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mercredi, 25 mai 2016

La Saison des femmes

   Ce "petit" film indien est sorti assez confidentiellement en France, me semble-t-il. C'est un mélange de conte sentimental (où l'on sent l'influence du style Bollywood) et de critique sociale, l'intrigue tournant autour de quatre personnages féminins principaux, chacun avec son caractère propre.

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   A l'arrière, à gauche, se trouve Lajjo, une beauté mariée à un homme qui la méprise, parce qu'elle serait stérile. Elle passe par des moments de joie intense et d'autres de dépression, le mari, alcoolique, ayant souvent la main lourde. C'est le plus beau sourire du film et un personnage qui apporte de la fantaisie dans une ambiance parfois plombante.

   Au centre, la jeunette aux cheveux courts est Janaki, la toute nouvelle épouse du fils de la troisième (à droite de l'image). C'est, au départ, en apparence, la moins affirmée du groupe. Elle nous réserve néanmoins quelques surprises.

   Sa belle-mère est Rani, pour moi la plus attachante des quatre. Mariée et mère à quinze ans, veuve à dix-sept, elle essaie de concilier indépendance et respect des conventions. Elle a passé la trentaine et se sent déjà vieille... mais Dieu qu'elle a du charme ! Son rapport à son téléphone portable apporte quelques moments de fraîcheur dans cette sombre histoire.

   La plus entreprenante du lot est Bijli, que l'on voit piloter le véhicule ci-dessus. C'est une danseuse érotique, prostituée occasionnelle. Sans mari ni enfant, elle est de prime abord la plus libre. Ses tenues et son franc-parler font d'elle soit un modèle envié, soit un repoussoir détesté. Elle nous réserve aussi quelques surprises. Les auteurs ont visiblement beaucoup "creusé" son personnage.

   Du côté des hommes, on a droit à une belle brochette d'enculés. Jeunes comme vieux, ils sont la plupart du temps stupides, lâches, fainéants et violents. Fort heureusement, quelques-uns sont là pour remonter le niveau... et ménager une porte de sortie pour les femmes qui chercheraient à échapper à cet univers étouffant.

   L'intrigue marie deux styles, celui du film de filles, drôle et sensuel, et celui du film engagé, "sociétal", parfois très dur. Toutes ces femmes en ont bavé et/ou vont en baver. On ne nous épargne ni les insultes, ni les coups ni le viol. Mais les actrices ont une telle énergie (et un tel charme) que l'on suit leurs aventures avec passion. La réalisation est soignée, la photographie très belle, la musique entraînante.

   On se demande dans quel sens le scénario va basculer (le drame ou l'espoir). Je laisse à chacun le soin de le découvrir.

   P.S.

   Certains spectateurs seront étonnés de voir apparaître à l'écran à plusieurs reprises, une croix gammée. C'est l'un des nombreux symboles tatoués sur la peau des femmes. On le voit dès le début, sur la main d'une jeune mariée qui a fui le domicile de sa belle-famille. On le redécouvre ensuite sur la joue gauche de Rani :

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   Ce n'est pas une référence au nazisme, d'abord parce qu'ici le svastika et sinistrogyre (orienté vers la gauche), alors que l'emblème hitlérien était dextrogyre (orienté vers la droite). Mais surtout, en Inde et ailleurs en Asie du Sud-Est, c'est depuis des siècles un symbole positif, quelle que soit son orientation.

22:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, femme, fille

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