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vendredi, 02 octobre 2026

Les Contrebandiers

   Tourné en Bavière mais censé se dérouler en Oregon (dans le nord-ouest des États-Unis), en 1933 (au tout début du New Deal de Franklin Roosevelt), ce survival met en scène un groupe de délinquants, au départ condamnés à casser du caillou, mais qu'une surprenante proposition va inciter à se lancer dans une incroyable randonnée.

   On commence par découvrir Samuel Murphy (Ethan Hawke, formidable), un père au chômage, habile mécanicien, qui peine à gagner de quoi le faire vivre, lui et sa charmante gamine, tous deux encore marqués par le décès de l'épouse / la maman. Cela pourrait être misérabiliste, mais c'est filmé avec dignité... et une pointe d'humour, même si l'ambiance n'est pas d'une folle gaité.

   Dans des circonstances que je me garderai de révéler, Murphy se retrouve en taule, puis casseur de cailloux, en compagnie d'une brochette de types patibulaires (mais presque). Le patron de cette sorte d'atelier de réinsertion est un type un peu louche, un peu dégueu, un peu mystérieux : Clancy, bien incarné par Russell Crowe... qu'on voit finalement assez peu dans le film.

   Ceux que l'on voit le plus sont les autres condamnés, avec des "trognes" qui pourraient sortir d'un film de Sergio Leone. Ils sont accompagnés par des "associés" de Clancy, à la gâchette facile. Bref, c'est une ambiance de couilles, plus ou moins grosses, sans doute très poilues. L'absence d'odorama nous épargne les effluves de transpiration, de pieds sales et de pisse froide.

   La seule véritable présence féminine est celle d'Anna, une Amérindienne pas très causante, mais très débrouillarde, qui se greffe sur l'équipée de mecs pour échapper à l'ambiance déliquescente d'une petite mine d'or. Les mecs l'acceptent d'abord en pensant qu'elle leur fera la cuisine... (Dans le rôle, Julia Jones, remarquée dans Wind River et Sang froid, est remarquable.)

   Il n'y a donc pas beaucoup de beaux sentiments dans cette histoire. Inégalités sociales, prédation, misogynie et racisme se côtoient allègrement. Fort heureusement, de temps à l'autre, un brin d'entraide, d'humanité, adoucit une scène.

   Les acteurs sont bons, la musique (souvent jouée avec des instruments inhabituels) parfaitement adaptée à l'ambiance. La mise en scène est parfois inventive. Padraic McKinley, connu jusqu'à présent pour son travail sur des séries, se débrouille très bien et nous offre quelques moments particulièrement bien conçus, comme le déplacement collectif d'un gros roc, le franchissement d'un pont suspendu ou encore un assassinat en plein orage nocturne, avec pour seul éclairage le jaillissement des éclairs. Cette séquence est particulièrement saisissante.

   Dans la salle, le public a été captivé du début à la fin.

21:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

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