samedi, 26 septembre 2026
Détective Conan - L'Ange déchu de l'asphalte
Chaque année voit la sortie, en France, d'un long métrage dérivé de ce célèbre manga (en version papier comme en série télé). Le précédent volet, datant de 2025, s'intitule La Mémoire retrouvée. Rappelons que le héros, Conan, est un jeune homme dont l'esprit est emprisonné dans le corps d'un garçon prépubère. Son prénom est évidemment une référence à Sherlock Holmes : Conan est un jeune détective prodige, mais qui doit sauver les apparences et mener ses enquêtes tout en paraissant crédible en gamin. (Les principaux personnages sont représentés après la séquence introductive.)
L'intrigue a été construite autour de trois thématiques : le rôle des motard(e)s de la sécurité routière, la recherche sur les véhicules autonomes et les conséquences de la mort d'un délinquant, quelques années auparavant.
L'action se déroule dans la conurbation de Tokyo-Yokohama, jusqu'à Kanagawa (au sud-ouest), où est sur le point de débuter un salon de la moto, au cours duquel doivent être présentés des prototypes de haute technologie.
La petite troupe dans laquelle évolue Conan se rend sur place mais, un soir, alors que les enfants cornaqués par le prof ventripotent, chauve et moustachu sont sortis observer les étoiles, ils croisent un mystérieux motard, vêtu de noir (comme sa machine)... mais sans tête. Les cinéphiles penseront au cavalier de Sleepy Hollow. Les gamins eux croient à une apparition surnaturelle...
A peu de temps de là, sur une autoroute urbaine, en plein jour, surgit le mystérieux motard noir (qu'on va bientôt surnommer Lucifer), qui provoque un carambolage et la mort de deux petites racailles adeptes des rodéos urbains. L'incident suscite la perplexité des enquêteurs, notamment de l'as de la police motorisée, une ravissante jeune femme qui doit bientôt prendre en mains une machine révolutionnaire. Elle tape dans l’œil de Conan... et de quelques adultes (hommes comme femmes) de son entourage.
Qui peut bien piloter cette étrange moto, capable de toutes les cascades ? Un fantôme, comme le pensent les enfants ? Une intelligence artificielle ? Une femme experte dans le domaine ? Plusieurs candidates auraient le profil...
Les fils de l'intrigue s'entremêlent avant de se démêler. La visite du salon moto est l'occasion de mettre en valeur le savoir-faire japonais (connu en Occident notamment à travers les marques Honda, Yamaha, Kawazaki et Suzuki). Dans le même temps, l'enquête progresse à propos du délinquant décédé quelques années auparavant, alors que, sur les lieux de l'accident, une main mystérieuse a déposé des fleurs. Les policiers sont aussi amenés à approfondir leur connaissance du milieu des courses urbaines, plusieurs bandes organisant des compétitions entre motards, un peu à l'image des beaufs de Fast & Furious. Notons toutefois que, si les machines sont mises en valeur, le film insiste sur les dangers de la vitesse et du non-respect du code de la route, et ce dès le début, avec une belle scène de sauvetage.
La suite est tout aussi rythmée, comme un feuilleton, avec des péripéties, des rebondissements, de l'humour bon enfant et une indéniable qualité d'animation, qui se veut fidèle à celle d'un long-métrage cinématographique.
... et, quand on pense que c'est fini, on nous en remet une couche ! Les habitués savent qu'il ne faut pas quitter la salle avant que le bout du bout ne soit déroulé (avec, en bonus, une ultime scène qui pourrait annoncer la suite). Je signale que, comme d'habitude, le générique de fin est accompagné de prises de vue réelles, qui mettent en valeur la région de tournage et le rôle des "CHiPs" japonais. (Un œil exercé repèrera sans peine la présence de femmes en uniforme, sur certaines motos.)
17:02 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Détective Conan - L'Ange déchu de l'asphalte
Chaque année voit la sortie, en France, d'un long métrage dérivé de ce célèbre manga (en version papier comme en série télé). Le précédent volet, datant de 2025, s'intitule La Mémoire retrouvée. Rappelons que le héros, Conan, est un jeune homme dont l'esprit est emprisonné dans le corps d'un garçon prépubère. Son prénom est évidemment une référence à Sherlock Holmes : Conan est un jeune détective prodige, mais qui doit sauver les apparences et mener ses enquêtes tout en paraissant crédible en gamin. (Les principaux personnages sont représentés après la séquence introductive.)
L'intrigue a été construite autour de trois thématiques : le rôle des motard(e)s de la sécurité routière, la recherche sur les véhicules autonomes et les conséquences de la mort d'un délinquant, quelques années auparavant.
L'action se déroule dans la conurbation de Tokyo-Yokohama, jusqu'à Kanagawa (au sud-ouest), où est sur le point de débuter un salon de la moto, au cours duquel doivent être présentés des prototypes de haute technologie.
La petite troupe dans laquelle évolue Conan se rend sur place mais, un soir, alors que les enfants cornaqués par le prof ventripotent, chauve et moustachu sont sortis observer les étoiles, ils croisent un mystérieux motard, vêtu de noir (comme sa machine)... mais sans tête. Les cinéphiles penseront au cavalier de Sleepy Hollow. Les gamins eux croient à une apparition surnaturelle...
A peu de temps de là, sur une autoroute urbaine, en plein jour, surgit le mystérieux motard noir (qu'on va bientôt surnommer Lucifer), qui provoque un carambolage et la mort de deux petites racailles adeptes des rodéos urbains. L'incident suscite la perplexité des enquêteurs, notamment de l'as de la police motorisée, une ravissante jeune femme qui doit bientôt prendre en mains une machine révolutionnaire. Elle tape dans l’œil de Conan... et de quelques adultes (hommes comme femmes) de son entourage.
Qui peut bien piloter cette étrange moto, capable de toutes les cascades ? Un fantôme, comme le pensent les enfants ? Une intelligence artificielle ? Une femme experte dans le domaine ? Plusieurs candidates auraient le profil...
Les fils de l'intrigue s'entremêlent avant de se démêler. La visite du salon moto est l'occasion de mettre en valeur le savoir-faire japonais (connu en Occident notamment à travers les marques Honda, Yamaha, Kawazaki et Suzuki). Dans le même temps, l'enquête progresse à propos du délinquant décédé quelques années auparavant, alors que, sur les lieux de l'accident, une main mystérieuse a déposé des fleurs. Les policiers sont aussi amenés à approfondir leur connaissance du milieu des courses urbaines, plusieurs bandes organisant des compétitions entre motards, un peu à l'image des beaufs de Fast & Furious. Notons toutefois que, si les machines sont mises en valeur, le film insiste sur les dangers de la vitesse et du non-respect du code de la route, et ce dès le début, avec une belle scène de sauvetage.
La suite est tout aussi rythmée, comme un feuilleton, avec des péripéties, des rebondissements, de l'humour bon enfant et une indéniable qualité d'animation, qui se veut fidèle à celle d'un long-métrage cinématographique.
... et, quand on pense que c'est fini, on nous en remet une couche ! Les habitués savent qu'il ne faut pas quitter la salle avant que le bout du bout ne soit déroulé (avec, en bonus, une ultime scène qui pourrait annoncer la suite). Je signale que, comme d'habitude, le générique de fin est accompagné de prises de vue réelles, qui mettent en valeur la région de tournage et le rôle des "CHiPs" japonais. (Un œil exercé repèrera sans peine la présence de femmes en uniforme, sur certaines motos.)
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Heart of the Beast
A première vue, ce "cœur de bête" est celui d'Odin, un superbe berger allemand, très expressif... et très dangereux, surtout quand on menace son maître, James Belmont. Celui-ci a la superbe de Brad Pitt, musclé, tatoué, suturé. Avec sa barbe et sa chemise à carreaux, il a une allure folle... et il est lui aussi bigrement redoutable, quand on le cherche. Ce "cœur de bête" est donc peut-être aussi le sien.
Les deux forment un couple de retraités des forces spéciales. Dans des circonstances qu'on finit par nous montrer (à l'aide de l'un des retours en arrière), ils ont perdu tous leurs amis. On comprend très vite qu'ils souffrent de stress post-traumatique. La thérapie constitue en un séjour en Nouvelle-Zélande Alaska, entre camping, balade, partie de pêche et un peu de chasse. Tout cela est fort bucolique, dans un environnement magnifié par la réalisation. Forêts, montagnes enneigées et rivières aux eaux pures constituent un cadre apaisant... mais pas sans danger. (Derrière la caméra, David Ayer, à qui l'on doit aussi The Beekeeper, retrouve l'acteur qu'il avait dirigé dans Fury.)
Il va donc arriver quelques bricoles à nos vétérans campeurs. J'ai trouvé la séquence liée à l'avion et au lac très réussie. C'est l'occasion pour Brad de prouver que, bien que sexagénaire, il assure grave. La suite promet d'être aussi voire plus dangereuse. La nature est certes belle, mais elle est aussi impitoyable. Les chemins glissants et escarpés réservent quelques rencontres à notre sympathique duo : un gros ours (lors d'une scène qui se termine de manière inattendue) et surtout des loups, vraiment pas gentils du tout.
Mélangeant survivalisme et thriller, l'intrigue est bien menée. Le début fait un peu penser au récent Dog Stars (en mieux), la suite m'a rappelé Black Dog, pour la relation tissée entre l'homme et le chien. La dernière demi-heure véhicule plus d'émotion... et je dois reconnaître qu'à un ou deux moments, une poussière s'est glissée dans l’œil.
10:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Heart of the Beast
A première vue, ce "cœur de bête" est celui d'Odin, un superbe berger allemand, très expressif... et très dangereux, surtout quand on menace son maître, James Belmont. Celui-ci a la superbe de Brad Pitt, musclé, tatoué, suturé. Avec sa barbe et sa chemise à carreaux, il a une allure folle... et il est lui aussi bigrement redoutable, quand on le cherche. Ce "cœur de bête" est donc peut-être aussi le sien.
Les deux forment un couple de retraités des forces spéciales. Dans des circonstances qu'on finit par nous montrer (à l'aide de l'un des retours en arrière), ils ont perdu tous leurs amis. On comprend très vite qu'ils souffrent de stress post-traumatique. La thérapie constitue en un séjour en Nouvelle-Zélande Alaska, entre camping, balade, partie de pêche et un peu de chasse. Tout cela est fort bucolique, dans un environnement magnifié par la réalisation. Forêts, montagnes enneigées et rivières aux eaux pures constituent un cadre apaisant... mais pas sans danger. (Derrière la caméra, David Ayer, à qui l'on doit aussi The Beekeeper, retrouve l'acteur qu'il avait dirigé dans Fury.)
Il va donc arriver quelques bricoles à nos vétérans campeurs. J'ai trouvé la séquence liée à l'avion et au lac très réussie. C'est l'occasion pour Brad de prouver que, bien que sexagénaire, il assure grave. La suite promet d'être aussi voire plus dangereuse. La nature est certes belle, mais elle est aussi impitoyable. Les chemins glissants et escarpés réservent quelques rencontres à notre sympathique duo : un gros ours (lors d'une scène qui se termine de manière inattendue) et surtout des loups, vraiment pas gentils du tout.
Mélangeant survivalisme et thriller, l'intrigue est bien menée. Le début fait un peu penser au récent Dog Stars (en mieux), la suite m'a rappelé Black Dog, pour la relation tissée entre l'homme et le chien. La dernière demi-heure véhicule plus d'émotion... et je dois reconnaître qu'à un ou deux moments, une poussière s'est glissée dans l’œil.
10:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
vendredi, 25 septembre 2026
Ma famille de samouraïs
Ce n'est que tardivement que l'on comprend le sens profond du titre, quand un jeune Brésilien découvre quelque chose à propos de son grand-père japonais, remontant à la Seconde Guerre mondiale.
L'une des trames chronologiques de cette histoire familiale est la fin des années 1980, quand le Brésil est redevenu une démocratie (après une période de dictature militaire). C'est l'époque à laquelle vit le petit-fils, enfant. (C'est sans doute lui qui, des années plus tard, a écrit le roman autobiographique dont est inspiré le scénario de ce film d'animation.)
