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samedi, 12 décembre 2015

Le Voyage d'Arlo

   A l'origine, je n'avais pas prévu d'aller voir ce film d'animation. La bande-annonce ne m'avait pas particulièrement emballé et l'aspect du personnage principal (un apatosaure enfantin) me faisait craindre une histoire plutôt destinée au jeune public. Je me suis finalement laissé tenter... et j'ai bien fait !

   C'est d'abord un film nourri de la mythologie américaine. La famille du héros est une incarnation des pionniers, ces fermiers qui ont, à force de sueur et de ténacité, défriché une terre... parfois subtilisée aux Amérindiens. (Mais là n'est pas la question.) On ne s'étonnera donc pas de voir le père et la mère cultiver du maïs... et entreposer la récolte dans un silo de pierres. Plus loin, le jeune Arlo fait la rencontre d'un pittoresque trio de tyrannosaures, qui élèvent des sortes de bisons préhistoriques. Voilà pour le côté cow-boy !

   On a compris qu'évidemment, les animaux sont des substituts d'humains. C'est particulièrement visible avec les parents d'Arlo, en lesquels on reconnaitra sans peine des personnages de films grand public. C'est aussi perceptible au niveau du père T-rex, dont la tête et les mimiques ne sont pas sans rappeler certains rôles de Bruce Willis. D'autres lézards sont les "racailles" de l'histoire. Tout cela est très bien fichu.

   La difficulté (et l'originalité) vient de l'introduction d'un humain, baptisé Spot. Il ne parle pas, mais grogne ou ulule. Il est le plus souvent à quatre pattes. Il va devenir le compagnon d'Arlo, une sorte d'animal (plus ou moins) domestique. C'était un pari risqué : le jeune public pouvait avoir du mal à gérer une histoire tournant autour de deux personnages auxquels il pouvait s'identifier. C'est réussi parce que l'humain est en général très différent des homo sapiens du XXIe siècle. Par bien des aspects, il se rapproche davantage... du diable de Tasmanie !

   Il n'en paraît pas moins très proche de nous à certaines occasions. Un lien très fort va se nouer entre l'apatosaure et l'humain, qui ont tous deux subi la perte de proches. Deux scènes, placées de manière quasi symétrique dans le premier et le dernier tiers de l'histoire, se répondent. La première est une merveille de mise en scène : les deux héros trouvent un moyen de communiquer (en utilisant le sol)... et cela devient tout de suite émouvant. La seconde scène est encore plus forte... et elle implique d'autres personnages, certains jamais vus auparavant. Je n'en dirai pas plus, mais sachez que j'ai eu "les yeux qui piquent"...

   Fort heureusement, l'humour vient régulièrement contrebalancer les aspects plus tristes de l'intrigue. Cela commence avec la naissance des trois petits apatosaures. Cela continue avec les chamailleries entre un frère et une soeur... laquelle se révèle particulièrement futée ! On rit aussi beaucoup aux premiers face-à-face entre Arlo et Spot, ce dernier étant un chasseur diablement efficace, à la dentition redoutable...

   L'histoire comportant quelques épisodes dramatiques ou effrayants (avec une référence aux Dents de la mer... dans les airs !), c'est à déconseiller aux tout-petits. J'en ai entendu certains pleurer durant la séance et une bambine a même voulu quitter la salle. A huit-dix ans, cela passe sans problème.

   Quelques mots sur les aspects techniques, pour terminer. C'est une grande réussite visuelle, mais pas au niveau du personnage principal. Concernant Arlo, l'animation s'est concentrée sur le visage, très expressif. Pour les mouvements du corps, mieux vaut observer le père, dont les déplacements sont restitués avec subtilité. Sinon, ce sont les petits animaux qui sont les plus jolis.

   Les spectateurs ont en général aussi remarqué la qualité des plans faisant intervenir l'eau (sous forme de pluie ou de rivière). Mais, pour moi, les plus beaux sont incontestablement ceux qui se passent la nuit, le premier quand le père fait découvrir un phénomène enchanteur à son fils, le second quand celui-ci communique ce qu'il a appris à son nouvel ami.

   S'ajoute à cela une musique entraînante, jouée sur des instruments classiques. C'est très Disney... et c'est très beau. Cette année, c'est la deuxième fois que Pixar nous livre une film d'animation au-dessus du lot, après l'excellentissime Vice Versa.

11:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

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