samedi, 07 février 2026
Grand Ciel
C'est le nom d'un "quartier intelligent" en construction. Ultra-moderne, agréable à vivre, respectueux de l'environnement, il promet le bonheur à celles et ceux qui auront assez de thunes le privilège de s'y installer.
Son symbole est une tour en construction, devant atteindre une vingtaine d'étages. C'est sur ce chantier en voie d'achèvement que travaillent des personnes qui n'ont pas vocation à y résider. Ce sont majoritairement des immigrés, légaux ou illégaux, auxquels s'adjoignent quelques "Français de souche" comme Vincent (Damien Bonnard, très bien), un bosseur, du genre taiseux, ne cherchant pas à faire de vague.
Le problème est que, depuis quelques temps, certains événements étranges se produisent sur le chantier, en particulier au sixième sous-sol. On y entend parfois des bruits mystérieux et la poussière y est inhabituellement abondante. Des malfaçons apparaissent sur certaines dalles de béton, pourtant récentes... et des ouvriers disparaissent.
Le talent d'Akihiro Hata est de mêler la critique sociale au fantastique. On se demande si ces mystères ne sont pas tout simplement liés aux combines des patrons, qui rognent sur les coûts et donc fournissent des matériaux de mauvaise qualité... et s'arrangent pour que les accidents du travail soient passés sous silence.
Fait inhabituel dans le cinéma français, la réalisation met en valeur le travail manuel, ici celui d'employés du BTP. La tour en chantier, les algécos et le sous-sol sont très bien utilisés pour suggérer l'exploitation, le danger ou le malaise. Quand une poignée d'ouvriers descend au sixième sous-sol, on pense à des films sur l'extraction minière.
Leur vie personnelle n'est pas oubliée, entre transport en bus, logement en HLM (ou mobile home, voire foyer) et courses dans une grande surface.
Les seconds rôles sont bien campés, avec notamment Samir Guesmi, Mouna Soualem (autre "fille de..."), Tudor Istodor, Ahmed Laoui ou encore Denis Eyriey. Ce n'est qu'à la toute fin que l'on comprend ce qu'est vraiment cette poussière supplémentaire, quasi surnaturelle.
Ce petit film, mine de rien, dit beaucoup de choses. Il est dommage qu'il ne bénéficie pas d'une plus large diffusion.
15:58 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société


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