Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 12 avril 2026

Le Gorafi... version papier

   C'est l'événement intersidéral du début de ce mois d'avril 2026 : la sortie d'une version papier du célèbre site parodique d'information (dont je crois utile de rappeler que le titre est une anagramme du Figaro).

presse,médias,journalisme,actualité,actualités,actualite,actualites,actu

   Depuis une quinzaine d'années, quelques plumes anonymes réjouissent les internautes avec leur présentation décalée de l'actualité. Il était grand temps que le public qui ne consulte pas internet et se contente de la lecture de la presse papier puisse accéder à la quintessence de l'humour socio-politique français.

   Encore récemment, le site s'est fait remarquer par son traitement de certains sujets "chauds", comme le conflit au Moyen-Orient, évoquant à ce sujet les terribles représailles des Émirats arabes unis (après les frappes de l'Iran), qui auraient parachuté 3000 influenceurs sur Téhéran. C'est dire à quelles extrémités sont conduits les belligérants. Le Gorafi a aussi révélé (en exclusivité mondiale) que "Donald Trump annonce avoir abattu le successeur du prochain successeur du successeur d'Ali Khanenei".

   Fort heureusement, la version papier est de la même veine. Dès la première page, on est cueilli par une tragique nouvelle : « DISNEYLAND PARIS Dingo euthanasié après avoir mordu un visiteur ». Notons que l'autodérision n'est pas absente du numéro, puisque cette même Une comporte ce piquant entrefilet : « Les lecteurs du Gorafi stupéfaits de découvrir qu'il y avait un article après le titre ».

   Tout (ou presque, l'Ours contenant -obligation légale- quelques informations bien réelles) est délicieusement faux dans les seize pages (vendues 6 euros 99) : les titres, les articles, les publicités, les jeux, les annonces et même l'horoscope... un regret pour moi : l'originalité (par rapport à la presse officielle) aurait plutôt été de publier des prédictions astrologiques authentiques.

   On se régalera toutefois avec l'annonce de la fin de la construction l'échafaudage de la Sagrada Familia, l'invasion des Etats-Unis par le Groenland, l'évacuation des locaux de RMC après une alerte au chroniqueur de gauche...

   Les papiers sociétaux ne manquent pas de piquant non plus. On nous parle de faits insolites, comme cet homme qui ne se remet pas au sport après une rupture, ce chat qui... utilise son arbre à chat, ou encore la peine de prison ferme infligée à ce couple qui avait forcé ses enfants à grandir à Châteauroux... (Mes amitiés aux Castelroussins, nombreux à consulter régulièrement ce site.)

   Du côté des publicités, je signale celle pour Ecocidia, le premier moteur de recherche anti-écolo et celle pour Trufina, une marque de croquettes pour chien "saveur nourrisson" (avec une chtite jolie photo sur le paquet de croquettes)...

   J'ai dévoré cela au café, en riant comme un con... ce qui ne m'était pas arrivé depuis très longtemps en consultant un organe de presse.

vendredi, 20 mars 2026

Un plat qui se mange froid

   Les proverbes et autres adages populaires sont aujourd'hui souvent méprisés, mais il arrive parfois qu'ils s'appliquent miraculeusement bien à certaines situations contemporaines. J'en veux pour preuve l'actuelle campagne des municipales à Rodez, qui est sur le point de s'achever, à l'approche du second tour.

   Dimanche dernier, aucune des quatre listes en course n'a obtenu la majorité absolue, mais toutes ont dépassé 10 % des suffrages exprimés, leur laissant la possibilité de se maintenir au second tour... ou bien de fusionner entre elles. C'est ce que sont parvenues à faire les listes menées par le macroniste Stéphane Mazars (arrivé deuxième) et la socialiste Sarah Vidal (arrivée troisième, sans guère de perspective de l'emporter au second tour). D'après les informations qui circulent à droite et à gauche, il semblerait que d'autres tentatives de fusion aient échoué. Résultat : dimanche 22 mars, les électeurs ruthénois auront le choix entre trois listes : celle menée par l'actuel maire de Rodez, Christian Teyssèdre, celle résultant de la fusion Mazars-Vidal et celle de Rodez Citoyen (qui aurait refusé toutes les offres qui lui auraient été faites).

   Cette configuration a été envisagée par le sondage publié le 7 mars dernier (dans la version papier) par le quotidien aveyronnais Centre Presse :

politique,occitanie,médias,presse,journalisme,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   C'était la première des trois hypothèses testées (le sondage n'envisageant curieusement pas de quadrangulaire). Elle voyait la liste "fusionnée" l'emporter largement, devant la liste Teyssèdre en légère progression et la liste Rodez Citoyen en stagnation.

   Il convient toutefois de préciser que cette enquête d'opinion n'a été réalisée que sur 501 électeurs ruthénois et que, pour le premier tour, elle surestimait les résultats des listes arrivées en troisième et quatrième positions, à 20 % et 19 %, contre 18 % et 12 % dimanche dernier. Néanmoins, l'ordre d'arrivée était le bon, tout comme le fait que les deux premières soient assez largement en tête.

   Pourquoi diable parler de vengeance ? Pas à cause des tensions entre Christian Teyssèdre et deux de ses anciens adjoints (désormais rivaux), Stéphane Mazars et Sarah Vidal. Leur rupture datant de moins de six ans, le plat qui est sur le point d'être servi me semble plus tiède que froid.

   Le choix de mon titre est dû à l'intervention surprise d'un vieillard de 90 ans, le prédécesseur de Christian Teyssèdre à la mairie de Rodez, Marc Censi. Celui-ci y a été élu quatre fois de suite, en 1983, 1989, 1995 et 2001. Lors de ce dernier scrutin, la liste de droite menée par Censi avait rencontré un adversaire coriace, une liste de gauche menée par... Christian Teyssèdre, battue de moins de 700 voix (46,5 % des voix contre 53,5 %).

   2008 a été l'année de la revanche. Officiellement, Marc Censi, âgé de 72 ans à l'époque, ne se représentait pas... mais il figurait sur l'une des quatre listes qui briguaient les suffrages des Ruthénois, celle menée par Frédéric Soulié, en... 35e (et dernière) position. Presque tout le monde était d'avis qu'aucune liste ne l'emporterait au premier tour et que, pour gagner le second, il faudrait nouer un partenariat (en clair : fusionner) avec l'une des autres listes. Pour la liste Soulié-Censi, il n'était évidemment pas question d'envisager de s'associer avec celle de Christian Teyssèdre (union de la gauche). Mais les deux autres listes (une de droite, l'autre "transcourant") semblaient "compatibles". Derrière cette stratégie, on voyait la main de Marc Censi, soupçonné de vouloir soit s'imposer en figure fédératrice au second tour, soit monnayer son soutien pour l'accès à la mairie de Rodez contre la présidence du Conseil d'agglomération. Tous ces savants calculs furent déjoués par le résultat du premier tour : une victoire nette et sans bavure de la liste Teyssèdre, qui avait recueilli 52,5 % des suffrages exprimés.

   Par la suite, le nouveau maire de Rodez n'a cessé de se comparer à son prédécesseur, dont il a d'ailleurs repris certains projets (en les mettant à sa sauce). A la lecture des communiqués et réactions publiés par l'officiellement retraité Marc Censi, on peut déduire qu'il en a été profondément agacé, d'autant que son ancien adversaire a été assez facilement réélu en 2014 (contre notamment le fils de Marc Censi) et en 2020. Cette année-là, la liste de droite lancée contre Christian Teyssèdre était menée par Serge Julien, qui figurait en troisième position sur la liste Soulié-Censi de 2008... et se trouve, aujourd'hui, en onzième position sur la liste fusionnée Mazars-Vidal. (Il était en neuvième place sur la liste Mazars, au premier tour.)

   On ne s'étonnera donc qu'à moitié de voir Marc Censi soutenir la liste fusionnée (où figure son ancien poulain), la victoire de celle-ci pouvant empêcher son rival de l'égaler en nombre de victoires au scrutin municipal (quatre pour Censi, contre trois, pour l'instant, pour Teyssèdre).

   Il est toutefois des personnes (à Rodez... et ailleurs) pour s'étonner de ce soutien, exprimé sous la forme d'un courrier envoyé à Centre Presse. Dans quel état de santé se trouve l'ancien maire, âgé, je le rappelle, de 90 ans ? D'amicales pressions n'ont-elles pas été exercées pour qu'il plante le dernier clou du cercueil politique de Christian Teyssèdre ? D'anciens électeurs de Marc Censi digèrent mal le fait qu'il soutienne une liste de gauche, alors que celle de Christian Teyssèdre est plus ouverte à la droite locale (qui n'est pas parvenue à constituer sa propre liste).

   C'est peut-être l'une des clés de ce second tour. Officiellement, Christian Teyssèdre a très peu de réserves de voix et la liste Mazars-Vidal a toutes les chances de lui passer devant... à participation égale. Or, au premier tour, celle-ci n'a été que de 60 % (contre 71 % en 2008 et 64 % en 2014, le scrutin de 2020 ayant été perturbé par le Covid). Je pense qu'entre 5 % et 10 % d'électeurs supplémentaires pourraient se mobiliser dimanche prochain... reste à savoir pour qui. Une partie de l'électorat de droite ne s'est pas déplacée au premier tour. Si elle le fait pour le deuxième, sera-ce pour suivre l'avis de Marc Censi (encore très respecté à Rodez), ou bien pour soutenir l'actuel maire, qui n'a pas à rougir de son bilan ?

   D'autre part, il est possible qu'une partie de l'électorat des listes Mazars et Vidal du premier tour n'apprécie pas cette fusion-là. Celles et ceux qui ont voté Mazars n'ont peut-être pas envie de voir Sarah Vidal profiter de cette alliance de circonstances pour accéder à d'importantes fonctions. Celles et ceux (de gauche) qui ont voté Vidal auraient peut-être préféré une alliance avec Rodez Citoyen, qui pourrait bénéficier de reports de voix au second tour.

   Le scrutin est donc encore assez ouvert, même s'il ne faut pas se cacher que la liste Mazars part favorite pour dimanche. Ce jour-là, le niveau de la participation sera un premier indice du sens dans lequel l'histoire risque de tourner...

Le cow-boy Marlboro

   Hier, en fin d'après-midi, dans la première partie de l'émission Zoom Zoom Zen (consacrée à la consommation de tabac chez les jeunes), le présentateur Matthieu Noël semble avoir quelque peu surpris ses interlocuteurs (collègues comme invitée) quand il a affirmé que la personne qui incarnait le cow boy dans la célèbre publicité pour les cigarettes Marlboro n'était pas fumeuse... et était morte à 90 ans.

