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mercredi, 04 décembre 2019

La Famille Addams

   Je suis fan des films de Barry Sonnenfeld, sortis au début des années 1990, petits bijoux d'humour noir mordant, servis par des acteurs épatants. Ici, on nous propose une nouvelle version de l'histoire de cette gothiquissime famille de psychopathes, en images d'animation.

   Le début raconte en quatrième vitesse le mariage de Gomez et Morticia, la rencontre de la créature de Frankenstein et leur installation dans un ancien asile devenu le manoir le plus sinistre de la région. Suivent les naissances de Mercredi et Pugsley. De cette entame menée sur les chapeaux de roue, il faut retenir le réveil et la préparation de Morticia, une merveille d'ironie.

   La suite repose sur une trame hyper-balisée. Le premier arc narratif concerne les relations des habitants du manoir avec ceux d'une ville nouvelle pour classes moyennes. Au départ, chacun ignore l'existence de l'autre. Leur rencontre va (évidemment) provoquer des étincelles. C'est aussi l'occasion pour les auteurs de se moquer du monde "banlieusard", c'est-à-dire, aux Etats-Unis, du mode de vie de la classe moyenne conformiste. C'est assez savoureux, même si l'on peut regretter que Tim Burton ait finalement renoncé à ce projet. Nul doute que l'auteur d'Edward aux mains d'argent aurait su croquer férocement cet univers de carte postale.

   Le second arc narratif concerne la cérémonie de maturité de Pugsley, dite du sabre. Quand il ne tente pas d'assassiner son père ou d'échapper aux sévices de sa soeur aînée, le gamin se prépare à surmonter ce rite de passage, dans lequel il faut sans doute voir un décalque très osé de la bar mitzvah.

   Car il y a bien un propos politique derrière cette histoire rocambolesque. La manière dont les Addams sont attaqués puis chassés, au début de l'histoire, fait sans doute écho aux persécutions antisémites de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Un peu plus tard, au cours d'une fête, on entend une musique au violon qui évoque immanquablement le folklore juif d'Europe centrale.

   Aux spectateurs inconscients de ce sous-texte, le film propose aussi une lecture morale du monde contemporain. La superficialité (addiction aux réseaux sociaux, excès de la vidéo-surveillance, surmédiatisation par le biais d'une émission de télé-réalité, recours à la chirurgie esthétique...) est dénoncée, tout comme certains travers comportementaux, comme le harcèlement à l'école. La fin (consensuelle) est censée démontrer qu'avec un peu de tolérance, des personnes très différentes peuvent vivre en harmonie.

   Entre temps, on aura pu savourer une kyrielle de gags, principalement visuels, hélas, un peu noyés dans le tourbillon d'une intrigue qui avance vite et de manière un peu simpliste. Au niveau visuel, c'est du travail propret, sans génie. Cela dure environ 1h20 et, franchement, je suis sorti de là détendu.

   P.S.

   Compte tenu de l'aspect morbide de certaines scènes, ce film est à déconseiller aux tout-petits. C'est plutôt destiné à des pré-adolescents, de la fin du primaire au début du collège... ainsi qu'aux (très) grands enfants nostalgiques.

   P.S. II

   L'un des deux metteurs en scène est Conrad Vernon, coréalisateur de Shrek 2, Monstres contre aliens et Madagascar 3.

20:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

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