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vendredi, 02 octobre 2026

Les Héros du Louvre

   Élie Chouraqui s'inspire de l'histoire de son grand-père, devenu veilleur de nuit au Louvre dans les années 1930, pour évoquer l'un des plus formidables sauvetages d’œuvres d'art, pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est pas la première fois que cet épisode est abordé sur grand écran. On a déjà eu droit au documentaire (Francofonia) et à la fiction (Monuments Men). Ces deux œuvres n'étant pas de pleines réussites, il y avait donc de la place pour une nouvelle évocation.

   Le début n'est pas si mal que cela, lorsque l'on voit la (futur) grand-père déambuler, la nuit, d'une salle à l'autre du musée. On aurait aimé que la suite soit du même tonneau... ce qui n'est pas le cas.

   La principal problème récurrent est la direction d'acteurs, maladroite, à tel point que certaines scènes sont "dégoulinantes" (d'amour familial ou de pathos). C'est de plus lourdement souligné par la musique. On sent les bonnes intentions derrière, mais le résultat n'est pas emballant.

   Cela respire quand même un peu quand la petite troupe (le veilleur de nuit et toute sa famille) part en fourgon avec, à l'arrière, des trésors de peinture et de sculpture, notamment la Joconde, dont on prend la peine de signaler qu'elle a d'abord été livrée à Loc-Dieu, dans l'Aveyron.

   Mais ces pérégrinations ont beau être intéressantes, le jeu des acteurs gâche tout. Kad Merad n'est pas le pire, mais cela manque de relief. Le seul point vraiment intéressant dans son personnage est son amour de la culture française. Il incarne un des juifs "fous de la République" et un immigré d'origine algérienne qui s'est coulé dans le moule. Ici, le message dépasse l'époque les années 1940, Chouraqui dénonçant au passage le regain d'antisémitisme que connaît notre pays ainsi que le défaut d'assimilation de nouvelles vagues d'immigrés.

   Aux maladresses s'ajoutent parfois des erreurs. Ainsi, dans un dialogue à l'intérieur du fourgon, la ville d'Oloron-Sainte-Marie (située dans le Béarn) est confondue avec l'île d'Oléron (en Charente-Maritime), une "coquille verbale" qui aurait due être corrigé lors du doublage. Plus grave : sans que ce soit clairement dit aux spectateurs, on passe d'une scène à l'autre de la fin de 1940 au milieu de 1942. Le contexte est pourtant très différent. Certains des scènes de cette partie en deviennent incohérentes.

   Voilà. Je ne vais pas m'acharner. Le film n'intéressera que les passionnés de la Seconde Guerre mondiale peu regardants sur la qualité cinématographique. Message aux producteurs : il faut contraindre Élie Chouraqui à travailler avec (au moins) un scénariste-dialoguiste.

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