L'autre trame est celle des années 1920-1950, d'après ce que raconte le grand-père japonais. Grâce à lui, son petit-fils (et les spectateurs) découvrent l'histoire des nikkeijin, ces immigrés d'origine japonaise, massivement arrivés au Brésil entre les deux guerres mondiales. Le film nous montre la dure vie dans les plantations de café, entre habitat précaire et travail harassant. Les familles laborieuses sont quand même parvenues à s'élever socialement, notamment à partir du moment où elles ont pu louer et cultiver des terres, en autonomie.
A la fin des années 1980, dans l'école primaire du jeune héros, on demande aux élèves de présenter l'histoire de leur famille. La diversité des destins est grande, entre les descendants d'immigrés portugais, ceux d'esclaves (un passé parfois tenu secret au sein des familles), ceux d'immigrés italiens (comme le meilleur ami du héros... et l'ancien président Jair Bolsonaro)... et ceux, moins connus, d'immigrés japonais.
Dans la cour de l'école, on croise ce qu'on pourrait appeler une "nation arc-en-ciel"... où les réflexes xénophobes ne sont pas inexistants. C'est moins prononcé à l'époque du petit-fils, mais c'était beaucoup plus fréquent lorsque sa mère était gamine et lorsque son grand-père a débarqué au Brésil. C'est l'un des mérites de ce film que de ne pas cacher les petites (et les grandes) mesquineries humaines, quelles que soient les populations concernées.
Au cours de ses entretiens avec son papy, le héros apprend beaucoup de choses, notamment que sa grand-mère maternelle n'est pas sa première épouse. C'est le secret que le grand-père a le moins de difficulté à révéler. Ce sera plus long et plus houleux à propos de son deuxième fils, l'oncle que le héros ne connaît pas et dont personne dans la famille ne veut lui parler.
La réponse finit par surgir, au détour d'une discussion sur la Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre. En 1942, le Brésil a rejoint le camp des Alliés. Du coup, l'immigration japonaise s'est tarie et les ressortissants du pays du soleil levant sont devenus parfois suspects aux yeux des autorités. S'ils n'ont pas subi le même sort qu'aux États-Unis, leur situation a été délicate... encore plus dans les années 1945-1948, quand une part non négligeable de la communauté a persisté à nier la défaite du Japon, s'en prenant violemment aux compatriotes qui osaient affirmer le contraire.
C'est donc passionnant à suivre, sur le plan historique comme sur le plan culturel, et c'est une belle histoire familiale, parfois poignante.
Je recommande la version originale sous-titrée, pour profiter des dialogues où s'entremêlent le portugais, le japonais... et même (parfois) quelques mots d'anglais.
17:03 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Ma famille de samouraïs
Ce n'est que tardivement que l'on comprend le sens profond du titre, quand un jeune Brésilien découvre quelque chose à propos de son grand-père japonais, remontant à la Seconde Guerre mondiale.
L'une des trames chronologiques de cette histoire familiale est la fin des années 1980, quand le Brésil est redevenu une démocratie (après une période de dictature militaire). C'est l'époque à laquelle vit le petit-fils, enfant. (C'est sans doute lui qui, des années plus tard, a écrit le roman autobiographique dont est inspiré le scénario de ce film d'animation.)
L'autre trame est celle des années 1920-1950, d'après ce que raconte le grand-père japonais. Grâce à lui, son petit-fils (et les spectateurs) découvrent l'histoire des nikkeijin, ces immigrés d'origine japonaise, massivement arrivés au Brésil entre les deux guerres mondiales. Le film nous montre la dure vie dans les plantations de café, entre habitat précaire et travail harassant. Les familles laborieuses sont quand même parvenues à s'élever socialement, notamment à partir du moment où elles ont pu louer et cultiver des terres, en autonomie.
A la fin des années 1980, dans l'école primaire du jeune héros, on demande aux élèves de présenter l'histoire de leur famille. La diversité des destins est grande, entre les descendants d'immigrés portugais, ceux d'esclaves (un passé parfois tenu secret au sein des familles), ceux d'immigrés italiens (comme le meilleur ami du héros... et l'ancien président Jair Bolsonaro)... et ceux, moins connus, d'immigrés japonais.
Dans la cour de l'école, on croise ce qu'on pourrait appeler une "nation arc-en-ciel"... où les réflexes xénophobes ne sont pas inexistants. C'est moins prononcé à l'époque du petit-fils, mais c'était beaucoup plus fréquent lorsque sa mère était gamine et lorsque son grand-père a débarqué au Brésil. C'est l'un des mérites de ce film que de ne pas cacher les petites (et les grandes) mesquineries humaines, quelles que soient les populations concernées.
Au cours de ses entretiens avec son papy, le héros apprend beaucoup de choses, notamment que sa grand-mère maternelle n'est pas sa première épouse. C'est le secret que le grand-père a le moins de difficulté à révéler. Ce sera plus long et plus houleux à propos de son deuxième fils, l'oncle que le héros ne connaît pas et dont personne dans la famille ne veut lui parler.
La réponse finit par surgir, au détour d'une discussion sur la Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre. En 1942, le Brésil a rejoint le camp des Alliés. Du coup, l'immigration japonaise s'est tarie et les ressortissants du pays du soleil levant sont devenus parfois suspects aux yeux des autorités. S'ils n'ont pas subi le même sort qu'aux États-Unis, leur situation a été délicate... encore plus dans les années 1945-1948, quand une part non négligeable de la communauté a persisté à nier la défaite du Japon, s'en prenant violemment aux compatriotes qui osaient affirmer le contraire.
C'est donc passionnant à suivre, sur le plan historique comme sur le plan culturel, et c'est une belle histoire familiale, parfois poignante.
Je recommande la version originale sous-titrée, pour profiter des dialogues où s'entremêlent le portugais, le japonais... et même (parfois) quelques mots d'anglais.
17:03 Publié dans Cinéma, Histoire, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
dimanche, 20 septembre 2026
Rose
Quelque part en Allemagne (ou en Autriche), après la Guerre de Trente Ans, un soldat défiguré débarque dans un village et réclame son héritage familial, une ferme laissée à l'abandon, dont les animaux ont été récupérés par les habitants. Au départ le nouveau venu, qui dit avoir vécu sur place, enfant, n'est pas très bien vu, mais il se rend utile à la communauté villageoise et met en valeur le bien dont il a hérité. Il finit même par se marier et avoir un enfant... sauf que ce soldat est en réalité une femme.
Je ne pense pas vraiment "divulgâcher", puisque cet élément clé est cité dans quasiment toutes les présentations du film. Le suspens réside ailleurs... et le film se distingue par d'autres qualités.
C'est d'abord un très beau noir et blanc, assez austère, parfaitement adapté pour représenter la vie dans cette campagne reculée. De plus, le réalisateur ne s'encombre pas de dialogues inutiles. Sa mise en scène et le jeu des acteurs sont suffisants pour transmettre tout ce qui est nécessaire... avec quelques ellipses.
Durant la première partie, on nous montre l'installation du soldat. Il est du genre taiseux, mais travailleur. Il a aussi de l'argent. Il embauche quelques employés (dont un manchot), retape les bâtiments, relance les cultures et l'élevage. Sans devenir très florissante, la petite ferme retrouve des couleurs et suffit à nourrir les personnes qui y travaillent. Le soldat est davantage respecté, surtout à partir du moment où il intervient contre une ourse. On lui propose même d'épouser une fille du village.
La situation des femmes est donc au cœur de l'intrigue. Rose, le soldat (Sandra Hüller, très bien), ne peut vivre avec indépendance que parce qu'elle est grimée en homme, grâce notamment à quelques artifices anatomiques. La personne qu'elle épouse n'a pas choisi son sort. C'est son père qui a voulu se débarrasser d'elle (il a cinq filles à nourrir), pour une raison qui ne devient vraiment claire que quelques mois plus tard... La nouvelle épouse, si elle échappe à la tutelle paternelle, est vouée à devenir la servante de son mari... et à lui donner des enfants.
Dans la seconde partie, le rapport de force au sein du couple évolue quelque peu. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir les circonstances du basculement. Le cinéaste fait habilement bifurquer son intrigue.
Les événements s'accélèrent dans la troisième partie, durant laquelle des explications sont apportées aux spectateurs. Sandra Hüller a droit à quelques belles tirades. L'histoire de son personnage, inspirée de celle de plusieurs "femmes au pantalon" n'est pas sans rappeler, par certains aspects, celle de Jeanne d'Arc (même si le contexte est différent). Certaines scènes laissent penser que le réalisateur connaît bien La Passion de Jeanne d'Arc (de Dreyer) et le Procès de Jeanne d'Arc (de Bresson).
Ce n'est pas d'une gaité folle, mais c'est brillamment mis en scène et, surtout dans la première partie, apaisant (voire inspirant).
P.S.
ATTENTION
PETIT
DIVULGACHAGE
(UN VRAI, CETTE FOIS)
Je me dois de signaler ce qui ressemble fort à une incohérence scénaristique.
Dans la troisième partie, on apprend quelque chose à propos de l'héroïne, une "situation" qui retarde l'évolution de son sort. Si l'événement déclencheur est lié à la période de guerre (comme les dialogues le suggèrent), alors c'est chronologiquement impossible, plus d'une année ayant passé depuis son installation au village. En revanche ce serait plausible si, au cours de sa récente fuite, Rose a été violentée.
Il est dommage que cette imperfection nuise à la fin de l'histoire.
Rose
Quelque part en Allemagne (ou en Autriche), après la Guerre de Trente Ans, un soldat défiguré débarque dans un village et réclame son héritage familial, une ferme laissée à l'abandon, dont les animaux ont été récupérés par les habitants. Au départ le nouveau venu, qui dit avoir vécu sur place, enfant, n'est pas très bien vu, mais il se rend utile à la communauté villageoise et met en valeur le bien dont il a hérité. Il finit même par se marier et avoir un enfant... sauf que ce soldat est en réalité une femme.
Je ne pense pas vraiment "divulgâcher", puisque cet élément clé est cité dans quasiment toutes les présentations du film. Le suspens réside ailleurs... et le film se distingue par d'autres qualités.
C'est d'abord un très beau noir et blanc, assez austère, parfaitement adapté pour représenter la vie dans cette campagne reculée. De plus, le réalisateur ne s'encombre pas de dialogues inutiles. Sa mise en scène et le jeu des acteurs sont suffisants pour transmettre tout ce qui est nécessaire... avec quelques ellipses.
Durant la première partie, on nous montre l'installation du soldat. Il est du genre taiseux, mais travailleur. Il a aussi de l'argent. Il embauche quelques employés (dont un manchot), retape les bâtiments, relance les cultures et l'élevage. Sans devenir très florissante, la petite ferme retrouve des couleurs et suffit à nourrir les personnes qui y travaillent. Le soldat est davantage respecté, surtout à partir du moment où il intervient contre une ourse. On lui propose même d'épouser une fille du village.
La situation des femmes est donc au cœur de l'intrigue. Rose, le soldat (Sandra Hüller, très bien), ne peut vivre avec indépendance que parce qu'elle est grimée en homme, grâce notamment à quelques artifices anatomiques. La personne qu'elle épouse n'a pas choisi son sort. C'est son père qui a voulu se débarrasser d'elle (il a cinq filles à nourrir), pour une raison qui ne devient vraiment claire que quelques mois plus tard... La nouvelle épouse, si elle échappe à la tutelle paternelle, est vouée à devenir la servante de son mari... et à lui donner des enfants.
Dans la seconde partie, le rapport de force au sein du couple évolue quelque peu. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir les circonstances du basculement. Le cinéaste fait habilement bifurquer son intrigue.
Les événements s'accélèrent dans la troisième partie, durant laquelle des explications sont apportées aux spectateurs. Sandra Hüller a droit à quelques belles tirades. L'histoire de son personnage, inspirée de celle de plusieurs "femmes au pantalon" n'est pas sans rappeler, par certains aspects, celle de Jeanne d'Arc (même si le contexte est différent). Certaines scènes laissent penser que le réalisateur connaît bien La Passion de Jeanne d'Arc (de Dreyer) et le Procès de Jeanne d'Arc (de Bresson).
Ce n'est pas d'une gaité folle, mais c'est brillamment mis en scène et, surtout dans la première partie, apaisant (voire inspirant).
P.S.
ATTENTION
PETIT
DIVULGACHAGE
(UN VRAI, CETTE FOIS)
Je me dois de signaler ce qui ressemble fort à une incohérence scénaristique.
Dans la troisième partie, on apprend quelque chose à propos de l'héroïne, une "situation" qui retarde l'évolution de son sort. Si l'événement déclencheur est lié à la période de guerre (comme les dialogues le suggèrent), alors c'est chronologiquement impossible, plus d'une année ayant passé depuis son installation au village. En revanche ce serait plausible si, au cours de sa récente fuite, Rose a été violentée.
Il est dommage que cette imperfection nuise à la fin de l'histoire.
samedi, 19 septembre 2026
Les Survivants du Che
Dix-sept ans après le film de Steven Soderbergh (Che 2 - Guérilla), qui racontait les événements de Bolivie en plaçant au centre Ernesto Guevara de la Serna, Christophe Dimitri Réveille choisit de déplacer la focale et de consacrer son histoire à une partie des guérilleros qui ont accompagné le Che (six d'entre eux). Le documentaire est composé d'un mélange d'images d'actualités, d'entretiens réalisés au début des années 2000, en plusieurs fois... et de scènes d'animation, grâce auxquelles on revit les épisodes les plus marquants.
Le film démarre par les derniers combats du Che (ceux de 1967), au cœur de la forêt bolivienne. Le témoignage des rescapés est notamment croisé avec celui d'un ancien agent de la CIA, Félix Rodriguez, un Cubain anticastriste, naturalisé américain, que l'on voit parfois sur certaines photographies prises à cette époque. Toutefois, malgré ce contrepoint fort bienvenu, on ne peut pas dire que le film adopte un ton équilibré. Il penche très nettement en faveur des militants communistes, sans toutefois passer sous silence les tensions internes au camp pro-soviétique. La face états-unienne est elle évoquée de manière succincte, sans nuance.
La suite est d'abord composée de retours en arrière, montrant l'origine de l'engagement des témoins, ou leur premier contact avec Guevara. L'un des futurs guérilleros se fait remarquer par son endurance, ce qui le rend précieux pour transmettre des messages à (très) longue distance. Certaines des images montrent les premiers temps de la révolution cubaine. Il faut attendre longtemps pour qu'émerge une ébauche de critique envers le régime de Fidel Castro. Guevara est épargné. On ne touche pas à l'icône.
Cela n'en est pas moins passionnant. Le choix d'introduire des scènes animées rend le documentaire plus agréable à regarder (l'accumulation de témoignages, le plus souvent en espagnol, finissant par lasser). On est véritablement plongé dans la forêt tropicale, où l'on suit les pérégrinations du groupe de rescapés (qui avait été placé en position de retrait, un peu en hauteur, ce qui lui a permis, dans un premier temps, d'échapper aux troupes boliviennes).
Les témoignages de ces papys (ex)révolutionnaires sont parfois poignants, notamment quand ils décrivent leurs conditions de vie (précaires), les efforts (gigantesques) qu'ils ont fournis... ou la mort de l'un d'entre eux, la règle étant de ne pas tomber vivant entre les mains des militaires boliviens (en particulier les rangers).
Outre le courage, il a fallu déployer de l'ingéniosité pour échapper aux poursuivants... et parfois bénéficier de complicités villageoises. Le petit escadron est composé de Cubains et de Boliviens communistes. Tous sont évidemment hispanophones mais, dans la zone rurale où les guérilleros communistes ont été envoyés, les habitants parlent plutôt l'une des langues amérindiennes, principalement le quechua, que les combattants ont donc appris... sauf que la petite troupe a finalement été débarquée plus au sud que prévu, pas très loin des frontières argentine et paraguayenne, où les communautés villageoises parlent le guarani. Pas facile de communiquer donc, surtout quand les paysans sont peu sensibles aux idéologies révolutionnaires.
(Le documentaire attribue -partiellement- l'échec de la mission Guevara au fait que les communistes boliviens, plutôt citadins, n'ont pas vraiment soutenu la guérilla et que Moscou ne voyait pas d'un bon œil le prestige grandissant dont bénéficiait le Che... mais, même si la Bolivie était devenue une dictature militaire en 1964, elle avait auparavant connu une douzaine d'années de gouvernements de gauche, avec une réforme agraire. Pour se déployer, le communisme a besoin que la population soit maintenue dans la misère, sans espoir. La Bolivie n'était sans doute pas le "bon terrain de jeu" pour une guérilla rurale.)
Les spectateurs français seront peut-être surpris de l'importance accordée à notre pays dans le documentaire. C'est d'abord dû aux liens qu'a entretenus l'écrivain Régis Debray avec les castristes. Son incarcération en Bolivie a provoqué l'intervention du gouvernement français (sous la présidence de Charles de Gaulle), pour lui éviter l'exécution... enfin, ça, c'est la version "officielle". La version officieuse est que Debray, interrogé par les Boliviens et des agents de la CIA, se serait montré plutôt "coopératif".
Quoi qu'il en soit, cet épisode est l'occasion d'évoquer le prestige dont pouvaient jouir les Français à cette époque en Amérique latine. En 1964, Charles de Gaulle y avait effectué une tournée quasi triomphale (comme le rapporte l'émission Concordance des temps diffusée ce samedi matin, sur France Culture). La revendication d'une politique d'indépendance nationale, qui impliquait la dénonciation des impérialismes soviétique et américain (tout en restant dans le Bloc occidental), a suscité une certaine ferveur de l'autre côté de l'Atlantique.
C'est par le Chili que les derniers rescapés ont pu fuir la Bolivie. Ce fut une véritable expédition. A l'arrivée, ils furent aidés par le chef de l'opposition au gouvernement chilien, le socialiste Salvador Allende, qui continua d'entretenir des liens avec la mouvance castro-guévariste une fois devenu président du Chili, en 1970. (Il fut, rappelons-le, renversé par coup d’État, le 11 septembre 1973. Il n'est pas impossible que l'aide apportée par ce légaliste à des révolutionnaires perçus à Washington comme extrêmement dangereux ait décidé les Etats-Unis à soutenir Pinochet, par l'entremise de la CIA.)
La fin est consacrée à la vie des rescapés, durant les décennies suivantes, à Cuba, en Bolivie de nouveau... ou en France (où l'un d'entre eux a émigré). Ils sont presque tous morts aujourd'hui.
11:47 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Les Survivants du Che
Dix-sept ans après le film de Steven Soderbergh (Che 2 - Guérilla), qui racontait les événements de Bolivie en plaçant au centre Ernesto Guevara de la Serna, Christophe Dimitri Réveille choisit de déplacer la focale et de consacrer son histoire à une partie des guérilleros qui ont accompagné le Che (six d'entre eux). Le documentaire est composé d'un mélange d'images d'actualités, d'entretiens réalisés au début des années 2000, en plusieurs fois... et de scènes d'animation, grâce auxquelles on revit les épisodes les plus marquants.
Le film démarre par les derniers combats du Che (ceux de 1967), au cœur de la forêt bolivienne. Le témoignage des rescapés est notamment croisé avec celui d'un ancien agent de la CIA, Félix Rodriguez, un Cubain anticastriste, naturalisé américain, que l'on voit parfois sur certaines photographies prises à cette époque. Toutefois, malgré ce contrepoint fort bienvenu, on ne peut pas dire que le film adopte un ton équilibré. Il penche très nettement en faveur des militants communistes, sans toutefois passer sous silence les tensions internes au camp pro-soviétique. La face états-unienne est elle évoquée de manière succincte, sans nuance.
La suite est d'abord composée de retours en arrière, montrant l'origine de l'engagement des témoins, ou leur premier contact avec Guevara. L'un des futurs guérilleros se fait remarquer par son endurance, ce qui le rend précieux pour transmettre des messages à (très) longue distance. Certaines des images montrent les premiers temps de la révolution cubaine. Il faut attendre longtemps pour qu'émerge une ébauche de critique envers le régime de Fidel Castro. Guevara est épargné. On ne touche pas à l'icône.
Cela n'en est pas moins passionnant. Le choix d'introduire des scènes animées rend le documentaire plus agréable à regarder (l'accumulation de témoignages, le plus souvent en espagnol, finissant par lasser). On est véritablement plongé dans la forêt tropicale, où l'on suit les pérégrinations du groupe de rescapés (qui avait été placé en position de retrait, un peu en hauteur, ce qui lui a permis, dans un premier temps, d'échapper aux troupes boliviennes).
Les témoignages de ces papys (ex)révolutionnaires sont parfois poignants, notamment quand ils décrivent leurs conditions de vie (précaires), les efforts (gigantesques) qu'ils ont fournis... ou la mort de l'un d'entre eux, la règle étant de ne pas tomber vivant entre les mains des militaires boliviens (en particulier les rangers).
Outre le courage, il a fallu déployer de l'ingéniosité pour échapper aux poursuivants... et parfois bénéficier de complicités villageoises. Le petit escadron est composé de Cubains et de Boliviens communistes. Tous sont évidemment hispanophones mais, dans la zone rurale où les guérilleros communistes ont été envoyés, les habitants parlent plutôt l'une des langues amérindiennes, principalement le quechua, que les combattants ont donc appris... sauf que la petite troupe a finalement été débarquée plus au sud que prévu, pas très loin des frontières argentine et paraguayenne, où les communautés villageoises parlent le guarani. Pas facile de communiquer donc, surtout quand les paysans sont peu sensibles aux idéologies révolutionnaires.
(Le documentaire attribue -partiellement- l'échec de la mission Guevara au fait que les communistes boliviens, plutôt citadins, n'ont pas vraiment soutenu la guérilla et que Moscou ne voyait pas d'un bon œil le prestige grandissant dont bénéficiait le Che... mais, même si la Bolivie était devenue une dictature militaire en 1964, elle avait auparavant connu une douzaine d'années de gouvernements de gauche, avec une réforme agraire. Pour se déployer, le communisme a besoin que la population soit maintenue dans la misère, sans espoir. La Bolivie n'était sans doute pas le "bon terrain de jeu" pour une guérilla rurale.)
Les spectateurs français seront peut-être surpris de l'importance accordée à notre pays dans le documentaire. C'est d'abord dû aux liens qu'a entretenus l'écrivain Régis Debray avec les castristes. Son incarcération en Bolivie a provoqué l'intervention du gouvernement français (sous la présidence de Charles de Gaulle), pour lui éviter l'exécution... enfin, ça, c'est la version "officielle". La version officieuse est que Debray, interrogé par les Boliviens et des agents de la CIA, se serait montré plutôt "coopératif".
Quoi qu'il en soit, cet épisode est l'occasion d'évoquer le prestige dont pouvaient jouir les Français à cette époque en Amérique latine. En 1964, Charles de Gaulle y avait effectué une tournée quasi triomphale (comme le rapporte l'émission Concordance des temps diffusée ce samedi matin, sur France Culture). La revendication d'une politique d'indépendance nationale, qui impliquait la dénonciation des impérialismes soviétique et américain (tout en restant dans le Bloc occidental), a suscité une certaine ferveur de l'autre côté de l'Atlantique.
C'est par le Chili que les derniers rescapés ont pu fuir la Bolivie. Ce fut une véritable expédition. A l'arrivée, ils furent aidés par le chef de l'opposition au gouvernement chilien, le socialiste Salvador Allende, qui continua d'entretenir des liens avec la mouvance castro-guévariste une fois devenu président du Chili, en 1970. (Il fut, rappelons-le, renversé par coup d’État, le 11 septembre 1973. Il n'est pas impossible que l'aide apportée par ce légaliste à des révolutionnaires perçus à Washington comme extrêmement dangereux ait décidé les Etats-Unis à soutenir Pinochet, par l'entremise de la CIA.)
