samedi, 14 décembre 2024
Conclave
A Rome, le Pape meurt soudainement, mais il était malade depuis plusieurs mois. L'élection de son successeur doit être rapidement organisée, sous la supervision du Doyen du Vatican (impeccablement interprété par Ralph Fiennes).
Deux camps principaux semblent devoir s'affronter : les "libéraux", héritiers d'un souverain pontife progressiste (mais divisés entre plusieurs candidats possibles) et les "conservateurs", nombreux chez les cardinaux italiens, dont une frange envisage de revenir sur le concile de Vatican II. Un candidat africain vient perturber le jeu : sa désignation symboliserait le renouveau, mais il affiche des positions traditionalistes sur le plan des mœurs. D'autres personnages vont entrer dans la danse, jamais -bien sûr- par ambition personnelle, mais pour servir au mieux la Très Sainte Église.
C'est donc un énorme panier de crabes en soutane qui va se retrouver confiné pendant plusieurs jours, croisant de temps à autre les petites mains du Vatican, si croyantes, si discrètes et si serviables : les religieuses.
L'intrigue, qui prend la forme d'un polar politico-sociétal, mêle donc plusieurs thématiques : ambition personnelle, corruption, sexisme, homophobie, dialogue inter-religieux, tension entre tradition et modernité ...
L'histoire est nourrie de rebondissements, mais feutrés. Ici, on ne s'affronte pas à coups de hallebarde sur le crâne, mais par la parole (l'argumentation comme les insinuations), l'influence voire l'intimidation (confraternelle, bien entendu). Parfois, on est proche du billard à trois bandes (au niveau de certaines manipulations).
C'est passionnant à suivre. Les acteurs sont bons, les dialogues bien écrits et la mise en scène assez inventive. Edward Berger multiplie sans ostentation les angles de prise de vue, toujours justifiés pour mettre en valeur tel détail (une bague, un bulletin de vote) ou telle organisation générale (les cardinaux en promenade durant une pause ou statiques dans la salle de vote). Les plans sont construits avec minutie.
Le suspens n'est toutefois pas insoutenable. Avant la fin du premier quart d'heure, j'étais quasiment certain de la personne qui allait remporter le scrutin et j'avais misé sur une salle en particulier pour un rebondissement tardif. Mais l'intrigue est suffisamment riche en surprises pour contenter tout le monde... avec un ultime coup de théâtre (inspiré d'une légende médiévale), qui m'a bien fait rigoler, mais qui n'est guère crédible.
23:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films
Commentaires
Bonsoir Henri Golant, un très bon film avec une intrigue qui tient ses promesses. Ralph Fiennes est très bien et les autres acteurs aussi. Bonne soirée.
Écrit par : dasola | dimanche, 22 décembre 2024
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