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samedi, 31 mai 2014

Les Chèvres de ma mère

   Cette mère est Marguerite Audier, éleveuse de chèvres dans le Var, sur le plateau de Saint-Maymes, dans une ancienne commanderie templière créée au XIIe siècle, où elle et son compagnon tiennent aussi un gîte :

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   La fille n'est pas Anne-Sophie, l'agricultrice qui veut reprendre la ferme, mais la réalisatrice, Sophie Audier. Dans le passionnant dossier de presse accessible sur le site Jour2Fête, elle explique son parcours et pourquoi elle a choisi de ne pas succéder à sa mère. Il n'en est quasiment pas question dans le film, qui se concentre sur les relations entre la future retraitée et la future exploitante, qui veut s'installer avec son conjoint, qui élève des ovins. (On le voit un petit peu, en fin de film.)

   "Maguy" est une éleveuse atypique. Elle n'est pas issue du monde agricole et a débuté en 1973, à partir de rien. Elle et son compagnon sont sans doute d'anciens "babas cools", qui ont refusé le monde moderne et ses contraintes. La traite et la fabrication de fromages (réputés dans la région) se font donc à l'ancienne. L'un des intérêts du documentaire est de confronter les générations et les points de vue. A l'écran, on ne nous montre pas de conflit tranché, juste quelques divergences de point de vue. Les deux femmes semblent assez bien s'accorder.

   J'ai été particulièrement sensible à la qualité de l'image. Les paysages de montagne sont magnifiques et les bêtes sont très bien filmées. Chèvres, bouc, chevreaux, âne "passent bien" à l'écran... y compris la chatte dont, à un moment, rien ne laisse deviner la présence, avant que l'on entende son ronronnement grave, puis que l'on voie la pointe de ses oreilles ! Cet aspect bucolique ne masque cependant pas les difficultés de la vie paysanne dans ce milieu : entre la conduite du troupeau, les mises bas et le retour des loups, il y a de quoi s'inquiéter.

   Si les deux femmes sont calmes, c'est la plus ancienne, Maguy, qui s'affirme le plus dans le documentaire. On sent la femme de convictions, qui, patiemment, a su construire sa vie autour de son projet professionnel. La jeune Anne-Sophie a plus de mal à s'affirmer... d'autant qu'elle est filmée par la fille de l'agricultrice. Mais c'est dans la dernière partie du film qu'on la sent le plus en difficulté : les tracasseries administratives remettent en question son installation.

   Et puis il y a ce moment d'émotion intense, quand Maguy se sépare de la majorité de ses bêtes (elle en garde quelques-unes : les chèvres les moins bien conformées et le magnifique âne). On est ému avec elle.

   C'est vraiment un beau film.

12:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

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