plusieurs reprises les petits bonshommes jaunes), le duo Meledandri-Coffin nous propose les nouvelles aventures des sbires les plus maladroits de l'histoire de la criminalité.
Ces nouvelles aventures ne sont pas une suite à proprement parler, plutôt une préquelle, puisque le scénario nous embarque dans les années 1890-1920, période des débuts du cinéma. En guise d'introduction, on nous montre les héros toujours à la recherche du Big Boss, le super-méchant auquel ils ont l'intention de se dévouer corps et âmes. On retrouve l'esprit facétieux du premier volet... avec un clin d’œil à l'actualité cinématographique estivale, puisque l'un de ces "grands méchants" n'est pas sans lien avec un certain Ulysse...
Dans cette première partie, les jeunes spectateurs s'amusent des bêtises faites par les Minions, tandis que les grands (entre deux éclats de rire) savourent les nombreuses allusions. Ainsi, les réalisateurs ont eu le culot d'insérer certains personnages jaunes (mais ici en noir et blanc) dans les premiers films tournés, comme L'Arroseur arrosé, La Sortie des usines Lumière, L'Arrivée d'un train à La Ciotat.
(Je profite de l'occasion pour conseiller à toutes et à tous de re-voir les documentaires consacrés par Thierry Frémaux à l’œuvre des frères Lumière.)
On les aperçoit aussi dans une reconstitution des courts-métrages décomposant les mouvements d'un homme, d'un cheval, d'un chien... On n'oublie pas de rendre hommage aux prestigieux anciens, de Georges Méliès (Le Voyage dans la Lune) à Chaplin (Les Temps modernes), en passant par Harold Lloyd (Monte là-dessus !). C'est fait avec tellement de talent et de drôlerie qu'on pardonnera une certaine confusion chronologique.
La transition entre la première partie et la seconde s'effectue par le biais d'une séquence totalement délirante (sans doute inspirée des historiettes de jadis, en noir et blanc), qui mène nos héros du Far-West aux studios de Hollywood, notamment ceux des Bright Brothers (allusion transparente à la Warner Bros).
La suite voit les Minions se diviser, entre ceux qui veulent à tout prix faire carrière à Hollywood et ceux qui privilégient la quête du Big Boss. C'est feuilletonnesque, nourri de rebondissements parfois abracadabrantesques, mais furieusement drôle... et plus facile à suivre que le deuxième volet. Vers la fin, le scénario se révèle particulièrement malin, avec une série de mises en abyme qu'on ne voit pas venir.
Je me suis ré-ga-lé.
23:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
samedi, 27 juin 2026
Les Caprices de l'enfant-roi
Le film tire son titre de la pièce de théâtre romantico-comique que Jean-Baptiste Poquelin et Savinien de Cyrano de Bergerac (enfin, ceux de fiction, pas les vrais, bien sûr) finissent par co-écrire, au cours de la cavale du jeune Louis Dieudonné, pas encore Louis XIV, mais déjà un peu casse-couilles.
C'est revendiqué comme tel dès le début : il n'y a rien (ou plutôt : pas grand chose) d'historique dans ce long-métrage, qui multiplie les anachronismes pour servir un propos parfois très militant, amené avec de gros sabots.
J'ai beau apprécier les acteurs et avoir fait preuve d'indulgence, je ne pas convaincu par les personnages masculins. Franck Dubosc livre une version parodique de D'Artagnan, qui, lui-même, finit par pasticher des extraits de sketch du Dubosc humoriste. Le comédien fait plus que cabotiner... (Non mais, franchement, Franck, t'as tant besoin de thunes que ça ?)
Artus est moins catastrophique dans le rôle de Cyrano, un Cyrano en grande partie imaginaire, puisque, dans la réalité, c'était un libertin et un excellent bretteur. Or, dans ce film-ci, Artus est chargé d'interpréter un personnage plutôt triste, voire pathétique. (Seule sa bisexualité est sans doute conforme à la réalité.) J'ai de plus été déçu par les scènes de baston, que je trouve mal chorégraphiées, un comble pour un film de cape et d'épée.
Quant au gamin qui incarne un rôle double (le petit Louis et son sosie issu des bas-fonds), il n'est pas si mauvais que cela... mais j'ai été gêné par un détail le concernant : dans certaines scènes, j'ai eu l'impression qu'il portait un appareil dentaire... mais le réalisateur n'est visiblement pas à une "fantaisie" près.
Seul Nemo Schiffman m'a paru bien dans le tempo de son rôle (celui de Molière)... mais il est vite éclipsé par les femmes, en particulier Julia Piaton, que j'ai trouvée très juste en Madeleine Béjart. D'ailleurs, de manière générale, j'ai préféré les principaux personnages féminins. Ainsi, Doria Tillier est délicieuse en Anne d'Autriche, à la fois pète-sec et manipulatrice. Mais la palme de la garce revient sans conteste à Suzanne de Baecque, qui incarne la Grande Mademoiselle, la cousine germaine de Louis XIV, une princesse de sang royal qui a joué les perturbatrices... et a su garder une grande indépendance (dans la vraie vie). Ici, elle tient le rôle de la principale méchante... fort bien, ma foi. (Et quelles coiffures !)
Bref, c'est un film inégal, comportant des scènes complètement ratées et d'autres d'une indéniable drôlerie. C'est un petit moment à passer au frais, pendant la Fête du cinéma, sans plus.
16:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Les Caprices de l'enfant-roi
Le film tire son titre de la pièce de théâtre romantico-comique que Jean-Baptiste Poquelin et Savinien de Cyrano de Bergerac (enfin, ceux de fiction, pas les vrais, bien sûr) finissent par co-écrire, au cours de la cavale du jeune Louis Dieudonné, pas encore Louis XIV, mais déjà un peu casse-couilles.
C'est revendiqué comme tel dès le début : il n'y a rien (ou plutôt : pas grand chose) d'historique dans ce long-métrage, qui multiplie les anachronismes pour servir un propos parfois très militant, amené avec de gros sabots.
J'ai beau apprécier les acteurs et avoir fait preuve d'indulgence, je ne pas convaincu par les personnages masculins. Franck Dubosc livre une version parodique de D'Artagnan, qui, lui-même, finit par pasticher des extraits de sketch du Dubosc humoriste. Le comédien fait plus que cabotiner... (Non mais, franchement, Franck, t'as tant besoin de thunes que ça ?)
Artus est moins catastrophique dans le rôle de Cyrano, un Cyrano en grande partie imaginaire, puisque, dans la réalité, c'était un libertin et un excellent bretteur. Or, dans ce film-ci, Artus est chargé d'interpréter un personnage plutôt triste, voire pathétique. (Seule sa bisexualité est sans doute conforme à la réalité.) J'ai de plus été déçu par les scènes de baston, que je trouve mal chorégraphiées, un comble pour un film de cape et d'épée.
Quant au gamin qui incarne un rôle double (le petit Louis et son sosie issu des bas-fonds), il n'est pas si mauvais que cela... mais j'ai été gêné par un détail le concernant : dans certaines scènes, j'ai eu l'impression qu'il portait un appareil dentaire... mais le réalisateur n'est visiblement pas à une "fantaisie" près.
Seul Nemo Schiffman m'a paru bien dans le tempo de son rôle (celui de Molière)... mais il est vite éclipsé par les femmes, en particulier Julia Piaton, que j'ai trouvée très juste en Madeleine Béjart. D'ailleurs, de manière générale, j'ai préféré les principaux personnages féminins. Ainsi, Doria Tillier est délicieuse en Anne d'Autriche, à la fois pète-sec et manipulatrice. Mais la palme de la garce revient sans conteste à Suzanne de Baecque, qui incarne la Grande Mademoiselle, la cousine germaine de Louis XIV, une princesse de sang royal qui a joué les perturbatrices... et a su garder une grande indépendance (dans la vraie vie). Ici, elle tient le rôle de la principale méchante... fort bien, ma foi. (Et quelles coiffures !)
