dimanche, 03 février 2008
No Country for old men
Non, cela ne veut pas dire que les hommes âgés n'ont pas accès à la musique country ! On se trouve néanmoins dans le Sud rural des États-Unis, au Texas, pas très loin de la frontière mexicaine. Les paysages sont jolis mais, de ce point de vue-là, les frères Coen ne réinventent rien. Ils sont bien plus habiles dans les scènes d'intérieur, en particulier quand ils jouent sur les ombres et les reflets : c'est vraiment chouette ! J'ai retrouvé le talent des réalisateurs de Barton Fink et Fargo notamment.
On a beaucoup parlé de la violence de certaines scènes. Certes. Mais les critiques auraient pu davantage souligner qu'une partie des meurtres ne sont pas montrés : c'est le résultat qui nous est offert, voire seulement suggéré (y a des ellipses, oui !). La même "économie" a été mise en pratique au niveau des dialogues : ce n'est pas un film bavard... et c'est tant mieux ! Tout cela baigne dans l'humour noir ; on aime ou on n'aime pas. J'aime.
Côté acteurs, on a fait la promo du film sur le nom de Tommy Lee Jones, alors qu'il n'est qu'au second plan. De surcroît, il nous la rejoue vieux-baroudeur-à-qui-on-ne-la-fait-pas : cela commence à lasser. Il était nettement meilleur dans Dans la vallée d'Elah. Le véritable personnage principal du film est le tueur méthodique et givré, incarné par Javier Bardem (dont le regard hante l'affiche du film). Celui qui fut l'un des acteurs fétiches de la movida espagnole a pris de la bouteille (et un accent anglais irréprochable). Il est inquiétant d'assurance tranquille. A noter sa coupe de cheveux old fashioned, qui fait de lui une sorte d'archange maléfique, qui dispense la mort sur son passage... sauf quand une pièce de monnaie se met de la partie.
L'autre grand personnage du film est celui du "cowboy (presque) solitaire" qui trouve le fric, interprété avec brio (mais tout seul !) par l'excellent Josh Brolin (vu récemment dans Planète terreur de Rodriguez et Dans la vallée d'Elah... décidément). C'est celui auquel le spectateur masculin de base est censé s'identifier.
En dépit des jérémiades de deux flics ronchons (dont Tommy Lee Jones) sur le temps qui passe et les valeurs qui se perdent, il ne faut pas voir dans le film une quelconque morale. Comme souvent chez les Coen, chacun est invité à se faire la sienne. Cela peut désarçonner mais cela pousse aussi à ne considérer le film que comme ce qu'il est : un pur moment de plaisir.
PS
J'ai toutefois trouvé le dernier quart-d'heure décevant.
17:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
samedi, 02 février 2008
La visite de la fanfare
C'est une fiction... hélas. On aimerait que l'atmosphère dans laquelle baigne ce film s'étende à la réalité du Proche-Orient... C'est un sujet casse-gueule : ma principale crainte était que des hectolitres de bons sentiments ne viennent nuire à la qualité du film.
Heureusement, ce n'est pas le cas. A la base, les musiciens égyptiens viennent d'Alexandrie : ils sont donc une incarnation du top de la culture méditerranénnne... et ils se retrouvent dans le trou du cul d'Israël (et donc dans la merde). L'esprit de Tati (le cinéaste, pas le commerçant) souffle sur les premières séquences, où tout est dit par la caméra. De manière générale, le réalisateur a soigné le cadrage. Pas d'effets spéciaux donc dans ce long-métrage, mais du savoir-faire.
Cela rend les scènes de groupe (en particulier celles qui voient se rencontrer Égyptiens et Israéliens) vraiment très intéressantes, parfois hilarantes, un peu comme dans les comédies italiennes des années 1950-1970. Côté acteurs, on a choisi des "gueules". Les visages, à l'image des personnages, ont un vécu.
L'un des ressorts du comique est le principe du retournement : ce sont les Égyptiens, issus d'un pays en développement, qui, à bien des égards, apparaissent "évolués", face aux Israéliens de "province" (on est loin de Tel Aviv et des films branchouilles), un peu "ratés". L'une des plus belles scènes est celle qui, dans la boîte de nuit, voit le beau gosse égyptien montrer à l'Israélien coinços comment draguer la cousine de la copine de son pote, gestes à l'appui !
21:55 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
vendredi, 01 février 2008
Survivre avec les loups
Attention : bien que le personnage principal soit un enfant, bien que les plus belles séquences mettent en scène des chiens ou des loups (vraiment magnifiques et bien dressés), ce n'est pas un film que je recommanderais au plus jeune public : la réalisatrice a choisi (à raison) de ne pas atténuer le crudité de certains moments, ce qui peut choquer.
C'est donc une histoire vraie, celle de cette petite Belge juive qui va traverser l'Europe à la recherche de ses parents. L'actrice est plutôt convaincante, mais, à mon avis, pas toujours bien dirigée : on la fait notamment trop parler. Certains dialogues sonnent faux, comme si on lui mettait des paroles d'adulte dans la bouche. Elle est néanmoins très bonne en enfant têtue, acharnée à survivre. Elle est drôle aussi quand elle fait la sale gosse.
Restent les adultes. On a voulu faire reluire le casting. Le couple formé par Guy Bedos et Michèle Bernier est à moitié convaincant (et la scène qui voit le vieux fermier virer son neveu vraiment mal jouée). Les bourgeois cathos qui hébergent (contre espèces sonnantes et trébuchantes) la petite après l'arrestation de ses parents sont plus réussis, en particulier l'épouse (interprétée par Anne-Marie Philipe je crois). Les parents sont très bien. (J'ai un faible pour Yaël Abecassis... qui m'en blâmera ?)
Les éléments du contexte sont tantôt très réussis (la séquence avec les orphelins juifs, la rencontre des partisans soviétiques), tantôt plutôt ratés (en particulier la scène qui voit des gamins polonais ou ukrainiens, chrétiens, lancer des pierres sur les juifs embarqués mollement par les nazis : c'est mal joué).
J'en sors donc mitigé : agacé par les maladresses, ému par le parcours de cette fille, enchanté par la présence des animaux.
23:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma

