samedi, 07 novembre 2026
Hope
L'espoir d'un avenir meilleur, ou d'un nouveau départ, peut-il surgir dans une petite ville portuaire, située dans le nord de la Corée du Sud, à proximité de l'ennemi intime nord-coréen ? Il faut plus de 2h30 à Na Hong-jin pour (tenter de) répondre à cette question, à l'issue d'un film spectaculaire, (parfois) ébouriffant, pétaradant, débordant, dégoulinant... gluant même.
La petite ville de province est peuplée de retraités, de paysans, de pêcheurs, ainsi que de quelques petits artisans et commerçants. Ces habitants à revenus modestes vivent le plus souvent dans de petites maisons fragiles, à l'image de leurs existences. Le surgissement d'une créature va modifier leur quotidien à jamais.
Au départ, tout le monde se demande ce qui a pu infliger d'aussi sévères blessures à un bœuf bien bâti. Est-ce un ours, un tigre de Sibérie... les membres d'un Black Block ? (Au niveau de la sauvagerie, c'est équivalent.) Le réalisateur (auquel on doit, entre autres, The Chaser et The Strangers) nous fait patienter près d'une heure avant de nous dévoiler "le monstre". Auparavant, il est hors champ. On l'entend, on voit les dégâts qu'il cause et la terreur qu'il inspire. C'est très habile, appuyé par un son travaillé et de bons décors.
En revanche, comme souvent chez ce réalisateur, les acteurs sont incités à en faire des tonnes. Ainsi, le policier cowboy, impitoyable avec les chasseurs du coin, chie dans son froc dès qu'un danger sérieux semble se profiler. (Il va toutefois s'améliorer durant le film.) Le voilà qui plante sa voiture de fonction dans une rue vide et qui laisse tomber les trois quarts de ses cartouches, alors qu'aucun danger immédiat n'est en vue... Au niveau du principal personnage féminin (sa collègue policière), ce n'est guère mieux. La meuf débarque sur la scène de carnage avec un véhicule rempli d'armes de guerre (dont on se demande où elle a pu les trouver). Elle se révèle plus tenace que son supérieur hiérarchique... et elle a le temps de recharger cinq ou six fois son super-fusil alors que le monstre est en train de foncer sur elle...
Le manque de vraisemblance semble parfois volontaire. Certaines scènes sont à prendre au premier degré, d'autres au second... d'autres encore au douzième ou treizième degré. Je pense que le public sud-coréen a dû voir cela comme une parodie, mais, pour moi, elle est un peu lourde, surjouée. Même l'humour scato est surligné, avec l'histoire du papy de la forêt. (J'ai préféré les chiures de dinosaures dans La Fin d'Oak Street.)
La partie horrifique n'est donc pas la plus intéressante du film, même si elle est servie par de bons effets spéciaux. On va suivre deux groupes de traqueurs, l'un en ville, l'autre en forêt. Évidemment, assez rapidement, on comprend que le chasseur peut devenir la proie... et vice versa. C'est encore pire si les traqueurs se mettent à faire des groupes de quatre, puis de deux, puis de un... On se croirait presque dans un sketch de Bigard.
Les références à des classiques de l'horreur et de la science-fiction sont nombreuses... mais je relève toutefois la volonté de tenter d'offrir une histoire un tant soit peu originale. Cela finit par arriver, parce que, dans la troisième partie, on va découvrir le point de vue des "monstres". Du coup, le film acquiert une épaisseur supplémentaire... et la fin nous incite à croire qu'un deuxième volet est en préparation.
P.S.
ATTENTION
DIVULGÂCHAGES
Je pense que les spectateurs d'Asie orientale perçoivent une couche d'interprétation supplémentaire, par rapport aux Occidentaux.
En effet, l'ennemi monstrueux, tel qu'il est perçu du côté sud-coréen, est une métaphore de la Corée du Nord, dont le naufrage économique est matérialisé en toute fin de film. Humains comme "monstres" ont des sentiments et sont capables d'une très grande violence, chacun avec ses armes.
On verra ce que donnera le deuxième volet, mais je suis prêt à parier qu'il va prôner la réconciliation.
18:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