Bref, c'est un film inégal, comportant des scènes complètement ratées et d'autres d'une indéniable drôlerie. C'est un petit moment à passer au frais, pendant la Fête du cinéma, sans plus.
16:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
mardi, 23 juin 2026
La Baleine et le musicien
Ce documentaire d'1h20 est centré sur la musique (électronique) du compositeur Rone et le lien établi entre certaines de ses créations et le chant des baleines.
La première séquence est destinée aux novices (dont je faisais partie) qui ne connaissent rien du musicien. On découvre le personnage et certaines de ses productions, notamment en concert. C'est un peu un Jean-Michel Jarre du XXIe siècle.
L'idée du documentaire est née d'observations effectuée par des marins, qui écoutaient des morceaux de Rone tout en naviguant. Certains d'entre eux se sont aperçus que les ondes diffusées par cette musique attiraient soit des dauphins, soit des baleines. Le compositeur a voulu en savoir plus, suivi par le réalisateur Valentin Paoli (et son équipe technique).
Rone s'est tout d'abord rendu en Bretagne, pour une première prise de contact avec l'océan. Ce ne fut pas suffisamment concluant. Il s'est aussi adressé à des spécialistes des cétacés... et à des musiciens et des chanteuses, celles de la Maîtrise de Radio France. Il a tenté d'établir une correspondance entre certains chants humains et ceux des baleines.
Direction ensuite la Réunion, pour une nouvelle tentative de contact. La première fois que l'on voit une baleine s'approcher du bateau d'exploration est assez impressionnante... mais il va falloir beaucoup de persévérance à la petite équipe pour établir un véritable lien. Le compositeur doit improviser.
La patience des spectateurs est finalement récompensée, avec un véritable moment de grâce, qui ne dure que quelques minutes... mais quelles minutes ! (On voit une baleine évoluer avec son baleineau.) C'est magnifiquement filmé, avec une belle qualité de son. Ces images sont complétées (notamment en amont de LA rencontre) par des extraits du documentaire Océans, de Jacques Perrin.
Même si l'on voit (beaucoup) plus les mammifères bipèdes que les cétacés, ce film n'en constitue pas moins une pause rafraîchissante, en ce tropical début d'été.
12:58 Publié dans Cinéma, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, musique
La Baleine et le musicien
Ce documentaire d'1h20 est centré sur la musique (électronique) du compositeur Rone et le lien établi entre certaines de ses créations et le chant des baleines.
La première séquence est destinée aux novices (dont je faisais partie) qui ne connaissent rien du musicien. On découvre le personnage et certaines de ses productions, notamment en concert. C'est un peu un Jean-Michel Jarre du XXIe siècle.
L'idée du documentaire est née d'observations effectuée par des marins, qui écoutaient des morceaux de Rone tout en naviguant. Certains d'entre eux se sont aperçus que les ondes diffusées par cette musique attiraient soit des dauphins, soit des baleines. Le compositeur a voulu en savoir plus, suivi par le réalisateur Valentin Paoli (et son équipe technique).
Rone s'est tout d'abord rendu en Bretagne, pour une première prise de contact avec l'océan. Ce ne fut pas suffisamment concluant. Il s'est aussi adressé à des spécialistes des cétacés... et à des musiciens et des chanteuses, celles de la Maîtrise de Radio France. Il a tenté d'établir une correspondance entre certains chants humains et ceux des baleines.
Direction ensuite la Réunion, pour une nouvelle tentative de contact. La première fois que l'on voit une baleine s'approcher du bateau d'exploration est assez impressionnante... mais il va falloir beaucoup de persévérance à la petite équipe pour établir un véritable lien. Le compositeur doit improviser.
La patience des spectateurs est finalement récompensée, avec un véritable moment de grâce, qui ne dure que quelques minutes... mais quelles minutes ! (On voit une baleine évoluer avec son baleineau.) C'est magnifiquement filmé, avec une belle qualité de son. Ces images sont complétées (notamment en amont de LA rencontre) par des extraits du documentaire Océans, de Jacques Perrin.
Même si l'on voit (beaucoup) plus les mammifères bipèdes que les cétacés, ce film n'en constitue pas moins une pause rafraîchissante, en ce tropical début d'été.
12:58 Publié dans Cinéma, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, musique
lundi, 22 juin 2026
Toy Story 5
Il y a sept ans déjà, Toy Story 4 (bien meilleur que le troisième volet) était censé conclure la série de films d'animation. Mais, la franchise étant particulièrement lucrative, il était prévisible que Disney-Pixar remette le couvert.
Aux manettes se trouve Andrew Stanton, réalisateur jadis de Wall-E et co-réalisateur du Monde de Nemo ainsi que de 1001 pattes, ce dernier avec John Lasseter... le créateur de Toy Story. On a donc voulu mettre cet opus entre de bonnes mains et, à l'écran, cela se voit. J'étais dans une salle haut-de-gamme et j'ai été épaté par la qualité de l'image et de l'animation, notamment des jouets, dont les différentes textures sont formidablement rendues. C'est du niveau d'un Ratatouille.
Le scénario évite deux écueils : la nostalgie excessive et la technophobie extrême. Cela n'empêche pas le film de comporter de belles scènes du passé ni de pointer la dépendance des jeunes (comme des moins jeunes) aux écrans numériques, à tel point que les humains sont transformés en zombies. L'intrigue a l'habileté de mélanger l'ancien et le moderne.
Au titre des anciens, on retrouve les héros des épisodes précédents. L'un d'entre eux symbolise particulièrement le temps qui passe : le cowboy Woody, sur lequel je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir quels sont les effets du vieillissement...
L'histoire commence toutefois avec un autre protagoniste, que l'on retrouve à plusieurs dizaines d'exemplaires, dans un contexte particulier, savoureux... lié à la mondialisation des échanges. Je n'en dirai pas plus.
Signalons que ce sont plutôt les personnages féminins les moteurs de l'histoire, avec Jessie la cowgirl et Bonnie la gamine qui a honte de ses jouets. La tablette elle-même est un personnage féminin. Une autre enfant, Blaze, va jouer un rôle important.
L'intrigue fait s'entremêler trois trames narratives, une se déroulant au domicile de Bonnie, une autre chez Blaze, la troisième suivant les pérégrinations des dizaines de Buzz l'éclair, qui jouent dans cette histoire un peu le rôle des Minions dans Moi, moche et méchant. J'ai adoré tout ce qui a trait à leurs aventures.
Les auteurs ont été assez habiles pour utiliser fréquemment un double niveau de langage. Les enfants seront sensibles aux émois des jouets et aux problèmes d'intégration de Bonnie, tandis que les adultes savoureront les sous-entendus et les références cinématographiques (notamment à Pirates des Caraïbes et L'Empire contre-attaque).
Je me suis régalé et je recommande vivement.
18:58 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Toy Story 5
Il y a sept ans déjà, Toy Story 4 (bien meilleur que le troisième volet) était censé conclure la série de films d'animation. Mais, la franchise étant particulièrement lucrative, il était prévisible que Disney-Pixar remette le couvert.
Aux manettes se trouve Andrew Stanton, réalisateur jadis de Wall-E et co-réalisateur du Monde de Nemo ainsi que de 1001 pattes, ce dernier avec John Lasseter... le créateur de Toy Story. On a donc voulu mettre cet opus entre de bonnes mains et, à l'écran, cela se voit. J'étais dans une salle haut-de-gamme et j'ai été épaté par la qualité de l'image et de l'animation, notamment des jouets, dont les différentes textures sont formidablement rendues. C'est du niveau d'un Ratatouille.