La fin est consacrée à la vie des rescapés, durant les décennies suivantes, à Cuba, en Bolivie de nouveau... ou en France (où l'un d'entre eux a émigré). Ils sont presque tous morts aujourd'hui.
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mercredi, 16 septembre 2026
Resident Evil
Les producteurs de cette resucée de films d'épouvante ne sont pas très clairs quant au statut de l’œuvre. S'agit-il d'une relance de la franchise (un reboot, en langage hollywoodien) ? D'une histoire dérivée (un spin-off) ? D'une suite qui ne dit pas son nom, en attendant de pouvoir recruter quelques-uns des anciens protagonistes ?
Il n'y a donc pas de Mila Jovovich à l'horizon mais, derrière la caméra se trouve Zach Cregger, que j'ai découvert l'an dernier avec Évanouis. Il appartient à une intéressante nouvelle génération de cinéastes de l'horreur, en compagnie notamment d'Osgood Perkins (Longlegs, The Monkey) et de Kane Parsons (Backrooms).
Le héros Bryan est un jeune homme d'origine modeste, coursier médical, qui semble bien mener sa petite vie sans histoire, entre son boulot et sa copine. (Il est interprété par Austin Abrams, que l'on verra bientôt dans Englouti.) Chez les Anglo-Saxons, on parlerait de nice guy, un type sympa, sans prétention, qui évite les ennuis. Quand il livre un hôpital, il a toujours un haut-le-cœur devant les blessures des patients qu'il croise. La perspective d'être père lui paraît une montagne infranchissable. Du coup, il repousse l'inévitable discussion avec sa petite amie. La nuit qu'il est sur le point de vivre va bouleverser toutes ses certitudes.
L'un des intérêts de ce film est de montrer un individu réellement ordinaire plongé dans une situation extraordinaire. Il ne va pas faire preuve d'héroïsme, mais de débrouillardise (et d'un peu de courage). Le gentil garçon n'est pas taillé comme un athlète et il peine à se servir d'une arme. Il va devoir apprendre vite, s'il veut survivre.
Les scénaristes ont calqué leur intrigue sur le déroulement d'un jeu vidéo. A chaque bifurcation narrative correspond une épreuve, tout le temps horrifique. Ainsi, Bryan va être successivement confronté à :
- la femme de la route
(increvable)
- le chien de la grange
(gueule d'ange)
- la maison isolée
(habitée)
- le camping-car du tunnel
(où l'on peut se faire rouler)
- le monstre du garage
(taquin)
- les pièges des égouts
(peu ragoûtants)
- les zombies des toits
(écrase-moi si tu peux)
- les surprises de l'ascenseur
(à vomir)
- les dangers de la passerelle
(vertigineux)
- les affres de la maternité
(idéal pour un futur papa)
Cela se conclut dans un labo ultra-sécurisé... d'où s'est pourtant échappé un virus ultra-dangereux. Ce parcours du combattant mélange épouvante traditionnelle, clichés (certains personnages faisant ce qu'il ne faut absolument pas faire)... et humour. Bryan est souvent maladroit dans ses efforts désespérés pour échapper au pire (et effectuer sa précieuse livraison). C'est drôle quand il rate... et parfois même aussi quand il réussit ! Le réalisateur, malin, ne nous permet pas toujours de deviner si la scène gore qu'il s'apprête à nous servir est à double sens.
C'est techniquement bien fait et ça ne dure pas très longtemps. Après une journée de boulot, ça "dépayse".
23:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Resident Evil
Les producteurs de cette resucée de films d'épouvante ne sont pas très clairs quant au statut de l’œuvre. S'agit-il d'une relance de la franchise (un reboot, en langage hollywoodien) ? D'une histoire dérivée (un spin-off) ? D'une suite qui ne dit pas son nom, en attendant de pouvoir recruter quelques-uns des anciens protagonistes ?
Il n'y a donc pas de Mila Jovovich à l'horizon mais, derrière la caméra se trouve Zach Cregger, que j'ai découvert l'an dernier avec Évanouis. Il appartient à une intéressante nouvelle génération de cinéastes de l'horreur, en compagnie notamment d'Osgood Perkins (Longlegs, The Monkey) et de Kane Parsons (Backrooms).
Le héros Bryan est un jeune homme d'origine modeste, coursier médical, qui semble bien mener sa petite vie sans histoire, entre son boulot et sa copine. (Il est interprété par Austin Abrams, que l'on verra bientôt dans Englouti.) Chez les Anglo-Saxons, on parlerait de nice guy, un type sympa, sans prétention, qui évite les ennuis. Quand il livre un hôpital, il a toujours un haut-le-cœur devant les blessures des patients qu'il croise. La perspective d'être père lui paraît une montagne infranchissable. Du coup, il repousse l'inévitable discussion avec sa petite amie. La nuit qu'il est sur le point de vivre va bouleverser toutes ses certitudes.
L'un des intérêts de ce film est de montrer un individu réellement ordinaire plongé dans une situation extraordinaire. Il ne va pas faire preuve d'héroïsme, mais de débrouillardise (et d'un peu de courage). Le gentil garçon n'est pas taillé comme un athlète et il peine à se servir d'une arme. Il va devoir apprendre vite, s'il veut survivre.
Les scénaristes ont calqué leur intrigue sur le déroulement d'un jeu vidéo. A chaque bifurcation narrative correspond une épreuve, tout le temps horrifique. Ainsi, Bryan va être successivement confronté à :
- la femme de la route
(increvable)
- le chien de la grange
(gueule d'ange)
- la maison isolée
(habitée)
- le camping-car du tunnel
(où l'on peut se faire rouler)
- le monstre du garage
(taquin)
- les pièges des égouts
(peu ragoûtants)
- les zombies des toits
(écrase-moi si tu peux)
- les surprises de l'ascenseur
(à vomir)
- les dangers de la passerelle
(vertigineux)
- les affres de la maternité
(idéal pour un futur papa)
Cela se conclut dans un labo ultra-sécurisé... d'où s'est pourtant échappé un virus ultra-dangereux. Ce parcours du combattant mélange épouvante traditionnelle, clichés (certains personnages faisant ce qu'il ne faut absolument pas faire)... et humour. Bryan est souvent maladroit dans ses efforts désespérés pour échapper au pire (et effectuer sa précieuse livraison). C'est drôle quand il rate... et parfois même aussi quand il réussit ! Le réalisateur, malin, ne nous permet pas toujours de deviner si la scène gore qu'il s'apprête à nous servir est à double sens.
C'est techniquement bien fait et ça ne dure pas très longtemps. Après une journée de boulot, ça "dépayse".
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dimanche, 13 septembre 2026
Le Bon, la brute et... le cinglé
Dans cet été qui ne finit pas, les bonnes surprises se succèdent, plutôt du côté des rééditions. Ainsi, alors qu'au mois d'août nous avons eu droit à la version restaurée du film de Sergio Leone, voici que redébarque sur nos écrans son adaptation (un brin parodique) sud-coréenne, initialement sortie en 2008.
A l'époque, je ne l'avais pas chroniquée. D'après ce que je me rappelle, j'avais été plutôt déçu par la projection, considérant que, même si le film n'était pas sans qualité, il était loin d'égaler son modèle. La critique nous l'avait un peu survendu.
Mais, récemment, mû par la curiosité (et pas franchement emballé par le florilège déprimant qui nous est servi en cette rentrée), j'ai retenté ma chance... et je ne l'ai pas regretté.
Certes, dès le début, j'ai retrouvé cette volonté, de la part du réalisateur (Kim Jee-Woon, auquel on doit, entre autres, A Bittersweet Life et Ça tourne à Séoul !), d'imposer un rythme trépidant, grâce notamment à un montage particulièrement haché. Mais, presque vingt ans plus tard, alors que nombre de cinéastes ont cédé à la tentation du plan-seconde, cette frénésie apparaît toute relative...
... et elle éloigne Kim de son modèle. En effet, Sergio Leone, lui, était capable de construire de magnifiques plans-séquences, parfois sans le moindre dialogue. Ici, on a droit qu'à quelques panoramiques.
Du côté des personnages principaux, c'est encore plus caricatural que chez Leone. Le Bon est un joli jeune homme du genre taiseux (et qui fume), mais l'acteur qui l'interprète n'a pas le charisme de Clint. La Brute semble tout droit sorti d'un défilé de mode. Il est abominablement cruel, sans le moindre scrupule. C'est déjà ça. (Comme à celui qui est incarné par Lee Van Cleef, il manque un morceau de doigt. Leone n'a pas fait grand chose de cette particularité physique -méconnue- de son acteur, alors que Kim a construit un arc narratif autour.)
Le véritable héros est le Cinglé, personnage de prime abord comique, auquel le public est censé davantage adhérer. La version sud-coréenne développe différents aspects de sa personnalité, qui détourne un peu l'histoire de son modèle italo-états-unien. Ce n'est pas mal du tout.
Une autre originalité de ce film-ci est son contexte historico-géographique. Au public occidental de base, il apparaîtra aussi nébuleux que peut l'être la Guerre de Sécession aux yeux d'un Coréen.
Le far-west asiatique est la Mandchourie (devenue le Mandchoukuo), un territoire objet de multiples convoitises : russe, chinoise, mongole, coréenne... et japonaise. Dans les années 1930 (avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale), l'armée du Pays du soleil levant impose peu à peu sa domination, entraînant à sa suite une foule de Coréens, issus d'un territoire qui est à l'époque une colonie japonaise.
Voilà pourquoi dans ce film le "trésor" pour lequel tant d'hommes sont prêts à s'entretuer est convoité par une tribu mandchoue, un gang coréen, les Chinois (ceux de Tchang Kaï-chek), un vieux collabo coréen, l'armée japonaise, nos trois héros... et les indépendantistes coréens, qui estiment que ce "trésor" pourrait faire basculer la guerre.
On découvre le fin mot de l'histoire au cours de la reprise du "duel à trois". Elle est plus brouillonne que chez Leone, mais elle réserve de belles surprises.
21:22 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Le Bon, la brute et... le cinglé
Dans cet été qui ne finit pas, les bonnes surprises se succèdent, plutôt du côté des rééditions. Ainsi, alors qu'au mois d'août nous avons eu droit à la version restaurée du film de Sergio Leone, voici que redébarque sur nos écrans son adaptation (un brin parodique) sud-coréenne, initialement sortie en 2008.
A l'époque, je ne l'avais pas chroniquée. D'après ce que je me rappelle, j'avais été plutôt déçu par la projection, considérant que, même si le film n'était pas sans qualité, il était loin d'égaler son modèle. La critique nous l'avait un peu survendu.
Mais, récemment, mû par la curiosité (et pas franchement emballé par le florilège déprimant qui nous est servi en cette rentrée), j'ai retenté ma chance... et je ne l'ai pas regretté.
Certes, dès le début, j'ai retrouvé cette volonté, de la part du réalisateur (Kim Jee-Woon, auquel on doit, entre autres, A Bittersweet Life et Ça tourne à Séoul !), d'imposer un rythme trépidant, grâce notamment à un montage particulièrement haché. Mais, presque vingt ans plus tard, alors que nombre de cinéastes ont cédé à la tentation du plan-seconde, cette frénésie apparaît toute relative...
... et elle éloigne Kim de son modèle. En effet, Sergio Leone, lui, était capable de construire de magnifiques plans-séquences, parfois sans le moindre dialogue. Ici, on a droit qu'à quelques panoramiques.
Du côté des personnages principaux, c'est encore plus caricatural que chez Leone. Le Bon est un joli jeune homme du genre taiseux (et qui fume), mais l'acteur qui l'interprète n'a pas le charisme de Clint. La Brute semble tout droit sorti d'un défilé de mode. Il est abominablement cruel, sans le moindre scrupule. C'est déjà ça. (Comme à celui qui est incarné par Lee Van Cleef, il manque un morceau de doigt. Leone n'a pas fait grand chose de cette particularité physique -méconnue- de son acteur, alors que Kim a construit un arc narratif autour.)