   Eh bien, il a à la fois raison et tort. Il a raison s'il faisait référence à Robert Norris, qui fut le premier à incarner le fameux cow-boy : il est bien mort à 90 ans (en 2019), sans avoir jamais fumé.

   Mais ce ne fut pas le cas de tous ceux qui prêtèrent leur corps cette icône Marlboro. A Robert Norris succédèrent d'autres cow-boys, dont un certain Wayne McLaren, qui fut utilisé dans des publicités des années 1970... et qui est mort d'un cancer du poumon, à 51 ans, en 1992. Conscient des effets nocifs de la consommation de tabac (et des conséquences qu'elle avait eues sur sa propre santé), il avait milité pour qu'on dissuade les jeunes de se mettre à fumer.

dimanche, 15 mars 2026

Victoire des listes "teyssèdriennes" à Rodez

   J'ai choisi ce titre un brin provocateur pour ébaucher le bilan du premier tour des élections municipales dans le chef-lieu de l'Aveyron. Christian Teyssèdre (ex-PS, ex-macroniste) a été élu maire une première fois en 2008, puis réélu en 2014 et en 2020. En 2008, il menait une liste d'union de la gauche... dont on retrouve certains éléments, dix-huit ans plus tard... sur les quatre listes en concurrence aujourd'hui (et qui pourront se maintenir au second tour).

   A tout seigneur, tout honneur : commençons par la liste officiellement estampillée Teyssèdre qui, selon le ministère de l'Intérieur, serait arrivée en tête, de justesse (à 52 voix près). De l'équipe victorieuse en 2008 ne restent que l'actuel maire et sa fidèle adjointe, Monique Bultel-Herment. S'ajoutent celles et ceux qui ont intégré le groupe lors de la campagne  de 2014 : Francis Fournié (qui, en 2008, était présent sur une liste concurrente, celle menée par Jean-Louis Chauzy), Nathalie Sépart et Laure Colin. En 2020, ont rejoint l'équipe du maire Frédéric Rubio, Christophe Lauras, Céline Alauzet, Nadia Abbou, Jean-François Bouges, Régine Taussat, Alain Raunat, Benjamin Gombert et Marie-France Sounillac. Si j'ai bien compté, 14 des 35 membres de l'actuelle liste sont des "anciens". 

   Christian Teyssèdre a donc renouvelé plus de la moitié de son groupe... et il a un peu pioché à droite, tout comme en 2020. Ainsi, quatre des membres de sa liste figuraient en 2014 sur celle de son principal concurrent, Yves Censi (fils de Marc Censi, prédécesseur de C. Teyssèdre à la mairie de Rodez) : Nathalie Auguy-Périé, Régine Taussat, Eric Mazzetti et Jean-Marc Molinier. C'est donc une liste gauche-droite que mène le maire sortant... ce qui a d'ailleurs peut-être empêché la constitution d'une liste rivale LR-UDI, Teyssèdre étant même soutenu par certaines personnalités départementales de droite. Cependant, son résultat du premier tour (35 %, soit 3 082 voix) n'est pas si bon que cela. C'est certes plus que les 2 378 de 2020 (l'épidémie de Covid expliquant la faible participation), mais c'est moins qu'en 2014 (3 857 voix) et surtout moins qu'en 2008 (5 243 voix). Le second tour nous dira si, pour Christian Teyssèdre, ce n'était pas la campagne de trop.

   Son principal concurrent est Stéphane Mazars, actuellement député (Ensemble) de la première circonscription de l'Aveyron... et qui figurait sur les listes Teyssèdre de 2008 et 2014 ! Il a d'ailleurs emmené avec lui deux anciens conseillers municipaux "teyssèdriens" : Pierre Bessière (promo 2014) Olivier Nicolas (un ex de 2020, lui). Figure aussi sur sa liste Serge Julien qui, en 2020, a mené une liste divers droite. (En 2008, il était même présent sur la liste Soulié, soutenue par l'ancien maire Marc Censi.) Il s'agit donc là aussi d'une liste "en même temps" (gauche et droite), à ceci près que, contrairement à Christian Teyssèdre, Stéphane Mazars est resté macroniste. Au vu des résultats du premier tour, c'est le seul qui semble en mesure de battre le maire sortant... et il était d'ailleurs donné favori du second tour par le seul sondage publié lors de la campagne électorale... qui semble n'avoir toutefois testé que des triangulaires, pas de quadrangulaire. Celle-ci (si toutes les listes se maintiennent) pourrait permettre à Christian Teyssèdre de gagner son pari.

   Son avenir dépend donc de ses anciens colistiers, notamment de Sarah Vidal, dont la liste de gauche (soutenue par la présidente du Conseil régional d'Occitanie, Carole Delga) arrive troisième, mais avec seulement 18,5 % des voix. Sa liste compte quatre anciens conseillers municipaux "teyssèdriens" : Sarah Vidal et l'historien local Jean-Michel Cosson ont été de l'aventure en 2008, 2014 et 2020 avec le maire sortant. S'ajoutent Arnaud Combet (élu en 2014 et 2020) et Mathilde Faux (en 2020). Sur cette liste assez diversifiée apparaissent deux profils un peu différents : David Olier (qui fut déjà candidat, en 2014, mais sur la liste Serieys, du Front de Gauche, ancêtre de La France Insoumise) et Fabien Austruy (lui aussi candidat en 2014, mai sur la liste -de droite- conduite par Yves Censi).

   Il nous reste à voir "le petit Poucet" de cette campagne ruthénoise, la liste Rodez Citoyen, arrivée bonne quatrième de ce premier tour, avec 12 % des voix, en net recul par rapport à 2014, la liste alors menée par Matthieu Lebrun (placé en n°7 aujourd'hui) ayant recueilli presque un quart des suffrages exprimés... mais dans un contexte de faible participation.

   C'est la plus à gauche des quatre listes (et celle où l'on trouve peut-être le moins de "notables")... et, comme les autres, elle compte en son sein d'anciens colistiers de Christian Teyssèdre, tous présents uniquement en 2008 : Chantal Combelles, Jean-Jacques Civadier et Pierre Raynal. Dès 2014, ils ont formé une opposition de gauche au maire de Rodez, d'abord sur la liste Bérardi (dont cinq membres de 2014 figurent sur la liste conduite par Florent Monteillet), puis sur la liste Lebrun (dont je crois que huit membres encadrent F. Monteillet aujourd'hui). 

   Il reste que, pour l'instant, c'est Stéphane Mazars qui semble avoir le vent en poupe (il a peu de retard à rattraper sur le maire de Rodez). Mais, si les autres listes se maintiennent au second tour, un réflexe légitimiste d'une partie de l'électorat pourrait permettre à Christian Teyssèdre (qui a un bon bilan) de l'emporter. D'un point de vue tactique, si deux listes parviennent à fusionner, elles pourraient former la nouvelle équipe gagnante. A la place de Sarah Vidal, je demanderais le poste de Première adjointe...

samedi, 24 janvier 2026

Meurtres à... Millau

   Cinq ans après Crime dans le Larzac, France 3 consacre un autre de ses polars du samedi soir à l'Aveyron... et à la Lozère, puisque c'est à Sainte-Enimie (aujourd'hui village de la commune nouvelle Gorges du Tarn Causses) qu'est découvert un cadavre, au début de l'épisode diffusé ce samedi soir.

   Le choix de ce village est sans doute dû aux légendes qui circulent localement à propos de la fameuse Enimie... ainsi qu'aux magnifiques vues aériennes qu'il est possible de tourner sur place, dans les gorges du Tarn. Les téléspectateurs lozériens seront donc sans doute ravis de l'habillage visuel de cet épisode, tandis que les Aveyronnais devront se contenter de vues (certes superbes) du célèbre viaduc, le centre de la commune de Millau étant à peine montré. (Au passage, il convient de préciser à celles et ceux qui ne connaissent pas la région que, lorsqu'on quitte Sainte-Enimie pour rejoindre quelqu'un au pied du viaduc, on ne lui dit pas -comme dans l'épisode- « à tout de suite », mais plutôt « à tout à l'heure », puisqu'une heure de trajet sépare les deux endroits. Les gorges les plus proches de Millau sont celles de la Dourbie, un affluent du Tarn.)

   Aux qualités "paysagères" de cet épisode s'ajoute une intrigue fouillée, mystérieuse, qui mêle trois événements dramatiques s'étant déroulés à trois périodes différentes. Cela maintient l'intérêt, davantage en tout cas que la qualité de l'interprétation. Je me réjouissais à l'idée de retrouver Jean-Pierre Darroussin mais, à plus de soixante-dix ans, celui-ci n'est pas très crédible en gendarme de terrain.

   L'autre point faible de cet épisode est le versant familial de l'intrigue, bourré de maladresses et de clichés.

   Ce n'est donc ni totalement réussi, ni totalement raté. A chacun de voir si cela mérite le détour.

dimanche, 18 janvier 2026

La bite de Mars

   Cet après-midi, en voiture, j'écoutais la radio quand je suis tombé sur l'émission Allons-y voir !, animée par l'historien Patrick Boucheron, sur France Culture. Je ne suis pas particulièrement fan de ce programme (dont je trouve le présentateur un peu pontifiant), mais, sur la radio publique, il est encadré par Une Histoire particulière et Les Grandes Traversées, dont je recommande l'écoute (le second débutant une série sur Al Capone).

   Aujourd'hui, Patrick Boucheron a consacré une partie de son émission à l'analyse d'un tableau de Jacques-Louis David, Mars désarmé par Vénus (conservé au Musée des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles, ville où le peintre est mort, en exil).

médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,arts,peinture

   Cette œuvre fait partie de celles (de divers auteurs) qui évoquent la relation tumultueuse entre le dieu de la guerre et la déesse de l'amour physique et de la beauté. Le problème était de représenter cette "intensité physique" en respectant les codes moraux de l'époque...

   Ainsi, alors que Mars est en train de se faire déshabiller (et désarmer), par Vénus, des nymphes et ce petit coquin de Cupidon, la déesse l'entreprend et l'on remarque qu'elle a posé sa main gauche sur le haut de la cuisse droite du dieu guerrier. Tout individu de sexe masculin est conscient que cette proximité entre la main (présumée) douce et le pénis divin, ajoutée à la nudité sublime de la déesse, provoque sans doute une "vive émotion" chez Mars, émotion masquée par la présence de l'une deux colombes, placée pile au bon endroit.

