samedi, 26 mars 2011
Les rancunes d'Entraygues
Le canton d'Entraygues-sur-Truyère était le seul (du département de l'Aveyron) où devait se dérouler une triangulaire, au second tour des élections cantonales. Le sortant, Jean-François Albespy, devançait son rival divers droite de 2004, Pierre Laurens, et le surprenant candidat du Front de Gauche, Guilhem Serieys. Tous trois avaient obtenu plus que les 12,5 des inscrits indispensables à la poursuite de l'aventure.
Mais le conseiller titulaire avait l'air d'en savoir beaucoup, lui qui, dès dimanche dernier, parlait d'un duel. L'analyse des résultats du premier tour allait dans ce sens.
Dès mercredi, on a eu la réponse : la presse locale (Midi Libre notamment) se faisait l'écho du désistement de Pierre Laurens, arrivé pourtant deuxième avec un peu plus de 25 % des suffrages exprimés. L'ancien conseiller général s'était montré jusque-là très discret : il n'avait pas fait de commentaire sur son résultat du premier tour et n'a pas donné de consigne de vote pour le second. Vendredi, dans le Bulletin d'Espalion, on pouvait toutefois lire ceci :
On voit qu'il ne fait pas de cadeau au sortant, pour lequel "on" (la majorité tenant le Conseil général, bien sûr) l'a forcé à se retirer. Bon, eh bien, puisque Pierre Laurens n'a pas voulu donner un petit coup de pouce à Jean-François Albespy, c'est encore Jean-Claude Luche qui est venu mouiller la chemise pour son petit chouchou :
Sauf erreur de ma part, tous les maires du canton sont présents sur la photographie, épaulés par deux conseillers généraux venus en voisins : René Lavastrou, triomphalement réélu à Saint-Amans-des-Côts, et Simone Anglade (une autre fidèle de J.-C. Luche), élue d'Espalion. On déploie l'artillerie pour une élection qui, n'en déplaise à Guilhem Serieys (qui a raison d'y croire, après tout), me semble pliée. Mais que ne ferait-on pas pour un fidèle serviteur bon copain !
Il ne faudrait cependant pas croire qu'à gauche la situation soit plus "rose". On aurait pu penser que la candidate socialiste, éliminée à l'issue du premier tour, soutiendrait son camarade du Front de Gauche. Ce n'est pas si sûr :
Dans Centre Presse du 25 mars, Béatrice Orozco apporte son soutien à... Daniel Tarrisse, candidat à Mur-de-Barrez ! Pour Entraygues-sur-Truyère, elle ne donne aucune consigne de vote. Quelque chose me dit qu'elle s'est sentie un peu vexée d'avoir été (nettement) devancée par le "gauchiste ruthénois" venu tenter sa chance sur les terres de ses ancêtres.
21:56 Publié dans Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, cantonales
Résultats des anciens du NPA
Il y a trois semaines de cela, j'ai consacré un billet à ces cas particuliers des élections cantonales : trois anciens militants du Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot, qui courent sous d'autres couleurs... assez surprenantes ma foi.
Ils ont connu des fortunes diverses. La moins gâtée est Ilham Moussaïd, qui, dans le canton d'Avignon Sud, n'a recueilli que 2,26 % des suffrages exprimés (103 voix). Le second tour y opposera la sortante, vice-présidente du Conseil général du Vaucluse, la socialiste Michèle Fournier-Armand, au candidat du Front national Alain Oddone. Ces deux personnes ont recueilli respectivement 31,64 % et 26,90 % des suffrages exprimés, l'abstention étant de 58,22 % !
Fabien Engelmann n'est pas passé loin de l'exploit : il termine troisième du premier tour, à Algrange. Il rate le second tour pour un peu moins de 170 voix, (il obtient 23,4 % des exprimés) derrière le sortant, le socialiste René Gori, et un communiste. Vous allez me dire : mais, avec un tel score, il devrait pouvoir se maintenir au second tour ! Eh, non, car, la participation n'ayant été que de 32,5 % (et donc l'abstention de 67,5 % !), le candidat FN n'obtient que 7,42 % des inscrits, loin des 12,5 % requis. Et je peux vous assurer que la participation risque d'être encore plus faible au second tour : le communiste s'est désisté ! On demande donc à des électeurs qui se sont déjà très peu déplacés de revenir pour plébisciter le sortant, qui n'avait pourtant rassemblé sur son nom (et son bilan) que 10 % des inscrits ! Tout cela à cause d'accords secrets entre PS et PCF... On se fout un peu de la gueule des électeurs !
La plus grande "réussite" est celle de Vénussia Myrtil, âgée de seulement 21 ans (18 ans suffisent pour être candidat) : elle arrive en deuxième position à l'issue du premier tour à Aubergenville, devant la candidate socialiste, qui ne peut se maintenir au second faute d'avoir atteint 12,5 % des inscrits. Ce n'est d'ailleurs le cas que du candidat UMP, arrivé en tête. On remarque que, par rapport à 2004, la personne qui représente le FN ne progresse pas en suffrages : Vénussia Myrtil a réuni 1821 voix, contre 1948 pour Bertrand de Brosses sept ans plus tôt. Elle bénéficie de l'effondrement du vote socialiste (presque divisé par trois !). La participation est passée de 61,53 % à 36,06 %. On notera que les deux "grands partis" présentaient de nouvelles têtes. Ce canton est assez révélateur de ce qui a été annoncé comme le succès du FN : la présence de candidats d'extrême-droite au second tour n'est pas tant liée à l'essor d'un vote d'adhésion qu'au rejet des partis dominants, qui n'arrivent plus à mobiliser leur électorat traditionnel.
Sans être voyant, on peut penser que le candidat UMP devrait être facilement élu... à moins qu'une partie de l'électorat de gauche, protestataire, anti-UMP, ne soit prête à se porter sur une candidate FN issue d'une "minorité visible".
12:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, cantonales

