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mardi, 11 juin 2019

Ma

   C'est le surnom de Sue Ann, une quadragénaire afro-américaine qui vit apparemment seule dans une maison isolée, dans une petite ville d'un coin perdu des Etats-Unis (dans l'Ohio). Son métier (assistante vétérinaire) lui a fait connaître un peu tout le monde. Elle n'hésite pas à rendre service à son prochain, à l'occasion.

   L'histoire commence avec l'emménagement d'une mère (Erica) et de sa fille (Maggie), en provenance de Californie. On apprend bientôt que, pour la mère, c'est un retour aux sources : elle a vécu dans cette petite ville, où sont restés la plupart de ses camarades de lycée. Sa propre fille se met d'ailleurs à fréquenter les enfants de certains d'entre eux.

   Le problème pour ces jeunes est de trouver à quoi occuper leurs loisirs. Il n'y a pas de véritable attraction dans les parages, à part des ruines où certains se réunissent pour picoler. Le but est de se procurer de l'alcool, dont la vente est interdite aux moins de 21 ans.

   C'est là que Ma intervient. Elle accepte de jouer les intermédiaires, puis propose que les soirées alcoolisées se déroulent dans la grande cave de sa maison. Les jeunes ne doivent par contre sous aucun prétexte monter dans les étages.

   Elle a beau être sympa, cette Sue Ann est parfois un peu flippante. Il lui arrive de surgir de nulle part. De plus, elle commence à s'incruster dans la vie d'un de ces groupes d'ados, par l'intermédiaire des smartphones et des réseaux sociaux. Et puis il y a cette coupe de cheveux démodée, qui lui donne parfois un aspect inquiétant, surtout quand elle a des sautes d'humeur.

   La première heure est une lente montée en tension. Petit à petit, des indices ténus éveillent l'inquiétude de Maggie, plus méfiante que ses camarades de beuverie. Pour les spectateurs, on a ajouté des retours en arrière. On comprend que, vingt ans plus tôt, au lycée, il s'est passé quelque chose qui lie certains des habitants de la ville. Les quarante dernières minutes font basculer le film dans quelque chose de plus conventionnel, d'une violence nette et sans bavure.

   C'est très bien réalisé, avec beaucoup d'ambiguïté dans la première partie, de manière plus frontale dans la seconde. On connaît le réalisateur Tate Taylor pour La Couleur des sentiments (film qui a véritablement lancé Octavia Spencer, formidable ici en Ma), Get on up et La Fille du train. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais un très bon film de genre, avec de surcroît un arrière-plan sociétal.

ATTENTION !

LA SUITE RÉVÈLE DES ÉLÉMENTS CLÉS DE L'INTRIGUE.

   Dans tout bon film d'épouvante nord-américain s'exerce une sorte de justice immanente. Soit le groupe de personnages qui se fait trucider a commis des "fautes" au début de l'histoire, soit il s'agit d'un passé honteux qui ressurgit.

   Ici, c'est l'ancienne lycéenne afro-américaine complexée qui va se venger des Blancs dominants. C'est donc la revanche d'un membre des "minorités visibles" et d'une jeune femme opprimée, que l'introversion et l'obésité ont contribué à éloigner des "gens normaux". Au sens symbolique, l'intrigue voit la revanche du second rôle sur les (anciennes) vedettes. Avant que sa carrière ne décolle, ces 8-10 dernières années, Octavia Spencer était cantonnée dans des personnages annexes, parfois caricaturaux. Ici, c'est elle qui mène la danse, face à une ancienne gloire comme Juliette Lewis et un mâle dominant comme Luke Evans.

11:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, flms

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