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vendredi, 11 septembre 2015

Miss Hokusai

   Cette animation japonaise est consacrée à l'un des maîtres de la peinture extrême-orientale (l'auteur de Sous la vague au large de Kanagawa)... et à l'une de ses filles, elle aussi très douée pour le dessin... et qui a contribué à certaines de ses oeuvres. L'intrigue se déroule toutefois en 1814, bien avant qu'Hokusai ne réalise la Vague.

   Cette histoire est d'abord une une réhabilitation, celle d'O-Ei, la fille méconnue, restée dans l'ombre d'un père ombrageux et narcissique. On nous la montre dotée d'un caractère bien trempé... et elle en a bigrement besoin, vu la faune masculine qu'elle fréquente au quotidien... à commencer par son père. Cet animé a donc le grand mérite de ne pas chercher à masquer les aspects déplaisants de la personnalité du Maître.

   Il nous offre ainsi un tableau de la condition féminine dans le Japon de l'époque, plus précisément à Tokyo, alors nommée Edo. En ville se croisent sans se mélanger deux principales catégories de femmes : les épouses et les prostituées. Devinez lesquelles sont les plus populaires auprès des artistes... Cela nous vaut toutefois plusieurs portraits saisissants des personnes qui louent leur corps (et leurs talents de divertissement), en particulier celui d'une femme qui dort dans un lit protégé par une moustiquaire très spéciale : elle a pour objet d'empêcher l'ectoplasme de sa tête quitter son corps lorsqu'elle est endormie. A l'écran, la séquence est saisissante et répond à une autre, qui montre les mains et les avant-bras d'Hokusai partir à l'aventure, là aussi durant la nuit.

   De manière générale, l'animation est "propre" sans être exceptionnelle. Les amateurs de l'oeuvre de Miyazaki seront peut-être déçus, sauf à l'occasion  de ces séquences oniriques, la première d'entre elles mettant en scène un dragon fantasmagorique, dont Hokusai père et fille vont tenter de fixer l'image sur le papier.

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   C'est le moment de préciser que le réalisateur Keiichi Hara n'est pas un inconnu : on lui doit notamment Colorful, qui témoignait de la même fascination pour la peinture. Cela se voit sans certaines des scènes les plus "bluffantes" : on a réussi à représenter l'acte du dessinateur (ou de la dessinatrice). Cela n'a l'air de rien, mais c'est extrêmement difficile.

   Cette virtuosité est aussi parfois mise au service de l'humour, comme dans cette scène qui voit le chien de la famille et l'un des apprentis d'Hokusai se comporter de manière mimétique :

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   A travers cet exemple et bien d'autres, disséminés dans l'histoire, on retrouve l'intérêt, très présent chez les réalisateurs japonais, pour la représentation des animaux et des phénomènes naturels. Cela contribue à rendre ce film encore plus attrayant. Sa sortie confidentielle n'en est que plus scandaleuse. C'est pour moi l'un des meilleurs films du moment, qui pourtant peine à trouver sa place sur des écrans occupés par quantité de médiocrités.

11:42 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

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