Le scénario évite deux écueils : la nostalgie excessive et la technophobie extrême. Cela n'empêche pas le film de comporter de belles scènes du passé ni de pointer la dépendance des jeunes (comme des moins jeunes) aux écrans numériques, à tel point que les humains sont transformés en zombies. L'intrigue a l'habileté de mélanger l'ancien et le moderne.
Au titre des anciens, on retrouve les héros des épisodes précédents. L'un d'entre eux symbolise particulièrement le temps qui passe : le cowboy Woody, sur lequel je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir quels sont les effets du vieillissement...
L'histoire commence toutefois avec un autre protagoniste, que l'on retrouve à plusieurs dizaines d'exemplaires, dans un contexte particulier, savoureux... lié à la mondialisation des échanges. Je n'en dirai pas plus.
Signalons que ce sont plutôt les personnages féminins les moteurs de l'histoire, avec Jessie la cowgirl et Bonnie la gamine qui a honte de ses jouets. La tablette elle-même est un personnage féminin. Une autre enfant, Blaze, va jouer un rôle important.
L'intrigue fait s'entremêler trois trames narratives, une se déroulant au domicile de Bonnie, une autre chez Blaze, la troisième suivant les pérégrinations des dizaines de Buzz l'éclair, qui jouent dans cette histoire un peu le rôle des Minions dans Moi, moche et méchant. J'ai adoré tout ce qui a trait à leurs aventures.
Les auteurs ont été assez habiles pour utiliser fréquemment un double niveau de langage. Les enfants seront sensibles aux émois des jouets et aux problèmes d'intégration de Bonnie, tandis que les adultes savoureront les sous-entendus et les références cinématographiques (notamment à Pirates des Caraïbes et L'Empire contre-attaque).
Je me suis régalé et je recommande vivement.
18:58 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
dimanche, 21 juin 2026
Scary Movie 6
J'avais beaucoup aimé les deux premiers films de la franchise, que j'ai suivie jusqu'au numéro 4, il y a... vingt ans ! (Comme le temps passe...) Les frères Wayans ont repris la main et comptent peut-être sur le retour de Scream pour relancer leur boutique. J'en rappelle le principe : il s'agit d'une parodie de films (principalement d'épouvante, mais pas que), avec une accumulation de gags sexuels.
Ce retour aux sources s'accompagne d'une distribution composée d'un mélange entre petits nouveaux et "historiques" : divers membres de la famille Wayans, Dave Sheridan (qui incarne le débile morveux), Lochlyn Munro (en flic doté d'un micro-pénis) et les indispensables Anna Faris et Regina Hall.
On ne s'étonnera donc pas de trouver des références aux anciens Scream ainsi qu'aux premiers Scary Movie. S'ajoutent des pastiches plus ou moins inspirés de Destination Finale - Bloodlines, Souviens-toi l'été dernier, Sinners, The Substance, Évanouis, Longlegs (dont le principal protagoniste est devenu Shorthand...). A signaler aussi le personnage de Mardi (Tuesday), une jeune fille aux cheveux noirs, décalque évident de la Mercredi (Wednesday) de La Famille Adams, qui a désormais droit à sa série. J'ai trouvé excellente la comédienne qui l'incarne (Savannah Lee Nassif).
Aux oreilles chastes je précise que, dans la version originale, on entend très souvent prononcer les mots « dick » (bite), « pussy » (chatte) et « ass » (cul)... ainsi que quantité d'autres (comme « bitch » et « nigger »), associés dans des phrases dont la légèreté n'est pas la qualité principale. Ces sailles verbales sont accompagnées de divers objets, notamment godemichés et plugs, toutefois moins présents que les couteaux (qui, entre les mains des tueurs en série, sont très souvent des substituts péniens).
C'est crétin, assumé comme tel... et parfois un peu plus profond. Les frangins Wayans ne respectent pas grand chose. Si, sans surprise, ils dénoncent le racisme anti-noirs et la surreprésentation (désormais révolue) des personnages blancs dans les superproductions hollywoodiennes, ils en profitent au passage pour égratigner toutes les formes de politiquement correct... et même la discrimination positive. S'ils n'avaient pas été tournés par des Noirs, certains passages auraient été sans doute perçus comme offensants par les brothers et les sisters...
Voilà pourquoi je recommande cette comédie régressive, mal élevée... qu'il convient de savourer jusqu'au bout, le générique de fin étant coupé par une énième parodie (celle de Nosferatu, devenu Brosferatu/Noirferatu) et le retour de Longlegs/ Shorthand.
17:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Scary Movie 6
J'avais beaucoup aimé les deux premiers films de la franchise, que j'ai suivie jusqu'au numéro 4, il y a... vingt ans ! (Comme le temps passe...) Les frères Wayans ont repris la main et comptent peut-être sur le retour de Scream pour relancer leur boutique. J'en rappelle le principe : il s'agit d'une parodie de films (principalement d'épouvante, mais pas que), avec une accumulation de gags sexuels.
Ce retour aux sources s'accompagne d'une distribution composée d'un mélange entre petits nouveaux et "historiques" : divers membres de la famille Wayans, Dave Sheridan (qui incarne le débile morveux), Lochlyn Munro (en flic doté d'un micro-pénis) et les indispensables Anna Faris et Regina Hall.
On ne s'étonnera donc pas de trouver des références aux anciens Scream ainsi qu'aux premiers Scary Movie. S'ajoutent des pastiches plus ou moins inspirés de Destination Finale - Bloodlines, Souviens-toi l'été dernier, Sinners, The Substance, Évanouis, Longlegs (dont le principal protagoniste est devenu Shorthand...). A signaler aussi le personnage de Mardi (Tuesday), une jeune fille aux cheveux noirs, décalque évident de la Mercredi (Wednesday) de La Famille Adams, qui a désormais droit à sa série. J'ai trouvé excellente la comédienne qui l'incarne (Savannah Lee Nassif).
Aux oreilles chastes je précise que, dans la version originale, on entend très souvent prononcer les mots « dick » (bite), « pussy » (chatte) et « ass » (cul)... ainsi que quantité d'autres (comme « bitch » et « nigger »), associés dans des phrases dont la légèreté n'est pas la qualité principale. Ces sailles verbales sont accompagnées de divers objets, notamment godemichés et plugs, toutefois moins présents que les couteaux (qui, entre les mains des tueurs en série, sont très souvent des substituts péniens).
C'est crétin, assumé comme tel... et parfois un peu plus profond. Les frangins Wayans ne respectent pas grand chose. Si, sans surprise, ils dénoncent le racisme anti-noirs et la surreprésentation (désormais révolue) des personnages blancs dans les superproductions hollywoodiennes, ils en profitent au passage pour égratigner toutes les formes de politiquement correct... et même la discrimination positive. S'ils n'avaient pas été tournés par des Noirs, certains passages auraient été sans doute perçus comme offensants par les brothers et les sisters...
Voilà pourquoi je recommande cette comédie régressive, mal élevée... qu'il convient de savourer jusqu'au bout, le générique de fin étant coupé par une énième parodie (celle de Nosferatu, devenu Brosferatu/Noirferatu) et le retour de Longlegs/ Shorthand.
17:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Backrooms
Pour les gens de ma génération, jusqu'à très récemment, le mot backrooms n'évoquait que des arrière-salles où des adultes consentants se rencontrent pour avoir des relations sexuelles, à deux ou à plusieurs. C'est dire ma surprise quand j'ai découvert qu'allait sortir en salles un film portant ce titre. J'ai tenté ma chance en en sachant très peu, juste qu'il s'agissait de l'adaptation en long-métrage d'un phénomène né sur internet.
