jeudi, 06 juillet 2006
Volver
Il paraît que cela se prononce "Bolbaire". On l'entend une fois dans le film, lorsque Penélope Cruz chante (ou du moins, à ce qu'il m'a semblé, lorsqu'elle mime le chant qu'une autre personne interprète). C'est un mélodrame humaniste à la sauce almodovarienne. C'est donc plaisant, mais pas génial. (Je préfère de loin la période truculente d'Almodovar, des années 1980 jusqu'à Kika) Il y a des maladresses dans le film, mais, finalement, elles comptent peu au regard du talent des actrices (Carmen Maura, qui incarne Agustina et Lola Duenas, qui joue "Sole", toutes deux plus brillantes que "Pené") et de la force de l'histoire. C'est en cela que c'est un film humaniste, féministe même. Que de bonheur à voir ce portrait du compagnon de l'héroïne, beauf avachi face à la télévision (qui retransmet un match de foot...), enivré de bière ! Les femmes sont des victimes, mais des victimes qui savent se venger : la mère, la fille et la petite dernière.
A un moment, il me semble qu'Almodovar lance une pique à P. Cruz. Raimunda et sa mère sont dans la cuisine et celle-ci, qui vient de la retrouver, lui dit qu'elle n'avait pas cette poitrine autrefois, lui demandant si elle ne s'est pas fait refaire... J'ai revu récemment Jambon jambon (je l'ai acheté avec un numéro du Nouvel Observateur), de l'inénarrable Bigas Luna. Le film a un peu vieilli... mais l'anatomie de P. Cruz y est bien mise en valeur. En regardant Volver, je me suis dit que Penélope avait pris un peu de poitrine (et peut-être aussi fait retoucher sa dentition)...
15:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma
Le coupe du monde des marques (2)
Quelques informations complémentaires ont été données par Le Monde daté du 1er juillet 2006. La France est donc bien le bourreau de Nike (quel sale pays d'altermondialistes, quand même !), puisqu'après avoir vaincu le Brésil, elle a battu le Portugal, dernier porte-étendard de cette marque. Adidas se retrouve en finale de son mondial (allemand)... mais sans l'Allemagne. L'article du Monde semble dire que le ballon utilisé le soir de la finale portera le logo de la marque allemande. On se dit que nos amis teutons doivent penser pis que pendre de l'Italie, tombeur de la "Mannschaft". Peut-être que non : le sponsor officiel des Transalpins n'est autre que Puma (le rival germanique d'Adidas), qui donc n'a pas soutenu que des équipes africaines. Pour qui le coeur des Allemands va-t-il pencher ?
En attendant, les Portugais qui habitent ma rue ont été calmes. Je ne vous raconte pas l'animation qu'ils avaient mise pendant le championnat d'Europe de 2004. Nous fûmes un certain nombre à nous réjouir de la victoire grecque en finale : la nuit fut tranquille. Cette semaine, ils n'étaient pas très joyeux à l'idée de rencontrer la France. Ils auraient préféré le Brésil, pour des raisons culturelles sans doute, mais aussi parce qu'ils auraient alors eu le statut d' "outsider". Je ne ressens pas trop d'aigreur de leur part ce matin ; j'ai même entendu des jeunes souhaiter la victoire de la France contre l'Italie (et je pense qu'ils étaient sincères).
