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jeudi, 26 janvier 2012

Incendies

   La semaine dernière s'est déroulé le Festival Télérama, qui voit des cinémas reprogrammer des films "art et essai" de l'année écoulée. Parmi ceux-ci, je recommande L'Exercice de l'Etat et surtout Une Séparation.

   En Aveyron, ce n'est pas sur les cinémas de Rodez qu'il fallait compter pour accorder une telle place à une programmation originale. C'est le cinéma decazevillois "La Strada" qui a permis aux cinéphiles de (re)voir des films de qualité peu diffusés.

   Il y a plusieurs mois de cela, je m'en étais voulu d'avoir raté Incendies à sa sortie. Du coup, là, j'ai fait en sorte de voir ce film. C'est une production canado-libanaise. Il est inspiré (en partie) de l'histoire de Soha Bechara, parfois surnommée la "Jeanne d'Arc libanaise".

   Le film prend son temps. Il démarre lentement, mettant en place son dispositif : des allers et retours entre le monde actuel, celui de la mort de l'héroïne (apparemment diminuée intellectuellement et physiquement), et sa jeunesse au Liban juste avant et pendant la guerre civile.

   Nous suivons ses enfants, les (faux) jumeaux Jeanne et Simon, dans leur quête du passé caché de leur mère, aidés en cela par un notaire sympathique et débonnaire (un personnage de science-fiction ?).

   Les scènes anciennes permettent de voir en action une actrice remarquable, Lubna Azabal, naguère remarquée dans Viva Laldjérie, Paradise now et Les Hommes libres. On la voit successivement jeune femme amoureuse, patriote militante, enseignante, meurtrière, prisonnière, enfin mère éteinte. Pour bien comprendre les enjeux des principaux retournements, je recommande d'être particulièrement attentif lors de la première séquence de jeunesse.

   Le film joue sur la montée progressive de la tension. On se retrouve quasiment dans un polar. La dernière demi-heure est celle des révélations les plus fracassantes, dont l'accumulation donne un tour encore plus dramatique à l'histoire... à tel point que l'on frise l'invraisemblance. Pour que le tout tienne mieux la route (notamment la révélation sur le vrai père des jumeaux), il aurait fallu mieux mettre en scène l'ellipse qui fait sauter l'intrigue de la jeunesse de l'héroïne à son action de militante à l'âge adulte, même si sa coiffure et ses vêtements sont censés nous faire comprendre que pas mal de temps a passé depuis la naissance du premier enfant.

   La fin est assez inattendue, et je suis sorti de là un peu sous le choc.

   P.S.

   Un documentaire canadien permet de suivre Soha Bechara, de retour au Liban.

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