jeudi, 13 août 2026
Lydia et le vaisseau des tempêtes
Cette animation canadienne baigne dans une ambiance d'heroic fantasy. Les protagonistes vivent en zone littorale, dans un endroit qui a des airs d'Irlande ou de Grande-Bretagne, sur fond de musique celtique. On peut y croiser des "astromagiciennes", dotées de pouvoirs considérables.
C'est le chemin qu'aimerait suivre la jeune Lydia, dont la mère était l'une de ces astromagiciennes. Elle a mystérieusement disparu, jadis. D'autres disparitions, actuelles, suscitent l'inquiétude dans le village, celles des enfants, emportés par une brume aussi étrange que maléfique, au sein de laquelle est tapi un sombre personnage : l'Envoûteur.
Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Lydia (accompagnée de sa chatte, Bestiole) se retrouve embarquée sur un étrange vaisseau volant, capable de plonger dans les profondeurs de la Mer de Brume comme de naviguer au-dessus des nuages. Cette faculté, ainsi que l'aspect de son équipage, ne sont pas sans rappeler Pirates des Caraïbes (même si la fonction de ces hommes et femmes est tout autre).
Pendant que les enfants seront concentrés sur les aventures de Lydia et de son nouvel ami Lucas, les adultes s'amuseront à dénicher les références cinéphiliques. Ainsi, quand l'héroïne débarque dans une imposante cité isolée, où elle espère effectuer son apprentissage d'astromagicienne, on se dit que Poudlard n'est pas très loin. J'ajoute que l'esprit de La Guerre des étoiles flotte autour de l'intrigue, l'un des personnages étant visiblement inspiré de Dark Vador, Lydia faisant plutôt figure de Jedi en devenir.
L'animation est de qualité, sans être virtuose. De très beaux paysages, célestes comme "marins" nous sont proposés. Les effets ont été particulièrement soignés quand il s'est agi de représenter les pouvoirs magiques.
On sera indulgent pour quelques faiblesses, dans le déroulement de l'intrigue. Ainsi, si la jeune apprentie magicienne n'y arrive pas du tout au début, il ne lui faudra guère de temps pour acquérir la dextérité lui permettant d'affronter l'Envoûteur (dont l'identité réelle sera rapidement découverte par les adultes).
Je pourrais aussi reprocher à cette animation familiale la sous-représentation des pères. On n'en voit réellement qu'un, de manière consistante (et positive... ouf !) : le capitaine du vaisseau, doublé par Anthony Kavanagh. En revanche, des parents de Lydia on ne verra que la mère. Le père de l'Envoûteur est totalement inconnu (alors que sa mère joue un rôle important). Serait-ce une manière pour les scénaristes de souligner le manque d'implication des papas du XXIe siècle dans l'éducation de leur progéniture ?
Tant qu'on est dans l'analyse sociétale, je recommande d'être attentif aux (nouveaux ?) stéréotypes de genre : la connaissance livresque semble plutôt une prérogative féminine, les personnages masculins étant davantage identifiés à l'action qu'à la réflexion.
Mais, bon, tout cela passe au-dessus de la tête des bambins, qui, dans la salle où je me trouvais, ont été pris par cette histoire d'aventures et de magie, où il est aussi question de la séparation, de la perte et du souvenir des êtres chers.
14:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