15:05 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : *de tout et de rien*
mardi, 04 juillet 2006
Watermarks
C'est un documentaire franco-israélien, pas très long (1h15), qui s'attache à l'histoire d'un club de natation féminin juif autrichien, en particulier dans l'entre-deux-guerres mondiales. Vous imaginez bien que le contexte des années 1930 (montée du nazisme, Anschluss...) ne fut pas sans influencer la vie de ces jeunes femmes. Certaines d'entre elles, octogénaires, sont interrogées. Leurs témoignages sont mis en relation avec des documents d'époque. On revoit ainsi des images des Jeux Olympiques de Berlin de 1936 (auxquels une des nageuses a refusé de participer, ce dont les dirigeants autrichiens lui ont très longtemps tenu rigueur...), avec ces délégations (Français compris...) qui, en passant devant la tribune d'Hitler, font le salut nazi (pas toutes : les Américains ôtent leur chapeau... bien joué, les gars !). Ce club (nommé Hakoah, il comptait des membres masculins et féminins, dans de nombreux sports) a formé une ribambelle de championnes, qui se sont illustrées dans les compétitions nationales et internationales (j'ai même appris à cette occasion que des sortes de "JO juifs" ont été organisés dans la Palestine britannique). Le film revient notamment sur l'antisémitisme dans lequel baignait l'Autriche déjà avant l'annexion allemande. Soyez attentifs lorsque le défilé de la flamme olympique en Autriche est raconté...
Mais le film narre aussi les retrouvailles de ces femmes âgées, dans la piscine de leurs exploits. Le retour en Autriche est l'occasion de revivre le passé, dans ce qu'il a de bon et de mauvais (un chauffeur de taxi déclare à l'une des ex-championnes qu'elle n'était "pas allemande"...). Tous les membres du club ont pu échapper au génocide. Ils se sont dispersés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Israël.
Le site du film (en anglais)
http://www.kino.com/watermarks/
13:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma
lundi, 03 juillet 2006
Slevin
C'est un polar achm'ent bien foutu, avec une pléiade d'acteurs au mieux de leur forme : Bruce Willis (sobre), Morgan Freeman (classe), Ben Kingsley (pointu), Lucy Liu (sublime... c'est quand tu veux, baby)... même Josh Harnett ! Le scénario est bien ficelé, on se fait embrouiller en moins de deux...Il faut donc dès le début être vigilant : ce que l'on nous raconte ou nous montre comme le passé (plus ou moins récent) peut être bidonné. L'humour est présent. Petit bémol : la violence, souvent gratuite. Le film aurait pu s'en passer sans perdre en efficacité (et il aurait ainsi évité l'interdiction aux moins de 16 ans).
NE LISEZ PAS LA SUITE AVANT D'AVOIR VU LE FILM... SAUF SI VOUS ÊTES FIN BOURRES !!
De manière sous-jacente, le film véhicule l'idée que les "bons" sont les WASP : Bruce Willis et Josh Harnett... avec l'exception Lucy Liu. Les méchants sont les gangsters, soit juifs (Kingsley incarne avec talent une caricature de juif fortuné superstitieux et âpre au gain), soit noirs (quel bande de voyous ces Noirs), soit d'origine étrangère (un porte un nom à consonance polonaise). Reste l'exception Lucy Liu, vraiment formidable dans ce rôle (je ne le répèterai jamais assez).
Au second degré, on peut parler de mise en abyme. Josh Harnett est un acteur qui, dans ce film, interprète un personnage qui joue un rôle. De plus, il accède au statut de star (aux côtés de Bruce Willis quand même, faut pas pousser non plus). Les "vieux" acteurs (Freeman, Kingsley) sont vaincus par le petit jeune qui monte, Harnett. Au début du film, il passe son temps en serviette de bain, ce qui permet à tous les fans d'admirer son torse parfait : c'est le beau gosse de 40 jours et 40 nuits qui fait de la figuration, au service des grosses pointures. Finalement, c'est lui qui joue le rôle principal, qui manipule tout son monde.
Pour terminer, je me dois de signaler une faiblesse du film : pour maintenir le suspens, dans certaines scènes se référant au passé (plus ou moins récent), plusieurs personnages ne sont pas montrés de face (on les voit de dos, ou on ne voit que leurs jambes). A la fin, ces mêmes scènes réapparaissent, sous un autre angle. Par contre, l'agression du début et le coup de téléphone donné par Harnett à "Nick" sont bidons. Ici, la réalisation joue la facilité : il aurait fallu trouver un moyen qui permette ensuite de comprendre que cette partie du film était la fiction dans la fiction.
16:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

