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dimanche, 23 mars 2008

Le Cahier

   Dans la famille Makhmalbaf, je demande... la deuxième fille ! Il s'agit d'Hana, âgée de 19 ans. ("Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"...) Comme papa, elle a tourné en Afghanistan. L'action du film se déroule à proximité de l'endroit où se trouvaient les statues de Bouddha, à Bamian (la toute fin nous en montre le dynamitage). Des familles vivent dans les grottes des alentours.

   Les enfants sont très bien dirigés. Ils sont souvent filmés en gros plan. Celle qui interprète l'héroïne Bakhtay est impressionnante... et attachante avec sa bonne bouille et son entêtement à vouloir aller à l'école. Le garçon qui incarne le fils de la voisine, Abbas, est aussi très bien. La réalisatrice arrive à leur faire jouer des scènes complexes, parfois très "engagées" physiquement.

   Cela donne un film rythmé, où j'ai ressenti tour à tour la drôlerie de certaines situations et une forte angoisse face aux menaces qui pèsent sur le duo de héros. Ils rencontrent une bande de gamins qui jouent aux taliban. (On a vraiment envie d'en prendre un pour cogner sur les autres !) Cela nous vaut une séquence pleine de doubles-sens évidemment, où l'on se demande jusqu'où les gamins "s'amusent"... Mais la réalisatrice nous réserve une surprise vers la fin du film.

   Toutefois, je relève deux défauts techniques : la mise au point, parfois imparfaite (très visible sur un grand écran) et la musique, à chier. Elle dramatise inutilement. Franchement, le film aurait été encore meilleur sans cela.

16:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

samedi, 22 mars 2008

Battle for Haditha

   On a assez peu parlé de ce long-métrage lors de sa sortie. Il s'inscrit dans la lignée des films de guerre américains. Depuis deux-trois ans, on a eu droit à une flopée de bons produits, en prise sur leur époque, sur ses conflits (Afghanistan, Irak première et deuxième moutures...) et mis en scène avec talent. Le réalisateur de celui-ci, Nick Broomfeld, est documentariste à l'origine. J'avais apprécié son Biggie and Tupac, alors que, franchement, je ne suis pas très porté sur le rap "bling-bling".

   Pour ce film, il est parti d'un fait divers : le massacre, en Irak, de civils par des marines qui venaient de subir un attentat à la bombe. Par souci de réalisme, d'anciens soldats ont été engagés pour porter l'uniforme dans cette fiction et des Irakiens réfugiés en Jordanie incarnent les civils. C'est donc tourné en anglo-américain et en arabe.

   On sent les influences subies par le réalisateur : Full Metal Jacket, peut-être Platoon... ce qui relie le film à la guerre du Vietnam... et au massacre de My Lai (en 1968). J'avais d'autres références en tête, mais cela m'est sorti de la tête. Ah, oui, ça me revient : Bloody Sunday, de Paul Greengrass (pour l'aspect "documentaire" donné à la fiction, la comparaison entre les méthodes des nationalistes irlandais et irakiens et pour la violence montrée comme un moyen d'exacerber les tensions).

   Ce film est une bombe. Le point de vue des différents groupes d'Irakiens est rendu avec une grande honnêteté et un réel souci du détail vécu ; la troupe de marines nous est présentée sans fard, brute de décoffrage, avec ses qualités et ses dérapages. C'est vraiment très fort, très bon. Un film indispensable qui hélas n'a pas rencontré le succès qu'il aurait mérité.

23:36 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma