dimanche, 04 septembre 2011
Pain noir
Ce pain noir est celui dont doivent se contenter les pauvres, quand ils ont du pain. Ce sont les "perdants" de cette Espagne des années 1940, post guerre civile. Il y a donc un propos marxisant dans ce film, qui semble parfois présenter le conflit des années 1939-1939 comme une lutte des classes.
Mais il y a bien autre chose. A cet arrière-plan historique (qui n'est pas sans rappeler Le Labyrinthe de Pan, dans lequel jouait aussi Sergi Lopez, abonné aux rôles de salaud franquiste) se superposent des histoires de famille, des émois adolescents, un questionnement sociétal... et un fait divers scabreux dont je me garderai bien de révéler la teneur.
Comme Guillermo Del Toto, Agusti Villaronga (le réalisateur du Pain noir) introduit un peu de fantastique dans son histoire. (Le héros semble avoir des visions... Sont-ce des cauchemars, des phénomènes surnaturels ou l'indice qu'il est en train de perdre la boule ?) L'ambiance est souvent sombre, angoissante et mystérieuse. Un gros boulot a été fait au niveau des décors et de la lumière (avec en particulier de superbes scènes d'intérieur).
Les acteurs sont excellents, au premier rang desquels le jeune garçon (qui a reçu un Goya pour sa prestation). Mais le film vaut surtout pour ses portraits de femmes. Dans un monde traditionnel, patriarcal, dominé par un clergé conservateur et une armée machiste, il n'est pas facile de ne pas être du sexe masculin. Le plus beau personnage est sans conteste celui de la mère du héros, interprétée par Nora Navas (elle aussi primée aux Goyas 2011, qui ont aussi -justement- récompensé Buried, une des pépites de 2010). Mais les actrices qui incarnent sa belle-mère, sa belle-soeur et sa nièce sont elles aussi remarquables.
L'histoire n'est pas forcément ce à quoi on s'attend... et on prend une sacrée claque !
16:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema
samedi, 03 septembre 2011
Neko, dernière de la lignée
Ce film, situé à mi-chemin du documentaire et de la fiction, est consacré aux Nenets... Nooon, ce n'est pas un film sur les gonzesses (même si la majorité des personnages principaux sont féminins, à commencer par l'héroïne éponyme, Neko), mais sur un peuple de Sibérie, à l'époque soviétique (après la mort de Staline).
La première partie du film est censée nous donner un aperçu de cette civilisation particulière, où l'on mange beaucoup de poisson et l'on chique pas mal de tabac. Les rites religieux sont chamaniques. Cela ne manque pas d'intérêt, mais j'ai trouvé la mise en scène très académique, et les interprètes pas toujours convaincants.
Le film gagne en densité dans la seconde partie, qui voit la petite Neko se retrouver dans un internat public. Rebaptisée Nadia (prénom supposé être plus joli), elle doit apprendre le russe, l'idéologie léniniste (déstalinisation oblige, on a remisé au placard la référence la plus récente)... et le calcul (avec les chiffres arabes).
Cela nous vaut quelques beaux moments de comédie et des scènes évocatrices sur l'acculturation. Cela n'est pas sans rappeler ce qui s'est produit en Australie au siècle dernier avec les Aborigènes, et que l'excellent film Les Chemins de la liberté (de Philip Noyce, en 2003... à ne pas confondre avec un autre film, portant le même titre, mais plus récent et sur un tout autre sujet) avait évoqué (sur une musique captivante de Peter Gabriel).
J'ai aussi bien aimé les scènes entre les jeunes, à l'internat. Les femmes sont très convaincantes et l'un des garçons, aux oreilles décollées, mérite le détour ! Après, on peut trouver inutilement démonstratifs les passages qui voient certains acteurs s'adresser directement à la caméra, pour commenter leur action.
22:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema
mercredi, 31 août 2011
La nouvelle "Miss" arabe
Cette bombe sexuelle a été découverte par Le Monde qui, dans son édition du 31 août, nous propose une photographie de la femme nord-africaine la plus recherchée du moment :
Evidemment, le journal précise, sous l'image, qu'il s'agit d'un photo-montage, réalisé par des rebelles libyens. Mais ça m'a bien fait rigoler !
P.S.
Pour la petite histoire, il convient d'expliquer le pourquoi du déguisement en "femme berbère". On pense que c'est par la frontière algéro-libyenne que Khadafi va tenter (a tenté) de fuir le pays. Or, cette frontière est surveillée par des rebelles majoritairement berbères. (Kadhafi est arabe, au fait.) Porter un tel accoutrement serait donc un choix tactique pour passer inaperçu.
Une autre explication est possible. Parmi les rebelles, à l'ouest, dominent des combattants berbères. La disparition de Kadhafi a nourri les rumeurs. On l'imagine déguisé. Le représenter en femme serait un moyen de le dénigrer.
14:49 Publié dans Politique étrangère, Presse, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, libye, femme, afrique


