mercredi, 04 avril 2007
Volem rien foutre al païs !
Le titre parodie une revendication déjà ancienne : "vivre et travailler au pays (al païs)". Les facétieux auteurs de ce documentaire remplacent "travailler" par "rien foutre". Il ne faut pas croire pour autant que ce soit un hymne à la fainéantise absolue, fumage de joint et sédentarisation télévisuelle à la clé. Si tel était le cas, le film n'aurait rien de subversif.
L'intérêt de ce documentaire est de montrer des exemples concrets de personnes qui parviennent, dans une certaine mesure, plus ou moins selon les personnes, à vivre en dehors du système. Il y a celui qui a coupé tout lien avec EDF (avec éolienne, solaire et toilettes sèches), celui qui fait rouler sa bagnole à l'hydrogène (au passage : saleté de lobby de la bagnole de merde, qui pompe notre pognon à coups d'assurance, d'essence, de TVA maximale sur l'achat d'un véhicule, j'en passe et des meilleures), les Espagnols qui chapardent...
Le film n'est pas très bien construit, il est un peu bordélique. C'est dommage, mais c'est dans l'esprit des gens qui l'ont fait, je pense. La séquence qui se termine par un débat sur le chapardage est révélatrice des tendances à l'oeuvre dans cette mouvance : on a des intellos chiants un peu coupés des réalités des Français moyens, on a aussi des jeunes qui réfléchissent à ce qu'ils font (et un qui conteste le vol de nourriture dans la grande surface... mais personne ne cite Proudhon, ce qui aurait pu permettre d'élever le niveau du débat), des moins jeunes qui sont revenus de tout.
Côté politique, Carles nous propose de petits moments comme il sait bien les préparer, avec les puissants de notre monde (Kessler, Alliot-Marie et consorts), gonflés de leur suffisance, soudain ridicules face à une question déstabilisante. La séquence du début, qui ressuscite Pompidou en apôtre précurseur du néo-libéralisme, est saisissante.
14:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma


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