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dimanche, 30 décembre 2007

Ce que mes yeux ont vu

   La peinture vous intéresse, mais vous trouvez que, trop souvent, elle est la chasse gardée d'une caste de snobs ? Alors ce film est pour vous ! Il s'agit d'un polar pictural, sur le fond et sur la forme (avec de très jolis plans de détails et des scènes de "scanner" passionnantes... il m'a semblé percevoir l'influence du Blow up d'Antonioni, pour tout dire).

   L’œuvre du peintre Watteau est au cœur de l'intrigue. La distribution déchire : Sylvie Testud incarne avec grand talent (on a l'habitude, mais ça ne fait pas de mal de le répéter) une étudiante opiniâtre, face à un universitaire reconnu, interprété avec classe par Jean-Pierre Marielle. Là-dessus se greffe une histoire d'amour peu commune avec un sourd-muet (James Thiérrée excellent) qui voit ce que cache la surface des choses...

   C'est plastiquement très réussi (avec un bon accompagnement musical), prenant, surprenant même !

14:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

samedi, 29 décembre 2007

Paysages manufacturés

   Ce film est consacré au travail d'un photographe canadien anglophone, Edward Burtynsky, et à ses voyages. Le concept est le suivant : une séquence filmée sert à introduire une photographie. A l'exception d'une incursion au Bangladesh, toutes les séquences ont été tournées en Chine, même si le propos du film vise à l'universel : en artificialisant son territoire à l'extrême, l'être humain perd la substance de son existence.

   Ca a l'air quasi kantien, dit comme cela, mais en fait c'est un fantastique voyage dans la Chine contemporaine. Cela commence par un magnifique travelling dans une usine de confection. On découvre un peu plus tard qu'on y fabrique notamment des fers à repasser. Tout est dit sur la géométrisation de l'espace, la soumission des employés à une organisation économique rartionnelle, la hiérarchisation des rapports humains. Au détour d'un plan, on découvre la dextérité dont nombre de ces ouvriers(ères) font preuve, pour un salaire modique. Par la suite, on aura un aperçu de la récupération des déchets industriels, d'un chantier naval de destruction (au Bangladesh), de la transformation de la région du barrage des Trois-Gorges (avec ce moment extraordinaire qui voit les habitants détruire leur propre ville ou village condamnée par la future montée des eaux du lac de retenue... ils sont payés à la brique récupérée !).

   Le film, tout en reconnaissant les apports positifs de la "modernisation" de la Chine, pointe l'augmentation des inégalités, qui frappent par exemple les personnes âgées, en particulier à travers la frénésie immobilière qui saisit les grandes villes comme Shanghai.

17:05 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

vendredi, 28 décembre 2007

La clef

   Casting d'enfer pour ce polar de Guillaume Nicloux. On y trouve Guillaume Canet (très bien), Marie Gillain (très bien aussi... pis craquante en plus... bon d'accord, chuis pas objectif), Jean Rochefort (très bien en vieux renard sur le retour), Vanessa Paradis (le point faible de la distribution, à mon avis), Josiane Balasko (avec laquelle le réalisateur nous refait le coup de Cette femme-là), Thierry Lhermitte (à voir absolument pour ceux qui ne le croient pas capable d'interpréter d'autres personnages que comiques)... je vous passe les seconds rôles, tous excellents.

   Les dialogues sont bons (sauf peut-être dans les scènes Paradis-Canet), l'intrigue prenante. Le montage renforce cette impression : deux histoires (liées, bien entendu, tout l'intérêt étant de découvrir, au fur et à mesure, les éléments qui les rattachent) se déroulent alternativement, sous nos yeux, à 30 ans d'intervalle dans la "réalité".

   On a reproché à G. Nicloux son goût pour le "glauque". Il n'est que le reflet d'une certaine réalité sociale (et délinquante), sur laquelle s'appuie tout bon film policier. A la différence de bien de ses prédécesseurs, le réalisateur n'atténue en rien la violence du Milieu, sans faire preuve de complaisance. Le tout est certes bien "enrobé" : la photographie est soignée, la musique au diapason de l'ambiance.

   On a aussi reproché la fin, supposée bâclée... N'importe quoi.

