samedi, 18 octobre 2008
La loi et l'ordre
Attention ! Titre accrocheur, associé à une campagne de pub radio agressive, voix burnées à la clé. On se dit que ça va être du lourd, d'autant qu'aux monstres sacrés de Niro et Pacino s'ajoute un rappeur (50 cent... Curtis Jackson pour les intimes) bad boy qui en a dans le pantalon. L'affiche du film précise bien que le scénariste d' Inside Man (Russel Gewirtz) a mis son grain de sel. C'est mis en scène par un type qui a du talent : Jon Avnet a réalisé auparavant Beignet de tomates vertes et 88 minutes.
L'interprétation n'est pas démente : de Niro et Pacino cabotinent, parfois avec talent, 50 cent m'a paru franchement mauvais (mais j'ai vu le film en version française : Passi aurait-il doublé son collègue d'outre-Altantique comme un manche ?). Les seconds rôles tiennent la route. Si l'on ajoute à cela des dialogues parfois savoureux, avec des propos acerbes et des blagues faciles (plutôt à connotations sexuelles... ben faut aimer quoi), cela se regarde et s'écoute.
Au début, j'étais inquiet : je m'attendais à une intrigue bien ficelée et rien ne m'apparaissait vraiment mystérieux. Au fur et à mesure, on se rend compte que l'histoire est un peu plus complexe que ce que l'on a cru voir au début. Ceci dit, plus de 20 minutes avant la fin, le spectateur (la spectatrice) un brin futé(e) saura à quoi s'en tenir. Reste la conclusion du film, laborieuse, qui se noie dans des dialogues faiblards pour le coup. On sent que ceux qui ont conçu ce film ont voulu jouer sur le second degré : les propos qu'échangent les deux amis peuvent se comprendre comme la conclusion de la vieille rivalité qui a opposé les deux acteurs durant leur carrière... Bof.
A l'arrière-plan de tout cela, on trouve une mentalité un peu glauque. En gros, il faut buter tous les méchants (qui sont bien sûr irrécupérables), quitte à louvoyer. Le pire concerne le méchant vicelard (qui est un flic... cherchez lequel), qui meurt à la fin (ouf, la morale est sauve), mais après que la caméra subjective, qui le suit à plusieurs reprises, nous l'a montré en train de commettre plusieurs crimes, dont un particulièrement odieux, mais qui est mis en scène de manière complaisante.
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vendredi, 17 octobre 2008
C'est l'histoire d'un mec
... qui s'appelle Coluche. Attention toutefois, il ne s'agit pas d'une biographie exhaustive. Antoine de Caunes a choisi de mettre l'accent sur les années 1980-1981, lorsque l'humoriste devenu vedette décide de se lancer dans la course présidentielle, pour le meilleur et pour le pire.
Si le film varie les approches (professionnelle, familiale, sexuelle, politique), il est néanmoins essentiellement consacré à des allers-retours entre le Coluche intime et le Coluche acteur de la vie publique. (Je ne suis pas spécialiste de la question, mais il me semble que certains épisodes ont été "adaptés" pour les besoins du film : par exemple la découverte du cadavre du régisseur, par des enfants dans le film, par des ouvriers de chantier dans la réalité). Cela prend parfois la forme d'une série d'images d'Epinal, le ton acidulé en plus : les travers de notre comique national ne sont pas cachés. Il n'en paraît que plus humain.
Côté anecdotes, certains découvriront la passion de Coluche pour les bottes et son goût pour le music-hall. Il était vraiment doté d'un talent à multiples facettes.
En fait, pour moi, le film vaut le détour essentiellement pour la performance de François-Xavier Demaison (un ancien fiscaliste !), qui a acquis le physique et l'essentiel des tics du personnage, même si on ne risque pas de confondre l'acteur avec Coluche. La première scène... de scène m'a fait un peu peur : j'ai tellement entendu (et même écouté) les sketches de Coluche que, même bien interprété, celui du début a provoqué en moi une impression d'étrangeté, une étrangeté que j'ai assimilée à de la maladresse. Je ne sais pas si c'est parce que je me suis habitué à l'acteur ou si parce que les séquences suivantes sont plus abouties mais, plus loin dans le film, les extraits de spectacle passent mieux.
Côté réalisation, de Caunes est plus à son aise dans les scènes d'intérieur, chez l'humoriste en particulier. Il recrée ce climat de tribu dans lequel Coluche voulait vivre... en soulignant, par touches, le côté "bringueurs parasites" d'une partie de son entourage. On comprend pourquoi certains ex-familiers n'ont guère apprécié le ton du film.
Le fin n'est pas très réussie. De Caunes se laisse aller au mélo et, ô maladresse, fait se croiser, dans un jardin public parisien, le héros et un clochard. Un texte souligne à gros trait la future implication de Coluche dans l'humanitaire... Il aurait été plus intéressant de poursuivre sur la dépendance aux drogues, qui a modifié la trajectoire du comique. On peut aussi regretter que l'impasse faite sur l'après-1981 laisse dans l'ombre le Coluche animateur télé (sur Canal +, où il a dû croiser de Caunes...) et radio (R.M.C., Europe 1 et R.F.M.) et son retour spectaculaire au cinéma...
Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus, il y a le bouquin de Philippe Boggio (qui a inspiré Antoine de Caunes). On peut aussi consulter le site suivant :
14:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

