Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 23 octobre 2006

O Jérusalem !

  Je n'ai pas lu le livre de Lapierre et Collins dont ce film est l'adaptation. Sur un sujet très brûlant, E. Chouraqui essaie de faire preuve d'honnêteté (d'où l'importance du clair-obscur dans le film), mais de manière parfois malhabile. Certes, les acteurs sont très bons (je recommande les personnages de Ben Gourion et Golda Meir... un délice !), français comme anglo-saxons, mais, comme le film a été tourné en anglais, un sentiment de gêne s'installe, en dépit du fait que les Français doublent leur personnage. Les scènes de groupe sont par contre moins réussies. Le tout est parfois trop emphatique, souligné par une musique pas très imaginative.

  Concernant le contexte historique, du travail a été fait, ce qui permet de mettre en lumière pas mal d'aspects de la période entourant la (re)création de l'Etat d'Israël. Des extraits d'archives sont proposés. A cela s'ajoutent des scènes qui ont été calquées sur ce que les médias ont montré à l'époque (voir notamment la proclamation de l'indépendance par Ben Gourion). Cependant, le film insiste trop sur l'impact (indéniable) du génocide et laisse à l'arrière-plan le mouvement sioniste (même si deux groupes de combattants sionistes sont décrits) : il aurait fallu remonter au XIXe siècle. Je pense que, pour un non initié, ce n'est pas suffisamment clair. De plus, par delà l'histoire de la (re)naissance d'Israël, le film se consacre à un petit nombre de personnages impliqués dans la lutte à Jérusalem Est (la vieille ville, qui n'a été finalement conquise par les Israéliens qu'en 1967). C'est un facteur de confusion, entre le micro-combat (qui a une grande force symbolique : c'est dans la vieille ville que sont situés les Lieux Saints) et la lutte générale, qui n'est qu'accessoirement évoquée.

   L'image, elle, est plutôt soignée, ce qui fait que le film est assez plaisant à regarder. On nous offre de jolis plans sous la lumière du soleil levant, aussi plusieurs scènes à la nuit tombée. Le propos d'ensemble est généreux : l'entente était possible, le conflit évitable (entre gens raisonnables, mais il y a des imbéciles et des extrémistes dans les deux camps). Toutefois le film ne permet pas suffisamment de comprendre pourquoi. Au delà de la générosité de certains personnages, on a quand même souvent l'impression d'un mouvement inéluctable, d'une sorte de fatalité.

17:20 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

Les commentaires sont fermés.