   Pour dire les choses plus clairement, ce cher Mars a sans doute le gourdin, une situation évoquée métaphoriquement par deux objets inclus sur le tableau : la grande lance, que le dieu tient levée, bien droite... et  le gros tube qui pend le long du corps de Cupidon, masquant l'entrecuisse de celui-ci.

   Ah, qu'il est bon de se cultiver !

dimanche, 11 janvier 2026

Meurtre à l'ambassade

   Fort heureusement, ce titre n'annonce pas un énième épisode de la médiocre collection diffusée le samedi soir sur France 3, mais un nouveau volet d'une série américano-britannique, « La Reine du crime présente ».

   Il y a un an et demi, nous avions découvert Miranda Green, fleuriste hypermnésique (et passionnée d'intrigues policières) dans Invitation à un meurtre. Cette fois-ci, la jeune femme est conviée en Égypte, toujours en 1934.

   Le tout début de l'histoire nous indique qu'il ne sera pas question d'un, mais de deux meurtres, le lien entre les deux demeurant longtemps obscur. C'est l'un des intérêts de ce téléfilm : son intrigue mystérieuse, qui baigne dans une ambiance géopolitique. En effet, à cette époque, l’Égypte est officiellement indépendante, mais encore sous la coupe du Royaume-Uni. Les auteurs d'OSS 117 diraient que Le Caire semble être un vrai « nid d'espions »... On peut même y croiser des nazis (Hitler étant chancelier d'Allemagne depuis janvier 1933).

   Le principal point faible de ce téléfilm est l'interprétation de certains personnages secondaires : de la première victime à l'un des employés de l'ambassade, les maladresses d'interprétation ne manquent pas, même s'il faut reconnaître que Mischa Barton s'en sort très bien dans la peau du personnage principal.

   J'ai donc été séduit par cette ambiance à la Agatha Christie, qui fait écho à plusieurs de ses romans (Mort sur le Nil, bien sûr, mais aussi Meurtre en Mésopotamie et Rendez-vous avec la mort). La photographie est très soignée et plusieurs scènes rappellent visuellement l'adaptation en série télévisée des enquêtes d'Hercule Poirot. Je recommande de voir cet épisode plutôt en version originale sous-titrée.

vendredi, 09 janvier 2026

César et Dalida

   Ce vendredi soir, France 2 nous propose un épisode inédit de la série César Wagner, avec notamment Gil Alma et Olivia Côte. On retrouve avec plaisir l'ambiance un peu décalée de ces enquêtes en terre alsacienne, ici, autour d'une salle de spectacle où doit aussi se dérouler le gala annuel de la police, organisé cette fois-ci par la pétulante médecin-légiste.

   L'assassinat d'une chanteuse préparant un numéro rendant hommage à Dalida (artiste que le capitaine Wagner affectionne, soit dit en passant) conduit les policiers à enquêter au sein de la troupe. Wagner doit surmonter sa crainte des allergies... et prendre soin d'une envahissante mais sympathique chienne, Mirza :

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   Cela n'a rien d'éblouissant, mais les intrigues sont correctement construites et je trouve les personnages secondaires toujours aussi savoureux. La musique est sympa... et le cabot vraiment adorable.

jeudi, 08 janvier 2026

Boglands

   C'est le titre d'une mini-série dont Arte vient de commencer la diffusion (les six épisodes étant tous déjà accessibles sur le site de la chaîne de télévision franco-allemande). L'intrigue se déroule dans une Irlande rurale, proche du littoral, où l'on parle plus le gaélique que l'anglais. (La version française, plutôt bien faite, conviendra néanmoins parfaitement à celles et ceux que l'écoute d'une langue aux sonorités inhabituelles déconcerte.)

   De manière désormais assez classique, la découverte d'un cadavre dans une tourbière fait ressurgir les secrets du passé et chamboule les relations entre les habitants de la région. La première originalité est que le premier épisode met du temps pour nous amener à cet événement. Certains spectateurs ont déploré ce délai, moi j'ai plutôt apprécié, parce que les auteurs plantent bien le décor et nous font découvrir une multitude de personnages, au moins le tiers d'entre eux finissant tour à tour par devenir suspect.

télévision,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Une autre originalité tient à la personnalité du lieutenant de police local, Conall, que l'on croise sans d'abord connaître sa fonction... et l'on est bien surpris ensuite. Ce jeune homme plutôt taiseux fait un peu office de shérif et de juge de paix dans ce canton rural, où il emploie parfois des méthodes peu conventionnelles... On comprend assez vite qu'il est devenu policier en raison de ce qui est arrivé à sa mère, quinze ans plus tôt.

   Une fois le cadavre découvert commence une enquête particulièrement prenante. Conall ne peut y participer officiellement, mais il va effectuer des recherches de son côté. Il n'est pas le seul dans ce cas, puisque débarque une journaliste-podcasteuse en apparence superficielle, mais qui va elle aussi remuer ciel et terre pour faire éclater la vérité... et ainsi faire exploser le nombre de visites sur son site !

   Au drame qui s'est déroulé quinze ans plus tôt s'ajoute, pour Conall, la rapide détérioration de la santé de son père, tandis qu'il sent qu'il doit se méfier de certaines des personnes auxquelles, jusqu'à présent, il accordait une pleine confiance. Chacun a ses petits secrets, que l'enquête va peu à peu mettre au jour.

   L'aspect policier est bien traité. On nous propose une belle galerie de suspects, l'incertitude planant jusqu'au dernier épisode, durant lequel surviennent les ultimes révélations. 

   Même si je trouve que, six épisodes, c'est un peu long, la série est bien menée, sans cliquant et elle aborde divers sujets de société. J'ai vraiment eu du mal à trouver de manière certaine qui était responsable du meurtre !

samedi, 03 janvier 2026

2026 commence bien

   Ne boudons pas notre plaisir. Voir cette nouvelle année débuter par l'arrestation d'un dictateur met de bonne humeur, quand bien même la méthode serait contestable.

   Commençons par quelques rappels. En 2013, Nicolas Maduro a succédé à Hugo Chavez (décédé) à la tête du Venezuela, d'abord comme président par intérim, position à laquelle il ne pouvait alors prétendre, puisqu'il était vice-président et que la Constitution (chaviste) du Venezuela précisait que l'intérim devait être exercé par le président de l'Assemblée nationale (un peu comme le président du Sénat en France).

   A cette première incartade ont succédé une série de fraudes électorales, notamment aux trois élections présidentielles "remportées" par Nicolas Maduro (en 2013, 2018 et 2024). A la suite de la dernière mascarade électorale (et des violences qui l'ont accompagnée), c'est le chef de l'OEA (Organisation des États Américains) qui a demandé à la CPI (Cour Pénale Internationale) de lancer un mandat d'arrêt contre Maduro. On attend toujours la réponse de l'institution (qui a été plus rapide à s'en prendre à Benyamin Netanyahou...).

   On en arrive à ce samedi, qui a vu les forces spéciales états-uniennes opérer très facilement au Venezuela, peut-être grâce à des complicités internes. La majorité des habitants de ce pays en a sans doute marre du dictateur et de la clique de profiteurs qui l'entoure. On sait déjà que, du côté de la diaspora vénézuélienne (un tiers de la population a fui ce pays qui part à vau-l'eau), c'est la joie qui domine.

   Voici une source supplémentaire de réjouissance : la vision du dictateur déchu, trouvée sur le compte de Donald Trump, sur TruthSocial :

actu,actualite,actualites,actualité,actualités,politique internationale,amérique du sud,amérique latine,états-unis,donald trump,venezuela

   Bonne année... et bonne santé !

jeudi, 25 décembre 2025

La carte de Poutine

   Le dictateur russe a récemment mis en scène une conférence de presse, durant laquelle il a dressé son bilan de l'année 2025. Sans surprise, les demi-vérités et les mensonges éhontés ont pullulé. Mais le plus intéressant se trouvait à l'arrière-plan, en grand : la carte "officielle" du territoire russe, selon les autorités du pays :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,russie,ukraine

   Le diable se nichant dans les détails, c'est en observant l'extrême-ouest du territoire qu'on s'apercevait que cette carte est un outil de propagande :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,russie,ukraine

   Outre la Crimée (dont l'annexion sauvage n'est pas reconnue par la communauté internationale), sont représentés comme faisant partie intégrante de la Russie les territoires ukrainiens actuellement occupés par l'armée russe, ainsi (semble-t-il) que ceux (non conquis) revendiqués par Poutine dans les négociations actuelles.

   Curieusement, sur Google Maps, le respect des frontières reconnues est à géométrie variable :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,russie,ukraine

   Ainsi, la Crimée est séparée du reste de l'Ukraine, mais pas le Donbass. Du côté de la Géorgie, l'annexion déguisée de l'Abkhazie par la Russie en 2008 n'est pas reconnue (pas plus que la pseudo-indépendance de l'Ossétie du Sud, située un peu plus à l'est).

   Pour terminer, allons faire un tour sur le continent américain. Comme, en tant qu'internaute, je suis localisé en Europe, la filiale d'Alphabet ménage la chèvre et le chou, attribuant deux désignations au golfe que Donald Trump a décidé de renommer :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,russie,ukraine

samedi, 22 novembre 2025

Bron, saison 4

   Cela faisait plus d'un an que je patientais, depuis la diffusion par Arte de la troisième saison de cette passionnante série scandinave. L'automne est venu, avec une double bonne nouvelle : la mise en ligne de l'intégralité des épisodes (incluant la quatrième et dernière saison), à la fois par Arte (sans publicité) et M6+ (avec publicité). Le tout est disponible, au choix, en version française ou originale sous-titrée.

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   On retrouve avec plaisir le duo binational d'enquêteurs. A ma gauche se trouve le Danois Henrik, qu'on avait laissé aux prises avec sa consommation de drogues et sa difficile gestion de la disparition de sa femme et de ses filles. A ma droite se trouve Saga, la Suédoise, la bosseuse acharnée, un peu autiste, qui a été accusée du meurtre de sa mère.

   La saison commence donc par un épisode carcéral, la policière (inculpée) côtoyant des individus qui n'éprouvent pas pour elle des sentiments très amicaux. Dans le même temps, Henrik commence à travailler sur une nouvelle affaire délicate, en duo avec un nouveau partenaire, un flic certes expérimenté, mais bourré de préjugés (sexistes, homophobes, racistes...).

