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samedi, 07 février 2026

Reconnu coupable

   Dans ce thriller d'anticipation, la ville de Los Angeles a adopté une procédure judiciaire révolutionnaire en matière criminelle, puisque l'enquête, le procès et l'exécution des peines sont sous la responsabilité de Maddox, une intelligence artificielle. (Les juristes pointilleux noteront la disparition des avocats de la défense et de la possibilité de faire appel.)

   Le policier Chris Raven a contribué à la mise en place de ce programme... mais le voilà désormais sur la sellette, plus précisément sur la chaise de l'accusé, puisqu'on lui reproche d'avoir assassiné son épouse, dont il était sur le point de divorcer. Problème pour lui : il ne se souvient plus de ce qu'il a fait la veille, en raison d'une cuite monumentale, dont d'ailleurs il peine à se remettre au début de l'histoire. (Au passage, c'est la confirmation que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé... notamment celle des conjoints.) Au vu des éléments réunis lors de l'enquête préliminaire, l'IA l'a déclaré présumé coupable (à 96,7 %). L'accusé a 1h30 pour, sinon prouver son innocence, du moins instiller un doute raisonnable, capable de faire suffisamment baisser son taux de culpabilité pour lui éviter l'exécution.

   Le suspens est bien mis en scène, mais c'est surtout la manière dont l'accusé est autorisé à mener sa contre-enquête qui est épatante. Bien que rivé sur son siège, il a accès à tous les éléments du dossier (vidéos, rapports, interrogatoires, géolocalisations, preuves matérielles recueillies...) ainsi qu'à tous les contenus numériques (publics... et privés) enregistrés (conformément à la nouvelle loi) sur le cloud de la ville, afin de prévenir le crime. Il y a donc un peu de Minority Report (de Spielberg) dans ce film (les précogs étant remplacés par une IA, plus déductive que prédictive). L'ambiance rappelle aussi un peu la série 24 heures chrono, l'intrigue se déroulant quasiment en temps réel.

   Un autre atout du film est l'incarnation de l'IA par Rebecca Ferguson (au charme de laquelle je ne suis pas insensible). Son côté beauté froide peu empathique convient parfaitement au rôle. L'un des enjeux de l'intrigue est d'ailleurs la possibilité d'évolution de l'IA, dont le fonctionnement apparaît de prime abord assez mécanique, mais qui, si elle a été bien entraînée, doit être capable de se remettre en question. Elle a aussi pour fonction d'aider honnêtement l'accusé dans ses tentatives de prouver son innocence. Un lien d'ordre humain pourrait-il naître des interactions entre Chris et Maddox ? Suspens...

   J'ai passé un bon moment. L'habillage numérique, les scènes d'action et les multiples rebondissements entretiennent l'intérêt, jusqu'à la fin.