dimanche, 02 novembre 2008
Les chimpanzés de l'espace
Ce matin, la salle était pleine... à moitié d'adultes, d'ailleurs ! Voilà un film qui attire des spectateurs âgés de 5 à 75 ans ! Ben évidemment, les références cinématographiques fourmillent, qu'il s'agisse de La Planète des singes, de 2001, L'Odyssée de l'espace ou surtout de L'Etoffe des héros. On goûtera tout particulièrement les séquences où l'on voit les singes-spationautes marcher au ralenti, bruitage adapté en plus !
Comme nombre de "dessins animés", c'est une histoire de formation : le jeune dilettante égocentrique va mûrir, devenir un véritable héros... et de surcroît rencontrer l'amouuuur ! Les personnages ne sont pas trop coulés dans un moule, même si on reconnaît ici ou là quelques archétypes : le vieux sage avec la voix française de Morgan Freeman, la jeune cadre dynamique, le scientifique asiatique, le sénateur-technocrate hyper ambitieux et sans scrupule...
Graphiquement parlant, c'est très réussi. On a l'impression que cela a été tourné avec de vraies caméras ! Certaines scènes sont d'une grande beauté visuelle, comme celle qui montre l'entraînement intellectuel des futurs "chimpanzionautes"... La version française est parvenue à restituer les jeux de mots, assez nombreux (notamment dans la bouche du commandant de l'expédition, un grand costaud pas toujours rapide à la comprenette).
La représentation du monde extraterrestre est une autre satisfaction. On a su faire preuve d'imagination, avec ce lac de liquide pétrifiant (issu d'un volcan), ces animaux volants projecteurs de piques redoutables... et le petit gentil, véritable ampoule sur pattes, fort utile au demeurant.
Les grands et les petits ont été captivés pendant 1h30... et ont souvent ri.
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samedi, 01 novembre 2008
Dernier maquis
Non, ce n'est pas un documentaire consacré à un groupe de résistants français de la Seconde Guerre mondiale. C'est d'abord une fiction, même si elle a un caractère documentaire. L'action se déroule de nos jours, dans le "neuf-trois", pas très très loin de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, peut-être à proximité de la Marne. Les personnages sont tous issus des "minorités visibles". L'intérêt du film n'est pas d'avoir tourné une histoire victimaire, mais d'avoir choisi une tranche de vie de ces mécaniciens et caristes, confrontés à un patron (interprété avec brio par le réalisateur, Rabah Ameur-Zaimeche) qui oscille entre paternalisme et manipulation.
C'est filmé au cordeau, sans fioritures, avec quelques morceaux de bravoure. Les scènes d'introduction et de conclusion sont notamment marquantes, avec ces piles de palettes rouges, qui sont comme des blocs HLM implantés sur ce lieu où travaillent des manœuvres qu'on imagine résidant en "banlieue". J'ai aussi beaucoup aimé la séquence avec le gros rat (une allusion au patron un peu grippe-sou ?), à la fois incongrue et révélatrice de beaucoup de choses.
Le nœud du problème semble d'abord être l'identité religieuse (et la pratique). La désignation de celui qui doit être l'imam du nouveau lieu de culte fait surgir d'autres problèmes, à commencer par celui des salaires. Le réalisateur excelle à montrer que revendication identitaire et aspirations sociales ne fonctionnent pas forcément de conserve... l'une pouvant même être utilisée pour brider les autres.
C'est 'achment bien joué et, comme dans un autre film sorti récemment, Chop shop, on constate une grande application dans la mise en scène du travail manuel... Eh oui : filmer des manœuvres peut être d'un grand intérêt cinématographique !
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vendredi, 31 octobre 2008
Jar city
Ah, l'Islande, ses geysers, ses côtes battues par les vents, sa campagne à la fois belle et revêche, ses banques en faillite nationalisées... Voilà le cadre idéal pour un polar génétique. En toile de fond se trouve la collation des données relatives aux génomes de la population islandaise (autour de 300 000 habitants... sur environ 100 000 km²... on ne se bouscule pas, sur l'île), une politique décidée par le gouvernement et mise en pratique par une entreprise de biotechnologie. Comme les Islandais descendent d'un même petit nombre de familles (scandinaves et un peu britanniques... je ne vous raconte pas les noms à coucher dehors qu'ils portent), leurs A.D.N. sont proches, les variations peu nombreuses, ce qui favorise l'étude des causes des maladies génétiques.
Ce n'est que peu à peu que l'on voit se nouer les liens entre un meurtre, un viol (peut-être plusieurs), un jeune père de famille qui effectue des recherches étranges, des femmes assez âgées et un flic véreux retiré des voitures. Un passé nauséabond remonte à la surface... tout comme un cadavre et des odeurs qu'on croit d'abord être d'origine marécageuse. Vous mélangez ça avec une étude sociale (on vit plutôt replié sur soi dans le coin) et vous obtenez ce film, à l'humour parfois macabre. (Mais comment demander à plus de cent femmes si elles ont été violées 30 ans auparavant ?... Que faire quand l'assassin que vous pourchassez décide soudainement d'inverser les rôles et de se mettre à votre poursuite ?)