L'introduction ne perturbera pas les habitués de films d'épouvante. Il s'agit d'une mise en bouche, qui évoque la dangerosité du lieu, avec une part de mystère. La forme est celle d'un found footage, un peu dans le style du Projet Blair Witch. La présence à l'écran de disquettes et de cassettes audio semble indiquer que ce qu'on nous montre se situe dans le passé.
Une ellipse nous ramène ensuite à l'époque contemporaine. Un ancien lotissement pavillonnaire de banlieue a été détruit et transformé en zone commerciale. Le héros Clark (Chiwetel Ejiofor, excellent) dirige un magasin d'ameublement bon marché, qui possède un sous-sol où commencent à se produire d'étranges incidents. Pleinement investi dans son travail, Clark est prêt à passer la nuit sur place pour découvrir le fond de l'histoire et comprendre notamment pourquoi sa facture d'électricité s'est mise à fortement augmenter. Côté vie privée, il peine à surmonter la séparation d'avec sa compagne et tente de gérer le tout à l'aide d'une psychothérapeute, Mary, dont on comprend très vite qu'elle a un lien avec l'ancien lotissement...
La suite prend la forme d'un film fantastique, Clark explorant le monde parallèle des arrière-salles. L'étrangeté vient de l'absence d'humain (a priori) et de la présence de traces de ce qui ressemble à des vies passées. Est-on dans un monde parallèle ? Cette enfilade de salles et de couloirs n'est-elle pas plutôt un vestige de l'ancien quartier ?... ou d'une ville souterraine, construite jadis comme un bunker antiatomique ?... ou bien les personnages ne sont-ils pas prisonniers de la psyché d'un des protagonistes ? La troisième partie du film prend un tour plus psychanalytique, Mary partant à la recherche de Clark dans le labyrinthe...
J'ai beaucoup aimé cette ambiance d'étrangeté et le mystère scénaristique construit autour de ces pièces. Un seul moment m'a déplu : quand un personnage tente d'échapper à une menace, trébuche, se blesse à une jambe, ce qui le ralentit et le rend encore plus vulnérable à ladite menace. Il est dommage que le réalisateur ait eu recours à cette péripétie rebattue, son œuvre étant au contraire marquée par une assez grande originalité. Je recommande vivement.
10:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Backrooms
Pour les gens de ma génération, jusqu'à très récemment, le mot backrooms n'évoquait que des arrière-salles où des adultes consentants se rencontrent pour avoir des relations sexuelles, à deux ou à plusieurs. C'est dire ma surprise quand j'ai découvert qu'allait sortir en salles un film portant ce titre. J'ai tenté ma chance en en sachant très peu, juste qu'il s'agissait de l'adaptation en long-métrage d'un phénomène né sur internet.
L'introduction ne perturbera pas les habitués de films d'épouvante. Il s'agit d'une mise en bouche, qui évoque la dangerosité du lieu, avec une part de mystère. La forme est celle d'un found footage, un peu dans le style du Projet Blair Witch. La présence à l'écran de disquettes et de cassettes audio semble indiquer que ce qu'on nous montre se situe dans le passé.
Une ellipse nous ramène ensuite à l'époque contemporaine. Un ancien lotissement pavillonnaire de banlieue a été détruit et transformé en zone commerciale. Le héros Clark (Chiwetel Ejiofor, excellent) dirige un magasin d'ameublement bon marché, qui possède un sous-sol où commencent à se produire d'étranges incidents. Pleinement investi dans son travail, Clark est prêt à passer la nuit sur place pour découvrir le fond de l'histoire et comprendre notamment pourquoi sa facture d'électricité s'est mise à fortement augmenter. Côté vie privée, il peine à surmonter la séparation d'avec sa compagne et tente de gérer le tout à l'aide d'une psychothérapeute, Mary, dont on comprend très vite qu'elle a un lien avec l'ancien lotissement...
La suite prend la forme d'un film fantastique, Clark explorant le monde parallèle des arrière-salles. L'étrangeté vient de l'absence d'humain (a priori) et de la présence de traces de ce qui ressemble à des vies passées. Est-on dans un monde parallèle ? Cette enfilade de salles et de couloirs n'est-elle pas plutôt un vestige de l'ancien quartier ?... ou d'une ville souterraine, construite jadis comme un bunker antiatomique ?... ou bien les personnages ne sont-ils pas prisonniers de la psyché d'un des protagonistes ? La troisième partie du film prend un tour plus psychanalytique, Mary partant à la recherche de Clark dans le labyrinthe...
J'ai beaucoup aimé cette ambiance d'étrangeté et le mystère scénaristique construit autour de ces pièces. Un seul moment m'a déplu : quand un personnage tente d'échapper à une menace, trébuche, se blesse à une jambe, ce qui le ralentit et le rend encore plus vulnérable à ladite menace. Il est dommage que le réalisateur ait eu recours à cette péripétie rebattue, son œuvre étant au contraire marquée par une assez grande originalité. Je recommande vivement.
10:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
samedi, 20 juin 2026
L'Objet du délit
J'ai fini par aller voir le dernier film d'Agnès Jaoui, au départ peut-être surtout pour passer au total 2h30 en zone climatisée. Il ne sort pas à n'importe quel moment : en pleine affaire Bruel et à une époque où les idées portées par le mouvement MeToo sont (heureusement) en train de porter leurs fruits (du moins, en France)... non sans dérives.
C'est aussi l'occasion pour Agnès Jaoui de nous livrer un tableau savoureux d'un petit monde, celui de l'opéra. On a déjà vu un peu la même chose ailleurs, avec divers microcosmes, ceux du cinéma, de la littérature, du journalisme politique, de l'art contemporain...
On n'est donc guère surpris de découvrir, dès le début de l'histoire, les petits (et grands) travers des professionnels du spectacle lyrique, avec une audition qui semble truquée. Sur le fond, c'est savoureux, mais, sur la forme, j'ai tiqué, puisque les chanteuses qui sont auditionnées (pour divers rôles des Noces de Figaro, de Mozart) semblent toutes doublées par la même cantatrice. De surcroît, pour certaines, le play-back est plus qu'évident. Je ne sais pas ce qu'en pensent les authentiques amateurs d'opéra, mais, moi, ça m'a gêné durant presque tout le film. C'est d'autant plus regrettable que les pièces musicales (chantées ou non) qui nous sont proposées sont de toute beauté.
Cette première partie est aussi réjouissante par sa description du politiquement correct à l’œuvre dans ce milieu, les meilleures intentions pouvant parfois conduire à des situations contradictoires.
Quant à la préparation de la représentation, elle suit un cours accidenté. J'ai bien aimé quand cela commence à partir en sucette, à plusieurs reprises, jusqu'à la fin.
Du côté des interprètes (hors simulation lyrique), c'est très inégal. Chez les dames, Agnès Jaoui ne s'est pas donné le plus beau rôle et elle manie bien l'auto-dérision. Eye Haïdara est plus convaincante ici en jeune prodige revendicative qu'en agent de terrain dans Mata. En revanche, la voix de fausset adoptée par le personnage de Claire Chust m'a irrité, même si je reconnais qu'elle excelle à incarner une cruche. Une autre voix agaçante est celle de son assistante, dont le ton plaintif a fini par me porter sur le système. Complète ce trio décevant Tiphaine Daviot, pas très convaincante en soprano pistonnée.
Chez les messieurs, Daniel Auteuil et Maxime Pambet font le job. C'est Vincenzo Amato qui m'a le plus impressionné. Il est le baryton vedette, chargé d'incarner l'odieux comte Almaviva... et il n'a pas sa langue dans la poche ! Il est d'ailleurs intéressant de noter les parallèles que Jaoui et ses scénaristes ont tracés entre l'intrigue de l'opéra et celle du film, qui se font parfois bigrement écho.
Peu convaincu au départ, j'ai été finalement conquis, par les décors, la musique, les dialogues (parfois truculents)... et la présence régulière à l'écran d'énormes bites phallus, d'abord plutôt blancs et durs, ensuite plus grands, noirs et... flexibles. Je n'ai pas encore réussi à en tirer tout le sens philosophique profond, mais, en tout cas, Jaoui s'est bien amusée avec ces accessoires !
Je regrette peut-être sa conclusion un peu trop "vivre ensemble". Agnès est une empathique, un peu la grande sœur qui, voyant sa famille (celle du spectacle) se déchirer, tente de réconcilier tout le monde. J'aurais aimé un ton un peu plus cinglant, mais le film n'en dit pas moins quelques vérités, ce qui semble avoir déplu à la brigade de la bien-pensance qui officie dans les médias, qui a moyennement apprécié le film.
L'Objet du délit
J'ai fini par aller voir le dernier film d'Agnès Jaoui, au départ peut-être surtout pour passer au total 2h30 en zone climatisée. Il ne sort pas à n'importe quel moment : en pleine affaire Bruel et à une époque où les idées portées par le mouvement MeToo sont (heureusement) en train de porter leurs fruits (du moins, en France)... non sans dérives.
C'est aussi l'occasion pour Agnès Jaoui de nous livrer un tableau savoureux d'un petit monde, celui de l'opéra. On a déjà vu un peu la même chose ailleurs, avec divers microcosmes, ceux du cinéma, de la littérature, du journalisme politique, de l'art contemporain...
On n'est donc guère surpris de découvrir, dès le début de l'histoire, les petits (et grands) travers des professionnels du spectacle lyrique, avec une audition qui semble truquée. Sur le fond, c'est savoureux, mais, sur la forme, j'ai tiqué, puisque les chanteuses qui sont auditionnées (pour divers rôles des Noces de Figaro, de Mozart) semblent toutes doublées par la même cantatrice. De surcroît, pour certaines, le play-back est plus qu'évident. Je ne sais pas ce qu'en pensent les authentiques amateurs d'opéra, mais, moi, ça m'a gêné durant presque tout le film. C'est d'autant plus regrettable que les pièces musicales (chantées ou non) qui nous sont proposées sont de toute beauté.
Cette première partie est aussi réjouissante par sa description du politiquement correct à l’œuvre dans ce milieu, les meilleures intentions pouvant parfois conduire à des situations contradictoires.
Quant à la préparation de la représentation, elle suit un cours accidenté. J'ai bien aimé quand cela commence à partir en sucette, à plusieurs reprises, jusqu'à la fin.
Du côté des interprètes (hors simulation lyrique), c'est très inégal. Chez les dames, Agnès Jaoui ne s'est pas donné le plus beau rôle et elle manie bien l'auto-dérision. Eye Haïdara est plus convaincante ici en jeune prodige revendicative qu'en agent de terrain dans Mata. En revanche, la voix de fausset adoptée par le personnage de Claire Chust m'a irrité, même si je reconnais qu'elle excelle à incarner une cruche. Une autre voix agaçante est celle de son assistante, dont le ton plaintif a fini par me porter sur le système. Complète ce trio décevant Tiphaine Daviot, pas très convaincante en soprano pistonnée.
Chez les messieurs, Daniel Auteuil et Maxime Pambet font le job. C'est Vincenzo Amato qui m'a le plus impressionné. Il est le baryton vedette, chargé d'incarner l'odieux comte Almaviva... et il n'a pas sa langue dans la poche ! Il est d'ailleurs intéressant de noter les parallèles que Jaoui et ses scénaristes ont tracés entre l'intrigue de l'opéra et celle du film, qui se font parfois bigrement écho.
Peu convaincu au départ, j'ai été finalement conquis, par les décors, la musique, les dialogues (parfois truculents)... et la présence régulière à l'écran d'énormes bites phallus, d'abord plutôt blancs et durs, ensuite plus grands, noirs et... flexibles. Je n'ai pas encore réussi à en tirer tout le sens philosophique profond, mais, en tout cas, Jaoui s'est bien amusée avec ces accessoires !
Je regrette peut-être sa conclusion un peu trop "vivre ensemble". Agnès est une empathique, un peu la grande sœur qui, voyant sa famille (celle du spectacle) se déchirer, tente de réconcilier tout le monde. J'aurais aimé un ton un peu plus cinglant, mais le film n'en dit pas moins quelques vérités, ce qui semble avoir déplu à la brigade de la bien-pensance qui officie dans les médias, qui a moyennement apprécié le film.
vendredi, 19 juin 2026
Le Vertige
Le nouveau Dupieux débarque avant l'été, sous une forme inédite : une animation numérique qui semble faite de bric et de broc (un peu comme les films de Quentin), mais porteuse de sens.
Alain Chabat et Jonathan Coen prêtent leur voix (et leur visage) à deux citadins de classe moyenne, Jacky et Michel Bruno, ni particulièrement futés, ni particulièrement crétins. Le premier semble célibataire (ou divorcé, sans enfant), tandis que le second, marié, est sur le point de découvrir la paternité.
Mais c'est le premier qui lance l'intrigue : il pense vivre dans une sorte de simulation (un monde miroir, si vous préférez) et tente d'ouvrir les yeux de Bruno, très sceptique au départ. La manière dont il va le convaincre (ainsi que les dialogues, bien écrits) constitue le premier intérêt de cette histoire.
C'est complété par l'accouchement abracadabrantesque de Fabienne (Anaïs Demoustier) et les premiers jours du bébé. Un autre homme complète le trio. Il a la voix caverneuse de Jean-Marie Winling... et réserve quelques surprises. Son devenir constitue d'ailleurs un point de basculement de l'histoire, prélude à une ellipse.
On retrouve une partie de notre petit monde des années plus tard. C'est savoureux, avec, en plus, une fin bien amenée, sous forme de pirouette. Même si, sur le plan visuel, l'animation n'est pas toujours convaincante, j'ai bien aimé être embarqué dans cet univers loufoque, qui est bien évidemment une métaphore de la vie et du microcosme du cinéma. Toutefois, deux interprétations sont possibles. Soit Dupieux considère que la vraie vie (la plus intéressante) est celle des personnes qui font du cinéma, celle des gens ordinaires n'en étant qu'une version affadie. Soit il tend un miroir critique au microcosme, qui se fait une montagne d'une taupinière, alors que la vraie vie se déroule loin des caméras et des écrans.
Ce n'est pas un grand film, mais une œuvre originale, divertissante et qui, en ces temps de chaleur pesante, a l'avantage d'inciter à fréquenter une salle climatisée.
14:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Le Vertige
Le nouveau Dupieux débarque avant l'été, sous une forme inédite : une animation numérique qui semble faite de bric et de broc (un peu comme les films de Quentin), mais porteuse de sens.
Alain Chabat et Jonathan Coen prêtent leur voix (et leur visage) à deux citadins de classe moyenne, Jacky et Michel Bruno, ni particulièrement futés, ni particulièrement crétins. Le premier semble célibataire (ou divorcé, sans enfant), tandis que le second, marié, est sur le point de découvrir la paternité.
Mais c'est le premier qui lance l'intrigue : il pense vivre dans une sorte de simulation (un monde miroir, si vous préférez) et tente d'ouvrir les yeux de Bruno, très sceptique au départ. La manière dont il va le convaincre (ainsi que les dialogues, bien écrits) constitue le premier intérêt de cette histoire.
C'est complété par l'accouchement abracadabrantesque de Fabienne (Anaïs Demoustier) et les premiers jours du bébé. Un autre homme complète le trio. Il a la voix caverneuse de Jean-Marie Winling... et réserve quelques surprises. Son devenir constitue d'ailleurs un point de basculement de l'histoire, prélude à une ellipse.
On retrouve une partie de notre petit monde des années plus tard. C'est savoureux, avec, en plus, une fin bien amenée, sous forme de pirouette. Même si, sur le plan visuel, l'animation n'est pas toujours convaincante, j'ai bien aimé être embarqué dans cet univers loufoque, qui est bien évidemment une métaphore de la vie et du microcosme du cinéma. Toutefois, deux interprétations sont possibles. Soit Dupieux considère que la vraie vie (la plus intéressante) est celle des personnes qui font du cinéma, celle des gens ordinaires n'en étant qu'une version affadie. Soit il tend un miroir critique au microcosme, qui se fait une montagne d'une taupinière, alors que la vraie vie se déroule loin des caméras et des écrans.
Ce n'est pas un grand film, mais une œuvre originale, divertissante et qui, en ces temps de chaleur pesante, a l'avantage d'inciter à fréquenter une salle climatisée.
14:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
mardi, 16 juin 2026
The Furious
C'est l'histoire d'une gamine issue d'une famille modeste, qui disparaît un jour, en pleine rue, enlevée par des pédophiles... Cela ne vous rappelle rien ? Eh oui, parfois, une sortie en salles peut percuter l'actualité la plus sensible...
L'action se déroule "quelque part en Asie du Sud-Est", nous dit-on. Comme les personnages parlent principalement anglais et chinois (mais ne se trouvent pas dans "le pays du milieu"), on pense à Singapour ou la Malaisie, le film ayant été tourné (en partie) en Thaïlande.
On nous fait suivre un duo de héros (les fameux furieux). Le premier est l'époux d'une journaliste d'investigation, qui disparaît alors qu'elle enquête sur une bande de truands. Le second est un simple plombier, muet, qui élève seul sa gamine, depuis le décès de son épouse. Les deux hommes ne se connaissent pas. Ils vont se rencontrer et (la police se montrant remarquablement inefficace...) unir leurs efforts... et ça tombe fichtrement bien : tous deux maîtrisent le kung fu. Hélas, ils ne sont pas les seuls, puisque c'est aussi le cas de la plupart des truands qu'ils vont devoir affronter.
On nous prépare donc un menu corsé, la première séquence de baston survenant au moment de l'enlèvement de la gamine. Quand vous la verrez, dites-vous bien que c'est la moins violente du film...
C'est donc à réserver à un public averti. Les combattants se servent remarquablement bien de leurs mains et de leurs pieds... ainsi que de divers outils : couteaux, sabres, marteaux, masse... et même des vélos dernier cri d'un parking urbain. Quant au plombier muet, je vous garantis que, lorsqu'il s'arme d'un marteau, il fait de sacrés dégâts !
Les effets spéciaux, sanglants, sont réussis et les affrontements sont chorégraphiés comme des ballets... ce qui n'est pas étonnant, puisque le réalisateur, Kenji Tanigaki, fut le coordonnateur des combats de John Wick IV et chef des cascades sur City of Darkness.
Je dois reconnaître que j'ai éprouvé un certain plaisir à voir ces bandes de racailles se faire démonter la tronche par les héros. Ceux-ci vont toutefois rencontrer une opposition de poids, en la personne d'un gros lard insubmersible (et à moitié givré) et du chef de la bande de pédophiles, un psychopathe de la pire espèce.
Du coup, même quand on croit que c'est terminé, la baston reprend, à tel point que cela devient comique. Jusqu'au bout, on se demande si les gentils vont venir à bout des méchants. Le suspens est insoutenable...
16:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
The Furious
C'est l'histoire d'une gamine issue d'une famille modeste, qui disparaît un jour, en pleine rue, enlevée par des pédophiles... Cela ne vous rappelle rien ? Eh oui, parfois, une sortie en salles peut percuter l'actualité la plus sensible...
L'action se déroule "quelque part en Asie du Sud-Est", nous dit-on. Comme les personnages parlent principalement anglais et chinois (mais ne se trouvent pas dans "le pays du milieu"), on pense à Singapour ou la Malaisie, le film ayant été tourné (en partie) en Thaïlande.
On nous fait suivre un duo de héros (les fameux furieux). Le premier est l'époux d'une journaliste d'investigation, qui disparaît alors qu'elle enquête sur une bande de truands. Le second est un simple plombier, muet, qui élève seul sa gamine, depuis le décès de son épouse. Les deux hommes ne se connaissent pas. Ils vont se rencontrer et (la police se montrant remarquablement inefficace...) unir leurs efforts... et ça tombe fichtrement bien : tous deux maîtrisent le kung fu. Hélas, ils ne sont pas les seuls, puisque c'est aussi le cas de la plupart des truands qu'ils vont devoir affronter.
On nous prépare donc un menu corsé, la première séquence de baston survenant au moment de l'enlèvement de la gamine. Quand vous la verrez, dites-vous bien que c'est la moins violente du film...
C'est donc à réserver à un public averti. Les combattants se servent remarquablement bien de leurs mains et de leurs pieds... ainsi que de divers outils : couteaux, sabres, marteaux, masse... et même des vélos dernier cri d'un parking urbain. Quant au plombier muet, je vous garantis que, lorsqu'il s'arme d'un marteau, il fait de sacrés dégâts !
Les effets spéciaux, sanglants, sont réussis et les affrontements sont chorégraphiés comme des ballets... ce qui n'est pas étonnant, puisque le réalisateur, Kenji Tanigaki, fut le coordonnateur des combats de John Wick IV et chef des cascades sur City of Darkness.
Je dois reconnaître que j'ai éprouvé un certain plaisir à voir ces bandes de racailles se faire démonter la tronche par les héros. Ceux-ci vont toutefois rencontrer une opposition de poids, en la personne d'un gros lard insubmersible (et à moitié givré) et du chef de la bande de pédophiles, un psychopathe de la pire espèce.
Du coup, même quand on croit que c'est terminé, la baston reprend, à tel point que cela devient comique. Jusqu'au bout, on se demande si les gentils vont venir à bout des méchants. Le suspens est insoutenable...
16:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
dimanche, 14 juin 2026
Disclosure Day
Quatre ans après le décevant The Fabelmans, Steven Spielberg est de retour avec une œuvre grand public, un film de science-fiction qui surfe sur la vague complotiste. Pour cela, il a bénéficié d'un gros budget (plus de cent millions de dollars), d'un scénariste réputé, d'un compositeur de renom et d'une belle distribution.
Chers lecteurs, figurez-vous que, depuis plusieurs dizaines d'années (mais pas des siècles ceci dit, ni des millénaires), la Terre est régulièrement visitée par des extra-terrestres, mais que le méchant gouvernement états-unien, qui est au courant, en tire profit de manière éhontée et cache la vérité à ses concitoyens... ainsi qu'aux habitants du reste du monde. (Curieusement, aucun autre gouvernement ne semble au courant, les aliens ayant visiblement pris l'habitude d'atterrir aux States. C'est sans doute lié à la qualité de leurs aéroports... ou de leurs champs de maïs.)
Un étrange concours de circonstances va faire collaborer deux individus qui, au départ, ignorent tout l'un(e) de l'autre. Une vilaine firme multinationale (sous contrat avec le méchant gouvernement états-unien) tente de contrecarrer leur alliance et d'étouffer l'affaire, empêchant la tenue de ce "Jour de Révélation".
