vendredi, 23 janvier 2026
28 ans plus tard (suite)
Il y a six mois, on avait laissé Ralph Fiennes au milieu de ses tas d'os et Spike (le gamin un peu crétin) au contact d'une bande de cinglés. L'histoire reprend peu de temps après. Le scénario est toujours dû à Alex Garland (rappelez-vous : Civil War), mais, derrière la caméra, Danny Boyle a cédé la place à Nia DaCosta, à laquelle on doit notamment The Marvels. Ce n'était pas forcément bon signe mais, vu le gâchis du précédent film, le changement de réalisateur était pleinement justifié.
Les deux premières séquences mettent en scène deux groupes de personnages qui, dans un premier temps, évoluent séparément, l'intrigue les destinant à se rapprocher. Ces deux séquences donnent aussi le ton du film (saignant, voire gore), chacune comprenant une mise à mort cruelle.
La première intervient dans le groupe de fanatiques réuni autour de l'ancien petit garçon traumatisé du précédent film, devenu gourou satanique, adepte des sacrifices humains. Je dois dire que la mise à mort qui survient est assez surprenante et adroitement mise en scène.
Un degré est franchi lors de la deuxième séquence, qui nous présente le nouvel Alpha des "infectés" de la région. La manière dont il "désosse" l'une de ses victimes est... sidérante.
La douceur finit par arriver, en la personne du médecin Ian, toujours formidablement interprété par Ralph Fiennes, qu'il faut entendre en version originale. Sa diction est sans pareille et il parle un anglais délicieux... qui contraste avec celui pratiqué par les autres personnages, qui parlent soit une langue standard, sans relief, soit un anglais marqué par un fort accent, qui peut être celui du nord de l'Angleterre, ou celui de l’Écosse. (Et vive la V.O. !)
La suite de l'histoire nous permet de comprendre pourquoi cette œuvre de divertissement est interdite aux moins de seize ans. On nous propose une accumulation de tortures et de morts violentes, le tout filmé avec une incroyable crudité. C'est aussi très bien interprété, notamment par Erin Kellyman (vue récemment dans Eleanor the Great), Jack O'Connell (qui a incarné le petit copain d'Amy Winehouse dans Back to Black) et Chi Lewis-Parry, en colosse musculeux de moins en moins hurleur.
Mais c'est sans conteste Ralph Fiennes qui remporte la palme. Il porte son personnage à un degré supérieur. Le médecin solitaire tente de se faire un ami de l'Alpha des infectés, qui lui-même a des sensations bizarres. Ian se prend à espérer pouvoir le guérir. De là naît une ébauche d'amitié, des plus spéciales (sur fond de morphine), entre complicité et violence sous-jacente.
J'ajoute à ces qualités la mise en scène de 35 des 40 dernières minutes : une séquence de folie, de la préparation au déroulement d'une nuit de mystification et de sacrifices, avec un Ralph Fiennes complètement halluciné, une mise en scène inspirée... et la présence d'Iron Maiden !
Les cinq dernières minutes font redescendre la tension et véhiculent clairement un message politique (à destination des habitants des États-Unis comme de l'Europe). L'ultime scène voit le retour d'un personnage du tout premier film (un indice : il coproduit). On nous prépare donc sans doute une suite...
22:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