   Quand Saga finit par rejoindre l'équipe, l'affaire s'est complexifiée, avec d'autres cadavres. Le scénario est toujours aussi bien écrit, plusieurs fils narratifs en apparence sans lien finissant par se rejoindre. C'est de nouveau un événement du passé qui explique ce qui ressemble à une vengeance. Cela nous vaut, au cours de l'un des épisodes, un retour en arrière, à une époque où Henrik ne travaillait pas encore avec Saga. En parallèle avec l'enquête, celle-ci commence à suivre une psychothérapie assez originale ma fois, tandis qu'Henrik s'est inscrit à un groupe de parole sur la dépendance aux drogues.

   Contrairement aux autres saisons (composées de dix épisodes), celle-ci n'en compte que huit, mais les auteurs réussissent le tour de force de boucler tous les arcs narratifs, y compris ceux commencés les années précédentes. Ainsi, on va enfin savoir ce qu'il est advenu de l'épouse et des filles d'Henrik et Saga va clore son chapitre familial, concernant sa défunte mère et le suicide de sa sœur. Quant à l'enquête criminelle, elle réserve de grosses surprises (même quand on croit que tout est terminé). Comme à leur habitude, les scénaristes ont mêlé des aspects sociétaux à l'élucidation des meurtres : immigration, homophobie, trafic de drogues, handicap, violences conjugales, emprise, vie carcérale... C'est vraiment très riche, assez subtil... et parfois savoureux, le comique pouvant rapidement succéder au sordide, notamment quand Saga, la policière... sagace (mais sans filtre) fait une remarque au père d'un bébé à propos de la couleur de ses yeux.

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   Incontestablement, l'écriture du personnage de cette policière atypique et son interprétation tout en nuances par Sofia Helin sont des atouts majeurs de la série. (Je recommande d'ailleurs de la visionner en version originale sous-titrée, pour profiter du ton des dialogues, Saga Noren alternant les monosyllabes et les réponses hyper-argumentées, débités rapidement. Cela déconcerte presque toujours ses interlocuteurs.) Quant aux (déjà) fans, ils découvriront, au cours de la saison, comment la policière est devenue propriétaire de son emblématique voiture (qu'elle seule a le droit de conduire). Indice : elle ne l'a ni achetée, ni volée.

   Dernier point : l'habillage des épisodes est de grande qualité. Les vues du pont (entre Suède et Danemark) et des villes sont superbes. Les scènes nocturnes sont filmées avec un grand soin et la musique est parfaitement intégrée à l'intrigue. (Pour écouter Hollow Talk, le titre mis à contribution pour les génériques de début et de fin, rendez-vous ici.)

   Je suis tellement emballé par cette série, tellement déçu qu'elle soit achevée (en 2018, pour les téléspectateurs scandinaves), que j'en viens à espérer sa réapparition, avec des personnages qui auront entre temps évolué.

dimanche, 16 novembre 2025

Vera, nouvelle salve

   L'année dernière, France 3 nous avait laissés sur notre faim, en interrompant la diffusion de la treizième saison des Enquêtes de Vera après le premier épisode. Ce dimanche, nous avons droit au suivant et, dimanche prochain, sera diffusé le troisième... en espérant que les deux épisodes finaux (ceux constituant la saison 14) lui succèderont dans un avenir proche.

   Intitulée La Seconde Fille, cette enquête inédite nous emmène principalement dans l'agglomération de Newcastle, où le corps d'une jeune femme atteinte d'un cancer est découvert à proximité d'un chemin de randonnée. Absente des réseaux sociaux, la victime logeait chez une bienfaitrice, gérante d'un réseau de cafés. Au fur et à mesure que les policiers progressent dans leur enquête, ils vont de surprise en surprise, la liste des suspects ne cessant de s'allonger. Toutefois, pour qui observe bien le jeu des comédiens (et écoute attentivement les détails concernant la scène de crime), l'identité de la personne responsable de la mort n'est pas trop difficile à trouver. C'est une rareté dans cette série, qui, en général, sait ménager le suspens. L'intrigue n'en est pas moins prenante, tant les secrets sont nombreux.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Comme à l'accoutumée, l'épisode est émaillé d'humour. Vera est toujours un peu soupe-au-lait, ne ménageant pas son équipe. A l'occasion, elle fait aussi preuve d'une grande empathie... quand elle ne pense pas à ses propres problèmes. Dans ces aventures-ci, elle souffre d'une sévère rage de dents que, dans un premier temps, elle s'évertue à soulager à l'aide d'antidouleurs (« painkillers », dans la version originale). Elle a principalement recours à du paracétamol, présenté dans un emballage différent de ce que nous connaissons en France.

   Vous noterez qu'à ses côtés, la nouvelle DC (enquêtrice) n'a pas de main gauche. Ce n'est pas un trucage numérique. La comédienne Rhiannon Clements est née avec un bras gauche incomplet, ce qui ne l'empêche pas de faire carrière. Vous verrez que, dans l'épisode, elle se débrouille très bien avec le matériel dont elle a la charge... En somme, cette policière n'est pas manchot !

jeudi, 23 octobre 2025

Le retour d'Astrid et Raphaëlle

   Ce vendredi, environ un an après la diffusion de la cinquième saison, France 2 nous propose le début de la sixième, à travers la première partie d'un épisode double, intitulée « La mort de Raphaëlle ». Comme l'intrigue est la suite immédiate du dernier épisode de la saison 5 (« Un mariage et quatre enterrements »), je conseille de d'abord revoir celui-ci, qui est lui aussi disponible en ligne.

   Cette sixième saison démarre de manière originale, les policiers déplaçant leur bureau d'enquête... dans une chambre d'hôpital. J'ajoute que la fin de l'épisode contient un retournement scénaristique assez savoureux.

   Ce n'est que la semaine prochaine que sera diffusé le dénouement, avec la seconde partie, intitulée « Le pensionnat ». Je note que cette entame de saison est placée sous le signe du paranormal, les scénaristes s'évertuant à ménager toutes les opinions...

   L'épisode 3 (« Le bol maudit ») est pour moi un ton au-dessous. Je dirais que son intrigue est marquée par ce qu'on appelle parfois la "repentance coloniale". Le scénario est un peu pataud, les bonnes intentions étant comme surlignées au marqueur.

   J'ai trouvé le quatrième épisode (« La Théorie du tout ») mieux écrit, même s'il y a quelques faiblesses. L'insertion des mathématiques dans l'intrigue nous sort de l'ordinaire... et fait intervenir le fiancé japonais d'Astrid, autour duquel est bâti un fil narratif secondaire. (La présence récurrente de ce personnage est peut-être liée au grand succès que rencontre la série au pays du soleil levant.)

   Je me suis pour l'instant arrêté au cinquième épisode (sur huit), intitulé « Coup(s) de théâtre ». Il s'inspire clairement de l'affaire Jubillar, pour ensuite prendre un autre chemin. Il nous replonge aussi dans la période du covid-19. Je l'ai trouvé particulièrement réussi notamment en raison de l'insertion de scènes de procès, Astrid (désormais lieutenante) étant amenée à témoigner.

   Comme je n'ai pas encore vu les trois derniers épisodes de la saison, je ne sais pas comment les scénaristes ont choisi de la conclure. Mais on sait déjà qu'il va y avoir du changement au niveau du poste du commissaire, ainsi que dans la vie privée d'Astrid. Dans le rôle de celle-ci, Sara Mortensen est toujours aussi impressionnante.

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   Je ne peux pas achever ce billet sans mentionner une autre personne de talent, qui contribue grandement au succès (mérité) de cette série : Erwann Kermovant. Ses compositions, souvent légères, voire primesautières, renforcent l'habillage de douce étrangeté qui colle si bien à l'intrigue des épisodes.

mercredi, 15 octobre 2025

Le pire portrait ?

   L'hebdomadaire états-unien Time Magazine a fait sa dernière Une avec le président des Etats-Unis, pris en contreplongée :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,médias,presse,journalisme,histoire

   Cela peut être perçu à la fois comme une glorification et une critique... et c'est ainsi que Donald Trump lui-même l'a compris, qualifiant (avec le sens de la mesure qui le caractérise) cette photographie de « pire de tous les temps » (worst of all time). En effet, l'angle de la prise de vue ne permet pas d'ignorer le cou de poulet du président des Etats-Unis, ainsi représenté en vieillard (certes puissant). De plus, ses cheveux (désormais blancs) sont à peine visibles.

   En réalité, la critique la plus mordante ne porte sans doute pas sur l'âge du capitaine (79 ans depuis juin dernier), mais sur sa posture martiale, qui, à celles et ceux qui ont déjà vu de vieilles images de propagande, fait immanquablement penser à un ancien dirigeant européen :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,médias,presse,journalisme,histoire

   Ce célèbre tableau d'Alfredo Ambrosi glorifie Benito Mussolini, en 1930. Dans la même veine (fasciste), on trouve plusieurs affiches, comme celle-ci de 1932 :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,médias,presse,journalisme,histoire

   ... ou celle-ci, datant de 1941 :

politique,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,médias,presse,journalisme,histoire

   Mussolini se faisait très souvent représenter le menton levé, en contreplongée. Aujourd'hui, les postures du dictateur italien nous semblent bravaches, souvent ridicules, mais à l'époque, cela ne faisait pas rire.

   Je n'ai rien lu ni entendu concernant cette Une de Time la rattachant à cette iconographie. Pourtant, je suis persuadé que, du côté des journalistes, plus d'une personne a songé à ce rapprochement.

dimanche, 14 septembre 2025

Brokenwood so Frenchy

   Un peu moins d'un an après la diffusion de la saison 9, France 3 a lancé la dixième saison, la semaine dernière, avec Brokenwoodosaurus, dans lequel certains habitants de cette petite ville néo-zélandaise se déchirent autour de ce qui semble être les fossiles d'un dinosaure.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Ce dimanche soir (14 septembre), l'épisode inédit s'intitule Le Jour des morts. Un meurtre est commis alors qu'on se prépare à célébrer une fête d'origine mexicaine. Le boulanger de la commune est retrouvé mort... et il s'appelle French. Cela donne un double sens à l'enseigne de son commerce, sur lequel il joue pour donner une bonne réputation  à ses produits :

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   L'aspect "français" est renforcé par la présence de petites tours Eiffel, à gauche et à droite de l'inscription... et par la marque de la voiture conduite par l'épouse du boulanger !

