dimanche, 23 décembre 2007
I'm not there
C'est un biopic (biographic picture) un peu barge (censément être à l'image du personnage), six acteurs incarnant Bob Dylan à un moment différent de sa vie, ou dans un état différent. J'ai été attiré par le procédé... et par la présence de Cate Blanchett au générique. (On y voit aussi Charlotte Gainsbourg, qui interprète celle qui fut la compagne frenchie de la vedette.)
Je ne suis pas fan de Dylan, à la base. Pour moi, c'est une icône gauchiste des mouvements protestataires des années 1960-1970. Je n'ai donc sans doute pas saisi toutes les allusions glissées dans le film.
En tout cas, force est de constater que ce long-métrage déconstruit le mythe : Dylan y apparaît mystificateur, faux jeton, alcoolo, drogué, habile musicos ceci dit... et finalement creux. Je ne sais pas si tel était le but du réalisateur, en tout cas, c'est comme cela que je l'ai ressenti. C'est globalement bien joué. Cate Blanchett notamment confirme son grand talent : androgyne, elle est parfaite dans le rôle de la star volontairement obscure. Les plus belles séquences sont celles qui montrent l'Amérique "d'en bas", celle supposée évoquée dans des chansons de Dylan. La photographie est belle dans ces moments-là. De manière plus générale, le noir et blanc sied parfaitement à cette histoire. Todd Haynes s'essaie à l'inventivité visuelle, avec succès ma foi.
Par contre, qu'est-ce que les dialogues sont chiants !!! Le vide intersidéral du personnage principal déteint sur le film, beaucoup trop long de surcroît. (Je vous assure que j'ai bien senti les 2h15... et encore, je ne fais pas partie de ceux qui se sont endormis pendant le film !) Reste la musique, agréable.
21:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
vendredi, 21 décembre 2007
Bee movie
Attention, c'est un "dessin animé" plutôt destiné à un public adolescent et adulte. Beaucoup de choses (en particulier les sous-entendus et quelques gags) peuvent passer au-dessus de la tête des bambins. Ils apprécieront néanmoins le rythme de l'action (avec une séquence de poursuite automobile époustouflante... scène de dialogues sur un pare-brise à la clé !), les rebondissements (parfois assénés un peu trop rapidement... le montage n'est pas optimal) et l'humour, en particulier le décalage entre le monde des humains et celui des abeilles (et tous les gags liés à la différence de tailles).
Mais le film est surtout intéressant pour ce qu'il nous dit du monde des humains, non pas à travers les hommes et femmes représentés, mais à travers la vie des abeilles, symbolisant l'organisation des sociétés humaines, centrées sur le travail. Il est question des inégalités, du sens de la vie, de l'importance du travail : c'est de ce point de vue l'anti "An 01" (on arrête tout et on réfléchit), puisque tout s'effondre dès que les abeilles, après avoir gagné leur procès, cessent leur activité.
Mais on y décrit aussi les turpitudes d'une catégorie très prospère aux Etats-Unis : les avocats. J'ai bien aimé la remarque du moustique, à la fin : de suceur de sang à avocat, la marche n'est pas grande, puisque l'acquisition d'un attaché-case suffit ! J. Seinfeld est sensible au juridisme états-unien... et à l'écologie. Ce film est un plaidoyer en faveur de ces insectes, menacés ici par l'enfumage industriel... en réalité par les fabricants de pesticides, qu'on n'a pas osé attaquer de front... sans doute par crainte de suites judiciaires... Décidément, on ne sort pas des manuels de Droit !
J'ai un regret : j'ai vu le film en version française, ce qui m'a privé de la voix de Renée Zellweger, qui incarne (dans la version originale) la charmante fleuriste Vanessa, quintessence de la New-Yorkaise aisée, féministe, écolo et soignée (un pendant outre-atlantique de la Parisienne).
22:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
jeudi, 20 décembre 2007
Il était une fois...
Cela commence comme un conte de fées... puis ça dérape, mais pas trop. Un Indien débarqué chez nous y verrait comme une adaptation locale du style "Bollywood" : c'est hyper sucré, limite nunuche et parcouru de séquences chantées et/ou dansées. C'est d'ailleurs le point faible du film en version française : on a voulu doubler les chansons (Disney a des moyens, que voulez-vous), au lieu de laisser les voix d'origine, accompagnées d'un sous-titrage. Mauvais choix.
Cela n'empêche pas le film d'être bourré de qualités. La première est la réussite de l'animation, au niveau des animaux qui entourent la princesse dans la "vie réelle". C'est parfois magnifique et j'ai adoré toutes les séquences avec l'écureuil (un petit clone du héros de Ratatouille ?), en particulier celles où il mime un méchant et la princesse. Les acteurs sont bons. Le prince charmant (James Madsen... oui, "cyclope"... excellent !) est un crétin, mais un gentil crétin d'une franchise désarmante. Le vrai charmant est une sorte de Guillaume Canet états-unien. Susan Sarandon prête ses traits à la méchante, de manière très convaincante. La petite Amy Adams s'en sort bien : pas facile d'incarner de manière plausible une ingénue aux pouvoirs surnaturels qui évolue vers plus de maturité.
La première partie est un dessin animé "classique", qui mélange des références à Blanche Neige et les sept nains, Cendrillon, La Belle au bois dormant et Bambi (entre autres). Disney a mis le paquet de guimauve et les grosses caisses : c'est qu'on se livre à de l'autoparodie ! Au passage, on en profite pour se payer la tête de ces enfoirés de Dreamworks : un ogre vert (façon Shrek) est ridiculisé... au besoin avec de l'humour glauque ("morval" dirais-je)... ça vous apprendra à vous fiche de nos beaux films dans les vôtres, non mais !
Après, ça déchire. On a le choc des cultures entre les personnages issus des contes et les "vraies gens". Je recommande la découverte de la télévision (et d'une télénovela particulièrement puissante) par le prince charmant et l'acolyte fourbe.
Au bout de 20 minutes, on sait ce qu'il va se passer, mais ce n'est pas grave. On a droit à un peu plus de 1h30 de détente, parfumée de romantisme.
12:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