L'enquête est menée lentement et sûrement. Ce trio de flics nordiques m'a un peu rappelé les policiers du Fargo des frères Coen. Un style à découvrir !
21:46 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
jeudi, 30 octobre 2008
W, l'improbable président
Encore une biographie ! Celle-ci est consacrée à un personnage encore vivant... enfin pas politiquement parlant. Pour ceux qui n'ont pas suivi l'actualité internationale ces huit dernières années, ce film a une certaine utilité : il offre une vision de la vie de jeune adulte de l'actuel (et futur ex) président des Etats-Unis d'Amérique et lève un coin du voile sur le processus de prise de décision (au sein du pouvoir exécutif), en matière de politique étrangère en tout cas.
On comprend mieux comment George W. Bush a pu devenir populaire : c'est un (ancien) beauf, pas méchant au fond, dont la carrière politique doit beaucoup aux relations de papa (qui pourtant le méprise à la base... pauvre, pauvre Boubouche) et à sa renaissance protestante. Beaucoup ont oublié son côté "gosse de riche" pour ne retenir que le symbole de l'Américain mâle moyen : pas futé, alcoolo sur les bords, cul-bénit franchement au milieu et simpliste dans sa vision du monde.
Le problème est que le film n'émet pratiquement jamais une critique sur la carrière du fiston Bush. Oh, il y a bien quelques piques ici ou là(quand même, Oliver Stone doit défendre ce qu'il reste de sa réputation usurpée de réalisateur contestaire), parce que, sinon, l'aspect thuriféraire du film serait trop voyant. La musique est particulièrement agaçante. Elle contribue à présenter les défauts du président comme de pendables déviations, bien pardonnables après tout. A cela s'ajoute une interprétation de Josh Brolin assez faible. D'abord il n'est pas crédible en Bush vieux. Ensuite, il ne nous fait pas du tout sentir la nature de la foi qui anime le personnage. Cela apparaît comme extérieur à l'individu.
De surcroît, la volonté affichée de faire uniquement une étude de caractère évite au réalisateur d'aborder les questions gênantes. On a davantage insisté sur la prétendue naïveté de W que sur son machiavélisme, à peine suggéré lorsqu'il est question de la première campagne présidentielle de son père. Il n'est absolument pas question de l'action de Bush comme gouverneur (uniquement de la campagne), pas plus que de sa politique intérieure une fois qu'il est devenu président. La fraude électorale de novembre 2000 est très très rapidement évoquée. Quant à la préparation de la guerre contre l'Irak, elle est emblématique du film : les propos tenus par certains personnages sont accablants mais, vu la manière dont c'est filmé et monté, le spectateur est tenté d'excuser tout ce joli monde de magouilleurs. On notera la vision exccessivement positive de l'action de Colin Powell, Condoleezza Rice étant présentée comme la "fayote" du président.
C'est filmé plan-plan, O. Stone ayant cru subtil de faire jouer l'ombre et la lumière sur le visage de son personnage, en particulier quand il est censé prier. C'est vraiment un biopic bas-de-gamme.
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mercredi, 29 octobre 2008
La Famille Suricate
J'avais déjà vu ces bestioles, mais j'avais complètement oublié leur nom. J'ignorais aussi qu'une série télévisée leur était consacrée. Comme, à la base, j'aime bien les documentaires au ciné et que c'est la B.B.C. qui a produit la chose, je me suis laissé tenter, malgré des critiques peu encourageantes.
C'est qu'ils sont trognons ces suricates ! On se sent proche de ces animaux intermédiaires entre la mangouste et le chat (les Britanniques les appellent meerkats, mot qui viendrait de l'afrikaans et signifierait "chat du lac" ou plutôt "chat des lacs"), qui ont quelques éléments de gestuelle similaires à ceux des humains, en particulier quand ils se dressent sur leurs pattes de derrière (et leur longue queue). Les trois premiers quarts d'heure passent donc comme un charme, surtout que l'armée de marmots emmenée là par des parents soucieux de divertissement éducatif n'est pas bruyante. Le commentaire de Guillaume Canet, qui donne souvent l'impression de lire un passage de la Critique de la raison pure (sans bien le comprendre), gâche toutefois un peu l'atmosphère.
Plusieurs détails m'ont fait tiquer. Même si c'est précisé (en anglais) à la fin du film, au début du générique, la reconstitution opérée à propos de plusieurs séquences est gênante. Il apparaît parfois évident que ce qui est montré à l'écran ne correspond pas tout à fait (même s'il y a un rapport) au moment de l'histoire. Les personnages ne sont peut-être pas toujours ce qu'on nous dit qu'ils sont, ou en train de faire ce qu'on nous affirme qu'ils sont en train de faire. J'ai même perçu des éléments de scénarisation : je pense que toutes les séquences faisant intervenir le serpent ne sont pas fortuites (c'est-à-dire le produit de la pure observation, la seule méthode recommandable pour un documentaire digne de ce nom), même si, ici ou là, pour éviter de mettre nos héros en danger, on a sans doute pratiqué la superposition d'images (lorsque certains prédateurs sont mis en scène notamment).