   Ce genre de détails ironiques est la marque de fabrique de cette série policière bon enfant, où l'on peut croiser une médecin-légiste (d'origine russe) un peu "frappée", un inspecteur maori peu causant, un maire homosexuel fan de puzzles, un vendeur de boissons ambulant (pas très futé) surnommé Frodon, les tenanciers (plus ou moins honnêtes) d'un bar-restaurant, un avocat grandiloquent, une retraitée un peu trop curieuse, des pépés portés sur la boisson... Ces personnages hauts en couleur donnent une saveur particulière à des intrigues en général bien troussées, le tout sur fond de musique country néo-zélandaise. Bref, j'adore !

   En deuxième partie de soirée, la chaîne publique rediffuse des épisodes anciens. Je recommande particulièrement Du Berceau au tombeau, le premier de la saison 8 (vu pour la première fois en octobre 2023). C'est l'un des plus cocasses de la série.

dimanche, 24 août 2025

Le retour de Miss Fisher

   ... la vraie, celle d'origine, incarnée par Essie Davis. En effet, après avoir achevé la diffusion des aventures de la nièce (qui se déroulent dans les années 1960), Chérie 25 a eu la bonne idée de reprogrammer la série initiale, dont l'intrigue a pour cadre l'Entre-deux-guerres.

   Ce samedi, nous avons eu droit aux deux premiers épisodes de la saison 1, qui voient se former la petite troupe que l'on va suivre pendant trois saisons.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Le duo central est composé de Phryne Fisher (de retour en Australie après avoir mené une vie dissolue en Europe) et du commissaire Jack Robinson. Leurs interactions sont toujours savoureuses et l'on se rend compte qu'Essie Davis fait passer beaucoup plus de choses que Geraldine Hakewill, qui incarne sa nièce dans le spin-off récemment diffusé.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Un deuxième duo complète, en négatif, le premier. L'employée de maison Dot et l'agent de police Collins sont moins flamboyants que la détective et le commissaire, mais ils apportent des éléments touchants, parfois comiques, aux intrigues.

   Dans ses enquêtes, Miss Fisher peut compter sur divers "assistants", à commencer par Cec et Bert, deux chauffeurs de taxi communistes, au départ travailleurs indépendants, mais qui vont lui rendre de plus en plus de services.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Moins présents dans les épisodes, mais dotés de personnalités marquées, le majordome et la meilleure amie de Miss Fisher apportent toujours quelque chose aux scènes auxquelles ils participent.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Le premier, britannique jusqu'au bouts des ongles, se nomme Butler (mot qui, dans la langue de Shakespeare, signifie maître d'hôtel, majordome). La seconde, à l'allure garçonne, appelée Mac, est médecin. Elle semble tout aussi féministe que Phryne... mais moins intéressée par les messieurs.

   Je termine par deux personnages féminins, qui tranchent sur le reste de la troupe.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   A ma gauche se trouve Prudence, la tante de l'héroïne, incarnation de la "vieille Australie" (blanche), guindée au possible, aux mœurs quasi victoriennes... mais la dame patronnesse réserve quelques surprises. Elle est très bien doublée en français. A ses côtés figure Jane, une orpheline que Phryne recueille dans le deuxième épisode. Celle qui n'a jamais voulu avoir d'enfant (et qui l'assume pleinement dans la série) se prend d'affection pour une pré-adolescente qui lui rappelle sa défunte sœur.

   Cocaine Blues est le premier épisode diffusé. L'enquête tourne autour de la mort d'un notable, mais l'intrigue aborde aussi le harcèlement sexuel, l'avortement et le trafic de drogue(s).

   Le Crime du Ballarat Express est un clin d’œil au célèbre roman d'Agatha Christie, dont il se garde toutefois de décalquer l'intrigue. La voie ferrée dont il est question, reliant Melbourne à Ballarat (vers l'ouest), existe toujours, la gare de départ, appelée Spencer Street Station dans l'épisode, ayant depuis été rebaptisée Southern Cross.

   Celles et ceux qui ne souhaitent pas passer par le site de la chaîne de télévision peuvent voir les épisodes, en replay, par l'intermédiaire de leur box (une Livebox en ce qui me concerne). La suite à partir de samedi prochain, en espérant que l'intégralité de la série sera programmée.

vendredi, 22 août 2025

Surface

   France Télévisions vient de mettre en ligne les six épisodes de cette mini-série, adaptée d'un roman d'Olivier Norek (que je n'ai pas lu) et dont la diffusion sur le "petit écran", en première partie de soirée, aura lieu en septembre prochain.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   La promotion de la série s'appuie sur deux personnages, celui de la capitaine Noémie Chastain et celui du plongeur Hugo Massey. La première est incarnée par Laura Smet, qui manque un peu de nuance dans l'interprétation d'une policière parisienne, envoyée auditer le commissariat d'une petite ville (en théorie aveyronnaise), peu après avoir subi une grave blessure, dont les conséquences sont visibles sur son visage. Durant le premier épisode, la caractérisation du personnage m'est apparue schématique. Cela s'améliore un peu par la suite, même si l'on reste clairement sur un fantasme de fiction, qui me paraît assez éloigné des authentiques enquêtrices de la PJ.

   Elle est destinée à former un couple acrobatique avec un plongeur de la brigade fluviale, auquel Tomer Sisley prête son physique de beau gosse, sa gentillesse et sa malice. Il ne va pas se mêler de l'enquête (les auteurs ayant veillé à ne pas décalquer le dispositif de Balthazar), mais son exploration du fond du lac de retenue (formé lors de la construction d'un barrage hydroélectrique, des années auparavant) va se révéler déterminante pour résoudre l'affaire.

   Celle-ci est bigrement mystérieuse. Elle débute lorsqu'un bidon, jusqu'alors bloqué en profondeur du lac, remonte à la surface... avec un squelette d'enfant à l'intérieur. Cela rappelle à tous les habitants du coin la disparition de trois enfants, jadis, juste avant la submersion de l'ancien village, à l'occasion de la mise en service du barrage. S'ajoute à cela une autre disparition, celle de la mère d'un des enfants... ainsi qu'un mystère planant sur la jeunesse de la capitaine.

   On a donc bien chargé la barque mais, une fois que l'intrigue est lancée (à la fin du premier épisode), cela devient prenant. Les épisodes 2 à 5 sont vraiment intéressants, avec des secrets qui peu à peu remontent à la surface (métaphore bien sûr..). Les scénaristes n'ont pas trop misé sur le pathos (sauf dans le dernier épisode).

   Plusieurs hypothèses sont successivement étudiées par les enquêteurs, la résolution de tous les aspects de l'affaire ne s'effectuant pas en même temps.

   Même si certains seconds rôles sont un peu caricaturaux, j'ai trouvé l'ensemble tout à fait regardable, avec notamment de belles scènes sub-aquatiques (tournées en studio, en Belgique). C'est un peu meilleur que les polars du samedi soir de France 3.

mercredi, 30 juillet 2025

Ms Fisher (suite)

   Chérie 25 poursuit la diffusion de cette série australienne. Après nous avoir proposé (ces dernières semaines) les quatre épisodes de la saison 1, samedi 26, on est passé à la seconde saison, avec deux inédits.

   Mort à dessein met en scène une "communauté" de personnes aisées, se voulant avant-gardistes... et adeptes de l'amour libre. Le problème est qu'un matin, l'époux de l'hôtesse d'une soirée échangiste est retrouvé mort, dans le sauna privé, en compagnie d'une des invitées. L'enquête s'avère difficile pour Steed et Fisher, les souvenirs de la soirée précédente étant quelques peu embrumés, dans l'esprit des témoins/suspects. Dans le même temps, on découvre que la relation entre l'inspecteur et la détective s'est approfondie... mais Peregrine, bien qu'amoureuse du policier, aimerait garder son entière liberté. (Elle semble même émoustillée par le mode de vie des participants à la soirée...)

   Meurtres et fiançailles nous plonge dans l'univers impitoyable de Dallas des hôtesses de l'air. L'une d'entre elles, destinée à devenir l'égérie d'une compagnie aérienne, est retrouvée morte. Les indices sont nombreux, mais difficiles à interpréter par James et Peregrine, d'autant que celui-là a fait sa demande à celle-ci. La jeune femme est très tentée de s'engager avec un homme qu'elle perçoit comme charmant, fiable et respectueux, mais elle voudrait en même temps tout garder de sa vie de célibataire...

   Pendant quelques jours, il est encore possible de visionner les deux derniers épisodes de la saison 1, Meurtre du troisième type et Mort aux petits oignons. Il est à noter que ces épisodes sont plus longs que ceux de la seconde saison : 1h20-1h25 contre 40-45 minutes (hors publicités), ce qui fait que les huit épisodes de la saison 2 sont au final de la même longueur que les quatre de la saison 1.

   Samedi 2 août sont programmés deux autres inédits : Mariage de sang (qui va renvoyer le charmant inspecteur dans sa région d'origine, au contact de son ex-petite amie) et Meurtre au club canin, à l'intrigue sans doute plus cocasse (Peregrine envisageant d'adopter un chien, plus facile à gérer qu'un potentiel époux).

vendredi, 25 juillet 2025

Les Nouvelles Enquêtes de Miss Fisher

   Il y a une dizaine d'années, France Télévisions avait diffusé une intéressante série australienne, Miss Fisher enquête, dont l'action se déroulait dans les années 1920, au pays du kangourou. Après trois saisons, la série s'était conclue par un long-métrage, Miss Fisher et le tombeau des larmes.

   Cet été débarque sur nos écrans (sur Chérie 25) une série dérivée, intitulée (en français) Les Nouvelles Enquêtes de Miss Fisher (Ms Fisher Modern Murder Mysteries dans la version originale). L'action se déroule environ 35 ans après celle de la "série mère". Dès le début du premier épisode (La Victime est la mariée, déjà diffusé deux fois par la chaîne française), on apprend que Phryne Fisher (l'héroïne d'origine) a disparu, sans doute morte. A cette occasion, on découvre qu'elle avait une sœur... et même une nièce, celle-ci héritant des biens de Phryne.

