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lundi, 22 juin 2020

Trois étés

   Voilà un film qui n'était pas encore arrivé à Rodez au moment du confinement. Je n'en connaissais pas la réalisatrice, mais l'actrice principale, Regina Casé, remarquée il y a quelques années dans Une Seconde Mère.

   L'intrigue se déroule toujours en décembre-janvier (période d'été dans l'hémisphère Sud), au moment des fêtes, sur trois années : 2015, 2016 et 2017. Le théâtre principal de l'action est une splendide villa, à proximité de l'océan Atlantique.

   La première année voit la fête de Noël coïncider avec les 25 ans de mariage du couple de grands bourgeois. L'argent coule à flots pour ces privilégiés qui, s'ils traitent avec bienveillance le petit personnel, veillent à le remettre à sa place quand il se permet quelques libertés. Cette première demi-heure met en scène avec brio le gigantesque écart social séparant des individus qui pourtant se côtoient. L'héroïne est Mada, la majordome, la seule qui s'autorise quelques privautés avec les puissants, mais qui se dévoue corps et âme pour eux.

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   Incidemment, on remarque que, dans tous les groupes de "dominants" (les propriétaires de la villa, leurs amis, l'équipe de télévision, les riches touristes), les personnes à la peau claire sont les plus nombreuses, tandis que chez les employés de maison (les habituels comme les occasionnels), on est beaucoup plus "basané".

   Un an plus tard, la situation a changé. La villa ne va pas recevoir la famille des propriétaires pour Noël. Dans un premier temps, on ne sait pas où ils sont. Ils semblent avoir coupé les ponts... et n'alimentent même plus leurs comptes sur les réseaux sociaux où, d'habitude, ils dégueulent leur joie de vivre dans un luxe effréné. Ce sont donc les employés qui vont faire la fête dans la villa !... Mais, attention, la police est sur le point de débarquer.

   La dernière demi-heure montre l'équipe restreinte des employés un an plus tard, toujours dans la villa désertée par ses propriétaires (on sait désormais pourquoi). Seul le grand-père gâteux, ancien prof intègre, reste sur place. Une nouvelle famille s'est formée, autour de la débrouille (les salaires ne sont plus versés). Mada découvre les joies de "Harry bnb" et propose aux touristes des visites nautiques de la côte friquée, avec quelques commentaires bien sentis sur les propriétaires des villas plus ou moins occupées.

   Mais c'est l'arrivée d'une équipe de télévision qui redonne du tonus à l'intrigue (qui avait un peu molli dans la deuxième partie). Cela nous vaut un véritable morceau de bravoure, avec Mada en vedette. On comprend pourquoi cette femme plus toute jeune ne semble pas avoir de vie de famille. C'est poignant.

   Cerise sur le gâteau : la conclusion est belle.

19:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Commentaires

Je n'ai pas trouvé le vieux monsieur gâteux du tout.
Le film est inégal mais réserve quelques beaux moments et l'actrice est formidable. Je m'y suis attachée peu à peu.

Écrit par : Pascale | samedi, 27 juin 2020

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Dans la première partie de l'histoire, le grand-père a quand même l'air très "à l'ouest". Il est vrai que, lorsque tout ce petit monde a disparu (dans les parties suivantes), il semble moins perdu.

Écrit par : Henri Golant | samedi, 27 juin 2020

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Il vient de perdre sa femme et il n'est plus chez lui mais chez son fils, con comme une barrique (ce qui n'est pas sympa pour la barrique) et sa belle fille (pas mieux)... De quoi ne pas danser la gigue.

Écrit par : Pascale | dimanche, 28 juin 2020

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Au début de l'histoire, je crois que cela fait déjà plusieurs mois (années ?) qu'il a perdu sa femme. D'après ce que le film suggère, il semble que le couple ait été très unis, ce qui explique le désarroi du grand-père... mais il a quand même l'air hagard durant la première demi-heure.

Quant au fils, c'est surtout un magouilleur, un archétype du nouveau riche aux goûts tapageurs (encouragé par son épouse, snob comme pas deux)... mais il va le payer.

Écrit par : Henri Golant | mardi, 30 juin 2020

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