Au final, c'est un peu long, mais agréable à regarder : entre deux scènes de suricates s'intercalent des plans parfois magnifiques de paysages africains.
Un site sympa (en anglais...) :
15:36 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
mardi, 28 octobre 2008
Mesrine, l'instinct de mort
Le premier problème à résoudre, concernant ce film, est celui de la prononciation du nom du "héros". Dans ma jeunesse, j'ai toujours entendu dire "Messe-rine", alors que, dans ce film, il est le plus souvent prononcé "Mérine". Voilà une énigme supplémentaire. Deuxième problème à résoudre : le caractère "tout public" du film. A mon avis, vu la violence qui émaille de nombreuses scènes, il faut que Thomas Langmann (ou son papa) ait de bonnes relations pour avoir évité un classement "interdit aux moins de 13 ans, même accompagnés, même armés d'un gros flingue".
Cassel est excellent. Voilà un deuxième postulant sérieux (après Demaison pour l'interprétation de Coluche) aux César. Il arrive à faire croire en l'évolution de son personnage, de l'appelé du contingent à l'évadé du Canada, en passant par le porte-flingue et le braqueur invétéré. Les séquences où il incarne une sorte de "loveur" un brin maladroit sont aussi très réussies. En face, y a de grosses pointures aussi : Cécile de France est troublante en égérie hors-la-loi, tout comme Gérard Depardieu en truand raciste.
La réalisation est très efficace. C'est trépidant, passionnant même parfois (même si on connaît un peu l'histoire... et surtout sa conclusion, rappelée en introduction). La technique du "split screen" (écran partagé) se justifie pleinement : elle instille l'angoisse et nous plonge dans l'époque (les années 1970, riches en polars à la française).
Je pense que Richet a pris un malin plaisir à faire démarrer son film durant la guerre d'Algérie, façon pour lui de démontrer que la barbarie mise en œuvre là-bas a eu des conséquences profondes ici (en métropole). C'est aussi là que s'installe l'ambiguïté : le portrait du voyou, qui ne cache aucun de ses défauts, reste, au fond, l'éloge d'un anticonformiste qui s'est élevé à la force du poignet, la véritable coupable étant, pour le réalisateur et son scénariste, la société (à travers la guerre coloniale, la lâcheté des parents, la brutalité du milieu, la mentalité quasi nazie d'une partie du personnel pénitentiaire...). On peut goûter le film sans partager tous ses apriori.
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lundi, 27 octobre 2008
Le bal des lucioles
A part le fait qu'il s'agisse d'animations et (en partie) des lucioles, il n'y a guère de rapports entre cet ensemble de courts-métrages et Le Tombeau des lucioles (sublime drame poétique). On nous propose ici quatre courts-métrages lettons, réalisés à la main (moulés à la louche et roulés sous les aisselles), image par image, par une équipe spécialiste des marionnettes. Ils ont été produits entre 2001 et 2007.
Les petits écoliers est une fable éducative, dont les personnages principaux sont des insectes. Je recommande tout particulièrement les pétomanes (je kiffe à donf !). J'adore aussi la manière dont la "cloche" est sonnée... Bon, les ch'tites nenfants n'aiment pas forcément aller à l'école, où on leur apprend pourtant des tas de choses utiles. Certains d'entre eux vont en faire l'expérience. Au cours de leur périple, ils vont quasiment provoquer un accident de la circulation (les bolides concernés étant des escargots !)... et surtout risquer leur vie.
Le bal des lucioles (qui donne son nom à l'ensemble) est une historiette romantique, un tantinet humoristique, sur les amours de ces jolis insectes lumineux. Le jeune mâle, qui désespère de son arrière-train (terne), a recours à des moyens extrêmes pour parvenir à séduire sa dulcinée (il a si peu de temps !)...
La Nouvelle espèce fait intervenir un entomologiste, collectionneur de papillons (ça doit porter un nom, ce truc). Ses proies sont donc des insectes, en particulier une femelle très coquette. La famille-insecte sort pique-niquer. L'escargot-taxi s'engageant dans la mauvaise voie, de folles péripéties surviennent...
Dans Le Magicien, il est question de la crédulité des gens (ici les animaux de la forêt), qui perdent leurs biens pour ne s'être pas suffisamment méfiés d'un loup prestidigidateur... qui ne va toutefois pas l'emporter au paradis ! La Fontaine aurait beaucoup aimé ces petits bijoux, qui allient l'inventivité visuelle à la perspicacité psychologique.
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