samedi, 15 août 2026
Juste pour une nuit
C'est ce qu'on appelle une comédie romantique dystopique.
La romance met en scène deux jeunes adultes qui, au début de l'histoire, ne se connaissent pas... mais sont destinés à se rencontrer... et à s'aimer. Lui, c'est Owen, un jeune entrepreneur à la musculature impeccable et au sourire éclatant. Il est interprété par Callum Turner, que l'on a vu notamment dans Queen and country et Les Animaux fantastiques. Sa (future) dulcinée est Allie, une chanteuse en devenir, belle comme tout (ce que soulignent outrageusement les robes affriolantes qu'on lui fait porter) et, aussi incroyable cela puisse-t-il paraître, célibataire. Elle a les traits (et le corps...) de Monica Barbaro, aperçue ces dernières années dans Top Gun : Maverick et Un parfait inconnu.
La partie comique surgit au détour des embûches que le duo va devoir surmonter avant de former un couple. Cela commence au bout du premier quart d'heure, juste après la rencontre. On se dit que ça va vite "coller" entre eux... mais cela dérape de manière cocasse... et un peu dégueu. (J'aime bien, ça !) Durant toute la nuit, ils vont se croiser, chacun cherchant a priori son bonheur ailleurs. Évidemment, à chaque fois, cela foire... et de manière assez inattendue, ma foi. J'ai particulièrement apprécié la "course au préservatif". Il convient d'ajouter qu'Allie est confrontée à un extraordinaire échantillon de la gent masculine (ce dont les mecs hétérosexuels ne sortent pas grandis...), notamment deux "princes charmants"... qui se révèlent quelque peu différents de ce qu'ils paraissent. J'ai bien aimé le magicien amateur, mais mon préféré est sans conteste le plus jeune des prétendants d'Allie, un gamin pubère de douze-treize ans, obsédé sexuel, dont sa colocataire lesbienne a la garde, le temps de la nuit des hétéros. (Les homos célib' ont eux/elles aussi droit à leur nuit de débauche, mais à un autre moment, semble-t-il. Quand bien même plusieurs scènes ont un aspect "gay friendly", le film reste dans son ensemble très hétéronormé.)
L'aspect dystopique réside dans le fait que les héros vivent dans un monde où il est interdit aux célibataires d'avoir des rapports sexuels avant le mariage... sauf un jour (une nuit, plutôt) dans l'année. A ce moment-là, New York se transforme en gigantesque baisodrome, une situation dont le film tire un parti comique. Insidieusement, il évoque aussi le risque du retour d'un certain Ordre moral, sous la houlette d'un président des Etats-Unis très âgé et qui semble adepte des formules chocs...
Vous vous demandez peut-être comment le contrôle d'une population tenaillée par ses hormones est possible... Sachez que les scénaristes ont pensé que la technologie pouvait être mise au service de cette semi-dictature ultra-conservatrice. C'est correctement mis en scène.
Cependant, tout n'est pas réussi dans cette comédie faussement rebelle. Ainsi, la première scène entre le héros et sa petite amie (sur le point de le larguer pour pouvoir s'envoyer en l'air durant la "nuit des célibataires"...) est mal jouée. C'est l'occasion de constater que la jeune Maya Hawke (qui incarne ladite copine) a encore du chemin à faire avant de pouvoir rivaliser avec ses augustes géniteurs... Je n'ai pas non plus aimé la fin, que j'ai trouvée assez conne.
Ces réserves émises, j'ai globalement passé un agréable moment, la comédie tenant bien la route.
P.S.
Il y a deux ans, le réalisateur Will Gluck nous avait livré une romcom du même tonneau (dystopie en moins), Tout sauf toi.
11:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

