mercredi, 21 octobre 2026
Le Corset
Dans les années 1980, on diagnostique un problème osseux à Christophe, l'un des fils d'un couple d'agriculteurs, dans la Beauce. Le gamin, préadolescent au début de l'histoire, doit alors passer la majorité du temps engoncé dans une sorte d'exosquelette, le fameux corset. Ce film d'animation (façon aquarelle) slalome entre relations familiales tendues, problèmes agricoles et éveil des sens.
J'y suis allé un peu à reculons, d'abord parce que j'avais peur de me retrouver face à un tsunami de "bons sentiments" (avec lesquels on fait rarement de bons films), ensuite parce que la chanson fétiche du film (Ouragan, interprétée par Stéphanie de Monaco) ne m'a pas laissé que de bons souvenirs.
Eh bien... j'avais tort. C'est d'abord une chronique familiale sensible, entre un père absorbé par un travail qu'il n'a pas vraiment choisi, un grand frère brut de décoffrage et une mère-courage qui fait ce qu'elle peut pour maintenir la famille à flots, malgré des revenus déclinants. Ce n'est pas misérabiliste, juste peut-être un peu trop pessimiste sur le métier d'agriculteur.
On sent que le gamin a besoin de changer d'atmosphère, ce que l'animation transcrit plutôt bien. Cet air frais, il le trouve auprès d'un vieil organiste (qui va le prendre sous son aile) et de Clara, une fille de prof qui se la joue rebelle. (Petite faiblesse d'écriture : ce personnage est un poil cliché.) Tous deux ouvrent les horizons du gamin, qui demeure néanmoins attaché à sa famille d'agriculteurs, à laquelle il aimerait tant apporter son aide. En même temps, devenu adolescent, il a tendance à faire passer ses désirs avant le reste. Le film nous fait comprendre cela avec subtilité.
La musique et le chant constituent une trame puissante dans l'intrigue. Le père est fan du "tube" de Stéphanie de Monaco, tandis que le héros découvre les beautés du classique... et le répertoire très varié de la chorale locale. (Restez bien à la fin pour entendre la réinterprétation d'un titre connu.)
Le recours à une animation aquarelliste permet l'insertion de scènes oniriques, voire fantastiques, en particulier quand les émotions de Christophe le submergent.
Tout cela, ajouté à une représentation réaliste du handicap (qui évolue au cours du temps), constitue une belle leçon de vie, que peuvent recevoir aussi bien les enfants que les adultes.
18:43 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, société


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