   Les concepteurs de cette lointaine suite ont essayé de garder le maximum d'ingrédients de la série d'origine : la nouvelle enquêtrice (Peregrene) est tout aussi féministe que sa tante et, grâce à l'héritage de celle-ci, elle va vivre dans une certaine aisance financière, qui lui laisse la possibilité de mener sa vie à sa guise... et de traquer des criminels.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Sans surprise, la jeune femme va collaborer avec un séduisant inspecteur (qui s'appelle Steed, mais ne porte pas de chapeau-melon), lui-même tombant sous son charme. Dans les deux rôles clés, Geraldine Hakewill et Joel Jackson sont mignons, mais je dois dire qu'ils ne font pas oublier le tandem formé par Essie Davis et Nathan Page, qui était plus piquant.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Cette qualité de la série d'origine est plus perceptible dans le fonctionnement de la petite troupe qui entoure l'héroïne, le Club des aventurières, composé de femmes d'action et de brillantes intellectuelles, toutes féministes bien entendu. Un homme se joint à la troupe. C'est une sorte de "Q" (un bricoleur de génie). Il est aussi le frère de la présidente du club... et secrètement amoureux de l'une des membres. Du côté des antagonistes, il faut signaler la présence d'un inspecteur-chef misogyne (et grossier). Ce dénommé Sparrow est le supérieur hiérarchique du charmant James Steed.

   A l'heure où j'écris ces lignes, les épisodes 2, 3 et 4 de la première saison (qui n'en comporte que 4) sont disponibles en replay.

   Intitulé Meurtre en rythme, l'épisode 2 débute par la mort (par électrocution) de deux jeunes vedettes. Le principal suspect n'est autre que l'ex-petit ami de Peregrine... et l'inspecteur Steed, un tantinet jaloux, mène l'enquête officielle. Peregrine s'incruste dans l'équipe de télévision, la chaîne appartenant à une femme très riche, Edwina Maddox. A travers la famille de celle-ci, je pense que les auteurs de l'épisode ont voulu faire allusion aux Murdoch (dont l'empire médiatique dépasse largement les frontières de l'Australie). En arrière-plan se trouve aussi la pénétration de la mafia calabraise, la 'Ndrangheta.

   On change complètement d'ambiance avec le troisième épisode, Meurtre du troisième type. Le titre français est particulièrement bien choisi, puisqu'il va être question d'une possible présence extra-terrestre (avec allusion aux Envahisseurs), mais aussi d'expériences scientifiques et d'espionnage, en pleine période de Guerre froide. L'intrigue est vraiment passionnante, même si je trouve que l'héroïne arrive un peu trop facilement à s'infiltrer partout où elle veut.

   Le quatrième épisode, Mort aux petits oignons, baigne dans le milieu culinaire. Les téléspectateurs du XXIe siècle penseront inévitablement à la flopée d'émissions mettant en scène d'apprentis cuistots (ou pâtissiers). Soixante ans plus tôt, il est plutôt question de cours de cuisine, d'immigration... et de commerce illicite.

   Samedi 26 juillet commencera la diffusion de la deuxième et dernière saison, composée de huit épisodes. La série s'est arrêtée en 2021. C'est un agréable divertissement, avec un habillage (costumes, décors, musique) vintage, et des valeurs portées en étendard. Pour moi, il n'atteint pas le niveau de la série d'origine. A titre de comparaison, je trouve que les Français avaient fait un meilleur boulot avec Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, ceux de la deuxième époque (située fin des années 1950-début des années 1960) comme ceux de la troisième (la plus percutante, dont l'action se déroule au début des années 1970).

jeudi, 26 juin 2025

L'argent ne fait pas tout, au rugby

   Samedi se jouera la finale du Top14, le championnat de France de rugby. Seront opposées les deux équipes considérées comme les meilleures de cette année : le Stade Toulousain (qui a fini premier de la saison régulière) et l'Union Bordeaux-Bègles (qui a terminé deuxième... mais a remporté la Coupe des champions, après avoir éliminé Toulouse en demi-finale).

   Sur le plan économique, la présence du Stade en finale semble des plus logiques, puisque ce club a le plus gros budget du Top14, avec environ 50 millions d'euros. (C'était 39 millions en 2021-2022.) L'UBB arrive loin derrière, en septième position, avec quelque 34 millions d'euros. Voyons ce qu'il en est des autres clubs français s'étant distingués cette année. (Ce sont ceux qui se sont qualifiés pour les phases finales.)

sport,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Sur le schéma ci-dessus, chaque numéro correspond au classement du club en terme de budget. Ainsi, lors des barrages (sortes de "demi quarts de finale"), Bayonne (4e de la saison régulière), a éliminé Clermont (5e), dont le budget était pourtant plus élevé d'environ 20 % (35,5 millions contre 29,6). En demi-finale, la logique, tant économique que sportive, s'est imposée, même si les Bayonnais n'ont pas démérité.

   Dans l'autre partie de tableau, l'invité surprise des barrages était Castres, l'antépénultième budget du Top 14 (malgré le soutien des laboratoires Pierre Fabre). Le club tarnais, 6e de la saison régulière, avait arraché le dernier billet qualificatif, coiffant au poteau le Stade Rochelais, 5e budget du Top14. Les Castrais ont été battus par le Racing Club de Toulon, 4e budget du Top14 et troisième de la saison régulière.

   En demi-finale, les quatre-cinq millions de budget supplémentaires du club varois n'ont pas suffi, face à Bordeaux-Bègles. De gros afflux financiers n'ont pas suffi non plus au Stade Français (2e budget du Top14) et à Lyon (3e budget), qui ont terminé respectivement 12e et 11e de la saison régulière, le LOU ayant toutefois disputé la finale du Challenge européen (la "petite" coupe d'Europe), perdue contre les Anglais de Bath.

   La finale de samedi permettra de conclure sur cet aspect : soit l'expérience et la richesse du banc permettront au Stade Toulousain de l'emporter (auquel cas on pourra disserter sur le poids de l'argent dans le rugby professionnel : il y a 16 millions de plus, côté budget, chez les Toulousains), soit l'UBB confirmera son accession au plus haut niveau et le fil rouge de ma chronique en sortira renforcé.

   Ces choses dites, sur le fond, les sommes qui circulent dans le rugby professionnel ne sont pas du même niveau que celles que l'on trouve dans le football. Ainsi, si l'on compare les budgets des clubs du Top14 à ceux des clubs de Ligue 1, on s'aperçoit que le club de rugby le plus riche (le Stade Toulousain) a la masse financière de Brest ou Saint-Étienne (14e et 13e budgets). Quant à Bordeaux-Bègles, ses 34 millions le placent entre Montpellier et Auxerre (15e et 16e budgets), loin, très loin du premier budget de Ligue 1, celui du PSG : 860 millions d'euros... à comparer aux 472 millions que représentent, cumulés, les budgets des 14 clubs de l'élite du rugby hexagonal.

lundi, 23 juin 2025

Enquêtes au paradis

   Ce lundi, France 2 commence la diffusion d'une nouvelle série, dérivée de Meurtres au paradis. Il y a quelques mois, on avait déjà eu droit à la décevante Mystères au paradis (Beyond paradise), qui a pour héros l'un des anciens inspecteurs de la série principale, retourné dans son Angleterre natale. Cette fois-ci, c'est en Australie que le spin-off a été tourné, avec une protagoniste inédite, l'inspectrice Mackenzie Clarke, interprétée par Anna Samson.

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   Cette comédienne (inconnue au bataillon) est une Australienne d'origine britannique, ce qui a dû peser dans son recrutement, le personnage qu'elle interprète évoluant entre les deux pays. Pour une raison qu'on ignore au début de la saison 1, elle a quitté sa petite ville d'origine (une station balnéaire de la côte sud-est de l'Australie, entre Sydney et Wollongong) six ans auparavant.

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   Dans le premier épisode (diffusé ce lundi), Un meurtre impossible, l'héroïne est de retour au pays, là aussi pour une raison qu'on ignore. (Dans la version originale, la série a pour titre Return to paradise.) Le lien avec la série mère est établi grâce à un coup de fil passé à son supérieur, au Royaume-Uni, dans lequel les fans reconnaîtront l'inspecteur Jack Mooney, qui a officié pendant trois saisons à Sainte Lucie.

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   Celle que l'on surnomme "Mac" va devoir prolonger son séjour en Australie, où elle n'est pas forcément bien accueillie par ceux qui la connaissent. Elle va s'intégrer à l'équipe de police locale, composée de personnages hauts en couleur : le cheffe de poste est assez autoritaire, l'autre inspecteur est un sympathique barbu, bedonnant, pas très brillant enquêteur. Ils sont assistés par un agent d'origine maorie et une "volontaire civile", une enseignante retraitée habilitée à aider les forces de l'ordre. Prénommée Reggie, elle est un peu la commère du poste de police.

   A cette petite équipe se joint, de temps à autre, le médecin-légiste, un bogosse musclé (et surfeur)... qui n'est autre que l'ex-petit ami de l'héroïne.

   Dans le deuxième épisode, intitulé Raide mort, les policiers enquêtent sur le décès suspect d'un influenceur, à l'issue d'une course locale. Le mystère n'est pas très difficile à éclaircir (contrairement à celui du premier épisode), mais l'intérêt réside dans les méthodes employées par Mac. Cette jeune femme est brillante, tenace, obsédée par le moindre détail. Elle n'est cependant pas très douée pour les relations humaines. Ses interactions avec ses collègues comme avec les autres habitants de la ville ne manquent pas de saveur.

   C'est aussi au cours de cet épisode que l'on découvre un nouveau personnage important, Frankie... un chien, plus précisément une chienne, de race Kelpie :

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   L'animal est adorable, très attachée à Mac.

   Dans les semaines à venir, les épisodes 3 à 6 de la saison 1 seront diffusés. Dans l'épisode 3 (Au bout du rouleau), dont l'intrigue a pour cadre un salon de coiffure, l'enquêtrice va devoir faire preuve de toute sa sagacité pour parvenir à démontrer comment l'assassin a commis son crime. Même si la conclusion est un peu "tirée par les cheveux", elle ne manque pas de saveur.

   Dans l'épisode 4 (Un Climat mortel), les policiers doivent élucider le meurtre d'un activiste écologiste. L'un des indices clés est quelque peu... odorant :

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   Dans l'épisode 5 (Le Tir du Bushranger), il est question d'une partie de bowling en plein air, un jeu à mi-chemin entre le curling et la pétanque, qui se joue sur... du gazon. L'intrigue fait intervenir une légende locale, celle d'un bandit de grand chemin qui redistribuait aux pauvres une partie de ce qu'il volait aux riches. (Cela semble inspiré de la vie d'un certain Ned Kelly.)

