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vendredi, 27 février 2026

Chers parents

   Cette comédie populaire est l'adaptation d'une pièce de théâtre (que je n'ai pas vue). Les parents en question sont interprétés par André Dussolier (très bien, même s'il cabotine un peu) et Miou-Miou, que je n'avais pas vue au cinéma depuis Larguées. Ici, elle est une fois de plus formidable, alliant la douceur et la retenue, faisant bien passer les dilemmes qui taraudent son personnage.

   Ces profs à la retraite (politiquement de gauche) ont trois enfants, qu'ils ont essayé d'élever en leur transmettant leurs "valeurs". Arnaud Ducret incarne efficacement l'aîné, le plus volubile, le plus audacieux, qui n'hésite pas à poser les questions qui fâchent. Dans le rôle de la cadette, j'ai retrouvé avec un grand plaisir Pauline Clément (déjà vue dans un film où les protagonistes touchent le gros lot : Heureux gagnants). Le benjamin (le loser de la famille, qui fait très djeunse) est interprété par Thomas Solivérès (qui ne m'avait pas laissé un bon souvenir dans Edmond). C'est peut-être le moins marquant des cinq acteurs. Mais son personnage réserve quelques surprises... tout comme les autres.

   L'un des intérêts de l'intrigue est de nous montrer les personnages sous différents angles, soit qu'il évoluent (au cours de week-end en famille), soit qu'un aspect de leur personnalité ne se révèle, sous la pression de... l'argent.

   C'est l'argument du film : la perspective de toucher (ou pas) une petite fortune change les rapports entre les membres (en apparence soudés) d'une famille de classe moyenne.

   Cela démarre doucement, sur un quiproquo qui hélas ne surprend pas les spectateurs, mais qui est bien joué par ceux qui interprètent les enfants : quand leurs parents leur demandent de venir en urgence, ils imaginent d'abord le pire.

   Cela devient savoureux quand on peut observer les efforts des parents pour ne pas dire, dans un premier temps, qu'ils ont gagné au loto, puis, dans un second temps, pour ne pas révéler le montant de la somme. La direction d'acteurs est vraiment bonne, puisqu'une partie du comique réside dans les silences qui surgissent au détour d'un dialogue. Cela complète bien les non-dits, du côté des parents.

   Évidemment, au bout d'un moment, cela part un peu en sucette. On apprécie ou pas ce dérapage, mais j'ai trouvé les acteurs toujours bien dans leur rôle. L'histoire se termine par deux coups de théâtre, le premier concernant les parents, le second permettant de conclure l'intrigue de manière immorale satisfaisante pour les héros.

   Sur le fond, l'histoire est assez malséante : les valeurs progressistes de quatre des cinq protagonistes résistent mal à l'appât du gain... et celui qui est de droite se révèle un peu plus salaud que prévu. Même si le trait est outré, j'ai trouvé ce portrait de famille pas si éloigné que ça de la réalité. Dans ma déjà longue existence, j'ai eu l'occasion de vérifier que les questions d'argent (même quand elles portent sur des sommes infiniment plus réduites que dans le film) pourrissent les relations intra-familiales.

   P.S.

   Le couple d'amis qui rend visite à la famille (en tandem électrique...) est joué par Frédérique Tirmont et Bernard Alane, qui incarnaient les parents dans la version théâtrale initiale.

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