mercredi, 11 mai 2011
François Mitterrand en photos
L'édition datée du 10 mai 2011 du Monde propose une intéressante page sous le titre "Mitterrand photos taboues". Le trentième anniversaire de l'accession à la présidence de la République a suscité une inflation d'articles (dont le site Arrêt sur images propose un échantillon).
Les quatre photographies parues dans "le quotidien du soir" ont été bien choisies, je trouve. Les commentaires qui les accompagnent sont soignés. Sont évoqués la rencontre Pétain-Mitterrand (en 1942), l'amitié jamais reniée pour René Bousquet, le décès de l'ancien président et sa fille Mazarine. C'est cette dernière image qui a le plus éveillé mon attention :
La photographie aurait été prise en septembre 1981. Le commentaire porte sur le culte du secret et la révérence des journaux de l'époque, puisque seul l'organe d'extrême-droite Minute a rapidement évoqué cette affaire.
On peut d'ailleurs lire avec profit la version de l'histoire de l'ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire, feu Serge de Beketch. Il faut faire la part des exagérations (il n'hésite pas à qualifier la présidence Mitterrand de "régime le plus corrompu de l'après-guerre") et des affirmations péremptoires (il se trompe sur l'âge de Mazarine : elle avait quasiment 7 ans à l'époque, alors qu'il lui en donne moins de 5). Plusieurs détails méritent néanmoins le détour.
La publication de cette touchante photographie est dans le ton de cette célébration. On chante les louanges de l'ancien président et on le présente comme un homme qui, certes a mené une double-existence, mais pour qui "l'autre femme" (Anne Pingeot, la mère de Mazarine) aurait été le grand amour de sa vie.
En réalité (comme je l'ai déjà écrit à l'occasion du décès d'Annie Girardot, une des nombreuses ex de Tonton), si François Mitterrand est resté attaché à la mère de sa fille, sa liaison ne l'a nullement empêché de continuer à "cavaler" à droite et à gauche...
Halte aux images d'Epinal !
21:18 Publié dans Histoire, Politique, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, actualité, ps, histoire, mitterrand
Cabeza de Vaca
C'est un "vieux" film, sorti à l'origine en 1991 (dans la perspective de la célébration du cinquième centenaire de la "découverte" de l'Amérique), remis dans le circuit en 2011.
Il s'inspire de la Relation de voyage rédigée par le héros, Alvar Nunez Cabeza de Vaca, un conquistador, à l'origine à la recherche d'un beau butin, et qui a traversé à pieds une partie du continent américain.
Comme cela a été tourné par un Mexicain (Nicolas Echevarria), on peut s'attendre à ce que ce ne soit pas un morceau de bravoure en l'honneur des conquérants sanguinaires. Non, le réalisateur louche plutôt du côté de Werner Herzog et de son Aguirre...
... pour le meilleur comme pour le pire. Le pire vient vite : certaines scènes sont mal jouées. C'est dû à la fois à la présence de comédiens non professionnels mais aussi (et surtout), à la faiblesse de la direction d'acteurs qui, je pense, s'est limitée à donner des consignes générales en plus du dialogue à débiter. Après, avec des mecs doués, on peut atteindre la grâce... ou tomber dans la daube.
Du coup, le film alterne des moments ratés (les scènes de radeau sont vraiment mauvaises... ça sent le tournage cheap en studios) et des séquences particulièrement inspirées, où interviennent souvent les "Indiens" rencontrés par le héros.
Il y a tout d'abord la période de captivité (et d'esclavage), qui voit cet Européen pétri de certitudes devenir la bonniche d'un Indien nain et manchot, farceur de surcroît ! Le compagnon de celui-ci est un grand baraqué un peu magicien sur les bords. On nous entraîne sur les rives du chamanisme. Cela devient passionnant, d'autant plus que le héros se découvre un don de guérisseur.
Libéré, il poursuit son périple vers l'ouest, à la rencontre d'autres peuples, d'autres cultures. En chemin, il retrouve des rescapés de l'expédition espagnole d'origine. Le fossé qui s'est creusé entre l'acculturé européen et ses anciens compagnons est bien mis en scène.
Les dialogues ne sont pas nombreux (et tant mieux : ils sont en général médiocres). Par contre, j'ai apprécié la musique et les chants, bien insérés dans le déroulement de l'histoire.
Si l'on est prêt à supporter des maladresses et quelques faiblesses pour accéder à plusieurs bons moments de cinéma, on peut se laisser tenter par ce film.
19:32 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma, histoire