   Dans le sixième et dernier épisode de la saison 1 (Le Fantôme de la mine), Mac et ses collègues tentent de résoudre un problème en apparence insoluble : le faux suicide d'un homme enfermé à double tour dans une pièce ne disposant que d'une issue. Ce meurtre en chambre close est un classique des fictions policières. L'enquête est menée tambour battant par Mac, attentive au moindre détail.

télévision,télé,médias,actu,actualité,actualités,actualite,actualites

   J'aime beaucoup la manière dont la comédienne incarne cette policière atypique. Elle est d'une beauté peu classique, avec son vissage osseux, et elle porte avec beaucoup d'élégance le gilet de costume. C'est évidemment à écouter en version originale sous-titrée, notamment pour profiter des accents.

   A la fin de cette saison, l'héroïne hésite à retourner à Londres. En Australie, ils ont déjà eu droit à la saison 2. J'espère qu'elle débarquera bientôt sur la télé publique.

vendredi, 20 juin 2025

A l'instinct

   C'est le titre d'une nouvelle série policière, dont l'épisode pilote avait été diffusé en 2023, sur France 2. (Il est reprogrammé vendredi 27 juin prochain.) Deux épisodes inédits nous sont proposés ce mois-ci, avec une distribution modifiée.

   Commençons par l'épisode pilote, accessible en ligne (comme les suivants, d'ailleurs). Il met en scène la rencontre entre deux capitaines presque diamétralement opposés, le Guyanais Téva Royer et la Métropolitaine Ana Kerjouan. Le premier est noir, instinctif, calme, attentif aux informations données par la nature (et pas fermé au surnaturel). La seconde est blanche, cartésienne, branchée technologie, nerveuse et pointilleuse quant à la procédure.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   J'ai eu un peu peur au début. J'avais l'impression qu'on me proposait un énième duo d'enquêteurs mal assortis, destinés finalement à bien s'entendre (voire plus si affinités). De plus, je trouvais un peu gênante cette forme d'essentialisation, l'homme noir paraissant surtout physique, la femme blanche plus intellectuelle. Mais le binôme d'acteurs (Christopher Bayemi - Charlie Bruneau) emporte le morceau. Ils sont très bons, percutants et le scénario est suffisamment élaboré pour maintenir l'attention.

   La semaine dernière, en regardant le nouvel épisode, En eaux profondes, j'ai eu la surprise de constater que la distribution avait été modifiée. Exit la capitaine nantaise et toute son équipe. Bayemi/Royer, installé en région lyonnaise, travaille désormais avec une commandante brute de décoffrage (qui cache un cœur tendre, bien entendu), incarnée par Juliette Plumecocq-Mech. Elle, je l'adore et je trouve que son association avec Christopher Bayemi fonctionne particulièrement bien.

télévision,télé,médias,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   L'intrigue est tortueuse : deux accidents mortels se produisent, à un an d'intervalle, au même endroit. Ce n'est évidemment pas un hasard, mais il va falloir beaucoup d'obstination aux enquêteurs pour dénouer les fils de l'écheveau. Un étrange centre thérapeutique semble jouer un rôle dans cette histoire, tout comme la pratique de l'hypnose.

   Ce vendredi 20 juin est diffusé le troisième épisode, La Mort en marche. On retrouve avec plaisir le binôme formé la fois précédente, avec des liens qui commencent à se tisser... mais pas comme dans les autres séries policières auxquelles nous avons été accoutumés. L'intrigue est très mystérieuse, faisant intervenir des croyances traditionnelles des Antilles (plus précisément d'Haïti), notamment le vaudou. C'est habilement mis en scène, sans effet tape-à-l’œil et l'on a droit à une scène très forte entre les deux héros.

   Ce n'est pas tout à fait du niveau d'Astrid et Raphaëlle, mais c'est bien meilleur que HPI, Capitaine Marleau et les demi-bouses du samedi soir.

dimanche, 01 juin 2025

Les mercenaires de la victoire

   La finale de la Ligue des champions, qui a opposé le Paris-Saint-Germain à l'Inter Milan est riche d'enseignements... non sportifs, au sens strict. Tout d'abord, c'est la deuxième fois qu'un club appartenant à un fonds d'investissement moyen-oriental remporte le trophée : le PSG appartient majoritairement au Qatar Sports Investments et le vainqueur de 2023, Manchester City, est la propriété des Émirats arabes unis.

   Cet afflux d'argent moyen-oriental a permis de recruter de nombreux joueurs (présumés) de talent, aux salaires élevés. Ainsi, samedi soir, au coup d'envoi, le PSG alignait onze joueurs dont le total des salaires annuels atteint 111 millions d'euros (d'après les informations glanées sur footmercato), s'étalant de 4,5 millions (Pacho) à 18 millions (Dembélé), soit un écart de 1 à 4. En comparaison, le jeune Français Mayulu (19 ans), rentré en fin de partie, fait figure de prolétaire, avec "seulement" 720 000 euros (hors contrats publicitaires)... En face, l'Inter alignait une équipe ne pesant (d'après mes calculs) "que" 87 millions... petits joueurs ! Notez qu'au sein du Onze italien, les écarts sont plus grands (de l'ordre de 1 à 7), les salaires s'étalant de 2,5 à 16,7 millions d'euros. On semble moins généreux avec le "petit personnel" de l'autre côté des Alpes !

   La composition de l'équipe de départ est tout aussi révélatrice. Concernant le PSG, la nationalité la plus répandue était... la portugaise, avec 3 joueurs, et 4 lusophones si l'on ajoute le Brésilien Marquinhos... qui a acquis aussi la nationalité française. Lui inclus, le total de joueurs français monte lui aussi à trois, avec Dembélé et Doué. (Les autres tricolores sont entrés bien plus tard en jeu, quand le match a été "plié".) Italie, Espagne, Maroc, Géorgie et Équateur complètent l'effectif, ce qui donne ceci :

actu,actualite,actualites,actualité,actualités,paris,économie,foot,football,sport,sports

   Concernant l'Inter Milan, c'est presque aussi varié, avec 4 Italiens... et 2 Français (Pavard et Thuram, celui-ci né en Italie). Suisse, Arménie, Turquie, Pays-Bas et Argentine complètent les nationalités de départ. Parmi les joueurs entrés en cours de match se trouvent un Allemand, un Albanais, un Brésilien, un Polonais (né en Italie) et un Italien. 

actu,actualite,actualites,actualité,actualités,paris,économie,foot,football,sport,sports

   Qu'en conclure ? D'abord que les deux équipes finalistes ont massivement misé sur un effectif européen, où les "nationaux d'origine" (Français pour le PSG, Italiens pour l'Inter) sont minoritaires. Le deuxième enseignement est la quasi-absence des joueurs africains. Les dirigeants ont peut-être voulu éviter le risque d'absence, pour participer à la Coupe d'Afrique des Nations ou aux qualifications de la Coupe du monde. 

   Je suis allé voir du côté des clubs demi-finalistes : aucun joueur africain ne figure dans l'effectif du FC Barcelone et un seul (un Ghanéen) chez Arsenal. Je suis donc remonté aux quart-de-finalistes. Aucun joueur africain ne figure dans l'effectif du Bayern et d'Aston Villa. Au Real Madrid évoluent deux Marocains, au Borussia Dortmund un Guinéen, un Algérien et un Marocain.

lundi, 19 mai 2025

Les territoires de Wauquiez et Retailleau

      La récente élection du président des Républicains a vu la victoire écrasante de Bruno Retailleau, actuel ministre de l'Intérieur. D'après les chiffres publiés sur le site de LR, il a obtenu 74,31 % des suffrages exprimés, avec un taux de participation approchant les 81 % chez les quelque 122 000 adhérents du parti gaulliste.

   Cette victoire est plus ou moins large selon les départements. A partir des chiffres du vote des fédérations, j'ai construit la carte suivante (pour la France métropolitaine, mais je parlerai tout de même un peu de l'outremer) :

politique,france,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   J'ai colorié en rouge les départements où Bruno Retailleau a obtenu un score plus élevé que sa moyenne nationale. On pourrait presque tracer une ligne droite allant de Bordeaux à Strasbourg. Le ministre de l'Intérieur a été plébiscité par les adhérents du Nord et de l'Ouest, auxquels il faut ajouter ceux des départements de la frange la plus au sud de la Métropole.

   Sans surprise, c'est en Vendée que Bruno Retailleau réalise son meilleur score, avec 97,4 % des suffrages exprimés.

   En orange, j'ai colorié les départements où il avait obtenu la majorité absolue, mais moins que sa moyenne nationale. Dans cette catégorie se trouvent certains départements ruraux et/ou montagnards, comme l'Aveyron, où Bruno Retailleau n'a réuni "que" 70 % des suffrages exprimés.

   En bleu figurent les onze départements qui, à rebours de la tendance nationale, ont placé Laurent Wauquiez en tête. Le résultat est encore plus marquant que pour son concurrent : neuf de ces onze départements se trouvent dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, présidée de 2016 à 2024 par... Laurent Wauquiez. Il faut y adjoindre la Lozère (région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée) et les Hautes-Alpes (en PACA). En revanche, les électeurs du Rhône et des deux Savoie ont préféré placer Bruno Retailleau en tête.

   Là encore, sans surprise, c'est en Haute-Loire que Laurent Wauquiez réalise son meilleur score, avec 96,2 % des suffrages exprimés. Concernant ce département, il est piquant de constater qu'on y a recensé 1856 votants, soit davantage qu'en Haute-Garonne, dans l'Hérault, le Nord, l'Essonne, la Seine-et-Marne ou encore le Val-de-Marne. Pour mémoire, la Haute-Loire compte à peine plus de 220 000 habitants, contre plus d'un million, voire plus de deux millions pour les autres cités. Il y a quelques semaines, on s'était posé des questions à propos du rapide triplement du nombre d'adhérents de LR. Des observateurs expérimentés de la vie politique française évoquaient une sorte de "retour au bercail" d'électeurs de droite qui avaient déserté le parti gaulliste ces dernières années. D'autres voix se risquaient à évoquer la possibilité d'inscriptions militantes, destinées à influer sur le résultat final (au cas où il serait serré). Au vu de l'ampleur de la victoire de Bruno Retailleau (et des appels lancés à l'unité de la droite), je pense qu'on ne creusera pas trop les dessous de cette "ruée sur les cartes" de membre de LR...

