dimanche, 15 mars 2026
Victoire des listes "teyssèdriennes" à Rodez
J'ai choisi ce titre un brin provocateur pour ébaucher le bilan du premier tour des élections municipales dans le chef-lieu de l'Aveyron. Christian Teyssèdre (ex-PS, ex-macroniste) a été élu maire une première fois en 2008, puis réélu en 2014 et en 2020. En 2008, il menait une liste d'union de la gauche... dont on retrouve certains éléments, dix-huit ans plus tard... sur les quatre listes en concurrence aujourd'hui (et qui pourront se maintenir au second tour).
A tout seigneur, tout honneur : commençons par la liste officiellement estampillée Teyssèdre qui, selon le ministère de l'Intérieur, serait arrivée en tête, de justesse (à 52 voix près). De l'équipe victorieuse en 2008 ne restent que l'actuel maire et sa fidèle adjointe, Monique Bultel-Herment. S'ajoutent celles et ceux qui ont intégré le groupe lors de la campagne de 2014 : Francis Fournié (qui, en 2008, était présent sur une liste concurrente, celle menée par Jean-Louis Chauzy), Nathalie Sépart et Laure Colin. En 2020, ont rejoint l'équipe du maire Frédéric Rubio, Christophe Lauras, Céline Alauzet, Nadia Abbou, Jean-François Bouges, Régine Taussat, Alain Raunat, Benjamin Gombert et Marie-France Sounillac. Si j'ai bien compté, 14 des 35 membres de l'actuelle liste sont des "anciens".
Christian Teyssèdre a donc renouvelé plus de la moitié de son groupe... et il a un peu pioché à droite, tout comme en 2020. Ainsi, quatre des membres de sa liste figuraient en 2014 sur celle de son principal concurrent, Yves Censi (fils de Marc Censi, prédécesseur de C. Teyssèdre à la mairie de Rodez) : Nathalie Auguy-Périé, Régine Taussat, Eric Mazzetti et Jean-Marc Molinier. C'est donc une liste gauche-droite que mène le maire sortant... ce qui a d'ailleurs peut-être empêché la constitution d'une liste rivale LR-UDI, Teyssèdre étant même soutenu par certaines personnalités départementales de droite. Cependant, son résultat du premier tour (35 %, soit 3 082 voix) n'est pas si bon que cela. C'est certes plus que les 2 378 de 2020 (l'épidémie de Covid expliquant la faible participation), mais c'est moins qu'en 2014 (3 857 voix) et surtout moins qu'en 2008 (5 243 voix). Le second tour nous dira si, pour Christian Teyssèdre, ce n'était pas la campagne de trop.
Son principal concurrent est Stéphane Mazars, actuellement député (Ensemble) de la première circonscription de l'Aveyron... et qui figurait sur les listes Teyssèdre de 2008 et 2014 ! Il a d'ailleurs emmené avec lui deux anciens conseillers municipaux "teyssèdriens" : Pierre Bessière (promo 2014) Olivier Nicolas (un ex de 2020, lui). Figure aussi sur sa liste Serge Julien qui, en 2020, a mené une liste divers droite. (En 2008, il était même présent sur la liste Soulié, soutenue par l'ancien maire Marc Censi.) Il s'agit donc là aussi d'une liste "en même temps" (gauche et droite), à ceci près que, contrairement à Christian Teyssèdre, Stéphane Mazars est resté macroniste. Au vu des résultats du premier tour, c'est le seul qui semble en mesure de battre le maire sortant... et il était d'ailleurs donné favori du second tour par le seul sondage publié lors de la campagne électorale... qui semble n'avoir toutefois testé que des triangulaires, pas de quadrangulaire. Celle-ci (si toutes les listes se maintiennent) pourrait permettre à Christian Teyssèdre de gagner son pari.
Son avenir dépend donc de ses anciens colistiers, notamment de Sarah Vidal, dont la liste de gauche (soutenue par la présidente du Conseil régional d'Occitanie, Carole Delga) arrive troisième, mais avec seulement 18,5 % des voix. Sa liste compte quatre anciens conseillers municipaux "teyssèdriens" : Sarah Vidal et l'historien local Jean-Michel Cosson ont été de l'aventure en 2008, 2014 et 2020 avec le maire sortant. S'ajoutent Arnaud Combet (élu en 2014 et 2020) et Mathilde Faux (en 2020). Sur cette liste assez diversifiée apparaissent deux profils un peu différents : David Olier (qui fut déjà candidat, en 2014, mais sur la liste Serieys, du Front de Gauche, ancêtre de La France Insoumise) et Fabien Austruy (lui aussi candidat en 2014, mai sur la liste -de droite- conduite par Yves Censi).
Il nous reste à voir "le petit Poucet" de cette campagne ruthénoise, la liste Rodez Citoyen, arrivée bonne quatrième de ce premier tour, avec 12 % des voix, en net recul par rapport à 2014, la liste alors menée par Matthieu Lebrun (placé en n°7 aujourd'hui) ayant recueilli presque un quart des suffrages exprimés... mais dans un contexte de faible participation.
C'est la plus à gauche des quatre listes (et celle où l'on trouve peut-être le moins de "notables")... et, comme les autres, elle compte en son sein d'anciens colistiers de Christian Teyssèdre, tous présents uniquement en 2008 : Chantal Combelles, Jean-Jacques Civadier et Pierre Raynal. Dès 2014, ils ont formé une opposition de gauche au maire de Rodez, d'abord sur la liste Bérardi (dont cinq membres de 2014 figurent sur la liste conduite par Florent Monteillet), puis sur la liste Lebrun (dont je crois que huit membres encadrent F. Monteillet aujourd'hui).
Il reste que, pour l'instant, c'est Stéphane Mazars qui semble avoir le vent en poupe (il a peu de retard à rattraper sur le maire de Rodez). Mais, si les autres listes se maintiennent au second tour, un réflexe légitimiste d'une partie de l'électorat pourrait permettre à Christian Teyssèdre (qui a un bon bilan) de l'emporter. D'un point de vue tactique, si deux listes parviennent à fusionner, elles pourraient former la nouvelle équipe gagnante. A la place de Sarah Vidal, je demanderais le poste de Première adjointe...
23:13 Publié dans Aveyron, mon amour, Politique, Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, france, occitanie, actu, actualite, actualites, actualité, actualités