De la distribution, je retiens seulement Colman Domingo (dans un rôle très différent de celui qu'il tient dans Michael) et Emily Blunt, qui nous fait un sacré numéro, un peu sur tous les tons. A elle seule, elle sauve presque le film, à l'image de ce que peut faire Isabelle Huppert chez nous, au pays des culturés.
Pour le reste, c'est assez affligeant. Je n'ai pas cru une seconde en Colin Firth PDG machiavélique. Les autres sont souvent caricaturaux, pas très bien dirigés à mon avis. Le pire est le type qui incarne le petit copain de la journaliste, un musicos con comme une bite, qui n'arrive même pas à écraser un smartphone avec une voiture. Cette péripétie croquignolesque survient dans une séquence très mal mise en scène, un duo s'échappant par miracle d'un hôpital et restant cinq à dix minutes à causer sur le parking, sans que personne ne soit lancé à sa poursuite...
On en voit aussi de belles quand le co-héros Daniel Kellner retourne dans une ferme isolée. Voyant les lieux encerclés par les véhicules des méchants, il s'en approche en se cachant à peine, sans être vu (dans un premier temps). La manière dont l'évasion (en voiture) est filmée est un sommet du ridicule.
Je crois que vous avez compris que Steven a vieilli... et que personne n'ose dire au génie que, parfois, sa scène est mal fagotée ou qu'il faudrait la rejouer. Je pense notamment à ce moment qui voit deux fuyards mal dissimulés derrière un rocher, juste à côté d'une bande de méchants qui ne les remarquent même pas. Le duo s'éloigne sans discrétion... toujours sans être repéré ! Comment Spielberg a-t-il pu tourner ça ? !
Peut-être a-t-il trop fait confiance à son scénariste, David Koepp, qui fut jadis très inspiré, mais qui a récemment salopé le dernier Jurassic World.
Pour être honnête, il y quand même un moment où l'on retrouve la "patte" du Maître, quand l'action se déporte dans la chambre d'une petite fille, puis dans une maison de conte de fée. Là, il se passe quelque chose, tout comme dans la scène de hangar, avec une belle utilisation du montage et du champ/contrechamp.
A part ça, c'est plutôt creux, avec une morale à deux balles du genre :
La guerre, c'est mal.
La gentillesse, c'est bien.
Spielberg n'a pas su se renouveler, utilisant de surcroît les médias à la manière d'un film des années 1990-2000. Il aurait été plus pertinent d'insérer les réseaux sociaux dans son intrigue... mais cela l'aurait peut-être conduit à évoquer le thème des rumeurs et fausses nouvelles, alors qu'il fait de l'une d'entre elles le cœur (hautement improbable) de son histoire.
23:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Disclosure Day
Quatre ans après le décevant The Fabelmans, Steven Spielberg est de retour avec une œuvre grand public, un film de science-fiction qui surfe sur la vague complotiste. Pour cela, il a bénéficié d'un gros budget (plus de cent millions de dollars), d'un scénariste réputé, d'un compositeur de renom et d'une belle distribution.
Chers lecteurs, figurez-vous que, depuis plusieurs dizaines d'années (mais pas des siècles ceci dit, ni des millénaires), la Terre est régulièrement visitée par des extra-terrestres, mais que le méchant gouvernement états-unien, qui est au courant, en tire profit de manière éhontée et cache la vérité à ses concitoyens... ainsi qu'aux habitants du reste du monde. (Curieusement, aucun autre gouvernement ne semble au courant, les aliens ayant visiblement pris l'habitude d'atterrir aux States. C'est sans doute lié à la qualité de leurs aéroports... ou de leurs champs de maïs.)
Un étrange concours de circonstances va faire collaborer deux individus qui, au départ, ignorent tout l'un(e) de l'autre. Une vilaine firme multinationale (sous contrat avec le méchant gouvernement états-unien) tente de contrecarrer leur alliance et d'étouffer l'affaire, empêchant la tenue de ce "Jour de Révélation".
De la distribution, je retiens seulement Colman Domingo (dans un rôle très différent de celui qu'il tient dans Michael) et Emily Blunt, qui nous fait un sacré numéro, un peu sur tous les tons. A elle seule, elle sauve presque le film, à l'image de ce que peut faire Isabelle Huppert chez nous, au pays des culturés.
Pour le reste, c'est assez affligeant. Je n'ai pas cru une seconde en Colin Firth PDG machiavélique. Les autres sont souvent caricaturaux, pas très bien dirigés à mon avis. Le pire est le type qui incarne le petit copain de la journaliste, un musicos con comme une bite, qui n'arrive même pas à écraser un smartphone avec une voiture. Cette péripétie croquignolesque survient dans une séquence très mal mise en scène, un duo s'échappant par miracle d'un hôpital et restant cinq à dix minutes à causer sur le parking, sans que personne ne soit lancé à sa poursuite...
On en voit aussi de belles quand le co-héros Daniel Kellner retourne dans une ferme isolée. Voyant les lieux encerclés par les véhicules des méchants, il s'en approche en se cachant à peine, sans être vu (dans un premier temps). La manière dont l'évasion (en voiture) est filmée est un sommet du ridicule.
Je crois que vous avez compris que Steven a vieilli... et que personne n'ose dire au génie que, parfois, sa scène est mal fagotée ou qu'il faudrait la rejouer. Je pense notamment à ce moment qui voit deux fuyards mal dissimulés derrière un rocher, juste à côté d'une bande de méchants qui ne les remarquent même pas. Le duo s'éloigne sans discrétion... toujours sans être repéré ! Comment Spielberg a-t-il pu tourner ça ? !
Peut-être a-t-il trop fait confiance à son scénariste, David Koepp, qui fut jadis très inspiré, mais qui a récemment salopé le dernier Jurassic World.
Pour être honnête, il y quand même un moment où l'on retrouve la "patte" du Maître, quand l'action se déporte dans la chambre d'une petite fille, puis dans une maison de conte de fée. Là, il se passe quelque chose, tout comme dans la scène de hangar, avec une belle utilisation du montage et du champ/contrechamp.
A part ça, c'est plutôt creux, avec une morale à deux balles du genre :
La guerre, c'est mal.
La gentillesse, c'est bien.
Spielberg n'a pas su se renouveler, utilisant de surcroît les médias à la manière d'un film des années 1990-2000. Il aurait été plus pertinent d'insérer les réseaux sociaux dans son intrigue... mais cela l'aurait peut-être conduit à évoquer le thème des rumeurs et fausses nouvelles, alors qu'il fait de l'une d'entre elles le cœur (hautement improbable) de son histoire.
23:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Ghost in the Shell
Je me rappelle encore la première fois que j'ai vu l'adaptation du manga, il y a presque trente ans. C'était à Toulouse, dans le cinéma qui à l'époque ne s'appelait pas American Cosmograph mais Utopia, dans la salle rouge, celle située à l'étage, qui compte un petit retranchement au fond, où il est possible d'étendre ses jambes. Dès le début, j'avais été hypnotisé par la musique du générique... et la suite m'avait passionné.
Ressorti en version restaurée, le film n'a rien perdu de sa force. Son intrigue, complexe, a de quoi déconcerter les amateurs de scénario balisé. Dans un futur hyper-technologisé, il est question de rivalités entre pays supposés démocratiques, mais aussi de tensions internes, entre services. Il y a donc complot, complot dans le complot... et même manipulation dans le complot interne au complot. (C'est peut-être le moment de prendre un cachet d'aspirine.)