   Outremer, les résultats sont aussi contrastés qu'en Métropole. La  circonscription formée par la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna a placé Laurent Wauquiez en tête, tandis que Mayotte et la Réunion ont plébiscité Bruno Retailleau. Quant aux collectivités françaises d'Amérique (Guyane, Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélémy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon), elles ont massivement choisi le ministre de l'Intérieur, avec 72,8 % des suffrages exprimés. Difficile de dire si, à Saint-Pierre-et-Miquelon (où la proposition farfelue de Laurent Wauquiez d'y envoyer les OQTF a suscité des réactions hostiles), on a davantage voté en faveur de Bruno Retailleau. En tout cas, la déroute de Laurent Wauquiez a inspiré les intelligences artificielles sollicitées par quelques internautes facétieux :

politique,france,actu,actualite,actualites,actualité,actualités

dimanche, 18 mai 2025

Quatre mariages...

   ... et quelques enterrements. Ce soir, sur France 3, la série McDonald & Dodds se conclut par un épisode mêlant mystère, cocasserie et émotion : Il y a de l'amour dans l'air.

   En pleine saison des mariages, le week-end, trois meurtres surviennent lors de trois noces différentes. Le mode opératoire n'est jamais le même et les victimes (comme leurs familles) n'ont a priori rien à voir les unes avec les autres.

   Cette hécatombe péri-nuptiale mobilise toutes les forces de police de la région, la capitaine McDonald étant de surcroît perturbée par son récent retour de vacances et d'étranges cauchemars, qui semblent la relier à un aspect de l'enquête.

   Le scénario est solide, les acteurs sont bons, les dialogues bien écrits, les vues de Bath toujours aussi jolies. Parmi les "invités" de cet ultime épisode, les amateurs de séries policières britanniques reconnaîtront un visage familier, vu autrefois dans Inspecteur Barnaby (ancienne et nouvelle mouture).

   Quant au quatrième mariage, durant tout l'épisode, on a une petite idée de qui il pourrait concerner. Il faut toutefois attendre la toute fin pour en être certain. A l'époque de l'écriture, les scénaristes n'étaient pas assurés qu'il y aurait une cinquième saison. Par prudence, ils ont voulu apporter une conclusion provisoire. Mais ces deux-là vont sans doute me manquer :

télévision,télé,média,actu,actualite,actualite,actualites,actualité,actualités

dimanche, 11 mai 2025

La Règle de trois

   C'est le titre de l'épisode inédit de la série McDonald & Dodds que diffuse France 3 ce soir. (Il est déjà disponible en ligne.) C'est l'avant-dernier de la saison 4... et l'avant-dernier tout court, puisqu'il n'y a pas eu (jusqu'à présent) de saison 5.

   Cela commence de manière inhabituelle, puisqu'on voit l'équipe de policiers conclure une enquête, sur le meurtre d'une journaliste, au cours d'une soirée qui s'est déroulée chez elle. Le binôme d'officiers est tout content d'avoir assemblé témoignages et preuves matérielles, à défaut d'avoir des aveux de la coupable présumée.

   Ils ont à peine le temps de se réjouir des (rares) félicitations de leur supérieure hiérarchique (une commissaire pète-sec) qu'ils apprennent qu'un nouveau meurtre s'est produit. La victime est une femme disparue il y a 38 ans... et les premiers éléments de cette nouvelle enquête la relient à la précédente, au point de remettre en cause ses conclusions.

   Le scénario est l'un des plus retors qu'il m'ait été donné de voir dans une série policière. Le titre fait allusion à un élément décisif de l'intrigue. Au total, il n'y a pas eu deux, mais trois meurtres, et le chiffre trois revient malicieusement, à plusieurs reprises, au cours de l'enquête : à l'entrée d'une maison, sur une petite pièce à conviction, sur la porte d'une salle d'interrogatoire...

actu,actualite,actualites,actualité,actualités

   Les dialogues sont toujours aussi savoureux (de préférence en version originale sous-titrée). Dans cet épisode, le sergent Dodds aide sa collègue à régler quelques soucis familiaux... et doit résoudre un autre mystère, celui de la disparition, au poste, de son fauteuil attitré, qu'il avait réglé pour lui. La conclusion de cette investigation secondaire sera à peine moins surprenante que celle de l'autre...

jeudi, 08 mai 2025

Les origines françaises du nouveau Pape

   Ces derniers jours, en France, certains beaux esprits glosaient sur la possibilité que le successeur de François Ier soit français. Le nom de l'archevêque de Marseille, Jean-Marc Aveline circulait... Presque personne n'a vu venir le discret préfet du Dicastère pour les évêques, Robert Francis Prevost, né à Chicago en 1955. (Le Monde en faisait toutefois hier l'un de ses treize favoris.)

   Léon XIV est donc le premier Pape états-unien, mais il a des origines métissées. Sa mère, Mildred Agnes Martinez, née aussi à Chicago, avait des grands-parents espagnols. Son père, Louis Marius Prevost, autre enfant de Chicago, avait des origines franco-italiennes. Il était le fils de Jean Lanti Prevost (1876-1960) et Suzanne Louise Marie Fabre (1894-1979).

actu,actualite,actualites,actualité,actualités,france,église

   Tous deux ont vu le jour en France. La seconde pourrait être originaire du Languedoc, où le nom Fabre était déjà très répandu à l'époque. Il faudrait que de distingués généalogistes se plongent dans les archives pour trouver le certificat de naissance de la grand-mère paternelle du nouveau Pape. Qui sait, peut-être était-elle aveyronnaise ?

dimanche, 04 mai 2025

McDonald & Dodds, saison 4

   Presque un an jour pour jour après la diffusion de la troisième saison, France 3 nous propose le début de la quatrième... et, hélas, dernière saison de cette piquante série britannique.

   Au programme, ce dimanche soir, un seul épisode inédit : Jinxy chante le Blues, qui nous balade entre le Mississippi de 1932 et la ville de Bath (dont l'équipe de rugby vient de se qualifier pour la finale du Challenge européen), de nos jours.

   Tout le talent des scénaristes a consisté à bâtir une intrigue mêlant la naissance du Blues dans l'Amérique ségrégationniste à la vie en apparence tranquille (voire "pépère") des habitants de classe moyenne d'une cité bourgeoise.

cinéma,cinema,film,films

      Tala Gouveia (McDonald) et Jason Watkins (Dodds) campent toujours aussi bien leurs personnages aux tempéraments aussi complémentaires que contrastés. Cette fois-ci, l'enquête touche personnellement l'inspecteur Dodds, puisque l'une des victimes est un ami proche. Parmi les suspects du double meurtre figurent un chauffeur de bus, une brochette de passagers (notamment un ancien militaire et une aide à domicile), un duo d'antiquaires et un historien (anglo-américain) du Blues.

   Le scénario est particulièrement retors, les acteurs convaincants et la mise en scène efficace, parfois inventive, sur certains détails.

   Je me suis régalé, ce qui me fait d'autant plus déplorer l'arrêt de la série, décidé par la chaîne ITV en raison d'audiences insuffisantes.

   P.S. 1

   En accédant à l'article auquel mène le lien ci-dessus, vous apprendrez que d'autres captivantes séries britanniques sont toujours "en service", à commencer par Unforgotten et The Bay. Toutefois, la télévision française en a interrompu la diffusion, nous privant (pour l'instant) des saisons les plus récentes.

   P.S. 2

   Les téléspectateurs français vont bientôt revoir Tala Gouveia, puisqu'elle figure au casting de la saison 14 de Meurtres au paradis (dans l'épisode 6). France 2 en démarre la diffusion ce lundi 5 mai. On espère que cette nouvelle saison sera, à tout le moins, plus élaborée que le "produit dérivé" qui nous a été récemment servi : Mystères au paradis (Beyond Paradise dans la V.O.), avec Kris Marshall (l'inspecteur-chef Goodman retourné au Royaume-Uni). J'ai trouvé ce spin-off plutôt fade.

jeudi, 03 avril 2025

37 secondes

   C'est le temps qu'aurait mis le chalutier le Bugaled Breizh pour couler, dans une mer peu agitée, le 15 janvier 2004. C'est aussi le titre de la mini-série consacrée au drame, en partie documentaire, en partie fictionnelle, dont Arte vient d'engager la diffusion. (L'intégralité des épisodes est déjà accessible.)

   A l'époque, je m'étais intéressé à l'affaire et, quelques années plus tard, j'avais même acheté le bouquin cosigné par un journaliste de l'émission Complément d'enquête.

télévision,télé,société,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,médias

   Dans la mini-série, le nombre des personnages, leur identité réelle et une partie de leurs relations (pour ce que j'en sais) ont été modifiés, pour servir la dramaturgie. En revanche, pour ce qui a trait au naufrage, le scénario reconstitue assez minutieusement les détails de l'enquête et des procès. Je trouve ce mélange excellemment réussi.

   Au niveau des acteurs, on a clairement misé sur un duo gagnant, composé de Mathieu Demy (en avocat tenace et bienveillant) et Nina Meurisse (déjà très bien dans L'Histoire de Souleymane), qui crève l'écran en employée d'une usine de poissons, belle-sœur d'un des disparus et qui va devenir l'une des chevilles ouvrières de la lutte pour faire éclater la vérité.

télévision,télé,société,actu,actualite,actualites,actualité,actualités,médias

   Il m'est impossible ici de nommer la pléiade de seconds rôles bien incarnés. Des employées de l'usine au premier juge d'instruction (campé par Pierre-François Garel), en passant par un amiral à la retraite, un peu vieille France... mais farouchement attaché à la justice (Laurent Poitrenaux, génial), on se régale devant ce foisonnement de personnages qui sonnent authentiques.

   Les épisodes rendent aussi hommage à une France d'en-bas, composée de travailleurs modestes (certes, un peu trop portés sur l'alcool), aux personnalités attachantes, malgré leurs défauts. C'est d'ailleurs une autre qualité du film : ne pas tomber dans l'angélisme. Les familles des victimes constituent un groupe hétérogène, travaillé par des tensions.

   Enfin, ces six épisodes proposent un superbe portrait d'une femme, Marie Madec (visiblement inspirée de Nathalie Gloaguen). Celle-ci a subi une forme de déterminisme géographique et social : issue d'un milieu modeste, elle n'a guère prolongé sa scolarité et elle s'est finalement mise en ménage avec un mec du coin, pas le pire, mais sans doute pas le meilleur. Son investissement dans le combat judiciaire va lui ouvrir de nouveaux horizons... La mise en scène et le montage suggèrent qu'elle a une raison encore plus personnelle de vouloir faire toute la lumière sur cette affaire : c'est elle qui a persuadé, le jour du naufrage, son jeune beau-frère de partir en mer sur le Bugaled...

   C'est fort, parfois émotionnellement très remuant, et instructif. Cette fiction française est digne des meilleures productions britanniques. (Encore une fois bravo Arte !)