  Qu'est-ce que c'est que ces cons qui font la fine bouche ! Le pire est que le mauvais accueil critique (dont pourtant je me méfie) a failli me détourner de ce film ! Croyez-moi, si vous aimez les polars, vous passerez un bon moment.

17:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

mercredi, 26 décembre 2007

Les animaux amoureux

   J'aime les documentaires animaliers, à condition qu'ils ne soient pas très scénarisés, non pas dans leur montage (il faut bien donner un minimum de cohérence aux prises de vue), mais dans le déroulement de ce qui est filmé : l'être humain ne doit pas influer sur la vie des animaux qui sont filmés. C'est pour cela que je préfère aller voir Les animaux amoureux plutôt que Le renard et l'enfant (ou encore bientôt Mèche blanche), même si ce dernier n'est sans doute pas sans qualité.

   L'introduction est poussive : on nous impose un commentaire lénifiant dit par Cécile de France. Il est question de "magie de l'amour" alors que les animaux sont mus essentiellement par les pulsions du rut. Vouloir à tout prix en faire des cousins des êtres humains est à mon avis une erreur... sauf dans le cas des singes, qui nous ressemblent vraiment : ils se font des bisous comme nous, ils pratiquent le "missionnaire" (je ne sais pas s'il faut s'en réjouir...), s'occupent de leur progéniture à la manière d'humains (responsables... y a des parents indignes chez nous). Cela m'amène à un autre défaut du film : la systématisation de la procréation. Pour dire les choses plus clairement, le coït semble n'être que l'introduction (!) à la maternité...

   Les parades amoureuses sont variées, souvent très jolies, pittoresques (ah les grenouilles, les dindons) voire hilarantes. Les oiseaux sont privilégiés, même si l'on nous propose des mammifères et des insectes. J'ai adoré la scène de ménage entre le lion et la lionne : les deux sont en train de se dorer la pilule au soleil ; visiblement le mâle, les burnes à l'air,  ressent comme un picotement au niveau du bas-ventre ; il essaie de se faire comprendre de sa compagne, qui rechigne à se faire culbuter comme ça sans façon. Je vous laisse découvrir la fin... Il y a bien sûr compétition entre les mâles. On s'attend à un combat de cervidés, qui finit par arriver, impressionnant. On rira aussi aux prises de bec, aux coups de papattes des lièvres, aux folles courses des oiseaux sur l'eau. On s'esclaffera aux grands coups de tête dans les fesses administrés par les girafes (si, si !).

   Les images (sur grand écran svp) sont souvent magnifiques, la musique d'accompagnement est bien dosée, à l'unisson des images, pas envahissante.

   Tout ça pour dire : MERDE AUX CHASSEURS !

16:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

mardi, 25 décembre 2007

Tous à l'ouest

   C'est l'adaptation d'un épisode des aventures de Lucky Luke, La Caravane (époque Goscinny-Morris). L'esprit de René Goscinny souffle donc sur ce film d'animation. (Au générique, la mention de l' "aimable collaboration" d'Anne Goscinny, la fille, est là pour rassurer les puristes.)

   En effet, c'est drôle. Les dialogues sont parsemés de jeux de mots, de blagues parfois anachroniques. (On peut s'amuser à relever les références...) Des effets visuels viennent conforter cette impression. On a aussi choisi un mode surréaliste pour traiter des aventures du cowboy solitaire : les explosions ne tuent pas, les lois de la gravité ne s'appliquent pas tout à fait et les animaux parlent. C'est ce qu'il fallait faire. Il y a parfois un petit côté Tex Avery dans certaines scènes.

   Au niveau des voix, le choix de Clovis Cornillac pour Joe Dalton (un peu inspiré par Louis de Funès, à mon avis) est excellent. J'ai aussi beaucoup aimé l'interprétation de Michael Lonsdale, parfait en notaire rondouillard et véreux. Marie Vincent (dont on entend souvent la voix dans les films d'animation doublés en français) vient apporter une touche gouailleuse, à la Arletty, dans un rôle chevalin assez piquant !

   Ceci dit, si l'on rit, c'est rarement aux éclats. On sourit souvent. Ce n'est déjà pas si mal.

17:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma