dimanche, 19 avril 2026
Les Dimanches
Récemment récompensé aux Goya 2026, ce film espagnol s'inspire d'une histoire vraie, celle d'une lycéenne de dix-sept ans, qui annonce à sa famille vouloir effectuer une retraite spirituelle (dans un couvent), avant peut-être, sans doute, d'entrer dans les ordres.
Le contexte familial n'est pas neutre. Ainara (Blanca Soroa, remarquable) partage sa vie entre l'internat du lycée catholique où elle est scolarisée, l'appartement de son père et celui de sa grand-mère, à Bilbao. Il lui arrive aussi de séjourner chez sa tante. Celle-ci joue un peu le rôle de mère de substitution, la mère biologique étant décédée des années auparavant. Ainara ne semble pas apprécier la nouvelle compagne de son père et se sent plus à l'aise avec sa grand-mère qu'avec sa tante, qui n'a pas les mêmes opinions religieuses qu'elle.
Du coup, à l'instar des membres de la famille, on se demande d'où vient cette envie de prendre le voile. Ainara n'agirait-elle pas sur un coup de tête, suite à une déception sentimentale ? (Elle commençait à fréquenter un garçon de la chorale... qui n'est pas du genre monogame.) Est-elle tombée sous le charme du nouveau directeur de conscience du lycée, un jeune curé bien sous tout rapport ? N'est-elle pas plutôt sous l'emprise d'une des religieuses, dont le comportement pourrait s'apparenter à celui d'une membre d'une secte ? Ou alors, à travers cet étonnant projet, ne manifeste-t-elle pas une forme de rejet de sa famille, qui la déçoit ?
La mise en scène maintient longtemps l'incertitude concernant les motivations de la jeune femme. La caméra la suit sans la juger, tout comme elle suit le père (un restaurateur absorbé par son métier) et la tante (une ancienne élève du même établissement religieux, devenue athée et farouchement anticléricale).
Ainara ne nous est pas présentée comme une godiche coupée du monde réel. Elle aime le chant, qu'il soit profane ou religieux. Elle s'habille comme une adolescente de son époque (blue jeans et baskets, quand elle ne porte pas l'uniforme scolaire), utilise un smartphone, sort avec ses amis, boit (un peu) d'alcool.
Le film laisse sa chance à tous les personnages, qui ne sont pas limités à des caricatures. J'ai trouvé cela très intéressant. Sans être d'un style flamboyant, ce long-métrage sort de l'ordinaire. C'est une découverte à faire.
10:18 Publié dans Cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films


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