Le véritable héros est le Cinglé, personnage de prime abord comique, auquel le public est censé davantage adhérer. La version sud-coréenne développe différents aspects de sa personnalité, qui détourne un peu l'histoire de son modèle italo-états-unien. Ce n'est pas mal du tout.
Une autre originalité de ce film-ci est son contexte historico-géographique. Au public occidental de base, il apparaîtra aussi nébuleux que peut l'être la Guerre de Sécession aux yeux d'un Coréen.
Le far-west asiatique est la Mandchourie (devenue le Mandchoukuo), un territoire objet de multiples convoitises : russe, chinoise, mongole, coréenne... et japonaise. Dans les années 1930 (avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale), l'armée du Pays du soleil levant impose peu à peu sa domination, entraînant à sa suite une foule de Coréens, issus d'un territoire qui est à l'époque une colonie japonaise.
Voilà pourquoi dans ce film le "trésor" pour lequel tant d'hommes sont prêts à s'entretuer est convoité par une tribu mandchoue, un gang coréen, les Chinois (ceux de Tchang Kaï-chek), un vieux collabo coréen, l'armée japonaise, nos trois héros... et les indépendantistes coréens, qui estiment que ce "trésor" pourrait faire basculer la guerre.
On découvre le fin mot de l'histoire au cours de la reprise du "duel à trois". Elle est plus brouillonne que chez Leone, mais elle réserve de belles surprises.
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samedi, 12 septembre 2026
Akira
L'été 2026 aura donc été celui des ressorties de qualité, notamment dans le domaine de l'animation. Après Ghost in the Shell (en juin dernier), après Le Tombeau des lucioles et Cowboy Bebop (en juillet), c'est au tour du "grand frère" des longs-métrages d'animation japonaise pour adultes, que j'ai découvert il y a plus de trente ans...
La (petite) salle était copieusement garnie, en majorité de personnes âgées de 50 à 70 ans, quelques adolescents et jeunes adultes s'étant glissés au milieu.
Très bien restauré, le film a conservé toute sa force, d'abord parce qu'il ne propose pas une intrigue édulcorée. Dans un Japon futuriste (vu de l'époque), on découvre de jeunes hommes adeptes des courses de motos, de bastons... et, sans doute aussi, pour certains d'entre eux, de drogue(s). La rivalité entre deux gangs de Néo-Tokyo percute une tout autre histoire, celle d'enfants-cobayes, qui tentent d'échapper à leurs geôliers militaires, tandis que d'autres sont "recrutés" (de force).
Dans le même temps, la capitale japonaise est secouée par un mouvement social et les agissements d'une secte millénariste, qui place son salut dans le retour de Jésus François Hollande d'Akira, un personnage mythique, aux pouvoirs surnaturels, que les militaires ont jadis fait disparaître de la circulation.
Je me suis replongé avec délice dans cette intrigue sinueuse, foisonnante, servie par une animation de qualité, inventive, parfois virtuose. Une multitude de thématiques s'entremêlent : amitié, (début de) romance, corruption politique, complot militaire, guerre atomique, expériences scientifiques, inégalités sociales... A l'arrière-plan, on perçoit les séquelles du traumatisme subi par le Japon pendant sa période militariste (sous Hiro Hito), jusqu'aux bombardements nucléaires de 1945. Aux métastases nées de l'irradiation répondent celles du cancer politique d'une société qui semble avoir perdu sa boussole.
Je signale tout de même que, si l'animation (qui a presque quarante ans !) est de qualité, elle n'est pas visible par tous. La violence n'est nullement atténuée et l'on ne nous épargne ni les giclées de sang, ni les amputations et diverses mutations, conséquences des poussées de violence provoquées par différents personnages. C'est aussi une leçon de cette histoire : la possession d'un pouvoir (politique, économique, surnaturel...) peut être une malédiction, si l'on en fait mauvais usage.
17:27 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Akira
L'été 2026 aura donc été celui des ressorties de qualité, notamment dans le domaine de l'animation. Après Ghost in the Shell (en juin dernier), après Le Tombeau des lucioles et Cowboy Bebop (en juillet), c'est au tour du "grand frère" des longs-métrages d'animation japonaise pour adultes, que j'ai découvert il y a plus de trente ans...
La (petite) salle était copieusement garnie, en majorité de personnes âgées de 50 à 70 ans, quelques adolescents et jeunes adultes s'étant glissés au milieu.
Très bien restauré, le film a conservé toute sa force, d'abord parce qu'il ne propose pas une intrigue édulcorée. Dans un Japon futuriste (vu de l'époque), on découvre de jeunes hommes adeptes des courses de motos, de bastons... et, sans doute aussi, pour certains d'entre eux, de drogue(s). La rivalité entre deux gangs de Néo-Tokyo percute une tout autre histoire, celle d'enfants-cobayes, qui tentent d'échapper à leurs geôliers militaires, tandis que d'autres sont "recrutés" (de force).
Dans le même temps, la capitale japonaise est secouée par un mouvement social et les agissements d'une secte millénariste, qui place son salut dans le retour de Jésus François Hollande d'Akira, un personnage mythique, aux pouvoirs surnaturels, que les militaires ont jadis fait disparaître de la circulation.
Je me suis replongé avec délice dans cette intrigue sinueuse, foisonnante, servie par une animation de qualité, inventive, parfois virtuose. Une multitude de thématiques s'entremêlent : amitié, (début de) romance, corruption politique, complot militaire, guerre atomique, expériences scientifiques, inégalités sociales... A l'arrière-plan, on perçoit les séquelles du traumatisme subi par le Japon pendant sa période militariste (sous Hiro Hito), jusqu'aux bombardements nucléaires de 1945. Aux métastases nées de l'irradiation répondent celles du cancer politique d'une société qui semble avoir perdu sa boussole.
Je signale tout de même que, si l'animation (qui a presque quarante ans !) est de qualité, elle n'est pas visible par tous. La violence n'est nullement atténuée et l'on ne nous épargne ni les giclées de sang, ni les amputations et diverses mutations, conséquences des poussées de violence provoquées par différents personnages. C'est aussi une leçon de cette histoire : la possession d'un pouvoir (politique, économique, surnaturel...) peut être une malédiction, si l'on en fait mauvais usage.
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vendredi, 11 septembre 2026
Pressure
Cette pression est à la fois mentale (s'exerçant sur l'esprit des décideurs, comme le général Eisenhower, ou des météorologues, comme le héros) et physique (quand elle est atmosphérique). Voici donc les prémices du Débarquement de Normandie vus sous l'angle de l'analyse des vents, de l'hygrométrie et des précipitations.
Au début, la caractérisation des personnages m'a paru trop abrupte, opposant notamment le météorologue écossais, posé, coincé, un brin tristounet.... et un peu cassant (peut-être par timidité) à son collègue américain, extraverti, jovial, bringueur, charmeur. Mais Andrew Scott et Chris Messina finissent par emporter le morceau. (Le premier est un visage connu des téléphiles, puisqu'il incarna naguère Moriarty dans la série Sherlock, face à Benedict Cumberbatch.)
La mise en scène n'est pas dégueulasse. J'ai été cueilli par la séquence de la simulation ratée d'un débarquement (l'Opération Tiger, qui ne s'est toutefois pas déroulée comme cela est raconté dans le film), conclue de manière tragique et évoquée avec force. Plus tard, c'est un inattendu coup de fil qui nous prend aux tripes (et nous maintient en haleine jusqu'à la fin).
A part cela, l'intrigue est menée de manière assez classique, avec un héros un peu solitaire, qui a raison contre presque tout le monde, qui va quand même trouver un peu de soutien et dont l'obstination et la compétence finissent par rendre de grands services... et être reconnus.
C'est donc d'abord un film psychologique... mais je rassure les amateurs d'action : on nous a préparé une petite séquence style Il faut sauver le soldat Ryan. C'est donc aussi un hommage à ces dizaines de milliers de jeunes hommes qui ont risqué (voire perdu) leur vie pour libérer la France du joug nazi (et éviter qu'elle ne tombe éventuellement sous celui de Staline).
Dans ce monde de casquettes, de bretelles et de couilles velues, les femmes ne sont pas absentes. Elles occupent plutôt l'arrière-plan, sauf Kay Summersby (interprétée par Kerry Condon), la secrétaire particulière d'Eisenhower, qui fut aussi son chauffeur... et sans doute sa maîtresse. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de Susan Travers, compagne du général Koenig, aperçue dans La Bataille de Gaulle - L'âge de fer.
En revanche, il est un personnage, présent dans Pressure comme dans le second volume de la fresque gaullienne (J'écris ton nom), que l'on découvre sous deux angles totalement différents : le général (britannique) Bernard Montgomery. En effet, la vision française de la guerre du désert libyen le montre épaulant les FFL (leur sauvant sans doute la mise), alors que, dans Pressure, il apparaît comme un type aveuglé par son arrogance.
23:07 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, histoire
Pressure
Cette pression est à la fois mentale (s'exerçant sur l'esprit des décideurs, comme le général Eisenhower, ou des météorologues, comme le héros) et physique (quand elle est atmosphérique). Voici donc les prémices du Débarquement de Normandie vus sous l'angle de l'analyse des vents, de l'hygrométrie et des précipitations.
Au début, la caractérisation des personnages m'a paru trop abrupte, opposant notamment le météorologue écossais, posé, coincé, un brin tristounet.... et un peu cassant (peut-être par timidité) à son collègue américain, extraverti, jovial, bringueur, charmeur. Mais Andrew Scott et Chris Messina finissent par emporter le morceau. (Le premier est un visage connu des téléphiles, puisqu'il incarna naguère Moriarty dans la série Sherlock, face à Benedict Cumberbatch.)
La mise en scène n'est pas dégueulasse. J'ai été cueilli par la séquence de la simulation ratée d'un débarquement (l'Opération Tiger, qui ne s'est toutefois pas déroulée comme cela est raconté dans le film), conclue de manière tragique et évoquée avec force. Plus tard, c'est un inattendu coup de fil qui nous prend aux tripes (et nous maintient en haleine jusqu'à la fin).
A part cela, l'intrigue est menée de manière assez classique, avec un héros un peu solitaire, qui a raison contre presque tout le monde, qui va quand même trouver un peu de soutien et dont l'obstination et la compétence finissent par rendre de grands services... et être reconnus.
C'est donc d'abord un film psychologique... mais je rassure les amateurs d'action : on nous a préparé une petite séquence style Il faut sauver le soldat Ryan. C'est donc aussi un hommage à ces dizaines de milliers de jeunes hommes qui ont risqué (voire perdu) leur vie pour libérer la France du joug nazi (et éviter qu'elle ne tombe éventuellement sous celui de Staline).
Dans ce monde de casquettes, de bretelles et de couilles velues, les femmes ne sont pas absentes. Elles occupent plutôt l'arrière-plan, sauf Kay Summersby (interprétée par Kerry Condon), la secrétaire particulière d'Eisenhower, qui fut aussi son chauffeur... et sans doute sa maîtresse. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de Susan Travers, compagne du général Koenig, aperçue dans La Bataille de Gaulle - L'âge de fer.
En revanche, il est un personnage, présent dans Pressure comme dans le second volume de la fresque gaullienne (J'écris ton nom), que l'on découvre sous deux angles totalement différents : le général (britannique) Bernard Montgomery. En effet, la vision française de la guerre du désert libyen le montre épaulant les FFL (leur sauvant sans doute la mise), alors que, dans Pressure, il apparaît comme un type aveuglé par son arrogance.
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dimanche, 06 septembre 2026
Tad l'explorateur et la lampe magique
Ce long-métrage d'animation espagnol est le quatrième évoquant les aventures d'un apprenti-archéologue, au départ pas très doué, mais qui, à force de maladresses, de courage, d'acharnement... et de chance, finit par effectuer de fantastiques découvertes.
Autour de lui s'est constituée une étrange famille. Au coeur de celle-ci se trouve la compagne de Tad, Sara Lavrof, authentique (et rigoureuse) archéologue, rencontrée dans le premier volet et dont le héros est tombé éperdument amoureux. Comme c'était réciproque, le couple s'est formé... et, pour ces quatrièmes aventures, il s'est agrandi d'une progéniture, une petite fille au caractère déjà bien affirmé.