Se greffe là-dessus un questionnement sur la nature humaine. Dans ce futur qui nous pend peut-être au nez, les "humains augmentés" côtoient des cyborgs/androïdes plus au moins perfectionnés, certains semblant développer une forme d'humanité. Le "ghost" est leur programme central, mais l'on finit par se demander si ce n'est pas plutôt leur "âme" ou une forme de conscience de soi.
Les policiers anti-terroristes traquent un mystérieux pirate informatique, surnommé puppet master, le "maître des marionnettes", capable de prendre le contrôle à distance de n'importe quel système informatique... et même d'implanter de faux souvenirs dans la tête d'un humain. Quelles sont ses réelles intentions ? Jusqu'où vont ses compétences ? A-t-il inventé une nouvelle forme de vie, une sorte de conscience créée de manière uniquement numérique ? Ces questions croisent les propres interrogations de la principale enquêtrice, le Major Motoko Kusanagi, la plus badass des androïdes.
Les décors sont chiadés, l'animation de grande qualité, même si elle a un poil vieilli. L’œuvre du réalisateur, Mamoru Oshii, est en général méconnue. Cette ressortie pourrait être l'occasion de la faire mieux connaître aux cinéphiles.
17:57 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Ghost in the Shell
Je me rappelle encore la première fois que j'ai vu l'adaptation du manga, il y a presque trente ans. C'était à Toulouse, dans le cinéma qui à l'époque ne s'appelait pas American Cosmograph mais Utopia, dans la salle rouge, celle située à l'étage, qui compte un petit retranchement au fond, où il est possible d'étendre ses jambes. Dès le début, j'avais été hypnotisé par la musique du générique... et la suite m'avait passionné.
Ressorti en version restaurée, le film n'a rien perdu de sa force. Son intrigue, complexe, a de quoi déconcerter les amateurs de scénario balisé. Dans un futur hyper-technologisé, il est question de rivalités entre pays supposés démocratiques, mais aussi de tensions internes, entre services. Il y a donc complot, complot dans le complot... et même manipulation dans le complot interne au complot. (C'est peut-être le moment de prendre un cachet d'aspirine.)
Se greffe là-dessus un questionnement sur la nature humaine. Dans ce futur qui nous pend peut-être au nez, les "humains augmentés" côtoient des cyborgs/androïdes plus au moins perfectionnés, certains semblant développer une forme d'humanité. Le "ghost" est leur programme central, mais l'on finit par se demander si ce n'est pas plutôt leur "âme" ou une forme de conscience de soi.
Les policiers anti-terroristes traquent un mystérieux pirate informatique, surnommé puppet master, le "maître des marionnettes", capable de prendre le contrôle à distance de n'importe quel système informatique... et même d'implanter de faux souvenirs dans la tête d'un humain. Quelles sont ses réelles intentions ? Jusqu'où vont ses compétences ? A-t-il inventé une nouvelle forme de vie, une sorte de conscience créée de manière uniquement numérique ? Ces questions croisent les propres interrogations de la principale enquêtrice, le Major Motoko Kusanagi, la plus badass des androïdes.
Les décors sont chiadés, l'animation de grande qualité, même si elle a un poil vieilli. L’œuvre du réalisateur, Mamoru Oshii, est en général méconnue. Cette ressortie pourrait être l'occasion de la faire mieux connaître aux cinéphiles.
17:57 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
samedi, 13 juin 2026
Le Dernier Souffle d'un yakuza
Quelque part dans une prison japonaise, de nos jours, un détenu septuagénaire repense à sa vie d'homme libre, une trentaine d'années auparavant. Il dialogue avec une plante, une balsamine, seul vestige de la maison où il a jadis vécu, heureux, avec femme et enfant. Pour lui, c'est plutôt mauvais signe : cette plante n'est audible que par les nouveaux nés et les mourants.
Comme l'indique le titre, Akutsu est un (ancien) yakuza, d'origine modeste, qu'un truand a sans doute pris sous son aile, pour en faire son homme de main. Obéissant et rigoureux, il monte en grade dans les années 1980, au point de "gagner" très confortablement sa vie (notamment avec le racket de protection). Mais c'est aussi l'époque où il accepte d'héberger une jolie jeune femme enceinte, bientôt mère d'un enfant au père inconnu. Akutsu tente de jongler entre cette vie familiale insolite et ses activités délictuelles. Trente ans plus tard, il semble avoir été complètement oublié par la femme et l'enfant... à moins qu'ils n'aient été tués.
La réponse à toutes nos questions va émerger au fil des retours en arrière. On découvre une histoire d'amour totalement improbable, entre un jeune homme introverti (peut-être un peu autiste), doté de capacités intellectuelles singulières, et une femme soulagée d'avoir échappé à une relation toxique... et tenant à assurer l'avenir de son enfant.
Une énigme se superpose à l'intrigue sentimentale : qu'est devenue la somme d'argent résultant d'un braquage, commis à la fin des années 1980 ? Des indices sont semés tout au long du film, par le réalisateur comme par le personnage principal. Quand je vous aurai dit que le scénariste a sans doute lu Le Secret de la Licorne (d'Hergé), vous comprendrez peut-être quelle est la clé de ce mystère-ci.
J'ai été emballé par cette histoire peu commune. A l'écran, c'est parfois superbe, comme lorsqu'on nous montre des feux d'artifice. C'est surtout extrêmement délicat, avec beaucoup de non-dit au niveau des sentiments. On se demande vraiment où Baku Kinoshita (dont c'est semble-t-il le premier long-métrage) veut nous mener. En tout cas, le chemin suivi est très plaisant et la fin apaisée.
21:35 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Le Dernier Souffle d'un yakuza
Quelque part dans une prison japonaise, de nos jours, un détenu septuagénaire repense à sa vie d'homme libre, une trentaine d'années auparavant. Il dialogue avec une plante, une balsamine, seul vestige de la maison où il a jadis vécu, heureux, avec femme et enfant. Pour lui, c'est plutôt mauvais signe : cette plante n'est audible que par les nouveaux nés et les mourants.
Comme l'indique le titre, Akutsu est un (ancien) yakuza, d'origine modeste, qu'un truand a sans doute pris sous son aile, pour en faire son homme de main. Obéissant et rigoureux, il monte en grade dans les années 1980, au point de "gagner" très confortablement sa vie (notamment avec le racket de protection). Mais c'est aussi l'époque où il accepte d'héberger une jolie jeune femme enceinte, bientôt mère d'un enfant au père inconnu. Akutsu tente de jongler entre cette vie familiale insolite et ses activités délictuelles. Trente ans plus tard, il semble avoir été complètement oublié par la femme et l'enfant... à moins qu'ils n'aient été tués.
La réponse à toutes nos questions va émerger au fil des retours en arrière. On découvre une histoire d'amour totalement improbable, entre un jeune homme introverti (peut-être un peu autiste), doté de capacités intellectuelles singulières, et une femme soulagée d'avoir échappé à une relation toxique... et tenant à assurer l'avenir de son enfant.
Une énigme se superpose à l'intrigue sentimentale : qu'est devenue la somme d'argent résultant d'un braquage, commis à la fin des années 1980 ? Des indices sont semés tout au long du film, par le réalisateur comme par le personnage principal. Quand je vous aurai dit que le scénariste a sans doute lu Le Secret de la Licorne (d'Hergé), vous comprendrez peut-être quelle est la clé de ce mystère-ci.
J'ai été emballé par cette histoire peu commune. A l'écran, c'est parfois superbe, comme lorsqu'on nous montre des feux d'artifice. C'est surtout extrêmement délicat, avec beaucoup de non-dit au niveau des sentiments. On se demande vraiment où Baku Kinoshita (dont c'est semble-t-il le premier long-métrage) veut nous mener. En tout cas, le chemin suivi est très plaisant et la fin apaisée.
21:35 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films