Autour de ce trio gravitent un chien stupide, un perroquet ara qui, au départ, ne s'exprime que par pancarte (avec des émoticônes toujours savoureuses...)... et (nouveauté de l'épisode) un petit robot archéologue, aux ressources insoupçonnées.
Pour compléter le tableau familial, il convient d'ajouter les deux "meilleurs amis" du couple. Le plus ancien (mais pas le plus vieux !), rencontré dès le premier épisode, est une momie inca, surnommé Mummy... et parfois appelé Mommy, dans la version originale, par la gamine, qui s'est prise d'affection pour cette survivance d'une civilisation (en partie) disparue. Depuis l'épisode précédent (Tad l'explorateur et la table d'émeraude, qui a récemment été diffusé à la télévision), une Égyptienne très très bien conservée a rejoint la troupe : Ramona Ra Amon Ah, avec des espaces.
Tout ce petit monde est très bien doublé en français. De surcroît, dans la VF du dernier épisode, les héros rencontrent le "génie de la lampe", qui a la voix de... Chantal Ladesou. L'irruption de ce personnage fantasque vaut son pesant d'huile d'olive !
Confrontés au descendant du sultan turc Soliman le Magnifique (puis à Soliman lui-même, une fois transportés dans le passé), les héros tentent d'empêcher le tyran d'acquérir un pouvoir fabuleux... et de remédier aux bêtises de Mummy, la momie inca accro au smartphone accumulant les bévues...
Au départ, c'est une parodie d'Indiana Jones et de Benjamin Gates, destinée aux enfants. Les auteurs y ont mêlé des références à Star Wars, à Titanic... et même à Mad Max Fury Road ! J'ajoute qu'une des meilleures séquences voit la petite troupe s'introduire dans Buckingham Palace. On peut y croiser le roi Charles III mais, surtout, une redoutable (mais sympathique) bande de quadrupèdes. Cerise sur le gâteau : les auteurs ont réussi leur conclusion, qui joue sur le paradoxe temporel. (Je dois dire que je n'ai pas été insensible à la mise en scène de l'attachement père-fille.)
Les enfants rient aux péripéties et les adultes savourent les clins d’œil. Cela dure à peine plus d'1h30 et l'on passe un bon moment... au frais, la canicule étant (temporairement) de retour dans le Sud-Ouest.
P.S.
Certaines coïncidences sont parfois troublantes. La séance de cinéma fut suivie d'un repas au restaurant. Nous en étions au dessert lorsqu'un couple entra dans l'établissement, tenant en laisse... un corgi ! Saperlipopette !
14:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Tad l'explorateur et la lampe magique
Ce long-métrage d'animation espagnol est le quatrième évoquant les aventures d'un apprenti-archéologue, au départ pas très doué, mais qui, à force de maladresses, de courage, d'acharnement... et de chance, finit par effectuer de fantastiques découvertes.
Autour de lui s'est constituée une étrange famille. Au coeur de celle-ci se trouve la compagne de Tad, Sara Lavrof, authentique (et rigoureuse) archéologue, rencontrée dans le premier volet et dont le héros est tombé éperdument amoureux. Comme c'était réciproque, le couple s'est formé... et, pour ces quatrièmes aventures, il s'est agrandi d'une progéniture, une petite fille au caractère déjà bien affirmé.
Autour de ce trio gravitent un chien stupide, un perroquet ara qui, au départ, ne s'exprime que par pancarte (avec des émoticônes toujours savoureuses...)... et (nouveauté de l'épisode) un petit robot archéologue, aux ressources insoupçonnées.
Pour compléter le tableau familial, il convient d'ajouter les deux "meilleurs amis" du couple. Le plus ancien (mais pas le plus vieux !), rencontré dès le premier épisode, est une momie inca, surnommé Mummy... et parfois appelé Mommy, dans la version originale, par la gamine, qui s'est prise d'affection pour cette survivance d'une civilisation (en partie) disparue. Depuis l'épisode précédent (Tad l'explorateur et la table d'émeraude, qui a récemment été diffusé à la télévision), une Égyptienne très très bien conservée a rejoint la troupe : Ramona Ra Amon Ah, avec des espaces.
Tout ce petit monde est très bien doublé en français. De surcroît, dans la VF du dernier épisode, les héros rencontrent le "génie de la lampe", qui a la voix de... Chantal Ladesou. L'irruption de ce personnage fantasque vaut son pesant d'huile d'olive !
Confrontés au descendant du sultan turc Soliman le Magnifique (puis à Soliman lui-même, une fois transportés dans le passé), les héros tentent d'empêcher le tyran d'acquérir un pouvoir fabuleux... et de remédier aux bêtises de Mummy, la momie inca accro au smartphone accumulant les bévues...
Au départ, c'est une parodie d'Indiana Jones et de Benjamin Gates, destinée aux enfants. Les auteurs y ont mêlé des références à Star Wars, à Titanic... et même à Mad Max Fury Road ! J'ajoute qu'une des meilleures séquences voit la petite troupe s'introduire dans Buckingham Palace. On peut y croiser le roi Charles III mais, surtout, une redoutable (mais sympathique) bande de quadrupèdes. Cerise sur le gâteau : les auteurs ont réussi leur conclusion, qui joue sur le paradoxe temporel. (Je dois dire que je n'ai pas été insensible à la mise en scène de l'attachement père-fille.)
Les enfants rient aux péripéties et les adultes savourent les clins d’œil. Cela dure à peine plus d'1h30 et l'on passe un bon moment... au frais, la canicule étant (temporairement) de retour dans le Sud-Ouest.
P.S.
Certaines coïncidences sont parfois troublantes. La séance de cinéma fut suivie d'un repas au restaurant. Nous en étions au dessert lorsqu'un couple entra dans l'établissement, tenant en laisse... un corgi ! Saperlipopette !
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dimanche, 30 août 2026
Decorado
Ce film d'animation espagnol est à réserver à un public averti. Il décrit un monde dystopique, violent, dont les habitants vivent dans une sorte de "cité idéale", régie par une puissante firme multinationale, ALMA, présente dans tous les domaines de l'économie, de la fabrication de cintres à la pharmacie, en passant par les médias.
Les héros sont un couple de souris, dont la situation est précaire. Maria est dessinatrice à domicile. Arnold est un ancien ouvrier au chômage, qui traîne toute la journée en robe de chambre, souvent planté devant la télévision, qui diffuse les aventures de Roni Duck (mélange de Donald, Duck, Ronald McDonald... et peut-être John Wayne).
Mais Arnold commence à se poser des questions. Il arrête de prendre ses "gélules du bonheur" (produites par ALMA) et décide d'essayer de savoir si le monde dans lequel il vit n'est pas une grande illusion, un décor ("decorado", en espagnol). Il commence par explorer le bois (réputé dangereux) qui entoure la cité. Lui et quelques amis envisagent d'aller au-delà, grâce à une mystérieuse carte. Mais ils doivent faire attention : un grand hibou menaçant garde les abords de la cité...
On sent diverses influences dans cette histoire : 1984 de George Orwell, le Brazil de Terry Gilliam et même The Truman Show de Peter Weir. Ce n'est pas d'une gaieté folle, mais c'est moins plombant que les précédents films d'Alberto Wázquez, Psiconautas et Unicorn Wars. Sur le fond, c'est une œuvre engagée, de gauche, anticapitaliste, à la sauce européenne (du sud) : le monde dystopique est marqué par un chômage de masse. (Si le film avait été anglo-saxon, on aurait davantage mis en scène des travailleurs pauvres.)
10:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Decorado
Ce film d'animation espagnol est à réserver à un public averti. Il décrit un monde dystopique, violent, dont les habitants vivent dans une sorte de "cité idéale", régie par une puissante firme multinationale, ALMA, présente dans tous les domaines de l'économie, de la fabrication de cintres à la pharmacie, en passant par les médias.
Les héros sont un couple de souris, dont la situation est précaire. Maria est dessinatrice à domicile. Arnold est un ancien ouvrier au chômage, qui traîne toute la journée en robe de chambre, souvent planté devant la télévision, qui diffuse les aventures de Roni Duck (mélange de Donald, Duck, Ronald McDonald... et peut-être John Wayne).
Mais Arnold commence à se poser des questions. Il arrête de prendre ses "gélules du bonheur" (produites par ALMA) et décide d'essayer de savoir si le monde dans lequel il vit n'est pas une grande illusion, un décor ("decorado", en espagnol). Il commence par explorer le bois (réputé dangereux) qui entoure la cité. Lui et quelques amis envisagent d'aller au-delà, grâce à une mystérieuse carte. Mais ils doivent faire attention : un grand hibou menaçant garde les abords de la cité...
On sent diverses influences dans cette histoire : 1984 de George Orwell, le Brazil de Terry Gilliam et même The Truman Show de Peter Weir. Ce n'est pas d'une gaieté folle, mais c'est moins plombant que les précédents films d'Alberto Wázquez, Psiconautas et Unicorn Wars. Sur le fond, c'est une œuvre engagée, de gauche, anticapitaliste, à la sauce européenne (du sud) : le monde dystopique est marqué par un chômage de masse. (Si le film avait été anglo-saxon, on aurait davantage mis en scène des travailleurs pauvres.)
10:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
jeudi, 27 août 2026
The Dog Stars
Ces "étoiles canines" sont celles de la Constellation du Chien, titre du roman éponyme et exemple de la manière dont le héros Hig rebaptise à sa guise les (groupes d')étoiles qu'il regarde, la nuit. Il est incarné par Jacob Elordi qui, dans la majorité du film, adopte une tête de chien battu, tellement qu'il est triste de la life. Il faut dire que l'humanité a été décimée par une épouvantable pandémie de grippe, le héros y ayant perdu sa femme enceinte...
Au quotidien, il est associé à Jasper, un chien (non battu) de race malinoise, beaucoup plus expressif que son maître... et tellement plus craquant :
(Pendant le tournage, trois canidés, chacun doté d'un tempérament différent, ont incarné Jasper.)
Il y a bien un autre humain qui partage la vie de Hig : Bangley (Josh Brolin, une fois de plus excellent). Le vieux briscard est sans doute un ancien militaire, adepte de la gâchette, notamment pour écarter de l'ancien aérodrome qui leur sert de refuge les pillards qui osent s'en approcher. Par contraste, Hig incarne un survivaliste empathique, qui ne se satisfait pas de ce mode de vie. Mécano et pilote d'avion, il ravitaille un petit groupe de Mormons Mennonites et retourne régulièrement, en douce, dans son ancien logement, dans une Denver en ruines, envahie par la végétation...
Cette première partie n'est pas déplaisante, mais un peu trop nourrie de clichés à mon goût. Compte tenu du nombre de films et de séries qui ont été déjà tournés dans ce genre, j'attendais mieux de Ridley Scott...
... et j'ai bien fait d'attendre, puisque la deuxième partie est nettement plus convaincante. Elle est d'abord très belle, par la rencontre que fait Hig, celle d'autres rescapés presque aussi méfiants que Bangley, un père et sa fille, interprétés par Guy Pearce et Margaret Qualley, tous deux très bien. Cette séquence nous vaut de beaux moments de poésie... et un peu d'action. J'ai sans doute aussi été touché par le fait que les protagonistes, qui vivent en 2035, regrettent la disparition de certains éléments de notre civilisation dont nous jouissons quasi quotidiennement. Tout cela est tourné dans un bel écrin montagnard, garni de verdure, avec de superbes plans aériens.
La suite réserve d'autres surprises, liées à la possible existence d'une base de sûreté, assez éloignée, disposant du confort moderne. Est-ce autre chose qu'une folle rumeur, lancée pour entretenir l'espoir des rescapés ? Cette partie-là, pour prévisible qu'elle soit, n'en est pas moins maîtrisée. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment cela se termine...
Du coup, je suis sorti de là assez content, en tout cas plus qu'après avoir vu Gladiator II et Napoléon !
23:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
The Dog Stars
Ces "étoiles canines" sont celles de la Constellation du Chien, titre du roman éponyme et exemple de la manière dont le héros Hig rebaptise à sa guise les (groupes d')étoiles qu'il regarde, la nuit. Il est incarné par Jacob Elordi qui, dans la majorité du film, adopte une tête de chien battu, tellement qu'il est triste de la life. Il faut dire que l'humanité a été décimée par une épouvantable pandémie de grippe, le héros y ayant perdu sa femme enceinte...
Au quotidien, il est associé à Jasper, un chien (non battu) de race malinoise, beaucoup plus expressif que son maître... et tellement plus craquant :
(Pendant le tournage, trois canidés, chacun doté d'un tempérament différent, ont incarné Jasper.)
Il y a bien un autre humain qui partage la vie de Hig : Bangley (Josh Brolin, une fois de plus excellent). Le vieux briscard est sans doute un ancien militaire, adepte de la gâchette, notamment pour écarter de l'ancien aérodrome qui leur sert de refuge les pillards qui osent s'en approcher. Par contraste, Hig incarne un survivaliste empathique, qui ne se satisfait pas de ce mode de vie. Mécano et pilote d'avion, il ravitaille un petit groupe de Mormons Mennonites et retourne régulièrement, en douce, dans son ancien logement, dans une Denver en ruines, envahie par la végétation...
Cette première partie n'est pas déplaisante, mais un peu trop nourrie de clichés à mon goût. Compte tenu du nombre de films et de séries qui ont été déjà tournés dans ce genre, j'attendais mieux de Ridley Scott...
... et j'ai bien fait d'attendre, puisque la deuxième partie est nettement plus convaincante. Elle est d'abord très belle, par la rencontre que fait Hig, celle d'autres rescapés presque aussi méfiants que Bangley, un père et sa fille, interprétés par Guy Pearce et Margaret Qualley, tous deux très bien. Cette séquence nous vaut de beaux moments de poésie... et un peu d'action. J'ai sans doute aussi été touché par le fait que les protagonistes, qui vivent en 2035, regrettent la disparition de certains éléments de notre civilisation dont nous jouissons quasi quotidiennement. Tout cela est tourné dans un bel écrin montagnard, garni de verdure, avec de superbes plans aériens.
La suite réserve d'autres surprises, liées à la possible existence d'une base de sûreté, assez éloignée, disposant du confort moderne. Est-ce autre chose qu'une folle rumeur, lancée pour entretenir l'espoir des rescapés ? Cette partie-là, pour prévisible qu'elle soit, n'en est pas moins maîtrisée. Je laisse à chacun(e) le plaisir de découvrir comment cela se termine...
Du coup, je suis sorti de là assez content, en tout cas plus qu'après avoir vu Gladiator II et Napoléon !
23:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Les Silences de Riyad
Avec Le Triangle d'or, c'est un autre film dont la distribution tarde à gagner les rivages des provinces reculées comme mon Aveyron chéri. Notons que le titre de cette production américano-saoudienne est censé rappeler aux cinéphiles d'autres polars "orientaux" : La Conspiration du Caire, La Loi de Téhéran, Alger, Le Caire confidentiel...
J'avais très envie de le voir parce qu'il a été réalisé par Haifaa Al Mansour, découverte jadis avec Wadjda, retrouvée avec Mary Shelley. La cinéaste fait carrière surtout aux Etats-Unis, où elle travaille sur diverses séries télévisées.
Un autre intérêt du film est la présence au générique de Mila Al Zahrani, qui tenait déjà le premier rôle dans The Perfect Candidate. Ici, elle incarne Nawal, une future policière, encore en formation, affectée à un commissariat de la capitale (Riyad), où elle est principalement chargée de faire le café pour les gradés numériser les dossiers. Elle va grandement s'impliquer dans une affaire sordide, le cas d'une jeune femme dont le cadavre a été abandonné dans le désert. C'est une inconnue dont, dans un premier temps, personne ne réclame le corps... Pourquoi ?
J'ai eu un peu peur au début. J'ai moyennement apprécié la caractérisation de Nawal, surtout sa passion pour un podcast abracadabrantesque, mêlant conseils de beauté et affaires criminelles. Mais, à partir du moment où l'enquête débute, j'ai trouvé cela passionnant. On voit la jeune femme évoluer dans un monde encore très patriarcal (même si l'Arabie saoudite est moins réac qu'il y a vingt-trente ans), où certaines choses lui sont interdites, d'autres permises... et d'autres déconseillées (mais pas formellement défendues). La demoiselle est opiniâtre, un peu rebelle. Elle va retrouver le lycée d'origine de la victime, ainsi que sa famille... mais quid de l'assassin ? Plusieurs suspects nous sont proposés.
Toutefois, en dépit d'un suspens bien tenu, je n'ai pas été enthousiasmé, à cause de certaines maladresses, notamment dans les entretiens entre l'héroïne et la mère de la victime. J'aurais pu ajouter ce qui semblait être la fin, que je trouvais insatisfaisante... C'est là, en consultant ma montre, que je me suis rendu compte qu'il restait encore du temps (10-15 minutes) avant la fin de la séance... et pour cause, puisqu'on nous a préparé un joli coup de théâtre, qui nous oblige à revoir une partie du film sous un autre angle. Ce n'est pas du niveau d'un Usual Suspects, mais cela suffit à rendre la vision de ce film tout à fait recommandable.
16:55 Publié dans Cinéma, Proche-Orient, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société, femme, femmes, filles, fille
Les Silences de Riyad
Avec Le Triangle d'or, c'est un autre film dont la distribution tarde à gagner les rivages des provinces reculées comme mon Aveyron chéri. Notons que le titre de cette production américano-saoudienne est censé rappeler aux cinéphiles d'autres polars "orientaux" : La Conspiration du Caire, La Loi de Téhéran, Alger, Le Caire confidentiel...
J'avais très envie de le voir parce qu'il a été réalisé par Haifaa Al Mansour, découverte jadis avec Wadjda, retrouvée avec Mary Shelley. La cinéaste fait carrière surtout aux Etats-Unis, où elle travaille sur diverses séries télévisées.
Un autre intérêt du film est la présence au générique de Mila Al Zahrani, qui tenait déjà le premier rôle dans The Perfect Candidate. Ici, elle incarne Nawal, une future policière, encore en formation, affectée à un commissariat de la capitale (Riyad), où elle est principalement chargée de faire le café pour les gradés numériser les dossiers. Elle va grandement s'impliquer dans une affaire sordide, le cas d'une jeune femme dont le cadavre a été abandonné dans le désert. C'est une inconnue dont, dans un premier temps, personne ne réclame le corps... Pourquoi ?
J'ai eu un peu peur au début. J'ai moyennement apprécié la caractérisation de Nawal, surtout sa passion pour un podcast abracadabrantesque, mêlant conseils de beauté et affaires criminelles. Mais, à partir du moment où l'enquête débute, j'ai trouvé cela passionnant. On voit la jeune femme évoluer dans un monde encore très patriarcal (même si l'Arabie saoudite est moins réac qu'il y a vingt-trente ans), où certaines choses lui sont interdites, d'autres permises... et d'autres déconseillées (mais pas formellement défendues). La demoiselle est opiniâtre, un peu rebelle. Elle va retrouver le lycée d'origine de la victime, ainsi que sa famille... mais quid de l'assassin ? Plusieurs suspects nous sont proposés.
Toutefois, en dépit d'un suspens bien tenu, je n'ai pas été enthousiasmé, à cause de certaines maladresses, notamment dans les entretiens entre l'héroïne et la mère de la victime. J'aurais pu ajouter ce qui semblait être la fin, que je trouvais insatisfaisante... C'est là, en consultant ma montre, que je me suis rendu compte qu'il restait encore du temps (10-15 minutes) avant la fin de la séance... et pour cause, puisqu'on nous a préparé un joli coup de théâtre, qui nous oblige à revoir une partie du film sous un autre angle. Ce n'est pas du niveau d'un Usual Suspects, mais cela suffit à rendre la vision de ce film tout à fait recommandable.
16:55 Publié dans Cinéma, Proche-Orient, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société, femme, femmes, filles, fille
lundi, 24 août 2026
Mutiny
Trois ans après Mayday, Jean-François Richet revient avec un nouveau film d'action, centré cette fois-ci non plus sur Gerard Butler, mais sur Jason Statham, qui incarne le chauffeur-garde-du-corps-partenaire d'échecs d'un riche entrepreneur thaïlandais, sur le point de vendre sa boîte de transport maritime.
L'histoire commence de manière vive... et mystérieuse, puisqu'on voit un SUV percuter une berline, la nuit, dans une ville non identifiée. On ne sait pas vraiment qui se trouve dans les véhicules... et il va falloir attendre un petit moment avant de le découvrir, puisque la suite est constituée d'un retour en arrière. La procédé est archi-connu (je l'ai d'ailleurs vu très récemment à l’œuvre dans une série policière scandinave), mais l'originalité de cette utilisation est que plusieurs situations ultérieures peuvent correspondre à ce qu'on a vu au tout début. Surtout, cette petite poussée d'adrénaline est là pour mettre en appétit le public en attendant les séquences ultra-vitaminées qu'on lui a sans doute préparées.
Sic transit gloria mundi... Il fut un temps (pas si lointain) où la sortie d'un film avec Jason Statham bénéficiait d'un grande combinaison de salles. Tel n'est pas le cas ici, ce long-métrage étant à l'affiche de moins de 300 cinémas en France. C'est moins de la moitié de ce qui a été attribué à La Fin d'Oak Street... sans même parler des quelque 1100 salles où continue à être projeté L'Odyssée de C. Nolan, le plus gros succès de cet été avec le dernier Spider-Man.
Résultat : ce n'est pas dans l'Aveyron que j'ai pu voir ce film, auquel de surcroît a été attribué une petite salle. Toutefois, lors de la séance à laquelle j'ai assisté, elle était assez copieusement garnie. J'ai remarqué une nette surreprésentation masculine parmi les spectateurs, âgés grosso modo de 15 à 75 ans.
Ce public de vieux salopards connaisseurs savait à quoi s'attendre et la première véritable scène d'action n'a pas tardé à surgir. Elle est le premier maillon d'un complot, dont le héros, accusé du meurtre de son patron, va découvrir l'ampleur lors de son séjour sur un porte-conteneurs, un labyrinthe propice à la dissimulation... et dont les recoins regorgent d'objets pouvant rendre service à un pro du combat rapproché.
Ah, oui, j'avais oublié : Cole Reed (le héros), ex-flic de Sa Majesté, est aussi un ancien des forces spéciales britanniques, dont l'expertise (et le désir de vengeance) va faire des ravages dans l'équipage de soudards recruté pur un transport un peu spécial.
Dans son combat, Cole bénéficie d'une alliée, Angie Ellis, une employée de la compagnie de transport convoquée en dernière minute et donc pas mise dans la confidence des petits (ni des grands) trafics auxquels se livre l'équipage. Dans le rôle, Annabelle Wallis (vue notamment dans Reconnu coupable et La Momie) apporte l'une des rares touches féminines à cette histoire de grosses couilles poilues sentant la transpi. Elle est certes ravissante, mais, surtout, son personnage a suivi une petite formation militaire, ce qui ne lui sera pas inutile sur ce porte-conteneurs de malheur.
N'espérez toutefois pas voir poindre une authentique romance à l'horizon. Coproducteur du film, Statham l'a voulu centré sur l'action, avec juste quelques pointes d'humour, principalement dans la manière de dézinguer les truands. Je signale quand même un petit moment rafraîchissant. Quand un navire de guerre états-unien patrouillant dans la région se renseigne sur le profil de Cole, il tombe sur ses états de service dans la police et l'armée britanniques. Apparaissent alors successivement à l'écran deux photographies de Cole/Statham en "Bobby" et en treillis... avec casques... et c'est peu de dire que cela ne lui donne pas l'air intelligent.
La boucherie ne démarre pas dès l'intrusion de Cole sur le navire de commerce. Richet ménage un peu ses effets. On a donc droit à une progressive et efficace montée d'adrénaline. C'est tendu comme un string sur des fesses rebondies (fesses que, vous l'avez compris, on ne verra pas à l'écran). La suite est un déferlement de violence, le héros se montrant particulièrement habile à utiliser tout ce qui traîne de pointu, aiguisé ou crochu pour démonter la gueule des sales types lancés à sa poursuite. J'ai beau avoir vu quantité de films du même genre, je dois reconnaître que Richet fait montre d'un indéniable savoir-faire dans la mise en scène de la tuerie.
La fin ménage la possibilité d'une suite, au cas où le film rencontrerait le succès (mais je crois que ce n'est pas super-bien parti au box office).
11:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Mutiny
Trois ans après Mayday, Jean-François Richet revient avec un nouveau film d'action, centré cette fois-ci non plus sur Gerard Butler, mais sur Jason Statham, qui incarne le chauffeur-garde-du-corps-partenaire d'échecs d'un riche entrepreneur thaïlandais, sur le point de vendre sa boîte de transport maritime.
L'histoire commence de manière vive... et mystérieuse, puisqu'on voit un SUV percuter une berline, la nuit, dans une ville non identifiée. On ne sait pas vraiment qui se trouve dans les véhicules... et il va falloir attendre un petit moment avant de le découvrir, puisque la suite est constituée d'un retour en arrière. La procédé est archi-connu (je l'ai d'ailleurs vu très récemment à l’œuvre dans une série policière scandinave), mais l'originalité de cette utilisation est que plusieurs situations ultérieures peuvent correspondre à ce qu'on a vu au tout début. Surtout, cette petite poussée d'adrénaline est là pour mettre en appétit le public en attendant les séquences ultra-vitaminées qu'on lui a sans doute préparées.
Sic transit gloria mundi... Il fut un temps (pas si lointain) où la sortie d'un film avec Jason Statham bénéficiait d'un grande combinaison de salles. Tel n'est pas le cas ici, ce long-métrage étant à l'affiche de moins de 300 cinémas en France. C'est moins de la moitié de ce qui a été attribué à La Fin d'Oak Street... sans même parler des quelque 1100 salles où continue à être projeté L'Odyssée de C. Nolan, le plus gros succès de cet été avec le dernier Spider-Man.
Résultat : ce n'est pas dans l'Aveyron que j'ai pu voir ce film, auquel de surcroît a été attribué une petite salle. Toutefois, lors de la séance à laquelle j'ai assisté, elle était assez copieusement garnie. J'ai remarqué une nette surreprésentation masculine parmi les spectateurs, âgés grosso modo de 15 à 75 ans.
Ce public de vieux salopards connaisseurs savait à quoi s'attendre et la première véritable scène d'action n'a pas tardé à surgir. Elle est le premier maillon d'un complot, dont le héros, accusé du meurtre de son patron, va découvrir l'ampleur lors de son séjour sur un porte-conteneurs, un labyrinthe propice à la dissimulation... et dont les recoins regorgent d'objets pouvant rendre service à un pro du combat rapproché.
Ah, oui, j'avais oublié : Cole Reed (le héros), ex-flic de Sa Majesté, est aussi un ancien des forces spéciales britanniques, dont l'expertise (et le désir de vengeance) va faire des ravages dans l'équipage de soudards recruté pur un transport un peu spécial.
Dans son combat, Cole bénéficie d'une alliée, Angie Ellis, une employée de la compagnie de transport convoquée en dernière minute et donc pas mise dans la confidence des petits (ni des grands) trafics auxquels se livre l'équipage. Dans le rôle, Annabelle Wallis (vue notamment dans Reconnu coupable et La Momie) apporte l'une des rares touches féminines à cette histoire de grosses couilles poilues sentant la transpi. Elle est certes ravissante, mais, surtout, son personnage a suivi une petite formation militaire, ce qui ne lui sera pas inutile sur ce porte-conteneurs de malheur.
N'espérez toutefois pas voir poindre une authentique romance à l'horizon. Coproducteur du film, Statham l'a voulu centré sur l'action, avec juste quelques pointes d'humour, principalement dans la manière de dézinguer les truands. Je signale quand même un petit moment rafraîchissant. Quand un navire de guerre états-unien patrouillant dans la région se renseigne sur le profil de Cole, il tombe sur ses états de service dans la police et l'armée britanniques. Apparaissent alors successivement à l'écran deux photographies de Cole/Statham en "Bobby" et en treillis... avec casques... et c'est peu de dire que cela ne lui donne pas l'air intelligent.
La boucherie ne démarre pas dès l'intrusion de Cole sur le navire de commerce. Richet ménage un peu ses effets. On a donc droit à une progressive et efficace montée d'adrénaline. C'est tendu comme un string sur des fesses rebondies (fesses que, vous l'avez compris, on ne verra pas à l'écran). La suite est un déferlement de violence, le héros se montrant particulièrement habile à utiliser tout ce qui traîne de pointu, aiguisé ou crochu pour démonter la gueule des sales types lancés à sa poursuite. J'ai beau avoir vu quantité de films du même genre, je dois reconnaître que Richet fait montre d'un indéniable savoir-faire dans la mise en scène de la tuerie.
La fin ménage la possibilité d'une suite, au cas où le film rencontrerait le succès (mais je crois que ce n'est pas super-bien parti au box office).
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dimanche, 23 août 2026
The Good, the Bad and the Ugly
Cet été aura donc été celui de la ressortie de grands classiques du Septième Art. Ainsi, après la version restaurée (et intégrale) de Kill Bill, après celle de Lawrence d'Arabie, voici venu le tour de l'une des pépites de Sergio Leone, Le Bon, la Brute et le Truand (les Parisiens ayant eu droit, d'après dasola, à une projection d'Il était une fois en Amérique).
C'était la première fois que je voyais la version originale (sous-titrée) en salles, de surcroît augmentée de fragments de scènes qui avaient été coupés avant la sortie en France, en 1968 (presque deux ans après sa sortie en Italie, dont on célèbre le soixantième anniversaire).
Je pense que, la quasi-totalité des lecteurs de ce billet ayant vu au moins une fois ce film à la télévision ou sur une plateforme, il n'est pas nécessaire que j'en détaille l'intrigue. Je vais plutôt insister sur ce qui doit inciter tout cinéphile qui se respecte à se ruer dans une salle obscure pour aller le voir, si d'aventure l'occasion se présente.
Comme David Lean, Sergio Leone sait filmer le désert et l'insérer dans son intrigue. Toujours marquante est la séquence qui voit Tuco (Eli Wallach, qui aurait mérité de recevoir un Oscar) se venger de "Blondin" (Clint Eastwood, tour à tour triomphant et marqué comme jamais). C'est impitoyable et drôle, à l'image de ce film, spectaculaire, mystérieux, comique et inspirant.
La talent du metteur en scène est perceptible dès le début, lors de cette scène d'attente (qui annonce celle d'Il était une fois dans l'Ouest). Un trio de cavaliers menaçants est planté dans un bled paumé, à proximité d'un bar. Les gros plans ne permettent pas d'ignorer leurs trognes patibulaires (mais presque). La suite voit l'arrivée - que dis-je, le surgissement, de l'un des héros de cette histoire...
Je pense aussi à l'extraordinaire séquence du cimetière, que Leone et ses scénaristes placent à Sad Hill (« Triste Colline »... située en réalité dans la province de Burgos, en Espagne). Cela commence par la recherche frénétique d'une tombe, parmi les quelque cinq mille. Cela continue par le mythique "duel à trois"... et cela se termine par la petite leçon donnée par l'un des rescapés à un autre.
La musique d'Ennio Morricone accompagne parfaitement l'intrigue... ou plutôt (la musique ayant été composée AVANT le tournage), les plans s'insèrent magnifiquement dans la musique.
C'est habilement écrit, brillamment réalisé... et très bien joué, par un inoubliable trio : Clint Eastwood (jeune, beau et taiseux), Lee Van Cleef (manipulateur et cruel) et Eli Wallach (ridicule et truculent... mon préféré).
A noter que cette histoire de cupidité, de mensonges et de lâcheté se double d'une dénonciation de la Guerre de Sécession, perçue comme stupide et inutilement meurtrière. (Je rappelle que le film est sorti initialement à peine un après le centenaire de la fin de ce que nos amis d'outre-Atlantique appellent The Civil War.) Leone ne prend pas parti dans le conflit (et n'intègre pas de personnage afro-américain à son intrigue). Il témoigne le même respect aux combattants des deux camps.
Avec le recul, on constate qu'il y a bien, ici et là, quelques imperfections, mais cela reste marginal, dans une œuvre d'une grande ampleur, qui mérite d'être vue sur un (très) grand écran.
10:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films
The Good, the Bad and the Ugly
Cet été aura donc été celui de la ressortie de grands classiques du Septième Art. Ainsi, après la version restaurée (et intégrale) de Kill Bill, après celle de Lawrence d'Arabie, voici venu le tour de l'une des pépites de Sergio Leone, Le Bon, la Brute et le Truand (les Parisiens ayant eu droit, d'après dasola, à une projection d'Il était une fois en Amérique).
C'était la première fois que je voyais la version originale (sous-titrée) en salles, de surcroît augmentée de fragments de scènes qui avaient été coupés avant la sortie en France, en 1968 (presque deux ans après sa sortie en Italie, dont on célèbre le soixantième anniversaire).
Je pense que, la quasi-totalité des lecteurs de ce billet ayant vu au moins une fois ce film à la télévision ou sur une plateforme, il n'est pas nécessaire que j'en détaille l'intrigue. Je vais plutôt insister sur ce qui doit inciter tout cinéphile qui se respecte à se ruer dans une salle obscure pour aller le voir, si d'aventure l'occasion se présente.
Comme David Lean, Sergio Leone sait filmer le désert et l'insérer dans son intrigue. Toujours marquante est la séquence qui voit Tuco (Eli Wallach, qui aurait mérité de recevoir un Oscar) se venger de "Blondin" (Clint Eastwood, tour à tour triomphant et marqué comme jamais). C'est impitoyable et drôle, à l'image de ce film, spectaculaire, mystérieux, comique et inspirant.
La talent du metteur en scène est perceptible dès le début, lors de cette scène d'attente (qui annonce celle d'Il était une fois dans l'Ouest). Un trio de cavaliers menaçants est planté dans un bled paumé, à proximité d'un bar. Les gros plans ne permettent pas d'ignorer leurs trognes patibulaires (mais presque). La suite voit l'arrivée - que dis-je, le surgissement, de l'un des héros de cette histoire...
Je pense aussi à l'extraordinaire séquence du cimetière, que Leone et ses scénaristes placent à Sad Hill (« Triste Colline »... située en réalité dans la province de Burgos, en Espagne). Cela commence par la recherche frénétique d'une tombe, parmi les quelque cinq mille. Cela continue par le mythique "duel à trois"... et cela se termine par la petite leçon donnée par l'un des rescapés à un autre.
La musique d'Ennio Morricone accompagne parfaitement l'intrigue... ou plutôt (la musique ayant été composée AVANT le tournage), les plans s'insèrent magnifiquement dans la musique.
C'est habilement écrit, brillamment réalisé... et très bien joué, par un inoubliable trio : Clint Eastwood (jeune, beau et taiseux), Lee Van Cleef (manipulateur et cruel) et Eli Wallach (ridicule et truculent... mon préféré).
A noter que cette histoire de cupidité, de mensonges et de lâcheté se double d'une dénonciation de la Guerre de Sécession, perçue comme stupide et inutilement meurtrière. (Je rappelle que le film est sorti initialement à peine un après le centenaire de la fin de ce que nos amis d'outre-Atlantique appellent The Civil War.) Leone ne prend pas parti dans le conflit (et n'intègre pas de personnage afro-américain à son intrigue). Il témoigne le même respect aux combattants des deux camps.
Avec le recul, on constate qu'il y a bien, ici et là, quelques imperfections, mais cela reste marginal, dans une œuvre d'une grande ampleur, qui mérite d'être vue sur un (très) grand écran.
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